25/06/2017
Actualités
Page d'accueil > Actualités (page 5)

Archives de catégorie : Actualités

Souscrire au flux

L’Église orthodoxe russe appelle à honorer activement la mémoire de ceux qui ont souffert pour la foi pendant la période soviétique

Il faut ériger des monuments aux néomartyrs réprimés pour la foi pendant la période soviétique, et donner leurs noms aux rues, a déclaré le président du département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe russe, le métropolite de Volokolamsk Hilarion. « Voici à qui il faudrait ériger des monuments, voici les noms d’après lesquels il faudrait nommer les rues et les places, au lieu de soutenir artificiellement la vénération des bourreaux, des terroristes et des assassins, dont le souvenir est immortalisé dans les appellations des places et des rues de nombreuses villes de notre grande Patrie » a déclaré le métropolite Hilarion mercredi à Saint-Pétersbourg, au Vème plénum du Comité consultatif interconfessionnel chrétien dédié à la signification des événements de 1917. Il a rappelé que dans les années 1930, le nombre des victimes des persécutions parmi le clergé atteignait les dizaines de milliers, et parmi les fidèles des millions. « Selon les données de la Commission gouvernementale pour la réhabilitation des victimes des répressions politiques, 136.900 clercs orthodoxes ont été arrêtés en 1937, dont 85.300 ont été fusillés. En 1938, 28.300 ont été arrêtés, dont 21.500 ont été fusillés. Le nombre total des fidèles qui ont péri pendant les années des persécutions sont connus de Dieu seulement » a souligné le hiérarque, qui a mentionné qu’en 1939, il n’y avait plus que cent églises orthodoxes ouvertes sur plus de 60.000 en activité en 1917. Il ne restait alors en liberté que quatre évêques diocésains, pour lesquels « le NKVD avait fabriqué des « preuves » destinées à les faire arrêter, ce qui pouvait se produire à n’importe quel moment ». Le métropolite a rappelé que, actuellement, plus de 1760 néomartyrs et confesseurs de l’Église russe ont été canonisés, et il a qualifié « d’aveuglement spirituel » la cause des événements révolutionnaires en Russie. « Durant la période prérévolutionnaire, année après année, sous l’influence de différents facteurs, la justice Divine en tant que fondement de la vie nationale a été remplacée par la justice humaine. Le principe évangélique d’amour envers Dieu et le prochain a été remplacé par des fantasmes hédonistes et égoïstes. La figure du Christ comme idéal à imiter, a été remplacée par les figures des rebelles et des ennemis de Dieu. Les idées à la mode du courant libéral sont devenues plus populaires que l’Évangile. La débauche et l’ivrognerie sont devenues la norme de la vie », a-t-il fait remarqué. À la rencontre ont participé les représentants des communautés orthodoxes, catholiques-romaines et protestantes d’Azerbaïdjan, Arménie, Biélorussie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizie, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan, Ukraine et Estonie.

Source et photographie

Deux concerts du choeur du clergé de la métropole de Saint-Pétersbourg – 2 et 3 mai à Paris

Les 2 et 3 mai prochains, le chœur du clergé de la métropole de Saint-Pétersbourg « Doukhovenstvo » donnera deux concerts au Centre spirituel et culturel orthodoxe russe (quai Branly). Au programme des concerts, de célèbres compositions de la période pascale.
Le 2 mai à 19h00, le concert aura lieu dans l’amphithéatre du Centre et le 3 mai à 19h00, en la cathédrale de la Sainte-Trinité.
Entrée libre.

Des sapeurs russes ont déminé une église orthodoxe à Alep

Des militaires russes ont déminé l’église orthodoxe de la Dormition de la Mère de Dieu à Alep. Lorsque les sapeurs ont examiné la cour, ils ont découvert les tombes de deux diplomates de l’Empire russe, inhumés à la fin du XIXème siècle – début du XXème siècle. Il s’agit du consul Mikhaïl Yakimansky et du conseiller d’État Ivan Grigorovitch. Comme le raconte Antoine Nakule, sacristain de cette église construite au XVème siècle, les terroristes ont visé directement l’édifice, dont la coupole et les murs ont été endommagés. Les rebelles ont également pillé l’église, brûlé des icônes uniques et l’Evangéliaire, mais une grande partie des objets sacrés et icônes ont pu être sauvés, dont celles de la Mère de Dieu et du Christ. « Ces icônes ont été peintes au début du XVIIIème s. Elles avaient été apportées de Russie. Nous les avions cachées avant que les terroristes ne fassent irruption dans l’église. La majorité des autres icônes ont été détruites par les rebelles » raconte le recteur de la paroisse, le prêtre Hassan Ward. Pour la première fois après de longs mois, les cloches de l’église ont retenti. Dans les prochains jours commencera la restauration de l’édifice.

Source

L’exposition « églises et chapelles orthodoxes d’Estonie » a été inaugurée le 26 avril au musée de l’Église orthodoxe serbe à Belgrade

L’exposition « églises et chapelles orthodoxes d’Estonie » a été inaugurée le 26 avril au musée de l’Église orthodoxe serbe à Belgrade. Après l’allocution d’accueil prononcée par le diacre Vladimir Radovanović, directeur du Musée de l’Église orthodoxe serbe, le patriarche de Serbie Irénée et M. Daniel Erik Schaer, ambassadeur de la République d’Estonie en Serbie, ont inauguré l’exposition en présence de nombreux invités et journalistes. À l’inauguration assistaient l’évêque de Toplica Arsène, Mileta Radojević, directeur du bureau pour la collaboration avec les Églises et communautés religieuses, Petar Rakocević, consul honoraire de la République d’Estonie en Serbie, Zoran Nedeljković, directeur de la Bibliothèque patriarcale, Radovan Pilipović, directeur des Archives de l’Église orthodoxe serbe, Zoran Mihajlović, directeur de l’Académie de l’Église orthodoxe serbe pour la restauration et la conservation des monuments, les représentants du corps diplomatiques, du ministère des Affaires étrangères, de la municipalité de Belgrade, ainsi que de nombreuses personnalités de la capitale. Remerciant tous ceux qui, par leur travail, ont contribué à ce que soit présentée, de façon agréable, l’orthodoxie d’Estonie, le patriarche Irénée a exprimé sa grande satisfaction que l’exposition ait eu lieu au Musée du patriarcat, et que l’on puisse ainsi faire connaissance de l’histoire, de la culture et des lieux saints d’Estonie. Sa Sainteté a souhaité que ces églises qui, par la force des événements historiques, ont été dévastées, soient remises en état au moins pour permettre que la sainte Liturgie y soit célébrée. L’ambassadeur d’Estonie, M. Schaer, a remercié le patriarche Irénée et l’Église orthodoxe serbe pour leur hospitalité, soulignant que, dans le cadre des relations bilatérales, les liens culturels et spirituels sont particulièrement importants et que cette exposition donne à chaque visiteur la possibilité de voir de nombreux édifices religieux, particulièrement les églises en bois, pour lesquelles ce pays d’Europe du Nord est connu dans le monde. Remerciant tous ceux qui ont soutenu la réalisation de l’exposition, l’ambassadeur a offert au patriarche de Serbie une monographie qui sur environ mille pages, offre un témoignage sur toutes les églises orthodoxes et monastères d’Estonie. Il a exprimé sa reconnaissance aux auteurs de l’exposition, qui est ouverte jusqu’au 19 mai 2017. Une vidéo de l’inauguration de l’exposition est disponible ci-dessous.

Source

Un nouveau film du métropolite de Volokolamsk Hilarion : « Le monastère »

Aujourd’hui, sur toute la vaste étendue du territoire de l’Église orthodoxe russe, depuis la Carélie jusqu’à l’Extrême-Orient, se poursuit l’ouverture de nouveaux monastères. Le film du métropolite Hilarion, que l’on peut visionner ici (en russe) décrit le monastère contemporain et sa mission spirituelle. Qu’est-ce qui fait vivre les moines et quel est le but de leur vie ? Pourquoi les monastères russes, au cours des siècles, ont été considérés comme les appuis de l’Église et de l’État ? Le film raconte l’histoire des monastères et leur influence sur l’éducation morale du peuple, ainsi que la renaissance du monachisme dans la Russie contemporaine.

Source

Les deux évêques d’Alep enlevés en 2013 en Syrie seraient toujours en vie

« Les deux évêques d’Alep enlevés en 2013 en Syrie sont toujours en vie », a affirmé samedi dernier l’évêque syriaque orthodoxe de Beyrouth, Mgr Daniel Kourié, lors de la cérémonie de commémoration du 47e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie au-dessus du dôme de la cathédrale des Saints-Pierre-et-Paul à Mousseitbé.
Le souvenir de ces apparitions, que cette Église commémore invariablement le premier dimanche après Pâques, a coïncidé cette année avec le 4e anniversaire de l’enlèvement en Syrie (22 avril 2013), des deux évêques syriaque et grec-orthodoxe d’Alep, Youhanna Ibrahim et Boulos Yazigi, dont on est sans nouvelles. Les portraits des deux évêques ont été affichés à l’intérieur de la cathédrale et portés lors de la procession aux flambeaux qui a marqué l’anniversaire des apparitions.
Au cours de la cérémonie marquant ce double anniversaire, l’évêque syriaque-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Daniel Kourié, président de la commission de suivi de cette affaire, a assuré qu’autant qu’il le sache « les deux évêques sont toujours vivants ». « Ceux qui croient le contraire doivent nous donner les preuves de ce qu’ils avancent », a-t-il ajouté, précisant que la commission a frappé à toutes les portes possibles, au Liban et en Syrie, avec plus ou moins de succès, pour retrouver leurs traces. Mgr Kourié a invité l’État libanais à faire de cette affaire une cause nationale touchant à la coexistence et au dialogue entre les religions. Il a dénoncé « le nettoyage religieux et ethnique en cours en Syrie, en Irak et en Égypte » et les États qui l’appuient sous la forme d’apports en hommes, en armes et en argent.

Source

« La mission silencieuse » – exposition temporaire d’icônes anciennes russes au Centre spirituel et culturel orthodoxe russe à Paris

Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe accueille du 29 avril au mois de juillet 2017 une exposition intitulée « La mission silencieuse. Les icônes de Novgorod des XIIIème –XVIème siècles ». Cette exposition donnera aux visiteurs l’heureuse possibilité de découvrir des chefs-d’œuvre de l’art religieux russe provenant du musée-réserve de Novgorod. Ce musée, l’un des plus anciens en Russie, est considéré comme l’un des plus grands musées du monde. Le musée de Novgorod détient presque 300 icônes anciennes russes. Il s’agit d’une des plus riches collections iconographiques uniquement comparable à celles de la Galerie Tretiakov et du Musée russe de Saint-Pétersbourg. Malheureusement, pour des raisons de protection et de conservation, il s’avère impossible de faire venir les originaux jusqu’à Paris. Ces icônes représentent une valeur artistique et historique trop importante pour les mettre en péril en les transportant à l’étranger. Mais la technologie moderne, heureusement, nous vient en aide. Le Musée a fait produire des copies de haute-définition qui respectent les dimensions des originaux. Ces copies sont effectuées grâce à l’impression numérique UV sur la planche de bois préparée pour la peinture (communément appelé lefkas). Il est pratiquement impossible de faire la différence entre les originaux et les copies. L’impression reproduit même les petites imperfections des originaux. Quant aux couleurs, il a fallu plusieurs mois et plusieurs essais pour atteindre la conformité exacte des teintes originales. Les experts du Musée de Novgorod ont choisi douze chefs-d’œuvre qui relatent devant les visiteurs l’histoire des différentes étapes de l’art novgorodien et démontrent la particularité stylistique de l’icône de Novgorod. Parmi les icônes exposées vous trouverez une représentation de Saint Nicolas (1294) appartenant au pinceau de l’artiste Aleksa Petrov, l’icône de « La Protection de la Vierge Marie » (milieu XIVème siècle), la représentation de « La bataille des Novgorodiens contre les Souzdaliens » (ou le Miracle de la Mère de Dieu de l’Incarnation, daté de 1467), divisée en trois registres horizontaux. Cette exposition voyage à travers l’Europe et a déjà connu un grand succès en France, en Russie, en Estonie et en Slovaquie.

« Ce n’est qu’en nous souvenant de nos martyrs que nous pouvons construire l’avenir de l’Église » – interview de l’archevêque Marc (Arndt) de l’Église orthodoxe russe hors-frontières au site du monastère Sretensky de Moscou

De passage à Moscou, l’archevêque Marc (Arndt) de l’Église orthodoxe russe hors-frontières a donné l’interview suivante, que nous reproduisons en intégralité, précédé par l’introduction du monastère Sretensky :

« Cette année, notre Église commémore le dixième anniversaire d’un événement très important : la réunion de ses deux branches : le Patriarcat de Moscou et l’Église russe hors-frontières. L’acte de communion canonique a été signé en mai 2007, le jour de la fête de l’Ascension du Seigneur. Et la fête de l’Ascension de cette année sera particulière au monastère Sretensky : en ce jour sera consacrée la nouvelle église du monastère, dédiée aux nouveaux martyrs et confesseurs de l’Église russe. L’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc (Arndt), qui a fait beaucoup pour que la division de l’Église russe soit surmontée, évoque dans une interview l’expérience résultant de l’unité de l’Église pendant ces dix années, ce que signifie pour nous tous la vénération des néomartyrs, les événements et les processus ayant rendu possible la réunification ».

– Monseigneur, en tant que participant direct au processus de réunification des deux branches de l’Église russe – le Patriarcat de Moscou et l’Église orthodoxe russe à l’étranger – comment évaluez-vous ces événements après que dix années se soient passées ?

Signature de l’Acte de communion canonique entre le Patriarcat de Moscou et l’Eglise russe hors-frontières en 2007

– Cela était nécessaire et juste. Nous avons toujours su que cela était nécessaire et maintenant, nous n’avons pas changé d’opinion. L’Église russe hors-frontières ne s’est jamais considérée comme un organisme séparé, indépendant, elle s’est toujours perçue comme une partie de l’Église russe une. C’est ce qui figurait sur la première page de nos statuts. C’est précisément pourquoi nous n’avons canonisé les néomartyrs qu’en 1981. Des appels en se sens avaient été formulés bien avant, mais nos pères avaient des doutes. Même le métropolite Anastase avait refusé la canonisation du saint et juste Jean de Cronstadt. Tous comprenaient qu’il fallait canoniser le père Jean, mais Mgr Anastase disait : « Nous ne voulons pas faire ce qui peut constituer une sorte de rupture entre les deux branches de l’Église russe ». Ce n’est que lorsqu’il nous a semblé que le pouvoir soviétique serait éternel, que rien ne changerait, tandis que l’Église en URSS n’était pas libre d’exprimer sa volonté, c’est alors que nous avons commencé à canoniser, graduellement : d’abord St Jean de Cronstadt, puis St Germain d’Alaska, Ste Xénia de Saint-Pétersbourg… et enfin les néomartyrs.

– Les martyrs impériaux ?

– Tous, toute l’assemblée des néomartyrs, dont les martyrs impériaux, non pas séparément, non pas en premier lieu. Cette retenue montre que nous n’avons jamais voulu nous séparer. On nous a demandé alors : pourquoi donc ne vous choisissez-vous pas un patriarche ? Ou : pourquoi célébrez-vous en slavon, en allemand et en français, et non en russe ? En fait, nous ne voulions rien créer de nouveau. Peut-être était-ce là une sorte de psychologie d’autoprotection, mais il était important de garder la tradition. Nous nous sommes efforcés de ne rien faire qui pouvait nous diviser. Et Dieu soit loué, il n’y eu pas chez nous de phénomènes comme les « rénovés » [schisme moderniste surgi après la révolution, ndt], les prêtres non canoniques mariés deux fois etc. Pour nous, cela était impensable. L’aspiration à l’unité de l’Église russe a toujours été présente chez nous. La réunification aurait pu se produire avant, en fait dès le début des années 1990, on aurait pu la commencer. Mais si nous y avions été prêts dans les années 1991-1992, nous aurions dû mener les négociations avec Denissenko [actuellement « primat » du « Patriarcat de Kiev », ndt], personne d’autre. Il était alors chargé de toutes les questions liées à l’étranger. Le Seigneur ne l’a pas permis. Tous savaient qui il était et que l’on ne pouvait s’asseoir à la table des négociations avec un tel individu. Un certain processus purificateur était nécessaire, qui permettait d’agir d’une nouvelle façon. Lorsque les néomartyrs ont été canonisés lors de l’Assemblée des évêques à Moscou en l’an 2000, cela a ouvert les portes. Naturellement, cela était alors difficile, et il reste maintenant encore certains problèmes. Par exemple, il y a jusqu’à présent deux archevêques de Berlin et d’Allemagne. Mais, globalement, nos deux diocèses qui couvrent le même territoire, croissent ensemble. Lentement, mais sûrement. Il y a une différence dans l’approche de la vie, les gens le ressentent, mais cela ne sort pas du cadre des différences habituelles. Un diocèse se distingue de l’autre, cela a toujours été ainsi. Les différences qui existent entre nous concernent en partie la célébration liturgique, en partie les usages, que nous avons hérités de nos pères. Nous, à l’étranger, sommes plus conservateurs qu’en Russie. Une communauté qui existe dans un environnement étranger, conserve avec plus de zèle ses particularités et ses traditions, tandis que chez eux [en Russie, ndt] les gens se développent et changent de façon naturelle. Nous sommes plus vulnérables, nous nous trouvons à la limite des civilisations, nous aspirons fortement à garder intact ce que nous avons hérité. Bien avant la réunification, nous avons eu des rencontres et des contacts constructifs. Des clercs de Russie ont participé à certaines de nos manifestations, nos clercs se rencontraient et discutaient avec des clercs de Russie, et ils ont commencé à mieux se comprendre mutuellement, à voir que tout n’est pas comme on se le représente au loin. J’ai toujours été étonné par le fait que les Russes à l’étranger ont gardé leur amour envers la Russie : malgré toutes les séparations et les frontières, cela s’est toujours trouvé à la première place pour eux. Aussi, nous séparer de l’Église russe, de la tradition des pères, cela était inimaginable. Ensuite sont apparus des « zélotes », le plus souvent des convertis récents, particulièrement en Amérique : « Non, non, nous seuls avons raison, et là-bas, en Russie, il n’y a aucune vérité ». Ils repoussaient tout ce qu’il y avait au Patriarcat de Moscou. Ils ne remarquaient que ce qu’il y avait de négatif, ils ne parlaient que de l’œcuménisme. Et là, je pense, nombreux sont parmi nous ceux qui se sont repris et ont compris qu’il fallait agir. Dieu nous a épargné d’en venir au rjet complet [du Patriarcat de Moscou, ndt], cette blessure serait restée incurable ensuite. Il est rare, dans l’histoire de l’Église, qu’un schisme soit guéri. Nous étions séparés administrativement, il n’y avait pas de schisme, il n’y en avait pas même les symptômes, mais il y avait un risque que ceux-ci se manifestent, il venait de gens qui n’étaient pas liés à la Russie, qui ne ressentaient pas envers elle l’amour que lui portaient les anciens émigrés.

– Si l’on considère le processus même de la réunification, non du point de vue canonique, historique, mais spirituel – qu’est-ce qui de votre point de vue était plus difficile à surmonter chez des gens qui ont participé à tout cela, qui en portaient la responsabilité ? Et quelle expérience avez-vous acquise ? Avez-vous peut-être fait quelque découverte ?

– Nous ressentons qu’il y a une différence sérieuse entre les clercs et laïcs qui se trouvent des deux côtés de la frontière – c’est normal vu que nous sommes passés par une voie différente et avons acquis une expérience différente également. Une expérience qui, malheureusement, n’est pas toujours transmise. Je rencontre parfois des jeunes gens qui ne savent déjà plus ce qu’est « le délégué » du gouvernement [qui surveillait et dirigeait de facto toute communauté religieuse du temps de l’URSS, ndt]. Et autres choses semblables. Et naturellement, on ne peut attendre que quelqu’un ici, en Russie, profite de notre expérience, ou que quelqu’un, chez nous, partage la vôtre : nous vivons dans des conditions, des circonstances différentes. Au début, lorsque nous vivions dans la vie locale, cela était très difficile. Le Patriarcat de Moscou participait alors activement aux rencontres œcuméniques, et c’était pour nous tout simplement inacceptable. Ensuite, beaucoup de choses sont devenues plus compréhensibles et faciles, mais il y a encore beaucoup de choses que nous ne comprenons pas maintenant. Il n’y a dans ma famille aucun orthodoxe, si ce n’est moi-même. Vous vivez entourés par des orthodoxes, même s’ils sont fictifs ou potentiels, mais ce n’est pas notre cas. Cela crée une toute autre configuration dans laquelle se développe la vie de l’homme. Notre attitude envers l’œcuménisme est fortement négative parce que nous vivons aux côtés des hétérodoxes, des hérétiques. Il y a encore la question de la sainte Communion : en Occident, dans l’émigration russe, la tradition de communier plus souvent est apparue plus tôt qu’ici, en Russie. L’Église de Moscou a conservé pendant des années, et peut-être le fait-elle en partie encore aujourd’hui les traditions du XIXème siècle. Nous qui vivons hors de Russie, avons plus ressenti ce qui s’est produit en Occident, nous avons vu comme le catholicisme et le protestantisme se décomposent. Nous comprenons que nous n’avons pas besoin de cela. Beaucoup de choses chez nous se passent autrement. Cela, pour nous, par exemple, est absolument inhabituel : il y a en Russie une très forte centralisation. Les Russes, en général, y sont plus enclins que les autres peuples. Nous avons tous un esprit de liberté. Chez nous, chaque diocèse a vraiment sa personnalité, son caractère, son autonomie, nous ressentons très fortement que nous n’avons aucun pouvoir central. Il est impensable que dans mon diocèse vienne quelque métropolite sans mon autorisation. Cette liberté donne une impulsion à la créativité, à la pensée créatrice. Nous n’attendons pas que quelqu’un nous dicte depuis Moscou ce que nous devons faire. Nous décidons nous-mêmes.

– Mais malgré tout, l’expérience de la vie ecclésiale dans la Russie contemporaine post-soviétique a-t-elle été utile pour vous – je veux dire l’Église hors-frontières ?

– Absolument. En premier lieu, la raison pour laquelle je suis ici [à Moscou ndt] aujourd’hui – la conférence inter-conciliaire – était la proposition des clercs de l’Église hors-frontières, et cela a été adopté. C’est important ! C’est précisément le signe de notre conciliarité. C’est l’exemple éclatant que l’Église peut se développer dans des conditions d’une liberté relative. Mais je pense que toute liberté est toujours relative. Bien sûr, nous sommes aussi liés par nos habitudes et nos traditions, mais l’Église devient plus forte lorsque les questions brûlantes de la vie ecclésiale sont largement discutées, et ce non seulement dans le cadre de l’Assemblée des évêques ou du Synode, mais aussi dans un cercle plus large. Cela pour nous, au moins dans cette forme, était impensable à l’étranger : nous vivons trop loin les uns des autres. Mais il y a toujours eu chez nous un contact plus étroit entre l’évêque et le peuple. Ici [en Russie, ndt] , je rencontre souvent l’isolement des évêques. Chez nous, normalement, lorsque l’évêque vient à la fête patronale dans une paroisse éloignée, il déjeune avec les paroissiens et non pas séparément, il leur parle de la vie ecclésiale, de ce dont il s’occupe au moment présent, il répond aux questions – c’est un contact réellement vivant. Et cela se produit dans toutes les paroisses qui ont leurs propres églises, et un local auprès de celle-ci où les paroissiens se rencontrent chaque dimanche après la Liturgie et communiquent entre eux. Nous avions une idée absolument trouble du mode de fonctionnement de la vie paroissiale en Russie, et généralement, de son peuple. Nous sommes éduqués par ce peuple russe qui est parti de Russie, les descendants des émigrés qui étaient des gens absolument différents, ils parlaient même différemment. Il est très important d’observer comment ont surgi et surgissent de nouvelles paroisses durant les vingt dernières années, non pas seulement la construction des édifices, mais la construction des paroisses, c’est-à-dire un organisme vivant où est possible un contact direct. Ce n’est pas toujours et partout réussi, mais il y a des exemples intéressants, et c’est un phénomène sain qui influe sur notre vie commune.

– L’Église à l’étranger a canonisé plus tôt que nous les néomartyrs, elle a commencé à peindre leurs icônes. Monseigneur, comment évaluez-vous la vénération des néomartyrs dans la Russie contemporaine ? Cette vénération était-elle attendue par vous ?

– Je l’attendais. J’ai compris dès le début des années 1990 que cette vénération existait déjà dans le peuple. Nous avons longuement hésité à procéder à la canonisation, mais nous recevions constamment des nouvelles dans ce sens, voire même des appels de Russie – et sur cette base, nous les avons canonisés. Aussi, la vénération des néomartyrs en Russie ne m’étonne pas. Elle progresse, peut-être plus lentement que chez nous. En son temps, nous nous sommes appuyés sur les documents que l’on pouvait trouver. Or, la source la plus fondamentale pour la canonisation était les journaux soviétiques où l’on communiquait sur les jugements et les exécutions du clergé. En ce qui concerne deux personnes qui ont servi la Famille impériale, on ignorait s’ils étaient orthodoxes (pour l’une d’entre elles, il est exact qu’elle ne l’était pas, pour ce qui concerne l’autre, les doutent subsistent). Et là, vérifier le cas de chacun scrupuleusement… Cela mène parfois à l’absurdité. Nous considérons qu’il est suffisant que la personne ait été exécutée, qu’elle ait prouvé par son sang qu’elle était chrétienne. L’approche peut être différente, mais je me réjouis du fait que lors des Assemblées épiscopales, on insiste sur la nécessité d’approfondir la vénération des néomartyrs, qu’on écrit beaucoup en Russie à leur sujet, que l’on édite des livres et des périodiques qui leurs sont dédiés. C’est juste, c’est seulement sur ce fondement que nous pouvons construire l’avenir de l’Église – en se souvenant de ses martyrs.

– Nous nous rencontrons avec vous sur un lieu où ont souffert de nombreux chrétiens. Que signifie pour vous la naissance de ce lieu saint, à savoir l’église dédiée aux nouveaux martyrs et confesseurs, dans le centre de Moscou [auprès du monastère Sretensky, ndt]. Cela est-il important pour toute notre Église réunie ?

– Je pense que cela nous unit. Et sur un lieu terrible comme le « polygone » de Boutovo, où ont péri des dizaines de milliers de chrétiens, une église est indispensable. En Russie, le Seigneur a fait que le passage soit plus doux de la dictature à démocratie que chez nous en Allemagne. Cela s’y est produit après la seconde guerre mondiale de façon tragique, brutale et très douloureuse (et Dieu soit loué que cela se soit produit), tandis qu’ici tout se passe très, très lentement. En fait, vous vivez jusqu’à maintenant au milieu de gens qui ont participé à toutes ces exécutions, qui ont persécuté l’Église. Et cela n’est pas dépassé, même pas au niveau symbolique : sur la Place Rouge se trouve encore dans le mausolée le cadavre du bourreau. C’est pourquoi un signe est très nécessaire. Afin de vaincre cette saleté, l’expulser du peuple. Nous soulevons souvent cette question aussi lors des Assemblées épiscopales et nous entendons les arguments suivants en guise de réponse : « Oui, mais il faut être ici très prudent, il faut se rappeler que nombreux sont ceux qui sont encore vivants… » Faut-il le faire ou non ? C’est une grande question. Je suis reconnaissant à Dieu qu’en Allemagne on s’est orienté de façon aussi décisive. Peut-être, il m’est plus facile d’être reconnaissant parce que ma famille n’était pas liée à ce mal. Mais j’ai vu comment peuvent se développer tragiquement les événements, si cette opération chirurgicale n’est pas faite au bon moment, par exemple en Yougoslavie. Je connaissais très bien la Yougoslavie, elle m’était toujours proche, je m’y rendais suivant, c’était l’unique pays socialiste où je pouvais aller. Et tout ce qui s’y est produit : les guerres, l’écroulement du pays est le résultat de ce que, au temps de Tito, on ne pouvait dire la vérité sur la seconde guerre mondiale, on la passait sous silence, et tous les conflits étaient enterrés, mais après malgré tout, tout a resurgi à la surface et a amené à des conséquences tragiques. Il faut tout faire en son temps. Pour nos paroissiens, il est particulièrement important que nous puissions venir ici, vénérer les saintes reliques, les saints lieux. Nous en rêvions depuis tant d’années… On ne pouvait même pas en rêver. J’ai été élevé sur le fondement du patericon de la Laure des Grottes de Kiev, mais je ne pouvais même pas penser que je viendrai un jour à Kiev. Lorsque je me suis trouvé à Novgorod pour la première fois et que j’ai pu entrer à Sainte-Sophie pour vénérer les reliques de saint Nicétas de Novgorod, j’en suis venu aux larmes. C’est sur le Mont Athos que j’ai fait connaissance des moines de Russie : c’est là qu’étaient venus, dans les années 1960, les tout premiers moines, et ces rencontres étaient les premières semences pour un futur rapprochement. C’était important. En effet, beaucoup d’émigrés ne comprenaient simplement pas ce qui se produisait ici. Cela, malheureusement, a particulièrement affecté l’Amérique du Sud qui, après la réunification est allée tout entière dans le schisme. Il y a là-bas peu de paroisses, de nombreux clercs se représentent les choses telles qu’elles étaient il y a quarante ans, ils connaissent mal ce qui s’est produit ici et ce qui se produit maintenant, et ils ont mené les gens au schisme. Lorsque le prêtre s’engage dans le schisme, où va le peuple ? Surtout si à cinquante kilomètres dans les alentours, il n’y a plus une seule église… C’est terrible. C’est le plus difficile pour nous, les gens qui sont partis dans le schisme.

– Mais s’est-il produit que certains d’entre eux qui au début n’ont pas accepté la réunification, ont compris ensuite qu’ils faisaient erreur ?

– Il y en a, Dieu soit loué.

– Qu’est-ce qui influe dans ce cas sur l’attitude des gens ?

– Ils changent d’attitude, probablement, parce qu’ils voient que « le pouvoir soviétique », et le Patriarcat de Moscou ne nous ont pas engloutis. Or, ils disaient : ils vont venir chez nous, tout prendre entre leurs mains, ils changeront tout, ils établiront leurs propres règles. Non, Dieu soit loué, nous vivons tranquillement.

Source

Visite du patriarche oecuménique Bartholomée à Taizé

Le  le 25 avril  dernier, le patriarche oecuménique Bartholomée s’est rendu pour la première fois à Taizé. Par ce pèlerinage à Taizé, le patriarche Bartholomée a conclu sa visite pastorale en Suisse à l’occasion des 50 ans du centre orthodoxe de Chambésy. À cette visite ont assisté les frères, plusieurs évêques dont Mgr Emmanuel (Adamakis), prêtres orthodoxes, les représentants des Eglises locales, et les jeunes présents cette semaine-là à Taizé. Vous trouverez sur le site Internet de Taizé la parole d’accueil de frère Alois, les deux extraits vidéo de la prière commune, et ci-dessous l’allocution prononcée par le patriarche Bartholomée au cours de la prière commune.

« Éminences,
Excellences,
Cher Frère Alois,
Chers frères de la Communauté,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Le Christ est ressuscité !

Depuis de nombreuses années, nous avons éprouvé le désir de nous rendre à Taizé, ce siège d’un œcuménisme spirituel, ce creuset de la réconciliation, ce lieu de rencontre qui inspire, à la suite de l’extraordinaire vision du Frère Roger, son fondateur, le rapprochement des chrétiens.

Si c’est la première fois qu’un patriarche œcuménique de Constantinople visite votre communauté – nous sommes particulièrement heureux que cette opportunité nous ait été offerte – les liens de Taizé avec le Patriarcat œcuménique remontent loin dans le passé. En effet, dès 1962, Frère Roger avait une première fois visité feu le patriarche œcuménique Athénagoras, à Constantinople. Frère Roger est rapidement devenu un frère de cœur de l’orthodoxie, tant la mission œcuménique qu’il entendait porter embrassait largement toutes les familles du christianisme, chacune selon son identité propre. Nous croyons savoir que vous avez conservé jusqu’à aujourd’hui l’icône que le patriarche œcuménique Athénagoras lui avait confiée. Cette icône de la Mère de Dieu ne représente pas seulement l’esprit de fraternité que nous tentons de faire grandir à l’ombre de la protection de notre Mère commune, la Vierge Marie, mais plus généralement la perspective dans laquelle s’inscrit notre prière en faveur de l’unité des chrétiens. Comme pour marquer le lien indéfectible entre Taizé et l’orthodoxie, le 15 avril 1963, la première pierre d’une chapelle orthodoxe est posée à Taizé, confirmant par ce geste la présence immuable du christianisme d’Orient en ces murs.

Vous-même, cher Frère Alois, avez repris avec fidélité cette belle tradition nous unissant. Nous nous souvenons avec émotion de vous avoir reçu au Phanar au cours de la fête de la Nativité de notre Seigneur, voilà déjà douze années. À cette occasion nous avions pu vous témoigner notre vif attachement pour les réunions de jeunes que vous organisez régulièrement au tournant des années, comme pour attester que le passage du temps rapproche inexorablement les chrétiens divisés en les faisant progresser ensemble sur le chemin de l’unité. Chaque année, vous nous faites l’honneur de transmettre notre message aux participants des Rencontres européennes. Nous sommes tout particulièrement heureux de pouvoir nous adresser à cette jeunesse européenne et chrétienne qui, en l’espace de quelques jours, fait l’expérience, même imparfaite, de la communion à laquelle nous aspirons. Frère Roger n’aimait-il pas à dire : « Le Christ n’est pas venu sur la terre pour créer une nouvelle religion, mais pour offrir à tout être humain une communion en Dieu. » Mentionnons aussi les pèlerinages de confiance sur terre qui forment une importante part de votre chantier œcuménique.

Cher Frère Alois,

Aujourd’hui vous nous recevez dans cette belle église de la réconciliation. Le thème de la réconciliation est central dans le christianisme et il faut distinguer, à notre avis, trois niveaux de lecture. Le premier niveau est le rapport de la réconciliation de l’humain avec le divin. L’œuvre du Christ dans le monde est une œuvre de réconciliation qui va au-delà de la religion en tant que liant verticalement et horizontalement Créateur et créatures. La réconciliation en Christ place ce dernier au centre de ce qui fait l’humanité, en tant qu’image de Dieu et dans un rapport dynamique de ressemblance. Le Christ est réconciliation. Rappelez-vous les mots du saint apôtre Paul : « Car de toute façon, c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation. » (2 Co. 5, 19) Il est d’ailleurs intéressant de noter que saint Paul, dans le verset précédent, parle même d’un « ministère de la réconciliation. » (2 Co 5, 18) La réconciliation est l’aune à partir de laquelle nous devons penser notre communion avec Dieu et notre unité en Église.

Le deuxième niveau découle directement du « ministère de communion » que nous venons de mentionner. De fait, il est plus œcuménique. Il répond à l’engagement pour l’unité des chrétiens dans laquelle s’inscrit l’action réconciliatrice que nous devons entreprendre. Si nous ne nous devions employer qu’une seule image, nous utiliserions celle de la guérison. Réconcilier en revient avant tout à guérir les maux de l’histoire, les cicatrices du temps, les incompréhensions mutuelles, les conflits de mémoire, les haines fratricides. En ce sens, la division entre chrétiens à laquelle nous entendons répondre en priant pour l’unité des Églises est une blessure spirituelle, aux responsabilités partagées – acceptées ou non. De fait, à l’ère œcuménique et à l’heure de la recherche de l’unité, il ne peut y avoir de réconciliation sans pardon. D’ailleurs, pour saint Jean Chrysostome, la réconciliation ne souffre pas l’attente. Si nous voulons être de véritables acteurs de réconciliation, nous devons prendre nos responsabilités, et être prêts à faire le premier pas.

Le troisième niveau est, quant à lui, plus global. L’amour du Christ, celui-là même qui nous presse vers cette réconciliation, englobe l’humanité tout entière. La réconciliation devient un agent de paix, un levier permettant de dépasser les antagonismes historiques, un moyen de neutraliser les polarisations du paysage social mondial et de désamorcer les conflits. La réconciliation est donc un enjeu global pour nos Églises et pour le monde en général. Permettez-nous de citer ce très beau texte luthéro-catholique, « Du conflit à la communion », qui en ce temps de commémoration du 500e anniversaire de la Réformation, rend parfaitement compte du cheminement spirituel et œcuménique que recouvre le principe de « réconciliation ». On y lit notamment : « L’engagement œcuménique pour l’unité de l’Église ne profite pas seulement à l’Église, mais aussi au monde, afin que le monde croie. Plus nos sociétés deviendront pluralistes en terme de religions, plus grande sera la tâche missionnaire de l’œcuménisme. Là aussi il convient de repenser les choses et de se repentir. » (par.243)

L’enjeu de la réconciliation nous dépasse, de même que nous dépasse l’événement historique qu’a vécu l’Église orthodoxe au cours du Saint et Grand Concile, réuni en Crète, en juin 2016. En effet, il ne s’agissait pas seulement d’étudier les thèmes à l’ordre du jour, aussi importants fussent-ils, mais il en allait de la réalité et de la place de l’orthodoxie tout entière dans le monde contemporain. À l’heure de la mondialisation, l’Église orthodoxe doit être capable de se doter d’outils lui permettant de répondre aux défis que lui pose la modernité. Le Saint et Grand Concile constitue un événement charnière, car il est à la fois un phénomène ecclésial de communion, qui manifeste l’unité de l’orthodoxie tout entière – cette unité n’est d’ailleurs pas remise en question par les Églises orthodoxes autocéphales qui n’y ont pas participé en raison du principe théologique de catholicité – et l’absolue nécessité d’une expérience conciliaire à l’échelle de la planète. La conciliarité, bien que traditionnelle dans l’orthodoxie au niveau local et régional, reste à (re)découvrir aujourd’hui à l’échelle mondiale. Aussi, nous rendons grâce à Dieu pour la tenue du Saint et Grand Concile et espérons que ce dernier n’est que le point de départ de l’exercice renouvelé de la conciliarité, comme le synonyme de la vie de l’Église. Comme nous pouvons le lire dans le Message du Saint et Grand Concile : « L’Église orthodoxe exprime son unité et sa catholicité dans le Concile. Sa conciliarité façonne son organisation, la manière par laquelle elle prend des décisions et la détermination de son destin. »

Chers amis,

Pour comprendre ce que représente Taizé pour l’Église orthodoxe, laissons un instant la place à Olivier Clément. Dans son bel ouvrage Taizé : un sens à la vie, le théologien orthodoxe ne considère pas Taizé comme une communauté au sens institutionnel, c’est aussi, pour ne pas dire avant tout, un événement. « L’événement Taizé » cristallise selon lui les aspirations d’une jeunesse en mal d’être, en mal de croire, en mal de vivre. « L’événement Taizé » agit comme une puissante parabole de conversion et de réconciliation, en mettant l’accent sur la vie intérieure qui permet d’entrer dans le mystère de l’unité, tout en s’inscrivant pleinement dans la vie du monde. Olivier Clément d’écrire en particulier : « La prière ne libère pas des tâches de ce monde : elle rend encore plus responsable. Rien n’est plus responsable que de prier. »

Ces paroles résonnent avec puissance dans la tradition orthodoxe et nous conduisent à approfondir le sens de la réconciliation au travers du mystère de la résurrection. Le temps liturgique dans lequel nous nous trouvons nous y invite d’autant plus fortement que nous touchons ici à la racine du mystère de la foi chrétienne. Saint Irénée de Lyon d’écrire : « Mais en fait, par la communion que nous avons avec lui, le Seigneur a réconcilié l’homme avec le Père, nous réconciliant avec lui-même par son corps de chair et nous rachetant par son sang… » (Adv. Haer. V, 14, 3)

Dans sa mort et sa résurrection, le Christ nous a réconciliés à Dieu. À l’heure où nous chantons les hymnes de Pâques, Orient et Occident chrétiens ensemble, continuons à prier pour que la lumière de la résurrection nous conduise sur le chemin de l’unité et de la communion.

Merci de nous accueillir aujourd’hui.

Le Christ est ressuscité ! »

Source

 

Le discours du patriarche Bartholomée, le 24 avril au Conseil oecuménique des Eglises

Le texte en français du discours du patriarche oecuménique Bartholomée au Conseil oecuménique des Églises, le 24 avril, est en ligne sur cette page. Il y évoque les relations œcuméniques, le Concile de Crète, le rôle du Conseil oecuménique des Églises. Il a aussi évoqué des questions concernant la protection de l’environnement et la protection des droits de l’enfant Dans l’après-midi, le patriarche s’est rendu à Fribourg, où il a été reçu en la cathédrale Saint-Nicolas avant de donner une conférence publique à l’Université catholique de cette ville.

Photographie (le patriarche Bartholomée durant son discours, à ses côtés, Mgr Job de Telmessos): Fanarion. Autre source: Fanarion

 

Assemblée générale 2017 du diocèse d’Europe occidentale de l’Église orthodoxe serbe

Le diocèse d’Europe occidentale de l’Eglise orthodoxe serbe a tenu la réunion annuelle de son assemblée générale, le Samedi radieux 22 avril à Paris. Convoqués par Mgr Luka, les membres de l’assemblée diocésaine se sont rassemblés le 22 avril à Paris pour la session annuelle. Vu des distances relativement grandes entre les paroisses du diocèse qui s’étend des Pays-Bas au nord, aux îles espagnoles de Ténériffe, au sud, cette réunion annuelle représente une importante occasion d’échange et de partage d’expériences paroissiales, créant des bases pour les projets en commun. La réunion a été précédée par la liturgie pascale du Samedi radieux célébrée en six langues utilisées dans ce diocèse où un tiers de clergé est d’origine française, un tiers d’origines ibériques et un tiers d’origine serbe. Lors de la réunion, l’adoption des rapports annuels a été suivie par des discussions sur le Concile de Crète, sur des différentes prescriptions pour le Carême, sur l’atelier iconographique au monastère d’Uchon en Bourgogne, et les projets du Centre orthodoxe au sein du monastère de Lectoure dans le département du Gers en région Midi-Pyrénées.

Report de la 6e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky Frenkel (Patriarcat de Jérusalem) – 26 avril

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel donnera le mercredi 26 avril sa 6e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque. La conférence aura lieu demain à 19h00 au 286 rue Saint-Jacques, 75005, Paris. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour voir la vidéo de sa 1ère cliquez ICI de sa 2ème conférence LÀ, de sa 3e conférence , de sa 4 conférence et de sa 5e conférence.

Podcast vidéo : « Jean Damascène » de Bertrand Vergely du 3 avril

Bertrand Vergely nous a parlé le 3 avril de saint Jean Damascène dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ».

Extrait de la conférence :

La conférence dans son intégralité :

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

Communiqué de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe concernant le rôle du cardinal Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale

« La quatrième réunion de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe, dont la tâche est d’examiner ensemble la personnalité du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, s’est réuni au palais épiscopal de Požega (Croatie). Le thème de la rencontre était « L’attitude de l’archevêque Stepinac envers l’Église orthodoxe serbe de 1941 à 1945 ». Le R.P. Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques, a participé à la réunion, qu’il a présidée au nom du Saint-Siège. Les représentants de la Conférence épiscopale croate à la réunion étaient : le cardinal-archevêque de Zagreb Josip Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Ratko Perić, l’évêque de Požega Antun Škvorčević, les conseillers scientifiques de l’Institut croate d’histoire le Dr. Jure Krišto et le Dr. Mario Jareb. En tant que représentants de l’Église orthodoxe serbe ont participé à la réunion : le métropolite de Zagreb-Ljubljana Porphyre Perić, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque Radović, l’évêque de Bačka Irénée Bulović et l’évêque de Slavonie Jean Ćulibruk. Le Dr Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO, a été empêché de participer aux travaux. En tant que conseillers spécialistes invités de la partie serbe orthodoxe de la Commission, ont participé : le Dr Radmila Radić, conseillère scientifique à l’Institut de l’histoire de la Serbie récente de Belgrade, le Dr Ljubodrag Dimić, professeur à la Faculté de philosophie de Belgrade et le Dr Milan Koljanin, haut conseiller scientifique à l’Institut de l’histoire contemporaine de Belgrade. La Vème session de la commission mixte sera tenue à Podgorica (Monténégro) les 7 et 8 juin 2017, sur le thème « L’archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 ».

Source

Visite du patriarche œcuménique à Genève

Le patriarche œcuménique Bartholomée a présidé les manifestations organisées par le Centre orthodoxe de Chambésy (Genève) à l’occasion du 25e anniversaire de son élection au siège de Constantinople, du 50e anniversaire de la fondation de ce Centre et du 20e anniversaire de la création de l’Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe. Dans la matinée du samedi 22 avril une séance solennelle a eu lieu en l’église Saint-Paul au cours de laquelle le patriarche et les responsables du Centre et de l’Institut ont prononcé des discours en présence de tous les professeurs et étudiants de l’Institut, des représentants de l’Université de Fribourg et de la Faculté de théologie de l’Université de Genève, des représentants du corps diplomatique et des autorités locales ainsi que de nombreux invités. Dimanche 23 avril, le patriarche a présidé la divine liturgie en concélébration avec les métropolites Athanase de Chalcédoine, Jérémie de Suisse (respectivement président du conseil d’administration et directeur du Centre de Chambésy), Augustin d’Allemagne, Gabriel de Nea Ionia et Philadelphia (Eglise de Grèce, ancien étudiant à l’Institut de Chambésy), Maxime de Silyvria, l’archevêque Job de Telmessos (représentant permanent du patriarcat au Conseil œcuménique des Églises et professeur à l’Institut de Chambésy) et l’évêque Makarios de Lampsaque (évêque vicaire de la métropole de Suisse) avec la participation de nombreux fidèles. Un repas officiel organisé ensuite dans un hôtel genevois a clos ces manifestations.

Sources: Fanarion (dont photographie) (1). Autres photographies : Amen.

Consécration de la nouvelle cathédrale Saints-Cyrille-et-Méthode à Lovetch (Bulgarie)

La nouvelle cathédrale Saints-Cyrille-et-Méthode de Lovetch sera consacrée le 30 avril, dimanche des Femmes myrrhophores. L’église a été réalisée maintenant, alors que sa construction avait été prévue au début du siècle passé. L’événement attendu par des générations d’habitants de Lovetch revêt une importance non seulement pour cette ville, mais aussi pour toute la Bulgarie, puisque, pour la première fois depuis 91 ans, une cathédrale sera consacrée dans le pays. La cérémonie de consécration sera présidée par S.S. le patriarche de Bulgarie Néophyte, assisté des membres du Saint-Synode au complet, du métropolite de Nijni-Novgorod Georges, de l’évêque de Giurgiu Ambroise (Église orthodoxe roumaine) et de nombreux autres évêques et prêtres de l’Église orthodoxe de Bulgarie et des autres Églises orthodoxes locales. Parmi les hôtes officiels se trouveront de nombreux donateurs, parmi lesquels Boïko Borisov, ancien premier ministre, et le roi Syméon de Saxe-Cobourg. D’autres représentants locaux seront également présents. Le lieu destiné à la construction de l’église a été acheté en 2001. Le début des travaux, qui ont duré douze ans, a eu lieu en 2005. Ils ont été réalisés sous la direction du métropolite de Lovetch Gabriel. L’esquisse du projet a été réalisée par le hiéromoine Romain, du monastère « Paraclet » en Grèce, dont l’higoumène et staretz est l’archimandrite du Timothée Sakkas. La conception architecturale a été réalisée par l’architecte Tsvetana Kovatchev. La surface de la nouvelle église est de 850 m2 et sa hauteur est de 25 mètres. L’église est munie d’un grand lustre fabriqué en Ukraine et en Russie, de fresques réalisées par le peintre bulgare Vladimir Avraamov, et d’une iconostase en bois sculpté, œuvre des maîtres de Smolyan, ainsi que d’un beau sol en marbre. L’église comprend un local où sera installée la bibliothèque, une salle destinée à l’école du dimanche, qui sera ouverte en automne.

Source

La main droite de la grande-duchesse martyre Élisabeth, sera amenée de New York à Saint-Pétersbourg

Grande-Duchesse martyre Élisabeth

Un reliquaire contenant la main droite de la sainte grande-duchesse Élisabeth Feodorovna sera amené à Saint-Pétersbourg le 5 mai, où il restera jusqu’au 11 mai. Il partira de la cathédrale du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à New York. La relique sera amenée à Saint-Pétersbourg afin de commémorer le 100ème anniversaire des événements tragiques de la révolution de 1917, qui ont mené au martyre de sainte Élisabeth et de millions d’autres personnes, dont la Famille impériale. La sainte relique restera à la cathédrale de la Sainte-Trinité de la Laure Saint-Alexandre-de-la-Neva, du 5 au 9 mai, puis à la cathédrale dédiée à l’icône de la Mère de Dieu « Feodorovskaïa », en mémoire du 300ème anniversaire de la maison des Romanov, du 9 au 11 mai. La main de sainte Elisabeth sera accueillie solennellement le 5 mai à 12h30 à la Laure Saint-Alexandre-de-la-Neva. Un office d’intercession sera célébré devant la relique, chanté par le chœur diocésain des jeunes, après quoi les fidèles pourront la vénérer. Le reliquaire vient à Saint-Pétersbourg avec la bénédiction du métropolite Hilarion de New York (Église russe hors-frontières) et du métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga. Le chœur des jeunes gens du diocèse d’Amérique orientale de l’Église russe hors-frontières séjournera également à Saint-Pétersbourg du 4 au 15 mai, et participera à l’office célébré devant les reliques les 5 et 7 mai à la Laure et le 9 mai à la cathédrale de l’icône « Feodorovskaïa ».

Source

Recension: Cyrille d’Alexandrie, « Contre Julien », tome Il, livres III-V

Cyrille d’Alexandrie, Contre Julien, tome Il, livres III-V. Introduction et annotation par Marie-Odile Boulnois, texte grec établi par C. Riedweg (GCS NF 20), traduction par J. Bouffartigue (†), M.-O. Boulnois et P. Castan, « Sources chrétiennes » n° 582, Paris, Cerf, 2016, 663 p.
Ce volume présente la suite (livres III à V) du traité de saint Cyrille d’Alexandrie († 444) « Contre Julien », dont les deux premiers livres avaient été publiés dans la même collection en 1985 par P. Burguière et P. Évieux.
Dans cet ouvrage qui date d’environ 440, le patriarche d’Alexandrie réfute les critiques adressées aux chrétiens par l’empereur Julien dit « l’Apostat » intitulé Contre les Galiléens. Celui-ci avait été publié en 362-363, soit 80 ans plus tôt, mais à l’époque de Cyrille il était toujours perçu comme dangereux, bien que, considéré comme « démoniaque » par les chrétiens, il ait été massivement détruit au point que les citations contenus dans l’ouvrage de Cyrille en constituent aujourd’hui presque l’unique trace. Ce traité de Julien fait partie d’une lignée d’ouvrages anti-chrétiens rédigés par des philosophes païens, à laquelle appartiennent aussi le Discours véritable de Celse (178), qu’a longuement réfuté Origène dans son Contre Celse (248), ou le Contre les chrétiens (après 271) de Porphyre de Tyr, qui fut réfuté par Apollinaire de Laodicée en 370.
Julien adhère à la philosophie néo-platonicienne, mais possède néanmoins une bonne connaissance de la Bible. Il cherche a discréditer le contenu de celle-ci en tant que l’une des bases de la foi chrétienne, en montrant qu’elle est, soit assimilable à la mythologie (dans sa référence à un arbre de la connaissance du bien et du mal, dans son évocation d’un serpent qui parle, dans sa description de l’épisode de la tour de Babel…), soit réductrice (en concevant Dieu comme le dieu des Hébreux et donc comme un dieu national), soit blasphématoire (en faisant apparaître Dieu comme méchant, jaloux ou impuissant).
Pour le réfuter, saint Cyrille d’Alexandrie recourt non seulement à l’exégèse et à la théologie, mais aussi à la philosophie et à la littérature grecques qu’il cite abondamment.
La réfutation de Cyrille garde un caractère actuel, car les objections de Julien ont régulièrement été reprises sous diverses formes jusqu’à nos jours. L’assimilation de certains éléments bibliques à une mythologie a été fortement mise en avant dans les années 60 du siècle dernier dans la théologie protestante (R. Bultmann) et dans une partie de la théologie catholique qui préconisaient une « démythologisation » du christianisme. Le caractère fortement politique et nationaliste de certains épisodes de la Bible (bien qu’il soit plus valorisé par l’exégèse juive que par l’exégèse chrétienne), ou l’image d’un Dieu jaloux, vengeur, ou injuste donnée par d’autres épisodes posent problème à première lecture et appellent, pour être correctement compris, une exégèse adéquate dont cet ouvrage de saint Cyrille d’Alexandrie nous donne un bon exemple.
Un autre aspect intéressant de ce traité est qu’il oppose en de nombreux passages la Trinité chrétienne à la triade néo-platonicienne à laquelle adhère Julien, en montrant les déficiences de cette dernière conception de la divinité, dont le caractère hiérarchique s’inspire de l’hérésie arienne.

Jean-Claude Larchet

« Haïti en chœur », une association destinée à soutenir les œuvres caritatives de l’Église orthodoxe en Haïti

L’histoire de l’association commence avec la collaboration de la Mission orthodoxe d’Haïti et de la paroisse Saint Job de Bruxelles à la rentrée scolaire 2016. Il apparaît alors déjà que certains besoins en matière d’éducation, particulièrement des plus jeunes, sont loin d’être satisfaits sur l’ensemble du territoire couvert par les sept paroisses haïtiennes relevant de la Mission orthodoxe, et c’est dans ce cadre que Martin Dumais, lui-même haïtien et séminariste en France, à Epinay-sous-Sénart, joue le rôle de relais entre les différentes parties engagées. La nouvelle des dégâts occasionnés par le passage sur l’île de l’ouragan Matthiew, en octobre 2016, conforte Martin Dumais dans la conviction que le premier élan de solidarité qui s’était exprimé doit être pérennisé pour ne pas ressembler à un simple feu de paille risquant de décevoir des dizaines d’enfants et leurs familles au moment même où ils avaient pu entrevoir une lueur d’espoir : un parrainage est alors mis en place, qui permet la rescolarisation de nombreux petits haïtiens ainsi que la mise en service d’une cantine à Port-au-Prince. Désireux de permettre à un plus grand nombre d’enfants d’intégrer dans les meilleures conditions possible le programme scolaire de la mission orthodoxe, notre séminariste fait alors appel aux bonnes volontés des fidèles qui fréquentent Epinay-Sous-Sénart et les convainc aisément de l’opportunité de créer une association capable de servir de base arrière solide à un projet désormais clairement voué à s’inscrire dans la durée. Forte de ses 15 premiers membres et de ses nouveaux statuts, l’association « Haïti en chœur », conforme à la loi de 1901, voit officiellement le jour le 15 mars 2017. On peut trouver ici tous les détails concernant cette association et comment soutenir ses projets !
Source

Podcast vidéo : « Évagre le Pontique » de Bertrand Vergely du 27 mars 2017

Bertrand Vergely nous a parlé le 27 mars d’Évagre le Pontique » dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ».

Extrait de la conférence :

La conférence dans son intégralité :

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

La canonisation des saints de Putna (Roumanie) aura lieu au mois de mai

Cette année, au milieu du moi de mai, aura lieu la canonisation des saints de Putna. Il est question du métropolite Jacob de Putna (Moldavie, 1719-1778), des saints moines Sila, Païssios et Nathan du monastère de Sihăstria de Putna (XVIIIème s.). L’événement aura lieu à Putna. Ces saints seront fêtés la première fois les 15 et 16 mai. La canonisation de ces quatre personnalités représentatives de la vie spirituelle roumaine du XVIIIème siècle a été décidée par le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine réuni en séance de travail en la résidence patriarcale du 6 au 7 juin 2016. Les propositions de canonisation ont été faites par l’archevêché de Suceava et de Rădăuți et ont reçu l’avis favorable du Synode métropolitain du diocèse de Moldavie et de Bucovine lors de sa séance du vendredi 20 mai 2016. Le métropolite Jacob de Putna est né le 20 janvier 1719 en Bucovine. Il est connu pour l’impression de livres ecclésiaux. Il a en outre imprimé des manuels scolaires en langue roumaine, promouvant ainsi l’enseignement en langue maternelle. Il est décédé le 15 mai 1778. Les saints moines Sila, Païssios et Nathan ont vécu dans l’ascèse au XVIIIème siècle au monastère Sihăstria de Putna, lieu d’hésychia stricte, où se retiraient de préférence les moines de Putna.

Source

Le patriarche de Moscou Cyrille s’est étonné de l’absence de réaction de la communauté internationale aux actes de violence commis contre l’Église en Ukraine

Lors de sa dernière rencontre avec le président italien Sergio Mattarella (le 12 avril), le patriarche de Moscou a présenté à son interlocuteur des photos d’actes de violence exercés à l’encontre les paroissiens de l’Église orthodoxe d’Ukraine par des formations paramilitaires. « Le silence de la communauté internationale stupéfie », a déclaré le primat de l’Église orthodoxe russe à la réception pascale annuelle organisée par le Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie. « On opprime notre Église, on essaye de la priver de ses droits civiques, on essaye d’adopter des lois qui excluent l’enregistrement normal des paroisses orthodoxes en Ukraine, on s’empare des églises par la force. On peut en parler longtemps, mais lorsque l’on voit comment des groupes paramilitaires en tenue de camouflage expulsent par la force les gens des églises, c’est impressionnant ! » a déclaré le patriarche Cyrille dans son intervention. Le patriarche a ajouté que toutes les Églises orthodoxes locales soutiennent l’Église orthodoxe d’Ukraine dans son opposition au « Patriarcat de Kiev », non reconnu, et qu’il avait montré des photos des affrontements au président italien. « On appelle l’Église d’Ukraine ‘Église agresseur’, on exige qu’elle rompe ses relations avec le Patriarcat de Moscou, on l’accuse d’antipatriotisme. Mais le peuple reste fidèle à l’ordre canonique. Ceux qui sont expulsés des paroisses demeurent dans notre juridiction canonique, il est fréquent qu’une nouvelle église soit construite pour remplacer celle dont se sont emparés [les schismatiques]. Mais il y a encore des cas lorsque la nouvelle église a été elle-aussi saisie », a précisé le patriarche. « Il est étonnant que tout cela soit couvert par le silence dans le monde », a-t-il conclu.

Source

L’office des vêpres de Pâques à Jérusalem

On peut visionner ci-dessous la vidéo de l’office des vêpres de Pâques au Patriarcat de Jérusalem. Selon la tradition des Églises hellénophones, c’est lors de cet office que l’Évangile est lu en plusieurs langues.

Source

Liturgie pascale à Belgrade

On peut visionner ci-dessous dans son intégralité, la Liturgie pascale célébrée par le patriarche de Serbie Irénée dans la crypte de la cathédrale Saint-Sava de Belgrade. Assistaient à l’office, entre autres, le prince Alexandre et la princesse Katarina Karageorgévitch, le ministre des affaires étrangères Ivica Dačić, le nonce apostolique Luciano Suriani, le directeur du bureau pour la collaboration avec les Églises et communautés religieuses, Mileta Radojević.

Source

Visite du patriarche Bartholomée en Suisse du 22 au 24 avril

Le patriarche œcuménique Bartholomée se rendra en Suisse pour la célébration des 50 ans du Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy et le 20ème anniversaire de la création de l’Institut des études supérieures au même centre, du 22 au 24 avril. Pour trouver le programme cliquez sur ce lien (dont photographie). Vous pouvez suivre en direct à partir de 12h, samedi 22 avril,  la conférence du patriarche Bartholomée avec la vidéo ci-dessous. Dans sa communication, le patriarche évoquera les questions concernant le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe qui a eu lieu l’an passé en Crète, ainsi que les défis environnementaux et la protection des droits des enfants.
Une conférence à l’Université de Fribourg et une visite de pèlerinage à la communauté de Taizé font également partie de la visite.

Présentation du livre de Nathalie Beaux « Moïse d’Égypte – L’Enfant des trois Livres » – 27 avril

Nathalie Beaux présentera son dernier livre « Moïse d’Égypte – L’Enfant des trois Livres » le jeudi 27 avril à partir de 19H00 dans l’auditorium Jean XXIII de la Mutuelle Saint-Christophe au 277 rue Saint-Jacques Paris 5e. Nathalie Beaux est égyptologue (chercheur associée au Collège de France et à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire). Son travail en Égypte et au Sinaï lui a permis de puiser dans ces terres autant que dans l’histoire égyptienne les évocations de l’Égypte antique et du Sinaï qui animent ce volet de la vie de Moïse avant l’Exode. Elle a publié Moïse et le Christ – Rencontre au Sinaï (Cerf). La présentation sera clôturée par une vente-dédicace suivie d’un pot de l’amitié.

Bertrand Vergely : « Dostoïevski » – lundi 24 avril

Bertrand Vergely nous parlera le lundi 24 avril de Dostoïevski dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ». La conférence aura lieu  à partir de 19h30 (ouverture des portes à 19h00), dans l’auditorium Jean XXIII de la Mutuelle Saint-Christophe au 277 rue Saint-Jacques Paris 5e. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour consulter les dates et les thèmes des prochaines conférences, cliquez ICI !

La tournée en France de la chorale « Les coeurs en joie » du 18 au 21 mai

La tournée de la chorale intitulée «Les coeurs en joie» aura lieu prochainement, en France, avec au programme : des chants populaires russes et biélorusses. Cette chorale est constituée de patients du service neuropsychiatrique de l’Hôpital psychiatrique public et est dirigée par les moniales du monastère du monastère de Sainte-Elisabeth à Minsk (Biélorussie).  L’ensemble «Les cœurs en joie» a la chance, sans doute unique dans leur vie, de venir en France. Quatre concerts sont prévus. Ces concerts  auront lieu du 18 au 21 mai à Troyes, non loin de Nancy, non loin de Dijon-Besançon et à Paris… (vous trouverez le programme en pièce jointe). Nous vous invitons donc cordialement, vous, vos proches et vos connaissances, à venir assister à un de ces concerts et à nous soutenir de cette manière.  Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi faire un don ou participer à l’organisation d’un repas du midi ou du soir pendant notre tournée ou encore nous aider à loger des personnes du groupe.

Des expositions sont aussi organisé à Paris :

  • à la paroisse St Léon (1 Place du Cardinal Amette, 75015 Paris) dans la salle St Augustin le 29 avril et dans la salle St Paul le 30 avril
  • à la paroisse Ste Trinité (Place d’Estienne d’Orves, 75009 Paris) du 1 au 7 mai
  • à la paroisse Notre Dame des Champs (91 bd. du Montparnasse, 75006 Paris) du 27 au 30 avril.

Nous vous invitons à regarder une vidéo, sous-titrée en français présentant le projet :

L’archimandrite Gabriel (Vučković), higoumène du monastère de Lepavina (Croatie), est décédé

L’archimandrite Gabriel (Vučković), higoumène du monastère de Lepavina (Croatie) est décédé le mercredi de la Semaine sainte, le 12 avril Il était particulièrement connu pour son activité missionnaire sur internet, notamment le site du monastère de Lepavina, qui comporte aussi des articles en français. Né en 1944 dans la région de Požarevac, il devint moine au monastère de Rakovica, près de Belgrade, en 1964, puis vécut au Kosovo, notamment au monastère de Dečani, et partit ensuite sur le Mont Athos en 1971, où il fut ordonné prêtre. En 1984, il revint en Serbie. Le 17 août 1984, il fut nommé higoumène du monastère de Lepavina, en Croatie, où il resta jusqu’à son décès. Au cours de la guerre civile (1991-1995), il ne quitta pas son monastère. Il était connu pour son utilisation, dans son travail pastoral, des nouvelles technologies, notamment internet. Fin 2014, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe le nomma membre de son département missionnaire. Avec la bénédiction de son évêque, le métropolite Porphyre, il participa au premier symposium sur les médias numériques et la pastorale orthodoxe à Athènes en mai 2015. Les funérailles du père Gabriel ont eu lieu au monastère de Lepavina le lundi de Pâques. La sainte liturgie, suivie de l’office des funérailles, a été célébrée par le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre, assisté de l’évêque de Pakrac et de Slavonie Jean et d’un grand nombre de prêtres. Dans son homélie, le métropolite Porphyre a évoqué la foi, les labeurs ascétiques et l’amour de l’archimandrite Gabriel envers le Christ et l’Église, mais aussi envers tout homme indépendamment de sa religion et sa nationalité. L’archimandrite Gabriel est inhumé au cimetière du monastère.

Sources : 1 et 2

Une pétition est lancée pour que le lundi de Pâques devienne un jour férié en Fédération de Russie

Le Centre « Saint Basile le Grand » a lancé une pétition en ligne pour que le lundi lumineux, c’est-à-dire le lundi de Pâques, devienne férié en Fédération de Russie. Le centre a été fondé à Moscou en 2016 avec pour mission de « promouvoir la protection et la diffusion de la Tradition orthodoxe et de la vision orthodoxe traditionnelle du monde dans le monde moderne ». « Étant donné l’importance de l’orthodoxie dans la vie de la Russie et le caractère constructif des relations Église-État, nous proposons d’introduire un jour de congé officiel lié à la fête chrétienne principale – Pâques. Étant donné le caractère et le moment de la célébration de la Résurrection lumineuse du Christ, le nouveau jour de congé devrait être le lundi lumineux, le premier jour après Pâques » est-il dit dans la pétition. Les auteurs du texte mentionnent que le lundi lumineux était un jour de congé public dans l’Empire russe avant la révolution, les employeurs étant contraints d’accorder à leurs employés le jour de congé, conformément à l’article 198 de la « Charte sur le travail industriel » de l’Empire. La pétition mentionne également les dispositions du 66ème canon du Concile quinisexte : « Depuis le saint jour de la résurrection du Christ notre Dieu jusqu’au nouveau dimanche, les fidèles doivent fréquenter sans négligence toute la semaine les saintes églises, se réjouissant dans le Christ et chantant des psaumes et des cantiques et des chants spirituels, s’appliquant à la lecture des saintes Écritures et faisant leurs délices de la communion aux saints Mystères ; en effet, nous serons ainsi ressuscités et exaltés avec le Christ. Qu’on ne donne point par conséquent, dans les jours en question, ni jeux d’hippodrome, ni autres spectacles publics ». Les auteurs de la pétition ont également souligné que la Russie est l’un des rares pays où le lundi de Pâques n’est pas un jour de congé, bien que la majorité de la population russe (70-80%) s’identifie comme chrétienne orthodoxe. La seule exception en Russie est la République de Crimée qui compte le lundi de Pâques comme férié et ce après sa réunification avec la Fédération de Russie. En outre, le parti libéral-démocratique de Russie a déposé un projet de loi à la Douma, dans le même sens, selon l’agence RIA-Novosti. Les auteurs du projet de loi croient qu’une telle loi honorerait les traditions historiques profondes de l’orthodoxie russe et confirmerait la reconnaissance par le gouvernement et la société du rôle spécifique de l’orthodoxie dans l’histoire de la Russie et dans la formation et le développement de sa spiritualité et sa culture. Le Centre Saint-Basile a également l’intention d’envoyer une lettre au président Vladimir Poutine et au patriarche Cyrille dans ce sens, « étant donné l’importance exceptionnelle de la fête de Pâques ainsi que l’expérience historique de la Russie et la pratique moderne de nombreux pays du monde ».

Source

Vidéo des matines et de la liturgie pascales en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou

On peut visionner ci-dessous les matines et la divine liturgie pascales célébrées par le patriarche de Moscou Cyrille en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou. Au début du film vidéo, le patriarche prononce les paroles suivantes: « Avant le début de l’office pascal nocturne, je m’adresse à vous tous par une salutation, mes chers frères et sœurs, et je souhaite à chacun d’entre vous de ressentir la joie particulière du contact avec le Christ ressuscité en cette nuit ! Les gens qui fréquentent l’église lors de la nuit pascale, font l’expérience d’un état particulier. Et cela ne dépend pas des circonstances dans lesquelles se déroule l’office, du niveau de sa solennité, de son aspect spectaculaire, de la qualité du chœur. Nous savons que même dans les églises les plus modestes, où il n’y a pas une solennité comparable à celle des cathédrales, les gens ressentent en cette nuit une joie particulière dans leur cœur et vivent de celle-ci. Pourquoi cela se produit-il ? Cela se produit parce que le Seigneur ressuscité Lui-même nous accorde cet état. Nous appelons le dimanche « jour du Seigneur », fête du Seigneur. C’est réellement le jour du Christ ressuscité, le jour de Sa gloire, le jour de Sa victoire. Et en ce jour, Il nous transmet une grâce particulière, que nous puisons par des cœurs croyants grâce à la participation à l’office divin. Je voudrais souhaiter à chacun d’entre nous de garder ce sentiment plein de grâce le plus longtemps possible. Et si dans la vie – ce qui se produit immanquablement – nous traversons des circonstances difficiles, le souvenir de la joie pascale, la joie du contact avec le Christ ressuscité peut nous aider à surmonter ces difficultés. Je souhaite une bonne fête à tous les habitants de la Russie, ainsi qu’à nos frères et sœurs en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie, au Kazakhstan, en Ouzbekistan, en Kirghizie, au Tadjikistan, en Turkménie, au Japon, en Chine, ainsi qu’à ceux qui vivent dans l’étranger lointain : en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Afrique, en Australie, en Antarctique, tous ceux qui en cette nuit pascale, partagent avec nous la joie de la lumineuse Résurrection du Christ. Que Sa grâce, Sa force – celle du Christ qui a vaincu la mort – nous renforce dans notre foi et nous aide dans le cheminement de notre vie. Que le Seigneur vous garde tous ! Bonne fête de la Pâque de Dieu salvatrice qui va commencer !». On peut voir également sur ce film le président Vladimir Poutine, le premier ministre Dimitri Medvedev et son épouse, ainsi que le maire de Moscou S. Sobianine, qui assistaient à l’office.

5e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky

Le mardi 18 avril 2017 le père Alexandre Winogradsky Frenkel a donné sa 5e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque.

Extrait de la conférence :

La conférence dans son intégralité :

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

 

Vient de paraître: « Moïse d’Égypte – L’Enfant des trois Livres » par Nathalie Beaux

Les éditions Médiaspaul vient de publier un nouveau livre de Nathalie Beaux « Moïse d’Égypte – L’Enfant des trois Livres ». L’histoire de Moïse est aussi étonnante que fondatrice, puisque juifs, chrétiens et musulmans en font un personnage central de leur Livre, et que chaque tradition a repris, développé et interprété le moindre passage de sa vie. Mais au-delà de ce destin, déjà si extraordinaire, d’un prince égyptien devenu berger d’hommes au désert, se dessine petit-à-petit le visage d’un voyant de Dieu. Pour tous, il fut un modèle de perfection, un point d’ancrage dans la tourmente de la vie humaine. Pourtant bien peu de pages du livre sont consacrées à la vie de Moïse avant l’Exode : quelques lignes sur son enfance et son adolescence, quelques pages sur l’épisode essentiel du Buisson Ardent, sa rencontre avec Dieu, et encore quelques pages sur les plaies d’Égypte qui permirent au peuple hébreu de partir, enfin, sous sa conduite…
Cette fiction romanesque de la vie de Moïse fait revivre sa jeunesse égyptienne et laisse entrevoir comment il s’est forgé, dans le creuset de deux cultures. On marche ensuite sur ses pas au désert jusqu’à ce lieu de lumière, posé dans les larges plis de la roche, où il vit longtemps dans le dépouillement, auprès de sa femme et de ses fils, auprès de Jéthro, guide du silence. Et là Moïse, dans le creux de son être, ouvre un regard éperdu vers Dieu… qui lui parle. Moïse retourne alors dans la vallée du Nil pour rassembler son peuple selon le dessein du Seigneur.
Largement inspiré des trois traditions monothéistes, ce récit fait œuvre d’unité ; une bibliographie et des notes pour chaque chapitre permettent en fin de volume au lecteur qui le désire de remonter à la source et de comparer l’approche des juifs, des chrétiens et des musulmans (tradition soufie).

Nathalie Beaux est égyptologue (chercheur associée au Collège de France et à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire). Son travail en Égypte et au Sinaï lui a permis de puiser dans ces terres autant que dans l’histoire égyptienne les évocations de l’Égypte antique et du Sinaï qui animent ce volet de la vie de Moïse avant l’Exode. Elle a publié Moïse et le Christ – Rencontre au Sinaï (Cerf).

Les célébrations de la Semaine sainte et de Pâques à Chambésy (Suisse)

Les célébrations de la Semaine sainte et du dimanche de Pâques ont eu lieu au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy, près de Genève, sous la présidence du métropolite Jérémie de Suisse, directeur du Centre, avec la participation des prêtres de toutes les paroisses qui y sont abritées et d’un grand nombre de fidèles. Pendant la cérémonie de la Résurrection, les différentes chorales ont chanté le tropaire de Pâques en grec, français, arabe, slavon et roumain.

Source (dont photographie): Fanarion (1)

5e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky Frenkel (Patriarcat de Jérusalem) – 18 avril

Le mardi 18 avril le père Alexandre Winogradsky Frenkel donnera sa cinquième conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque. La conférence aura lieu demain à 19h00 au 286 rue Saint-Jacques, 75005, Paris. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour voir la vidéo de sa 1ère cliquez ICI de sa 2ème conférence LÀ, de sa 3e conférence et de sa 4 conférence.

« La victoire sur la mort est avant tout une victoire spirituelle qui se manifeste dès maintenant », une interview de Jean-Claude Larchet dans l’hebdomadaire de l’Église roumaine « Lumina de Duminica »

« Lumina de Duminică » , version hebdomadaire du quotidien de l’Église roumaine  « Ziarul Lumina » a publié hier 16 avril, jour de Pâques, une interview de Jean-Claude Larchet sur le sens de la Résurrection. On en trouvera ici la version roumaine et ci-dessous la version française.

« La victoire sur la mort est avant tout une victoire spirituelle qui se manifeste dès maintenant »

  1. Mis à part le christianisme, aucune autre religion ne parle de Résurrection. Qu’est-ce que la Résurrection du Christ a représenté pour le monde antique et païen et comment les Saints Pères ont mis en lumière cet événement dans leurs écrits?

L’affirmation d’une résurrection des morts a représenté une nouveauté radicale par rapport au courant de pensée dominant du monde antique, représenté notamment par le platonisme, qui valorisait l’âme exclusivement et considérait que la vie après la mort ne pouvait être que la vie de l’âme seule, libérée du corps qui n’était pour elle qu’une prison le temps de cette vie terrestre.
L’anthropologie chrétienne a toujours considéré que l’homme est constitué d’une âme et d’un corps indissociablement, et que le corps a une valeur autant que l’âme, car il a lui aussi été créé par Dieu, porte Son image, est appelé à participer à la vie spirituelle, à recevoir la grâce divine et même à être déifié. Cette valorisation du corps en tant que constitutif de la nature humaine a été confirmée au plus haut niveau par le fait que le Verbe, le Fils de Dieu, en S’incarnant a pris non seulement une âme, mais un corps. Sa dimension spirituelle, son aptitude à être déifié sont quant à elles soulignées dès l’origine par saint Paul: « Ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint-Esprit, qui est en vous et que vous tenez de Dieu? Et que vous ne vous appartenez pas? Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1 Co 6, 19-20).
Cette anthropologie a non seulement été défendue par les premiers Pères de l’Église (en particulier saint Irénée) contre les courants platoniciens et gnostiques qui méprisaient le corps, mais aussi au XIVe siècle par saint Grégoire Palamas qui a fortement souligné la participation du corps à la vie spirituelle – dès ses premiers degrés, dans l’ascèse et la prière – jusqu’en son plus haut degré – la vision de Dieu–, et le fait qu’il est déifié au même titre que l’âme.
La foi en la résurrection fut quant à elle défendue par les premiers Pères, contre les intellectuels de l’époque qui la jugeaient scandaleuse et la raillaient. On en trouve une apologie développée dans le Contre Celse d’Origène, et surtout dans le traité Sur la résurrection des morts d’Athénagore.

  1. Sur la Croix la vie semblait engloutie par la mort. Mais, en Christ, la mort « en entrant en Dieu est consommée », elle se dissout en Lui, car « ne trouve aucune place pour elle là-bas ». Qu’est-ce que nous pouvons faire, en tant qu’êtres mortels, pour que la mort ne puisse plus nous toucher, pour que nous soyons semblables au Seigneur, en tant que « vases » où la mort ne trouve plus d’abri?

La victoire sur la mort n’est pas seulement, comme on le croit souvent, une victoire physique, qui se manifeste dans la résurrection future. C’est avant tout une victoire spirituelle qui se manifeste dès maintenant: le Christ sur la Croix a vaincu le pouvoir que la mort a sur nous par la crainte qu’elle nous inspire, et le pouvoir que le diable a sur nous par le moyen de cette crainte. C’est l’enseignement même de saint Paul, qui affirme que le Christ, en participant à notre nature, avait pour but « d’affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort » (He 2, 15). Et Théodore de Mopsueste et saint Jean Chrysostome en particulier ont noté que les hommes développent en eux les passions comme une tentative de vivre intensément et d’échapper à la mort, ce qui est évidemment une double illusion.
Ces idées trouvent aussi un fondement dans les paroles de saint Paul qui, face à la victoire du Christ sur la mort s’écrie: « Ô mort, où est ta victoire? où est ton aiguillon? » (1 Co 15, 55). En nous unissant au Christ, nous pouvons recevoir cette grâce qu’Il nous a acquise: non seulement dépasser la mort physique par la résurrection future, mais avant cela n’être plus dominé spirituellement par la mort, notamment à travers la crainte qu’elle nous inspire, et par là devenir libre par rapport à nos passions qui nous attachent à notre vie biologique et à ce monde.

  1. La Résurrection opère un changement fondamental dans la nature déchue, en ouvrant une possibilité énorme: la sanctification de la mort elle-même. Dans le Patriarcat roumain, l’année 2017 a été dédié à tous ceux qui ont témoigné de l’Orthodoxie durant l’oppression communiste. Comment ont-ils réussi, par le dépassement de la peur et de la douleur physique, de sanctifier leurs propres morts? Qu’est-ce que la mort a signifié pour eux?

Je ne sais pas si l’on peut parler d’une sanctification de la mort: le tropaire de Pâques dit que le Christ « par Sa mort a vaincu la mort » et saint Jean Chrysostome y voit « la mort de la mort ». La mort qui signifiait avant cela l’anéantissement de toute chose devient elle-même un néant; elle cesse d’être une fin pour devenir le simple point de passage d’un mode de vie à un autre.
Quant aux martyrs, ils nous donnent l’exemple de chrétiens qui, par la foi dans le Christ et l’union étroite à Lui, ont dépassé la peur de la souffrance et de la mort. Elles n’ont plus de pouvoir sur eux, ni le diable ni le péché qui agissent en s’appuyant sur elles. Ils les affrontent non seulement de plein gré, mais de bon gré.
Mais cela, chaque chrétien est appelé aussi à le réaliser par la vie ascétique (que certains Pères qualifient de martyr progressif et non sanglant): elle nous apprend à nous familiariser avec la souffrance (dans les peines volontaires de l’ascèse que nous recherchons – comme le jeûne, les veilles, le travail fatigant, et toutes les formes de renoncement –, ou dans les peines involontaires que cette existence terrestre nous impose – comme les maladies – mais que nous acceptons de bon gré); elle nous apprend aussi à nous familiariser avec la mort (dans ce que les Pères appellent la « mémoire de la mort », mais aussi dans le processus de mortification du « vieil homme » [Rm 6, 6; Eph 4, 22]; Col 3, 9] qui est l’homme soumis, par le biais de ses passions, aux déterminismes biologiques et sociologiques).

  1. À partir du moment de la victoire du Christ sur la mort, la Résurrection est devenue la loi universelle du monde créé, surtout pour l’homme. On pourrait dire que notre salut est garanti à 100%. Et pourtant, ce n’est pas ainsi, car nous tombons souvent dans le péché. Quel est le rôle de la pénitence, des larmes, de ce baptême d’après le baptême? Peuvent-elles faire en sorte que la Résurrection nous soit plus proche?

Attention: il ne faut pas confondre résurrection et salut. Tous les hommes, quelle que soit leur qualité spirituelle, ressusciteront (cf. Ac 24, 15), c’est-à-dire retrouveront leur corps (quoique sous un nouveau mode d’existence). Après le Jugement, certains mèneront une vie paradisiaque avec ce corps, d’autres subiront les peines de l’enfer avec ce corps. La vie éternelle est certes une grâce, mais elle sera accordée à tous les hommes; cependant, selon les choix qu’ils auront fait au cours de leur vie terrestre pour ou contre Dieu, pour certains, comme le dit saint Maxime le Confesseur, ce « toujours-être » sera un « toujours-être-bien » (celui de la vie paradisiaque), tandis que pour d’autres ce sera un « toujours-être-mal » (celui de la vie infernale).
Mais c’est effectivement à travers la purification de nos péchés (et avant tout de nos passions qui en sont la source) et à travers la pratique corrélative des vertus que nous trouvons le salut. Ces deux aspects sont contenus dans la pratique des commandements divins, qui ne sont pas des règles morales ni des lois, mais des préceptes qui nous permettent de nous assimiler au Christ dans notre mode d’existence (c’est-à-dire dans les actes, dispositions et états de tout notre être).
La pénitence joue un rôle de premier plan dans ces deux phases de la vie spirituelle, car la pénitence ne consiste pas seulement à pleurer sur les fautes passées ou présentes, mais à vouloir fermement s’améliorer dans l’avenir et dès maintenant. C’est fondamentalement un processus de conversion (ce que marque bien son nom grec, metanoia, qui signifie littéralement changement de mentalité). Ce processus (qui doit être actif en permanence) nous permet de nous désolidariser du mode de vie déchu (selon les passions et les péchés qui en découlent) pour nous attacher au mode de vie selon le Christ.

  1. Même pour les chrétiens de nos jours, la Résurrection représente plutôt une espérance, une croyance. Comment pouvons-nous faire en sorte qu’elle devienne une réalité présente dans nos âmes?

La résurrection signifie positivement pour l’homme la possibilité de vivre éternellement en Dieu dans tout son être – âme et corps. Cette vie, qui sera celle des justes après le Jugement, peut et doit être anticipée: dans l’Église, nous pouvons vivre les prémices du Royaume des cieux à la mesure de notre développement spirituel en Christ. On voit comment chez les saints le corps témoigne déjà ici-bas d’une nouvelle vie, donnée par la présence en lui des énergies divines (dont les icônes et les reliques manifestent le rayonnement et la force).
Grâce à la résurrection future, la mort n’est pas une fin définitive de la vie spirituelle que nous menons ici-bas avec tout notre être, ni le commencement d’un mode de vie définitif sans le corps. Elle ne rompt pas fondamentalement la continuité de la vie spirituelle que nous commençons à mener ici-bas dans l’Église. La vie dans le Royaume ne sera pas une vie radicalement nouvelle, mais une restauration et un renouvellement (de la vie de l’âme avec le corps) et un accomplissement (de la vie spirituelle qui trouvera alors sa plénitude).

  1. Dans votre ouvrage La vie après la mort selon la Tradition orthodoxe, vos tout premiers mots touchent au mystère de la mort, la seule chose incontournable de notre vie, dont on ne connaît ni ce qu’elle est, ni où elle nous conduit. On pourrait continuer, en s’exclamant: « Infiniment plus accablant est le mystère de la Résurrection ! » Pourquoi le Christ ne parle pas de manière plus développée sur Sa Résurrection, mais seulement annonce aux Apôtres qu’Il sera tué par les juifs et ressuscitera le troisième jour? Pourquoi n’a-t-Il pas révélé aux vivants les mystères de l’au-delà?

Parce que Dieu fera « toute chose nouvelle » (Ap 21, 5), qu’il y aura alors « des cieux nouveaux et une terre nouvelle » (Is 65, 17; Ap 21, 1), nous ne pouvons pas vraiment comprendre à partir de notre condition déchue actuelle ce que sera notre vie future, mais seulement en avoir des aperçus. À la Résurrection nous retrouverons notre corps (et non un corps étranger) mais il existera selon un mode nouveau, du fait notamment qu’il sera moins matériel, plus subtil, et ne sera plus soumis aux déterminismes spatio-temporels auxquels sont soumis dans le monde actuel toutes les choses matérielles. Il ressemblera au corps qu’avait Adam à l’origine (ce que nous ne pouvons pas non plus précisément connaître) et au corps qu’avait le Christ ressuscité, lequel avait des propriétés surnaturelles puisqu’il pouvait se trouver en plusieurs lieux à la fois, parcourir en un instant de grandes distances, ou franchir les portes closes ou les murs (Jn 20, 19 et 26)…
Ce corps qui sera aussi le nôtre est ce que saint Paul appelle le « corps spirituel » en le distinguant du corps psychique ou animal (cf. 1 Co 15, 35-50).

  1. Le Christ a dit : « Je suis la Résurrection et la Vie: celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25), et l’écrivain ecclésiastique Athénagore l’Athénien conclut son œuvre Sur la résurrection des morts, en disant: « S’il n’y avait pas de résurrection, l’homme ne pourrait lui-même non plus durer. » Quel est le rôle du corps, de la matière, dans le fait de la Résurrection? Le Christ est ressuscité avec Son corps, et nous, par la communion eucharistique, c’est-à-dire par Son corps ressuscité, avons la communion avec l’immortalité. Parlez-nous sur l’importance du corps au sein du christianisme.

C’est un vaste sujet, car le christianisme depuis l’origine a eu à lutter contre des courants de pensée assez forts qui dévalorisaient le corps. Pour le platonisme et pour les différents courants gnostiques de l’Antiquité, l’homme c’est l’âme seulement, ou même seulement la partie la plus noble de celle-ci l’intellect (nous en grec). Selon eux, l’homme vivait à l’origine en tant que pur esprit dans un état de perfection qu’il a perdu; sa déchéance a consisté pour lui à tomber dans le monde matériel, son âme entrant dans un corps qui est devenu pour elle une prison; la philosophie (comprise dans un sens éthique) consiste alors à détacher l’âme du corps en s’élevant par l’esprit au-dessus du monde matériel. Pour le courant gnostique (qui a pris une grande variété de formes dans l’Antiquité et jusqu’à une époque récente dans diverses sectes), la matière, et donc le corps, c’est le mal. Dès les premiers temps, les Pères se sont attaché à montrer que l’homme ce n’est ni le corps seulement ni l’âme seulement, mais les deux ensemble, indissociablement. Si Athénagore dit que « s’il n’y avait pas de résurrection, l’homme ne pourrait lui-même non plus durer », c’est parce que l’homme n’est pas durablement concevable sans son corps; le corps est une partie de l’être humain; comme le dit saint Irénée, l’homme sans son corps n’est plus vraiment homme. Les Pères soulignent que pour le christianisme, l’homme tout entier, corps et âme, est appelé à être sauvé et déifié, que le corps et la matière en général ne sont pas mauvais, mais que ce qui est mauvais c’est l’attachement passionnel à la matérialité et à l’apparence sensible des choses. Les Pères, à la suite de saint Paul n’opposent pas l’âme au corps, mais ce qui est spirituel à ce qui est charnel, or le corps et l’âme sont tous deux susceptibles d’être spirituels ou charnels, selon qu’ils sont unis à Dieu ou à ce monde.
C’est dans la théologie de saint Grégoire Palamas que le corps a été le plus fortement valorisé dans sa fonction et son destin spirituels: le docteur hésychaste souligne la forte implication du corps dans la prière et dans la vie ascétique en général, mais aussi dans la vision de Dieu et la participation à la vie bienheureuse en Dieu. Mais évidemment il n’a pas été le premier à le faire. Saint Maxime le Confesseur par exemple évoque « l’homme tout entier divinisé par la grâce du Dieu fait homme qui l’a créé, qui tout en restant homme tout entier, âme et corps, à cause de la nature, devient dieu tout entier, âme et corps, à cause de la grâce et de la divine splendeur qui lui convient entièrement, de la gloire bienheureuses au-dessus de laquelle on ne peut rien concevoir de plus sublime » (Ambigua à Jean, 7, PG 91, 1088C).

Lumina de Duminică, Pâques 2017

« L´Espérance des « serviteurs de Jésus » dans la traversée du désert » par Mgr Silouane

 «Voici Mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom » (Matthieu 12, 18-21)

Cette prophétie résume la vie de ce «serviteur» que Dieu «a choisi» et en qui Son «âme a pris plaisir», le vase d´élection de son «Esprit», Sa Parole «aux nations» leur révélant Son amour et Sa volonté, l’Icône par excellence de fidélité jusqu’à la fin, dans une humilité extrême y un abandon total, en vue de réaliser la merveilleuse providence de Dieu, et de «faire triompher la justice». Ce «serviteur» dont a parlé Isaïe (42, 1-4) n´est autre que Jésus qui, grâce à cette providence, conduit l’homme qui s´est éloigné de la justice, – se laissant être altéré par le péché, aliéné de Dieu, et soustrait à son humanité authentique -, vers la dignité que Dieu lui remet, non seulement pour être l’objet de Son amour et de Sa prédilection, mais aussi pour la beauté de la vertu de sa créature. C´est cette justice-dignité qui a été instaurée par la Croix du Calvaire, confirmée par la pierre roulée de la porte de la tombe, et qui est offerte à jamais à notre monde souffrant en vue d´aller à Sa suite. Aujourd’hui, les «serviteurs de Jésus», qui se trouvent dans la «fournaise de feu» et qui «espèrent en Son nom», traversent le « désert », ce temps qui sépare le moment de l´adoption de cette providence et de sa réalisation dans la vie de chacun d´eux. Ils suivent le chemin inauguré par « ce Serviteur choisi » tout en étant «pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus», portant «ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu», pour que «la vie de Jésus soit aussi manifestée dans leur corps» (2 Cor 4, 8-10; 7; 11). Ces «serviteurs» enrichissent à beaucoup grâce à la lumière de leur foi vivante conjuguée avec le fait de donner la gloire à Dieu de tout leur cœur ; au lieu d’être l’opprobre du monde, ils sont devenus la cause d’une espérance vivante et éternelle dans un monde que se vide d’avoir «espérance en Son nom». En traversant ce désert pour célébrer notre Pâque mystique, notre église antiochienne ne peut sinon continuer de contempler ce mystère en la personne de l’un de ses «serviteurs», qui «ne conteste point, ne crie point, et que personne n’entende sa voix dans les rues», le métropolite Paul d’Alep. Tout en étant toujours investi de sa « mission ecclésiale singulière », et en vertu de la grâce de l´épiscopat qu’il porte, il prie pour ceux qui, comme lui, «espèrent en Son nom», pour qu’ils soient consolés, et aussi pour ceux qui ignorent ce nom pour que leur conscience soit illuminée, afin qu’ils puissent connaître «l’espérance en Son nom». Dans ce temps de gestation de notre espérance, je me remets à vos prières pour pouvoir chanter avec vous l´hymne des «serviteurs de Jésus» : «Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !».

Mgr Silouane, métropolite de Buenos Aires et de toute l’Argentine (Patriarcat d’Antioche)

Source

Revenir en haut de la page
Jovan Nikoloski