17 mars (ancien calendrier) /  30 mars (nouveau)

4Eme Dimanche du Grand Carême – Saint Jean Climaque

Dispense d’huile et de vin

Liturgie de saint Basile

Saint Alexis de Rome, l’homme de Dieu (411) ; saint Marin, martyr ; saint Patrick (ou Patrice), évêque, apôtre de l’Irlande (461) ; saint Agricole, évêque de Chalon-sur-Saône (580) ; sainte Gertrude, vierge, abbesse de Nivelles-en-Brabant (659) ; saint Théostéricte, higoumène du monastère du Pélécète en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Macaire, abbé de Kaliazine, thaumaturge (1483) ; saint Gabriel le mineur, moine et martyr (Géorgie, 1802) ; saint néo-martyrs de Russie : Alexandre (Polivanov), prêtre (1919), Victor (Kiranov), prêtre (1942).

SAINT ALEXIS L’HOMME DE DIEU

17 mars

Saint Alexis naquit à Rome, au temps de l’empereur Arcade (395-408), d’un noble et pieux sénateur nommé Euphimien et de son épouse Aglaïs, au terme de longues années d’une pénible stérilité. Il reçut la meilleure éducation et, quand il parvint à maturité, ses parents organisèrent son mariage avec une jeune fille en vue de la noblesse romaine. La nuit même des noces, au moment de rejoindre son épouse dans la chambre nuptiale, Alexis, qui n’était épris que de la sainte et parfaite virginité, lui murmura quelques mots à l’oreille, lui remit son anneau et s’enfuit secrètement. S’étant embarqué sur un navire en se confiant à la Providence, il parvint jusqu’à Laodicée et, de là, il se joignit à une caravane de marchands qui allait à Édesse, en Mésopotamie. Il s’y arrêta dans une église consacrée à la Mère de Dieu et y demeura dix-sept ans dans le narthex, couvert de vêtements pauvres et déchirés, et nourri par la charité des fidèles qui venaient à l’église pour prier. Entre-temps, son père avait envoyé des serviteurs dans toutes les directions à sa recherche, tandis que sa mère, revêtue d’un cilice, demeurait prostrée et inconsolable, et que son épouse, imitant l’amour de la tourterelle pour son époux, guettait l’arrivée de quelque nouvelle. Quelques-uns des envoyés d’Euphimien parvinrent jusqu’à Édesse, ils passèrent devant Alexis et lui donnèrent l’aumône, bien loin de soupçonner qu’il s’agissait de leur noble maître, tant son corps avait été transformé par l’ascèse et les mauvais traitements qu’il supportait avec action de grâces par amour de Dieu.

Au terme de cette longue ascèse menée en secret, la Mère de Dieu apparut un jour au sacristain de l’église, en lui demandant d’y faire entrer l’« Homme de Dieu ». Se voyant découvert et désormais exposé aux honneurs des hommes, Alexis prit de nouveau la fuite et s’embarqua sur un navire en direction de Tarse ; mais les vents contraires, ou plutôt la Providence divine, poussèrent le navire jusqu’au port de Rome. Le saint se soumit à ce signe divin et se dirigea sans retard vers la maison familiale, où il demanda l’aumône, comme un mendiant, à son père qui sortait. Sans reconnaître son fils bien-aimé, Euphimien, qui avait encore plus de propension qu’auparavant pour la charité depuis cette perte douloureuse, ordonna à ses serviteurs de fournir un abri à ce pauvre homme et de le nourrir des restes de sa table aussi longtemps qu’il le voudrait. L’Homme de Dieu demeura encore dix-sept années à la porte de la maison paternelle en subissant, sans un mot de protestation, et même avec plaisir, les outrages et les moqueries des valets. Quant il sentit que le jour de son départ de cette terre approchait, il demanda qu’on lui apporte du papier et de l’encre, et c’est la plume à la main, en rédigeant toute l’histoire de sa vie, qu’il s’endormit pour rejoindre les demeures éternelles.

Le même jour, comme on célébrait la Liturgie dans la basilique Saint-Pierre, sous la présidence du pape et en présence de l’empereur Honorius (395-423) et d’une grande foule, une voix se fit entendre de l’autel, qui clamait : « Cherchez l’Homme de Dieu : il priera pour la ville et pour vous tous. Car déjà il sort du corps ! » Comme toute la foule s’était mise en prière, la voix se fit entendre de nouveau pour révéler qu’il se trouvait dans la demeure d’Euphimien. Lorsque l’imposant cortège, avec l’empereur et le pape en tête, parvint à la maison, le serviteur qui subvenait à ses besoins révéla que le mendiant qui se tenait depuis tant d’années à la porte, distribuait sa nourriture aux plus pauvres que lui et ne se nourrissait que le dimanche d’un peu de pain et d’eau, en restant imperturbable et même joyeux quand les autres serviteurs le couvraient d’outrages. On se rendit à sa cabane et on le trouva déjà mort, tenant un papier en main. Lorsqu’on le lut en public, tous restèrent muets de stupéfaction devant la manière admirable dont ce serviteur de Dieu avait combattu contre la nature pour obtenir les biens qui sont au-dessus de la nature. L’empereur et le patriarche, voyant les larmes et les lamentations des parents du saint, leur conseillèrent de se réjouir plutôt et d’exulter pour avoir donné le jour à un tel saint qui allait régner avec le Christ pour l’éternité. La foule s’empressait autour du lit mortuaire, les aveugles recouvraient la vue, les sourds entendaient, les muets glorifiaient Dieu à haute voix, les esprits mauvais s’enfuyaient, le tout dans un tel tumulte que le cortège funèbre ne pouvait avancer. L’empereur fit alors jeter des pièces d’or, dans l’espoir que la foule se détournerait du cercueil pour les ramasser. Mais il n’en fut rien, et le peuple méprisa l’or corruptible pour recevoir la grâce incorruptible en touchant le corps du saint. Finalement, il fut déposé dans la basilique de saint Boniface  dans un cercueil rehaussé d’or et de pierres précieuses, d’où se répandait avec profusion un baume délicieusement parfumé qui guérissait toutes sortes de maladies.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 7ème ton

Tu as détruit la mort par Ta Croix, Tu as ouvert le paradis au larron,  Tu as transformé le pleur des myrophores, et ordonné à Tes Apôtres de prêcher que Tu es ressuscité,  Christ Dieu, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de St Jean Climaque, ton 1

Habitant du désert et ange dans le corps, tu fus thaumaturge, ô Jean, notre père théophore ; par le jeûne, les veilles et la prière, tu as reçu des dons célestes ; tu guéris les malades et les âmes de ceux qui accourent vers toi avec foi. Gloire à Celui qui t’a donné la force, gloire à Celui qui t’a couronné, gloire à Celui qui par toi accomplit pour tous des guérisons.

Kondakion de St Jean Climaque, ton 4

En vérité, le Seigneur t’a placé au sommet de la tempérance, comme un astre fixe qui éclaire les confins de l’univers, ô Jean notre guide et notre père.

Kondakion du dimanche, 7ème ton

Désormais l’empire de la mort ne peut retenir les mortels, car le Christ y est descendu pour briser et défaire sa puissance. L’enfer est enchaîné, les prophètes jubilent, disant d’une seule voix : « Il est venu, le Sauveur, pour ceux qui ont la foi ; fidèles, allez à la rencontre de la Résurrection ! »

ÉPITRE DU JOUR

Hébr VI,13-20

Frères, lorsque Dieu fit promesse à Abraham, il ne pouvait jurer par un plus grand que lui ; il jura donc par lui-même en disant : « Certes, je te comblerai de bénédictions et je te multiplierai grandement. » Et c’est ainsi qu’Abraham, ayant persévéré, obtint ce qui lui était promis. Les hommes, en effet, jurent par un plus grand ; et, entre eux, la garantie du serment met un terme à toute contestation.C’est en ce sens que Dieu, voulant bien davantage montrer aux héritiers de la promesse l’immuable fermeté de son dessein, fit intervenir le serment, afin que par un engagement doublement infaillible, puisqu’il est impossible à Dieu de mentir, nous soyons puissamment encouragés, comme y trouvant refuge, à saisir fortement l’espérance qui nous est proposée. Et nous la tenons comme l’ancre de notre âme, cette espérance sûre et solide, qui au-delà du voile a pénétré, là où pour nous, en précurseur, est entré Jésus, devenu « selon l’ordre de Melchisédech grand prêtre à jamais ».

Éph. V, 9-19 (S. Jean Climaque)

Frères, conduisez-vous en fils de lumière, car le fruit de l’Esprit, c’est tout ce qui est bonté, justice et vérité. Sachez reconnaître ce qui plaît au Seigneur, et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres ; démasquez-les plutôt. Ce qui s’y fait en cachette, on rougit même d’en parler. Mais, quand ces choses-là sont démasquées, leur réalité se révèle au grand jour, car ce qui révèle tout, c’est la lumière. C’est pourquoi l’on chante : « Toi qui dors, éveille-toi, d’entre les morts relève-toi, et le Christ t’illuminera ». Prenez donc bien garde à votre conduite : ne vivez pas comme des insensés, mais comme des sages ; tirez parti du temps présent, car nous traversons des jours mauvais. Ne soyez donc pas irréfléchis, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur. Ne buvez pas jusqu’à l’ivresse, car le vin porte à la débauche : laissez-vous plutôt remplir par l’Esprit saint. Dites entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantez pour le Seigneur et psalmodiez de tout cœur. En tout temps et pour toutes choses, rendez grâces à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ. Soyez soumis les uns aux autres, dans la crainte de Dieu.

ÉVANGILE DU JOUR

Mc IX, 17-31

Et un homme de la foule lui répondit : Maître, j’ai amené auprès de toi mon fils, qui est possédé d’un esprit muet. En quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette par terre; l’enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J’ai prié tes disciples de chasser l’esprit, et ils n’ont pas pu. Race incrédule, leur dit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. On le lui amena. Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence; il tomba par terre, et se roulait en écumant. Jésus demanda au père: Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive? Depuis son enfance, répondit-il. Et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous. Jésus lui dit: Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit. Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! viens au secours de mon incrédulité! Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit: Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et n’y rentre plus. Et il sortit, en poussant des cris, et en l’agitant avec une grande violence. L’enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu’il était mort. Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout. Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit? Il leur dit: Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière. Ils partirent de là, et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sût. Car il enseignait ses disciples, et il leur dit : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après qu’il aura été mis à mort, il ressuscitera.

Matth. IV, 25- V, 12 (S. Jean Climaque)

Des foules nombreuses se mirent à le suivre, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au-delà du Jourdain. Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :

« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ! Heureux les doux, car ils hériteront la terre ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux êtes-vous, lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ; c’est ainsi en effet qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés ».

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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