21/10/2017
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L’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) : « Je suis certain que le dialogue sur Stepinac continuera »

Dans une interview au quotidien belgradois « Politika » datée du 20 juillet, l’évêque de Bačka Irénée s’est exprimé sur les suites du dialogue de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale croate au sujet de la canonisation par l’Église catholique-romaine du cardinal Stepinac. Nous publions ci-après in extenso l’interview de l’évêque Irénée, précédée du commentaire de « Politika ».

Le communiqué commun de la Commission mixte  qui a examiné la personne et les actes d’Aloïs Stepinac a provoqué différents commentaires. Ce document, publié après la sixième, à savoir la dernière, session au Vatican, est interprété dans une partie de l’opinion publique comme une complaisance des représentants de l’Église orthodoxe serbe [à l’égard de la partie croate], car en sont éludées les formulations qui feraient ressortir pourquoi la canonisation d’Aloïs Stepinac est inadmissible pour la partie serbe. Le détail le plus controversé est que le communiqué commun a été publié dans deux versions. Dans « la rédaction croate », il est mentionné que Stepinac « a vécu et exercé son ministère lors d’une période historique particulièrement difficile », tandis que dans la traduction serbe de l’original en italien, cette période est appelée « particulièrement problématique ». Dans la version du communiqué de la Conférence des évêques croates, Stepinac est « un éminent pasteur catholique », tandis que dans le communiqué publié par l’Église orthodoxe serbe, celui-ci est « un important pasteur catholique ». L’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe, membre de la Commission mixte, s’est entretenu avec « Politika » de la façon dont s’est déroulée la dernière session au Vatican et sur ce que l’on peut attendre à l’avenir sur le sujet.

– Les médias croates affirment que le texte du communiqué final a été composé par le père Bernard Ardura, président du président du Comité pontifical pour les sciences historiques. Cela est-il exact ou le texte a-t-il été mis au point par les représentants des deux Églises ?

– Comme le dit le titre même du texte dont il est question, le Communiqué est commun. Les deux parties, comme cela est la règle, ont participé à sa rédaction. Naturellement, le modérateur, le père Bernard Ardura a apporté une contribution significative. Au demeurant, je considère – c’est ce que vous avez dit quelque part – que le texte est équilibré, qu’aucune des parties, ni nous, ni nos interlocuteurs de l’Église catholique-romaine de Croatie, ne peut affirmer que dans le Communiqué, dans son esprit ou dans sa lettre, la position des uns ou des autres est prédominante. Nous n’avions pas de telles ambitions. Il est suffisant que ce qui suit ait été mentionné : « On en est arrivé à la conclusion que les différents événements, interventions, silences et prises de position sont toujours l’objets d’interprétations différentes. Dans le cas du cardinal Stepinac, les interprétations qu’ont données en substance les catholiques croates et orthodoxes serbes restent toujours différentes [dans le texte original italien « divergentes », ndt]». Les affabulations subséquentes sur l’auteur du texte, ensuite la tentative de changer le sens du communiqué commun par une traduction erronée tendancieuse, pour ne pas dire une falsification, une fausse interprétation comme on le dirait à Zagreb, et les pronostics basés sur de telles interprétations, ont pour but d’encourager les apologètes croates de la canonisation, voire peut-être d’influencer le Vatican. Dans ma conception, tout cela est à courte durée, pour ne pas dire insensé. Bien sûr, pour ce qui concerne la responsabilité envers notre partie de la Commission et nos collègues de Croatie, envers les thèmes dont nous nous sommes occupés durant les douze mois écoulés, ce que certains font à Zagreb par leurs commentaires n’est pas correct. En outre, je ne peux affirmer que le contenu de leur triomphalisme et de leurs pronostics est égal au contenu et à la durée d’un ballon gonflable d’enfant, mais je peux affirmer que les arguments de la partie serbe de la Commission étaient fondés sur des documents et des faits irréfutables, quoi qu’en écrivent ou disent certains à Zagreb.

– Quels sont les arguments qui ont été communiqués par les représentants de l’Église orthodoxe serbe et les historiens serbes sur le rôle controversé d’Aloïs Stepinac durant la Seconde Guerre mondiale et sont-ils suffisants, si l’on prend en compte le fait que le Vatican n’a pas permis l’ouverture de ses archives sur Stepinac ?

– Du point de vue orthodoxe, et je crois du point de vue chrétien en général, nous tous absolument dans notre partie de la Commission, évêques et historiens experts, avons agi de façon responsable et selon notre conscience, sans haine ni parti pris. Les arguments que nous avons présentés, tant historiques que théologiques, sont selon nous plus que suffisants. Par ailleurs, nous comprenons l’intérêt justifié de notre opinion publique et des médias quant aux preuves et arguments que nous avons présentés. Mais il est nécessaire qu’il soit clair pour notre opinion publique et nos médias qu’exposer notre argumentation maintenant serait contre-productif.

– Pourquoi cela serait-il contre-productif, alors que le dialogue est terminé ?

– Parce que nous respectons l’accord selon lequel, jusqu’à l’achèvement du processus, le contenu des discussions ne sera pas publié, et le processus n’est pas terminé, mais dure toujours ! Lorsque viendra le temps, tout le matériel de la Commission sera publié et accessible. L’immixtion médiatique dans toute cette affaire ne peut provoquer que la confusion. Mais néanmoins, si nos partenaires croates au dialogue continuent à publier, parfois fort unilatéralement, le contenu des discussions avant le temps, ce que, malheureusement, certains d’entres eux ont commencé à faire, nous devrons aussi réagir de façon appropriée.

-Donc, l’Église orthodoxe serbe attend la suite des discussions entre les deux Églises ?

– Sur un plan général, l’Église orthodoxe serbe ne vit pas dans une réalité parallèle, ni dans l’isolation par rapport à l’orthodoxie universelle et au monde chrétien dans son intégralité. Nous sommes témoins du dialogue vivant, et dans de nombreux domaines, fructueux, de l’Église orthodoxe avec le catholicisme-romain à différents niveaux, du local jusqu’à l’universel. En septembre prochain, par exemple, se tiendra la session suivante des délégations pour le dialogue théologique officiel entre les deux Églises, auquel participent trente théologiens de toutes les Églises orthodoxes locales et trente théologiens de toute l’Église catholique-romaine. Ce dialogue a pour fonction l’examen des questions clés de l’enseignement sur la sainte Trinité et sur l’Église. Par conséquent, le dialogue des deux Églises n’est pas et ne peut être achevé. Lorsqu’il est question en particulier de la question de Stepinac et du rôle de celui-ci, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale, je considère qu’il doit être, dans un cadre institutionnel ou un autre, poursuivi, élargi et approfondi. J’espère qu’il en sera ainsi.

– Le Vatican canonisera-t-il Aloïs Stepinac, ou pensez-vous que le pape François s’en abstiendra, du fait que cela porterait atteinte aux relations non seulement des deux Églises, mais aussi de la Serbie et de la Croatie, ainsi que de la Serbie et du Saint-Siège ?

– Si Stepinac sera « proclamé saint », c’est-à-dire canonisé, je ne le sais pas, de même qu’actuellement nul autre ne le sait. La décision est du ressort du pape François. Ce que pense de cela notre Église, et donc moi personnellement, cela est clair d’après les lettres officielles de notre Église au pape et de la décision étonnante de celui-ci, partant du rejet de la possibilité de la canonisation de Stepinac par l’Église orthodoxe serbe, que celle-ci soit reportée, et que la problématique qui la concerne soit examinée de façon responsable dans le dialogue des évêques et historiens serbes et croates dans le cadre de la Commission mixte. Rappelons qu’en Europe et dans le monde, il existe aussi des catholiques-romains, même un certain nombre de catholiques croates, qui pour des raisons de principe morales s’opposent à cette canonisation, ce qui est en général ignoré chez nous. Les documents d’archives et la littérature scientifique sur ce thème sont pratiquement inépuisables et le délai d’un an est trop court. En outre, cela vaut la peine d’attendre également l’ouverture de toutes les archives vaticanes et autres jusqu’à maintenant fermées. Aussi, je suis certain que le dialogue commencé sera poursuivi, soit sous la forme de la prolongation du mandat de la Commission, soit sous une autre forme. Quoi qu’il en soit, nous verrons. Dans ce cas, il ne faudrait pas que ce soit les relations entre États ou entre nations qui soient décisives. C’est la vérité historique qui compte et seule la vérité. Personne d’autre et rien d’autre !

Source : Église orthodoxe serbe

Communiqué de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence des évêques catholiques croates concernant la canonisation du cardinal Stepinac

« Les membres de la Commission mixte des spécialistes catholiques croates et orthodoxes serbes se sont réunis les 12 et 13 juillet 2017 en la Maison Sainte-Marthe (Domus Sanctae Marthae) au Vatican, à l’occasion de leur sixième et dernière session, sous la présidence du père Bernard Ardura, président du Conseil pontifical des sciences historiques, pour un examen commun de la figure du cardinal Aloïs Stepinac, archevêque de Zagreb. Au nom de la Conférence épiscopale catholique de Croatie étaient présents : le cardinal Josip Bozanić, archevêque de Zagreb ; Mgr Antun Škvorčević, évêque catholique de Požega ; Mgr Ratko Perić, évêque de Mostar et Duvno ; le Dr Jure Krišto et le Dr Mario Jareb, de l’Institut croate d’histoire ; au nom de l’Église orthodoxe serbe étaient présents : le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, le métropolite de Zagreb et de Ljubljana Porphyre, l’évêque de Novi Sad et de Bačka Irénée, l’évêque de Pakrac et de Slavonie Jean, et le professeur Darko Tanasković, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO. Les personnes présentes ont reconnu la mansuétude du pape François qui a accepté avec bienveillance la demande du patriarche de Serbie Irénée et a décidé d’instituer cette Commission. Tous les membres de la Commission sont reconnaissants d’avoir eu la possibilité, dans une atmosphère cordiale et dans une pleine liberté de parole, d’accomplir la tâche confiée à la Commission, à savoir d’aborder en commun l’examen de la vie du cardinal Stepinac. Dès le début des travaux de la Commission, ses membres ont été conscients que le processus de canonisation du cardinal Stepinac est de la compétence exclusive du Pape. Les membres de la Commission reconnaissent aussi que chaque Église a ses propres critères de canonisation. Les membres de la Commission sont également d’accord sur le fait que leur travail a permis une meilleure compréhension de l’histoire durant les années écoulées entre la Première guerre mondiale et 1960, année de la mort du cardinal Stepinac. Il a été également possible d’éclaircir la vie et le ministère d’un pasteur catholique éminent dans une période historique particulièrement difficile. On en est arrivé à la conclusion que les différents événements, interventions, silences et prises de position sont toujours l’objets d’interprétations différentes. Dans le cas du cardinal Stepinac, les interprétations qu’ont données en substance les catholiques croates et orthodoxes serbes restent toujours différentes. L’étude de la vie du cardinal Stepinac a montré que toutes les Églises étaient exposées à de cruelles persécutions et avaient leurs martyrs et confesseurs de la foi. En ce sens, les membres de la Commission ont convenu de la possibilité d’une future collaboration en vue d’un travail commun, afin de partager le souvenir des martyrs et des confesseurs de la foi des deux Églises ».

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Communiqué de la Vème réunion de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence des évêques catholiques croates concernant le rôle du cardinal Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale

« Le mercredi 7 et le jeudi 8 juin a eu lieu, en la cathédrale de la Résurrection du Christ à Podgorica (Monténégro), la cinquième réunion de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence des évêques catholiques croates, dont la tâche est d’examiner ensemble le rôle du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Le thème de la rencontre était « Le cardinal-archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 ». Au nom du Saint-Siège, la séance était présidée par R.P. Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques. Les représentants de l’Église orthodoxe serbe qui ont participé aux travaux de la Commission étaient : le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Slavonie Jean, le professeur Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO, ainsi que des spécialistes qui ont été invités à cette occasion, à savoir le professeur Ljubodrag Dimić, professeur à la faculté de philosophie de Belgrade, le Dr Milan Koljanin, haut conseiller scientifique de l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade, et la professeur Radmila Radić, conseillère scientifique à l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade. Les représentants de la Conférence des évêques croates qui ont participé à la session de cette commission étaient : le cardinal-archevêque de Zagreb Josip Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Mgr Ratko Perić, ainsi que le Dr Jure Krišto et le Dr Mario Jareb, conseillers scientifiques de l’Institut croate d’histoire. L’absence de l’évêque de Požega Antun Škorčević, membre de la commission, était excusée. Il est prévu que la prochaine et dernière session de la Commission soit tenue à Rome les 12 et 13 juillet 2017, au cours de laquelle seront résumés les travaux de la Commission qui ont eu lieu jusqu’à maintenant ».

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Communiqué de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe concernant le rôle du cardinal Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale

« La quatrième réunion de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe, dont la tâche est d’examiner ensemble la personnalité du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, s’est réuni au palais épiscopal de Požega (Croatie). Le thème de la rencontre était « L’attitude de l’archevêque Stepinac envers l’Église orthodoxe serbe de 1941 à 1945 ». Le R.P. Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques, a participé à la réunion, qu’il a présidée au nom du Saint-Siège. Les représentants de la Conférence épiscopale croate à la réunion étaient : le cardinal-archevêque de Zagreb Josip Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Ratko Perić, l’évêque de Požega Antun Škvorčević, les conseillers scientifiques de l’Institut croate d’histoire le Dr. Jure Krišto et le Dr. Mario Jareb. En tant que représentants de l’Église orthodoxe serbe ont participé à la réunion : le métropolite de Zagreb-Ljubljana Porphyre Perić, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque Radović, l’évêque de Bačka Irénée Bulović et l’évêque de Slavonie Jean Ćulibruk. Le Dr Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO, a été empêché de participer aux travaux. En tant que conseillers spécialistes invités de la partie serbe orthodoxe de la Commission, ont participé : le Dr Radmila Radić, conseillère scientifique à l’Institut de l’histoire de la Serbie récente de Belgrade, le Dr Ljubodrag Dimić, professeur à la Faculté de philosophie de Belgrade et le Dr Milan Koljanin, haut conseiller scientifique à l’Institut de l’histoire contemporaine de Belgrade. La Vème session de la commission mixte sera tenue à Podgorica (Monténégro) les 7 et 8 juin 2017, sur le thème « L’archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 ».

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Communiqué de presse de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale catholique-romaine croate au sujet du rôle du cardinal Stepinac pendant la Seconde Guerre mondiale

La troisième session de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale catholique-romaine croate au sujet du rôle du cardinal Stepinac pendant la Seconde Guerre mondiale a eu lieu les 13 et 14 février 2017. Nous publions ci-après le communiqué de presse :

« Le lundi 13 et le mardi 14 février 2017, au palais épiscopal de Novi Sad, a eu lieu la troisième session de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale croate, dont le but était d’examiner en commun le rôle d’Aloïs Stepinac avant, pendant, et après la Seconde Guerre mondiale. Au nom du Saint-Siège, le père Bernard Ardura, président du Comité pontifical des sciences historiques a participé à la session, qui avait pour thème « L’attitude de l’archevêque Stepinac envers l’État Indépendant de Croatie au temps des persécutions, de 1941 à 1945 ». Participaient en tant que représentants de l’Église orthodoxe serbe à cette Commission : le métropolite de Zagreb-Ljubljana Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Slavonie Jean, le professeur Dr. Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO. En outre, ont été invités cette fois les spécialistes suivants : le Dr. Ljubodrag Dimić, professeur à la Faculté de philosophie de Belgrade, et le Dr. Milan Koljanin, chargé de recherché principal à l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade. Ont participé en tant que représentants de la Conférence épiscopale croate à ladite Commission : le cardinal archevêque de Zagreb Joseph Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Ratko Perić, l’évêque de Požega Antoine Škvorčević, ainsi que le Dr. Jure Krišto et le Dr. Mario Jareb, conseiller scientifique auprès de l’Institut croate d’histoire. Il est prévu que la session suivante ait lieu à Požega (Croatie), le 22 avril 2017, sur le thème “Attitude de l’archevêque Stepinac envers l’Église orthodoxe serbe, de 1941 à 1945 ».

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Interview du patriarche de Serbie au quotidien croate « Jutarnji Vijesti » au sujet de l’Église et de la minorité orthodoxes serbes en Croatie et de la canonisation du cardinal Stepinac

Dans son numéro du 7 janvier 2017, le quotidien de Zagreb « Jutarnji Vijesti » a publié une interview du patriarche de Serbie Irénée, dans lequel celui-ci aborde la question de la situation de l’Église orthodoxe et de la minorité serbes en Croatie, ainsi que la question de la canonisation du cardinal Stepinac. Nous publions ci-dessous cette interview in extenso :

– Je vous souhaite d’abord une bonne fête de Noël et une bonne année 2017, mais je voudrais revenir sur votre message de Pâques 2016 et faire l’éloge de votre lettre qui a été lue alors dans les églises orthodoxes. Je mettrais surtout en relief la partie de la lettre où vous dites que « si nous ne nous pardonnons pas mutuellement, nous ne serons pas pardonnés, et si nous condamnons, nous sommes déjà condamnés », ce que nous enseigne le Seigneur Jésus. Comment voyez-vous le processus de réconciliation sur l’espace de l’ex-Yougoslavie ?

– Je vous remercie pour les vœux. Vous voyez, le pardon est un impératif de notre vie chrétienne. Mais pour que celui-ci soit possible, il est nécessaire que nous cultivions l’amour dans nos cœurs, comme le testament le plus précieux que nous a légué le Christ. Il faut que nous l’entretenions et que nous le partagions avec le prochain, mais aussi avec ceux qui ne reconnaissent pas en nous des amis. Pour ce qui concerne le pardon et la réconciliation sur le territoire de l’ex-Yougoslavie, je pense que chacun devrait se demander combien il contribue à cela. J’ai insisté, à chaque fois que j’en avais l’occasion, pour envoyer des messages d’amour chrétien. Par exemple, l’avant-dernier été, à l’occasion de la commémoration du grand jubilé de l’Église orthodoxe serbe, à savoir le 400ème anniversaire de la fondation du séminaire théologique le plus ancien situé dans le monastère de Krk [en Croatie, ndt], j’ai rencontré les évêques catholiques-romains de Dalmatie, S.E. Mgr Puljić, Mgr Barišić, et d’autres encore. Je me suis alors efforcé, en raison de l’existence, pour les deux peuples d’un passé le plus souvent tragique, notamment à l’époque récente, d’adresser des paroles d’amour fraternel, de vie commune, de respect mutuel et d’adoption des valeurs chrétiennes communes. Intentionnellement, je n’avais aucun discours préparé. Je voulais parler du cœur, de l’âme, afin que les interlocuteurs et les fidèles des deux Églises le reconnaissent. J’ignore si j’y suis parvenu.

– Le chef de la Communauté islamique en Bosnie et en Herzégovine, le reis-ul-ulema Husein ef. Kavazović, a accusé cet été l’Église orthodoxe serbe « d’encourager par son activité le nationalisme et de faire l’apologie des crimes de guerre prouvés, ce qui rend difficile la possibilité de vie commune et l’établissement de relations stables en Bosnie-Herzégovine ». Il a dit que votre Église encourage le nationalisme serbe et l’exclusivisme et contribue à la glorification des crimes et criminels, ce qui pèse encore sur la voie de la réconciliation, de la compréhension et l’assurance d’une meilleure vie pour tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine. Ces accusations sont graves. Êtes-vous disposé à commenter cela ? Avez-vous parlé entre-temps avec le reis Kavazović et avez-vous aplani ce litige?

– Je ne connais pas personnellement M. Kavazović. Il n’a aucun contact officiel avec le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, mais je suppose qu’il a, ne serait-ce que de temps à autre, certaines rencontres officielles avec notre épiscopat de la région, probablement dans le cadre du Conseil inter-religieux de Bosnie-Herzégovine. J’ai été surpris par la véhémence et la démesure de ses positions, particulièrement de ses objections à l’existence de la République serbe de Bosnie. De toute évidence, je considérais erronément que l’époque de Mustafa Cerić [еx-chef de la Communauté islamique de Bosnie, ennemi acharné de la République serbe de Bosnie, ndt] appartenait au passé. Aussi, je n’ai pas souhaité réagir à ses déclarations extrêmement intolérantes et injustes, et ce ni personnellement, ni dans le cadre du Saint-Synode, ni au niveau de notre Service de presse. Et ici, pour répondre à votre question, je ne donnerai que le commentaire le plus succinct possible. Les paroles qui accusent, qui pointent du doigt le voisin, n’apportent aucun bien. Il faut s’en garder. Que Dieu fasse que les paroles des dirigeants religieux ne soient pas le prétexte à de nouvelles violences et de nouveaux malheurs ! Nous voyons jusqu’où conduit l’utilisation abusive de l’Islam. Des innocents souffrent, non seulement en Syrie et en Iraq, mais aussi en Europe. Les « chrétiens » hypocrites qui posent un signe d’égalité entre le terrorisme et l’Islam en tant que religion ne sont pas meilleurs. Nous croyons en Dieu, nous sommes voisins, nos croyants sont voisins, quelque part juste à notre porte. Nous ne regardons pas les relations avec les musulmans en Bosnie et Herzégovine à travers Monsieur Kavazović. Ce pays est étendu : il y a des gens différents parmi les muftis, les imams, les hodjas… Nul ne pouvait imaginer des accusations insensées. Nous avons vécu ensemble durant des siècles. Et c’est ainsi que nous devons continuer.

– Comme vous le savez, vous n’avez pas subi des interpellations que de la part du chef de la Communauté islamique. Le président de la Conférence épiscopale de Bosnie et d’Hezégovine, le cardinal Vinko Puljić, archevêque et métropolite de Vrhbosna [Sarajevo, ndt] vous a envoyé au nom de tous les membres de ladite Conférence, le 8 février 2016, une lettre dans laquelle il réagit à votre déclaration au cours de la commémoration de « la journée de la République serbe (de Bosnie) », à Banja Luka le 9 janvier 2016. Qu’aviez-vous en vue lorsque vous avez dit que la République serbe de Bosnie est « fondée sur la vérité de Dieu, la justice de Dieu » ?

– J’ai été surpris, pour ne pas dire ébahi, par la réaction de Mgr le cardinal Puljić, archevêque catholique-romain de Sarajevo, et ce bien plus que par la réaction du reis Kavazović. Pour les mêmes raisons de principe que dans le cas de M. Kavazović, j’ai considéré aussi que la déclaration de Puljić ne méritait pas de réponse ou de commentaire de l’Église orthodoxe serbe, particulièrement parce qu’il sait fort bien ce que nous avons réussi à surmonter ensemble, précédemment, grâce à la confiance mutuelle. Néanmoins, je vous répondrai avec le moins de mots possibles, car il faut soigner les blessures, non les approfondir. La République serbe de Bosnie a été créée pour assurer la survie du peuple serbe et de l’Orthodoxie sur le territoire qui se trouve sur la droite du fleuve Drina, pour que ce soit un facteur de paix comme cela est prévu par l’accord de Dayton. Sans République serbe de Bosnie, j’en suis convaincu, il n’y aurait plus de Serbes dans cette région. Nous, Serbes, ne sommes pas de nouveaux arrivants en Bosnie et en Herzégovine, comme ne le sont pas non plus les Croates, et bien sûr, les Bosniaques actuels de confession musulmane. Mais vous voyez ce qu’il advient des chrétiens dans le berceau du christianisme au Moyen-Orient ! Ce qui se produit là-bas aujourd’hui, les photos avec les têtes décapitées de chrétiens, s’est produit d’abord ici, dans notre maison, en Bosnie et Herzégovine. Ce sont les mêmes gens, plutôt les mêmes êtres inhumains, qui le font là-bas, et qui l’ont fait d’abord ici, en Europe. Combien de nos saintes églises et monastères en République serbe de Bosnie ont été détruits, profanés, endommagés ? Combien de saints martyrs connus et inconnus, de gens qui ont souffert parce qu’ils étaient chrétiens, qu’ils étaient orthodoxes, parce qu’ils se signaient avec trois doigts ? C’est de cette façon que je considère que la création, l’existence et la prospérité de la République serbe de Bosnie est une affaire de justice. Et pour nous chrétiens, est juste ce qui est fondé sur la vérité, et la seule vérité est Celui qui a dit de Lui-même : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Au demeurant, la République serbe de Bosnie est la garante de la survie des Croates en Bosnie et Herzégovine. Je prie Dieu que les autorités politiques de la République serbe travaillent et agissent chrétiennement, tant à l’égard de leurs concitoyens qu’envers les habitants qui ne sont pas de confession orthodoxe ou de nationalité serbe.

– Le cardinal Puljić a réagi particulièrement à votre déclaration selon laquelle la «République serbe de Bosnie repose sur le sang des saints martyrs, sur les os des saints martyrs, et tout ce qui est établi sur la justice, la vérité, sur le sang versé pour la justice, la vérité, le sang pour la vérité et le nom de Dieu ; cela est éternel et non éphémère », et il vous recommande : « L’entité politique de la République serbe en Bosnie et en Herzégovine est une création humaine et non divine… Seul Dieu est éternel et non éphémère ! » J’apprécierais que vous me disiez d’une façon ou une autre, même de manière privée, ce que vous répondez à cette lettre du cardinal et comment vous commentez ses paroles critiques.

– Comme vous l’avez probablement remarqué, je n’ai pas l’habitude de répondre publiquement à des paroles agressives. Je pense que cela ne peut rien apporter de bien à qui que ce soit. C’est pourquoi certains amis me critiquent en privé. Mais je considère que Dieu voit tout et juge de tout. C’est plus que suffisant. D’un discours destiné aux fidèles ainsi qu’aux dirigeants du peuple et qui les exhorte à être dignes de leurs ancêtres, des saints martyrs qui ont donné la vie pour la foi et la patrie, et aussi à être chrétiens, on en fait toute une histoire. On m’a dit qu’il existait chez les Croates l’expression « la terre de Croatie est sainte pour nous », comme un film intitulé « Sainte Croatie ». Selon moi, il s’agit d’une sorte de pédagogie. Pour Jérusalem et la Palestine, on parle de « Ville sainte » et de « Terre Sainte ». Il ne s’agit pas là des pierres et des briques. Il en est de même avec la République serbe de Bosnie. C’est une question de foi : croit-on réellement en la sainteté des gens qui ont péri innocemment ? Croit-on réellement que ce qui est bâti sur leur sacrifice volontaire, sur leurs saintes reliques, est éternel ? Il est juste que les États viennent et passent. La Serbie, au temps de l’asservissement sous les Ottomans n’existait plus, mais néanmoins elle est ici aujourd’hui, au milieu des Balkans. L’ancien Israël est rétabli après la seconde guerre mondiale, après plus de deux millénaires d’inexistence. La Croatie est une très jeune démocratie. La durée n’est pas seulement dans le temps. Par l’amour des générations, par la prière pour les ancêtres, par l’art, elle dure jusque dans l’éternité. Nul ne doit être gêné par la République serbe de Bosnie. Nul ne doit être gêné par le fait que les peuples en République serbe et en Bosnie Herzégovine vivent aujourd’hui en paix. Or, il semble que cela gêne certains. Il ne faut pas que nous soyons des gens qui peuvent facilement être télécommandés par quelqu’un qui se trouve au loin.

– Maintenant, alors que j’ai l’occasion de vous demander quelques clarifications, permettez que je vous questionne sur ce que vous souhaitiez dire exactement lors de votre visite au monastère de Krk, lorsque vous avez déclaré, je cite, que « nos voisins nous ont fait du mal, et nous-mêmes à eux, mais nous (Serbes) dans une bien moindre mesure ».

– Regardons la vérité en face ! Sans mentionner à nouveau les victimes dans cette malheureuse guerre qui, comme j’en suis profondément convaincu, n’a apporté rien de bon, à aucune des parties. C’est en tout cas mon point de vue. Les souffrances n’ont pas cessé non plus en temps de paix. Combien de nos églises ont été profanées ces dernières années ? J’ai lu il y a quelques jours ce rapport : l’église de Saint-Procope à Rajevo Selo [village situé près de Vukovar, en Croatie, ndt], a été couverte d’inscriptions qu’il est honteux de répéter, il y a entre autres les mots : «Nous vous exterminerons, bétail serbe ! », signé « Les oustachis ». Dernièrement, ce fut l’attaque physique, et non la première, sur Dušan Dedoević à Smrtići près d’Okučani [en Slavonie, Croatie, ndt]. Auparavant, on lui a cassé sa voiture, on l’a menacé de mort de diverses façons. L’an dernier, 180 attaques ont eu lieu contre des Serbes en Croatie, lesquelles ont été rapportées au Conseil populaire serbe à Zagreb, et le Saint-Synode à Belgrade a des témoignages à leur sujet. Comme vous le savez, devant le siège du Conseil populaire serbe à Zagreb, des slogans oustachis ont été scandés.

– Certaines de nos sources nous disent que ces malheureux, vos fidèles et compatriotes ne déclarent que chaque troisième ou quatrième cas semblable…

– Est-ce qu’une telle situation en Croatie a ému quelque notable ? À Jasenovac [le camp de la mort oustachi où furent martyrisés les Serbes et les Juifs, ndt], ont été portées des inscriptions de saluts oustachis. C’est à tout cela que j’ai pensé. Car le mal continue. Je ne peux imaginer que dans une quelconque ville serbe, devant une institution de la minorité croate, se rassemblent des foules hurlantes, que l’on prononce des menaces de mort, que l’on profère des insultes ! Est-ce là la démocratie ? Est-ce là la démocratie lorsque l’on dit à la Télévision d’État croate que le cas de l’assassinat d’un enfant serbe – au sujet duquel personne, bien sûr, n’a été condamné, alors que les tueurs sont connus de tous – est une « exagération » médiatique ?

– La TV d’État croate a néanmoins déclaré qu’il s’agissait de quelque chose d’inacceptable dans l’émission « TV Kalendar ».

– Je le sais. Je ne conteste pas ces paroles, et je justifie encore moins les maux dont sont coupables certains Serbes. Dans la même mesure, je prie Dieu pour toutes les victimes et ceux qui ont souffert, que ce soit des Serbes, des Croates, des Musulmans ou autres. Je souhaite absolument la paix, je prie pour la paix. Malheureusement, je n’ai pas remarqué durant les vingt dernières années depuis que la guerre, Dieu merci, est terminée, que qui que ce soit parmi les dirigeants religieux de Croatie ait condamné une attaque contre une église serbe, contre un quelconque orthodoxe, qu’il ait dit : on ne doit pas menacer l’autre parce qu’il est un chrétien qui se signe avec les trois doigts, ou bien que l’assassin d’un enfant orthodoxe ne doit pas rester impuni, ou encore qu’on ne doit détruire ou profaner une église chrétienne. Regardez les photos de l’église à Rajevo Selo, et dites-moi : est-ce la réalité ? Ne sommes-nous pas les premiers à souhaiter que chaque icône, chaque livre liturgique, chaque manuscrit, restent où ils se sont trouvés durant des siècles et ce au temps où ni la Croatie, ni la Serbie, n’existaient comme États indépendants ? C’est pourquoi des mesures préalables sont nécessaires : d’abord la sécurité de ces objets sacrés, et ensuite assurer les conditions techniques de leur conservation et leur préservation. Faut-il encore pour une énième fois rappeler la destruction des biens sacrés et culturels serbes sur le territoire s’étendant de Srem jusqu’à la Dalmatie [à l’époque de « l’État Indépendant de Croatie en 1941 », ndt], et de Pakrac à Baranja [du temps de « l’État Indépendant de Croatie » et durant les années 1990] ? Je rappelle que l’Église orthodoxe serbe a manifesté publiquement sa reconnaissance à tous les Croates honorables – et Dieu soit loué, ils étaient assez nombreux – et a accordé ses distinctions les plus élevées à certains d’entre eux qui vivent encore. Je le répète encore une fois et mille fois : nous suivons le Sauveur, nous prions pour la paix, nous œuvrons en actes pour la paix ! Nous sommes frères et seulement frères. Si certains pensent que les Serbes et les Croates ne sont pas des frères slaves, et il y en a, qu’ils se rappellent que nous sommes frères en Christ, selon l’enseignement qu’Il nous a laissé, et que nous devons suivre.

– Pensez-vous qu’il est nécessaire de peser qui a fait le plus de mal ? Et lorsqu’on en parle, considérez-vous que le départ massif des Serbes de Croatie en 1995 puisse être examiné hors du contexte des horreurs de la guerre à partir de 1991 et par la suite ?

– Je suis d’accord avec vous. Rien ne peut être considéré hors du contexte historique, par exemple hors de la tentative de réalisation du plan pour « résoudre » la question serbe et juive en Croatie, qui a été formulée par le ministre de Pavelić, Mile Budak, à savoir « les trois tiers » : tuer [un tiers des Serbes], convertir au catholicisme [un autre tiers], et expulser [un dernier tiers]. Or, la proportion calculée par Budak n’a pas été réalisée comme prévu. La majorité des Serbes ne voulait pas changer de foi, raison pour laquelle ils ont fini à Jasenovac, Jadovna, ou dans les différents Golubnjača [les ravins et grottes dans lesquels ont été précipités les Serbes, ndt]… Et nous considérons aussi « l’action militaire et policière » dite « Tempête » [expulsion des Serbes de Croatie en 1995, ndt] dans le contexte historique, de même que ses conséquences. Ce n’est pas le plan et le programme de Budak, mais ce n’est en aucun cas le départ volontaire des Serbes de Croatie, soi-disant à l’instigation de Belgrade.

– Le nonce apostolique en Croatie dit que la sainteté du cardinal Stepinac est indiscutable. Il a attiré l’attention des catholiques croates sur le fait qu’ils « doivent avoir encore un peu de patience », qu’il faut attendre d’être en mesure d’interpréter « aux frères orthodoxes » le travail qui est fait dans le processus de canonisation, « afin que de cette façon le grand cardinal Aloïs Stepinac puisse être un saint non seulement pour la Croatie, mais un grand saint pour l’Église universelle». Acceptez-vous ce discours du diplomate du pape à Zagreb, mais aussi des évêques croates qui parlent de même, « vous orthodoxes ne comprenez pas la grandeur d’Aloïs Stepinac? »

– Les frères évêques [orthodoxes serbes, ndt] qui sont membres de la Commission [mixte catholique-orthodoxe au sujet de Stepinac, ndt] m’ont dit que l’on s’était mis d’accord que, tant que la commission fonctionne, le public ne serait pas informé en détail. Il faut s’en tenir à cela. Je l’attends des membres croates. Le nonce est un diplomate. La diplomatie a ses lois et usages. Je le comprends en tant que diplomate, mais je ne le comprends pas dans le contexte de l’accord sur l’information du public. Toutefois, la décision de la création de la commission, son format et mode de fonctionnement, a été prise par le pape. Nous l’avons acceptée avec plaisir. Les fables de certains évêques croates selon lesquelles la canonisation de Stepinac se déroule normalement, malgré le travail de la commission, qu’ils qualifient de mineure et d’académique et non ecclésiale et inter-ecclésiale, tout simplement ne sont pas sérieuses, pour dire le moins. Il est clair pour moi que pour nos frères [croates, ndt], ni moi, ni mon Église ne sommes une autorité, mais je considère que le pape François devrait être une autorité pour eux, et une autorité finale. N’est-il pas étonnant que les évêques orthodoxes serbes font plus de cas de l’autorité de l’évêque de Rome que certains évêques catholiques croates ?

– Dans l’Église orthodoxe serbe, si je l’ai bien compris, on est certain que par le travail de la Commission « on arrivera en même temps à de nouvelles conclusions au sujet du contexte historique dans lequel a agi le cardinal Stepinac, de même que ce qui concerne l’ensemble des relations des deux Églises et des peuples serbe et croate pendant la seconde guerre mondiale ». Quels sont les points de départ de vos représentants dans leur démarche ? Quel peut être le point de départ commun pour ces discussions, c’est-à-dire de ce dialogue ?

– La vérité ne peut être un thème de discussions. La vérité n’a pas deux visages. Le seul point de départ peut être la vérité, c’est-à-dire la disposition à accepter les faits. C’est seulement dans cet esprit que le travail de la Commission peut être fructueux et utile. Si nous acceptons la vérité, il n’y a pas de vainqueurs et de vaincus. Nous sommes tous vainqueurs.

– La canonisation de Stepinac, selon vous « aurait des conséquences sur les relations entre orthodoxes et catholiques, comme celles des Serbes et des Croates, des peuples voisins chrétiens et mélangés géographiquement, ce qui indubitablement ferait revenir à un passé profond et tragique, indigne de notre vocation chrétienne ». Que signifierait pour vous, comme on le répète en Croatie et aussi dans les interventions du nonce apostolique, la canonisation quasiment certaine qui est seulement ajournée ?

– Il n’est pas utile, selon se qui se passerait le cas échéant, de spéculer sur des choses aussi sérieuses. À la fin des travaux de la commission, la décision finale sera prise par le pape François. Quelle qu’elle soit, elle sera obligatoire pour les catholiques, tandis que les orthodoxes en seront satisfaits ou mécontents.

– Comment estimez-vous la qualité des relations entre la Serbie et la Croatie?

– Je pense que nos deux États, malgré les épreuves et les pesanteurs, historiques et contemporaines, aspirent à la paix. Nous devons tous les aider. Une grande responsabilité repose sur les évêques des deux Églises. Peut-être, certains ne le comprennent pas dans une mesure suffisante. Lorsque, il y a deux ans, j’ai intronisé le métropolite Porphyre, je lui ai rappelé qu’il était appelé à surpasser par l’amour du Christ tous les problèmes qui existent entre les hommes et les peuples, et que, en tant qu’homme de dialogue, il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour cheminer sur la voie de la paix et de la réconciliation ; qu’il travaille pour la paix ardemment, de façon évangélique, qu’il prêche l’amour du Christ. Il l’a accepté et c’est vraiment ce qu’il fait. J’ai recommandé la même chose à l’évêque Jean (de Slavonie, ndt). Je le dis, la responsabilité des politiciens est grande, mais il leur faut notre aide, l’aide des évêques catholiques-romains et des évêques orthodoxes, dont la parole de paix reste profondément dans les cœurs des fidèles.

– Que peuvent encore faire les primats des Églises en Serbie et en Croatie pour arriver à une amélioration des relations au sujet desquelles l’ex-président croate Ivo Josipović a précisément déclaré qu’elles étaient tombées au niveau le plus bas depuis l’an 2000 ?

– Je me réjouis de l’initiative du premier ministre Vučić concernant la résolution des problèmes et des progrès accomplis dans les lieux où vit la minorité croate en Serbie. Je me réjouis du fait que les élèves de nationalité croate disposeront dans leur langue maternelle des manuels qui leur faisaient défaut jusqu’à présent. Je salue une telle action et je me réjouis de tout progrès en faveur de nos concitoyens croates en Serbie. Tous leurs problèmes, dans les limites des possibilités qui sont offertes, doivent être résolus par l’État. Un seul Dieu nous a créés tous, Il est notre Père à tous. En Serbie, il n’y a pas de citoyens de première et de seconde classe. J’espère qu’il en sera bientôt de même en Croatie : que seront réglés les problèmes des réfugiés et des personnes déplacées, qu’il n’y aura plus de destruction des plaques en caractères cyrilliques, que cesseront les menaces, harcèlements contre les gens et les profanations des églises orthodoxes par des inscriptions de la lettre honteuse « U » [= Oustachis, ndt] sur les murs des églises. Nous attendons que nos frères en Christ, les évêques catholique-romains croates s’engagent en élevant leur voix à ce sujet. Alors, ce sera plus facile pour tous et les relations seront meilleures.

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Conclusions de la première réunion de la Commission mixte catholique-orthodoxe au sujet du cardinal Stepinac

RV13960_ArticoloLa session de la Commission mixte catholique-orthodoxe au sujet du cardinal Stepinac s’est tenue les 12 et 13 juillet au Vatican. On attend de celle-ci qu’elle travaille selon la méthodologie historique, sur la base de la documentation accessible et de sa relation à l’activité du cardinal Stepinac durant la période concernée. Cela, comme l’indique le communiqué officiel, n’interférera pas « dans la canonisation du bienheureux Stepinac », ce qui, comme il est souligné, est de la compétence exclusive du Saint-Siège. Il est prévu que la Commission examine la vie du cardinal Stepinac avant, pendant et après la seconde guerre mondiale. Une série de séances sont prévues, dont la première aura lieu à Zagreb les 17 et 18 octobre. Les travaux devront être achevés dans un délai de douze mois.

Source: RTS. Photographie: Radio-Vatican

Le mardi 12 juillet aura lieu à Rome la première réunion de la commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de l’Église catholique-romaine sur le rôle joué par le cardinal Stepinac pendant la seconde guerre mondiale

La réunion sera tenue à l’initiative du pape François, qui ne souhaite pas canoniser le cardinal Stepinac tant que ne seront pas examinés les arguments de l’Église orthodoxe serbe, laquelle s’y oppose. Comme l’annoncent les médias, l’Église orthodoxe serbe sera représentée à Rome par le métropolite de Zagreb Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, les évêques de Slavonie Jean et de Bačka Irénée, ainsi que le professeur Darko Tanasković, tandis que l’Église catholique-romaine sera représentée par le cardinal Josip Bozanić, les évêques Ratko Perić, Antun Škovičević, Mario Jarek et Jure Krišto. Le prêtre français Bernard Ardura coordonnera le travail de la commission.

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Selon le quotidien belgradois « Politika », « Le pape souhaite un accord avec le patriarche serbe au sujet de Stepinac »

Le quotidien belgradois « Politika » a publié un article au sujet de la canonisation du cardinal Stepinac (+1960), que nous présentons ci-après in extenso :

« Le chef de l’Église catholique-romaine a proposé à notre Église une discussion sur les questions controversées de la biographie du cardinal Stepinac, archevêque de Zagreb à l’époque de « l’État indépendant de Croatie » [1941-1945]. Des réserves sont émises au sujet de la canonisation d’Aloïs Stepinac, non seulement à Belgrade, mais aussi dans les cercles catholiques. Selon des informations non officielles connues par « Politika » l’Église orthodoxe serbe a reçu récemment une réponse du Vatican à une lettre envoyée précédemment, dans laquelle les dignitaires de l’Église serbe avaient exposé leur position au sujet de la canonisation du cardinal Aloïs Stepinac. Des sources proches des cercles ecclésiastiques orthodoxes serbes affirment que le pape François aurait proposé une discussion et un exposé des arguments concernant les questions litigieuses de la biographie du cardinal Stepinac. De source non officielle, ladite rencontre, dont le but est l’exposé des positions des deux parties, ne serait pas organisée avant l’automne. On peut en tirer la conclusion que la canonisation de Stepinac n’aura pas lieu avant, tandis que certains médias avaient annoncé qu’elle aurait pu être accomplie en été. Officiellement, les hautes autorités de l’État et de l’Église catholique croates ont répété leur position et le souhait de voir canoniser le cardinal, qui était à la tête de l’Église catholique dans « l’État indépendant de Croatie ». Lors de la rencontre de la nouvelle présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović et de l’archevêque catholique de Zagreb Joseph Bozanić, qui a eu lieu au milieu du mois de mars, a été émis le souhait mutuel, comme cela est mentionné dans le communiqué de la chancellerie de la présidente, « que soit bientôt achevé le processus de canonisation du bienheureux Aloïs Stepinac » et que « le saint Père proclame saint le bienheureux Aloïs en Croatie ». La présidente croate devrait rendre visite au mois de mai au Vatican et inviter officiellement, à cette occasion, le pape à visiter la Croatie. Les médias ont spéculé sur le fait que la visite du pape en Croatie pourrait avoir lieu en été déjà, immédiatement après sa visite à Sarajevo, et qu’il pourrait précisément se rendre à Jasenovac [le camp d’extermination des Serbes et d’autres peuples que l’on a appelé « l’Auschwitz croate », ndt], afin « d’apaiser» l’Église serbe et de canoniser Stepinac. L’analyste religieux Živica Tucić dit être sceptique envers un tel scénario et rappelle que la visite à Sarajevo, de laquelle sont absents des « contentieux », est en cours de planification déjà depuis six mois. « La question de la visite du pape François à Jasenovac est bien plus complexe. Il ne peut se rendre à Jasenovac sans l’épiscopat croate, et il est connu qu’une partie de celui-ci relativise l’histoire et « flirte » avec les idéologies du passé. En même temps, il se pose la sérieuse question de savoir qui représentera les Serbes à Jasenovac à l’occasion de cette visite papale éventuelle. Je pense que le pape est prêt à visiter Jasenovac, si cela constitue une condition de l’Église serbe ou de la partie serbe à la venue du pape à Belgrade. Mais je crains que, du côté serbe, certains disent que cela n’est pas suffisant, de même que du côté d’une partie l’épiscopat croate, celle-ci considère cette visite papale comme n’étant pas à son goût », pense Tucić. Ce dernier affirme que les réserves envers la canonisation d’Aloïs Stepinac ne viennent pas seulement de Belgrade, mais également de cercles catholiques. Cette réserve est même exprimée dans les cercles proches de l’archevêché catholique-romain de Belgrade, lesquels mentionnent à « Politika » que l’on pense malgré tout ajourner la cérémonie de canonisation de Stepinac, non pas seulement pour des raisons religieuses, mais aussi politiques dans le cadre des relations entre Belgrade et Zagreb. Toutefois, il n’y a pas de confirmation que l’archevêché catholique-romain de Belgrade aurait fait quelque chose dans ce sens. « La sensibilité envers les événements qui se sont produits au XXème siècle s’est accentuée en ce moment. J’ai eu l’occasion d’entendre l’opinion d’un théologien allemand qui a dit que Stepinac était un archevêque médiocre qui n’a pas réagi au mieux en des temps difficiles, mais qu’il n’était ni un diable, ni un ange. Il convient de souligner que l’acte même de canonisation ne doit pas être proclamé par le pape, lequel doit seulement signer le décret y relatif », dit Tucić. L’historien Đurić-Mišin, directeur par intérim du Musée des victimes du génocide, dit que l’Église orthodoxe et l’historiographie serbe ont une idée claire de Stepinac et suffisamment d’archives à ce sujet. « L’Église catholique-romaine en Croatie était un pilier de « l’État indépendant » à tous les égards. Nous savons de manière établie, sur la base du journal tenu par Aloïs Stepinac qu’il n’est jamais intervenu auprès d’Ante Pavelić [le chef de “l’État Indépendant de Croatie”, ndt] en faveur de l’Église serbe ou du peuple serbe. On sait qu’il est intervenu dans quelques cas particuliers pour sauver des vies, mais il s’agissait de cas individuels. Après sa visite chez Pavelić le 6 avril 1941, Stepinac a envoyé un décret à ses prêtres les enjoignant à accepter et à respecter le nouvel État. Il n’a jamais protesté contre les crimes accomplis contre les Serbes, les Juifs et les Tziganes, tandis qu’il en était parfaitement au courant, du fait que chaque unité militaire disposait dans ses rangs d’un prêtre. Il y a suffisamment d’archives à ce sujet. Ce sont des faits que l’Église serbe prend en considération et d’après lesquels ils se guident dans cette question», ajoute Đurić-Mišin. Celui-ci ajoute que l’Église orthodoxe serbe dispose de vastes archives de cette période, mais qu’elles ne sont pas accessibles, pour le moment, au public. « Pour autant que la partie croate soit en possession d’un document prouvant que Stepinac a condamné la violence et les crimes de l’État Indépendant de Croatie sur les civils serbes innocents, qu’elle nous le montre, mais je n’en ai jamais eu connaissance. Dans tous les cas, je pense qu’il serait bon pour les historiens de Serbie et de Croatie d’organiser des congrès spécialisés, des tables rondes, toutes sortes de discussions spécialisées sur ce thème. Malheureusement, il n’y a jamais eu de tels congrès jusqu’à maintenant », dit Đurić-Mišin. Dans la biographie d’Aloïs Stepinac sur le site de l’archevêché catholique-romain de Zagreb, il est dit, que pendant la seconde guerre mondiale « il a condamné publiquement les persécutions raciales, idéologiques et politiques », qu’il « a courageusement exigé le respect de chaque personne », et qu’il avait en outre sauvé des Juifs, Serbes, Tziganes, Slovènes, Polonais, Croates communistes, persécutés ». À l’appui de cette thèse, il est cité une partie de son discours, prononcé en la cathédrale de Zagreb le 25 octobre 1942 : « Chaque peuple et chaque race, vivant sur ce globe, a droit à une vie digne de l’homme. Tous, sans distinction aucune, qu’ils soient de race tzigane, ou toute autre, noirs ou Européens civilisés, ou Juifs détestés, ou fiers Aryens, ont le même droit de dire: « Notre Père, qui es aux cieux… » Dans l’énumération des peuples et races concrets, Stepinac a mentionné les Tziganes, les Noirs et les « Juifs détestés », mais, que cela soit un hasard ou voulu, il a oublié de mentionner que les Serbes -les plus menacés et les plus défavorisés dans « l’État Indépendant de Croatie » – à la population de laquelle il s’adressait, avaient le droit de dire « Notre Père ».

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La position de l’Eglise orthodoxe serbe face à la canonisation du cardinal Alojzije Stepinac, remise au Vatican

" La position de l’Eglise orthodoxe serbe sur la canonisation du cardinal, Alojzije Stepinac, a été remise au ministre des Affaires étrangères du Vatican, l'archevêque Dominique Mamberti, écrit le quotidien belgradois, ’’Politika’’. Le journal indique que le contenu de la lettre n’a pas été révélé mais souligne qu’à n’en pas douter, l’Eglise orthodoxe serbe n’approuve pas l’annonce que Stepinac pourrait devenir un saint."

Source (et intégralité de l'information): Radio Serbie internationale. Photographie de la rencontre, le 30 juin, de Mgr Dominique Mamberti et du patriarche Irénée de Serbie: Eglise orthodoxe serbe

Entretien avec Boško Bojović

Une semaine avant la Vème session de la commission mixte qui sera tenue à Podgorica (Monténégro) les 7 et 8 juin, sur le thème « L’archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 », nous mettons en ligne la vidéo d’un entretien avec Boško Bojović, professeur associé à l’EHESS,  directeur de recherches à l’Institut des études balkaniques de l’Académie Serbe des Sciences, en retraite et professeur à l’ECPD (Europian Center of Peace and Developement). Boško Bojović nous a exposé son analyse des travaux de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe, dont la tâche est d’examiner ensemble la personnalité du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Communiqué du diocèse de Valjevo (Église orthodoxe serbe) au sujet des propos de l’archevêque catholique-romain Stanislav Hočevar concernant St Nicolas de Žiča

Suite aux déclarations de l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar concernant St Nicolas de Žiča, publiées dans le quotidien serbe “Politika”, Mgr Miloutine, évêque de Valjevo (diocèse où se trouvent les reliques du saint), a publié le communiqué suivant :
« Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité » (I Jn. 3,18)
Profondément affectés par la tentative – qui malheureusement n’est pas la première – de mettre en doute la figure et les œuvres du saint évêque Nicolas Velimirović, nous avons le devoir et la nécessité de nous prononcer publiquement. Une semaine s’est déjà passée (ce qui est amplement suffisant pour démentir ou confirmer ce qui a été dit) depuis que l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar, dans l’interview accordée au quotidien “Politika”, appliquant la méthode connue “d’incitation au doute” (sans mentionner aucun fait), à tenté d’amoindrir la sainteté de l’évêque Nicolas Velimirović. La tentative était subtile, mais comme toute insinuation malintentionnée, elle est restée stérile et manquée. De toute évidence, peinant à défendre ses positions, Mgr Hočevar a imaginé une idée géniale : pourquoi, dans la difficulté d’élever quelqu’un [le cardinal Stepinac, ndt], ne tenterions-nous pas d’abaisser et de contester l’autre [St Nicolas de Žiča, ndt]? Cette idée n’est aucunement nouvelle, mais est indigne du rang et de la charge de Mgr l’archevêque. Nous ressentons la nécessité, en tant que gardien des reliques du saint évêque Nicolas, de transmettre l’expérience de sa sainteté et de ses miracles. Il fut et restera un luminaire de la théologie, de la foi et de la vie de l’Église orthodoxe et de son peuple serbe. Sa vie ascétique, son œuvre pastorale, sa confession de la foi, ses souffrances et son amour du prochain ne nécessitent pas de “défense” ou de “preuves”. En particulier, tout cela ne nécessite pas de défense lorsque l’on à affaire à des affirmations malintentionnées. Les saints, comme cela est bien connu, après leur passage dans le Royaume céleste, ne cessent pas d’accomplir des œuvres d’amour et de charité. Le meilleur exemple en est le saint évêque Nicolas et les bienfaits qu’il accomplit pour ceux qui le vénèrent et le glorifient. Il ressort clairement de l’interview de Mgr Hočevar qu’il n’a pas eu lui-même l’occasion (après sa dernière déclaration, la raison en est évidente) de venir parmi le peuple de la région de Valjevo et de constater s’il existe ou non une unanimité dans l’opinion du peuple serbe au sujet du saint évêque Nicolas. Il eût été suffisant que Mgr Hočevar entendît seulement parler de la cérémonie de changement d’ornements de ses saintes reliques en 2013 ou qu’il ait vu l’affluence du peuple de Dieu dans la vallée de Lelić pour glorifier le géant spirituel. La voix du peuple de Dieu est la meilleure « commission » pour donner le sceau de la sainteté, et le peuple orthodoxe de l’Église une, sainte, catholique et apostolique ressent profondément le magnétisme plein de grâce du saint évêque Nicolas, le glorifiant comme « l’évêque de tout le peuple ». Aussi, aucun once de doute malveillant ne peut entacher sa sainte vie. Au contraire, de telles déclarations et des allégations semblables ne font que nous inciter à garder encore plus le trésor que nous avons dans la personne du saint évêque Nicolas et nous encouragent à prier pour atteindre son amour et sa grandeur. Après tout ce qui a été dit par Mgr Hočevar, il reste pour nous une question inévitable : sa déclaration va-t-elle dans le sens du dialogue pour lequel il s’engage tant ? Est-ce là un exemple d’amour véritable et sincère auquel nous sommes appelés ? Nous pensons profondément que ce n’est pas le cas, car un autre saint de nos jours, saint Justin de Ćelije nous enseigne et nous met en garde : “Il n’y a pas de vérité sans amour, ni d’amour sans vérité”. Il est édifiant à cette occasion de se rappeler les paroles de saint Justin concernant un autre grand hiérarque de son époque, le métropolite Antoine (Khrapovitzky +1936), et que nous pouvons à très juste titre appliquer au saint évêque Nicolas : “Ce lumineux hiérarque et ce sage maître divin, est devant nous, et nous, à sa suite. Il est le guide, et nous, ses disciples. Lui, le grand hiérarque orthodoxe grand dans la douceur et l’humilité, et à sa suite nous, petits, misérables, nous sommes poussière et cendres”.

+ Evêque Miloutine de Valjevo

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Communiqué du Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe au sujet des déclarations de l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar

« Partageant avec le peuple orthodoxe serbe entier, comme avec les autres orthodoxes, et aussi de nombreux chrétiens non orthodoxes à travers le monde, la vénération dans la prière envers la personnalité du saint évêque de Žiča et d’Ohrid Nicolas Velimirović, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe ressent le devoir d’exprimer publiquement son indignation à l’occasion des déclarations inappropriées et malveillantes de l’archevêque [catholique-romain, ndt] de Belgrade Mgr Stanislav Hočevar, données au journal belgradois « Politika » le 28 octobre de cette année, par lesquelles, celui-ci a pris la liberté, selon des critères connus de lui, de mettre en question la sainteté du Nouveau Chrysostome [i.e. saint Nicolas Velimirović, ndt], allant jusqu’à le comparer avec le cardinal Stepinac ou le proclamer encore l’équivalent serbe de celui-ci. À la différence de l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby, qui avec le patriarche de Serbie Irénée, en la cathédrale Saint-Paul de Londres a marqué récemment, de façon solennelle, le centième anniversaire du discours historique de Nicolas [i.e. le discours de St Nicolas Velimirović dans cette cathédrale, ndt], l’archevêque catholique-romain de Belgrade n’est pas obligé de connaître l’œuvre pastorale et spirituelle du saint hiérarque à Ohrid, Bitolj et Žiča, ni son activité multilatérale inter-ecclésiale. Il n’a surtout pas besoin de s’intéresser à ses œuvres théologiques et littéraires, dont la « Centurie sur la charité » et son expérience de l’ennemi comme « d’un ami brutal», à la différence de Stepinac qui a écrit que « l’Orthodoxie byzantine » constitue « la malédiction de l’Europe », et que les Croates et les Serbes, par voie de conséquence, sont deux mondes incompatibles. Il n’est pas obligé de savoir non plus que, à la différence de Stepinac, saint Nicolas a été interné durant toute la Seconde guerre mondiale à Ljubostinja, Vojvolica et finalement au camp tristement célèbre de Dachau. Nous ne lui contestons pas le droit de mettre en question le sens de la décision du chef de sa propre Église, le pape François, de former une Commission mixte constituée de membres de la Conférence des évêques de Croatie et de l’Église orthodoxe serbe, qui doit examiner de façon responsable et conforme à la vérité le rôle d’Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde guerre mondiale. Le Saint-Synode des évêques lui conteste cependant le droit d’utiliser son engagement en faveur de la visite du pape François en Serbie comme petite monnaie d’échange pour envenimer – inconsciemment et peut-être consciemment – les relations de l’Église orthodoxe serbe avec le Saint-Siège. Cet empressement, nous en sommes sûrs, ne sera pas couronné de succès.
Pour le président du Saint-Synode des évêques, l’évêque de Bačka Irénée, membre du Saint-Synode et porte-parole de l’Église orthodoxe serbe ».
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Rencontre du président Tomislav Nikolić et du patriarche de Serbie Irénée à Belgrade

Le président Tomislav Nikolić et le patriarche de Serbie Irénée se sont rencontrés le 10 août à Belgrade. Ils ont discuté de « questions sociales actuelles et ont marqué leur accord sur la nécessité d’une coordination dans les activités communes destinées à protéger les intérêts nationaux et à prévenir des injustices historiques potentielles catastrophiques telles que la canonisation d’Alois Stepinac. Une telle injustice aurait une incidence non pas seulement sur les Serbes, mais sur l’humanité entière » est-il dit dans la déclaration publiée par le bureau de presse présidentiel. Le président et le patriarche ont évoqué également la préservation du patrimoine culturel du Kosovo et de la Métochie ainsi que les activités destinées à empêcher l’admission du Kosovo à l’UNESCO. Ils sont d’accord sur l’importance de l’insistance par l’Église et par l’État pour que les monastères situés au Kosovo et en Métochie relèvent de la responsabilité de la République de Serbie et que le patrimoine culturel serbe ne puisse être déclaré patrimoine du soi-disant État du Kosovo. Le président Nikolić a en outre invité le patriarche à participer activement aux commémorations du centenaire de la bataille de Kajmakčalan qui a eu lieu au cours de la Première guerre mondiale.

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Le métropolite Amphiloque sur la venue en Serbie du pape François

Une délégation officielle du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, constituée du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, de l’évêque de Bačka Irénée et du professeur Darko Tanasković a visité le Vatican le 16 janvier et a été reçue officiellement par le pape François. Étaient également présents à la rencontre le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, ainsi que trois administrateurs du Saint Siège. Au cours d’une conférence de presse à Belgrade le 18 janvier, le métropolite Amphiloque a affirmé 

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Le patriarche de Serbie Irénée : « Le temps n’est pas encore venu pour la visite du pape de Rome à l’Église orthodoxe serbe »

L’Église orthodoxe serbe considère que le temps n’est pas encore venu pour une visite du pape François à l’Église orthodoxe serbe, a déclaré le patriarche Irénée, qui a dit que le pape, en tant que chef d’État, peut toujours être invité par les autorités civiles à visiter la Serbie, ce en quoi l’Église ne s’immiscera pas. « Nous, en tant qu’Église, n’aurions rien contre, ce serait un honneur pour nous que de recevoir le pape, mais nous tenons compte du nombre immense de ressortissants de notre peuple qui ont été expulsés [de Croatie], dont certains vivent aujourd’hui comme réfugiés dans des conditions difficiles », a déclaré le patriarche dans une interview au site « Vesti on-line ». Le patriarche a rappelé que, pendant la seconde guerre mondiale, de terribless tragédies ont eu lieu sur le territoire du soi-disant « État indépendant de Croatie », et qu’un grand nombre de clercs catholiques-romains ont participé aux actes les plus ignobles contre le peuple serbe. Pour ce qui concerne la question de la canonisation du cardinal Aloïs Stepinac, le patriarche serbe a souligné que l’Église orthodoxe serbe s’était déjà exprimée à ce sujet et qu’il s’agit d’un homme qui se trouvait à la tête de l’Église catholique-romaine en Croatie à une époque tragique. « Nous n’avons pas de témoignages… selon lesquels il aurait fait quelque chose pour alléger la situation de notre peuple en Croatie et pour empêcher le génocide de notre malheureux peuple », a souligné le patriarche Irénée. Celui-ci a rappelé que, pendant la guerre, dans le village de Mlaka existait un camp de concentration pour les enfants serbes, qui étaient au nombre de 20.000, dont 12.000 ont été sauvé par une Allemande mariée à un Serbe. Or, il n’y a aucune preuve que le cardinal Stepinac avait sauvé ne serait-ce que l’un d’entre eux. « Un génocide a été accompli. Nous ne savons pas à quel point Stepinac l’a favorisé, mais nous savons qu’il n’a rien fait pour l’empêcher », a remarqué le patriarche. On dit parfois qu’il y a certaines lettres de Stepinac intercédant [pour des Serbes, ndt], mais il n’est intervenu publiquement nulle part pour défendre les Serbes anéantis et encore il reçut de hautes distinctions du bourreau du peuple serbe et de l’Église orthodoxe Ante Pavelić.

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Le président serbe Nikolić a rencontré le pape François au Vatican

Le président serbe Tomislav Nikolić a rencontré le pape François au Vatican le vendredi 11 septembre 2015. L’Église catholique-romaine reste ferme sur son refus de reconnaître l’indépendance du Kosovo et de la Metochie, prononcée unilatéralement, a déclaré le président après son entretien avec le pape. « Je pense que c’est un homme qui concilie beaucoup de gens et de religions dans le monde, mais il est ici implacable pour ce qui concerne la position de l’Église catholique-romaine, laquelle reste absolument ferme quant au principe de sa non reconnaissance de l’indépendance du Kosovo et de la Métochie, proclamée unilatéralement » a déclaré le président Nikolić à l’agence Tanjug. Celui-ci a ajouté que le pape François suivait soigneusement et minutieusement tout ce qui se produit au Kosovo et en Métochie et qu’il connaît l’ampleur des persécutions des chrétiens et des catholiques romains au Kosovo et en Métochie. Il a mentionné que le pape François est au courant des possibilités dont disposent les catholiques romains pour pratiquer leur foi, leur tradition et leur culture en Serbie, qu’il sait comment se présente la Serbie d’aujourd’hui et qu’il est absolument prêt de coopérer avec elle. 

Le président Nikolić a également déclaré qu’il avait évoqué auprès du pape l’histoire de l’héritage culturel et du christianisme au Kosovo et en Métochie, les monastères érigés par les souverains serbes, de même que la catastrophe qui s’est produite en mars 2004 [35 églises profanées et détruites, des civils serbes tués et des milliers expulsés par les Albanais, ndt]. « J’ai offert au pape le livre qui prouve tout cela, présente les documents, je lui ai dit que tout cela était à nous, et qu’il n’existait pas de moyen que nous y renoncions et que nous le reconnaissions », a poursuivi le président, ajoutant que le pape François était entièrement d’accord avec tout cela. En outre, le président a offert au Primat de l’Église catholique-romaine une édition fac-similée du recueil des lois de l’empereur Dušan, qui est l’un des rares codes du XIVème siècle en Europe, de même que la monographie « Héritage chrétien du Kosovo et de la Métochie » soulignant que tous les États membres de l’Unesco recevraient ledit ouvrage. Le président a ajouté que le pape, alors que lui-même mentionnait que certains monastères du Kosovo et de la Métochie avaient été sauvés par les militaires italiens lors des événements de mars 2004, a énuméré les noms de ces monastères. Enfin, le président Nikolić a déclaré que la Serbie, qui est un pont entre la Russie et l’Union Européenne, et entre celle-ci et la Chine, pourrait être un pont entre l’Église orthodoxe russe et l’Église catholique-romaine. « Je pense que j’ai rencontré un homme qui sait beaucoup et comprend tout, et qui a accepté presque chaque affirmation et suggestion que j’ai formulées. C’était la rencontre de personnes qui se sont immédiatement bien comprises » a affirmé le président Nikolić. Celui-ci a encore mentionné qu’il avait parlé avec le pape des relations entre la Serbie et le Vatican, de l’établissement d’un véritable dialogue entre les deux Églises, de la crise des migrants du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, de leurs causes, leurs conséquences et des solutions, de même que du changement climatique. Concernant la canonisation du cardinal croate Stepinac, le président a affirmé que l’Église catholique-romaine ne se hâtait pas d’y procéder. En outre, il a déclaré avoir eu une discussion très ouverte au sujet dudit cardinal et a dit au pape que le rôle du cardinal lors de la seconde guerre mondiale avait été très mauvais : « À tout le moins, il ne devait pas se taire alors que l’on tuait plus d’un million de personnes pour la seule raison que celles-ci n’étaient pas de confession catholique, et il joua un rôle fort mauvais pendant la guerre » a dit le président qui a ajouté que Stepinac avait vécu, après cela, la terreur communiste, et que l’Église catholique-romaine pourrait conclure de cela qu’il est un martyr et un bienheureux, mais il a ajouté que les prêtres orthodoxes avaient également connu cela et que des centaines d’entre eux ont été tués. Le président a encore affirmé qu’il existait une position commune selon laquelle le christianisme est menacé dans le monde, et que ce n’était plus le temps pour les disputes entre les religions et les croyances. En outre, par les dialogues dans lesquels sont engagés les différentes confessions, beaucoup de choses pourraient être atteintes. « Je pense que cette visite [du président au pape, ndt], bien qu’ajournée une fois, a été bien préparée. Cette préparation pourrait permettre que nous parvenions un jour à ce que les relations de la Serbie et de la Croatie garantissent que le primat de l’Église catholique-romaine et le patriarche Irénée puissent se rencontrer à Belgrade, à Subotica, Prizren et partout où ils le souhaiteraient » a conclu le président.

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Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe au sujet de sa session ordinaire qui s’est tenue à Belgrade du 14 au 29 mai

« La session ordinaire dе l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe s’est tenue sous la présidence du patriarche de Serbie Irénée, du 14 au 29 mai dans les locaux du Patriarcat de Serbie à Belgrade. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé aux travaux de l’Assemblée, à l’exception du métropolite de Dabro-Bosna Nicolas. Pour la première fois depuis la session de 2011, l’archevêque d’Ohrid et métropolite de Skoplje Jean a participé à l’Assemblée. Celui-ci a été libéré, il y a quelques mois, de la prison d’Idrizovo à Skoplje, grâce à la grande implication du patriarche de Moscou Cyrille et de l’Église orthodoxe russe en général, avec la collaboration de l’Église orthodoxe serbe dans la mesure où cela était possible.

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L’évêque de Bačka Irénée.
Porte-parole de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe »

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Jovan Nikoloski