25/04/2017
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17e dimanche après la Pentecôte

Tropaire
de la Résurrection en ton 8 : Tu es descendu des hauteurs,/ ô Plein de bonté
!// Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours,+ afin de nous délivrer de
nos passions,/ ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !//

Tropaire
(s) et kondakia de l’église.
Gloire…
Kondakion
de la Résurrection en ton 8 : Ressuscité du tombeau,/ Tu as éveillé les morts
et ressuscité Adam ;// Eve danse de joie en ta Résurrection+ et les confins de
la terre/ célèbrent ton éveil d’entre les morts, ô Dieu de miséricorde !//
Et
maintenant…
Kondakion
de la Mère de Dieu en ton 6 : Protectrice assurée des chrétiens,+ Médiatrice
sans défaillance devant le Créateur,/ ne dédaigne pas la voix suppliante des
pécheurs !// Mais dans ta bonté+ hâte-toi de nous secourir,/ nous qui te crions
avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession,+ et empressée dans ta prière,
ô Mère de Dieu,/ Secours constant de ceux qui t’honorent ».//
Prokiménon
du ton 8 : Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur notre Dieu
;/ vous tous qui l’entourez, apportez-lui des présents ! // V/ : Dieu est connu
en Judée, en Israël son Nom est grand !

Epître
: Galates 1, 11-19 – usage roumain, notre traduction
Frères,
je vous informe que la bonne Annonce (l’Evangile) annoncée par moi n’est pas
humaine. Je ne l’ai pas reçue d’un être humain, elle ne m’a été enseignée par
personne, mais révélée par Jésus-Christ.
Vous
avez entendu parler de la façon dont je me conduisais quand j’étais attaché à
la religion juive. Vous savez comment je persécutais avec violence l’Eglise de
Dieu et m’efforçais de la détruire. Je surpassais bien des compatriotes juifs
de mon âge dans la pratique de la religion juive ; j’étais extrêmement zélé
pour les traditions de mes pères.
Lorsque
Celui qui m’a choisi dans les entrailles de ma mère et m’a appelé par sa grâce
eut la bienveillance de révéler son Fils en moi pour que j’en fasse la bonne
Annonce aux nations, aussitôt, sans consulter ni la chair ni le sang, et sans
me rendre à Jérusalem pour voir ceux qui furent apôtres avant moi, je suis
parti pour l’Arabie, puis je suis retourné à Damas. C’est trois ans plus tard
que je me suis rendu à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je
suis resté quinze jours avec lui. Je n’ai vu aucun autre apôtre, mais seulement
Jacques, le frère du Seigneur.

Alléluia
du ton 8 : Venez,
exultons pour le Seigneur ! Acclamons Dieu notre Sauveur ! V/ : Allons en sa
présence en le confessant, et acclamons-le au son des psaumes ! 

Evangile
: Luc 7, 11-16 – notre traduction
En
ce temps-là, (après la guérison du fils du centurion) Jésus se rendit à une
ville appelée Naïn ; ses disciples et une grande foule l’accompagnaient. Comme
Il approchait de la porte de la ville, voilà qu’on portait en procession un
mort : c’était le fils unique de sa mère, qui était veuve. Une foule sortie de
la ville se trouvait avec elle. Quand le Seigneur la vit, Il fut ému pour elle
dans ses entrailles et lui dit : « Ne pleure pas ! » Et s’avançant Il toucha le
cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent. Jésus dit : « Jeune homme, Je te le dis,
réveille-toi ! » Le cadavre se dressa sur son séant et se mit à parler. Jésus
le donna à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant
: « Un grand prophète s’est levé parmi nous ! » et aussi : « Dieu a pris en
considération son peuple ! » 

Catéchèse
: « ému dans ses entrailles », Dieu
prend l’initiative de sauver son monde
1.
Le Seigneur choisit ses serviteurs, exemple de saint Paul (épître du jour) :
son enseignement est « révélé par Jésus Christ » ; Dieu « l’a choisi dans les
entrailles de sa mère », « l’a appelé par sa grâce » et « a eu la bienveillance
de révéler son Fils en lui ». Etre chrétien – disciple de Jésus Christ –
consiste à répondre à l’appel de Dieu. Chaque baptisé est un appelé, avant même
le baptême, dès la conception (aussi l’avortement volontaire n’est-il pas béni
!), objet d’une révélation personnelle. Il s’agit d’élection, de sollicitation
de la liberté créée – cas par excellence de la Mère de Dieu. Mais, lisons la
vie des saints, examinons notre propre vie, et nous verrons que c’est vrai.
Nous ne serons pas sauvés avant les autres ou plutôt qu’eux : mais nous sommes
au service du salut des autres en coopération avec le Seigneur qui nous a
choisis pour servir dans son unique sacerdoce. Encore faut-il que, par le saint
Esprit, notre conscience soit éveillée à cette réalité !
2.
Le lien avec l’Eglise est nécessaire : l’appel est unique (le fils de la veuve
de Naïn est unique), mais il se conjugue à l’infinie multitude des formes que
prend l’appel divin dans l’Eglise de tous les temps. La communion ecclésiale
confirme la vérité et l’authenticité de l’appel : le baptême est nécessaire
comme sceau d’universalité apposé par le saint Esprit à une sollicitation
absolument unique. C’est le sceau trinitaire : unicité de la personne – unité
de l’essence. Ce que je vis est unique ; mais par l’Esprit je le vis, avec tous
les saints, dans l’unité du Corps du Christ qui atteste la vérité de ce que je
vis.
3.
La substance de cet appel divin est la « miséricorde » ou la « compassion »,
exemple de l’évangile de ce jour : « Ne pleure pas ! » (appel à servir dans la
joie de la Résurrection ; Naïn = « joie ») ; « Je te le dis : réveille-toi (ou
: lève-toi !) ! » (appel à témoigner de la Résurrection par sa vie). Le Christ
Seigneur, le Fils unique et Verbe de Dieu, appelle chaque personne unique par
amour pour elle et pour le monde entier,
pour sauver par elle tous les humains. Le grec
esplagcnisqh
(v.14) est réaliste : c’est être touché, « ému dans
ses entrailles » humaines,
émotion corporelle, non sentimentale, qu’éprouve un père, une mère, un ami
intime, « remués » par la souffrance ou la détresse d’un enfant ou d’un proche.
C’est une sensibilité pleine de chaleur et d’intimité, pleine de tendresse.
Par
l’Incarnation, Dieu s’est mis dans la situation de nous révéler une sensibilité vraiment humaine –
très sémitique… Luc 1, 78 parle des « entrailles de la miséricorde divine »
avec le même terme –
splagcna eleous ( cf. avec des
mots différents, la mê
me
idée biblique chez les prophètes : Isaïe 49, 15 ; Genèse 43, 30 ; 1 R 3, 26).
Selon les saints Pères, c’est par les entrailles d’un tel amour que le Père
conçoit pré éternellement le Fils unique, qu’Il l’envoie dans le monde (Fils
unique aussi des entrailles de la Vierge !), et qu’Il répond à la prière de
ceux qui l’invoquent. C’est par cette sensibilité des entrailles, héritée du
Christ par le saint baptême, que le cœur d’un chrétien « se serre » pour le
prochain – divino humaine tendresse – et, dit saint Isaac le Syrien, « pour
toutes les créatures ».
L’amour
du prochain n’est pas un sentiment seulement humain : c’est une compassion
divino humaine communiquée par le Christ à ses membres ; c’est le Christ
Lui-même qui aime dans le disciple qui aime ; d’où notre prière : « Seigneur
Jésus Christ notre Dieu, rends-moi digne de ton amour compatissant pour ton
serviteur N… ! », ou « inspire-moi ton amour pour ton serviteur… »

(Père
Marc-Antoine Costa de Beauregard)

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Jovan Nikoloski