Saint Martin, pape de Rome, confesseur (655) ; saints Antoine, Jean et Eustache, martyrs en Lituanie (1347) ; saint Ardalion le comédien, martyr (311) ; mille martyrs de Perses et Azat l’eunuque (vers 341) ; saint Prétextat, évêque de Rouen, martyr (586) ; saint Lambert, évêque de Lyon (688) ; saint Démètre du Péloponnèse, néo-martyr grec (1803) ; saint Alexandre (Orlov), confesseur, prêtre (1941).
SAINT MARTIN, PAPE DE ROME
Cette colonne de l’Orthodoxie vécut sous le règne de l’empereur Constans II Pogonat (641-668). Trois mois à peine après avoir été élevé sur le trône pontifical (649), il réunit dans la basilique Saint-Jean du Latran un concile d’une centaine d’évêques, qui condamna l’hérésie monothélite [cf. 21 janv.] et le Typos, édité par l’empereur, dans lequel on confondait la vérité et l’erreur par opportunité politique (octobre 649). Saint Martin, ayant été apocrisiaire du pape Théodore à Constantinople, était bien au fait des intentions de l’empereur et de ses théologiens qui, en proclamant une seule volonté dans le Christ, cherchaient à se rallier de manière détournée les monophysites d’Orient. Dès qu’il apprit la nouvelle, l’empereur envoya en Italie l’exarque Théodore Calliopas avec pour mission d’arrêter le pape. À son arrivée à Rome (juin 653), celui-ci se présenta devant le pontife et l’interrogea sur l’affaire du concile. Saint Martin lui répondit en prononçant l’anathème contre ceux qui oseraient l’accuser de la moindre variation dans la foi des saints Pères. Par crainte du peuple qui était présent, l’exarque répondit avec hypocrisie que la foi de Martin était semblable à la sienne et à celle de tous les chrétiens. Le saint se retira alors, pendant trois jours, dans la basilique du Latran avec tout son clergé. Le lundi matin, Calliopas demanda à perquisitionner dans le palais, sous prétexte d’y trouver des armes. Les soldats se précipitèrent dans la basilique, renversèrent dans un grand tumulte les objets de culte et s’emparèrent du prélat qui souffrait de la goutte. Le mercredi 19 juin 653, ils s’embarquèrent en direction de Constantinople. Pendant ce long et pénible voyage de trois mois, le saint fut privé de toute consolation dans sa maladie et ne pouvait même pas se laver. Aux escales, ses gardes l’empêchaient de descendre et, en le couvrant d’injures, ils s’emparaient des provisions que des prêtres et des fidèles lui avaient apportées. Lorsqu’ils arrivèrent à Constantinople, le 17 septembre, on laissa la populace l’insulter sur son grabat, puis on le mena dans la prison Prandiara, où il fut gardé au secret pendant quatre-vingt-treize jours. Le 20 décembre, à la suite d’une parodie de jugement à l’Hippodrome, au cours duquel on l’empêcha de s’exprimer sur la foi, il fut condamné à mort, puis on déchira publiquement ses vêtements sacerdotaux et on le traîna à travers la ville jusqu’au prétoire, chargé d’une lourde chaîne au cou. Le vieillard, malade et sous-alimenté, pouvait à peine marcher, mais son visage était radieux de souffrir ainsi par amour du Christ et de la vérité. Transféré dans la prison Diomède, on le hissa, en lui écorchant les jambes, jusqu’à un cachot surélevé, réservé aux condamnés à mort. Le lendemain, le patriarche de Constantinople Paul II, malade et redoutant le jugement de Dieu, obtint de l’empereur la commutation de la sentence de mort en exil. Après la mort de Paul et la nomination de Pyrrhus au patriarcat, le saint resta encore quatre-vingt-cinq jours captif, avant d’être expédié clandestinement à Cherson, en Crimée. Il y souffrit cruellement de la faim et des mauvais traitements que lui infligèrent les barbares, et remit à Dieu son âme apostolique le 16 septembre 655.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de saint Joseph d’Arimathie, ton 2
Le noble Joseph descendit de la Croix ton corps très pur, l’enveloppa d’un linceul immaculé et le déposa couvert d’aromates dans un sépulcre neuf.
Tropaire du dimanche du 2ème ton
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »
Tropaire des femmes myrophores, ton 2
Près du tombeau l’ange apparut aux saintes femmes myrrhophores et clama : La myrrhe convient aux mortels, mais le Christ est étranger à la corruption.
Kondakion des femmes myrophores, ton 2
Tu as dis aux myrophores : « Réjouissez-vous ! » et par Ta Résurrection, ô Christ Dieu, Tu as mis fin aux lamentations d’Ève, notre première mère. A Tes Apôtres, Tu as ordonné de proclamer : le Sauveur est ressuscité du Tombeau.
ÉPITRE DU JOUR
Actes VI, 8-VII, 5, 47-60
En ces jours-là, Étienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Quelques membres de la synagogue dite des Affranchis, de celle des Cyrénéens et de celle des Alexandrins, avec des Juifs de Cilicie et d’Asie, se mirent à discuter avec lui ; mais ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait. Alors ils soudoyèrent des hommes qui dirent : « Nous l’avons entendu proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu ». Ils émurent le peuple, les anciens et les scribes, et, se jetant sur lui, ils le saisirent, et l’emmenèrent au sanhédrin. Ils produisirent de faux témoins, qui dirent : « Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre le lieu saint et contre la loi ; car nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazaréen, détruira ce lieu, et changera les coutumes que Moïse nous a données ». Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin ayant fixé les regards sur Étienne, son visage leur parut comme celui d’un ange. Le souverain sacrificateur dit : « Les choses sont-elles ainsi ? » Étienne répondit : « Hommes frères et pères, écoutez ! Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il s’établît à Charran ; et il lui dit : “Quitte ton pays et ta famille, et va dans le pays que je te montrerai”. Il sortit alors du pays des Chaldéens, et s’établit à Charran. De là, après la mort de son père, Dieu le fit passer dans ce pays que vous habitez maintenant ; il ne lui donna aucune propriété en ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de lui en donner la possession, et à sa postérité après lui, quoiqu’il n’eût point d’enfant. Ce fut Salomon qui édifia pour Dieu une maison. Mais le Très Haut n’habite pas dans ce qui est fait de main d’homme, comme dit le prophète : “Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, Ou quel sera le lieu de mon repos ? N’est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses ?…” Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d’oreilles ! Vous vous opposez toujours au Saint Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers, vous qui avez reçu la loi d’après des commandements d’anges, et qui ne l’avez point gardée ! » En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leur cœur, et ils grinçaient des dents contre lui. Mais Étienne, rempli du Saint Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : « Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul. Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! » Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » Et, après ces paroles, il s’endormit.
ÉVANGILE DU JOUR
Jn IV, 46-54
Jésus retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade. Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui dit: Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. L’officier du roi lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure. Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle: Ton enfant vit. Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison. Jésus fit encore ce second miracle lorsqu’il fut venu de Judée en Galilée.