29/06/2017
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Archives de catégorie : Actualités

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L’intronisation du nouveau métropolite Jean de Zambie et Malawi

Dimanche dernier a eu lieu l’intronisation du métropolite Jean de Zambie et Malawi dans l’église de Saint-Alexandre à Lusaka. Le pape et patriarche de toute l’Afrique Théodore II y fut représenté par le métropolite Macaire de Kenya tandis que d’autres hiérarques d’Afrique y furent aussi présents.
Le député indépendant d’Achaïe et président du parti chrétien-démocrate grec Nikos Nikolopoulos assista à la cérémonie et prononça une allocution cordiale : « Aujourd’hui ce lieu accueillant est en fête. Lusaka, la Zambie et le Malawi intronisent leur hiérarque, un enfant du Christ et de la Grèce bien méritant ».  Et de poursuivre : «vos pas, Monseigneur, du village Agios Kirikas de Zante jusqu’à l’église de Saint-Alexandre où nous nous trouvons aujourd’hui furent nombreux, courageux et impressionnants. Et je suis sûr que vos bonnes œuvres seront elles aussi nombreuses, courageuses et impressionnantes en ce lieu qui est un champ du Christ fertile malgré les nombreux et grands défis auxquels est confrontée la mission dans les pays où la majorité des gens n’ont même pas l’essentiel, ce qui dans d’autres pays est considéré comme un acquis. »
« Notre civilisation est l’œuvre de peu de gens. De gens qui ont en eux la flamme du don et du sacrifice ; qui se sont identifiés au destin des autres ; qui ont soumis l’intérêt personnel à l’intérêt général ; qui n’ont pas trahi leur destin ; qui ont vaincu le destin humain et vécu la beauté ultime d’un autre monde. C’est parmi ces gens que vous appartenez Monseigneur. Votre chemin est une croix lumineuse qui montre à nous tous qu’il n’existe de lumière plus brillante que la lucidité spirituelle et morale ; et qu’aux antipodes il n’existe de noirceur plus profond que la décomposition morale.
Votre chemin est une croix et la mitre que vous portez est une couronne d’épines, comme le saint martyr de la nation le métropolite Chrysostome de Smyrne avait prophétisé. »
M. Nikolopoulos conclut son allocution en souhaitant « bonne santé, longues années, patience et endurance. Je suis sûr », a-t-il poursuivi, « que l’enfant éclairé de Fior di Levante laissera son empreinte ineffaçable sur l’orthodoxie épanouie de Zambie et de Malawi. »

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Interview du patriarche Cyrille à la chaîne de télévision Russia today

Dans le courant de sa visite aux pays d’Amérique Latine, Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a accordé une interview exclusive à Ed Schulz, animateur de l’émission « Les informations avec Ed Schultz » sur la chaîne de télévision Russia Today.

  • La rencontre historique (avec le pape François de Rome, RT) a eu lieu ces derniers jours. Comment les chrétiens du monde entier doivent-ils interpréter cet évènement ? Cela signifie-t-il qu’une nouvelle ère commence pour la chrétienté ?
  • Je dirais que cette rencontre a certainement une grande importance. Il s’agit d’une tentative au plus haut niveau de comprendre ensemble où nous en sommes et où nous allons. La chrétienté, d’une part, la civilisation humaine de l’autre.
  • Pourquoi avoir choisi Cuba ?
  • Cette rencontre a eu une grande importance pour Cuba. Pour nous, c’était un endroit particulièrement judicieux. D’abord parce qu’il s’agit d’un pays de tradition catholique, mais dans les faits, c’est un pays laïc, avec une idéologie communiste. La Russie est traditionnellement un pays orthodoxe, mais nous sommes sortis du même contexte idéologique et politique. Moi qui suis né en Union soviétique, je comprends très bien Cuba.

Il y a un autre fait qui a sans doute été décisif dans le choix du lieu. Cuba permet d’envisager avec un certain recul nos divisions historiques, les conflits qui ont eu lieu dans le contexte européen. En choisissant Cuba, nous avons voulu dire : oui, nous connaissons notre lourd passé, mais nous le laissons là-bas, de côté. Et notre objectif principal est de regarder vers l’avenir ensemble. Voilà pourquoi nous avons choisi Cuba.

  • En Russie, on observe actuellement une renaissance du christianisme, que beaucoup d’Américains ne soupçonnent d’ailleurs même pas. Comment expliquez-vous cet intérêt pour la foi ?
  • Ce qui s’est passé en Russie dans les années 1990 et 2000, ce qui se produit aujourd’hui du point de vue de la renaissance de la foi, je l’explique par un seul mot : un miracle. Parce qu’après des décennies de domination du régime athée, on a vraiment assisté à une renaissance de la foi, de la foi religieuse. Et cette renaissance a concerné des couches différentes de la société : des gens simples, des gens instruits, l’intelligentsia, le milieu des affaires, le monde politique, tous ont aujourd’hui des liens avec l’Église. Nous voyons les gens justifier leur comportement par leurs convictions chrétiennes. C’est pourquoi nous avons constaté dans la déclaration commune avec le pape François que des changements stupéfiants se sont effectivement produits en Europe de l’Est. Peut-être ces changements ont-ils préparé la rencontre qui vient d’avoir lieu. Car l’Église russe, de même que l’Église catholique, sont capables d’avoir une vision global des évènements et de discuter ensemble des problèmes, ces problèmes auxquels font face les chrétiens et tout le genre humain.
  • Nous savons tous ce qui se passe aujourd’hui au Proche Orient et en Afrique du Nord, comment les chrétiens qui y vivent subissent des persécutions et sont même exterminés. Hier, avec le pape, vous avez appelé les chrétiens du monde entier à prêter attention à ce qui se passe. Que faut-il entreprendre pour arrêter cette catastrophe ? Ne croyez-vous pas que c’est tout simplement un devoir moral de l’humanité que de mettre fin à ces persécutions, à ces campagnes d’extermination des chrétiens ?
  • Ce qui se passe au Proche Orient est une tragédie. Le christianisme est apparu là-bas, au Proche Orient. Aujourd’hui, à cause des opérations militaires et à cause des terroristes, nous assistons à une diminution dramatique de la population chrétienne. Il s’agit bien, en effet, d’arrêter ce processus grâce aux efforts communs des églises aussi bien que ceux de tous les hommes capables de faire quoi que ce soit de positif. Il faut conserver la présence chrétienne au Proche Orient, en Afrique du Nord. Mais nous avons besoin de plus encore. Je suis fermement convaincu qu’il faut prévenir la déchristianisation de la société moderne par nos efforts communs, car, sous la pression du sécularisme qui devient tout simplement agressif dans certains pays, les chrétiens sont mis à l’écart de l’espace public. Et, dans un certain sens, on peut dire que les chrétiens ne se sentent pas à leur aise dans beaucoup de pays développés. Une certaine pression est exercée sur les chrétiens afin de limiter les manifestations de religiosité dans l’espace public. Tout cela témoigne de l’existence de phénomènes de crise très dangereux concernant la réalité chrétienne, la présence chrétienne. Je pense que le moment était bien choisi pour rencontrer le pape François, afin de discuter en profondeur et en détail de ce problème et en tirer des réflexions communes, celles énoncées dans le texte de la déclaration.
  • Ne croyez-vous pas que les grandes puissances ont aujourd’hui une responsabilité particulière, qu’elles ont l’obligation de s’interposer pour défendre les chrétiens ? Certes, la résolution des conflits par la voie militaire ne correspond pas exactement aux normes de la vie chrétienne, mais alors, comment doivent s’effectuer ces efforts ? Que faut-il entreprendre, à votre avis ?
  • La situation de la communauté chrétienne au Moyen Orient exige évidemment les efforts communs de tous ceux qui sont prêts à défendre les chrétiens. Et il est parfaitement évident qu’on ne peut pas seulement employer le dialogue et les exhortations verbales pour raisonner les terroristes, il faut avoir recours à la force. Parce que ce sont les terroristes qui détruisent les villages chrétiens, les monastères, les sanctuaires et les monuments historiques. Parce qu’ils agissent par la violence, la réponse de tous ceux qui sont intéressés non seulement à la conservation de la présence chrétienne, mais plus généralement à la paix dans ces lieux, doit aussi être de recourir à la force. C’est pourquoi il est aujourd’hui très important que la Russie, les États-Unis, d’autres pays d’Europe occidentale et certains pays arabes travaillent à atteindre ce but concret : faire cesser la guerre, liquider le terrorisme et, bien entendu, assurer au peuple la possibilité de se prononcer librement, que ce soit en Syrie ou en Irak, afin que ces pays puissent vivre dans la paix et la tranquillité, pour que tous les groupes religieux, musulmans ou chrétiens, puissent coexister en paix. On aura alors une garantie de paix au Proche Orient.
  • Comment doit-on résoudre la question de l’immigration d’un point de vue chrétien ? Que doivent faire les pays confrontés à ce problème ?
  • D’un point de vue humanitaire, d’un point de vue humain et, bien entendu, d’un point de vue chrétien, il faut aider ceux qui souffrent. Mais l’aide doit être adaptée. On peut simplement sortir de l’argent de sa poche et le donner. On peut donner à l’affamé un poisson, ou on peut lui donner une canne à pêche pour qu’il prenne son poisson lui-même. Il ne s’agit pas seulement d’aider, de soutenir, mais, avant tout, de liquider les causes de cet énorme afflux de réfugiés dans les pays européens. Et cette cause est, bien entendu, la déstabilisation de la situation politique au Proche Orient. C’est pourquoi tout doit être fait pour liquider au plus vite les conflits existants. Je le répète, tous ceux qui sont intéressés à la question doivent y travailler ensemble. En premier lieu les États-Unis, la Russie, l’Union européenne et les pays arabes. Il ne peut pas y avoir plusieurs coalitions poursuivant soi-disant un seul but, alors qu’on ne sait pas très bien en fait qui poursuit quel but. Si l’on y parvient, si tous les pays qui sont aujourd’hui inquiets de l’expansion du terrorisme parviendront à donner au terrorisme une réponse commune, cela amènera forcément à une stabilisation de la situation au Proche Orient, à l’arrêt du torrent de réfugiés. Et je suis certain que de nombreux réfugiés rentreront d’Europe. Voilà la seule voie qui, me semble-t-il, est réaliste.
  • Du point de vue américain, les relations entre la Russie et les États-Unis sont tendues à l’extrême. Pensez-vous que l’unité des chrétiens de l’Église orthodoxe et de l’Église catholique permettrait à nos pays de prendre conscience que leur refus de s’entendre sur des questions clé peut nous coûter très cher à tous?
  • Il faut tout faire pour changer radicalement les relations entre la Russie et les États-Unis en vue d’une amélioration. On doit comprendre clairement qu’il existe deux puissances qui peuvent se détruire l’une l’autre, qui peuvent détruire le monde par leur potentiel militaire. En aucun cas on ne doit admettre une grande guerre. Nous en avons parlé avec le pape François. Peut-être Dieu a-t-il fait que nous nous rencontrions maintenant, au moment précis où les nuages s’amoncellent au-dessus de la Syrie, alors qu’il existe une menace de confrontation entre des pays possédant un énorme potentiel de destruction. Il faut tout faire pour empêcher la guerre. Voilà notre premier objectif, celui des Américains et celui des Russes. Celui de tant de gens capables d’analyser froidement ce qui se passe. Quant aux relations russo-américaines, je me souviens des dures années de la guerre froide, alors que le monde était au bord de l’éclatement d’une guerre. Mais les chrétiens des États-Unis et d’Union soviétique ont trouvé le moyen de se rencontrer et de travailler ensemble pour un avenir meilleur. Nous avons eu des contacts très intensifs avec la communauté chrétienne des États-Unis. Il y a eu des échanges de délégations, des conférences communes. Nous avons élaboré une approche commune, une approche chrétienne des problèmes qui divisaient l’Union Soviétique et les États-Unis. Pourquoi ne pas le faire aujourd’hui ? Pourquoi sommes-nous si éloignés les uns des autres ? Pourtant, la plupart des habitants des États-Unis sont des chrétiens, ils professent les mêmes valeurs, ils appartiennent à la famille chrétienne. Nous devons utiliser ce fait, cette circonstance, pour bâtir des ponts au lieu d’élargir le fossé existant. Alors, ce soutien public venant d’en bas, des simples citoyens, des représentants des organisations religieuses, des églises, aidera à former un climat influant positivement sur ceux dont dépend la politique étrangère de nos pays.
  • Que faut-il faire pour refouler le terrorisme et y mettre fin ? Car l’humanité est aujourd’hui confrontée à un terrorisme à un tout autre niveau : un terrorisme qui utilise les technologies contemporaines. On a l’impression qu’on ne peut pas vaincre le terrorisme par la force armée. Comment le vaincre ?
  • Il faut essayer de comprendre les raisons qui incitent des gens honnêtes à se faire terroristes. Je réfléchis sans cesse au fait qu’il y a, certes, des leaders terroristes qui se sont donnés des objectifs politiques et pensent qu’il est plus simple de les atteindre au moyen du terrorisme : faire sauter des gens honnêtes et parfaitement innocents, susciter des réactions de panique, détruire la stabilité. Cela s’appelle la tactique ou la stratégie du terrorisme. Mais ce sont des gens simples qui en font sauter d’autres, des gens qu’on recrute pour des actes terroristes. Je me pose donc la question : comment recruter une personne, souvent honnête, et en faire un terroriste ? J’ai beaucoup réfléchi à la question et me suis convaincu qu’on recrute les gens en utilisant des idées très nobles. Pour envoyer quelqu’un à la mort, causer la mort d’autres hommes, il faut qu’il soit très fortement motivé. Quelle peut être cette motivation ? En deux mots, la voici : « Le monde est plongé dans le mal. La civilisation occidentale contemporaine, voilà la mal. Dieu en est exclu, le monde est transformé en un monde satanique privé de Dieu. Toi seul, par ton exploit, peut contribuer à la victoire sur le mal. C’est ton devoir religieux. Tu combats les forces obscures, tu luttes contre le diable. Tu es du côté de Dieu et de la lumière ». C’est ainsi que certains prédicateurs islamiques s’adressent à leurs fidèles après la prière du vendredi. Peut-être n’avaient-ils pas l’idée de prendre une bombe ou une arme et d’aller tuer. Mais ils sont inspirés par ces paroles et se considèrent comme des combattants pour la vérité de Dieu contre ce monde horrible qui peut anéantir l’islam.

Donc, pour vaincre le terrorisme, il faut que nous changions. Le terrorisme c’est avant tout un défi philosophique. Nous devons prendre conscience de ce qui se passe dans les consciences de ceux qui prennent les armes pour lutter au nom de Dieu. Je suis profondément convaincu que le développement de la civilisation humaine qui aujourd’hui passe, malheureusement, par le refus de Dieu, de la loi divine et morale, est la force qui provoque le phénomène du terrorisme. Il est très important que nous parvenions à un consensus moral global. Sur quelle base les gens peuvent-ils vivre ensemble ? Sur la base de certaines valeurs communes. Comment s’entendre sur des valeurs communes quand nous avons différents partis politiques, différents systèmes philosophiques, différents systèmes religieux ? Comment arriver à un consensus global ? Il n’y a qu’un moyen : il faut prendre le sens moral pour base de ce consensus. Le sens moral, la nature morale a été inscrite par Dieu dans l’âme humaine. Pour vous, américain, comme pour moi, russe, ce sont les mêmes notions morales. Si nous allions en Papouasie Nouvelle-Guinée, nous y trouverions au fond de l’âme humaine ces mêmes notions morales.

Ce n’est pas lutter contre ce sens moral, qu’il faut, y compris en votant des lois allant contre la moralité traditionnelle, mais en s’entendant sur ces valeurs morales communes et bâtir une civilisation commune sur la base de ce consensus. Dans cette civilisation, il n’y aura pas place pour le terrorisme, et si quelqu’un tente d’utiliser les hommes pour faire du mal aux autres, cela lui sera difficile, car ces appels iront contre les concepts communs de bien et de mal. Nous devons tenter tous ensemble de bâtir une civilisation nouvelle, globale, sur la base d’un consensus moral commun. Je crois que cela est possible.

En ce sens, ma rencontre avec le pape François a été très importante. Les deux plus grandes Églises du monde, en la personne de leurs primats, se sont rencontrées pour mettre leurs pendules à l’heure, pour parler des mêmes problèmes, chacun de son point de vue. Et nous nous sommes convaincus qu’il est possible de parvenir à une réponse commune et, peut-être, je vais vous étonner, cela est-il facile à obtenir. Parce que les deux interlocuteurs partaient du même consensus moral : la foi en notre Seigneur Jésus-Christ, en Ses commandements, en Ses lois. Mais ces commandements et ces lois existent dans le monde musulman, et même dans l’humanisme laïc, en tout cas à une certaine étape du développement de l’humanisme c’était le cas. Si nous prenons la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle contient une référence à la morale comme pouvant limiter les droits de l’homme. Aujourd’hui, il n’existe plus aucune référence à la limitation de la liberté humaine par la morale. Malheureusement, nous nous éloignons de plus en plus de ce qui nous unissait au niveau ontologique le plus profond. Je pense que si cette division se poursuit, les perspectives de l’humanité sont très mauvaises. Nous ne pouvons pas vivre sur une petite planète en étant déchirés par de profondes contradictions au niveau ontologique. Je présume que ma rencontre avec le saint pontife a apporté une modeste contribution à la formation de ce futur consensus moral pour tous les hommes.

  • Le pape François est déjà intervenu devant le Congrès américain. Ne voudriez-vous pas parler devant le Congrès ?
  • Je suis prêt à parler devant n’importe quel auditoire. J’ai eu à intervenir devant des parlements, devant des gouvernements, je parle aux fidèles chaque dimanche. Je suis ouvert à tout échange, et je pense qu’en principe ce ne serait pas mal si j’avais cette possibilité.
  • Pensez-vous que vous rencontrerez de nouveau le pape François ?
  • Je ne l’exclus pas. C’est possible. Nous ne nous sommes pas entendus sur d’autres rencontres, mais s’il y en a eu une, il peut y en avoir une deuxième et une troisième.

Dispute et contestation pour la propriété du cimetière orthodoxe russe de Caucade à Nice

Photo0203L’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale a publié un communiqué qui proteste vigoureusement contre la tentative de la Fédération de Russie de s’approprier le cimetière orthodoxe russe de Caucade à Nice ces derniers jours. Les faits sont relatés dans le communiqué susmentionné et sur le weblog de l’Acor-Nice, des photographies (dont celle ci-contre) sont en ligne ici.

Réflexions de l’archiprêtre Vsevolod Tchapline sur la rencontre du patriarche de Moscou Cyrille et du pape François

Sous le titre « Une conciliarité de couloirs », l’archiprêtre Vsevolod Tchapline, ancien président du département synodal de l’Église orthodoxe russe pour les rapports entre Église et société, a critiqué sur son blog l’absence de conciliarité dans l’Église orthodoxe russe relativement à la rédaction de la récente déclaration commune du patriarche Cyrille et du pape François :

« Le métropolite Hilarion a déclaré que, dans l’Église russe, deux hommes seulement étaient au courant de la préparation et du contenu de la déclaration du patriarche et du pape. Ces deux hommes, et seulement eux, pouvaient apporter des corrections au document. « La déclaration », dit le métropolite, « a été préparée dans un cadre de stricte confidentialité. Du côté de l’Église russe, c’est moi-même qui ai participé à la préparation du texte, du côté de l’Église catholique-romaine, le cardinal Koch. Même mes plus proches collaborateurs au département des relations ecclésiastiques extérieures, qui s’occupent de la thématique catholique, et ce jusqu’aux derniers jours, ne savaient rien ni sur le texte de la déclaration, ni sur la rencontre qui se préparait. Les véritables auteurs de la déclaration sont le patriarche et le pape. C’est précisément leur vision de la situation qui se trouvait à la base du texte. Dès le début de l’automne, le patriarche a partagé avec moi les idées de base, concernant la thématique de la déclaration. Ensuite, j’ai rencontré le pape François et j’ai parlé du contenu général du document avec lui. Ensuite, le texte a été fixé par écrit, il a été ajusté, à plusieurs reprises, et par le patriarche et – par l’intermédiaire du cardinal Koch – avec le pape ». La question se pose : comment cela s’accorde-t-il avec le 34è canon des saints Apôtres, où il est dit que le premier évêque d’une région ne doit rien faire « sans l’avis de tous » ? Et comment cela s’accorde-t-il avec les statuts de l’Église orthodoxe russe, où il est affirmé que le patriarche dirige l’Église « avec le Saint-Synode » (et non pas avec un seul de ses membres) ? Entre autres, les relations du patriarche et du Synode sont déterminées par le 34ème canon susmentionné, comme il est dit dans un texte critique (cf.). avec lequel je ne suis pas d’accord, sur de nombreux points, notamment lorsqu’il affirme que notre patriarche n’aurait soi-disant pas le droit de parler avec le pape sur un pied d’égalité. Au demeurant, sur le site « Pravoslavie.ru » a été publiée une évaluation très critique du projet de document du Concile panorthodoxe sur les relations « avec le reste du monde chrétien » par le métropolite de Limassol Athanase (Église de Chypre). Merci à Mgr Tikhon [recteur du monastère Sretensky de Moscou, lequel a publié ledit article] pour ce pas courageux – la publication de ce texte. Je suis convaincu qu’il faut obtenir la discussion dans l’Église russe du projet du document sur les relations avec hétérodoxes. Il est possible et il est nécessaire de mener une discussion sous n’importe quelle forme – avec la participation des autorités ecclésiastiques ou sans elle. À ce sujet, est-ce que notre commission inter-conciliaire se réunira – ne serait-ce qu’une fois – avant le Concile panorthodoxe ?

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Le monastère de David Garedja (Géorgie) sera restauré

David GaredjiLa division du Fonds de développement municipal du ministère du Développement régional et des infrastructures se prépare à réaliser la restauration du complexe monastique David Gareja (VIème siècle), avec le soutien de la Banque mondiale et du gouvernement géorgien. Le projet a pour but de contribuer à la préservation de l’héritage culturel et de contribuer au développement de l’infrastructure touristique en Géorgie. David Garedja est un ensemble monastique qui se situe dans la région de Kakheti, en Géorgie orientale, sur les pentes quasi-désertiques du Mont Garedja, non loin de la frontière avec l’Azebaïdjan. Le complexe comprend des centaines de cellules monastiques, des églises, des chapelles, des réfectoires et des habitations creusées dans le roc. Le projet prévoit l’alimentation en eau et en électricité, l’évacuation des eaux usées, la restauration des façades des cellules dans le complexe monastique, l’aménagement des abords et un centre pour les visiteurs avec un parking. Le projet coûtera 1 million de lari géorgiens (environ 400.000 €) et emploiera 30 personnes.

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Le Saint-Synode de l’Église de Grèce a démenti « les raisons personnelles » justifiant l’absence de l’archevêque d’Athènes à la synaxe des primats orthodoxes

Le Saint-Synode de l’Église de Grèce a démenti « les raisons personnelles » justifiant l’absence de l’archevêque d’Athènes à la synaxe des primats orthodoxes et mentionnées dans le communiqué officiel de celle-ci.
Rappelons que le communiqué de la synaxe des primats, réunie au mois de janvier 2016, mentionnait que l’archevêque Jérôme en était absent « pour des raisons personnelles », ce que le Saint-Synode de l’Église de Grèce a démenti lors de sa récente session. Suite à cela, en date du 19 février, le Patriarcat œcuménique a publié le communiqué suivant : « En raison des publications répétées concernant le communiqué de la synaxe des primats orthodoxes tenue récemment à Genève et faisant référence à l’absence à celle-ci de S.B. l’archevêque d’Athènes pour des raisons personnelles (que le Patriarcat œcuménique respecte, quelles qu’elles soient), nous publions, sur décision synodale, telle quelle, la lettre [N°5822 du 8 décembre 2015] de Sa Béatitude [i.e. l’archevêque d’Athènes] en vue de confirmer l’affirmation susmentionnée : « Toute-sainteté, archevêque de Constantinople la Nouvelle Rome et patriarche œcuménique, très cher frère et concélébrant de notre humilité, seigneur Bartholomée, embrassant votre Toute-sainteté dans le Seigneur, nous vous communiquons volontiers ce qui suit. En réponse aux lettres patriarcales N°1081/14.11.2015 et 1114/27.11.2015, par décision synodale, prise lors de la session du Synode permanent du 8 décembre de cette année, nous communiquons à Votre Sainteté que :

1epistoli°) l’Église orthodoxe de Grèce, à la commission spéciale inter-orthodoxe, convoquée à Athènes du 15 au 19 décembre de cette année, sera représentée par le métropolite Chrysostome de Peristerion, et le métropolite Ignace de Dimitrias et Almyros ;
2°) au titre de la convocation de la sainte synaxe des primats orthodoxes du 21 au 28 janvier 2016 à Chambésy en Suisse, notre humilité étant empêchée d’y participer pour des raisons personnelles, les représentants du Saint-Synode de l’Église de Grèce ont été désignés comme suit : Leurs Éminences le métropolite de Karystia et Skyros Séraphim, le métropolite de Peristerion Chrysostome et le métropolite de Messinia Chrysostome, accompagnés du révérend archimandrite Ignace Sotiriadis, secrétaire de notre commission synodale pour les relations inter-orthodoxes et interchrétiennes. En outre, ayant la conviction que la participation de ces distingués représentants de notre sainte Église fera avancer positivement l’œuvre des éminentes synaxes susmentionnées, nous souhaitons chaleureusement, par avance, Dieu voulant, leur succès, et nous embrassons Votre Toute Sainteté très-aimée et pleine de sagesse. Votre frère aimé en Christ, +Jérôme II d’Athènes, président du Saint-Synode ». Suite à cette publication, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Grèce a procédé au communiqué suivant, le 20 février 2016 : « Pour la meilleure information des médias électroniques, relativement à leurs publications concernant la représentation de l’Église de Grèce à la synaxe des primats à Genève, et afin de ne pas créer d’impressions erronées, nous vous envoyons une copie exacte, tirée des archives du Saint-Synode, de la lettre de celui-ci, en date du 13 janvier 2016, concernant la représentation de notre Église à la synaxe des primats, qui a eu lieu du 21 au 28 janvier à Genève. « Des raisons personnelles » relatives à l’absence de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme II à la synaxe susmentionnée n’y sont pas mentionnées, du fait que les circonstances, entre temps, ne s’y prêtaient pas. Il va de soi que les positions définitives de l’expéditeur sont constituées par sa dernière lettre et non par quelque lettre intermédiaire » : « Toute-sainteté, archevêque de Constantinople la Nouvelle Rome et patriarche œcuménique, très cher frère et concélébrant de notre humilité, seigneur Bartholomée, embrassant votre Toute-Sainteté dans le Seigneur, nous vous communiquons volontiers ce qui suit : suite à notre lettre N°5822 et notre acte synodal du 8 décembre 2015 ainsi qu’à votre lettre patriarcale N°8/1.1.2016, par la décision synodale prise lors de la session du Synode permanent du 13 janvier de cette année, nous informons votre Toute-Sainteté que, au titre de la convocation de la sainte synaxe des primats orthodoxes du 21 au 28 janvier 2016 à Chambésy en Suisse, notre humilité étant empêchée d’y participer, le représentant du Saint-Synode a été désigné en la personne de S.E. le métropolite d’Ilia Germain, accompagné de leurs Éminences les métropolites de Peristerion Chrysostome et de Messinia Chrysostome. En outre, ayant la conviction que la participation de la représentation susmentionnée de notre sainte Église fera avancer positivement l’œuvre de l’éminente synaxe susmentionnée, nous souhaitons chaleureusement, par avance, Dieu voulant, son succès, nous embrassons Votre Toute Sainteté très-aimée et pleine de sagesse ». Par conséquent, le Saint-Synode de l’Église de Grèce considère que le Patriarcat œcuménique aurait dû publier la dernière lettre de l’archevêque d’Athènes, celle-ci ne mentionnant plus « les raisons personnelles » et constituant la seule lettre faisant foi. Selon le site Orthodoxia.gr, il existe encore une troisième lettre, qui aurait été écrite sur la même question entre les deux lettres susmentionnées et qui, de même, ne mentionne aucune « raison personnelle ».

Sources : 12. et 3.

Vidéo de la conférence de Bertrand Vergely : “La foi” – lundi 15 février

Lundi 15 février, Bertrand Vergely, a donné la 18e conférence – “La foi ” de sa troisième série de conférences intitulée : «Morale et théologie. Introduction à la théologie morale ». Les vidéos de la troisième série sont disponibles à cette page ! Vous pouvez regarder en ligne les conférences de la première série de conférences  et la deuxième.

Extrait de la conférence :

La conférence dans son intégralité :

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Le ministère ukrainien des Cultes a autorisé « le Patriarcat de Kiev » a célébrer les offices sur le territoire de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev

Le ministère ukrainien des Cultes a autorisé l’entité schismatique dite « Patriarcat de Kiev » a célébrer les offices sur le territoire du musée « Sophie de Kiev » (c’est-à-dire l’ancienne cathédrale convertie en musée), ce qui a été annoncé par le ministre de la Culture Vyatcheslav Kirilenko. Il est question de célébrer les offices dans l’église dite « du réfectoire », ce dont les schismatiques ont fait la demande au ministère des Cultes. « Nous avons examiné cette demande et n’avons pas trouvé de raison de ne pas la satisfaire », a déclaré le ministre au cours des questions du parlement au gouvernement. « L’église du réfectoire» ou « Petite Sophie », est située en face de la façade de la cathédrale principale. Elle a été construite dans les années 1722-1730 et constitue l’une des structures principales de l’ensemble monastique Sainte-Sophie. Le ministre de la culture V. Kirilenko est l’un des membres actifs du Conseil ecclésiastique supérieur (organe consultatif) du « Patriarcat de Kiev ».

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La paroisse orthodoxe polonaise de Bruxelles a obtenu une nouvelle église

La paroisse orthodoxe d’expression polonaise, créée l’année dernière sous la juridiction de l’archevêché de Belgique (Patriarcat de Constantinople), vient d’acquérir une nouvelle église dédiée à « La naissance de la sainte Vierge Marie ». C’est le dimanche 14 février 2016 que son éminence le métropolite Athénagoras de Belgique a célébré la première divine liturgie dans l’église nouvellement acquise.

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Le jour de la fête de saint Nicolas du Japon, l’ambassadeur japonais à Kiev a rendu visite à la Laure de Sviatogorsk, en Ukraine

Dans le cadre du projet « Rétablissement économique et social du Donbass » financé par le gouvernement japonais, le programme de développement de l’ONU (PNUD) reconstruit 20 sites d’infrastructure soit économique, soit sociale dans la région. L’un des sites à caractère social retenu pour sa reconstruction est l’école de musique de la ville de Sviatogorsk.

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L’Église orthodoxe russe appelle les fidèles à rejeter les craintes d’une fusion des Églises orthodoxe et catholique après la rencontre de Cuba

Le chef du département des affaires ecclésiastiques extérieures, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a appelé les fidèles à ne pas présumer que la rencontre du patriarche et du pape amènerait à une fusion de l’Église orthodoxe avec l’Église catholique. Dans une interview à « Interfax-Religia », il s’est efforcé de répondre aux craintes de cette partie des fidèles qui est préoccupée par une telle perspective. « Avant tout, je voudrais leur conseiller de lire attentivement la déclaration du pape et du patriarche ; elle montre quels thèmes ont été abordés au cours de la discussion. Il n’y avait là aucune tentative de rapprochement doctrinal ou même une discussion sur quelques questions dogmatiques ou théologiques. Maintenant aussi, une telle discussion n’est pas à l’ordre du jour » a déclaré le métropolite. Celui-ci a expliqué qu’il ne s’agit pas maintenant de surmonter la division historique entre les Églises, mais « d’apprendre à vivre et à agir dans ce monde non comme des concurrents, mais comme des frères, afin de défendre ensemble ces valeurs qui sont nous sont communes ». Le métropolite a mentionné à ce sujet les paroles du leader cubain Raoul Castro au cours de sa rencontre avec le patriarche Cyrille, alors que celui-ci évoquait sa rencontre à venir avec le pape : « Le président Raoul a rappelé le proverbe selon lequel chaque route, même la plus longue, commence avec le premier pas ». Le métropolite ajouté : « Ce premier pas a été fait, et maintenant, j’espère que sur cette longue route, les croyants des deux traditions chemineront ensemble, sans pour autant entrer dans quelque compromis avec leur conscience, sans entrer dans des compromis doctrinaux, mais en défendant ce qui nous est commun ».

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Les patriarches de Jérusalem et d’Antioche vont se rencontrer à Chypre pour résoudre leur différend

Les patriarches d’Antioche et de Jérusalem, sur l’initiative de l’archevêque de Chypre Chrysostome, se rencontreront à Chypre, où il siègeront à huis clos, afin de résoudre les différends entre les deux Patriarcats. Le patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique Théodore, qui, dans la matinée du 17 février, a rencontré le président chypriote Nikos Anastasiadis, accompagné par l’archevêque Chrysostome, a exprimé le souhait que le problème soit résolu. Questionné au sujet du différend existant entre les Patriarcats de Jérusalem et d’Antioche concernant la juridiction sur le Qatar, le patriarche d’Alexandrie a déclaré que cette question avait été déjà discutée lors de la Synaxe des Primats à Genève. À cette occasion, l’archevêque de Chypre avait pris l’initiative d’inviter les patriarches d’Antioche et de Jérusalem, ainsi que le patriarche d’Alexandrie, à siéger au palais archiépiscopal de Nicosie et ce à huis clos afin de trouver une solution. « Je crois que lorsque l’on ouvrira les portes, nous aurons résolu le problème de telle façon que, réconciliés, nous irons au Saint et Grand Concile le 19 juin en Crète » a déclaré le patriarche d’Alexandrie.

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Une parlementaire turque a reçu le baptême orthodoxe

Le journaliste turc Ünsal Ergel a révélé dans la presse que la députée d’Izmir (l’ancienne Smyrne) et représentante du Parti républicain du peuple (CHP) – le deuxième parti au parlement turc – Mme Selin Saye Böke, a été baptisée orthodoxe. Dans une interview donnée au journaliste qui lui demandait si elle était chrétienne, elle a reconnu avoir été baptisée. Mme Selin Saye Böke provient d’une famille connue de professeurs d’université originaire d’Hatay, une région frontalière de la Syrie, où ont vécu et vivent encore beaucoup de chrétiens orthodoxes arabophones. La députée a été baptisée en l’église orthodoxe d’Alexandrette, aujourd’hui İskenderun, qui dépend du Patriarcat d’Antioche, dont le siège est à Damas. La parlementaire, malgré les oppositions à l’intérieur de son parti, n’a pas hésité à recevoir le baptême, mais aussi à l’annoncer publiquement.

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Réactions dans l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine au sujet de la déclaration commune du pape François et du patriarche de Moscou Cyrille

La déclaration commune du pape de Rome François et du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille « n’a pas été une chose simple pour le Vatican », a déclaré le nonce apostolique en Ukraine, Mgr Claudio Gugerotti. Après l’office en la cathédrale de Kiev de l’Église gréco-catholique (uniate), celui-ci s’est adressé à l’assistance par une allocution, dans laquelle il a abordé le thème de la récente rencontre du patriarche et du pape à La Havane. 

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Le catholicos-patriarche de Géorgie Élie II se rendra en Roumanie pour le 300ème anniversaire du trépas de saint Anthime l’Ibère

Le 11 février 2015, le catholicos-patriarche de Géorgie Élie II a reçu le chef du bureau du Conseil de l’Europe en Géorgie, Cristian Urse. Au cours de l’entretien, le patriarche a déclaré qu’il était nécessaire « de tout faire, afin que la Géorgie devienne un membre actif des structures démocratiques de l’Europe ». De son côté, Cristian Urse a mentionné, qu’en tant que diplomate roumain, il comprend à la perfection le rôle de l’Église orthodoxe en Géorgie ainsi que l’importance du patriarche pour un pays orthodoxe. Ce faisant, le diplomate roumain a souligné que le Conseil de l’Europe respecte les droits de l’homme fondamentaux. « De notre côté, nous faisons également tout pour que la Géorgie devienne membre des structures européennes », a-t-il ajouté. Le primat de l’Église orthodoxe de Géorgie a informé son interlocuteur que, cette année, le 300ème anniversaire de St Anthime l’Ibère sera commémoré en Roumanie. « Nous avons eu une rencontre à Genève avec Sa Sainteté, le patriarche de Roumanie. Il m’a invité à participer aux manifestations organisées à cette occasion, et nous nous préparons à cette visite en Roumanie » a conclu le patriarche Élie II. Né en 1650 dans le Sud de la Géorgie, Anthime l’Ibère, après avoir aidé à la création d’une imprimerie en Russie, fut fait prisonnier par des bandits au Daghestan, puis libéré, après avoir été racheté par le patriarche de Jérusalem Dosithée II. Vers 1690, sur l’invitation du prince Constantin Brâncoveanu, il partit en Valachie, où il fit installer une imprimerie. Grâce à cela, la principauté devint un centre de l’Orthodoxie, fournissant des livres à tout l’Orient chrétien. En 1709, il créa également une imprimerie à Tbilissi. Montrant son intérêt envers son pays d’adoption, il participa à l’introduction de la langue roumaine dans les offices liturgiques. Sacré évêque en 1705, il fut élevé au rang de métropolite de Hongro-Valachie et fit construire plus d’une vingtaine d’églises et monastères. Après la destitution et la décapitation par les Turcs de Constantin Brâncoveanu, le successeur de celui-ci, Nicolas Mavrocordato, mécontent de l’attitude du hiérarque envers lui, obtint du Phanar la réduction à l’état laïc de celui-ci et son exil au Sinaï. Toutefois, Anthime fut assassiné par les Turcs en chemin, près de Gallipoli, en 1716. Il a été canonisé en 1992 par le Patriarcat de Roumanie.

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Première réunion du groupe de travail pour la coordination de la mission de l’Église orthodoxe russe aux Philippines

Une première réunion du groupe de travail pour l’organisation, le soutien et la coordination de l’activité missionnaire de l’Église orthodoxe russe aux Philippines, créé avec la bénédiction du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, a eu lieu le 10 février 2016 au Département des relations ecclésiastiques extérieures (DREE) du Patriarcat de Moscou.

La réunion était présidée par le métropolite Jean de Belgorod et de Stary Oskol, président du Département synodal des missions. Prenaient part à la rencontre : l’évêque Antoine de Bogorodsk, chef de la Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger, l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, l’higoumène Sérapion (Mitko), vice-président du Département synodal des missions, le prêtre Georges Maximov, clerc moscovite, le prêtre Stanislav Raspoutine, direction du Département missionnaire du diocèse de Petrozavodsk, le hiéromoine Philippe (Balinguit), chef du doyenné des Philippines du diocèse d’Australie et de Nouvelle Zélande de l’Église russe hors-frontières, le hiéromoine Léon (Skliarov), secrétaire de presse du Département synodal des missions, le prêtre Ioann Moroz, du même département, et D. Petrovski, du DREE.

Il a été question de l’organisation de la mission aux Philippines et du rétablissement de la présence historique de l’Église orthodoxe russe dans ce pays.

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Le patriarche œcuménique a célébré en l’église de Krini (Çeşme) en Asie Mineure

Pour la première fois depuis 94 ans a eu lieu la liturgie en l’église, récemment restaurée, de Saint-Charalambos à Krini, actuellement Çeşme, en Asie Mineure. Le patriarche était assisté des métropolites de Chios Marc et d’Adrianoupolis Amphiloque. Le maire de Çeşme était présent et a accueilli chaleureusement le patriarche œcuménique Bartholomée devant cette église historique. Étaient également présents le consul général de Grèce à Smyrne, Theodoros Tsakiris, le maire de Chios Manolis Vournous, le président de la chambre de commerce de Smyrne, le député de Chios Andreas Michaelidis, l’archimandrite Cyrille Sykis, recteur de la communauté orthodoxe de Smyrne, des représentants des associations d’originaires d’Asie Mineure et un grand nombre de fidèles venus de Smyrne et de Chios. L’église Saint-Charalambos a été bâtie en 1832 et reste aujourd’hui un ornement architectural de la ville de Çeşme. Dans son homélie, le patriarche a souligné l’importance donnée par le Patriarcat œcuménique à sa présence sur la Terre d’Asie Mineure « dans laquelle tant d’événements historiques ont eu lieu dès les premiers instants de la fondation de l’Église chrétienne. On peut assurément exprimer que l’Asie mineure constitue le deuxième « lieu saint » du christianisme ». Le patriarche a également qualifié cette région « de pont d’amour, d’unité et de coopération entre les deux peuples voisins, les peuples turc et grec, mais également entre les autres peuples de ce monde, en faisant connaître ses saints lieux de pèlerinage qui constituent des pôles d’attraction des chrétiens du monde entier ».

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Célébration de la fête des Trois saints hiérarques par les professeurs et étudiants de théologie de Bucarest

Le jour de la fête des Trois saints hiérarques, Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, le 30 janvier, la Faculté de théologie orthodoxe « Patriarche Justinien » a honoré ses saints protecteurs en présence du patriarche de Roumanie Daniel. Les Trois saints hiérarques sont les protecteurs des institutions d’enseignement théologique orthodoxe dans le monde entier. Ce jour a été institué en 1936 au Congrès mondial des facultés de théologie à Athènes. Dans l’aula Dumitru Stăniloae de la faculté a eu lieu un concert de musique religieuse donné par le chœur d’hommes de la faculté de théologie « Patriarche Justinien ». Le musicien Grigore Leşe était également présent et a interprété quelques pièces musicales. Ensuite a eu lieu la présentation de l’annuaire de la faculté pour l’année 2015. Dans son allocution, le patriarche de l’Église orthodoxe roumaine a mentionné que ce volume devait être recommandé aussi aux paroisses, parce qu’il contient plusieurs études concernant l’éducation des jeunes. Le patriarche a souligné que les Trois saints Hiérarques sont un modèle de hiérarques missionnaires qui allient foi et culture. « C’est un jour plein de joie pour nous, et assurément, une grande joie que soit lancé ce nouvel annuaire. Vous avez un grand nombre d’études concernant l’éducation des jeunes, aussi il doit être recommandé également à nos paroisses, parce qu’il s’y trouve beaucoup de choses importantes pour l’éducation des jeunes, qui ont été rédigées suite à la coopération entre la famille, l’école et l’Église. Cette fête des Trois saints hiérarques n’existait pas jusqu’au XIème siècle et elle a été instituée suite à une vision, un rêve, un message céleste et ce sur la demande et sur l’ordre des Trois hiérarques eux-mêmes. Cette fête était nécessaire pour rétablir la paix dans la communauté chrétienne, la communion ecclésiale elle-même. En 1936, au premier congrès des écoles théologiques, il a été décidé que les Trois saints hiérarques, qui sont des modèles, des maîtres et docteurs de la foi et de la vie chrétienne, deviennent les protecteurs, les saints patrons de toutes les écoles de théologie orthodoxe. La motivation principale était celle-ci : ils sont des exemples de hiérarques missionnaires, combinant foi et culture. La fête d’aujourd’hui nous enseigne que tous les hommes de valeur le sont pour l’Église entière ». Pour les professeurs et les étudiants de théologie de la capitale roumaine, la fête a commencé par la liturgie, célébrée en l’église Saint-Spyridon-le-Nouveau, chapelle patriarcale, par l’évêque vicaire Barlaam de Ploieşti, assisté d’un grand nombre de prêtres professeurs de la faculté. À l’issue de la liturgie a été célébré un office de requiem pour les professeurs et étudiants de la faculté qui sont décédés.

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Déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Déclaration commune

du pape François

et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

  1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, pape François et Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

  1. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

  1. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).
  1. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».
  1. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn17, 21).
  1. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !
  1. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.
  1. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.
  1. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.
  1. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

  1. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

  1. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).
  1. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).
  1. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.
  1. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.
  1. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.
  1. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.
  1. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).
  1. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.
  1. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.
  1. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu(cf. Gn 4, 10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

  1. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

 

  1. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez lalumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.
  1. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

  1. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.
  1. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.
  1. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.
  1. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.
  1. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

  1. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !
Kirill

Patriarche de Moscou

et de toutes la RussieFrançois

Évêque de Rome,

Pape de l’Eglise catholique

La séance solennelle de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge du 7 février

Plus de 150 personnes ont assisté, le 7 février dernier, à la séance solennelle de l’Institut Saint-Serge, (lire le compte-rendu de l’évènement). Nous vous invitons à regarder le discours de Mgr Emmanuel, métropolite de France, le rapport moral du doyen de l’Institut, l’archiprêtre Nicolas Cernokrak, ainsi que le discours académique de Jean-François Colosimo, « L’École de Paris face au XXIe siècle ».

Discours de Mgr Emmanuel :

Discours du P. Nicolas Cernokrak :

Discours de Jean-François Colosimo – « L’École de Paris face au XXIe siècle » :

Le métropolite de Kiev Onuphre à évoqué « les tentations au moment de la prière » à la Laure des Grottes

Dans son homélie dominicale à la laure des Grottes de Kiev, le 7 février, le métropolite de Kiev Onuphre a évoqué le thème de la prière, ce qu’elle doit être. Ce jour était lu le récit évangélique de la guérison de l’aveugle par le Seigneur (Lc 18, 35-43). Ce récit, a souligné le métropolite Onuphre nous enseigne à prier comme il se doit. Premièrement, en invoquant le nom du Seigneur Jésus-Christ, il est important de se rappeler que nous confessons Dieu dans la personne du Sauveur. « Aie pitié de moi » est dit seulement à Dieu. Seul Dieu peut faire miséricorde ». La deuxième chose que l’on apprend chez l’aveugle qui a recouvré la vue, c’est son humilité. « Il ne dit pas « Seigneur, je veux voir, donne-moi le plus vite possible de voir ». Il dit « Aie pitié de moi ! » Et, comme le mentionne le métropolite Onuphre, c’est précisément cette construction de la prière qui est correcte. « Nous avons beaucoup de besoins : la santé, le pain, l’eau, le logement, et d’autres conditions nécessaires pour la vie. Mais lorsque nous demandons à Dieu de satisfaire nos besoins, nous ne devons pas les mettre à la première place » a déclaré le métropolite, « ce que nous devons demander en premier lieu est « Seigneur aie pitié de moi ! » La troisième condition importante de la prière correcte, a dit également le métropolite, est la constance. « L’aveugle a commencé à s’écrier « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! », et à ce moment, ceux qui marchaient devant le faisaient taire. L’homme qui a tant soit peu l’expérience de la prière sait que, dès qu’il commence à prier, pour réciter les prières du matin et du soir, ou encore lire un cathisme du psautier ou un chapitre de l’Évangile, à ce moment même il ressent une agitation interne. C’est précisément à ce moment que nous nous rappelons souvent qu’il est urgent de faire quelque chose – téléphoner à quelqu’un, quelque chose à emporter, quelque chose à transporter. C’est alors qu’apparaissent des milliers d’obligations urgentes » a poursuivi le métropolite au sujet des tentations qui se dresse sur le cheminement de l’homme qui s’efforce d’élever ses prières à Dieu. L’archipasteur a ensuite souligné qu’il fallait chasser ces pensées. « L’homme qui subit cette pression et ne fait rien jusqu’à ce qu’il ait terminé la prière, s’aperçoit qu’à la fin de la prière il ne se souvient plus de ces affaires « importantes ». Il n’aura plus besoin de téléphoner où de se hâter d’aller quelque part ou apporter quelque chose, a dit le métropolite. « Il est important que l’homme soit insistant, il ne doit pas écouter les pensées qui le forcent à cesser la prière ». Le métropolite a rappelé également qu’il faut essayer de prier constamment – en voyage, au moment du repos ou du travail. « La prière est le souffle de l’âme. Nous savons que si la respiration s’interrompt, l’homme meurt. Il en est de même de l’âme si elle est privée de la prière, elle meurt, elle devient insensible, froide » a poursuivi le primat, qui a conclu : « Au cours de la journée, on peut réciter de courtes prières que propose la sainte Église. La prière humble, pénitente, fondée sur la foi juste, devient pour l’homme ce bouclier qui le protège de tout mal dans le monde ».

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L’Église orthodoxe a été reconnue officiellement par la République du Gabon

Le 3 février, l’évêque de Brazzaville et du Gabon Pantéléimon (Patriarcat d’Alexandrie), à l’occasion de sa visite pastorale à Libreville, a rencontré le ministre de l’Intérieur, de la décentralisation et de la sécurité, Pacôme Moubelet Boubeya, qui lui a transmis la reconnaissance officielle de l’Église orthodoxe locale par la République du Gabon, soulignant que l’État se réjouit de sa présence créative et féconde. L’évêque a exprimé la gratitude du primat du trône d’Alexandrie, le patriarche Théodore II et de l’Église locale envers le président du Gabon Ali Bongo Ondimba, qui a donné son approbation aux mesures juridiques consécutives à la demande déposée par l’évêque en 2014, ainsi qu’envers le ministre, pour sa collaboration fructueuse. En outre, M. Boubeya a informé l’évêque Pantéléimon au sujet de l’avancement du permis de construire concernant la première église orthodoxe au centre de la capitale gabonaise.

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L’église construite avant la révolution près d’Oulianovsk pour l’expiation des péchés du décembriste Annenkov, sera restaurée

L’église, construite avant la révolution par la mère du décembriste Annenkov, pour l’expiation des péchés de son fils, sera restaurée. L’église de la Trinité Vivifiante a été construite sur le projet de l’architecte Michel Korinfsky, sur une colline, près du domaine de la famille aristocratique Annenkov dans le village de Piatino, dans le district de Karsoun. À cette époque, c’était l’église la plus somptueuse de la province de Simbirsk. En 1918, les hordes de l’Armée rouge se sont dirigées vers les villages pour piller les églises, mais elles ne trouvèrent rien de valeur à Piatino. La fouille de l’église et l’interrogatoire du recteur, le père Jean Yagodzinsky n’ont mené à rien. Le prêtre et son fils furent fusillés, et des armées entières de malfaiteurs procédèrent à des fouilles non seulement sur tout le territoire auprès de l’église, mais soulevèrent le plancher de celle-ci. Les habitants ont incendié ensuite la partie supérieure de l’église, dérobé les icônes, pillé, se rappelle une ancienne habitante du village. L’idée de restaurer l’église a vu le jour, chez les prêtres et les habitants, depuis longtemps. Mais ce projet n’a pris forme que lorsqu’un fidèle de la région et l’archimandrite Adrien, doyen du district, ont procédé aux démarches administratives et ouvert un compte pour les dons. « Maintenant, il faut, le plus vite possible, prendre des mesures de conservation de l’édifice, afin que n’y puissent pénétrer des voyous ou des pillards », dit l’archimandrite Adrien. De toute évidence, la jeunesse locale se rassemblait là, buvait, salissait, couvrait les murs d’inscriptions ordurières… Au printemps a été prise la décision de rétablir dans l’église en ruines la célébration de la sainte Liturgie. En outre, les habitants du village ont leur protecteur céleste, le juste et clairvoyant Maxime de Piatino, qui a vécu ici au début du siècle passé et qui est enterré sur le territoire de l’église. Les villageois se rendent pieusement sur sa tombe. On peut visionner ici une émission en russe sur cette église.

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Le dirigeant du centre de presse du Patriarcat de Géorgie : « Notre peuple ne permettra pas les « mariages » de même sexe »

Le peuple géorgien se prononcera toujours contre les « mariages » de même sexe, au titre desquels une action en justice a été déposée récemment devant le tribunal. C’est ce qu’a déclaré au site « Novosti-Grouzia » le dirigeant du centre de presse du Patriarcat de Géorgie, l’archiprêtre David Charachenidzé. La semaine dernière, Georges Tatichvili a déposé une plainte devant la Cour constitutionnelle de Géorgie, exigeant de légaliser les « mariages » homosexuels. Peu de temps après, celui-ci a déclaré que des pressions étaient exercées contre lui, dont celles de certains parlementaires géorgiens. « Si l’on permet un tel précédent, qu’il émane du pouvoir exécutif, législatif ou judiciaire, le peuple géorgien, qui a une seule et même position à ce sujet, ne le permettra jamais » a dit le père David. Celui-ci a souligné qu’il se trouvait, au niveau du pouvoir en Géorgie, des gens qui pensent sainement et qui ne soutiendront pas les provocateurs. En commentant les déclarations que font périodiquement les représentants du mouvement LGBT au sujet de menaces et de sévices qu’ils auraient subis, l’archiprêtre a émis la possibilité que certains se blesseraient eux-mêmes afin d’engager des processus indésirables. « En Géorgie, personne ne les menacent. C’est complètement absurde », a souligné Charachenidzé. « Les portes de l’église sont ouvertes à tous, dont les LGBT », a-t-il mentionné. « Ils viennent à l’église. Nous ne nous détournons pas d’eux, au contraire, nous manifestons une grande attention à ces gens, afin de les aider à surmonter cela. J’avais un fils spirituel qui souffrait, on peut dire, de cette déviation, et il s’efforçait de la combattre », a conclu le père David.

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Tensions dans les relations des Églises de Constantinople et de Grèce

Le mercredi 3 février a eu lieu, pour la première fois de cette année, la session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Grèce sous la présidence de l’archevêque d’Athènes Jérôme. Selon le protocole de la session, le métropolite d’Ilia a informé les membres du Saint-Synode sur le déroulement de la synaxe des primats des Églises orthodoxes à Chambésy, à laquelle il représentait l’archevêque Jérôme. Celui-ci a présenté au Saint-Synode une enveloppe scellée qu’il a demandé d’archiver sans la décacheter. Ce qui est contenu dans la lettre concernée n’a pas été révélé. Néanmoins, le primat de l’Église de Grèce a laissé comprendre aux métropolites présents que dans l’enveloppe scellée se trouvait sa lettre, dans laquelle étaient indiquées les raisons pour lesquelles il était absent de la synaxe des primats, qui a eu lieu récemment à Chambésy. Rappelons que, selon le communiqué officiel de la synaxe l’archevêque n’y aurait pas participé pour des raisons personnelles. Or, le primat a démenti cette information lors de la session du Saint-Synode : « Une activité subversive est dirigée contre l’Église de Grèce ; les raisons pour lesquelles je n’ai pas participé à la Synaxe de préparation du Concile panorthodoxe, ne sont pas personnelles », a-t-il déclaré aux membres du Saint-Synode. Selon les informations de l’agence grecque Romfea, la lettre exprime l’inquiétude de l’Église de Grèce au sujet de l’activité du Patriarcat de Constantinople exercée par sa représentation à Athènes. Officiellement, les relations des deux Églises restent bonnes. Néanmoins, on insinue à Athènes et ce pour la première fois, que l’on serait prêt à la rupture totale des relations si le Patriarcat de Constantinople continuait à agir dans le même esprit. Lors de la même séance du Saint-Synode, il a été décidé d’envoyer une lettre de félicitations au métropolite Rostislav mentionnant la reconnaissance de celui-ci par l’Église de Grèce en tant que primat de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie.

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Conférence de presse sur le prochain voyage du patriarche Cyrille en Amérique latine

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a donné le 5 février 2016 une conférence de presse au Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Cette rencontre avec les représentants des médias russes et étrangers avait pour objet le prochain voyage de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie en Amérique latine, qui aura lieu du 11 au 22 février 2016. Le voyage comprend une visite de la République de Cuba, de la République du Paraguay et de la République fédérative du Brésil.

Prenaient également part à la conférence de presse V. R. Legoïda, président du Département synodal aux relations de l’Église avec la société et les médias, et le prêtre Alexandre Volkov, directeur du service de presse du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Le président du DREE a décrit les étapes du prochain voyage de Sa Sainteté en Amérique Latine :

« Le programme de ce voyage commence par une visite de Cuba, où Sa Sainteté, invitée par le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, Raul Castro, arrivera le 11 février. A l’époque où il était encore métropolite et président du Département des relations ecclésiastiques extérieures, le patriarche Cyrille était allé à Cuba, dont il avait rencontré les autorités. Il avait suivi de près la construction de l’église dédiée à l’icône de la Mère de Dieu de Kazan à La Havane, dont il avait célébré la consécration.

En 2009, le président de Cuba Raul Castro a invité Sa Sainteté à se rendre dans son pays en tant que patriarche. Cependant, la nécessité de rendre des visites fraternelles aux Églises orthodoxes locales, ainsi que de multiples voyages dans les diocèses de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, de Moldavie et d’autres pays limitrophes n’ont pas permis de réaliser cette visite outre-mer. Le 17 novembre 2011, Raul Castro a réitéré son invitation officielle au Primat de l’Église orthodoxe russe. Cette invitation a été renouvelée à plusieurs reprises lors de mes rencontres avec les représentants diplomatiques de Cuba. En septembre de l’an dernier, le Patriarche a pris la décision d’aller à Cuba en février de l’année en cours, rattachant cette visite au 45e anniversaire de la consécration de la première église du Patriarcat de Moscou à La Havane, dédiée aux saints Constantin et Hélène. La communauté russophone de Cuba, qui compte 15 000 personnes, attend avec impatience la visite de son primat.

Le programme comporte des rencontres de Sa Sainteté avec Fidel Castro et le Président du Conseil d’État de la République de Cuba Raul Castro, la visite d’un centre de réhabilitation pour enfants « Solidarité avec Panama ». Le dimanche 14 février, Sa Sainteté présidera la Divine liturgie à l’église orthodoxe russe de la Vierge de Kazan.

Un autre évènement important aura lieu à Cuba. Les itinéraires de Sa Sainteté le patriarche Cyrille et du Pape François de Rome, qui sera en visite au Mexique durant ces mêmes jours, se croisant, il a été décidé d’organiser une rencontre entre les chefs des Églises catholique romaine et orthodoxe russe sur l’Île de la Liberté le 12 février. La rencontre aura lieu à l’aéroport international de La Havane.

La rencontre des Primats des Églises orthodoxe russe et catholique romaine se prépare depuis longtemps. Dans les années 1996-97, des négociations intensives avaient été menées afin d’organiser d’une rencontre entre Sa Sainteté le Patriarche Alexis II et le Pape Jean-Paul II en Autriche. Il avait cependant fallu mettre un terme à ces négociations à cause de problèmes sur lesquels aucun accord n’avait pu être trouvé. Il s’agissait avant tout des agissements des gréco-catholiques en Ukraine et du prosélytisme des missionnaires catholiques sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou. En même temps, la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe n’a jamais rejeté la possibilité d’une telle rencontre, lorsque les conditions nécessaires seraient réunies.

Durant toutes ces années, le principal problème entre les deux Églises et le principal obstacle à la tenue d’une rencontre les Primats a été l’uniatisme. L’anéantissement de trois diocèses du Patriarcat de Moscou en Ukraine occidentale par les uniates dans les années 1980-90, le transfert du centre de l’Église gréco-catholique ukrainienne de Lvov à Kiev, la volonté affichée de cette Église de s’arroger le statut de Patriarcat, le développement de la mission de l’EGCU sur les terres traditionnellement orthodoxes d’Ukraine de l’Est et du Sud, le soutien des uniates aux schismatiques, tous ces facteurs n’ont fait qu’aggraver le problème. La situation a encore empiré avec les évènements de ces derniers temps en Ukraine, auxquels les représentants de l’EGCU ont pris la part la plus active, déclamant des slogans antirusses, voire russophobes. Ainsi, malheureusement, le problème de l’uniatisme est toujours à l’ordre du jour, et l’union reste une blessure sanglante et béante, empêchant l’entière normalisation des relations entre les deux Églises.

Néanmoins, la situation au Proche Orient, en Afrique du Nord et en Afrique centrale, ainsi que dans d’autres régions où les extrémistes se livrent à un véritable génocide de la population locale, exige des mesures immédiates et une plus grande collaboration entre les Églises chrétiennes. Dans le contexte de cette tragédie, il est nécessaire de mettre de côté les désaccords intérieurs et d’unir nos efforts pour le salut du christianisme dans les régions où il est soumis à de cruelles persécutions.

Le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe qui vient de s’achever à Moscou le 3 février a appelé à faire de l’année 2016 une année d’efforts dans ce domaine. C’est pourquoi, malgré les obstacles d’ordre ecclésiastique qui demeurent, il a été décidé d’organiser sans tarder une rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François de Rome. Le thème des persécutions contre les chrétiens sera au cœur de la rencontre.

Ces dernières années, de multiples propositions ont été faites quant au lieu de cette rencontre. Cependant, le patriarche Cyrille a dès le départ refusé qu’elle ait lieu en Europe, car c’est en Europe qu’a débuté la triste histoire des divisions et des conflits entre chrétiens. La correspondance de dates dans les visites du patriarche en Amérique latine et celle du pape de Rome au Mexique permettait d’organiser une rencontre dans le Nouveau Monde, rencontre qui, nous l’espérons, ouvrira une nouvelle page dans les relations entre les deux Églises. En dehors du thème principal, la situation des chrétiens au Proche Orient et partout là où ils subissent des persécutions, plusieurs thèmes intéressant les relations bilatérales et la politique internationale seront abordés. La rencontre se terminera par la signature d’une déclaration commune.

Les 14 et 15 février, le patriarche Cyrille se rendra en République du Paraguay, à l’invitation du président de ce pays, Horacio Manuel Cartes. Le patriarche entend ainsi commémorer les représentants de l’émigration russe qui, dans les années 1920-30, ont apporté une importante contribution au développement du Paraguay en organisant des expéditions scientifiques dans les régions difficilement accessibles du pays, en étudiant les mœurs des indiens, en enseignant dans les universités du Paraguay.

Le 15 février, fête de la Sainte Rencontre, le patriarche présidera la célébration de la divine liturgie à l’église russe de la Protection de la Mère de Dieu d’Asunción. Ensuite, il visite le quartier russe du cimetière municipal, où il célèbrera un office de requiem. Le même jour, Sa Sainteté rencontrera le président du Paraguay H. M. Cartes, ainsi que les expatriés russes résidant dans ce pays.

La visite de Sa Sainteté le patriarche Cyrille au Brésil est rattachée au 95e anniversaire de l’arrivée de 1217 réfugiés russes partis de Gallipoli à Rio-de-Janeiro, le 21 juillet 1921, ainsi qu’au 70e anniversaire de la création du diocèse d’Argentine et d’Amérique du Sud (Église orthodoxe russe), dans lequel le Brésil occupe une place importante.

Le séjour au Brésil commencera par une visite de la capitale, Brasilia, où Sa Sainteté rencontrera le président de la République fédérative du Brésil, Dilma Rousseff. Ensuite, Sa Sainteté visitera Rio-de-Janeiro, où elle célèbrera un office d’intercession sur le Mont Corcavado, au pied de la statue du Christ Rédempteur. Le patriarche se rendra ensuite à l’église russe Sainte-Zénaïde, puis rencontrera le cardinal Orani Juan Tempesta, archevêque de Rio-de-Janeiro. La visite au Brésil s’achèvera le 21 février par une visite de Sao-Paolo. Le Patriarche célèbrera la liturgie à la cathédrale Saint-Paul (Patriarcat d’Antioche) et visitera l’église russe de l’Annonciation.

Le soir du même jour, Sa Sainteté et les personnes l’accompagnant s’envoleront pour Moscou. »

Ensuite, les speakers ont répondu aux multiples questions des journalistes.

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Les reliques de saint Silouane du Mont Athos seront amenées pour la première fois en Russie

Les reliques miraculeuses de saint Silouane du Mont Athos seront amenées pour la première fois en Russie depuis le Mont Athos, pour y être vénérées à l’occasion du jubilé du millénaire de la présence monastique russe sur la Sainte Montagne. C’est ce qu’a annoncé, le 5 janvier, lors d’une conférence de presse du centre médiatique « La Russie aujourd’hui », le moine Hermolaüs (Tchejiya), responsable des archives et de la bibliothèque du monastère athonite Saint-Pantéléimon. « Cet important projet qui est réalisé avec la bénédiction de la hiérarchie est d’amener en Russie les reliques de saint Silouane du Mont Athos, ce saint russe remarquable du XXème siècle, que vénère tout le monde orthodoxe. C’est le vieux rêve de tous les fidèles, et non pas seulement des fidèles de Russie, que ce grand saint, ne serait-ce que par ses reliques, revienne dans sa patrie et que les orthodoxes russes puissent avoir la possibilité de les vénérer » a déclaré le représentant du monastère Saint-Pantéléimon. Comme l’a précisé le père Hermolaüs, les reliques de saint Silouane l’Athonite seront transportées en Russie le 3 juillet. Il a déclaré en outre que « les reliques seront présentes pendant trois mois en Russie, et l’Église orthodoxe russe élabore actuellement le programme du transport des reliques ». On suppose que l’un des lieux où les reliques seront exposées à la vénération des fidèles sera la patrie du saint, l’ancienne province de Tambov, l’actuelle région de Lipetsk. Les organisateurs des solennités prévoient aussi d’ériger, en septembre 2016, à Chovskoïé, village natal de saint Silouane, une statue en son honneur, ainsi que d’y inaugurer un musée qui lui est consacré et d’achever l’église qui lui est dédiée.

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Le père Nicolas Xenos, recteur de la paroisse de la Présentation du Seigneur au Temple, à Sartrouville, est promu protopresbytre du Patriarcat œcuménique

À l’occasion de la fête patronale de la paroisse orthodoxe grecque de la Présentation du Seigneur au Temple, à Sartrouville, le métropolite de France Mgr Emmanuel a célébré la sainte liturgie, assisté du recteur de l’église, le père Nicolas Xenos et du père Panayotis Xenitellis. De nombreux fidèles ont assisté à la fête. Peu avant la fin de la liturgie, le métropolite Emmanuel a transmis ses remerciements aux fidèles qui ont aidé au bon déroulement de la fête et a souligné à quel point il était important que l’œuvre de la paroisse soit menée dans la collaboration entre les laïcs et les clercs. Immédiatement après, se référant aux charismes du recteur, il a déclaré que, sur la demande du patriarche œcuménique Bartholomée et avec son propre assentiment, il promouvait ce jour le père Nicolas au rang de protopresbytre du Patriarcat œcuménique. Le père Nicolas a remercié le patriarche œcuménique ainsi que le métropolite de France pour leur aide et leur soutien dans l’œuvre difficile du travail dans la diaspora. Les fidèles ont entonné « axios » (« il est digne »), exprimant leur reconnaissance pour l’œuvre du père Nicolas, qui est au service du diocèse métropolitain de France du patriarcat œcuménique depuis 1990, à savoir 26 ans au sein de la diaspora hellénique.

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Pour la première fois, une femme a été élue présidente du conseil paroissial de la plus ancienne paroisse grecque aux Etats-Unis

Barbara-Stavis-WolfLe 25 janvier, Barbara Stavis Wolf a été élue présidente du conseil paroissial de la cathédrale orthodoxe grecque de la Sainte-Trinité à la Nouvelle-Orléans. C’est la première fois qu’une femme occupe cette fonction dans la plus ancienne paroisse grecque des États-Unis qui a fêtée en 2014 son 150e anniversaire (voir son message en p.4 du bulletin mensuel). Auparavant, la nouvelle présidente avait eu différentes responsabilités au sein de cette communauté.

Source (dont photographie): Hellenic news of America

L’archevêque Séraphim (Sobolev) a été canonisé à Moscou

Archevêque de Bogoutchar Séraphim (Sobolev)

Le 3 février 2016, lors de la cinquième session plénière de Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe russe en la cathédrale du Saint-Sauveur à Moscou, a été examinée la question de la canonisation de l’archevêque de Bogoutchar Séraphim (Sobolev). À la session a participé une délégation de l’Église orthodoxe de Bulgarie, dont faisaient partie le métropolite de Varna et Velikopreslav Jean, l’évêque de Znepol Arsène, vicaire de la métropole de Plovdiv, l’archimandrite Théoctiste (Dmitrov), représentant du patriarche de Bulgarie auprès du patriarche de Moscou et de toute la Russie. Le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et le métropolite de Varna et Velikopreslav Jean (Église orthodoxe de Bulgarie), tous deux co-présidents de la commission commune des deux Églises concernant la canonisation de l’archevêque Séraphim, ont présenté des rapports dédiés aux exploits ascétiques et à la vénération du saint hiérarque. Le patriarche de Moscou Cyrille, le métropolite d’Amérique orientale et de New York Hilarion (primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières), le métropolite de Riga et de toute la Lettonie Alexandre, le métropolite de Voronej et de Liskinsk Serge, le métropolite de Riazan et de Mikhaïlovsk Marc, l’archimandrite Philippe (Vassiliev), le recteur de l’église Saint-Nicolas à Sofia (métochion du Patriarcat de Moscou, dans la crypte duquel est enterré l’archevêque Séraphim), ont déclaré, dans leurs interventions, qu’il était nécessaire de glorifier – canoniser – l’archevêque Séraphim au nombre des saints.

Les membres de l’Assemblée se sont prononcés unanimement pour la canonisation de l’archevêque Séraphim, vénéré depuis de nombreuses années, tant en Bulgarie qu’en Russie. Ensuite, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a lu l’Acte de l’Assemblée des évêques sur la glorification, au nombre des saints hiérarques, de l’archevêque de Bogourchar Séraphim. Les membres de l’Assemblée ont ensuite chanté le mégalynaire du saint nouvellement glorifié. Le patriarche de Moscou Cyrille a offert au métropolite de Varna et de Velikopreslav Jean une icône du saint hiérarque Séraphim, peinte à l’atelier d’iconographie de l’Académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg, en don à l’Église orthodoxe de Bulgarie.

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Le patriarche Bartholomée a célébré la liturgie à Smyrne à l’occasion de la fête de saint Boucole

C’est avec une solennité qui a fait renaître l’époque antérieure à 1922 (expulsion de la population grecque de la ville) que les chrétiens orthodoxes – Grecs de Turquie et de Grèce, Russes, Ukrainiens et Géorgiens de Smyrne, actuellement Izmir, – ont fêté la mémoire de saint Boucole, premier évêque de la ville historique et bien-aimé disciple de l’apôtre Paul. Saint Boucole, selon la tradition, a été enterré avec les honneurs, près du cimetière de la « Porte d’Ephèse ». Un grand myrte avait poussé sur sa tombe, lequel avait des vertus miraculeuses. Dans la deuxième partie du XIXème siècle, sur un terrain proche de la tombe du saint, a été construite par la communauté hellénique de Smyrne la grande église Saint-Boucole, dans le quartier de Basmane. En raison de la population turque dans le voisinage, l’église n’a pas été brûlée en 1922, mais a été pillée et utilisée d’abord comme musée archéologique, puis plus tard comme entrepôt destiné à l’opéra. À la fin de l’an 2000, sur l’initiative du maire de Smyrne Aziz Kocaoğlu, l’église a été restaurée comme musée, certaines fresques ont été mises à jour et, depuis l’an passé, l’église est ouverte au culte orthodoxe à certains moments de l’année. Le 6 février 2016, la sainte Liturgie a été célébrée par le patriarche œcuménique Bartholomée, assisté des métropolites de Neapolis Barnabé et de Drama Paul (Église orthodoxe de Grèce). À cette occasion, le monastère athonite de Vatopédi a offert à la communauté orthodoxe de Smyrne une copie de l’icône miraculeuse dite « Mère de Dieu consolatrice » apportée la veille par les hiéromoine Eudocime et Barnabé dudit monastère. Dans son homélie, le patriarche œcuménique Bartholomée a souligné qu’il était venu à Smyrne pour honorer « l’ornement de Ionie, pour faire mémoire de nos ancêtres qui ont vécu ici dans la paix durant des siècles ». « Vraiment, nous vivons aujourd’hui une renaissance spirituelle de Smyrne qui, au demeurant, n’a jamais cessé de vivre dans notre cœur, dans le cœur de notre nation, qui n’a jamais cessé d’être l’objet des soupirs et des aspirations de notre Nation très éprouvée » a poursuivi le patriarche Bartholomée, qui a souligné : « L’ancienne Smyrne n’a pas brûlé. Elle n’a jamais cessé d’exister ». Ont assisté à la liturgie des pèlerins de Grèce, le vice-ministre des Affaires étrangères Ioanis Amanatidis, l’ambassadeur de Grèce à Ankara Loukakis, le consul général Theodoros Tsakiris, l’archevêque catholique-romain, le maire de Konak-Izmir et d’autres officiels.

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Selon le chef du service de presse du Vatican, le patriarche de Constantinople Bartholomée a exprimé sa satisfaction au sujet de la prochaine rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François

Le patriarche de Constantinople Bartholomée a exprimé sa satisfaction au sujet de la prochaine rencontre du patriarche de Moscou Cyrille avec le pape de Rome François. Comme l’a mentionné aux journalistes, le 5 février, le prêtre Federico Lombardi, chef du service de presse du Vatican, le chef de l’Église de Constantinople « a été préalablement informé et a exprimé sa satisfaction et sa joie à l’occasion du futur événement » dans l’histoire des relations « entre l’Église catholique et la plus grande Église orthodoxe ». Le père Lombardi a mentionné également que, malgré le fait de l’annonce une semaine seulement avant la rencontre, celle-ci n’a pas été « improvisée ». En effet, la préparation de cet événement s’est déroulée pendant deux ans. Le prêtre a qualifié de « concours heureux de circonstances » le fait que le pape et le patriarche aient planifié au même moment leurs voyages dans la même région.

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Le métropolite de Volokolamsk Hilarion : « Le pape de Rome et le patriarche Cyrille ne prieront pas ensemble »

La rencontre à Cuba du pape de Rome François et du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille se terminera par la signature d’une déclaration commune mais, cependant, ils ne prieront pas ensemble. C’est ce qu’a mentionné le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou dans une interview avec Serge Brilev, producteur du programme « Nouvelles du samedi » de la chaîne TV russe « Rossia ». « Pour autant que je le sache, de quelconques prières communes ne sont pas prévues par le protocole. La rencontre se produira sur l’aéroport, c’est-à-dire en dehors de tout espace cultuel, hors d’un espace sacral, et elle sera constituée par une discussion et la signature d’une déclaration » a indiqué le métropolite Hilarion. Il a également ajouté que le pape et le patriarche, très vraisemblablement, discuteront du problème du terrorisme international et d’une série d’autres questions. « Certainement, ils ne se limiteront pas à ce thème (i.e. le terrorisme international). Certainement, la discussion peut passer, en général, au christianisme dans le monde contemporain. Mais cette coïncidence des positions, que vous avez évoquée, nous l’avons également remarquée… Nous percevons de la même façon ce rejet des commandements chrétiens, que nous observons, par exemple, dans les pays d’Europe occidentale. Et il est naturel que les réactions soient parfois très semblables », a ajouté le métropolite. L’initiative de la rencontre avec le pape de Rome François à Cuba, et non en Europe, est venue du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, afin de ne pas « faire peser sur les relations le lourd héritage des conflits entres les chrétiens de l’Orient et de l’Occident » a déclaré le métropolite Hilarion ». « Le patriarche, dès que l’on a commencé à en parler, avait le souhait de réaliser cette rencontre hors d’Europe. Il y avait différentes propositions, de différents côtés : « Allons, procédons à cela ici, allons, faisons-le là, nous créerons toutes les conditions ». Mais j’ai toujours ressenti que le patriarche avait quelque autre idée. Et ensuite, à un certain moment, il a dit, qu’il serait bien d’accomplir cette rencontre en dehors de l’Europe, afin que ce contexte européen, ce lourd héritage de conflits entre les chrétiens d’Orient et d’Occident, ne pèse pas sur cette rencontre », a déclaré le métropolite Hilarion. Le patriarche et le pape de Rome parleront chacun dans leur langue maternelle (russe et espagnol), à l’aide d’un traducteur. « Je suppose que le pape parlera en espagnol, et le patriarche, en russe. Il y aura deux traducteurs » a précisé le métropolite Hilarion.

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Le patriarche Cyrille de Moscou et le pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dCommuniqué de presse conjoint du Saint-Siège et du Patriarcat de Moscou:

 » Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ont la joie d’annoncer que, par la grâce de Dieu, Sa Sainteté le pape François et Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie se rencontreront le 12 février prochain. Leur rencontre aura lieu à Cuba, où le pape fera escale avant son voyage au Mexique, et où le patriarche sera en visite officielle. Elle comprendra un entretien personnel à l’aéroport international José Martí de La Havane, et se conclura par la signature d’une déclaration commune.

Cette rencontre des primats de l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe, préparée depuis longtemps, sera la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises. Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou espèrent qu’elle sera également un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté. Ils invitent tous les chrétiens à prier avec ferveur pour que Dieu bénisse cette rencontre et qu’elle porte de bons fruits. »

Sources: Patriarcat de Moscou. Illustration: Le Figaro

Le Parlement européen reconnaît le génocide des chrétiens par l’ »État islamique »

Le Parlement européen a  adopté le 4 février 2016 une résolution qualifiant de génocide, de crime de guerre et de crimes contre l’humanité les massacres commis par le prétendu « État islamique » (ou Daech) contre les minorités religieuse. Le Parlement invite les États à apporter « protection et assistance, y compris militaires » aux groupes visés, conformément au droit international. Il menace de poursuites judiciaires les États et individus qui soutiennent cette organisation criminelle et demande aux Etats européens d’empêcher leurs ressortissants de rejoindre les rangs du soi-disant groupe “EIIL/Daech” » et « de s’assurer que ceux qui le font sont poursuivis en justice dès que possible ».

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Fin du Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe

Au matin du 3 février 2016, le Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe a poursuivi ses travaux à la salle des conciles de l’église du Christ Sauveur de Moscou. L’assemblée a entendu les rapports du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, et du métropolite Jean de Varna et de Preslav-la-Grande (Eglise orthodoxe bulgare), co-présidents de la commission mixte des Eglises orthodoxes russe et bulgare sur la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev). Le concile a approuvé à l’unanimité la canonisation de l’archevêque Séraphin de Bogoutchar. Ensuite, le métropolite Juvénal de Kroutitsy et de Kolomna est intervenu, pour présenter un rapport sur la commémoration des nouveaux martyrs et confesseurs de l’Eglise russe. L’évêque Pancrace de Troitsk, président de la commission synodale pour la canonisation des saints a présenté un rapport sur la glorification à l’échelle de toute l’Eglise des saints locaux. Le métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga, chancelier du Patriarcat de Moscou, a informé l’assemblée des modifications apportées aux statuts de l’Eglise orthodoxe russe.
R. V. Legoïda a consacré son rapport à l’activité de l’Eglise orthodoxe russe dans les réseaux sociaux. Entre les séances, le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a présidé une séance du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe russe. Le Saint Synode a approuvé l’utilisation liturgique des textes des tropaires, kondakia et prières à saint Séraphin, archevêque de Bogoutchar, composés par la commission synodale liturgique. Pendant l’assemblée plénière de clôture, le métropolite Paul de Minsk et de Zaslavl, président de la commission de rédaction du Sacré concile épiscopal a présenté aux participants les projets de documents finaux : le message du Concile épiscopal, les décrets du concile et ses définitions sur la glorification des saints locaux. Après délibération et amendements, le message du Concile épiscopal aux clercs, aux moines, aux laïcs et à tous les fidèles de l’Eglise orthodoxe russe, les décrets et les définitions du Concile sur la canonisation de plusieurs saints locaux au niveau de toute l’Eglise ont été adoptés.
Le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a prononcé un bref discours. « J’aimerais remercier Son Eminence Paul et tous les membres de la commission de rédaction pour la préparation des documents nécessaires. Je vous remercie tous, car nous avons pu travailler ensemble, d’un seul cœur et, surmontant certaines difficultés que la vie impose elle-même, nous sommes parvenus à des décisions concertées et unanimes qui, j’en suis sûr, auront une influence positive sur la vie de notre Eglise » a déclaré notamment le primat de l’Eglise russe. Ensuite, le patriarche Cyrille a remis plusieurs décorations à différents hiérarques. « Béatitude, Éminences, Excellences ! Par cette cérémonie solennelle nous levons la séance du sacré concile épiscopal. Que la bénédiction de Dieu, l’aide de Dieu demeure avec chacun de nous sur nos difficiles chemins au service de notre Seigneur et Sauveur et de notre Eglise » a conclu Sa Sainteté le patriarche Cyrille, annonçant la clôture du Concile épiscopal.

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Message de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine au clergé, moines, moniales et laïcs

Très vénérables pasteurs, moines et moniales aimés de Dieu, chers frères et sœurs !

« À vous grâce et paix, de par Dieu, notre Père, et le Seigneur Jésus-Christ ! » (2 Cor. 1,2) L’Église du Christ est la colonne et l’affermissement de la vérité (1 Tim. 3,15). Elle conduit les hommes à Dieu, préserve les fidèles du péché, apporte aux hommes la paix du Christ (cf. Jn. 14,27), prêche le Royaume de Dieu, qui n’est pas de ce monde (cf. Jn 18,36). Cependant, ce monde, avec ses péchés, ses passions et ses vices s’efforce toujours de pénétrer dans l’Église, afin d’altérer sa mission. Mais, comme le dit l’apôtre Jean le Théologien, le monde passe, avec ses convoitises, et celui qui accomplit la volonté divine vivra dans les siècles (1 Jn. 2,17). Aujourd’hui, l’Église orthodoxe d’Ukraine, avec le peuple ukrainien, passe par une période de sérieuses épreuves. Nous voyons toujours plus souvent des tentatives d’importer dans la vie ecclésiale la rhétorique politique, d’imposer à l’Église telle ou telle position politique. De telles actions ne font que renforcer la division dans la société ukrainienne. Partant de ce principe, nous condamnons les tentatives d’introduire l’idéologie politique et nationaliste de quelle orientation que ce soit dans le milieu ecclésiastique, étant donné que la mission de l’Église consiste en la prédication de la Parole de Dieu aux gens de toutes les nationalités et de tout point de vue politique, ce dont nous parle le saint apôtre Paul : « Je me suis fait tout à tous afin d’en sauver à tout prix quelques-uns » (1 Cor. 9,22). L’Église ne doit pas penser dans les catégories de la politique ou de la géopolitique, car c’est incompatible avec l’enseignement de la Sainte Écriture et avec la nature de l’Église. L’Église orthodoxe d’Ukraine est l’Église de toute l’Ukraine, et non d’une certaine de ses parties. Le caractère local de notre Église exige de nous d’être ensemble avec les fidèles de toutes les régions de notre pays. Nous considérons que les difficultés que traverse aujourd’hui notre Église est précisément, en grande partie, la conséquence de la position universelle de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Au sein de notre Église se trouvent dans l’union spirituelle en Christ ceux de nos fidèles qui, dans les manifestations politiques, culturelles, sociales et autres de la vie séculière, ne peuvent souvent trouver un terrain d’entente mutuel. Seule l’Église est apte à les unir, et cette mission n’est possible que lorsque l’Église même se trouve au-dessus des intérêts de ce monde et bâtit son service terrestre sur la Pierre qui est le Christ (cf. 1 Cor. 10,4). Les difficultés que vit notre pays aujourd’hui, le conflit armé, la crise économique, la corruption, la paupérisation du peuple, l’absence ou la lente mise en place de réformes positives, d’autres facteurs négatifs de la vie politique et étatique, amènent beaucoup de personnes à l’abattement ou au désespoir. C’est précisément pourquoi l’un des tâches de l’Église, aujourd’hui, consiste à soutenir le peuple en ce temps difficile, à devenir la consolation de tous ceux qui souffrent. Nous vous appelons tous, chers pères, frères et sœurs, à témoigner en actes de notre foi chrétienne. En se rappelant que la foi sans les œuvres est morte (Jacques 2,26), il faut accomplir des œuvres caritatives pour tout le prochain, pour ceux qui sont dans le besoin, indépendamment de leur confession ou de leurs vues politiques. Maintenant, les paroisses de notre Église deviennent régulièrement les cibles des agressions et de la violence de la part des partisans du soi-disant « Patriarcat de Kiev ». Les dirigeants du schisme, utilisant l’impunité et la possibilité de répandre des informations altérées, avec le soutien de certaines forces politiques et de groupuscules militarisés, envoient leurs sectateurs accomplir des délits, des pillages, et des saisies d’édifices appartenant à notre Église. Tous ceux qui souffrent de cette agression, doivent se souvenir des paroles de notre Seigneur Jésus-Christ : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous offensent et vous persécutent » (Matth. 5,44). Nous sommes avec vous, nous compatissons avec vous, parce que, comme l’écrit le saint apôtre Paul, si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est à l’honneur, tous les membres se réjouissent avec lui (1 Cor. 12,6). Aussi, nous exprimons nos sincères paroles de soutien et de solidarité chrétienne à tous nos frères et sœurs qui, aujourd’hui, défendent avec courage chrétien leurs lieux saints et manifestent un véritable dévouement envers l’Église-Mère. Nous appelons tous les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine à demander dans leurs prières à notre Seigneur et Sauveur, qu’Il nous garde tous dans la piété et ne permette pas que l’agression entre dans nos cœurs. Rappelons-nous l’appel du saint apôtre Pierre : Ne rendez pas mal pour mal, insulte pur insulte ; bénissez, au contraire, car c’est à cela que vous été appelés, afin d’hériter la bénédiction (1 Pierre 3,9). L’Église orthodoxe d’Ukraine s’est toujours prononcée et se prononce encore pour surmonter le schisme et rétablir l’unité de l’Orthodoxie ukrainienne, pour une seule Église orthodoxe en Ukraine. Cependant, nous considérons que cela doit être obtenu par la voie canonique, et non celle de la violence, des pressions politiques et de l’intimidation. Aujourd’hui, alors que s’accroît dans la société le niveau de agressivité, l’Église doit apporter à nos compatriotes la parole de réconciliation. Nous appelons le peuple d’Ukraine à déraciner la colère de son cœur et à s’engager sur la voie de la paix. Nous, comme chrétiens, ne devons pas perdre la paix du Christ : « Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes » (Eph. 4,31). L’Église orthodoxe d’Ukraine constitue une part de l’Orthodoxie universelle. On attend pour l’été de cette année le déroulement du Concile panorthodoxe, aux travaux duquel prendront part les Primats et les représentants de toutes les Églises orthodoxes locales, dont S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre et les évêques délégués par notre Église. Le futur Concile panorthodoxe est appelé à manifester au monde la force et l’unité de la sainte Église orthodoxe. On attend du Concile qu’il débatte des questions actuelles de la vie ecclésiale. Nous vous appelons tous, chers pères, frères et sœurs, à élever des prières particulières pour la convocation et le déroulement avec succès de ce forum panorthodoxe important. Nous croyons que le Seigneur, par la grâce du Saint-Esprit, dirigera Son Église vers des décisions sages, qui aideront l’Église à effectuer son ministère salvifique dans les conditions du monde contemporain. L’Assemblée des évêques appellent les fidèles aimés de Dieu de l’Église orthodoxe d’Ukraine, en ces temps difficiles, d’accomplir leur œuvre chrétienne dans la prière et la piété, restant la lumière du monde et le sel de la terre, renforçant l’unité de l’esprit par ce lien qu’est la paix (Eph. 4,3). Que la bénédiction divine, par les prières de la Reine du Ciel et des saints, vous garde tous dans la vérité et la justice ! Au nom de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine, +Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine.

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Projet du gouvernement grec pour mettre à la retraite les évêques à l’âge de 67 ans

Un plan du gouvernement grec, révélé par le journal « Orthodoxi Alitheia », prévoit une mise à la retraite des métropolites dès l’âge de 67 ans. Le projet gouvernemental poursuit un double objectif. D’une part, donner satisfaction à l’aide gauche de Syriza, qui souhaite une politique plus « agressive » envers l’Église et, d’autre part, trouver des moyens de couvrir les « trous » du budget. Par ce projet, les métropolites âgés de 67 ans se verront privés automatiquement de leur rémunération. La mesure serait appliquée graduellement ensuite à l’ensemble du clergé. Selon le journal « Orthodoxi Alitheia », le projet en question ferait partie d’un vaste ensemble de réformes, dont la séparation de l’Église et de l’État.

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Le patriarche Cyrille : Nous ne disons pas du Concile panorthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique

Intervenant à l’ouverture du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, qui a débuté le 2 février, le patriarche Cyrille est revenu sur le thème de la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe.

« Nous croyons que l’Église du Christ est une, sainte, catholique et apostolique, comme il est dit clairement dans le Symbole de foi. L’Église est une par nature, a rappelé sa sainteté. L’existence de nombreuses Églises autocéphales est une forme d’existence historique de l’Église, la mieux adaptée à l’accomplissement de sa mission de salut. Nous savons aussi que la prise de décisions concernant le plérôme de l’Église, a toujours exigé la participation si ce n’est de tous les hiérarques orthodoxes, du moins de représentants de chaque Église locale. En ce sens, les conciles œcuméniques et certains aussi conciles d’importance panorthodoxe sont l’expression visible de l’unité de l’Église, de son essence conciliaire, le reflet de sa conscience d’être le corps du Christ (cf. Rom 12, 5).

En même temps, souligne le patriarche, la réception des actes de tel ou tel concile par le plérôme de l’Église a toujours été progressive et, « comme le montre l’histoire ecclésiastique, aucun concile n’a pu imposer à l’Église ses décisions si elles ont été rejetées par le peuple de Dieu, s’il n’y a pas eu de réception des décrets conciliaires par l’ensemble de l’Église. » C’est pourquoi aucun concile œcuménique n’est devenu tel par le simple fait de sa convocation : son importance réelle ne devenait évidente qu’après un certain temps, parfois très long, a constaté le primat de l’Église orthodoxe russe.

« Nous ne disons pas du prochain grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique, a poursuivi le patriarche Cyrille. A la différence des anciens conciles œcuméniques, il n’est pas appelé à résoudre des questions doctrinales, car elles sont résolues depuis longtemps et n’exigent aucune révision. Il n’est pas non plus appelé à introduire quelque innovation liturgique dans la vie de l’Église, dans sa structure canonique. Néanmoins, il peut, s’il est préparé comme il se doit, être un facteur important d’affermissement de l’unité et de la coopération entre Églises, et permettre de préciser les réponses que l’Église orthodoxe donne aux questions de la modernité sur la base de sa tradition multiséculaire. »

Le patriarche a aussi souligné que ce concile ne serait véritablement panorthodoxe que si des représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues par tous y prenaient part.

Se tournant vers l’histoire, il a constaté que durant presque un millénaire, la réunion des Églises locales en concile avait été compliquée. Durant de nombreux siècles, en effet, tous les patriarcats antiques avaient subi la domination musulmane. Les circonstances du XX siècle n’ont pas non plus favorisé l’intensification des contacts entre Églises : il suffit de se rappeler les guerres des Balkans, la Première Guerre mondiale, la révolution russe qui entraîna une violente persécution contre l’Église, la chute de l’Empire ottoman, la déportation des chrétiens d’Asie mineure et, enfin, la Seconde Guerre mondiale.

Néanmoins, dès 1923, l’Église de Constantinople a convoqué à Istanbul un congrès interorthodoxe, puis, en 1930, une commission interorthodoxe préparatoire, qui s’est réunie au monastère de Vatopédi sur le Mont Athos. « Ces premières tentatives de collaboration panorthodoxe ont été un échec, a remarqué le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Certaines Églises locales n’y ont pas pris part, l’Église orthodoxe russe, en était empêchée par les circonstances. Les travaux du congrès interorthodoxe d’Istanbul s’est, dans l’ensemble, déroulé dans un climat réformateur de déni de la tradition. Pour cette raison, ses décisions n’ont été reconnues de personne, en dehors des décisions sur le nouveau calendrier, adoptées par certaines Églises au prix de regrettables schismes. »

Le patriarche a aussi rappelé que l’Église de Constantinople n’a pas été seule à proposer des initiatives panorthodoxes. Ainsi, à l’initiative du Patriarcat de Moscou, une conférence des chefs et des représentants des Églises orthodoxes locales s’est déroulée à Moscou en 1948, à l’occasion du 500e anniversaire de l’autocéphalie de l’Église russe. Cependant ses décisions n’ont pas été adoptées par les Églises locales qui ont considéré que seul le patriarche de Constantinople pouvait convoquer une réunion panorthodoxe.

La préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe n’a réellement démarré qu’en 1961, lors de la première conférence panorthodoxe, qui a eu lieu sur l’île de Rhodes, en Grèce, a constaté Sa Sainteté. Un catalogue d’une centaine de thèmes a été rédigé, des thèmes que l’on se proposait de préparer pour les présenter à l’examen du futur concile. Un peu plus tard, en 1968, à la quatrième conférence panorthodoxe de Genève, il a été décidé de poursuivre la préparation du concile dans le cadre de Conférences panorthodoxes préconciliaires, et de commissions préparatoires interorthodoxes précédant la convocation des conférences. Ce format s’est conservé jusqu’à aujourd’hui.

A la conférence de Rhodes de 1961, il a été proposé à toutes les Églises locales d’exprimer leur opinion sur les thèmes approuvés. S’agissant de la participation de l’Église orthodoxe russe à l’élaboration de ces thèmes, le patriarche Cyrille a montré qu’elle s’y été employée avec le plus grand sérieux. En 1963, le Saint Synode a créé une commission spéciale présidée par le métropolite Nicodème de Leningrad, de bienheureuse mémoire, dont faisait partie les meilleurs théologiens de l’Église orthodoxe russe, hiérarques, clercs et laïcs. En cinq ans, cette commission a accompli un immense travail, préparant des projets de documents sur tous les thèmes du catalogue sans exception. « Ce n’est pas exagérer que d’affirmer que l’Église russe a apporté une contribution sans précédent à la préparation du Concile panorthodoxe et n’était pas seulement prête à sa tenue, mais proposait également sur tous les thèmes des projets concrets, réfléchis, de documents conciliaires, résultat du travail des meilleurs théologiens de notre Église » a souligné le patriarche Cyrille.

Cependant, en 1971, plusieurs Églises locales ont insisté sur la réduction de l’agenda du Concile. La première conférence préconciliaire panorthodoxe, en 1976, a donc réduit la liste des thèmes à dix. Leur étude s’est poursuivie dans le cadre des commissions préparatoires interorthodoxes, ainsi que pendant la seconde, puis la troisième conférence préconciliaire panorthodoxe de 1982 et 1986.

« Dans les années 1990, ce travail a été interrompu pour longtemps, a constaté le patriarche. La raison en a été l’instauration par le Patriarcat de Constantinople, en 1996, de la dite Église orthodoxe autonome d’Estonie sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou, avec l’intention d’un faire un acteur à part entière du processus préconciliaire, ce que notre Église a catégoriquement refusé. » Les perspectives de reprise de la préparation du Concile ne sont apparues qu’en 2008. Lors de la rencontre des primats des Églises orthodoxes locales, il a été décidé que seuls des représentants des Églises autocéphales, et non des Églises autonomes, au nombre desquelles l’Église de Constantinople compte sa structure en Estonie, participeraient à la préparation conciliaire. « Les représentants des Églises autonomes, aujourd’hui encore, ne participent au processus préconciliaire que dans le cadre des délégations de leurs Églises-mères » a raconté le patriarche Cyrille.

Le primat de l’Église russe a poursuivi en rappelant que le processus de préparation du Concile s’était poursuivi en commissions préparatoires et, en 2009, à la quatrième conférence préconciliaire panorthodoxe. « En mars 2014, j’ai participé à la Synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, qui a eu lieu à Istanbul. Il a été décidé de convoquer le Concile panorthodoxe pour 2016, « si des circonstances imprévues ne l’empêche pas » a déclaré Sa Sainteté.

Il était prévu que durant le temps réduit qui resterait, les efforts de tous les participants du processus préconciliaire s’intensifient. Pour cette raison, la synaxe a créé une commission interorthodoxe spéciale, qui est parvenu à réviser trois projets de documents conciliaires. Ces textes, revus en commun lors de la cinquième conférence préconciliaire panorthodoxe d’octobre dernier, concernent l’importance du jeûne, les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien, la proclamation de l’autonomie ecclésiale.

Dans le cadre du processus préconciliaire, il a aussi été discuté du thème de l’autocéphalie et du mode de sa proclamation.

La synaxe des primats des Églises orthodoxes locales qui s’est déroulée à Chambésy (Suisse) du 21 au 28 janvier 2016 a notamment examiné le projet de document conciliaire « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », « le sacrement du mariage et ses empêchements », ainsi que d’autres thèmes.

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Jovan Nikoloski