25/06/2017
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Archives de catégorie : Actualités

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Fête patronale de la cathédrale Saint-Sava de Belgrade

Le 10 mai, l’Église orthodoxe serbe commémore dans la prière le jour où furent brûlées, en 1594, les reliques de saint Sava sur la colline de Vračar à Belgrade par Sinan Pacha, commandant militaire turc. À cette époque, les Serbes du Banat s’étaient soulevés contre les autorités ottomanes, et le visage du saint était représenté sur leurs drapeaux. En réponse à ce soulèvement, Sinan Pacha a ordonné que les reliques de ce grand saint serbe soient amenées à Belgrade depuis le monastère de Mileševo, où elles se trouvaient depuis 350 ans, pour être brûlées sur la colline de Vračar. C’est sur le lieu qu’a été érigée l’actuelle cathédrale Saint-Sava. Cette année, les vigiles de la fête ont été célébrées dans la crypte de cette cathédrale par l’évêque de Toplica Arsène, assisté par plusieurs prêtres et diacres. On peut visionner ici des extraits de cet office (hymne « Lumière joyeuse », litie, artoclasia) avec des gros plans sur les fresques de la crypte. Le lendemain, le patriarche de Serbie a célébré la sainte Liturgie, assisté de l’évêque Arsène et d’autres clercs. On peut également visionner ici des extraits de la Liturgie (Grande Entrée, communion des fidèles) et l’office de la « slava ».

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La Chambre des députés de Roumanie vote à une majorité écrasante la définition constitutionnelle du mariage comme étant celui d’un homme et d’une femme

La Chambre des députés de Roumanie, chambre basse du Parlement roumain, a voté à une majorité écrasante en faveur de l’amendement de la Constitution nationale, définissant explicitement le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. Son vote, par 232 voix sur 270, incluait également le renforcement des droits parentaux. Ce vote a eu lieu suite à la récolte de 3,1 millions de signatures sur l’initiative du mouvement « Coalition pour la famille », alors que seulement 500.000 signatures sont requises pour soumettre un projet législatif au parlement. « C’est un moment historique » a déclaré Mihai Gheorghiu, l’un des leaders de cette initiative, laquelle était soutenue par l’Église. « C’est une manifestation de solidarité sans précédent. Trois millions de Roumains ont signé l’amendement proposé », a-t-il ajouté. L’amendement concerné modifie l’article 48,1 de la Constitution roumaine qui dispose dans sa nouvelle rédaction : « La famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme, leur pleine égalité et le droit et le devoir des parents d’assurer l’éducation et l’instruction des enfants ». La Cour constitutionnelle de Roumanie a approuvé la proposition législative de révision de la Constitution initiée par la Coalition pour la Famille le 20 juillet 2016, mentionnant que celle-ci était conforme à toutes les exigences constitutionnelles. L’initiative a trouvé un large soutien auprès de l’Église orthodoxe roumaine, les Églises catholique-romaine et évangélique, de même que des groupes juridiques internationaux comme ADF International, Liberty Counsel et European Center for Law and Justice. Toutefois, afin que l’amendement soit entériné, il faut encore l’approbation du Sénat. Si celui-ci se prononce en faveur de l’amendement, un référendum aura lieu automatiquement le dernier dimanche de la période de trente jours suivant le vote sénatorial.

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Félicitations du patriarche Cyrille à Emmanuel Macron, vainqueur des élections présidentielles en France

Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a adressé une lettre de félicitations à Emmanuel Macron, élu président de la République française.

Monsieur Emmanuel MACRON, président élu de la République française

Monsieur,

Recevez mes cordiales félicitations à la suite de votre victoire aux élections présidentielles de la République française.

Vos compatriotes ont placé en vous leurs espérances, aspirant au renforcement de la stabilité sociale et économique, à la préservation des traditions culturelles historiques. Aujourd’hui, les gens ont particulièrement besoin de se sentir protégés des manifestations d’extrémisme et de terrorisme.

J’espère que le gouvernement continuera à développer sous votre direction le dialogue interculturel et interreligieux au nom de la consolidation de la paix et de la concorde dans la société. Je tiens à vous assurer que l’Église orthodoxe russe est toujours ouverte à la coopération dans ce domaine.

Vous souhaitant une bonne santé et que Dieu vous aide et vous accorde le succès dans vos fonctions au service de la France et de son peuple, je vous assure, Monsieur, de ma respectueuse considération.

+CYRILLE,

PATRIARCHE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE

Lettre de félicitations au nouveau président de la République française de Mgr Emmanuel, président de l’AEOF

Monsieur le Président,

Au nom de l’Assemblée des évêques de France que j’ai l’honneur de présider, j’ai le plaisir de vous présenter mes plus chaleureuses félicitations à l’occasion de votre récente élection aux plus hautes fonctions de l’État français.

Après une campagne électorale marquée par une profonde polarisation de la société, l’heure est à l’unité et à l’espoir. En effet, il ne sert en rien d’agiter le drapeau rouge de la peur et de la haine pour fédérer un peuple. La confiance que la majorité des Français vous a donnée est un appel au relèvement économique du pays, à sa sécurité contre le terrorisme et à sa cohésion.

Vous avez parlé d’amour à la fin de votre discours au soir de votre élection. Ce message résonne tout particulièrement dans le christianisme comme un appel à l’unité, à la suite de l’apôtre Paul. L’Église orthodoxe en France n’est pas très importante démographiquement, mais son rayonnement spirituel et culturel en a fait un acteur essentiel de la scène religieuse de ce pays. Aussi, c’est dans le contexte de la laïcité que notre Église a pu trouver en France une terre d’accueil pour les nombreux exilés et immigrés qui y ont trouvé refuge depuis plus d’une centaine d’années, tout en étendant la sollicitude au service de tous les fidèles orthodoxes de ce pays. Plus qu’une religion des diasporas, l’orthodoxie en France s’est affranchie aujourd’hui des pressions étatiques, des enfermements communautaires, des pesanteurs sociologiques pour revenir à l’essence de la foi. C’est la raison pour laquelle notre Église, désireuse d’être active sur le plan cultuel et en renfort de la société civile, est attachée à la séparation des pouvoirs.

Vous renouvelant mes plus chaleureuses félicitations à l’occasion de votre élection à la présidence de la République et dans l’attente de pouvoir vous présenter en personne notre communauté, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, mes plus cordiales salutations.

+ Le Métropolite Emmanuel, de France

Président de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France

Les chrétiens orthodoxes des États-Unis commémorent les 25 ans des œuvres philanthropiques de l’agence humanitaire officielle (IOCC) de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques aux États-Unis

Cette année, les chrétiens orthodoxes aux États-Unis commémoreront les 25 ans de de l’ « International Orthodox Christian Charities » (IOCC), agence humanitaire officielle de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis. Cette agence a été constituée en 1992 par la Conférence permanente des évêques orthodoxes canoniques des Amériques (SCOBA) qui a précédé l’Assemblée actuelle. Ses fondateurs laïcs étaient Charles R. Ajalat, Andrew A. Athens, et John G. Rangos Sr. L’IOCC est également reconnaissante au soutien fidèles des membres honoraires du Conseil d’administration Georges M. Marcus et le défunt George J. Farha qui ont tous deux joué un rôle essentiel dans son expansion pendant les 25 dernières années. L’IOCC a uni les efforts des chrétiens orthodoxes en réponse au bouleversement historique causé par la dissolution de l’Union soviétique et les guerres dans l’ex-Yougoslavie, lesquelles ont déplacé 2,5 millions de personnes. Depuis lors, l’IOCC a fourni plus de 600 millions de dollars en assistance humanitaire aux personnes vulnérables dans plus de 60 pays. Les programmes en cours incluent l’aide humanitaire aux personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie et les réfugiés fuyant la guerre civile dans ce pays ; le soutien au peuple grec affecté par la crise économique prolongée ; des projets éducatifs, sanitaires et d’irrigation en Éthiopie, Tanzanie, Ouganda et dans le monde entier. L’IOCC entretient l’un des réseaux de distribution d’aide humanitaire les plus importants en Syrie, où son programme a pour objectif de fournir de l’eau potable, de la nourriture, des médicaments, un soutien psychologique et d’autres formes d’assistance à des millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et celles cherchant refuge dans les pays voisins. Au cours de son existence, l’IOCC a également répondu aux crises des réfugiés en Éthiopie du Sud et en Irak. Il a fourni du soutien et de l’aide médicale aux familles réfugiées avec des enfants handicapés en Jordanie, a offert des cours d’anglais et d’informatique aux réfugiés au Liban afin de les aider à trouver un emploi. Aux États-Unis, l’équipe des situations d’urgence de l’IOCC a formé le clergé et les laïcs orthodoxes bénévoles à soutenir les efforts de secours, lesquels se sont montrés actifs après l’ouragan Katrina et les innombrables tornades, inondations et désastres dus aux intempéries à travers le pays. Outre les situations d’urgences et l’aide aux réfugiés, l’IOCC soutient également les projets de développement à long terme. En Grèce, où l’on estime maintenant qu’un tiers de la population vit au-dessous du seuil de la pauvreté, l’IOCC fournit de l’aide alimentaire et des fournitures scolaires à 5000 familles grecques en difficulté et travaille à stimuler l’agriculture dans le nord du pays afin de créer des emplois pour 2000 cultivateurs. Dans les Balkans occidentaux, l’IOCC a assisté plus d’un million et demi de personnes par l’aide au retour des réfugiés, à l’agriculture et la production alimentaire, au développement communautaire, à l’éducation et au développement économique. Le programme de micro-crédits en Bosnie-Herzégovine, qui a commencé en 2002, a fait l’objet d’un investissement de 22 millions de Dollars dans 13.000 prêts pour micro-entreprises avec un taux moyen de remboursement mensuel de 99%. Mark D. Stavropoulos, président du Conseil d’Administration a commenté le 25ème anniversaire de l’Agence : « Cela a été mon grand privilège de servir aux côtés des membres du Conseil, du personnel dévoué de l’IOCC à travers le monde, de nos partenaires exceptionnels de l’Église orthodoxe, de nos organisations partenaires, afin d’aider ceux qui sont dans le besoin. Nous prenons soin de sélectionner des projets qui sont aptes à avoir le plus long impact possible parmi le grand nombre de bénéficiaires. Et bien que nos programmes soient conçus pour aider les autres, nos bénéficiaires apportent en retour à l’équipe entière de l’IOCC un amour sans bornes, de l’espérance, et la sagesse qui fait que nous restons humbles dans notre travail ».

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L’archidiocèse orthodoxe grec d’Amérique lance l’opération « sacs bruns » permettant de nourrir des milliers de sans-abris à Salt Lake City (États-Unis)

Le samedi 30 avril, l’église orthodoxe grecque de Salt Lake City a lancé un programme connu sous le nom d’opération « sacs bruns » qui a pour but de nourrir les personnes sans domicile fixe de la ville. Des fidèles de la cathédrale de la Sainte-Trinité et de l’église du Prophète-Élie ont réuni leurs forces et préparé plus de 3.500 sacs de nourriture comprenant des sandwiches, des fruits et des chips destinés aux sans abris. Dans une déclaration, l’Église a expliqué que même si elle nourrit environ 3.000 sans abris à l’occasion du « Thanksgiving day », « ceux-ci, ainsi que les nécessiteux ont faim toute l’année ».

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Le patriarche de Moscou Cyrille, à l’occasion de la victoire de 1945 : « Ce fut une victoire historique qui a changé le cours de l’histoire »

Le 8 mai 2017, à la veille du 72ème anniversaire de la victoire de la seconde guerre mondiale, le patriarche de Moscou Cyrille a déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, qui se trouve au jardin Alexandre, devant le mur du Kremlin. À la cérémonie ont également participé le métropolite de Kroutitsa et Kolomna Juvénal, vicaire patriarcal du diocèse régional de Moscou et chancelier du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Saint-Pétersbourg et Ladoga Barsanuphe, le métropolite Valentin (Michtchouk), le métropolite d’Istrinsk Arsène, premier vicaire du patriarche de Moscou pour la ville de Moscou, l’archevêque de Solnetchnogorsk Serge, chef du secrétariat administratif du Patriarcat de Moscou, ainsi que les vicaires du Patriarche et du diocèse de Moscou, les supérieurs et supérieures des monastères, le clergé de la capitale. Le général-lieutenant V.S. Ivanovsky, chef de la Direction principale de la police militaire du Ministère de la défense, le général-major E.A. Seleznev, commandant militaire de la ville de Moscou, la garde d’honneur du 154ème régiment Preobrajensky, les militaires participant à la parade de la Victoire du 9 mai, ont également pris part à la cérémonie. Avant la pose de la gerbe, le primat de l’Église orthodoxe russe s’est adressé aux militaires présents au Jardin Alexandre par l’allocution suivante : « Chers membres des forces militaires russes, Je m’adresse toujours à vous avec un sentiment particulier, ici, devant les murs sacrés du Kremlin de Moscou, près de la tombe du Soldat inconnu, laquelle nous rappelle le grand exploit de notre peuple lors de la Grande guerre patriotique. Nous avons vaincu. Ce fut une victoire historique, qui a changé le cours de l’histoire. C’était une victoire qui a sauvé notre peuple et notre pays. À l’avant-garde de cette victoire se trouvait notre armée, des gens capable d’accomplir un exploit. Dieu fasse que l’armée russe actuelle soit pleinement conforme aux grands idéaux de la vaillance militaire, au dévouement, à l’aptitude à accomplir des exploits, qui se manifestèrent durant les années de la Grande guerre patriotique. Que Dieu vous préserve tous de la participation réelle à quelques actions militaires meurtrières. Mais s’il surgit à un certain moment la nécessité de défendre la patrie, nous devons tous, et en premier lieu les forces armées, pouvoir la défendre. Je vous souhaite à tous des jours paisibles, une bonne santé, la force physique et le courage, si nécessaires pour réaliser votre vocation militaire. Bonne fête ! Bonne fête de la victoire ! Bonne fête du 9 mai ! » Après la pose de la gerbe et la minute de silence, l’orchestre militaire a exécuté l’hymne national russe. Le patriarche et le clergé de l’Église orthodoxe russe ont ensuite entonné l’hymne liturgique « mémoire éternelle » « aux dirigeants et aux militaires qui ont donné leur vie pour la foi et la patrie », puis ils ont chanté le tropaire de la fête de Pâques. À la fin eut lieu une marche solennelle de la garde d’honneur du 154ème régiment Preobrajensky. À l’issue de la cérémonie, le patriarche Cyrille a souhaité une bonne fête de la victoire au clergé de Moscou.

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Le patriarche Cyrille a procédé à la bénédiction de la croix à la mémoire du grand-duc Serge Alexandrovitch Romanov à Moscou

Au Kremlin a été inaugurée la croix érigée à la mémoire du grand-duc Serge Alexandrovitch Romanov. Ont participé à la cérémonie le patriarche de Moscou Cyrille et le président Vladimir Poutine. Cinquième fils de l’empereur Alexandre II, le grand-duc, gouverneur général de Moscou et époux de la grande-duchesse Élisabeth (canonisée au nombre des saints martyrs de Russie), fut assassiné au moyen d’une bombe jetée sur son carrosse, alors qu’il passait près de la tour Nikolskaïa du Kremlin, par le terroriste Ivan Kaliaïev. La croix, érigée en 1908 en mémoire de cet événement tragique fut démolie аu cours d’un « samedi de travail » (travail gratuit les jours fériés, généralement le samedi, à l’époque soviétique), auquel participait personnellement Lénine. Le 1er mai, 99 années se sont écoulées depuis la démolition de la croix d’origine. On peut visionner ci-dessous quelques extraits de la cérémonie :

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« Nous ne combattons pas les morts » : un prêtre russe raconte l’histoire du plus grand cimetière allemand de la Seconde Guerre mondiale en Russie

« Il est primordial d’enterrer correctement les soldats ennemis, car la victoire n’a pas de sens sans la bienveillance des vainqueurs », a déclaré le prêtre orthodoxe Viatcheslav, qui a aidé à organiser l’un des plus grands cimetières militaires allemands d’Europe, lequel est situé près de Saint-Pétersbourg. Dans ce cimetière militaire allemand, qui a été ouvert en l’an 2000 dans le village de Sologoubovka, à environ 80 km de Saint-Pétersbourg, sont enterrés environ 54.000 militaires allemands de la seconde guerre mondiale, selon le site officiel de la Commission des sépultures de guerre allemandes, ONG responsable pour l’entretien de celles-ci en Europe et en Afrique du Nord. Ce cimetière peut contenir jusqu’à 80.000 tombes. Jusqu’à maintenant plus de 35.000 soldats allemands ont été identifiés, selon la commission. « Nous sommes à un endroit unique pour les relations russo-allemandes » a déclaré le père Viatcheslav, qui est l’archiprêtre de l’église de la Dormition située non loin de là. « À mes yeux, il s’agit là du plus grand projet entre la Russie et l’Allemagne, dont l’initiative a été prise par la paroisse d’un petit village russe, mais qui a trouvé un écho chez les hommes politiques et le public dans toute l’Europe » a-t-il précisé. Sologoubovka a été choisi pour héberger le cimetière en raison des 3.500 militaires allemands qui y ont été enterrés pendant la seconde guerre mondiale. « C’était le facteur décisif pour installer le cimetière ici… Les restes ont été exhumés et transférés sur le lieu destiné à l’inhumation » a précisé le père Viatcheslav. Selon lui, le cimetière abrite actuellement « les restes des militaires allemands de tout le Nord-Ouest de la Russie, mais la majorité provient des proches districts de la région de Leningrad ». Les forces nazies n’ont jamais pu s’emparer de la ville de Leningrad, actuellement Saint-Pétersbourg. Cependant, elles procédèrent au blocus de la ville, qui dura 872 jours, du 9 septembre 1941 au 27 janvier 1944, qui coûta la vie de plus de 640.000 civils selon les statistiques officielles. Les nouveaux chiffres fournis par le ministère russe de la défense s’élèvent à 1,4 millions de personnes mortes pendant le siège. Le père Viatcheslav ajoute que les restes des troupes allemandes découverts en Russie étaient incinérés avant que ce cimetière soit ouvert. « Selon l’accord signé entre la Russie et l’Allemagne en 1992, la partie allemande n’a pas le droit d’indiquer les noms sur les tombes à Sologoubovka. Nous savons qui y est enterré, mais aucun signe personnel n’est placé sur les tombes, bien que nous pouvons voir les noms de chacun des morts gravé sur une pierre » a déclaré encore le père Viatcheslav. Le prêtre rappelle que des groupes entiers viennent d’Allemagne à la recherche de leurs proches, ajoutant qu’il essaye d’aider tous ceux qui viennent. Il précise encore que ceux qui reposent à Sologoubovka « ne relèvent pas de l’Église orthodoxe russe. Aussi, ils ne font pas l’objet de rites funéraires orthodoxes… mais la juste compréhension et l’aptitude à voir les résultats ravageurs de la guerre rendent ce cimetière très important pour les Russes également ». Le père Viatcheslav a poussé à la création de ce cimetière militaire allemand à Sologoubovka parce qu’il croit que « chaque soldat a le droit à une tombe ». « Nous devons rendre le soldat à la terre, indépendamment de qui il était… Nous ne combattons pas les morts… Les crimes et les criminels de guerre doivent être condamnés, mais il est vain de combattre les restes », a-t-il expliqué. Le prêtre a évoqué un officier militaire russe qui rend visite chaque année le 9 mai – jour de la victoire – pour y présenter ses respects, disant que « ceux-ci sont aussi des soldats. Un soldat n’est pas responsable de son commandement. Il ne fait que suivre les ordres ». Le père Viatcheslav ajoute que « si un vainqueur n’est pas bienveillant, cela veut dire qu’il n’a pas réellement vaincu… S’il est vindicatif, s’il est cruel, s’il ne dépasse pas la partie vaincue sur le niveau éthique, sa victoire est alors temporaire. Je pense que les Russes ont gagné cette guerre non pas seulement par des armes, mais par les valeurs morales professées par notre peuple et notre culture ». Près du cimetière, « le projet pacificateur » à Sologoubovka inclut l’église de la Dormition et le « Parc de la paix ». L’église « a été restaurée non seulement avec des fonds russes et allemands, mais aussi d’autres pays d’Europe ». Cette église, pendant la guerre, a été l’objet de tirs de l’artillerie nazie et a été détruite, restant « en ruine, couverte d’arbres et de buissons » dit l’archiprêtre. L’église devait être entièrement démolie pour laisser la place à une route conduisant au nouveau cimetière, mais l’engagement du père Viatcheslav a sauvé le lieu de culte. « Finalement, nous sommes arrivés à la conclusion que la reconstruction de l’église par des efforts communs serait un signe de réconciliation. Nous avons maintenu l’église, construit le cimetière et uni ces deux éléments dans le Parc de la paix ». Le Parc de la paix, « un terrain avec des plantations, des éléments architecturaux et des sculptures » est destiné « à souligner la tragédie de la guerre et la bénédiction de la paix ». Le père Viatcheslav déclare que tout le monde n’a pas bien accueilli l’idée de créer un cimetière pour les troupes ennemies. Cependant, nombreux sont ceux des opposants qui ont finalement compris l’importance d’un tel site pour le futur des relations pacifiques entre la Russie et l’Allemagne : « Comment cela s’est-il produit ? Nous les avons tout simplement amenés aux cimetières militaires russes en Allemagne. Ils ont vu que leurs amis reposaient dans des tombes bien entretenues avec leurs noms gravés dans la pierre ». L’archiprêtre déclare que ce qui s’est produit était presque un « miracle » : « Lorsque ces vieilles personnes, les vétérans, sont revenus à Sologoubovka, ils ont posé des fleurs sur les tombes allemandes ». Un court film vidéo sur le cimetière et l’église, avec les commentaires du père Viatcheslav est disponible ici https://youtu.be/eXBrDqn-01g (en russe avec sous-titres en anglais).

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Office de commémoration annuelle de l’archiprêtre Ignace Peckstadt

L’office de commémoration annuelle de l’archiprêtre Ignace Peckstadt a été célébrée le samedi 6 mai 2017 à la paroisse de Saint André à Gand. Un an après le décès de Père Ignace d’éternelle mémoire, son fils par la chair Son Eminence le Métropolite Athénagoras de Belgique et Exarque des Pays-Bas et du Luxembourg accompagné par des prêtres et de nombreux fidèles de la Sainte Métropole ont honoré sa mémoire et souhaité son repos éternel dans la paroisse de Gand qu’il a lui-même fondé. Au côté de Son Eminence se trouvaient Son Excellence l’Evêque Eymenios de Lefkis, Evêque auxiliaire de la Sainte Métropole d’Allemagne et ancien ami du défunt père, ainsi que son frère par la chair père Bernard et son gendre père Dominique, accompagnés des prêtres et diacres de la Sainte Métropole de Belgique. En prière, étaient également présentes Mère Ioanna, Mère Supérieure du Monastère de la Nativité de la Mère de Dieu à Asten aux Pays-Bas et soeur Sophia du Monastère de Saint Jean Baptiste à Essex en Grande Bretagne. Père Ignace était un avocat renommé à son époque puisqu’il a agit activement avec Son Eminence Panteleimon l’ancien Métropolite de Belgique pour la reconnaissance de l’Eglise Orthodoxe par l’Etat Belge. Il devint prêtre, organisant les paroisses de la région de Flandre et donnant à l’Eglise ses deux fils et son gendre qui servent comme clercs l’Orthodoxie au centre de l’Europe jusqu’à ce jour. Son Eminence le Métropolite Athénagoras de Belgique a célébré avec émotion, après la Divine Liturgie, l’office de commémoration annuelle et, à sa fin, il remercia toutes les personnes présentes qui honorèrent la mémoire de son père par la chair, exprimant également le message d’espoir de Résurrection qui émane de la Résurrection du Christ notre Sauveur.Après la Divine Liturgie et de l’office de la commémoration, une petite réception à été offerte à la salle de fête de la paroisse.

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Des coups de feu ont été tirés à Kiev en direction d’un prêtre de l’Église orthodoxe d’Ukraine

À Kiev, des coups de feu ont été tirés en direction de l’archiprêtre Zacharie Kerstiouk, dirigeant de la Mission « Charité sans frontières ». Le prêtre a raconté l’événement sur sa page Facebook. « Vers 16h10, près du grand magasin « Ukraina », deux tirs ont eu lieu dans ma direction », écrit l’archiprêtre. Alors qu’il se dirigeait vers l’arrêt du tramway, il entendit, venant de l’autre côté de la rue, des cris provenant d’hommes se trouvant dans une voiture blanche (type Renault Kangoo), attirèrent son attention. « Je regardai dans leur direction et j’ai vu un homme qui tenait un pistolet dans ses mains, pointé dans ma direction, je me suis immédiatement assis, puis couché sur l’asphalte. L’homme cria quelque chose comme « prends ça, crétin ! » et il tira deux fois. Il y a au moins une cinquantaine de témoins », a déclaré le père Zacharie. L’archiprêtre considère qu’il s’agit là d’une intimidation (« S’ils l’avaient voulu, ils seraient parvenus à me tuer »), qu’il lie à ses voyages caritatifs dans l’Est de l’Ukraine, que la Mission « Charité sans frontières », qui agit sous l’égide de l’Église orthodoxe d’Ukraine, réalise depuis le début du conflit armé au Donbass. « Il en ressort que les gens qui veulent me contraindre à renoncer aux voyages dans la zone de conflits, sont passés des menaces verbales aux actes réels », a ajouté le père Zacharie. L’archiprêtre a précisé qu’il ne s’adressera pas à la police, mais qu’il procédera au voyage dans la zone des conflits au Donbass, comme prévu. « Si vous voulez m’aider, tout simplement, priez ! », a conclu l’archiprêtre.

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Le nouveau gouvernement bulgare a prêté serment en présence du patriarche de Bulgarie Néophyte

Le nouveau gouvernement bulgare a prêté serment le 4 mai en présence du patriarche de Bulgarie Néophyte. Le premier ministre Boïko Borisov et les ministres de son cabinet ont prêté serment à l’Assemblée nationale. Ils l’on fait devant le saint Évangile et la Croix, en présence du patriarche Néophyte, qui est venu à l’Assemblée nationale accompagné par le métropolite d’Europe occidentale et centrale de l’Église orthodoxe bulgare, le métropolite Antoine. Le patriarche et sa suite ont été ensuite reçus par le président du parlement, M. Dimitar Glavtchev et son cabinet, où ils ont attendu la fin de la partie administrative de la séance. Après la présentation de la structure du gouvernement et sa composition, ainsi que le vote subséquent, le Président de l’Assemblée nationale a invité le Patriarche bulgare dans l’hémicycle pour la prestation de serment. Les députés et les ministres nouvellement élus se sont levés lors de l’entrée du patriarche en signe de respect. Après avoir reçu la bénédiction du patriarche, les nouveaux ministres avec à leur tête, le premier ministre Boïko Borisov, se sont approchés de la table sur laquelle étaient posés la Croix et l’Évangile, puis ont prêté serment d’observer la Constitution et les lois du pays et d’agir dans l’intérêt du peuple. À la sortie du parlement, devant les médias, le patriarche Néophyte a souhaité au nouveau parlement, « la réussite, la joie d’avoir accompli les promesses. Et nous prierons pour leur succès ».

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Le métropolite Hilarion : « Ne crachons pas sur notre histoire »

Le 22 avril 2017, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, répondait aux questions d’Ekaterina Gratcheva dans l’émission « L’Église et le monde » sur la chaîne de télévision « Rossia-24 ». Cette émission est diffusée les samedis et les dimanches.

E. Gratcheva : Bonjour ! Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, commente l’actualité de la semaine.
Le métropolite Hilarion : Bonjour, Ekaterina ! Bonjour, chers frères et sœurs.
E. Gratcheva : Le tribunal de grande instance de notre pays a interdit les « Témoins de Jéhovah » en tant qu’organisation sur l’ensemble du territoire de la Russie. Beaucoup ont salué cette nouvelle, mais certains craignent que le gouvernement perde tout contrôle sur cette organisation, maintenant qu’elle est interdite. Qu’en pensez-vous ?
Le métropolite Hilarion : Je ne pense pas que l’état contrôlait réellement cette organisation, parce qu’il s’agit d’une secte, qui plus est d’une secte totalitaire et nuisible. Je parle en connaissance de cause, car je me suis souvent entretenu avec d’anciens adeptes de cette secte. Dans l’église dont je suis le recteur, nous organisons tous les six mois une cérémonie de réintroduction dans l’Église des personnes l’ayant quittée pour faire partie d’une secte. Parmi elles, il y a d’anciens « Témoins de Jéhovah ».
Il s’agit vraiment d’une secte dangereuse, bien qu’elle se définisse comme confession chrétienne. Lorsque ses adeptes s’approchent des piétons dans la rue et leur proposent de prendre connaissance d’une brochure, ils ne disent pas qu’ils font partie de la secte des « Témoins de Jéhovah », ils se présentent comme chrétiens. Pourtant, ils tordent la doctrine chrétienne, proposent une interprétation inexacte de l’Évangile. La doctrine des Jéhovistes est faussée, ils ne croient pas que Jésus Christ est Dieu et Sauveur, ils n’acceptent pas le dogme de la Sainte Trinité. C’est pourquoi ils ne peuvent pas être appelés chrétiens.
Mais le danger de cette secte n’est pas tant dans ce détournement de la doctrine chrétienne, car ce n’est pas une raison pour mettre des gens en prison ou leur retirer leur licence. Elle est dangereuse parce que c’est une secte totalitaire, dont les agissements sont fondés sur la manipulation de conscience. Ses adeptes détruisent le psychisme des gens, détruisent les familles. Si quelqu’un décide de quitter la secte, ses plus proches parents, même son mari ou sa femme, ses enfants, ses parents, n’ont plus le droit de communiquer avec lui, ni doivent plus s’asseoir à sa table. L’ancien adepte devient paria dans sa propre famille si les membres de celle-ci continuent à faire partie de la secte.
Si, au contraire, quelqu’un fait partie des Témoins de Jéhovah, tandis que sa famille n’en n’est pas membre, il doit pratiquement rompre tout lien avec ses proches. Beaucoup de familles ont été ainsi détruites. Bien plus, les Témoins de Jéhovah, connus pour être contre les transfusions sanguines, sont responsables de la mort des gens qui auraient pu être sauvés par cette méthode de soin. Cela ne concerne pas seulement des vies d’adultes, mais aussi des vies d’enfants. Il y a eu des cas où des enfants sont morts parce qu’on ne leur a pas fait de transfusion sanguine à temps, la doctrine de cette secte l’interdisant.
On ne peut donc que se réjouir de l’interdiction de cette secte en Russie. En même temps, je tiens à souligner que l’Église n’est pour rien dans cette décision. On ne nous a pas consultés. L’Église, d’une façon générale, n’appelle pas à poursuivre en justice les hérétiques, les sectateurs, ceux qui ne sont pas d’accord avec elle. L’état n’a pas pris sa décision en partant de motifs doctrinaux, mais parce que l’activité de cette secte a une dimension extrémiste. Il ne s’agit pas d’opposition aux fondements de la foi de telle ou telle religion, mais d’infraction au code civil.
Il est indéniable que les membres de la secte continueront leur activité. Je ne pense pas qu’il sera plus difficile de les contrôler, puisqu’on ne les contrôlait pas auparavant. Mais, du moins, ils cesseront de se présenter comme confession chrétienne. Autrement dit, sur le marché des confessions, ce produit ne sera plus présenté, ce qui sauvera certainement bien des familles et même des vies.
E. Gratcheva : En tous cas, ils ne pourront plus louer des Palais de la culture ou d’autres espaces pour leurs réunions.
Le métropolite Hilarion : Ils ne pourront plus louer de Palais de la culture, ni de stades, et leur influence délétère et néfaste diminuera donc.
E. Gratcheva : Nous venons d’apprendre que, pour la première fois depuis 930 ans, les reliques de l’un des saints les plus vénérés dans notre pays, saint Nicolas le Thaumaturge, seront amenées en Russie. Près de la moitié des églises russes lui sont dédiées, il y a des parcelles de ses reliques dans beaucoup d’églises. Alors, quel est le sens, quelle est l’importance de la visite de ces reliques, transportées depuis la ville italienne de Bari ?
Le métropolite Hilarion : Je tiens à parler de l’histoire de cet évènement. Saint Nicolas est sans doute le saint le plus vénéré, non seulement en Russie, mais dans bien d’autres parties du monde. Ses reliques étaient conservées dans la ville dont il fut l’évêque, Myre en Lycie, une ville située sur le territoire de l’actuelle Turquie. Aux VI, VII, VIII siècles, elle a souvent fait l’objet de raids de la part des Arabes, d’abord, puis des Turcs. Comme l’existence même du christianisme était menacée, en 1087, les habitants de de Bari ont pris la décision de transférer les reliques de saint Nicolas dans leur ville. Pour cela, ils ont tout simplement volé les reliques. Ils sont venus à Myre, ont ligoté les moines qui gardaient les reliques, les ont volé, et transporté en bateau. Lorsque les moines ont été libérés, il était trop tard.
Singulièrement, ce vol est célébré comme une fête dans l’Église russe. Le 22 mai, lorsque nous faisons mémoire de saint Nicolas, nous fêtons en fait la translation des reliques de saint Nicolas de Myre en Lycie à Bari. C’est un exemple de ce dont parlait saint Jean Damascène dans son Précis de la foi orthodoxe : Dieu utilise parfois les œuvres mauvaises des hommes pour en tirer un bien. On se demande, en effet, ce que seraient devenues ces reliques si elles n’avaient pas été transférées à temps à Bari. Cela s’est produit il y a 930 ans. Depuis, les reliques n’ont jamais quitté la ville italienne. Lorsque le Patriarche Cyrille a rencontré l’an dernier le Pape François, l’un des sujets de négociations a été la possibilité de transporter en Russie les reliques de saint Nicolas. C’est ainsi qu’une grande partie de ces reliques séjournera dans notre pays. Elles seront exposées à l’église du Christ Sauveur.
Saint Nicolas est un saint qui réagit étonnamment aux prières. Il y a des quantités de témoignages de grâces reçues très rapidement. Il aide dans les circonstances difficiles de la vie, dans les malheurs, et même pour résoudre les petits problèmes du quotidien.
E. Gratcheva : Monseigneur, j’aimerais soulever un thème dont nous discutons rarement dans notre émission : le cinéma. Le film d’Alexeï Outchitel’, « Matilda », qui doit prochainement sortir sur les écrans, a suscité de vives réactions dans la société. Ce film part de faits réels, l’histoire d’amour entre le futur empereur Nicolas II et la ballerine Mathilde Kchessinskaïa. Beaucoup d’orthodoxes, sans avoir vu le film, l’accusent d’offenser les sentiments des croyants. L’Église peut-elle et doit-elle, à votre avis, formuler sa propre opinion sur un film, sur une exposition, sur un livre, si ces œuvres parlent d’une personnalité canonisée ?
Le métropolite Hilarion : L’Église a naturellement déjà formulé sa position, et ce à plusieurs reprises.
Nous approchons du centenaire de la fin tragique du dernier empereur russe et de sa famille. Il y a quelques années, j’ai accompagné le Patriarche Cyrille dans un voyage en Serbie, et nous avons participé à un évènement étonnant : sous une pluie battante, le Primat de l’Église russe et le Patriarche Irénée de Serbie ont consacré un monument au tsar-martyr, le dernier Empereur de Russie, Nicolas II, en plein centre de Belgrade. C’était très touchant, car la Serbie manifestait ainsi sa reconnaissance à l’empereur de Russie, qui avait soutenu le peuple serbe.
Dans notre pays, pour autant que je sache, il n’y a aucun monument au dernier empereur russe. Nous avons des quantités de monuments à Lénine, qui peut à bon droit être critiqué. Nombre de personnages historiques douteux ont leur monument sur nos places ou sont représentés dans la toponymie de nos villes, mais le dernier empereur, pendant le règne duquel beaucoup de bonnes choses ont été faites pour le pays, n’a toujours pas de monument. Le centenaire de sa mort approche, celui de cette atroce exécution perpétrée sans jugement sur lui, sur son épouse et ses enfants mineurs. Comment le pays se prépare-t-il à cette date ? En tournant un film sacrilège, soi-disant basé sur des faits historiques, alors que les faits historiques y sont tous détournés. Ce film est, à mon avis, l’apothéose de la vulgarité.
E. Gratcheva : Vous avez vu le film ?
Le métropolite Hilarion : Oui, je l’ai vu, j’ai été invité par le metteur en scène en personne. Je dois dire qu’il y a deux ou trois ans, il m’avait montré son projet et voulait même que j’y prenne part, il pensait, par exemple, que ma musique pourrait être utilisée dans le film. J’ai dit tout de suite que le scénario me paraissait douteux et que les réactions risquaient d’être assez vives. Malgré tout, après avoir fini le film, Alexeï Efimovitch m’a proposé de le voir.
Après quelques hésitations, j’ai décidé d’aller voir le film, au moins pour ne pas être un de ceux qu’on accuse de critiquer sans avoir vu. Après avoir regardé, j’ai dit à Alexeï Efimovitch que je n’avais rien de bon à dire sur son film. Il a été déçu, peut-être vexé. Malheureusement, comme je l’ai dit, le film détourne les évènements historiques et tout y est présenté de façon caricaturale. Le film s’ouvre sur un cadre de la scène du théâtre Mariïnski : la bretelle du bustier de Mathilde Kchesinskaïa se dégrafe, dénudant le sein… L’héritier du trône, assis dans la loge impérial, se dresse sur son fauteuil, tout excité. Le film commence par cette vulgarité et continue dans le même esprit.
E. Gratcheva : Votre critique concerne le fond même de l’œuvre, donc on ne peut rien arranger au montage ou en post-production ?
Le métropolite Hilarion : Je ne pense pas qu’on puisse arranger quoi que ce soit. Certes, je n’ai vu le film qu’inachevé, il restait des choses à terminer. Mais je ne pense pas qu’on ait changé quoi que ce soit sur le fond. Et je ne pense pas non plus qu’on puisse y changer grand-chose, car c’est l’approche d’une personnalité historique de cette envergure qui est incorrecte. Je ne parle pas des qualités ou des défauts artistiques de ce film.
L’empereur Nicolas II a été canonisé, l’Église a sa façon à elle d’envisager cette personnalité. Le jour de son décès, le jour anniversaire de l’assassinat de la famille impériale, des dizaines de milliers de personnes participent à une procession allant du lieu de la fusillade au lieu présumé de l’inhumation. La procession dure cinq heures, et rassemble soixante, soixante-dix ou quatre-vingt-mille personnes. Vous vous imaginez quelle sera la réaction des fidèles orthodoxes lorsque ce film sortira !
Certes, on peut dire : vous n’avez qu’à ne pas regarder, si ça ne vous plaît pas. Mais il s’agit de notre patrimoine national, de notre histoire. Nous ne devons pas cracher sur notre histoire. Nous ne devons pas humilier de cette façon, publiquement, les gens de ce niveau, de cette envergure, en les représentant comme ce film représente le dernier empereur russe. Je ne parle même pas de la représentation de la dernière impératrice, Alexandra Feodorovna, dont le film fait une véritable sorcière, alors qu’elle aussi a été canonisée.
E. Gratcheva : Monseigneur, mais on pourrait objecter qu’il faut distinguer le personnage historique du saint orthodoxe, le souverain du martyr. Le critique littéraire I. Aïkhenvald disait bien : « Pouchkine, ce n’est pas Alexandre Serguievitch ». Où passe la frontière entre les deux ?
Le métropolite Hilarion : Nicolas II a vécu une histoire d’amour réelle, celle de son amour pour la femme qui est devenue l’impératrice. Il en est tombé amoureux dès l’adolescence, on peut même dire dès l’enfance, lorsqu’ils se sont vus pour la première fois. Et il est resté amoureux d’elle toute sa vie. Son aventure avec Mathilde Kchessinskaïa est un amour de jeunesse, qui n’a pas duré longtemps. Cette aventure s’est terminé après les fiançailles du futur tsar, et Nicolas II n’a jamais trompé sa femme. Pour résumer, il y a bien eu une histoire d’amour entre le tsarévitch et la ballerine. Mais en faire toute une histoire, en tirer une soi-disant œuvre d’art, un film qui cartonne en caisses, et célébrer ainsi le centenaire de l’assassinat de la famille impériale, tout cela est vraiment profondément incorrect.
E. Gratcheva : Le 18 avril, le Conseil d’état réuni à Novgorod a discuté de l’activité de ce qu’on appelle des « organisations de micro-finances », qui prêtent de petites sommes à des taux très élevés. Le Patriarche a publiquement condamné cette pratique, disant qu’il fallait plutôt créer des banques pour les pauvres. Comme l’Église propose-t-elle de lutter contre les usuriers du XXI siècle ?
Le métropolite Hilarion : L’Église s’est toujours prononcée contre l’usure, car l’usure est une forme légale d’exploitation des malheurs. Prenons ce qu’on appelle les « micro-crédits ». De quoi s’agit-il en réalité ? Quelqu’un n’a pas assez d’argent pour vivre jusqu’à sa prochaine paye, il fait un petit emprunt. Puis un second. Le pourcentage à rendre peut excéder plusieurs fois les sommes empruntées. Lorsque vient le moment de rendre l’argent, le créditeur n’a pas de quoi payer. On peut alors lui confisquer ses biens, son appartement, etc.
Il s’agit donc en fait d’un système criminel. Le Patriarche n’en a pas parlé pour rien : les gens viennent nous voir, nous, membres du clergé, ils écrivent au Patriarche. L’état doit contrôler cette activité. Le fait de pouvoir emprunter et rendre ensuite peu à peu une somme n’est pas mauvais en soi, cela aide beaucoup de gens, notamment les jeunes familles, qui peuvent ainsi acheter un appartement. Mais lorsque cela devient un moyen de soutirer aux gens l’argent qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront jamais, il s’agit d’une activité inadmissible qui doit être strictement contrôlée.
Dans la seconde partie de l’émission, le métropolite Hilarion a répondu aux questions postées par les téléspectateurs sur le site du programme « L’Église et le monde » vera.vesti.ru.
Question : Comment Dieu peut-il aider, lorsqu’un proche est à l’article de la mort ? Quelles prières peut-on dire pour que Dieu entende et aide ?
Le métropolite Hilarion : L’Église est très attentive envers les gens qui sont au seuil de la vie éternelle. Elle propose différentes prières et rites, ainsi que des sacrements qui sont célébrés pour que la personne puisse se préparer au mieux à la mort. Nous disons que toute la vie doit être une préparation à la mort, car la mort n’est pas seulement la fin de la vie terrestre, mais un passage à la vie éternelle. De notre vie sur terre dépend notre sort dans la vie éternelle. Si vous savez qu’un de vos parents va bientôt mourir, il faut avant tout se préoccuper de ce qu’il ne meure pas sans confession ni communion.
La confession et la communion sont les sacrements qui nous soutiennent tout au long de notre vie et nous aident à nous préparer à l’heure de la mort. La famille, par pitié envers le mourant, lui cache souvent l’approche de la mort, craint d’inviter le prêtre, de peur que le mourant ne devine sa fin prochaine. A cause de quoi, malheureusement, beaucoup de gens sont privés de la possibilité de se confesser et de communier avant de mourir. C’est pourquoi, si vous savez que quelqu’un va bientôt mourir, appeler le prêtre, sans attendre le moment où la personne aura déjà perdu connaissance et que la visite du prêtre devienne pratiquement inutile.

8e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky Frenkel (Patriarcat de Jérusalem) – mardi 9 mai

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel donnera le mardi 8 mai sa 8e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque. La conférence aura lieu demain à 19h00 au 286 rue Saint-Jacques, 75005, Paris. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour voir la vidéo de sa 1ère cliquez ICI de sa 2ème conférence LÀ, de sa 3e conférence , de sa 4 conférence, de sa 5e conférence, de sa 6e conférence et de sa 7e conférence.

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a publié la liste des saints qui seront commémorés dans le cadre de la « Fête des Pères du Concile panrusse de 1917-1918 »

Lors de sa séance du 4 mai, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a décidé la commémoration des Pères du Concile panrusse de 1917-1918, fixée au 5/18 novembre, jour de l’élection du saint hiérarque Tikhon au siège patriarcal de Moscou. Le Saint-Synode a décidé d’introduire dans ménologe liturgique la mémoire collective des Pères du Concile local de l’Église russe de 1917-1918, selon la liste ci-dessous :

St. Tikhon, patriarche de Moscou et de toute la Russie († 1925)
Hiéromartyr métropolite Vladimir (Bogoyavlensky, † 1918)
Hiéromartyr archevêque Andronique (Nikolsky, † 1918)
Hiéromartyr archevêque Basile (Bogoyavlensky, † 1918)
Hiéromartyr évêque Hermogène (Dolganev, † 1918)
Hiéromartyr évêque Éphrem (Kouznetsov, † 1918)
Hiéromartyr évêque Laurent (Knyazev, † 1918)
Hiéromartyr archimandite Barlaam (Konoplev, † 1918)
Hiéromartyr archimandrite Matthieu (Pomerantsev, †1918)
Martyr Alexis Zverev († 1918)
Martyr Nicolas Varjansky († 1918)
Hiéromartyr archevêque Métrophane (Krasnopolsky, † 1919)
Hiéromartyr évêque Platon (Koulbouch, † 1919)
Hiéromartyr archevêque Tikhon (Nikanorov, † 1920)
Hiéromartyr archevêque Sylvestre (Olchevsky, † 1920)
Hiéromartyr évêque Simon (Chleyov, † 1921)
Hiéromartyr métropolite Benjamin (Kazansky, † 1922)
Hiéromartyr archimandrite Serge (Cheïn, †1922)
St. Alexis (Soloviev, †1928)
Confesseur métropolite Agathange (Preobrajensky, †1928)
Hiéromartyr archimandrite Benjamin (Kononov, †1928)
Hiéromartyr archevêque Hilarion (Troïtsky, †1929)
Hiéromartyr évêque Basile (Zelentsov, † 1930)
Hiéromartyr archevêque Jean (Pommer, † 1934)
Hiéromartyr prêtre Malakhov († 1937)
Hiéromartyr archiprêtre Alexandre Khotovitsky (†1937)
Hiéromartyr archiprêtre Constantin Bogoslovsky (†1937)
Hiéromartyr métropolite Eugène (Zernov, †1937)
Hiéromartyr métropolite Pierre (Polyansky, †1937)
Hiéromartyr métropolite Cyrille (Smirnov, †1937)
Hiéromartyr archevêque Procope (Titov, † 1937)
Hiéromartyr archiprêtre Élie Gromoglasov (†1937)
Hiéromartyr archevêque Séraphim (Ostroumov, †1937)
Hiéromartyr archevêque Nicolas (Dobronravov, † 1937)
Hiéromartyr archimandrite Cronide (Lioubimov, † 1937)
Hiéromartyr métropolite Séraphim (Tchitchagov, †1937)
Hiéromartyr archiprêtre Serge Golochapov († 1937)
Hiéromartyr archimandrite Isaac (Bobrakov, † 1938)
Hiéromartyr archevêque Alexandre (Trapitsine, †1938)
Hiéromartyr Métropolite Anatole (Grisiouk, † 1938)
Martyr Jean Popov († 1938)
Hiéromartyr archiprêtre Jean Artobolesky (†1938)
Hiéromartyr archiprêtre Michel Okolovitch († 1938)
Hiéromartyr archevêque Nicodème (Krotkov, † 1938)
Confesseur évêque Athanase (Sakharov, †1962)
Confeseur archiprêtre Tcheltsov († 1972)

Il est proposé à la commission liturgique de présenter pour examen au Saint-Synode les textes du tropaire, du kondakion et du mégalynaire des saints Pères du Concile local de l’Église russe. Il a été également décidé de constituer un office à ces saints, et jusqu’à sa rédaction, de célébrer l’office commun aux saints néomartyrs et confesseurs de Russie, qui se trouve dans les ménées sous la date du 25 janvier.

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Célébration solennelle à Nea Makri, près d’Athènes, de la fête de saint Éphrem le Nouveau, un néomartyr de la période ottomane, en présence du président de la République hellénique

En présence du président de la République hellénique, M. Prokopis Pavlopoulos, a été commémorée le 5 mai la mémoire du saint moine martyr Éphrem au monastère de l’Annonciation de la Mère de Dieu, qui est également dédié au saint et qui se trouve sur le « Mont des Immaculés » situé dans l’Attique. Devenu moine dans ce monastère, saint Éphrem fut martyrisé par les Turcs le 5 mai 1426. Son histoire était totalement ignorée jusqu’en 1950, lorsque ses reliques furent découvertes, exhalant un parfum. Le saint apparut de nombreuses fois depuis 1965 aux habitants du village, leur racontant son martyre et accomplissant de nombreux miracles. Le 5 mai de cette année, la Liturgie solennelle en l’honneur du saint était présidée par l’archevêque Jérôme d’Athènes, assisté des métropolites Chrysostome de Chalcis, Macaire de Sidirokastro, Athénagoras d’Ilia, Timothée de Thessalie, ainsi que du métropolite du lieu, Cyrille de Kifisia. Celui-ci a prononcé l’homélie, évoquant la vie du saint et la découverte miraculeuse de ses reliques, puis il a remercié l’archevêque et les métropolites qui sont venus concélébrer dans ce monastère. Il a également remercié le président de la République, qui était son professeur à la Faculté de droit d’Athènes, pour avoir honoré de sa présence la fête de saint Éphrem. Ensuite, l’archevêque Jérôme a décerné à M. Prokopis Pavlopoulos la plus haute distinction du diocèse métropolitain de Kifisia, la Grande Croix du saint moine martyr Éphrem le Nouveau. Le président a remercié l’archevêque d’Athènes pour cette distinction et à déclaré : « Cet honneur très élevé détermine la hauteur de mon devoir. Ici, sur le Mont des Immaculés, saint Éphrem a remis son corps et son esprit, il s’est sacrifié sur l’autel des saints et vénérables de notre foi et de notre patrie. Cet exemple est celui qui illumine ma propre route dans l’exercice de mes devoirs de servir ce qui est sacré et saint dans notre patrie, notre peuple, ce qui est inspiré des principes et des valeurs du christianisme, et particulièrement des grandes valeurs de l’humanisme, de la paix et de la justice et, comme je vous l’ai dit, je sais honorer aussi la dette que j’ai reçue aujourd’hui ».

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Anniversaire du sacre épiscopal de Mgr Marc de Neamț, évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain d’Europe occidentale et méridionale

Le dimanche 7 mai est l’anniversaire du sacre épiscopal de Mgr Marc de Neamț, évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain d’Europe occidentale et méridionale. À cette occasion, le patriarche de Roumanie Daniel lui a adressé un message de félicitations. Mgr Marc (Alric) de Neamț est né le 11 mai 1958 à Paris dans une famille catholique-romaine française. Après ses études primaires et secondaires, il a suivi les cours de l’Institut d’urbanisme de l’Université Paris VIII, dont il a reçu le diplôme en 1980 et, en parallèle, ceux de la Faculté d’architecture de Paris, dont il a obtenu le diplôme en 1981. En 1980, il s’est converti à l’orthodoxie, puis est entré dans la communauté du monastère de Sihăstria. Le 6 septembre 1992, il a prononcé ses vœux monastiques, puis a été ordonné diacre le 9 septembre 1992, et prêtre, le 20 août 1994, par l’archevêque et métropolite Daniel de Moldavie et de Bucovine, l’actuel patriarche de Roumanie. En 1995, il achevé ses études à la Faculté de théologie orthodoxe de l’Université A.J. Cuza de Jassy. En 1996, il est revenu en France, où il célébra à la paroisse « Saint-Germain-et-Saint-Cloud » de Louveciennes. À partir de 1997, il a servi quelques années au monastère Saint-Silouane à Saint-Mars-de-Locquenay. En avril 2003 lui a été confiée la responsabilité pastorale de la paroisse Saint-Joseph à Bordeaux et il fit partie du conseil du doyenné de France du diocèse orthodoxe roumain. En date du 27 octobre 2004, l’archevêque et métropolite Joseph a proposé sa candidature au poste d’évêque-vicaire de l’archevêché orthodoxe roumain d’Europe occidentale. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine l’a élu à ce ministère le 3 mars 2005. Le sacre épiscopal a eu lieu le samedi de la Semaine lumineuse, en l’église des Saints-Archange à Paris le 7 mai 2005. Mgr Marc a traduit en français la vie du grand spirituel roumain contemporain, le père Cléopas (Ilie), parue aux Éditions de l’Âge d’Homme en 2004.

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Vidéo de la 7e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky – 2 mai

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel a donné le mardi 2 mai sa 7e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque.

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L’Église orthodoxe russe instaure une fête de commémoration des Pères du Concile local de 1917-1918

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a instauré une nouvelle fête : « La commémoration des Pères du Concile local de 1917-1918 ». C’est concile qui a décidé de rétablir le patriarcat en Russie. Le jour de la fête est le 18 novembre, date de l’élection de saint Tikhon au trône patriarcal.
Selon Alexandre Mazyrine, docteur en histoire de l’Église : « Le Concile de 1917-1918 est l’évènement le plus marquant dans l’histoire moderne de l’Église. Grâce à lui l’union s’est faite au sein de l’Église face à la vague de la répression». « Il a autorisé la participation active du clergé et des laïcs au gouvernement de l’ Église, leur donnant ainsi un sens de responsabilité pour le destin de l’Église. La restauration de l’institution de Patriarcat dans la personne du nouvellement élu patriarche Tikhon a donné à l’Église un guide spirituel de l’Église, symbole de son unité, de la sainteté et de la conciliarité, et pas un « papa moscovite », écrasant toutes les autres parties du corps de l’Église, dont beaucoup redoutaient,» – at – il dit. Selon l’opinion de l’historien, si le Concile ne s’était pas réuni, l’Église aurait moins résisté aux persécutions. Il a également rappelé que 50 participants du Concile ont été proclamé plus tard martyrs et confesseurs.

Le métropolite de Kalavryta Ambroise (Église orthodoxe de Grèce) au patriarche œcuménique Bartholomée : « Le Concile de Crète est une voie vers le schisme ».

Le métropolite Ambroise de Kalavryta de l’Église orthodoxe de Grèce a envoyé une lettre, datée du 24 avril, au patriarche œcuménique concernant le Concile de Crète de l’an dernier. Le métropolite commence sa lettre en mentionnant « sa très profonde tristesse et son étonnement » lorsqu’il a appris que le patriarche l’avait « déshonoré » dans une lettre au primat de l’Église de Grèce Mgr Jérôme, appelant celui-ci à « protéger le corps sacré de la hiérarchie [de l’Église de Grèce, ndt] contre les voix extrêmes des métropolites de Kalavryta et du Pirée ». Le hiérarque souligne qu’une telle lettre pourrait être considérée comme un excès de pouvoir et « une tentative d’exercer une sorte de primauté d’autorité sur une Église sœur », le Patriarche de Constantinople ne disposant que « de la primauté d’honneur, non de dignité et d’autorité ». Le métropolite écrit encore que le résultat du Concile de Crète qui, selon lui « n’est ni saint, ni grand » est que l’Église orthodoxe s’est divisée en « scissions multiples, donnant lieu à des bouleversements dans le troupeau du Christ… Un nouveau schisme se développe ». Selon le métropolite, il a été particulièrement erroné d’accorder le titre d’ « Église » à des confessions non-orthodoxes et ce dans une déclaration officielle. « Nous nous demandons alors s’il existe beaucoup d’Églises. Pourquoi donc confessons-nous dans le Credo « l’Église, une, sainte, catholique et apostolique » ? Ne s’agit-il pas là d’une contradiction ecclésiologique, voire même d’une sérieuse déviation dogmatique ? » demande-t-il. « Quel est donc le sens et le contenu théologiques des dialogues promus par vous avec les autres ‘Églises et confessions chrétiennes » ? Pour ce qui nous concerne, nous n’accepterons jamais une telle déviation ecclésiologique. Nous ne renoncerons jamais à toi, bien-aimée orthodoxie [citation de Joseph Bryennios, théologien byzantin du XIVème s., ndt] ». « Autre chose, Toute-Sainteté, est de communiquer ou encore de collaborer avec les catholiques-romains et les autres confessions chrétiennes, au sujet de questions à caractère social, autre chose est de dévier dans des questions de notre foi immaculée ! » En conclusion, le métropolite écrit : « J’ai considéré de mon devoir de vous exposer, publiquement, mes pensées susmentionnées, et je vous demande avec profond respect : 1) de réexaminer, sans autre ajournement, la décision en question du Concile de Crète, sans quoi, nous allons tout droit vers un nouveau schisme au sein de notre orthodoxie, 2) de cesser immédiatement les persécutions des clercs, moines et fidèles enfants de notre Église qui expriment des objections [au Concile de Crète ndt]. Le texte entier de la lettre du métropolite est disponible (en grec) ici.

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Le patriarche œcuménique Bartholomée se rendra à Smyrne du 7 au 10 mai

Le patriarche œcuménique Bartholomée effectuera des visites patriarcales et pastorales dans la région de Smyrne, suite à l’invitation des maires et d’autres personnalités de la région, ainsi qu’à la demande de la communauté orthodoxe de la ville, qui a été reconstituée. C’est ainsi que, pour la troisième fois cette année, aura lieu une visite du patriarche sur la terre de Ionie. Le programme, à compter du dimanche 7 mai, jusqu’au mercredi 10 mai est constitué de rencontres avec les pouvoirs locaux et d’offices liturgiques. En outre, ce programme comprend la participation du patriarche au IIIème Congrès hagiologique sur le thème « Les Pères apostoliques et leur époque », qui aura lieu à Smyrne. Le patriarche arrivera sur l’aéroport de Smyrne dans l’après-midi du dimanche et partira immédiatement dans le village de montagne de Çirkince, près d’Éphèse, où il célébrera les vêpres en l’église Saint-Jean-Baptiste. Le lundi, jour de la mémoire du saint apôtre Jean le Théologien, le patriarche présidera la divine Liturgie en la basilique paléochrétienne d’Éphèse, sur la tombe du saint. Ensuite, le patriarche effectuera des visites protocolaires au sous-préfet de la région et au maire d’Éphèse. L’après-midi du lundi, il présidera les vêpres dans les ruines de l’ancienne église de la Mère de Dieu située sur le site archéologique d’Éphèse (l’église du IIIème Concile œcuménique). Enfin, le soir, le patriarche proclamera la clôture du IIIème congrès hagiologique. Le mardi 9 mai, le patriarche assistera à la liturgie en l’église de Saint-Constantin à Menemeni. Il rencontrera le même jour le maire de Menemeni, le maire, ainsi que le préfet de Smyrne. Le soir, il présidera les vêpres orthodoxes en l’église catholique-romaine Saint-Polycarpe. Avant de partir pour Constantinople, le patriarche se rendra sur la péninsule de Karaburun.

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Dix tonnes de mosaïques destinées à la cathédrale Saint-Sava de Belgrade sont arrivées depuis Moscou dans la capitale serbe

Les premières parties de la mosaïque destinée à la grande coupole de la cathédrale Saint-Sava de Belgrade sont arrivées à destination, après sept jours de voyage et un parcours de deux mille kilomètres. Les parties de la mosaïque des saints apôtres Pierre et Paul ont été bénies et amenées à la cathédrale, où un office d’intercession a été célébré. À l’issue de l’office, le métropolite du Monténégro Amphiloque, au nom du patriarche serbe Irénée, a remercié le patriarche de Moscou Cyrille, ainsi que le président Vladimir Poutine et le gouvernement russe, pour l’aide apportée à la construction. « Nous avons le devoir de nous souvenir de tous ceux qui ont édifié cette église, mais aussi de ceux qui nous révéleront le visage de Dieu par la beauté de cette mosaïque », a déclaré le métropolite. Le vice-président du gouvernement serbe Ivica Dačić a remercié la Fédération russe qui a pris la décision d’aider à l’achèvement de l’église. « Nous sommes maintenant à mi-chemin. Cette église est le lieu de notre unité à l’avenir. Il faut développer la fraternité en ces temps troublés, alors que des amis nous sont nécessaires », a déclaré Ivica Dačić. Il a répété les propos du premier ministre Alexandre Vučić selon lesquels le gouvernement serbe financera l’achèvement de la construction de la cathédrale. « Nous n’entrerons pas dans le prochain centenaire sans l’avoir terminé » a ajouté M. Dačić. À la fin de la cérémonie, Nicolas Moukhine, membre de l’Académie russe des Arts, et artiste du peuple de la Fédération de Russie, s’est adressé à l’assistance, et a rendu grâce à Dieu « car nous n’attendrons plus longtemps l’embellissement de cette église… Nous nous efforcerons d’achever aussi le sanctuaire avant 2019 car, comme le dit le métropolite Amphiloque, il est le coeur de l’église », a ajouté M. Moukhine. Celui-ci a remercié particulièrement la compagnie “Gazprom Neft” qui a trouvé les moyens financiers destinés à la fabrication des mosaïques. Pendant une journée, les Belgradois auront l’occasion unique de voir les parties des mosaïques avant qu’elles soient posées dans la coupole de l’église. Des dizaines de tonnes de mosaïques de “l’Ascension du Christ”, emballées dans 62 palettes, sont parties de l’atelier de Moscou de l’artiste Nicolas Moukhine, par la Russie, la Biélorussie, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, pour trouver leur destination en Serbie. La mosaïque du Christ Sauveur, d’une surface de 1230 m2, d’un diamètre de 30 mètres et d’un poids de 40 tonnes, sera posée dans la coupole de l’église par une équipe russo-serbe, et on attend le début des travaux les jours prochains. Le coût de ce travail est de quatre millions d’Euros et est financé par “Gazprom Neft”. Il devrait être terminé avant la fin de l’année.

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L’Église orthodoxe russe a organisé plus de 500 projets de lutte contre l’alcoolisme

À la VIIIème conférence interrégionale sur le ministère social de l’Église étaient présents des représentants de dix-huit diocèses, des clercs, des travailleurs sociaux, des infirmières et des bénévoles, qui ont discuté les questions de l’assistance aux familles nombreuses, femmes en difficultés et handicapés, de la réhabilitation par l’Église de toxicomanes et d’alcooliques, ainsi que d’autres problèmes. La conférence a été tenue à Saint-Pétersbourg du 26 au 28 avril. En particulier, le troisième jour, la question de l’aide de l’Église aux toxicomanes et aux alcooliques a été discutée. À cette occasion, il a été mentionné que plus de 500 projets sont actuellement en cours en Russie sous les auspices de l’Église orthodoxe russe. « L’une des œuvres les plus réussies de l’Église dans le domaine de l’éducation à la tempérance est la célébration du ‘jour panrusse de la sobriété’ le 11 septembre » a déclaré Valery Doronkine, chef du Centre de coordination de la lutte contre l’alcoolisme et de l’adoption de la sobriété, qui relève du département synodal des œuvres caritatives. Des prières spéciales sont ajoutées à la grande ecténie de la liturgie et à l’ecténie double, le « jour de la sobriété ». Le patriarche Cyrille a déclaré lors de cette journée en 2016 : « Par la décision du Saint-Synode de 2014, le jour de la Décollation de saint Jean Baptiste est réputé ‘Journée de la sobriété’, précisément parce que l’état de folie d’Hérode, ivre lors de ce banquet, a été la cause de l’ordre effrayant qu’il donna, à savoir de décapiter le saint prophète. Nous savons quelles terribles souffrances l’ivrognerie a apporté à notre peuple dans le passé, et qui continue aujourd’hui : la destruction des familles, la mise au monde d’enfants malades, la perte du sens de la vie et de la santé – alors que l’on est appelé à la plénitude de l’existence -, l’invalidité en pleine jeunesse pour la seule raison qu’ils n’ont pas eu suffisamment de force pour se détourner de l’attrait du péché et d’arrêter de boire ». La mise au point de critères pour évaluer les activités préventives et réhabilitatives de l’Église orthodoxe russe a été également discutée. « De tels critères sont extrêmement nécessaires pour créer notre propre système ecclésial de certification des centres de réhabilitation orthodoxes » a déclaré le chef du département en charge du travail avec les toxicomanes, Alexis Lazarev. La question du financement de tels centres a été également examinée. En outre, l’Église orthodoxe russe a organisé plus de 4000 projets sociaux, y compris 95 abris pour les sans domiciles, plus de 80 centres d’aide humanitaire, plus de 70 centres de réhabilitation pour les toxicomanes, 49 abris pour les mamans, 10 services de mobile homes pour les sans domicile, au moyen de plus de 700 bénévoles en Russie. Le département des œuvres caritatives tient une conférence annuelle sur les services sociaux de l’Église depuis 2010 avec la bénédiction du patriarche Cyrille.

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« Rencontre de Rebecca au puits » par Sandrine Caneri – le samedi 13 mai

Vice-présidente de l’Association « Amitié-judéo-chrétienne-de-France », Sandrine Caneri est une bibliste orthodoxe qui a étudié de façon approfondie la tradition juive. Elle sera invitée à l’atelier de la Littéramorphose le 13 mai à la crypte de l’église Saint-Sulpice. Son livre, « Rencontre de Rebecca au puits » est une convergence de deux traditions, juive et chrétienne, tant sur le plan biblique que liturgique. Peu d’études s’intéressent à ce jour aux sources juives de notre tradition chrétienne, en particulier à l’interprétation rabbinique des Écritures comme susceptible d’enrichir notre propre vision de la Bible. Par son ouvrage, Sandrine Caneri vient palier ce manque en présentant le regard croisé des Rabbins et des Pères concernant la péricope Gn 24, 10-21, qui raconte la rencontre du serviteur d’Abraham avec Rebecca.

Nouvelles menaces contre le monastère de Dečani (Kosovo)

Depuis quelques mois déjà, la municipalité de Dečani refuse ouvertement d’appliquer la décision finale et irrévocable du Tribunal constitutionnel du Kosovo qui, au mois de juin de l’an dernier, a confirmé les droits de propriété du monastère. Au lieu de respecter la loi, un groupe de nationalistes albanais, depuis des semaines, menace, dans la presse kosovare, de procéder au blocus du monastère. L’Église orthodoxe serbe salue le communiqué du bureau de l’Union Européenne au Kosovo, qui a demandé le 20 avril 2017 l’exécution urgente de la décision du jugement en faveur du monastère et a condamné l’annonce du blocus du monastère ainsi que les menaces concernant ce saint lieu. « Toute tentative de blocus de la libre circulation et l’accès aux fidèles et aux touristes sera un exemple flagrant de violation de la loi et un indicateur de l’intolérance religieuse et ethnique dans cette municipalité, qui reste inchangée ces dernières 18 années. L’obstruction à la décision du Tribunal constitutionnel du Kosovo et la menace d’utiliser la violence à l’égard d’un lieu saint chrétien et un monument de l’UNESCO porte une grande atteinte à tous les habitants du Kosovo et de la Métochie et mettent en péril leur avenir » est-il dit dans le communiqué de la chancellerie du diocèse de Ras et Prizren de l’Église orthodoxe serbe.

Sourcehttp://www.eparhija-prizren.com/sr/vesti/povodom-novih-pretnji-manastiru-visoki-decani

Intronisation à Chicago du premier métropolite du diocèse des deux Amériques de l’Église orthodoxe roumaine

Le dimanche des Myrophores (30 avril 2017) a été intronisé le premier métropolite du diocèse de l’Église orthodoxe roumaine des deux Amériques. L’événement a eu lieu en la cathédrale des saints Constantin et Hélène à Chicago. La délégation de l’Église orthodoxe roumaine était dirigée par S.E. le métropolite Niphon, archevêque de Târgovişte. L’élévation à la dignité de métropolite de Mgr Nicolas avait eu lieu le 30 octobre 2016 en la cathédrale patriarcale de Bucarest, après la sainte Liturgie. Le métropolite Nicolas est né le 15 avril 1967 à Constanța. Il a fait ses études secondaires dans cette ville et à Bucarest, puis a étudié à la faculté de théologie de Sibiu entre 1988 et 1992. Il a bénéficié d’une bourse d’études de l’Université Marc Bloch de Strasbourg entre 1994 et 2001, où il a obtenu le diplôme d’études approfondies (1995) et reçu le titre de docteur en théologie (2001). De décembre 2001 à mars 2002, il a été secrétaire à la chancellerie patriarcale. Il a prononcé ses vœux monastiques en décembre 2011 au monastère Radu Vodă à Bucarest. Depuis mars 2002, il était archevêque orthodoxe roumain des deux Amériques. On peut visionner sur le lien ci-dessous la Liturgie et la cérémonie d’intronisation du nouveau métropolite

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« La bienheureuse Matrone est plus populaire que n’importe quel homme politique du monde », a déclaré le patriarche de Moscou Cyrille

À l’occasion du 65ème anniversaire du trépas de la bienheureuse Matrone de Moscou, le patriarche Cyrille a célébré la Liturgie au monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Moscou, où reposent les reliques de la sainte. « Auprès de qui, parmi les grands, les puissants, les hommes glorieux, vient autant de monde qu’auprès de la vieille femme aveugle Matrone, qui a passé toute sa vie alitée ? Aucun des dirigeants dans le monde ne bénéficie de ce pèlerinage quotidien, nul ne fait la queue la nuit pour vénérer leur tombe ! » a déclaré le patriarche après la Liturgie. Dans le meilleur des cas, a poursuivi le primat, on garde de la gratitude envers l’un ou l’autre des personnalités remarquables. « Mais on ne vient pas la nuit sur leur tombe, parce qu’il n’y a pas de lien réel avec de tels héros, tandis que l’on garde avec les saints un lien réel, les saints sont présents dans notre vie », a-t-il ajouté. Sainte Matrona est née en 1885 dans la province de Toula. Elle n’était pas simplement aveugle de naissance, elle n’avait pas d’yeux du tout, mais elle avait dès son jeune âge le don de vue spirituelle. Depuis ses jeunes années, elle percevait non seulement les péchés des hommes, mais aussi leurs crimes et même leurs pensées. Elle ressentait l’approche du danger, elle prévoyait les catastrophes naturelles et les malheurs qui frappaient la société. Par ses prières, les gens recevaient la guérison des maladies et la consolation de leurs afflictions. En 1925, sainte Matrone s’installa à Moscou, où elle resta jusqu’à la fin de ses jours. Le 2 mai 1952, elle décéda. Avant sa mort, elle dit : « Venez tous, tous, chez moi, racontez, comme à une personne vivante, vos afflictions, je vous verrai et vous entendrai, je vous aiderai ». Sainte Matrone avait prophétisé qu’après sa mort, il y aurait peu de gens qui viendraient sur sa tombe mais que, de nombreuses années après, elle serait connue et des foules viendraient lui demander son aide dans les peines et lui demanderaient son intercession. C’est ce qui s’est produit : une file ininterrompue de personnes souffrantes qui viennent lui demander son aide. Les reliques de la sainte ont été retrouvées le 8 mars 1998 au cimetière de Saint-Daniel à Moscou. Le 1er mai 1998, la tombe avec ses reliques fut transférées au monastère de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu à Moscou. En 2004, elle a été canonisée.

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Communiqué conjoint de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale et de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

« Qu’il est bon, qu’il est doux de demeurer en  frères tous ensemble » Psaume 133, 1. 

À l’initiative et en présence de Son Éminence Mgr Jean de Charioupolis, les délégués du Conseil diocésain de l’Archevêché et du Conseil d’administration de l’Institut se sont réunis ce lundi 1er mai 2017 en la cathédrale Saint Alexandre Nevsky à Paris.

Le P. Jean Gueit, Vice-Président, ainsi que M.M. Nicolas Lopoukhine, Secrétaire, et Alexandre Victoroff, Trésorier, pour l’Archevêché, M.M. Jean-François Colosimo, Président, et  François Guès, Vice-Président, accompagnés du P. Nicolas Cernokrak, Doyen, pour l’Institut ont ainsi pu mener le dialogue fraternel auquel les avait invités Mgr Jean.      

Ils ont réaffirmé le lien spirituel des deux institutions fortes de bientôt un siècle de communion ecclésiale et d’histoire commune au service de l’orthodoxie en France et en Europe au sein du patriarcat œcuménique de Constantinople.     

L’Institut a redit son attachement fidèle à l’Archevêché comme le premier lieu,  naturel et organique, de sa vocation, de sa mission et de son activité.

L’Archevêché a redit son attachement fidèle à l’Institut dans le respect de son indépendance en tant qu’établissement universitaire privé.

Les délégués sont convenus que leur devoir est de faire face ensemble aux défis présents et à venir, à commencer par la restauration du site de la Colline Saint-Serge, 93 rue de Crimée Paris XIXe, rendue urgente au regard de la détérioration accélérée des sols qui pourrait en compromettre le maintien.

Ils sont également convenus qu’au regard de cette situation objective, d’ordre strictement matériel, et des risques d’interruption dans la continuité de l’enseignement qu’elle présente, l’Institut a pour devoir de se relocaliser de manière transitoire le temps nécessaire à la résolution de ce problème tout en gardant le vif souhait de pouvoir réintégrer dans des conditions propices et dans les meilleurs délais son lieu historique.   

Ils sont convenus, enfin, que l’Archevêché est en droit d’attendre une pleine mobilisation de toutes les compétences utiles à la réhabilitation indispensable et à la permanence vivante,  pour les orthodoxes et par-delà, de ce haut-lieu symbolique.

Les délégués ont ainsi décidé, au nom de leurs institutions respectives, de former un comité conjoint afin d’unir leurs forces et de partager leurs moyens propres afin de rechercher à assurer, en parfaite synergie, la sauvegarde de la Colline Saint-Serge.

Son Éminence Mgr Jean de Charioupolis, Exarque de l’Archevêché, Chancelier de l’Institut, a loué cette concorde, béni cette concertation et encouragé les délégués à mener à bien l’œuvre commune de ce comité conjoint dont il  présidera les travaux.

Paris, le 2 mai 2017

IVe Conférence patristique internationale, consacrée au « Patrimoine spirituel de saint Ephrem le Syrien » à Moscou

Le 27 avril, à la salle de conférences de l’Institut des Hautes-Études Saints-Cyrille-et-Méthode, avait lieu l’ouverture de la IVe Conférence patristique internationale, consacrée au « Patrimoine spirituel de saint Ephrem le Syrien ».

La cérémonie d’ouverture était présidée par le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et recteur de l’Institut, qui a chaleureusement accueilli les participants et les invités du forum.

L’archimandrite Jacob (Halil, Patriarcat d’Antioche), professeur d’exégèse néotestamentaire à l’Institut théologique de Balamand, le prêtre Jean Akiki (Université du Saint-Esprit, Liban), l’archimandrite Raban Roger-Youssef Akhrass (Église orthodoxe syro-jacobite), le professeur Baby Varghese (prêtre du séminaire malankare orthodoxe, Inde), l’archiprêtre John Behr, doyen du séminaire orthodoxe Saint-Vladimir ont prononcé un discours d’ouverture.

Le métropolite Niphon de Philippopolis, représentant du Patriarche d’Antioche auprès du Patriarche de Moscou, assistait à la séance

Dans le cadre de la I session, sur « La vie, l’œuvre, les traductions et le patrimoine manuscrit de saint Ephrem le Syrien », le métropolite Hilarion a présenté l’exposé central.

Parmi les participants à la conférence : l’évêque Irénée de Sacramento, vicaire du diocèse d’Amérique de l’Ouest de l’Église russe hors frontières, doyen de l’Institut d’études théologique Saint-Athanase-Saint-Cyrille ; l’higoumène Denis (Chlenov, Académie de théologie de Moscou), le prêtre Mikhaïl Jeltov (Institut des Hautes Études), le prêtre et docteur Dominique Cerbelaud (diocèse dominicain de Toulouse, France), le prêtre Nikodim Ioukhanaev (Église assyrienne d’Orient en Arménie), le professeur de théologie évangélique Karl Pingger (Université de Marbourg, Allemagne), Jeffrey Wickes, professeur de théologie (Université Saint-Louis, Missouri, États-Unis), le professeur Kathleen E. McVey (Séminaire théologique de Princeton, New Jersey, États-Unis), le professeur Ute Possekel (Université Humboldt, Berlin, Allemagne), le professeur Hannah Hunt (Université ouverte, Milton-Kins, Grande-Bretagne), le professeur de théologie Martin Tamcke (Université Georg-August, Göttingen, Allemagne), Sabino Chiala (communauté de Bose, Italie), Adalberto Mainardi (Communauté de Bose, Italie), A. R. Fokine (Institut Saints-Cyrille-et-Méthode), Grigory Kessel (Académie autrichienne des sciences, Vienne, Autriche), E. V. Barski (Centre de recherches ecclésiastiques « Encyclopédie orthodoxe »), E. A. Zabolotni (Centre de recherches ecclésiastiques « Encyclopédie orthodoxe »), M. G. Kalinine (Académie de théologie orthodoxe, Institut Saints-Cyrille-et-Méthode).

La conférence s’est poursuivie jusqu’au 29 avril.

« Allez, faites de toutes les nations des disciples : évangélisation et mission externe dans les paroisses orthodoxes aux États-Unis », un rapport publié par l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis 

La première étude jamais réalisée aux États-Unis sur l’évangélisation et la mission externe dans les paroisses orthodoxes de ce pays a été publiée par l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis. Un résumé et le rapport complet sont disponibles en anglais. Le rapport « « Allez, faites de toutes les nations des disciples : évangélisation et mission externe dans les paroisses orthodoxes aux États-Unis » examine les pratiques et les stratégies développées par certaines paroisses orthodoxes qui peuvent être considérées comme « exemplaires » dans leurs efforts missionnaires et de mission externe. Le lecteur trouvera, par exemple, ce qui suit dans le rapport :
– « Les secrets » pour être une paroisse qui attire et accueille les nouveaux membres
– Huit bonnes pratiques d’accueil de ceux qui visitent la paroisse pour la première fois et de ceux qui posent des questions sur la foi
– Comment les paroisses « exemplaires » atteignent un degré élevé d’engagement de leurs membres dans la vie paroissiale
– Quatre traits distinctifs de l’instruction religieuse dans les paroisses « exemplaires »
– Six « leçons » que la direction de l’Église (les évêques) peut apprendre des paroisses « exemplaires ».
Les paroisses de sept juridictions orthodoxes des États-Unis ont participé à cette étude. Le rapport a été préparé par Alexei Krindatch, coordinateur des recherches de l’Assemblée, en coopération avec le père Eric Tosi (OCA), le père John Parker (OCA) et Adam Roberts (Archevêché d’Antioche). L’étude a été lancée et financée par le Comité pour les Agences et les Organisations agréées (comité de l’Assemblée de l’Assemblée des évêques canoniques des États-Unis, présidé par l’évêque de Nysse Grégoire).

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Le métropolite Amphiloque a célébré un office de requiem pour les victimes des bombardements de l’OTAN au « Monténégro, en Serbie et dans le monde entier »

À la veille du vote du parlement du Monténégro en faveur de l’adhésion du pays à l’OTAN, une liturgie funèbre a été célébrée à Podgorica le 27 avril, suivie d’un office de requiem pour les victimes de l’OTAN au Monténégro, en Serbie et dans le monde entier. La liturgie était présidée par le métropolite du Monténégro Amphiloque, assisté de l’évêque de Budimlja-Nikšlć Joannice. Après la liturgie, les deux évêques et le clergé ont célébré un office de requiem pour les victimes de l’OTAN. La veille de l’office, le métropolite Amphiloque a déclaré : « Tout comme le jour de Pâques 1941 a été bombardée et détruite la capitale Belgrade, en 1999, aux alentours de Pâques, la capitale actuelle du Monténégro, Podgorica, a été l’objet d’un bombardement dit « allié ». C’est ainsi qu’a été choisi pour ce nouveau bombardement le jour de Pâques, le jour de la joie, de la lumière, de la paix, de la réconciliation entre Dieu et les hommes, le jour du pardon mutuel, tant dans la famille que dans la société et dans la communauté internationale ». Le métropolite a rappelé que nous, en tant qu’Église de Dieu, avons le devoir de nous souvenir de ceux qui ont péri lors de ce bombardement de 1999 et des bombardements précédents. « Nous le devons et nous y sommes tenus ici, devant le reliquaire de saint Pierre de Cetinje, devant le bras de saint Jean Baptiste et devant le fragment de la précieuse Croix du Christ notre Dieu [reliques se trouvant au monastère de Cetinje, ndt], sur laquelle le Seigneur a montré que seuls ces hommes et ces peuples terrestres qui se sacrifient pour les autres, pour le bien des autres, pour la prospérité de l’humanité et du monde, seuls ces hommes et peuples sont de vrais hommes et de vrais peuples », a-t-il ajouté. Mgr Amphiloque a encore déclaré que ceux qui sont semblables au mauvais larron, ceux qui sont semblables à Hérode, Ponce Pilate et à ceux qui alors étaient à la tête des Juifs, qui sacrifient les autres pour leurs idées, leurs idéologies et leurs intérêts, se mettent au nombre non des disciples de l’Agneau de Dieu immolé pour la vie du monde, mais à celui des sectateurs de Judas qui vendent Dieu pour l’honneur, la gloire et la richesse terrestres. « Saint Pierre de Cetinje a écrit, et il le témoigne par son saint reliquaire, que dans le nom de Dieu se trouvent le jugement et la justice. Et, avant lui, St Alexandre de la Neva a dit que Dieu n’est pas dans la force, mais dans la justice. Et c’est cela que respirait et ce dont vivait le Monténégro et notre peuple depuis le temps de saint Jean-Vladimir » a déclaré le métropolite, qui a rappelé que saint Pierre de Cetinje n’avait pas défendu son peuple seulement de la violence des Turcs, mais aussi de celle de Napoléon. « Nous nous tenons ici devant le reliquaire de saint Pierre de Cetinje afin d’apprendre de lui, et nous y appelons les autres également, la voie dans laquelle doit cheminer le Monténégro. Si nous voulons cheminer sur la vraie voie, c’est celle de saint Jean-Vladimir qui s’est sacrifié pour son prochain », a-t-il souligné, ajoutant qu’avant lui c’est sur cette voie que nous ont dirigés les Némanides, saint Syméon et saint Sava. « Saint Sava nous a enseigné cette voie du Christ qui mène à la vie éternelle. Nous avons suivi cette voie depuis le XIIIème siècle et du XIIIè siècle à nos jours. C’est cette voie que nous enseigne ce trône apostolique, celui de saint Pierre de Cetinje et de saint Sava » a déclaré le métropolite. « Devenir le serviteur du tyran, c’est ce que peuvent faire uniquement ceux qui se détournent de la voie de la justice et de la vérité divines. Saint Pierre de Cetinje prescrit et rappelle à tous, et aussi à nous, aussi à ceux qui actuellement dirigent cet État, sa voie du martyre entre la tyrannie asiatique et européenne, comme l’a exprimé son neveu Pierre II [Niégoch, ndt]. Et rien n’a changé jusqu’à aujourd’hui » a averti le métropolite. Celui-ci a répété que la violence du pacte de l’OTAN est la continuation de la violence nazie. « Aussi, il serait bon que ceux qui aujourd’hui se réfèrent à leur anti-fascisme comprennent que ceux qui ont péri à Sutjeska [bataille des partisans yougoslaves contre les forces de l’Axe, ndt], de même que ceux qui ont péri à Stara Gradiška [lors de la libération du camp de concentration en Croatie, ndt] en 1945 ne se sont pas sacrifiés avec leur dignité humaine afin d’exercer la violence et spolier les autres, mais pour se défendre contre la violence et la spoliation exercées par les autres », a souligné le métropolite. Il a ajouté que chacun est libre d’adopter l’autre voie, celle de la violence contre soi et l’humanité contemporaine. « Tandis que nous, sommes fidèles à saint Pierre de Cetinje, nous accomplissons ce saint devoir, nous souvenant de tous ceux qui ont souffert pour la vérité de Dieu à notre époque récente, et nous appelons le peuple du Monténégro, et ceux à qui a échu de décider en ces jours son sort, nous les appelons à réexaminer la voie sur laquelle nous cheminerons : servir l’injustice et la violence, la spoliation des autres, la satisfaction de ses intérêts terrestres, ou se sacrifier soi-même à la façon de saint Pierre de Cetinje » a conclu le métropolite Amphiloque. Étaient entre autres présents à la liturgie et l’office de requiem les dirigeants des partis d’opposition.

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Rallye automobile orthodoxe de Zaporojié (Ukraine) à Belgrade

Un rallye automobile aux lieux saints de Serbie est parti de Zaporojié (Ukraine) le matin du 28 avril. 27 personnes, avec à leur tête le métropolite de Zaporojié et de Melitopol Luc participeront à ce rallye. Les participants effectueront un trajet d’environ 5000 kilomètres, faisant des haltes aux églises et monastères situés sur l’itinéraire. Chaque jour, les fidèles élèveront des prières pour la paix dans le monde entier et particulièrement pour les fidèles du diocèse de Zaporojié. Le groupe présidé par Mgr Luc est constitué de 13 prêtres et 13 laïcs. « Ce rallye est une forme unique de pèlerinage orthodoxe, appelant à témoigner de la véracité de l’Orthodoxie et de son rôle spirituel rassembleur de l’unité internationale en Christ » ont déclaré les participants avant le départ.

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7e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky Frenkel (Patriarcat de Jérusalem) – 2 mai

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel donnera le mardi 2 avril sa 7e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque. La conférence aura lieu demain à 19h00 au 286 rue Saint-Jacques, 75005, Paris. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour voir la vidéo de sa 1ère cliquez ICI de sa 2ème conférence LÀ, de sa 3e conférence , de sa 4 conférence, de sa 5e conférence et de sa 6e conférence.

Recension: Saint Nicolas Vélimirovitch, « Le Prologue d’Ohrid », tome 2 (Mai à Août)

Saint Nicolas Vélimirovitch, Le Prologue d’Ohrid, tome 2 (Mai à Août), collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Age d’Homme, Lausanne, 2017, 512 p.
Le Prologue d’Ohrid est l’une des œuvres majeures et les plus connues de l’évêque serbe Nicolas Vélimirovitch (1880-1956), canonisé en 2003 sous le nom de Saint Nicolas de Jitcha et d’Ohrid et surnommé « le Chrysostome serbe » en raison de l’excellence de son talent littéraire.
C’est une œuvre à la fois classique et originale. Divisée en autant de chapitres que de jours de l’année, elle comporte pour chacun: 1) une courte Vie des principaux saints du jour  (c’est donc un Synaxaire abrégé); 2) un poème spirituel consacré à l’un de ces saints; 3) une brève réflexion ; 4) un thème de contemplation; 5) une courte homélie.
Cet ensemble riche et varié en fait un manuel de vie spirituelle au quotidien, que la brièveté des chapitres rend utilisable même par des personnes disposant de peu de temps, et qui peut aussi rendre de grands services dans le cadre de la catéchèse et de la formation spirituelle.
La qualité stylistique des poèmes, des méditations et des homélies place également cet ouvrage dans la catégorie des grands livres de littérature religieuse qui nourrissent l’intelligence et réjouissent le cœur.
Saint Justin (Popovitch) écrivait à son sujet: « C’est le manuel le plus nécessaire – un saint manuel, un saint Euchologe… Dans chaque malheur, ouvre ce saint manuel, et tu trouveras ce qui t’est nécessaire. Il n’y a pas de tourment qui te visite et pour lequel ce saint Euchologe ne te donne la force de le maîtriser par le Christ Dieu. Il n’y a pas de passion qui puisse dominer ton âme et pour laquelle tu n’y trouves de remède qui ait fait ses preuves et qui soit sûr. Il n’y a pas de péché qui puisse te trouver et faire pénétrer la mort dans ton âme, et pour lequel tu ne trouves pas dans le saint Prologue d’Ohrid comment t’en sauver. »
Faisant suite au 1er tome, publié en 2009 et comportant les mois de janvier à avril, ce 2e tome contient les mois de mai, juin, juillet et août.
L’ouvrage ne sera disponible en librairie que dans les prochaines semaines, mais peut être obtenu dès maintenant en étant commandé en ligne sur le site de L’Age d’Homme. Les frais de port sont offerts pour une commande supérieure à 50 euros.

Jean-Claude Larchet

Pour la première fois, une partie des reliques de saint Nicolas sera amenée depuis l’Italie en Russie

Une partie des reliques de saint Nicolas le Thaumaturge, qui sont conservées dans la basilique de Bari, seront amenées en Russie, où elles séjourneront du 21 mai au 28 juillet 2017. Cette information a été communiquée aux journalistes par le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe russe, le métropolite de Volokolamsk Hilarion. « C’est un événement unique depuis 930 ans que séjournent les reliques à Bari. Au cours de cette période, elles n’ont jamais quitté la ville » a déclaré le métropolite. Répondant aux questions, le métropolite a précisé que les reliques du saint seront présentées à la vénération des fidèles d’abord en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou et, ensuite, dans l’une des principales cathédrales de Saint-Pétersbourg. Cette venue des reliques a été négociée entre le pape François et le patriarche Cyrille, suite à la rencontre de la Havane le 12 février de l’an passé. « Chaque année, des centaines de fidèles du Patriarcat de Moscou séjournent à Bari, afin de vénérer les précieuses reliques du grand saint de Dieu. Toutefois, pour la majorité des orthodoxes de Russie, de tels pèlerinages lointains sont difficiles à réaliser. Le pape de Rome François et le patriarche de Moscou et de toute la Russie espèrent que la prière auprès des reliques miraculeuses du saint serviront au renforcement de la foi dans le cœur du peuple » a déclaré le métropolite.

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Vidéo de la 6e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky – 26 avril

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel a donné le mercredi 26 avril sa 6e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque.

Extrait de la vidéo :

La vidéo dans son intégralité :

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Patriarche Bartholomée : « La religion, élément clé du processus de paix »

Le patriarche œcuménique Bartholomée I,  a prononcé son discours »La religion, élément clé du processus de paix » à l’occasion de la Conférence mondiale sur la paix d’al-Azhar qui s’est déroulée les 27 et 28 avril 2017 au Caire.

 « Religions et paix »

Conférence mondiale de la paix du Conseil des Aînés d’Al-Azhar et des Musulmans

Le Caire, le 27 avril 2017

Vos Béatitudes, Éminences, Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

C’est un honneur d’être invité à prendre la parole à cette Conférence sur la paix mondiale organisée par Al-Azhar et le Conseil musulman des Aînés. Nous félicitons sincèrement Son Eminence, M. Ahmad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar, d’avoir eu le courage et la vision d’organiser cette initiative cruciale pour la promotion de la paix par les religions.

Au cours des deux dernières décennies, l’humanité a connu des attaques terroristes continues, qui sont à l’origine de la mort et des blessures de milliers de personnes, et qui deviennent la plus grande menace et source de peur pour les sociétés contemporaines. Depuis lors, les religions ont souvent été soupçonnées ou ouvertement accusées d’avoir inspiré le terrorisme et la violence. Notre vie quotidienne s’est remplie d’horribles nouvelles sur les attaques terroristes au nom de la religion.

Dans le même temps, nous constatons la volonté de notre monde de promouvoir le dialogue au lieu des conflits et la capacité à le faire. Cela est vrai non seulement pour les dirigeants politiques et les organisations laïques, mais aussi pour les dirigeants religieux et les institutions qui se sont montrés prêts à s’engager dans un dialogue de paix au niveau local et international, afin d’assurer une coexistence pacifique et une collaboration entre les gens.

Comment, après tant de conférences, de déclarations et d’initiatives pour la paix, pouvons-nous être témoins d’une augmentation de la violence, au lieu de remarquer un progrès dans la paix ? Comment la communauté mondiale peut-elle justifier les derniers actes terroristes de Paris, Bruxelles, Istanbul, Saint-Pétersbourg ou Stockholm ? Comment expliquer les guerres en cours, les conflits armés et les effusions de sang au Moyen-Orient ? Comment pouvons-nous accepter les attaques dans les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie il y a environ deux semaines ? Permettez-nous d’exprimer encore une fois à la communauté copte et à tout le peuple égyptien nos sincères condoléances et les prières du Patriarcat œcuménique.

Afin de comprendre ce qui se passe dans notre monde d’aujourd’hui, réfléchissons sur le rôle de la religion dans l’humanité. Paradoxalement, au lieu de l’attente moderniste d’un ‘âge laïque post religieux’, notre époque devient en fait une ‘période post-laïque’ ou même une période d’ ‘explosion religieuse’. La religion apparaît comme une dimension centrale de la vie humaine, tant au niveau personnel que social. Elle revendique un rôle public et participe à tous les discours contemporains centraux.

Les fonctions cruciales de la religion sont évidentes dans les quatre domaines suivants de l’existence humaine et de la coexistence :

  1. La religion est liée aux préoccupations profondes de l’être humain. Elle fournit des réponses à des questions existentielles cruciales, donnant l’orientation et le sens de la vie. La religion ouvre aux êtres humains la dimension de l’éternité et la profondeur de la vérité.
  2. La religion est liée à l’identité des peuples et des civilisations. C’est pourquoi la connaissance de la croyance et de la religion de l’autre est une condition préalable indispensable à la compréhension de l’altérité et à l’établissement du dialogue.
  3. La religion a créé et conservé les plus grandes réalisations culturelles de l’humanité, les valeurs morales essentielles, la solidarité et la compassion, ainsi que le respect de toute la création.
  4. La religion est un facteur vital dans le processus de paix. Comme saint Paul l’a écrit autrefois : « Dieu n’est pas un dieu de désordre mais de la paix » (1 Co 14,33). La religion peut, bien sûr, diviser en provoquant l’intolérance et la violence. Mais c’est plutôt là son échec, et non son essence qui consiste en la protection de la dignité humaine.

Malheureusement, notre monde contemporain est marqué soit par le relativisme – profondément lié à la laïcité – soit par le fondamentalisme, que beaucoup considèrent comme une réaction au premier. En effet, le fondamentalisme se considère souvent comme menacé ou même persécuté par le relativisme. Alors que ce dernier nie l’existence de la vérité, l’intégrisme considère que sa propre vérité est unique et doit donc être imposée aux autres, ce qui rend impossible à la religion de servir de pont entre les êtres humains. Dans l’histoire récente, le phénomène du nationalisme et du post-colonialisme a transformé l’extrémisme et l’intégrisme religieux en une simple idéologie, utilisée à des fins politiques.

Malheureusement, l’éclatement continu du fondamentalisme religieux et des actes de violence terribles au nom de la religion, donnent aux critiques modernes de la foi religieuse des arguments contre la foi et appuient l’identification de la religion avec ses aspects négatifs. La vérité est que la violence est la négation des croyances religieuses fondamentales et de la doctrine. La vraie foi ne libère pas les humains d’être responsables du monde, de respecter la dignité humaine et de lutter pour la justice et la paix. Au contraire, elle renforce l’engagement de l’action humaine, elle élargit notre témoignage pour la liberté et les valeurs fondamentales humaines.

La région méditerranéenne a connu dans le passé, pendant plusieurs siècles, une cohabitation pacifique de juifs, de chrétiens et de musulmans. Cette expérience démontre que les personnes de différentes religions peuvent vivre ensemble, en trouvant le message le plus fondamental pour l’humanité qui unit, au lieu d’être une source de division. Cela montre que les religions peuvent servir de ponts entre les gens, d’instruments de paix et de compréhension mutuelle, de tolérance entre les êtres humains et de dialogue interreligieux.

Pour cette raison, le dialogue interreligieux reconnaît les différences des traditions religieuses et favorise la coexistence pacifique et la coopération entre les personnes et les cultures. Le dialogue interreligieux ne veut pas nier sa propre foi, mais plutôt changer son esprit ou son attitude envers l’autre. Il peut aussi guérir et balayer les préjugés et contribuer à une compréhension mutuelle et à la résolution pacifique des conflits. Les partis pris et les préjugés proviennent d’une fausse représentation de la religion. Par notre présence aujourd’hui, lors de cette importante conférence, nous voulons nous opposer à au moins un préjugé : l’islam n’est pas égal au terrorisme, car le terrorisme est étranger à toute religion. C’est pourquoi le dialogue interreligieux peut chasser la peur et le soupçon. Il est central pour la paix, mais seulement dans un esprit de confiance et de respect mutuels.

En juin dernier, nous avons eu le privilège de présider le Saint et Grand Conseil de l’Église orthodoxe à travers le monde, réunis en Grèce, sur l’île de Crète. Parmi plusieurs questions, le Conseil a rejeté et condamné l’intégrisme. Son encyclique souligne que, malheureusement, nous faisons aujourd’hui l’expérience d’une augmentation de la violence au nom de Dieu. Les explosions du fondamentalisme au sein des communautés religieuses menacent de faire penser que le fondamentalisme appartient à l’essence du phénomène de la religion.

La vérité, cependant, est que le fondamentalisme, comme « zèle que n’éclaire pas la pleine connaissance » (Rom 10.2), constitue l’expression d’une religiosité morbide ». En outre, le Conseil a souligné qu’ « un dialogue interreligieux honnête contribue au développement de la confiance mutuelle et à la promotion de la paix et de la réconciliation. (…) La vraie paix n’est pas atteinte par la force des armes, mais seulement par l’amour qui « ne recherche pas son intérêt » (1 Cor 13,5). L’huile de foi doit être utilisée pour calmer et soigner les blessures des autres, et non pour rallumer de nouveaux feux de haine » (Encyclique, 17).

La crédibilité des religions dépend aujourd’hui de leur attitude à l’égard de la protection de la liberté et de la dignité de l’homme, ainsi que de leur contribution à la paix. C’est la présupposition non seulement de la coexistence pacifique, mais aussi de la survie pure de l’humanité. Nous ne pouvons affronter ces défis que tous ensemble. Personne – pas une nation, pas un État, pas une religion, ni la science ni la technologie – ne peut affronter les problèmes actuels. Nous avons besoin les uns des autres ; nous avons besoin d’une mobilisation commune, d’efforts communs, d’objectifs communs, d’un esprit commun.

Par conséquent, nous considérons la crise aux multiples facettes actuelle comme une opportunité pour pratiquer la solidarité, pour le dialogue et la coopération, pour l’ouverture et la confiance. Notre avenir est commun, et la voie vers cet avenir est un voyage commun. Comme il est écrit dans les psaumes : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Psaume 132,1).

Votre Éminence le Grand Imam,

Chers participants

Nous croyons profondément que la contribution des religions demeure cruciale dans notre recherche commune de la paix sur terre. Elle est précieuse car, pour les religions, la vraie paix dans le monde n’est pas simplement l’absence de guerre, mais essentiellement la présence de la liberté, de la justice et de la solidarité. Ce qui est nécessaire pour la religion, c’est de guider les gens à la profondeur de cette vérité, à un changement d’esprit et de vie et à la compréhension mutuelle. C’est en effet le cœur de nos traditions religieuses. Pour cette raison, l’humanité a le droit d’attendre de nous plus que ce que nous donnons effectivement. C’est le plus grand défi pour les religions : développer leurs propres potentiels d’amour, de solidarité et de compassion. C’est ce que l’humanité attend profondément de la religion aujourd’hui.

Je vous remercie de votre aimable attention ! »

Source et photographie

Le patriarche œcuménique Bartholomée a visité l’église orthodoxe Saint-Georges, dans la vieille ville du Caire

Dans son allocution d’accueil, le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore a qualifié la visite du patriarche œcuménique Bartholomée de « plus grand événement après la consécration de l’église Saint-Georges [suite à sa rénovation], il y a deux ans. Le patriarche Bartholomée a été reçu avec les honneurs par les autorités ecclésiastiques en ce lieu sacré qui est considéré comme la « Rotonde » du Moyen Orient, dans lequel, selon la tradition ecclésiastique, s’est réfugiée la Sainte Famille pour fuir la colère d’Hérode, et a été martyrisé saint Georges. Le patriarche Bartholomée a exprimé sa joie pour la réception donnée en son honneur, mais a souligné sa plus grande émotion pour avoir vénéré l’icône de saint Georges, à laquelle il a offert une grande veilleuse. Dans son allocution, le patriarche œcuménique a mentionné que, depuis son enfance à Imbros, il servait et chantait dans une église dédiée à saint Georges. Il a en outre rappelé que l’église patriarcale du Phanar était également dédiée au saint. Enfin le patriarche a souligné qu’il considère toujours le saint comme « le protecteur céleste de sa vie et de son ministère ». Au son des cloches de l’église et des tambours des scouts grecs et arabophones, le patriarche a été accueilli par le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore, ainsi que par les représentants du Conseil Œcuménique des Églises qui se trouvent au Caire à l’occasion du congrès pour la paix organisé par l’Université al-Azhar. Le patriarche œcuménique s’est exprimé à ce forum le 27 avril, tandis que le pape François y a prononcé un discours le 28 avril. Évoquant la visite du chef de l’Église catholique-romaine au Caire et la joie que celui-ci avait exprimée pour avoir visité l’Égypte, le patriarche œcuménique a exprimé à son tour sa joie pour cette visite au pays des Pharaons, au pays où s’est réfugié la Sainte Famille, le pays où naquit le saint apôtre Marc, fondateur du Patriarcat d’Alexandrie, et a souhaité que règne toujours la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans. On peut visionner ici https://youtu.be/LTq-qke1GoM un film vidéo de l’accueil du patriarche œcuménique en l’église Saint-Georges du Caire.

Source

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Jovan Nikoloski