25/03/2017
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Le comité en charge du message du Concile panorthodoxe : “Les Églises orthodoxes plantent les graines de l’unité en dépit de conditions difficiles”

Kolymbari, Crète, Grèce, 11 juin 2016

Les Églises orthodoxes plantent les graines de l’unité en dépit de conditions difficiles.
Le comité en charge du message, ensemble dans la communion.

Les bourgeons du prochain Saint et Grand Concile ont  commencé à se former lorsque « le comité en charge du message » s’est réuni. Ce rassemblement est l’expression d’une foi qui partage les mêmes racines, malgré une histoire complexe, elles s’étendent sur des centaines d’années et mobilisent des cultures incroyablement différentes. Collaborant à la mise en commun des arguments du Message, les Églises orthodoxes du monde font preuve d’une unité sans précédent par le simple fait de se retrouver autour d’une table pour parler ensemble.
Son Éminence, le Métropolite Georges de Paphos a présidé ce matin la divine liturgie à l’occasion de la fête de l’Ascension au monastère patriarcal et stravropégique de « Gonia », une cérémonie qui a inspiré le comité dans ses délibérations et qu’ils porteront tout au long de la journée.
Le Comité en charge du message se réunit du 9 au 16 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, à Kolymbary. Quels sont les points à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile ? Ces sujets ont été discutés avec passion et attention pendant plus de 40 ans par de nombreux Primats orthodoxes – mais jamais comme un seul corps.
Le travail du comité en charge du message. Le comité en charge du message préparera un projet comprenant un ensemble de
déclarations qui sera examiné par la Synaxe – ou rencontre – des Primats alors qu’ils travaillent à la réalisation complète du Concile.
Le message aura un impact non seulement sur l’Église orthodoxe dans son ensemble, mais il marquera aussi une étape historique dans l’histoire du christianisme. Au moment où le comité en charge du message se réunit, de nombreuses Églises orthodoxes autocéphales de par le monde traversent des temps de détresse, aux prises avec des conflits les poussant à exprimer leur besoin de solidarité. Ensemble, elles font face à des défis idéologiques, à la confusion spirituelle, aux troubles sociaux, à la stigmatisation et à la discrimination qui ont conduit à leur persécution.
Le comité en charge du message fera la démonstration de ce dont la foi est capable – et des fruits dont elle pourrait être porteuse – en dépit d’un contexte difficile.
Le Saint et Grand Concile sera ouvert officiellement le 20 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, en Grèce.

Les représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie ont déclaré qu’ils ne participeront pas au Concile en Crète

Les représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie ont déclaré qu’ils ne participeront pas au Concile en Crète puisque le Patriarcat de Constantinople a ignoré les questions qui pour cette Église étaient très importantes. « Pour nous, la question des diptyques était une question importante. L’Église de Géorgie, selon les diptyques grecques, n’occupe pas le rang qui lui convient. Le Concile a laissé également de côté des questions aussi importantes que le calendrier liturgique, le mariage, cette dernière question ayant été soulevée activement par l’Église de Géorgie. Nous avons considéré qu’il serait juste de nous abstenir de participer », à déclaré le métropolite de Tsilkani et Dusheti Zosime (Shioshvili) aux journalistes après la session du Saint-Synode à Tbilissi. Selon le métropolite « si les documents qui sont adoptés au Concile sont acceptables, l’Église de Géorgie les acceptera ». « Les résultats du Conciles montreront à quel point les décisions prises seront canoniques. Nous examinerons la situation, et si ces décisions sont acceptées par l’Église orthodoxe universelle, elles seront légitimes, et si ce n’est pas le cas, il ne sera pas obligatoire de les exécuter », a ajouté le métropolite. Le métropolite de Mestia et Svaneti Hilarion (Kitiashvili), à son tour, a déclaré aux journalistes que « le principe essentiel d’unanimité qui se trouve à la base du déroulement du concile, n’est pas réalisé à cette étape, parce que la décision a été prise par l’Église de Géorgie de s’abstenir de participer ». Selon lui, il y avait encore d’autres arguments qui seront mentionnés plus tard dans l’acte du Saint-Synode. « Notre Église ne participera pas au Concile… Il y a également des questions fondamentales qui doivent être prises en compte par le Patriarcat de Constantinople et qui ne le sont pas, le patriarcat de Géorgie fera une déclaration plus tard sur les questions concrètes dont il s’agit», a-t-il ajouté.

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Théodore II, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique demande à toutes les Églises orthodoxes de participer au Concile panorthodoxe

Théodore II, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique demande à toutes les Églises orthodoxes de participer au Concile panorthodoxe nous informe le site internet Romfea.gr. Dans une interview donnée à la station de radio 98,4, le patriarche a qualifié d’historique le Concile panorthodoxe. Le patriarche a déclaré que l’Église orthodoxe devrait être loin d’intérêts politiques, nationaux et raciaux. À titre d’exemple, il a cité l’Église catholique et le pape François. « Il est impossible d’imaginer que, au dernier moment en raison des aspirations personnelles et de l’amertume envers la place de primauté et le rôle de coordinateur dont joui le patriarche de Constantinople, de ne pas venir au Concile, bien que la décision ait été prise à l’unanimité ! » a dit le patriarche Théodore. Il a estimé que la Bulgarie ne changera guère sa décision, à la différence des trois autres Églises qui n’avaient pas catégoriquement dit non. Selon lui, la Bulgarie ne devrait pas changer sa décision, à la différence des trois autres Églises, qui n’ont pas définitivement dit «non». « Il est impensable aujourd’hui, quand le monde souffre, de poser la question de savoir qui siège où. Il est difficile pour toute Église à dire « non », à révoquer sa décision”, a dit le patriarche. Il a proposé aux primats qui expriment des vues sur la supériorité de certains peuples de se lever de leurs chaises ornées et de visiter l’Afrique pour comprendre la signification des pauvres et des humbles du Christ. »

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Déclaration du Saint-Synode de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA) au sujet du saint et grand Concile qui doit être convoqué sur l’île de Crète du 20 au 26 juin 2016

« Nous vous saluons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie (Jean XIV, 6). Pendant plusieurs décennies, l’Église orthodoxe a produit des efforts afin de rassembler un saint et grand Concile comme un témoignage contemporain de la sainte foi orthodoxe. L’initiative de cette tentative moderne appartenait au patriarche œcuménique Athénagoras. Le lent pèlerinage vers le saint et grand Concile a commencé dans les années 1960. Il y eut de longues pauses dans ce pèlerinage, suivies par une période renouvelée de préparation intense à l’initiative Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée. Au cours de ces décennies, des conférences panorthodoxes, des consultations et des rencontres de patriarches et de primats ont révisé la liste des thèmes. Au cours des derniers mois, tandis que les Églises avaient revu les projets de documents et fait connaître leurs observations, de nouvelles propositions ont été avancées et des désaccords nouveaux ont surgi. Même lors de cette dernière étape, la participation au saint et grand Concile est incertaine, tout comme son issue. Au milieu de ces incertitudes, il y a une certitude : l’Église orthodoxe en Amérique, qui n’est pas reconnue universellement comme une Église autocéphale, n’est pas invitée à participer. Notre réaction est la tristesse, mais non le détachement. Avec gratitude envers Dieu, nous affirmons notre identité comme l’Église orthodoxe en Amérique. Nous affirmons également avec gratitude envers Dieu pour notre autocéphalie, telle qu’elle nous a été accordée par l’Église orthodoxe russe et qui est reconnue par les Églises de Géorgie, Bulgarie, Pologne, des Terres tchèques et Slovaquie. Nous affirmons avec une gratitude profonde envers Dieu notre communion eucharistique avec toutes les Églises orthodoxes, à commencer avec le Patriarcat œcuménique. Aussi, nous acceptons et nous affirmons nos droits et devoirs à accompagner le saint et grand Concile avec amour, réflexion et prière. Les discussions et débats autour des projets de documents expriment les inquiétudes et les objections qui surgissent dans les Églises orthodoxes. On soutient que l’intensité des objections démontre que le Saint et Grand Concile devrait être ajourné afin d’éviter de possibles schismes. Une telle conclusion s’avère être le rejet de la vision et de la pratique conciliaires de l’Église orthodoxe. Les défis de notre temps demandent plus de réflexion et de débats théologiques, non pas moins. L’urgence de telles réflexions et débats théologiques appellent pour plus de conciliarité, mais pas pour moins. Au cœur des préoccupations et objections au Concile et ses projets de documents se trouve la crainte d’une érosion de l’identité et de la conscience de soi orthodoxes, la dilution de la théologie orthodoxe (la vérité sur Dieu) et de l’ecclésiologie (la vérité sur l’Église). Le défi d’aujourd’hui pour l’Église orthodoxe est le même que celui qui a toujours été : amener tous les hommes aux Christ, qui est la voie, la vérité et la vie, apporter l’Évangile du Christ à tous les hommes avec amour et compassion, de rendre un culte à Dieu de façon eucharistique dans l’Esprit et la vérité. La libération de la crainte et la croissance dans la vie, la foi et la compréhension spirituelle (liturgie de saint Jean Chrysostome) se trouvent dans la fidélité à cette voie orthodoxe. L’engagement de Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée pour construire un consensus, comme cela est montré par la convocation périodique de la synaxe des patriarches et primats, a ouvert la voie au saint et grand Concile. Même à ces derniers moments de préparation, les obstacles sur ce chemin apparaissent avec une force plus grande que précédemment. Les signes très récents de la crise ressortent de la réunion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe le 3 juin 2016. Le procès-verbal de cette réunion énumère les défis procéduraux et substantiels rencontrés par les Églises orthodoxes à la veille du Concile, dont la dispute non résolue entre les patriarches d’Antioche et Jérusalem, les exigences quant aux modifications de certains des projets de documents venant des Églises de Géorgie, Serbie et Grèce, ainsi que des monastères du Mont Athos, et finalement la décision de l’Église de Bulgarie, insistant pour l’ajournement du Concile et déclarant catégoriquement qu’elle ne participera pas au Concile prévu pour la fin du moins de juin 2016. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a conclu que cette situation exceptionnelle pourrait être résolue par la convocation d’une consultation préconciliaire panorthodoxe extraordinaire qui devrait se réunir le 10 juin au plus tard. Cette consultation aurait pour but une revue de la situation existante et l’examen des modifications proposées aux documents conciliaires. Sur la base de la conclusion de la consultation, les Églises pourraient déterminer si la convocation du Concile aux dates annoncées est possible. La convocation du saint et grand Concile comme signe d’unité et de témoignage de l’unité est une vision digne pour l’orthodoxie, poursuivie avec patience et détermination par Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée. Les difficultés douloureuses dans la réalisation de cette vision ont toujours été évidentes. Les dangers sur la voie vers cette vision sont particulièrement visibles aujourd’hui, mais pourtant la beauté de cette vision est claire comme jamais elle ne l’a été. Aujourd’hui, les Églises orthodoxes se trouvent face au monde, dans l’incapacité de dissimuler les blessures de nos relations fracturées. Or, la vision de l‘unité ne sera pas reniée, parce qu’elle vient du cœur de la foi orthodoxe et est intrinsèque à la Bonne nouvelle du Christ. Malgré les difficultés et les blessures que nous portons, nous suivons le Christ ressuscité et nous détenons le pouvoir qui nous est donné par la Pentecôte de témoigner partout l’Évangile du Christ et en tout temps. C’est notre espoir sincère et notre prière fervente que le pèlerinage vers la convocation du saint et grand Concile porte ses fruits pour l’unité de l’Église orthodoxe et sa mission, ainsi que son témoignage dans le monde. Tout comme nous prions lors de la divine liturgie pour la descente du Saint-Esprit sur nous et sur les dons offerts, prions que le Saint-Esprit descende sur nous tous et sur les dons de la conciliarité qui sont offerts à Dieu ».

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Message de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe au sujet du saint et grand Concile, à tous les primats et saints-synodes des Églises orthodoxes locales

Le site de l’Église orthodoxe serbe a maintenant publié le message du l’Assemblée de ses évêques, daté du 7 juin/25 mai 2016, et envoyé à tous les primats et saints-synodes des Églises orthodoxes locales, au sujet du Concile panorthodoxe. Ce message précédait la lettre synodale au patriarche Bartholomée. Nous publions sous format PDF le texte de ce message in extenso.

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Déclaration de l’Église orthodoxe d’Albanie sur le Concile panorthodoxe

A propos de la discussion qui s’est intensifiée, ces jours derniers, relativement au futur saint et grand Concile de l’orthodoxie, il est de notre devoir de souligner ce qui suit :

1. La tenue du Concile susmentionné a été décidée lors des deux dernières synaxes des primats des Églises orthodoxes autocéphales à Constantinople en 2014 et à Chambésy (Genève) en 2016. Cette décision, qu’une seule Église n’a pas signée, a néanmoins été adoptée par l’écrasante majorité. Il en est allé de même lors de la synaxe de 2016 à Genève.
La tenue du saint et grand Concile ne peut être invalidée sans une nouvelle décision de la part du même corps qui l’a décidée. Elle ne peut être annulée en dernière minute par le biais de communications et de messages de la part de diverses parties.

2. Le principe du consensus prévaut lorsque les organes ecclésiastiques se réunissent pour étudier les thèmes et prennent les décisions. Le sens du consensus a été précisé par sa sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée en 2016 à Chambésy lors de son allocution d’ouverture et aucune objection n’a été soulevée. Le consensus ne signifie pas veto. De manière plus générale, On ne peut passer outre la tradition ecclésiastique vieille de vingt siècles, surtout lors de la prise des décisions au sein du concile.

3. Il est manifeste que les problèmes existants sont nombreux. C’est justement la raison pour laquelle la tenue du saint et grand Concile s’impose. Il est impossible de résoudre tous les problèmes mais que soient résolus au moins quelques-uns d’entre eux. Peu vaut mieux que rien. Il est souhaitable que les autres questions soient abordées lors d’un Concile ultérieur. Le report du saint et grand Concile qui a été programmé sera cause de désarroi pour les orthodoxes de par le monde et portera atteinte à l’autorité morale de l’orthodoxie sur le plan international.

4. Enfin, un appel pressant est adressé au secrétariat panorthodoxe du Concile (règlement organisationnel et procédural n° 6,7, par. 7) qui se réunira demain en Crète en vue de prendre les ultimes décisions. Que tous les efforts soient déployés en vue de la participation de tous les membres du Concile dans la divine liturgie solennelle d’ouverture le jour de la Pentecôte et l’Office vespéral du Saint-Esprit. Il s’agit là d’un symbolisme fondamental d’unité. Les déplacements d’un aussi grand nombre de personnes venues de toute part accroissent les dépenses, les énergies, les imprévus mais aussi les dangers potentiels. Que soient sacrifiés les velléités et les opportunismes. Ce qui compte avant tout c’est le déroulement libre et serein des séances du saint et grand Concile.
« A Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir, à Lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus pour tous les siècles des siècles » (Ephésiens 3:20-21).

Tirana 8 juin 2016
Clôture de la fête de la Résurrection
Le saint synode de l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Albanie

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Lettre synodale de l’Église orthodoxe serbe au patriarche œcuménique Bartholomée, avec copie à tous les primats des Églises orthodoxes et leurs saints-synodes

Le Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe
N°793
À Belgrade, le 6 juin 2016

À Sa Sainteté
l’archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique
Mgr Bartholomée
à Constantinople

Objet : le saint et grand Concile

Le Christ est ressuscité !

Très saint archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique, bien-aimé frère en Christ et concélébrant de notre humilité, seigneur Bartholomée, embrassant Votre respectée Sainteté fraternellement dans le Seigneur, nous vous saluons très chaleureusement.

Nous considérons superflu de souligner avec quel espoir, engagement et apport, à la mesure de nos possibilités, notre Église a participé à la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe catholique.

Considérant, cependant :

1. L’insatisfaction et les remarques critiques de certaines Églises locales relativement à différents textes préparés au cours de la période préconciliaire

2. La décision irrévocable des patriarcats d’Antioche et de Bulgarie de s’abstenir de participer au Concile

3. Les problèmes des relations et de la communion entre Églises (Jérusalem – Antioche en raison du Qatar ; l’aggravation des relations entre nous et le Patriarcat de Roumanie, qui peut déjà difficilement être surmontée, en raison de l’intrusion anti-canonique dudit Patriarcat en Serbie orientale et de la création par lui d’un évêché parallèle, ce qui mènera à la rupture de la communion liturgique et canonique de deux Églises sœurs voisines, dans la mesure où il ne sera pas mis un terme au comportement susmentionné, etc) ; tout cela dans la perspective que ces problèmes ne soient pas discutés et résolus au Concile, mais encore reportés à la période postconciliaire, comme si quelle commission que ce soit puisse constituer un organe supérieur au Concile panorthodoxe et,

4. L’absence de volonté chez notre Église mère de Constantinople d’inclure au moins une proposition de notre Église (comme la discussion sur [l’octroi de, ndt] l’autocéphalie, le droit des évêques de voter lors du Concile, le traitement des conciles du IXème et XIVème siècle comme œcuméniques, ce qu’ils sont déjà dans la conscience et la pratique de l’Église orthodoxe, et encore d’autres questions, peut-être de moindre importance) dans la thématique et l’ordre du jour du Concile, et dans la mesure où nous sommes liés par les positions du saint Concile des évêques de notre Église, qui ont été formulées officiellement il y a deux ans et récemment, à la fin du mois de mai écoulé, nous sommes contraints, avec tristesse, mais en même temps avec le plein sentiment de notre responsabilité pastorale et, en général, ecclésiale, d’informer Votre Sainteté qui nous est chère et respectée, ainsi que votre Saint-Synode que, les choses étant ainsi, notre Église ressent qu’il lui est difficile de participer au saint et grand Concile convoqué et propose son ajournement, durant un certain temps. Notre prochaine réunion en Crète, avec l’aide de Dieu, serait alors considérée comme une consultation préconciliaire inter-orthodoxe dans le but de la préparation complémentaire du Concile et de l’amélioration de ses textes ou, qui plus est, comme la phase initiale de tout le processus conciliaire qu’il faut parfaire par la suite, dans la phase suivante, après que soient éliminés les désaccords et que soient atteints l’unanimité et le consensus des Églises. De cette façon, avec l’aide de Dieu, le fruit du Concile sera le témoignage de notre foi immaculée, la réponse sur l’espérance qui est en nous et le message du salut en Christ, adressé à tous, à ceux qui sont proches et ceux qui sont éloignés de nous, et en aucun cas, à Dieu ne plaise, la germination de nouveaux schismes et para-synagogues indésirables et nuisibles sous le motif d’un zèle mensonger et de la soi-disant préservation de l’orthodoxie.

Cela dit, nous demeurons l’humble frère et concélébrant de Votre Sainteté, dans le Christ ressuscité

L’archevêque de Peć, métropolite de Belgrade et Karlovci, et patriarche de Serbie
Irénée, président du Saint-Synode des évêques

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Les moines de la laure de Potchaïev (Ukraine) s’expriment au sujet du Concile panorthodoxe

La communauté monastique de la Laure de Potchaïev est solidaire avec l’opinion du clergé et des moines qui ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour corriger les projets de documents préparés pour le Concile panorthodoxe de 2016. C’est ce qui ressort du message publié sur le site officiel du monastère. C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien qui soulève le plus de questions et de remarques », soulignent les moines de la laure de Potchaïev. Ceux-ci assurent les paroissiens et les pèlerins de leur attachement aux dogmes de l’Église « qui ne nécessitent aucune sorte de changement ». Les moines appellent les fidèles à la prière ardente pour la préservation et le renforcement de tous les enfants de l’Église du Christ dans la pureté de la foi orthodoxe. Ci-après le texte complet du message :

« Appel des communautés du monastère de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev et de la skite du Saint-Esprit, dépendant de la laure, au sujet du futur Concile panorthodoxe.

Bien-aimés pères, frères et sœurs dans le Christ,

Du 16 au 27 juin 2016 se réunira sur l’île de Crète le Concile panorthodoxe qui, malheureusement, ne sera pas annulé. Les documents suivants y seront examinés :

– L’autonomie et la manière de la proclamer
– L’importance du jeûne et son importance aujourd’hui
– Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien
– La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain
– La diaspora orthodoxe
– Le sacrement du mariage et ses empêchements

C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien « qui soulève le plus de questions et de remarques. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, le Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, la Sainte-Communauté du Mont Athos, le diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre) ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour modifier ledit document et ce de façon très argumentée et solide du point de vue théologique. Les moines de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev partagent la préoccupation de leurs confrères moines, des évêques, prêtres, des pieux laïcs, qui sont soucieux de leur salut et du destin de l’Église du Christ. Nous sommes reconnaissants à ceux qui se sont donné de la peine et ont exprimé leurs remarques et suggestions pour la correction des documents concernés. La communauté de la Laure de Potchaïev est solidaire et en accord avec l’opinion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, du Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, de la Sainte-Communauté du Mont Athos, du diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, du métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre). Pour nous, l’opinion exprimée par Mgr Benjamin, métropolite de Vladivostok et de Primorsk, dans sa lettre aux participants à la conférence « Concile panorthodoxe : points de vue et attentes », qui s’est déroulée le 19 avril 2016 à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou, est également très importante. Quant à nous, nous souhaitons assurer les paroissiens et les pèlerins de notre Laure que, espérant en la miséricorde divine, la protection et l’intercession de la reine des cieux, et affermis par les prières et les exemples de nos Pères qui vécurent dans l’ascèse, Job et Amphiloque, thaumaturges de Potchaïev, et fixant les exploits de nos maîtres qui subirent les plus violentes persécutions et outrages à l’époque de l’athéisme, les moines de la Montagne de Potchaïev feront à l’avenir également tout ce qui est possible afin que le peuple fidèle reçoivent dans les églises du monastère la grâce divine dans les sacrements de la sainte Église orthodoxe qui a été fondée par le Christ Sauveur Lui-même, dont les dogmes ont été fixés par les saints Pères et les décisions des sept Conciles œcuméniques et n’ont besoin d’aucun changement. La vérité divine est parfaite et immuable. Et le Sauveur du monde nous a confié de la garder et de la proclamer, et non de « la mettre au point ». Nous croyons fermement que le notre Seigneur Jésus-Christ gardera Son Église inébranlable et invincible « et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle » (Matth. 16,18). Nous appelons le pieux peuple à élever ses prières ardentes, afin que le Seigneur très-miséricordieux continue à nous renforcer dans la pureté de la foi orthodoxe, dans laquelle seulement est possible le salut éternel ».

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Le métropolite de Lovetch Gabriel sur les raisons qui ont incité l’Église orthodoxe de Bulgarie à renoncer à sa participation au Concile panorthodoxe

Le métropolite de Lovetch Gabriel a expliqué au site internet bulgare « Dobrotolioubie » pourquoi le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris la décision de ne pas participer au saint et grand Concile si celui-ci n’est pas reporté.

Votre Éminence, ces jours-ci, après la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie, sont reproduites dans les médias les opinions de théologiens tels que Kaline Yanakiev et Diliane Nikoltchev, selon lesquels ladite décision est « radicale » et « incorrecte », parce qu’elle pouvait être prise dès l’an dernier, et non au dernier moment. Qu’en est-il réellement, si les thèmes du Concile ont été choisis en janvier de cette année et qu’a été définie, il y a deux semaines seulement, la place dans la salle des participants et des observateurs et qu’ont été connus d’autres détails liés au Concile ?

– Je ne dirais pas que cela n’est pas correct. Il y a autre chose qui n’est pas correct : que l’on nous invite à un Concile où tout est décidé d’avance. Oui, effectivement, nous n’avions pas pris la décision jusqu’à maintenant, jusqu’au dernier moment, de nous rendre ou non au Concile. Mais maintenant, en tout cas, la vérité est claire. Il est vrai que ce n’est pas maintenant que nous avons pris connaissance de cela, mais pour se décider à cela… Nous ne l’avons pas fait immédiatement. Il y a certaines questions qu’il est nécessaire que ce Concile – il n’en a pas été convoqué si souvent – résolve encore [hormis celles qui sont inclues dans l’ordre du jour]. Par exemple, la question du calendrier. L’Église orthodoxe peut-elle continuer à célébrer selon deux calendriers ? Si cette question n’est pas résolue maintenant au Concile, quand peut-elle l’être alors? Lors de la conférence des Églises autocéphales, en 1948 à Moscou, il a été dit au sujet du calendrier que toute Église orthodoxe autocéphale peut célébrer selon le nouveau ou l’ancien calendrier (étant entendue que la pascalie reste identique), mais que, lors du prochain Concile orthodoxe, lorsqu’il serait convoqué, ce calendrier devrait être unifié. Or, le Concile est convoqué maintenant. Est-ce que cette question peut ne pas être résolue ? Quand le sera-t-elle ? Car c’est anormal qu’il existe deux calendriers. Il y a d’autres questions qui doivent être résolues au Concile. Certes, nous le savions avant, nous n’en avons pas été informés maintenant, au dernier moment. Et puis, il nous avons pris une décision concernant l’un des documents (bien que des remarques puissent être formulées sur d’autres), à savoir « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », qui contient beaucoup de choses qui sont absolument inexactes et non orthodoxes. Nous pouvons nous rendre au Concile, mais selon le règlement du Concile qui a été adopté, aucune correction ne sera acceptée. C’est parce que le règlement est tel que, dès le début, la commission doit décider si ce que nous voulons, peut être proposé au vote du Concile. Or, même si cela peut être proposé, si le Concile ne vote pas unanimement dans ce sens, le texte ne pourra être modifié. Que cela signifie-t-il ? Qu’un certain document est adopté par les commissions, mais toutefois les commissions ne sont pas le Concile, elles ne sont vraiment pas le Concile. Ce n’est pas le Concile qui a voté le règlement, mais les patriarches, et ceux-ci ne sont pas non plus le Concile. Et, en fin de compte, on ne pourra apporter aucune modification, disons, dans ce document, mais également dans n’importe quel autre, parce que dans aucun cas, toutes les Églises ne voteront pas à l’unanimité pour la modification, et il y aura quoi qu’il en soit des votes contre. Nous nous rendons à un Concile pour lequel les décisions sont déjà prises. Pourquoi ne pas prendre cela en considération ? C’est un Concile, un travail sérieux ! À quels intervalles sont convoqués les Conciles ? Il se passe parfois des centaines d’années, voir mille. Le Concile doit résoudre les questions qui sont réellement importantes pour l’orthodoxie. Donc, nous avons pris cette décision maintenant. Nous pouvions la prendre avant, mais ce n’était pas facile. Certains disent même que cela est très courageux de prendre une telle décision… Vous voyez qu’il n’y a pas une autre Église, à l’exception de nous, [qui ait pris une telle décision]. C’est ce qu’a décidé le Synode. Personnellement, lorsque je me suis rendu à la session, je ne savais pas que nous pourrions prendre une telle décision. Ma seule conviction était qu’il fallait demander de reporter le Concile, afin que soient mis au point ces questions et que ce Concile ait véritablement un grand effet. Selon moi, le Concile doit être tel qu’il soit en mesure d’élaborer le règlement de ses sessions, afin que l’on y vote comme partout : lorsqu’est constitué le nouveau parlement bulgare, personne ne donne aux députés un ordre du jour tout prêt, ils créent leurs propres règles. Cela doit être réglé par le Concile. Maintenant cela est réglé par les patriarches. C’est bien, mais les patriarches ne sont pas, malgré tout, le Concile. Le Concile est une représentation bien plus large. Du fait que tout a été décidé à l’avance, nous avons décidé qu’il serait bien de reporter le Concile afin que les questions conflictuelles puissent être réglées. Notre souhait serait que l’on règle de la meilleure façon ce qui concerne l’orthodoxie. Aussi, cela n’a pas d’importance que nous ayons décidé cela au dernier moment. Mais pour ce qui concerne la disposition dans la salle, c’est un problème mineur, vraiment mineur ! Pour ce qui est des dépenses élevées au sujet desquelles nous avons écrit : si le Concile réglait des réponses très sérieuses, nous n’y verrions pas d’inconvénients, mais maintenant nous irions à un tel Concile, où tout est réglé d’avance, et nous donnerions pour cela un demi million de Lev… Pour l’Église orthodoxe de Bulgarie, c’est une grande somme. Nous la donnerions si nous savions que la manifestation le vaut. Vous savez, nous ne savons même pas combien cela coûtera. Personne ne nous informe de la somme finale, mais ce sera plus d’un demi million de Lev – combien cela coûtera encore ? Une chose pareille est-elle possible maintenant ? Que les médias disent ce qu’ils veulent. Oui, nous avons effectivement pris une telle décision.

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Vidéo de l’exposé du P. Jivko Panev au colloque international sur les médias numériques et la pastorale orthodoxe à Athènes en mai 2015

Les vidéos du 1er colloque international sur les médias numériques et la pastorale orthodoxe qui s’est tenu du 7 au 9 mai 2015 à l’hôtel Divani Apollon à Vouliagmeni, près d’Athènes, sont maintenant disponibles en ligne (en anglais, en russe et en grec). Ce colloque a été organisé par les collaborateurs du site orthodoxe grec Pemptousia en collaboration avec le site orthodoxe russe Bogoslov.ru et le site orthodoxe américain Orthodox Christian Network. Trois de collaborateurs d’Orthodoxie.com, Jean-Claude Larchet, Bernard Le Caro et Claude Lopez-Ginisty  y ont  présenté des exposés, et le P. Jivko Panev, a été associé au comité scientifique. Nous vous invitons à regarder l’exposé du P. Jivko, en anglais, en russe ou en grec, ainsi que son intervention lors de la discussion finale du comité scientifique. Vous pouvez également télécharger le texte de son exposé (anglais, russe et français).

What are the positions of the Orthodox Church in a “Modern World? :

 

Final Discussion by the Scientific Committee of the Conference (à partir 14′:01”) ;

 

Le métropolite de Volokolamsk : « Il est important pour nous que le Concile devienne un facteur d’unité »

Dans une interview exclusive à la chaîne TV russe « Rossia 24 », le président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a commenté la situation, suite au refus de l’Église orthodoxe de Bulgarie de participer au Concile panorthodoxe, qui doit commencer le 16 juin 2016. Le métropolite a déclaré entre autres : « La préparation de ce Concile a duré 55 ans. Et comme cela s’avère maintenant, cette préparation n’est pas terminée, parce que certaines Églises expriment leur mécontentement au sujet du déroulement de la préparation du Concile. Et une Église, à savoir l’Église orthodoxe de Bulgarie, a déjà déclaré son refus d’y participer. Il est tout-à-fait possible que deux Églises encore renonceront à leur participation – celles d’Antioche et de Serbie. Nous avons proposé au patriarche de Constantinople de procéder à une conférence préconciliaire pour résoudre toutes les questions en raison desquelles les Églises, les unes après les autres, refusent de participer au Concile. Si ces questions sont résolues, cela signifie que le Concile aura lieu. Si elles ne le sont pas, alors, probablement, il sera préférable de le reporter. Il est important pour nous que le Concile devienne un facteur d’unité et d’unanimité, afin qu’il n’y ait lors de son déroulement aucune surprise désagréable pour les Églises orthodoxes. Les décisions du Concile doivent être prises par consensus, c’est-à-dire à l’unanimité. Cela ne signifie pas seulement l’accord de tous ceux qui sont présents dans la salle au sujet de l’une ou de l’autre déclaration, de l’un ou de l’autre document. Pour nous, cela signifie que toutes les Églises doivent exprimer leur accord sur ceux-ci. Si même une seule Église orthodoxe locale, ou deux ou trois, sont absentes du Concile, cela signifie qu’il n’y a pas de consensus. Or, quelle est la légitimité de ce Concile, comment ses décisions seront-elles acceptées dans une Église qui aura refusé d’y participer, et ce non pour quelques considérations techniques, mais pour des raisons de principe ? »

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Le patriarche de Roumanie, au sujet du saint et grand Concile : « Nous devons exprimer l’unité, mais aussi la co-responsabilité »

Lors de l’ouverture des travaux du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine, le patriarche de Roumanie Daniel a abordé la question du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, qui se tiendra en Crète en juin de cette année. Sa Béatitude a exhorté tous les fidèles, le clergé, les moines et moniales ainsi que les laïcs à prier, dans un esprit conciliaire, pour le bon déroulement du saint et grand Concile. Le patriarche de Roumanie a répondu à ceux qui contestent la participation d’un nombre limité de personnes au saint et grand Concile, en déclarant que « tous ne peuvent pas participer, mais tous ont la possibilité de contribuer, de conseiller et de prier de telle façon que le Saint-Esprit, et non un esprit mondain, guide les travaux du futur Concile panorthodoxe ». Comme il l’avait affirmé en janvier 2016 lors de l’ouverture des travaux de la synaxe des primats des Églises orthodoxes à Chambésy, le patriarche de Roumanie a souligné le caractère conciliaire de l’orthodoxie, qui doit être manifesté tant au niveau local qu’universel (panorthodoxe) : « Nous devons être très responsables, parce que l’unité de la foi est importante pour nous. Lorsque nous nous assemblons en Synode, nous devons exprimer la foi unique et sainte, l’unité de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique, afin de refléter la foi de l’Église entière. C’est pourquoi le clergé paroissial et monastique, les fidèles et les moines et moniales sont sollicités de prier, d’être ensemble dans un esprit dans un esprit conciliaire, parce que le consensus de l’Église dans le cadre d’un Concile et dans sa plénitude représente l’expression de l’unité ou la communion de la foi. Tous ne peuvent pas participer, mais tous ont la responsabilité de contribuer, de conseiller, de prier afin que le Saint Esprit et non un esprit mondain guide les travaux du futur Concile panorthodoxe. Nous avons un devoir moral de témoigner ensemble l’unité de la foi dans l’Église, non seulement chez nous, mais aussi au niveau panorthodoxe. Le don le plus grand et le plus précieux, de la vie spirituelle de l’Église est l’unité de la foi, qui est exprimée dans l’unité sacramentelle, mais aussi dans le ministère missionnaire et pastoral de l’Église accompli aujourd’hui dans le monde. Nous devons exprimer l’unité, mais aussi la co-responsabilité. L’orthodoxie est conciliaire, à la fois aux niveaux local, national et panorthodoxe. Le Concile est toujours l’institution portant la plus grande responsabilité pour garder la vraie foi, la véritable expérience dans le Christ et l’organisation pastorale à tous les niveaux ».

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L’Église orthodoxe de Chypre a proposé des corrections au texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »

L’Église orthodoxe de Chypre a diffusé une déclaration officielle, dans laquelle est exposée sa position à la veille du Concile panorthodoxe. Elle considère que l’Église orthodoxe est « l’Église une sainte, catholique et apostolique, qui a préservé l’unité indissociable de « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jud. 1,3). L’Église de Chypre considère nécessaire le développement des relations avec les Églises et confessions hétérodoxes, « dans le but de permettre l’unité des chrétiens dans le cadre de l’Église une et indivisible ». Des corrections sont proposées au texte « « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » comme suit :
1. Remplacer la définition « autres Églises et confessions chrétiennes » par « autres Églises et confessions chrétiennes hétérodoxes »
2. Le paragraphe 13 : au lieu « d’unité ontologique », utiliser la phrase « unité de la foi, des sacrements et de l’ordre canonique »
3. À la fin du paragraphe 22, ajouter : « du fait que chaque évêque, membre du Concile est porteur de la conscience du plérôme de l’Église locale »
4. Le paragraphe 23 : Le texte : « Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est très important que tous les chrétiens de bonne volonté, inspirés par les principes fondamentaux communs de notre foi, essaient de donner une réponse empressée et solidaire, basée sur le modèle idéal par excellence du nouvel homme en Christ, aux problèmes épineux que nous pose le monde d’aujourd’hui » doit être remplacé par : « Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est très important que tous les chrétiens, inspirés par les principes fondamentaux communs de l’Évangile, essaient de donner une réponse unanime aux problèmes que nous pose le monde contemporain ».

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Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche au sujet du Concile panorthodoxe

Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche

 Balamand, le 6 juin 2016

 Décision synodale

 Dans le cadre de sa septième session spéciale du 25 mai 2016, le Saint Synode de l’Église d’Antioche a tenu, le 6 juin 2016, une séance présidée par Sa Béatitude le Patriarche Jean X en présence de leurs Éminences les évêques, pour étudier les récentes prises de position des Églises orthodoxes autocéphales au sujet du grand et saint Concile (ci-après « grand Concile ») et les sujets inscrits à son ordre du jour. Et pour définir la position de l’Eglise d’Antioche à son propos, tenant compte de la décision du Saint-Synode du Patriarcat Œcuménique en date du 31 mai 2016, qui stipule la formation «d’un comité de représentants des Eglises d’Antioche et de Jérusalem, avec le Patriarcat oecuménique pour coordinateur, qui se réunirait directement après le grand Concile  » dans le but de  résoudre la violation de l’Église de Jérusalem des limites territoriales canoniques de l’Église d’Antioche dans l’ Émirat du Qatar.

 Étant donné, qu’après examen des positions des Églises orthodoxes autocéphales, il a été noté que

  1. Les positions de nombre de ces Églises sur la plupart des sujets figurant à l’ordre du jour du grand Concile restent divergentes, et que certaines d’entre elles rejettent la version actuelle de certains documents qui seront soumis à son attention, et que ces positions et rejet ont été ouvertement prises dans des décisions de leurs saints-synodes respectifs qui ne prêtent pas à confusion ;
  1. Un certain nombre d’Eglises émet des réserves de fond sur les aspects organisationnels du grand Concile, son coût financier et les modalités de mise en application des décisions prises durant la synaxe des primats des Églises orthodoxes de Chambésy, en 2016 ;
  1. L’Église de Bulgarie a adopté, en date du 1er juin 2016, une décision synodale dans laquelle elle énumère ses réserves et demande à Sa Sainteté le patriarche oecuménique de reporter la tenue du grand Concile à une date ultérieure, sans pour cela cesser sa préparation de manière efficace. Sinon, elle a indiqué qu’elle n’y participera point ;
  1. L’Église de Russie a adopté une décision synodale, en date du 3 juin 2016, dans laquelle elle propose la tenue d’une réunion préconciliaire avant la date du grand Concile, pour examiner les différents dossiers en souffrance et parvenir à un consensus sur les observations émises par les Eglises au sujet des documents synodaux, tout en insistant sur la nécessité de respecter le principe d’unanimité concernant la participation de toutes les Eglises autocéphales à ce Concile ;

Compte tenu du fait qu’il est apparu aux Pères du Saint Synode Antiochien que :

  1. Les observations et réserves émises par l’Eglise d’Antioche concernant le règlement interne de fonctionnement du grand Concile et les décisions prises par la synaxe des primats des Eglises orthodoxes, tenue à Chambésy du 21 au 28 janvier 2016, n’ont pas été à ce jour pris en compte, ainsi que son refus de ratification de ces deux documents. Ce qui viole les principes de base convenus pour toute action orthodoxe commune, institués par Sa Sainteté le patriarche oecuménique Athénagoras Ier lors du lancement des travaux préparatoires en vue du grand Concile, et qui exigent l’unanimité des Eglises autocéphales sur toutes les décisions ;
  1. Le document concernant le sacrement du mariage et ses empêchements figure toujours à l’ordre du jour du grand Concile, malgré sa non-ratification par l’Eglise d’Antioche et l’Eglise de Géorgie ;
  1. La question de la diaspora a été mise à l’ordre du jour du grand Concile sans la moindre évaluation du travail effectué par les assemblées épiscopales, et sans prendre en compte la position maintes fois exprimée par l’Eglise d’Antioche quant à la nécessité de tenir une réunion spécifique pour évaluer le travail de ces assemblées et suggérer les solutions ecclésiales adéquates avant le grand Concile. En effet, ces assemblées avaient été mises en place ‘pour une phase transitoire afin de préparer le terrain à une solution adéquate à la question de la diaspora avant la tenue du grand Concile, afin que ce dernier soit en mesure de lui trouver une solution canonique’ (paragraphe 1.b de la décision concernant la diaspora orthodoxe, adoptée par la 4ème conférence orthodoxe préconciliaire de Chambésy, du 6 au 12 juin 2009). C’est pourquoi il s’avère primordial d’évaluer le travail de ces assemblées avant la tenue du grand Concile, pour éviter que ce dernier ne soit amené à aborder directement cette question en l’absence de travail préparatoire ;
  1. La question du « calendrier ecclésiastique et de l’unification de la célébration de Pâques » a été retirée de l’ordre du jour malgré l’importance de ce sujet pour le peuple des fidèles du Siège d’Antioche, qui attend de la catholicité de l’Eglise orthodoxe une prise de position pastorale à ce sujet ;
  1. La section relative à l’évaluation des dialogues en cours avec les autres chrétiens, qui devait être préparée en amont du grand Concile, pour qu’elle puisse figurer dans le document relatif à « La relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », n’a été ni préparée ni son contenu soumis au consensus des Églises ;
  1. Le sujet de « l’autodétermination et les modalités de sa déclaration » nécessite un accord sur son contenu avant de l’inscrire dans sa version finale  à l’ordre du jour du grand Concile;
  1. L’absence de participation effective des Églises orthodoxes au travail préliminaire et préparatoire, la lenteur d’action du secrétariat du Concile et l’absence de clarté sur le programme de ses séances et la façon de les conduire qui ont marqué la dernière phase préparatoire, pourraient entraver les échanges durant le Concile;
  1. La dernière décision du Patriarcat oecuménique en date du 31 mai 2016, de reporter la recherche d’une solution au conflit persistant avec le Patriarcat de Jérusalem à une date ultérieure à la tenue du grand Concile, ignore l’initiative prise par le patriarche œcuménique (du 5 avril 2016) de régler ce problème et l’accueil favorable qui lui a été faite par l’Eglise d’Antioche. Elle fait également abstraction des profondes implications de ce différend et de ses répercussions sur le grand Concile. En effet, ce dernier ne peut être tenu dans le cadre d’une rupture de communion entre deux Eglises apostoliques, et ce en raison de son caractère avant tout eucharistique. L’adoption d’une telle résolution, juste avant la tenue du Concile, place l’Église d’Antioche face à une option unique inacceptable, à savoir participer au grand Concile sans participer à l’eucharistie, en raison de l’absence de solution définitive à la violation du Patriarcat de Jérusalem, qui persiste depuis plus de trois ans (cf. Communiqué du Synode d’Antioche du 1er juin 2016 sur ce différend).
  1. La question de cette violation prend une dimension inquiétante et dangereuse du fait des prétentions du Patriarcat de Jérusalem, dans sa correspondance avec le Patriarcat d’Antioche, de s’approprier d’autres régions situées dans le territoire canonique du Siège d’Antioche ;

Etant donné que l’Eglise d’Antioche N’a ménagé aucun effort pour préserver l’unité orthodoxe, à laquelle elle tient et qu’elle a manifesté depuis le lancement de l’idée de la tenue du grand Concile en 1961. Elle reste fidèle à la ligne tracée par le patriarche Elias IV et confirmée par le patriarche Ignace IV, qui ont contribué à en faire avancer grandement les travaux préparatoires. Elle persévère aujourd’hui, en la personne du patriarche Jean X, dans la même voie pour consolider cette unité avec engagement, persévérance et esprit de sacrifice ;
Bien qu’elle n’ait pas ratifié les résolutions de la synaxe des primats des Eglises orthodoxes du Fanar (en mars 2014), a participé dans un esprit d’économie aux comités préparatoires du grand Concile et aux travaux de la Vème Conférence préconciliaire de Chambésy en 2015, puis à la synaxe des primats des Eglises orthodoxes de Chambésy en 2016. Et bien qu’elle n’ait pas ratifié les décisions finales de cette synaxe, elle a participé, aussi dans un esprit d’économie, au travail des comités préparatoires du grand Concile, afin de faciliter le travail orthodoxe commun et de l’accompagner, comme elle l’a toujours fait au cours des dernières décennies, mue par l’espérance de régler toutes les questions en suspens préalablement à la tenue de ce Concile ;
A donné à cet événement, le plus grand et le plus beau dans la vie contemporaine de l’Eglise, la place qu’il mérite, en en traduisant tous les documents préparatoires en arabe, et en les rendant accessibles à tous ses fidèles. De plus, le Saint Synode de l’Eglise d’Antioche a accompagné de près le travail préparatoire et proposé des modifications appropriées à ses documents.
Considère, à la lumière de ce qui précède, que la tenue du grand Concile, en cours de préparation depuis des générations, est entravée par de nombreuses difficultés, et a besoin d’un surcroît de préparation des sujets inscrits à son ordre du jour et des détails pratiques et de procédure concernant sa tenue et la manière de diriger ses travaux ;
En dépit des crises étouffantes qu’elle traverse, les plus graves de son histoire, et malgré les conditions de vie aléatoires de ses fidèles, notamment en Syrie, au Liban et en Irak, n’a ménagé aucun effort, aucune prière ni occasion pour concilier et faciliter les initiatives pour la tenue du Concile, et pour y participer, en dépit de toutes les difficultés humaines et économiques qu’elle vit ;
Attendu que ce Concile, s’il est tenu dans le cadre de l’interruption de la communion entre deux Eglises apostoliques, suggère que la participation aux délibérations conciliaires sont possibles sans participation à la sainte eucharistie, ce qui fait perdre au Concile son caractère ecclésiologique, ce qui le fait revêtir une nature administrative, en opposition à la tradition orthodoxe conciliaire solidement établie ;
Considère que ce Concile est convoqué afin d’exprimer l’unité orthodoxe, et que cela nécessite un climat d’amour et de fraternité en Christ, et le souci de s’adresser à l’homme d’aujourd’hui, ce qui demande un consensus sur un grand nombre de questions entre les Eglises orthodoxes autocéphales, et exige leur participation à ses travaux et leur approbation unanime de ses décisions ;
Constate que le peuple des fidèles, après avoir étudié l’agenda du Concile et ses documents, a exprimé sa grande déception du fait qu’il ne s’’adresse pas aux défis auxquels il est confronté; en particulier ceux de la jeunesse,  et a fait part de sa préoccupation de l’orientation qu’a pris ce Concile, qui porte atteinte à la vision de base qui a été la cause de sa tenue, à savoir affronter ensemble les défis qui interpellent l’Eglise orthodoxe de nos jours, afin exprimer un témoignage commun dans le monde d’aujourd’hui ;

Les Pères du Saint Synode Antiochien ont décidé à l’unanimité ce qui suit :

1. Demande à Sa Sainteté le patriarche œcuménique d’œuvrer à trouver un consensus concernant toutes les réserves exprimées par les Eglises autocéphales relatives au grand Concile, et ce pendant la période qui sépare de la date prévue d’ouverture du Concile . Si ce consensus s’avère difficile à trouver, l’Eglise d’Antioche demande de reporter la réunion du grand Concile à une date ultérieure, où les relations entre toutes les Eglises autocéphales seraient encore plus iréniques, et où il serait possible d’assurer l’unanimité orthodoxe sur les sujets du Concile, son règlement intérieur et ses procédures pratiques ;

2. La non-participation du Siège d’Antioche au grand Concile tant que des raisons empêchent la participation de tous à l’eucharistie durant ses travaux, implique de trouver une solution définitive à la violation de Jérusalem des frontières canoniques du Siège d’Antioche, qui a mené à la l’interruption de la communion avec le Patriarcat de Jérusalem ;

3. Réaffirmer de nouveau l’importance de la participation de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales au grand Concile et que ses décisions soient prises unanimement en leur présence, conformément au principe de base du Concile, et ce dans le but de sauvegarder l’unité de l’Eglise orthodoxe universelle.

4. S’adresser à toutes les Eglises orthodoxes et les informer du contenu de la position antiochienne et de ses bien-fondés.

5. Demander aux fidèles de prier avec leurs évêques pour que le Saint-Esprit inspire l’Église dans sa marche dans l’unité, et son témoignage pour le Christ dans le monde.  La version arabe du présent communiqué tient lieu de texte référence.

200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine ont adressé une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, faisant part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe

Dans une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, 200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine, on fait part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe :

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Décision du Patriarcat œcuménique au sujet du maintien du Concile panorthodoxe à la date prévue

Le Patriarcat œcuménique a publié en date du 6 juin le communiqué suivant :
« Le Saint-Synode permanent [endimousa] du Patriarcat œcuménique, a procédé aujourd’hui à sa réunion extraordinaire sous la présidence de Sa Toute-Sainteté le patriarche Bartholomée, afin d’examiner le cheminement du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, convoqué par la grâce de Dieu et qui déjà se trouve à nos portes. Le Saint-Synode permanent [endimousa] a été informé avec étonnement et perplexité des positions et des opinions exprimées dernièrement par quelques-unes des Églises orthodoxes sœurs et, après les avoir évaluées, a constaté qu’aucun cadre institutionnel n’existe pour la révision de la procédure conciliaire mise en route. Aussi, il est attendu que les primats des très saintes Églises orthodoxes, conformément au règlement d’organisation et de fonctionnement du Saint et Grand Concile, présentent les éventuelles « propositions formulées d’amendements, de corrections ou d’ajouts aux textes unanimement approuvés par les conférences panorthodoxes préconciliaires et par les synaxes des primats portant sur les thèmes à l’ordre du jour du Concile » (cf. article 11), en vue de l’élaboration et de la décision finales lors des travaux du Saint et Grand Concile, par l’invocation de l’Esprit Très-Saint. Le Patriarcat œcuménique, en tant qu’Église première responsable pour la sauvegarde de l’unité de l’Orthodoxie, appelle tous à se montrer à la hauteur des circonstances et à participer, aux dates prévues, aux travaux du Saint et Grand Concile, comme cela a été décidé et signé au niveau panorthodoxe, tant par les primats lors de leurs synaxes, que par chacune des délégations ayant reçu les pouvoirs correspondants lors du long processus préparatoire du Concile.
Fait au Patriarcat le 6 juin 2016
le secrétariat »

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L’Assemblée des évêques orthodoxes du Royaume-Uni : « La réunion du saint et grand Concile est d’une importance majeure »

« Nous considérons qu’il est d’une importance majeure que tous les efforts soient déployés, de sorte que le saint et grand Concile se réunisse et montre au monde l’unité conciliaire de l’Église ». C’est ce que mentionne le communiqué rédigé par l’Assemblée des évêques orthodoxes de Grande-Bretagne et d’Irlande. La séance de travail de l’Assemblée a eu lieu le samedi 4 juin à Londres. L’événement a été hébergé, avec la bénédiction de S.E. Mgr Joseph, métropolite orthodoxe roumain de l’Europe occidentale et méridionale, par la paroisse orthodoxe roumaine Saint-Georges dans la capitale britannique. À l’ordre du jour de l’Assemblée figurait entre autres le saint et grand Concile. La séance de travail a été précédée par la divine liturgie. L’office a été célébré par S.E. Mgr Grégoire, archevêque de Thyatire et de Grande-Bretagne (Patriarcat œcuménique), S.E. Mgr Élisée, archevêque de Souroge (Église orthodoxe russe), S.E. Mgr Jean, archevêque de Charioupolis (Archevêché des églises russes en Europe occidentale. Patriarcat œcuménique), S.E. Mgr Athanase de Tropaios, évêque-vicaire de l’archevêché de Thyatire et de Grande-Bretagne, et S.E. Mgr Ignace de Mureş, évêque-vicaire du diocèse d’Espagne et du Portugal (Église orthodoxe roumaine). En ce qui concerne le saint et grand Concile, l’Assemblée des évêques orthodoxes en Grande-Bretagne et en Irlande a publié, sur l’initiative de S.E. Mgr Ignace, le communiqué suivant : « Nous, Assemblée des évêques orthodoxes de Grande-Bretagne et d’Irlande, réunis en la paroisse orthodoxe roumaine de Londres, conformément à nos statuts, avons appris avec profonde inquiétude les évolutions récentes qui mettent en danger la convocation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe. Concélébrant aujourd’hui dans l’esprit de l’unité et de l’amour, nous considérons d’importance majeure que tous les efforts soient déployés, de sorte que le saint et grand Concile se réunisse et montre au monde l’unité conciliaire de l’Église. Dans une période d’incertitude, les chrétiens orthodoxes considèrent le saint et grand Concile comme une affirmation vitale d’espoir. Aussi, nous appelons tout le clergé et le peuple orthodoxe de nos diocèses à élever des prières ferventes pour que soient surpassés tous les obstacles et que l’Esprit Saint œuvre de façon que nos Églises-mères se rencontrent dans l’unité du Christ ».

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Communiqué de l’Église orthodoxe de Géorgie sur le saint et grand Concile, avec la liste de ses participants

Synode_GeorgieLe 25 mai 2016, a eu lieu au Patriarcat de Géorgie la séance ordinaire du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie, sous la présidence du Catholicos-patriarche de toute la Géorgie, Sa Saintété et Béatitude Élie II. Le métropolite Shio (Mujiri) de Senaki et Chkhorotsku a été nommé secrétaire de la session. Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie II a prononcé le discours d’ouverture, saluant les membres du Saint-Synode et félicitant le peuple géorgien à l’occasion de la fête de l’Indépendance (…). Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie a voué une attention particulière à l’importance du Saint et Grand Concile orthodoxe en préparation pour le 16 juin de cette année, et a remercié les clercs et laïcs qui ont participé aux sessions des Conférences préparatoires préconciliaires. Ensuite, Sa Saintété et Béatitude le Catholicos-Patriarche Élie II a donné la parole aux évêques membres du Saint-Synode, afin qu’ils expriment leurs opinions au sujet des documents qui seront discutés lors du futur Concile. Le représentant de l’Église orthodoxe de Géorgie au Secrétariat du Saint et Grand Concile, le métropolite André (Gvazava) de Gori et Ateni a fait une courte revue des documents du Concile panorthodoxe. Le métropolite Théodore (Tchuadzé) d’Alkhaltsikhe et Tao-Klarjeti a parlé au sujet des documents « Le sacrement du mariage et ses empêchements » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Le Saint-Synode a décidé que deux points du document « Le sacrement du mariage et ses empêchements » devaient être modifiés. Il s’agit notamment, dans la première partie, du point 10 et, dans la deuxième partie intitulée « empêchements au mariage » du point 5 alinéa I.

1) Le point 10 en question dispose : « L’Église n’accepte pas pour ses membres les contrats de cohabitation de même sexe, ni d’ailleurs toute forme de cohabitation différente du mariage. L’Église doit déployer tous ses efforts pastoraux possibles pour que ses membres qui s’engagent dans de telles formes de cohabitation puissent comprendre le véritable sens de la pénitence et de l’amour béni par l’Église ».
Ce point doit être modifié de la façon suivante : « L’Église n’accepte pas l’union sexuelle entre des personnes de même sexe, ainsi que toute autre forme de cohabitation distincte du mariage chrétien et condamne ce péché. L’Église est préoccupée du destin éternel des âmes immortelles des gens qui vivent dans ce péché et déploie tous ses efforts pastoraux afin qu’ils prennent conscience de l’extrême gravité de celui-ci et s’en éloignent au moyen de la véritable pénitence ».

2) Dans la deuxième partie, sous le point 5, alinéa I du document « Le sacrement du mariage et ses empêchements », il est dit : « Le mariage entre orthodoxes et non-orthodoxes ne peut être béni selon l’acribie canonique (canon 72 du Concile Quinisexte in Trullo). Toutefois, il peut être célébré par condescendance et amour de l’homme à la condition que les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Eglise Orthodoxe ».
Or il est connu de tous qu’aucun Concile ne peut s’opposer, annuler ou changer quelque canon que ce soit d’un Concile reconnu comme œcuménique.

Dans le document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », doivent être portées les modifications suivantes :

1) Dans le sous-titre, rédigé comme suit : « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres », doit être enlevée la phrase « et autres », car elle peut être commentée de différentes façons.

2) Le troisième point du chapitre « A » (« La dignité de la personnalité humaine ») du même document, dispose : « La reconnaissance commune de la valeur éminente de la personne humaine peut servir de présupposé à une collaboration plus large en ce domaine [i.e. la paix, ndt]. Les Églises orthodoxes sont appelées à contribuer à la concertation et à la collaboration interreligieuses et, par ce biais, à la suppression du fanatisme de toutes parts; par-là elles œuvreront en faveur de la réconciliation des peuples et du triomphe des biens que constituent la liberté et la paix dans le monde, au service de l’homme, indépendamment des races et des religions. Il va de soi que cette collaboration exclut tout syncrétisme ainsi que toute tentative d’une religion de s’imposer aux autres ».
Selon la décision du Saint-Synode, le texte mentionné doit être exposé dans la rédaction suivante : « La reconnaissance commune de la valeur éminente de la personne humaine peut servir de présupposé à une collaboration plus large dans le domaine de la paix. Les Églises orthodoxes sont appelées à contribuer à la concertation et à la collaboration interreligieuses et, par ce biais, à la suppression de toute manifestation de fanatisme. Par-là, elles œuvreront en faveur de l’affermissement de l’amitié parmi les peuples et du triomphe des biens que constituent la liberté et la paix dans le monde, pour le bien de tout homme, dans le but de sa purification spirituelle, de sa déification et de l’obtention de la vie éternelle, indépendamment des races et des religions. Il va de soi que cette collaboration exclut tout syncrétisme ainsi que toute tentative d’une religion de s’imposer aux autres, ce qui, naturellement, ne signifie pas la renonciation de la Sainte Église à l’activité missionnaire ».

3) Dans le premier point du chapitre « C » (« De la paix et de la justice ») doit être conservé le texte suivant : «L’Église orthodoxe reconnaît et souligne depuis des temps immémoriaux la place centrale de la paix et de la justice dans la vie humaine. La révélation même en Christ est caractérisée comme évangile de paix (Ep 6,15), car le Christ en instaurant la paix par le sang de sa Croix (Col 1,20), est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches (Ep 2,17). Il est devenu notre paix (Ep 2,14). Cette paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4,7), est, comme le Christ lui-même l’a dit à ses apôtres avant sa Passion, plus large et plus essentielle que celle promise par le monde: Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne (Jn 14,27).
Cependant, la seconde partie du même point, qui dispose : « Car la paix du Christ est le fruit mûr de la récapitulation de toutes choses en Lui; de la valeur et de la grandeur de la personne humaine, en tant qu’image de Dieu; de la manifestation de l’unité organique du genre humain et du monde en Christ; de l’universalité des idéaux de la paix, de la liberté et de la justice sociale; et enfin de la fécondité de l’amour chrétien entre les hommes et les peuples », doit être enlevée.
Toutefois, la dernière partie de ce paragraphe du texte doit être conservée : « La véritable paix est le fruit du triomphe sur terre de tous ces idéaux chrétiens. C’est la paix qui vient d’en haut que l’Église orthodoxe appelle toujours de ses vœux dans ses prières quotidiennes, en la demandant à Dieu qui peut tout et qui exauce les prières de ceux qui viennent à Lui avec foi ».
Ainsi, le premier point du chapitre II disposera : «L’Église orthodoxe reconnaît et souligne depuis des temps immémoriaux la place centrale de la paix et de la justice dans la vie humaine. La révélation même en Christ est caractérisée comme évangile de paix (Ep 6,15), car le Christ en instaurant la paix par le sang de sa Croix (Col 1,20), est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches (Ep 2,17). Il est devenu notre paix (Ep 2,14). Cette paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4,7), est, comme le Christ lui-même l’a dit à ses apôtres avant sa Passion, plus large et plus essentielle que celle promise par le monde: Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne (Jn 14,27). La véritable paix est le fruit du triomphe sur terre de tous ces idéaux chrétiens. C’est la paix qui vient d’en haut que l’Église orthodoxe appelle toujours de ses vœux dans ses prières quotidiennes, en la demandant à Dieu qui peut tout et qui exauce les prières de ceux qui viennent à Lui avec foi.

Pour ce qui concerne le document « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », le métropolite Stéphane (Kalaidjishvili) de Tsageri et Lentekhi a fait son rapport. Les remarques du professeur de dogmatique et de patrologie de l’Académie ecclésiastique et du séminaire de Tbilissi Edisher Chelidzé ont été lues. Elles ont a appelé des divergences d’opinion. Le métropolite Ananie (Japaridze) de Manglisi, le métropolite Grégoire (Berbichashvili) de Poti et Khobi, le métropolite Nicolas (Pachuashvili) de Akhalkalaki et Kumurdo, le métropolite Pierre (Tsaava) de Chkondidi; le métropolite Jean (Gamrekeli) de Rustavi, et le métropolite Jacques (Iakobishvili) de Bodbe ont exprimé leurs positions. Il a été mentionné que le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » a été inacceptable dès le début pour les représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie, par lesquels il a été signé parce que l’éclaircissement suivant avait été porté dans le texte : « Les Églises orthodoxes de Géorgie et de Bulgarie se sont retirées du Conseil Œcuménique des Églises, la première en 1997 et la seconde en 1998, car elles avaient un avis différent quant à l’œuvre du Conseil Œcuménique des Églises et, de ce fait, elles ne participent pas aux activités interchrétiennes menées par le Conseil Œcuménique des Églises et d’autres organismes interchrétiens ». Le Saint-Synode a décidé que le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » contient des erreurs ecclésiologiques et terminologiques et doit faire l’objet d’un sérieux remaniement.
Si ces modifications ne sont pas prises en compte et incluses dans le texte du document, l’Église géorgienne considèrera qu’il est pour elle impossible de le signer. À l’initiative du métropolite Grégoire (Berbichashvili) de Poti et Khobi, le Saint-Synode a décidé de créer une commission théologique, qui sur toute une série de questions théologiques, présentera ses propositions à l’examen du Saint-Synode. Celui-ci a également écouté le rapport du métropolite Sabbas (Gigiberia) de Khoni et Samtredia sur les questions organisationnelles.

Pour chaque question susmentionnée sera publiée prochainement une information plus détaillée.

Le Saint-Synode a constitué la délégation de l’Église orthodoxe de Géorgie au Grand et Saint Concile comme suit :

Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie Élie II;
Le métropolite Kalistrate (Margalitashvili de Kutaisi et Gaenti;
Le métropolite Daniel (Datuashvili) de Sachkhere et Chiatura;
Le métropolite Anania (Japaridzé) de Manglisi;
Le métropolite Georges (Shalamberidzé) de Tkibuli et Terjola;
L’Abba métropolite David (Makharadzé) de Alaverdi;
Le métropolite Serge (Chekurishvili) de Nekresi;
Le métropolite Joseph (Kikvidzé) de Shemokmedi;
Le métropolite Nicolas (Pachuashvili) de Akhalkalaki et Kumurdo, et d’Amérique du Sud;
Le métropolite Théodore (Chuadze) de Akhaltsikhe et Tao-Klarjeti;
Le métropolite Sabbas (Gigiberia) de Khoni et Samtredia;
Le métropolite Gérasime (Sharashenidzé) de Zugdidi et Tsaishi;
Le métropolite André (Gvazava) de Gori et Ateni;
Le métropolite Stéphane (Kalaijishvili) de Tsageri et Lentekhi;
Le métropolite Shio (Mujiri) de Senaki et Chkhorotsku et d’Australie ;
Le métropolite Jean (Gamrekeli) de Rustavi;
L’archevêque Spiridon (Abuladzé) de Skhalta;
L’archevêque Luc (Lomidzé) de Sagarejo et Ninotsminda;
L’évêque Michel (Gabrichidzé) de Tianeti et Pshav-Khevsureti;
L’évêque Dimitri (Kapanadze) de Khornabuji et Hereti;
L’évêque Damian (Khupenia) de Samtavisi et Kaspi;
L’évêque Grégoire (Katsia) de Tsalka;
L’évêque Dosithée (Bogveradzé) de Belgique et Hollande;
L’évêque Sabbas (Intskirveli) d’Amérique du Nord;
L’évêque Vakhtang (Liparteliani) de Nikortsminda;
Le protopresbytre Georges Zviadadze;
L’archimandrite David Chincharauli;
L’archiprêtre David Sharashenidzé;
L’archiprêtre Kakhaber Gogotishvili;
Le hiéromoine Michel Bregvadzé;
Le moine Anthime (Javakhishvili).

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Communiqué du Saint-Synode permanent de l’Église orthodoxe de Grèce à ses clercs, moines et fidèles, au sujet du Concile panorthodoxe

« Chers Pères et frères,
Le Christ est ressuscité !
Vous savez sûrement que ce mois, à savoir du 17 au 26 juin, le saint et grand Concile des Églises locales orthodoxes, après une préparation qui a duré de nombreuses années, se réunira en Crète pour délibérer dans le Saint Esprit et manifester l’unité de l’Église orthodoxe, à une époque où la société locale et mondiale est pleine de contradictions et d’antagonismes. Le Saint-Synode permanent de l’Église, qui a reçu les pleins pouvoirs de la hiérarchie de l’Église de Grèce, souhaite vous informer de façon responsable au sujet de cet événement significatif. Par principe, l’organisation ecclésiale est conciliaire et hiérarchique. L’élément conciliaire exprime l’existence de nombreuses personnes rassemblées au nom du Christ, et l’élément hiérarchique manifeste qu’il y a une hiérarchisation parmi eux, en fonction des charismes dont disposent celles-ci. À tous les niveaux (Saint-Synode, diocèses métropolitains, paroisses, monastères) fonctionnent les organisations conciliaire et hiérarchique et c’est ainsi qu’est exprimée la vérité de la foi. Cela apparaît de façon prononcée dans la divine eucharistie, qui exprime le mode de fonctionnement de la structure conciliaire, dans laquelle existent l’évêque, comme président de la synaxe eucharistique et docteur de la vérité, les clercs, les moines et les laïcs avec leurs charismes particuliers. C’est ainsi que fonctionnent aussi les conciles des Églises locales et les conciles panorthodoxes. De cette façon est glorifié le Dieu trinitaire. Durant de nombreuses années les Églises orthodoxes locales ont constaté qu’il était nécessaire que fût convoqué le saint et grand Concile pour régler différents problèmes ecclésiastiques persistants qui préoccupent les Églises locales. L’Église orthodoxe délibère toujours conciliairement pour régler les différents problèmes dogmatiques, ecclésiastiques, canoniques et pastoraux. Durant le premier millénaire du christianisme, des conciles œcuméniques et locaux ont été convoqués. Durant le deuxième millénaire également, des grands conciles ont été convoqués, revêtant un caractère universel et panorthodoxe, les plus importants étant ceux qui furent tenus sous saint Grégoire Palamas ainsi que les conciles des patriarches orientaux qui eurent lieu par la suite. En réalité, « l’Église est considérée comme un concile continu », c’est au demeurant ce que signifie le mot Église. C’est dans ce cheminement pérenne de la conciliarité sans interruption que se situe le le saint et grand Concile des Églises orthodoxes. Les quatorze Églises orthodoxes locales, après les sessions de nombreuses commissions conciliaires préparatoires, ont choisi à l’unanimité d’aborder, au saint et grand Concile, six thèmes, à savoir : 1) « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », 2) « La diaspora orthodoxe », 3) « L’autonomie et la méthode de sa proclamation », 4) « Le sacrement du mariage et ses empêchements », 5) « L’importance du jeûne et son observation aujourd’hui », 6) « Les relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien ». Les commissions de toutes les Églises ont préparé les textes, lesquels ont été signés par les primats des Églises orthodoxes et, sous leur forme finale, ont été soumis aux hiérarchies des Églises orthodoxes locales avec la possibilité de proposer des corrections et des ajouts, comme l’impose la structure conciliaire de l’Église. C’est dans ce but qu’a été convoquée récemment la hiérarchie de l’Église de Grèce, les 24 et 25 mai, afin de débattre au sujet de la décision et de la proposition du Saint-Synode permanent, qui faisaient suite aux suggestions envoyées par les hiérarques, sur l’initiative de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. La hiérarchie de l’Église de Grèce, dans sa fidélité absolue à l’enseignement des prophètes, des apôtres et des Pères, et avec respect pour le fonctionnement conciliaire de l’Église orthodoxe, a étudié de façon exhaustive les propositions du Synode permanent, l’une après l’autre, et dans un esprit de consensus, de responsabilité et de sérieux, dans l’unanimité sur la plupart des points et avec une majorité absolue sur d’autres. Elle a procédé aux corrections des textes présentés et, où il le fallait, a fait également des ajouts, afin que ceux-ci constituent les décisions finales de notre Église relativement à ces textes. Ces corrections et ces ajouts, qui sont essentiels et sont conformes à l’expérience et la tradition pérennes de l’Église, seront soumis au secrétariat panorthodoxe du saint et grand Concile en Crète et seront soutenus par S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme, afin que soient améliorés les textes déjà élaborés par les primats des Églises orthodoxes. Ainsi sera donné au monde contemporain un bon témoignage ecclésial de la foi et de l’unité, conforme à toute la tradition de l’Église. Assurément, il est connu que la hiérarchie de l’Église de Grèce a discuté ces sujets avec responsabilité, calme et en connaissance de cause. Ce qui importe, cependant, est que celle-ci ait gardé son unité. Les points de vue de nombreux hiérarques ont été entendus et les décisions étaient presque unanimes. Étant donné que de l’inquiétude s’était manifestée au préalable, en grande partie justifiée, chez beaucoup de membres du clergé, chez les moines et les laïcs, au sujet des textes que discutera le saint et grand Concile, nous recommandons à tous de s’apaiser, car nous les premiers, hiérarques, avons prononcé la confession de foi lors de notre sacre épiscopal, qui nous enjoint de préserver l’héritage apostolique et patristique que nous avons reçu, et nous veillons sur notre troupeau, pour la gloire de Dieu et de l’Église. Comme on le sait, le saint et grand Concile accomplira ses travaux à partir du jour de la Pentecôte et jusqu’au dimanche de Tous les saints. Cela signifie que les hiérarques et les autres clercs et laïcs qui représenteront l’Église de Grèce à ce concile, comme le feront aussi les autres Églises, s’efforceront d’exprimer l’expérience et la foi du mystère de la Pentecôte et la confession de nos saints, lesquels sont la continuation de la Pentecôte dans l’histoire. Aussi, nous prions le plérôme de notre sainte Église, qui porte le nom du Christ, à prier pour tous, particulièrement pour les évêques, clercs, moines et laïcs qui seront présents au saint et grand Concile, afin qu’ils donnent le bon témoignage de notre foi orthodoxe, et que ce concile avec ses décisions s’avère être un jalon spirituel dans notre vie ecclésiale ».
(Suivent les signatures de l’archevêque d’Athènes Jérôme et de tous les membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Grèce).

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Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe demande au patriarche Bartholomée de convoquer une réunion préconcilaire panorthodoxe extraordinaire

2P20160603-VSN_4620-1200Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe demande au patriarche Bartholomée de convoquer une réunion préconcilaire panorthodoxe extraordinaire avant le 10 juin afin d’examiner la faisabilité du Concile panorthodoxe dans les délais prévus.

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a pris, au cours de sa session du 3 juin (photographie ci-contre, ndlr), la décision suivante au sujet de la tenue du Concile panorthodoxe :

« Lors de sa session du 3 juin 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a examiné les problèmes importants qui ont surgi au cours de la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe prévu du 18 au 26 juin 2016, notamment le refus de l’Église orthodoxe de Bulgarie de participer au Concile, si ses dates ne sont pas reportées, ainsi que les sérieuses critiques concernant la préparation du Concile et les projets de documents conciliaires, tant dans l’Église orthodoxe russe que dans nombre d’autres Églises orthodoxes locales.

Rappel : Lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes locales au Patriarcat de Constantinople du 6 au 9 mars 2014 a été adoptée une décision selon laquelle « le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe sera convoqué par le patriarche œcuménique à Constantinople en 2016, si des circonstances imprévisibles ne l’empêchent pas ». En outre, il a été arrêté que « toutes les décisions, tant lors du déroulement du Concile que lors des étapes préparatoires seraient prises sur la base du consensus ». La réunion des primats des Églises orthodoxes locales, qui s’est tenue du 21 au 28 janvier 2016 au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy, a pris la décision selon laquelle « le saint et grand Concile aura lieu du 18 au 27 janvier 2016 à l’Académie orthodoxe de Crète ». Il fut également décidé de créer un secrétariat panorthodoxe et un comité d’organisation du saint et grand Concile. Les primats des Églises locales ont été d’accord avec la proposition de l’Église orthodoxe russe de publier les projets de documents conciliaires préparés par les conférences et les réunions panorthodoxes préconciliaires, dans le but de leur large discussion. S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée a adressé, le Dimanche du Triomphe de l’orthodoxie, un appel aux fidèles « à exprimer leurs points de vue et leur attente quant au saint et grand Concile ». Manifestant sa pleine disposition à collaborer activement à la préparation du Concile, l’Église orthodoxe russe, a nommé sans tarder ses représentants au secrétariat panorthodoxe et au comité d’organisation du Concile (lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée, sous le N°01/818 du 26 février 2016), mais le représentant de l’Église orthodoxe russe, malgré les rappels, n’a été invité à participer qu’à partir du 7 juin audit Comité (lettre de S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée à S.S. le patriarche de Moscou Cyrille du 31 mai 2016). En avril 2016, la composition de la délégation de l’Église orthodoxe russe au Concile panorthodoxe a été définie (protocole N°34), ce dont S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée a été informé par une lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille.

Simultanément, pour ce qui concerne les projets de documents conciliaires, des remarques critiques ont commencé à être exprimées peu après leur publication, de la part de l’épiscopat, du clergé et des laïcs de l’Église russe. Au Patriarcat de Moscou, au département des relations ecclésiastiques extérieures et aux autres institutions synodales sont parvenues en grand nombre des lettres de fidèles orthodoxes faisant état de critiques des textes conciliaires et du processus même de préparation du Concile. En réponse au trouble parmi les fidèles, le département des affaires ecclésiastiques extérieures a procédé aux éclaircissements et aux commentaires nécessaires en publiant une déclaration appropriée. Dans le but d’une discussion plus large des projets de documents du Concile, s’est tenue le 19 avril à Moscou, à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon, avec la bénédiction de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, une conférence sur le thème « Le Concile panorthodoxe : points de vue et attentes ». À l’issue de la conférence ont été préparés et transmis pour examen à la Hiérarchie, des corrections aux documents « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Malgré le délai toujours plus proche de la convocation du Concile, il reste une multitude de problèmes non réglés qui mettent en question la possibilité de parvenir à un consensus panorthodoxe lors du Concile. Le règlement du Concile, préparé lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes qui a eu lieu du 21 au 28 janvier de cette année à Chambésy, n’a pas été signé par la délégation du Patriarche d’Antioche. Le projet de document « Le sacrement du mariage et ses empêchements » n’a pas été signé par les délégations des Patriarches d’Antioche et de Géorgie. La suggestion de S.S. le patriarche Cyrille de procéder à une harmonisation panorthodoxe de ces questions dans le cadre des travaux du secrétariat panorthodoxe «suivi par l’examen des propositions élaborées lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes locales » (lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée N°01/818 du 26 février 2016), n’a reçu aucun soutien du Patriarcat de Constantinople. Le Secrétariat, pour la période écoulée, ne s’est réuni que deux fois et s’est occupé principalement de questions techniques. La proposition du représentant de l’Église orthodoxe russe de discuter de l’harmonisation des documents dans le cadre du secrétariat panorthodoxe a été déclinée.

Les différends entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem concernant la juridiction ecclésiastique sur le Qatar restent non résolus, et avec eux l’absence de communion eucharistique entre eux, ce qui constitue un obstacle de taille à la participation de l’Église d’Antioche au Concile.

Au cours de la dernière semaine, plusieurs Églises locales orthodoxes ont fait des déclarations officielles, qui mettent en question la possibilité de procéder au saint et grand Concile de l’Église orthodoxe dans les délais indiqués ou celle de parvenir à un consensus au sujet des thèmes fondamentaux de l’ordre du jour du Concile.

Le 25 mai 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie a décidé que, dans les documents du Concile « Le sacrement du mariage et ses empêchements » et «La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », des corrections importantes doivent être apportées, tandis que le document « Relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » « doit faire l’objet d’une refonte majeure ». Il est mentionné que si les modifications proposées « ne sont pas prises en compte et introduites dans le texte du document, l’Église de Géorgie considère impossible de le signer ».  

Le concile des évêques de l’Église orthodoxe serbe qui s’est terminé le 25 mai 2016 a adopté un document consacré à la préparation du Concile panorthodoxe, lequel « exprime sa position de principe relative à toutes les questions essentielles qui seront débattues et décidées lors du grand Concile ». Dans ledit document, communiqué pour information aux primats et aux synodes des Églises orthodoxes locales est posée la question : « Le prochain Concile correspond-il au critère et à la mesure des véritables conciles connus de l’histoire de l’Église orthodoxe… Le Concile exprime-t-il l’unité de l’Église du Christ dans l’Esprit-Saint à la gloire de Dieu le Père ? » Les évêques de l’Église orthodoxe serbe mentionnent les insuffisances du projet du Règlement du Concile, posent des question quant au rôle et au statut des évêques lors du Concile, sur la limitation injustifiée du nombre des participants au Concile ; ils considèrent indispensable d’examiner lors du Concile la question de l’autocéphalie et son mode de proclamation (ce sur quoi l’Église russe a également insisté, avec d’autres Églises) ; ils expriment l’opinion que les projets de documents conciliaires « nécessitent des modifications et des précisions afin de correspondre aux exigences de la vie et de la mission de l’Église », mentionnant particulièrement cette nécessité relativement aux documents « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain » et « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » ; d’autres remarques sont également exprimées.

Le 25 mai 2016 s’est achevée la session du concile des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce, avec pour but, comme cela est communiqué dans sa lettre-encyclique, « de discuter au sujet de la décision et de la proposition du Saint-Synode permanent, après les propositions envoyées par les hiérarques, sur l’initiative de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. La hiérarchie de l’Église de Grèce, dans sa fidélité absolue à l’enseignement des prophètes, des apôtres et des Pères, et avec respect envers le fonctionnement conciliaire de l’Église orthodoxe, a étudié de façon exhaustive les propositions du Synode permanent, l’une après l’autre, et dans un esprit de consensus, de responsabilité et de sérieux, avec unanimité sur la plupart des points et une majorité absolue sur d’autres, a procédé aux corrections des textes présentés et, où il le fallait, a fait également des ajouts, afin que ceux-ci soient les décisions finales de notre Église relativement à ces textes. Les corrections et les ajouts qui sont essentiels et qui sont en accord avec l’expérience et la tradition pérennes de l’Église… Les points de vue de nombreux hiérarques ont été entendus et les décisions étaient presque unanimes ». Le texte relève « l’inquiétude qui s’était manifestée au préalable, en grande partie justifiée, chez beaucoup de membres du clergé, chez les moines et les laïcs, au sujet des textes que discutera le saint et grand Concile ».

Le même jour, la Sainte Communauté de la Sainte Montagne de l’Athos, sur la base de la réunion extraordinaire de la synaxe double réunissant les représentants et les higoumènes des vingt monastères de la Sainte Montagne de l’Athos a adressé à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée et aux primats des Églises locales orthodoxes un message, dans lequel il est mentionné que «certains points des textes préconciliaires nécessitent une clarification, afin que soient exprimés plus clairement la tradition pérenne des Saints Pères et le viatique conciliaire de l’Église. Nous soumettons humblement notre point de vue et nos suggestions concernant ces points ». Les points en question touchent les projets de document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Présentant ces «suggestions, qui ont été le fruit… de réflexions et de prières », les moines du Mont Athos soulignent que la correction des textes préconciliaires est nécessaire, afin que le saint et grand Concile réussisse à « éviter les schismes et les divisions ». 

Le 27 mai 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Antioche a procédé à une déclaration, dans laquelle il est mentionné que les membres du Synode ont « discuté tous les détails et documents du grand Concile orthodoxe », et sont « parvenus à un accord sur une formulation commune de l’attitude de l’Église d’Antioche envers les thèmes portés à l’ordre du jour » et ont « décidé d’adopter toutes les corrections proposées » par une commission désignée précédemment dans ce but, et se sont encore une fois exprimés sur la nécessité « de trouver une solution ecclésiale définitive du conflit avec le Patriarcat de Jérusalem ».

Le 31 mai 2016, le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople a proposé, en vue de l’étude du problème des relations entre les Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem et de la recherche d’une solution acceptable par les deux parties, de constituer « immédiatement après le saint et grand Concile », « une commission bilatérale formée de représentants des deux Églises concernées, sous la responsabilité coordinatrice du Patriarcat œcuménique ».

À ce sujet, le secrétariat du Saint Synode du Patriarcat d’Antioche, en date du 1er juin 2016, a déclaré que le Patriarcat d’Antioche avait pris connaissance de ladite proposition  « avec chagrin et stupeur » et reconnu que « les efforts fournis depuis plus de trois ans » depuis le début du conflit, n’ont abouti à rien… Cet état des choses est d’autant plus affligeant que ces efforts, accentués en concomitance avec le processus de convocation du saint et grand Concile, avaient aussi pour but d’arriver avant le début du concile à une solution ecclésiale définitive de cette violation, afin qu’il puisse mieux témoigner de l’unité orthodoxe, cette unité qui trouve sa plus haute expression dans la divine liturgie qui va inaugurer ses travaux, le jour même de la Pentecôte. Car une telle inauguration, avec la participation de toutes les Eglises autocéphales, en ce jour, est la meilleure façon d’aborder les problèmes de l’Eglise orthodoxe dans sa catholicité, et d’exprimer l’unanimité orthodoxe les concernant ».

Le 1er juin 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, lors de sa session au complet « a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète ». Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare a attiré l’attention sur :

1) l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun

2) les désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.

3) l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile

4) la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales

5)  l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas

6) la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile

Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :

  1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
    2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année. »

Le 2 juin 2016, S.S. le patriarche de Bulgarie Néophyte, par une lettre, a communiqué cette décision aux primats des Églises orthodoxes locales.

Il a été décidé:

  1. D’approuver les efforts entrepris par le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille et par les représentants du Patriarcat de Moscou, en vue de la participation à la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, durant la période qui a suivi le concile des évêques de l’Église orthodoxe russe qui s’est tenu les 2 et 3 février 2016.
  2. De confirmer les propositions de l’Église orthodoxe russe concernant la correction des projets de documents du Concile panorthodoxe « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », formulées sur la base des opinions exprimées par les évêques, clercs, moines et laïcs.
  3. De mentionner que, sur la base des discussions des projets de documents du Concile panorthodoxe par les Églises orthodoxes de Géorgie, de Serbie, de Bulgarie et de Grèce, ainsi que par la Sainte Communauté du Mont Athos, les corrections essentielles présentées, sont en grande partie en accord avec les propositions de l’Église orthodoxe russe. Elles demandent un examen approfondi dans le but de parvenir à un consensus panorthodoxe.
  4. Prenant en compte que les décisions du Concile panorthodoxe ne peuvent être adoptées que sur la base du consensus (Décision de la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales qui s’est tenue du 6 au 9 mars 2014, point 2a), c’est-à-dire par une manifestation de volonté unanime de toutes les Églises orthodoxes autocéphales communément reconnues, mentionner que la non-participation au Concile de ne serait-ce qu’une seule d’entre elles constitue un obstacle insurmontable à l’accomplissement du saint et grand Concile.
  5. De constater que la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare du 1er juin 2016, ainsi que l’incertitude persistante concernant la possibilité de la participation du patriarche d’Antioche au saint et grand Concile, de même que l’absence de consensus préalable sur le projet de règlement du Concile ainsi que sur le document « Le sacrement du mariage et ses empêchements », dénotent que, à l’heure actuelle, alors qu’il reste deux semaines jusqu’à la date fixée pour l’ouverture du Concile, il existe de sérieux problèmes nécessitant des actions orthodoxes communes sans tarder.
  6. Considérer que l’issue de cette situation exceptionnelle pourrait être la tenue d’une conférence préconciliaire panorthodoxe extraordinaire pour examiner la situation telle qu’elle a évolué et examiner les corrections proposées par les Églises orthodoxes locales, dans le but de l’élaboration des propositions unanimes.
  7. Reconnaître que la convocation d’une telle conférence, prenant en considération l’étendue du travail et l’importance des questions soulevées, nécessite qu’elle soit réalisée sans tarder, pas plus tard que 10 juin de cette année, afin que, sur la base de la décision qui sera prise en conclusion, les Églises orthodoxes puissent porter un jugement sur la possibilité de tenir le Concile panorthodoxe dans les délais fixés.
  8. Demander au patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille de s’adresser avec la proposition correspondante à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée.
  9. Envoyer sans tarder les propositions susmentionnées de l’Église orthodoxe russe aux primats des Églises orthodoxes locales.

Traduit du russe pour Orthodoxie.com.

Sources :  Patriarcat de Moscou, photographies, vidéo.

 

 

 

 

 

 

Vient de paraître: “La royauté et le sacré”

004091264Les éditions du Cerf viennent de publier un nouvel ouvrage du P. Christophe Levalois intitulé La royauté et le sacré dans la collection de poche LeXio (128 pages, 10 euros). Présentation de l’éditeur : “Qu’est-ce qu’un roi ? Au nom de quoi règne-t-il ? Quelles relations entretient-il avec ces autres pouvoirs que sont le clergé, l’armée, le peuple ? Et, surtout, peut-on édifier une théorie de la royauté par-delà la diversité des temps et des lieux ?
S’appuyant sur les fondements et les légendes, les récits et les rites de la monarchie, mais aussi sur les faits de l’histoire, Christophe Levalois répond à ces questions avec simplicité, pédagogie et érudition. Puisant à travers les âges et les continents, il met en évidence la permanence et l’universalité de la fonction royale, les différentes façons de l’exercer, mais aussi les conflits politiques et les débats religieux, philosophiques ou juridiques qui ont pu en résulter.
Un livre fort, interpellant, enrichissant, qui montre comment les questions de la tradition et de la filiation, de l’autorité et de la légitimité, liées à la figure du Prince, demeurent d’une surprenante actualité.

L’ouvrage est aussi disponible au format numérique (4,99 euros) kindle et epub.

L’Église orthodoxe de Bulgarie demande le report du Concile panorthodoxe

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris, en date du 1er juin, la décision suivante concernant sa participation au Concile panorthodoxe, publiée sur le site officiel de l’Église orthodoxe de Bulgarie :

« Lors de sa session de ce jour, faisant l’objet du protocole № 12 du 1.06.2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe du Patriarcat de Bulgarie, siégeant au complet, a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète.

Au vu des considérations et motifs suivants :

1) De l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun

2) Des désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.

3) De l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile

4) De la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales

5) De l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas

6) De la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile

Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :

1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année.

Source

Communiqué du secrétariat du Saint Synode du patriarcat d’Antioche

Balamand, le 1 juin 2016

Le patriarcat d’Antioche a accueilli avec chagrin et stupeur la décision du Saint Synode du Patriarcat de Constantinople, en date du 31 mai 2016, concernant ‘la formation d’un comité de représentants des Églises d’Antioche et de Jérusalem, avec le Patriarcat œcuménique comme responsable de la coordination, qui devra se réunir immédiatement après le saint et grand Concile en vue de trouver une solution acceptable aux deux parties pour régler leur différend.

L’Église d’Antioche tient à souligner avec tristesse que cette décision implique une résignation devant les obstacles qui entravent la recherche d’une solution définitive  à ce différend causé par la violation de l’Église de Jérusalem des limites territoriales canoniques de l’Église d’Antioche dans l’Émirat de Qatar, et ce malgré les efforts fournis depuis plus de trois ans, à travers de  nombreuses initiatives iréniques du Patriarcat d’Antioche, par l’intermédiaire du Patriarcat œcuménique.

Cet état des choses est d’autant plus affligeant que ces efforts, accentués en concomitance avec le  processus de convocation du saint et grand Concile, avaient aussi pour but d’arriver avant le début du concile à une solution ecclésiale définitive de cette violation, afin qu’il puisse mieux témoigner de l’unité orthodoxe, cette unité qui trouve sa plus haute expression dans la sainte liturgie qui va inaugurer ses travaux,  le jour même de la Pentecôte. Car une telle inauguration, avec la participation de toutes les Églises autocéphales, en ce jour, est la meilleure façon d’aborder les problèmes de l’Église orthodoxe dans sa catholicité, et d’exprimer l’unanimité orthodoxe les concernant.

Mais la situation actuelle, se basant sur une résolution de l’infraction de l’Église de Jérusalem après le grand Concile, prive celui-ci du but même qui lui était assigné, à savoir celui ‘d’exprimer l’unité orthodoxe’. La fin de non-recevoir de cette Église des propositions iréniques antiochiennes met donc en péril la tenue même de ce Concile, à la date prévu, ce à quoi l’Église d’Antioche avait toujours mis en garde.

Nous appelons aujourd’hui toutes les Églises orthodoxes autocéphales à œuvrer avec diligence afin de préserver l’unité du monde orthodoxe, face aux dangers  qui la menacent. A cet effet, notre Église a maintenu ouverte la session de son Saint Synode, qui se réunira dans les prochains jours, pour évaluer la situation vis-à-vis du grand Concile et prendre les décisions nécessaires. Nous élevons nos prières au Saint Esprit, que nous nous préparons à accueillir, le jour de la Pentecôte, afin qu’Il inspire à Son Église et à ses hiérarques, la meilleure façon de témoigner, aujourd’hui  beaucoup plus qu’avant, de l’unité à laquelle nous a convié le Seigneur.

Source

Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

L’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe s’est réunie en session ordinaire du 14 au 25 mai  et a publié le communiqué suivant au sujet de ses travaux :
« La session ordinaire de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a commencé au monastère du Patriarcat de Peć par la concélébration de la sainte Liturgie épiscopale et l’invocation du Saint Esprit, puis a continué à Prizren par la célébration de la dédicace du bâtiment du séminaire théologique, qui a été reconstruit. Ensuite, les sessions ordinaires de l’Assemblée ont été tenues dans les locaux du Patriarcat, à Belgrade, sous la présidence de S.S. le patriarche de Serbie Irénée. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé aux travaux de l’Assemblée, à l’exception de l’évêque de Šabac Laurent, qui n’est pas venu pour des raisons justifiées. Le thème le plus important de la session de l’Assemblée était, cette année, la préparation de la participation de l’Église orthodoxe serbe au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, convoqué pour le mois de juin de cette année sur l’île de Crète. En ce qui concerne celui-ci, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a adopté le texte qui exprime sa position de principe relative à toutes les questions essentielles qui seront débattues et décidées lors du Grand Concile. Une autre décision importante de l’Assemblée est de commencer en temps utile, à avoir aussitôt que possible – les préparatifs de la célébration du 800ème anniversaire de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe (1219-2019), en collaboration avec les autorités de Serbie et de la République serbe de Bosnie et avec toutes les institutions scientifiques et culturelles concernées du peuple serbe. Simultanément, l’Assemblée a pris connaissance avec satisfaction du rapport du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque au sujet du déroulement réussi des préparatifs en vue du millénaire du martyre du roi Jean-Vladimir, roi de Serbie, qui se tiendra en septembre de cette année à Bar et auquel, outre le Patriarche et les évêques de l’Église orthodoxe serbe, seront invités les primats de toutes les Églises orthodoxes ou, le cas échéant, de leurs délégations à haut niveau. À cette occasion est institué l’ordre du saint roi Jean-Vladimir, qui sera décerné aux confesseurs de la foi et de ceux qui ont souffert pour celle-ci. Comme chaque année, l’Assemblée a examiné les questions de l’éducation ecclésiale, ainsi que la mission interne et externe de l’Église. L’archiprêtre Gojko Perović, jusqu’à présent recteur intérimaire du séminaire Saint-Pierre-de-Cetinje à Cetinje, est élu recteur titulaire de celui-ci. Le statut de bibliothèque centrale sur tout le territoire de l’Église orthodoxe serbe est accordé à la Bibliothèque patriarcale de Belgrade. En outre, on constate avec tristesse que, ici et là, il y a des écoles dans lesquels le cours de religion est illégalement discriminé, bien que le tableau général dans ce domaine soit fort satisfaisant. Il est également constaté que les relations de l’Église orthodoxe serbe avec les Églises orthodoxes sœurs sont particulièrement bonnes, tout-à-fait dans l’esprit de la catholicité et de l’unité de l’Église, hormis une triste exception – celle des relations avec le Patriarcat de Roumanie, dont les évêques et les prêtres, depuis plusieurs années déjà, accomplissent des incursions, de façon non canonique et non fraternelle, sur le territoire juridictionnel de l’Église orthodoxe serbe en Serbie orientale, particulièrement dans la région de Timok. Après de nombreux messages et appels, malheureusement sans succès jusqu’à présent, l’Assemblée a appelé à nouveau l’Église roumaine à mettre un terme à cette pratique destructrice de l’Église ; dans le cas contraire, le problème sera porté devant le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Dans la mesure où, après le Concile, une telle activité anti-canonique serait poursuivie, l’Église orthodoxe serbe – avec une sincère douleur, mais par amour pour l’Église – sera contrainte de cesser la communion liturgique et canonique avec l’Église orthodoxe roumaine. Les relations avec les autres Églises et communautés chrétiennes, de même qu’avec la communauté juive et la communauté islamique de Serbie, sont traditionnellement bonnes et correctes, ce qui, malheureusement, ne peut être dit au sujet des cercles extrémistes dans l’Église catholique-romaine en Croatie ainsi qu’en Bosnie et en Herzégovine. Il en est de même des relations avec des cercles similaires dans la communauté islamique de Bosnie et de Herzégovine, ainsi que dans la communauté islamique en Serbie. Les relations de l’Église et de l’État en Serbie se développent dans la bonne volonté et la collaboration, dans les conditions de séparation de l’Église et de l’État. Le soutien de la Direction pour la collaboration avec les Églises et les communautés religieuses auprès du Ministère de la justice est particulièrement important, tant pour l’Église orthodoxe serbe que pour toutes les autres Églises et communautés religieuses traditionnelles. L’Assemblée attend que soit rendu à cet organisme le statut de Ministère des religions. Il est constaté que l’aumônerie de l’Armée de Serbie, ainsi que des forces armées de Bosnie et de Herzégovine, va en se développant. Il y a, malheureusement, des problèmes et des questions non résolues. C’est ainsi que l’Assemblée attend que le processus de restitution des propriétés ecclésiastiques en Serbie injustement confisquées, soit accéléré et complètement achevé. L’Assemblée appelle à nouveau les organes compétents de l’État en Serbie à rendre à l’Église les livres métriques, qui lui ont été enlevés en 1946, soi-disant pour être recopiés. De même, l’Assemblée, pour la énième fois, réaffirme sa position au sujet des restes du grand homme serbe et mondial, Nicolas Tesla, lesquels ne sauraient être un objet d’exposition, mais doivent être dignement inhumés à un endroit convenable près de l’église Saint-Sava de Belgrade, de même que Vuk Karađić et Dosithée Obradović sont inhumés devant la cathédrale de Belgrade. Les membres de l’Assemblée ont constaté que la situation de l’Église orthodoxe serbe dans la région serbe du Sud [le Kosovo, ndt] continue à être particulièrement difficile, bien qu’il y ait des signes d’espoir et des raisons d’être optimiste, tels que le fonctionnement sans entrave du séminaire de Prizren et la reconnaissance des droits de propriété du monastère de Dečani [par la Cour constitutionnelle du Kosovo, ndt]. La situation dans cette région est, malheureusement, chargée de difficultés et de souffrances ; en Croatie, des chauvinistes d’inspiration oustachie se répandent en diatribes contre l’Église orthodoxe et le peuple serbes ; dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine, les pressions, voire la discrimination ouverte, sont constantes ; au Monténégro, une loi est en préparation qui non seulement ne reconnaît pas un statut et une identité à l’Église, mais menace celle-ci d’une persécution ouverte, tandis que les autorités du pays déclare l’Église orthodoxe serbe « ennemi numéro 1 » de l’État, apparemment dans l’esprit de sa « détermination démocratique et euro-atlantique » ; en République de Macédoine continuent encore les procès montés contre l’archevêque Jean et l’archevêché d’Ohrid. L’Assemblée a, naturellement, exprimé sa solidarité avec tous les chrétiens, orthodoxes et hétérodoxes, et aussi avec les musulmans, qui souffrent et meurent au Moyen-Orient. De même, l’Assemblée souhaite, dans la prière, la cessation, le plus rapidement possible, de l’affrontement entre frères de même foi et de même sang en Ukraine. Une session commune de l’Assemblée des évêques et du Conseil central pour la construction de l’église-mémorial Saint-Sava de Belgrade a eu lieu et le rapport sur les travaux effectués jusqu’ici pour l’aménagement intérieur de l’édifice a été accepté. Les rapports suivants ont été écoutés et approuvés : ceux du Saint-Synode, du Conseil administratif patriarcal, du Grand tribunal ecclésiastique, de la Fondation caritative « Čovekoljublje », de l’agence de pèlerinages « Dobročinstvo », et d’autres organismes et institutions ecclésiales, de même que les rapports de leurs Éminences les évêques portant sur leur activité pendant la période écoulée. La compétence du Comité concernant Jasenovac [camp de concentration oustachi, ndt] a été étendue à toutes les victimes appartenant à l’Église et au peuple serbes pendant la seconde guerre mondiale. Sur la base de la quasi-totalité des diocèses, il est établi avec regret que la « peste blanche » [les avortements, ndt], qui constitue un péché et un suicide national différé, sévit toujours plus dans le peuple serbe. Aussi, l’Assemblée appelle son peuple fidèle à la pénitence et à revenir à la raison. Le rapport détaillé sur l’incendie qui s’est produit dans l’église Saint-Sava au centre de New York a été écouté avec tristesse. Milivoje Novaković, ex-hiéromoine Maxime, qui a été réduit à l’état laïc, pseudo « chorévêque de Novobrdo et de Panonie », [appartenant au groupe de l’ex-évêque] Artème, est exclu de la communion ecclésiale. L’évêque Mitrophane, jusqu’à maintenant évêque d’Amérique de l’Est, est élu évêque du diocèse vacant du Canada ; l’évêque Irénée, jusqu’à maintenant évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande, est élu évêque d’Amérique orientale ; le protosyncelle Silouane (Mrakić), du monastère de Pustinja (diocèse de Valjevo) est élu évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande. L’archimandrite Cyrille (Bojović), momentanément au service du diocèse de Buenos Aires et d’Amérique du Sud et Centrale, est élu évêque-vicaire, avec le titre de Dioclée, dans le diocèse du Monténégro et du Littoral. L’évêque Jean, jusqu’à présent évêque de Niš, a été relevé de ses fonctions sur sa demande. L’évêque de Ras et Prizren a été élu administrateur du diocèse de Niš, tandis que l’évêque de Zahumije et de Herzégovine Grégoire demeure administrateur du diocèse de Dobrobosna, tandis que l’évêque de Budimlje-Nikšić Joannice reste administrateur du diocèse de Mileševo. Les membres du Saint-Synode pour la nouvelle période sont : l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Žiča Justin, l’évêque de Dalmatie Photius et l’évêque de Ras-Prizren Théodose, les membres remplaçants étant le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque et l’évêque de Šabac Laurent.
Rédigé par l’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe

Source

Lettre de la Sainte-Communauté du Mont Athos au sujet du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe

Karyès, le 12/25 mai 2016

À sa divine Sainteté,
Notre très respecté Père et Maître le Seigneur Bartholomée,
au Phanar

Très saint Père et Maître,

Nous saluons joyeusement, filialement et avec un profond respect, votre divine Sainteté, dans le Christ ressuscité, par la célèbre acclamation « Le Christ est ressuscité ! »

Selon les institutions de notre lieu sacré, nous nous sommes réunis en synaxe double extraordinaire et nous avons pris pieusement en considération :
1) Votre vénérable lettre patriarcale du 11 mars 2016, par laquelle notre Sainte Communauté a été informée au sujet de la convocation du saint et grand Concile, et ont été communiqués à celle-ci, à titre informatif, les six textes préconciliaires qui seront renvoyés devant le saint et grand Concile ;
2) Votre encyclique patriarcale et synodale du 20 mars de cette année, dans laquelle est mentionné que le Concile panorthodoxe a pour but primordial et de première importance de « manifester que l’Église orthodoxe est l’Église une, sainte, catholique et apostolique, unie dans les sacrements, et particulièrement dans la divine eucharistie ainsi que dans la foi orthodoxe, mais aussi dans la conciliarité », et est porté à notre connaissance que « les textes mis au point au niveau panorthodoxe et soumis au saint et grand Concile sont publiés et mis à disposition de tout fidèle bien disposé dans le but de son information et de sa mise au courant, mais aussi afin qu’il exprime son point de vue sur le saint et grand Concile et ses attentes quant à celui-ci».

Répondant à cette incitation paternelle de votre divine Toute-Sainteté, nous prions instamment, avec tous les pères vivant dans l’ascèse et de façon agréable à Dieu sur la Sainte Montagne, afin que le Seigneur bénisse et couronne de succès l’œuvre élevée du saint et grand Concile, pour le bien de Son Église et manifeste réellement l’unité de notre sainte Église orthodoxe, laquelle est l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

Ayant étudié dans ce but et avec l’attention et le soin voulus les textes préconciliaires, nous nous permettons de soumettre respectueusement à votre attention ce qui suit.

Nous respectons et nous vénérons comme il se doit notre Mère la Grande Église du Christ [l’Église de Constantinople, dont dépend le Mont Athos, ndt] et Vous-même, le patriarche oecuménique et notre Père. Nous prions sans cesse pour l’Église primatiale martyre et l’allègement du poids de la croix qu’elle porte depuis des années. Chaque fois que surgissent des questions qui posent problème à la conscience de la sainte Église orthodoxe, nous exprimons nos points de vue et suggestions avec respect et amour, comme le faisaient les pères qui vécurent avant nous.

Nous constatons l’effort efficace et diligent des représentants des très saintes Églises orthodoxes lors des conférences panorthodoxes préconciliaires, en vue de la rédaction des textes préconciliaires concernés, qui ont été publiés sur décision de la synaxe des primats (du 21 au 29 janvier 2016).

Néanmoins, nous pensons que certains points des textes préconciliaires nécessitent une clarification, afin que soient exprimés plus clairement la tradition pérenne des saints Pères et le viatique conciliaire de l’Église. Nous soumettons humblement notre point de vue et nos suggestions concernant ces points, pour leur évaluation et leur mise en valeur par l’Église.

Le premier point concerne l’ecclésiologie. La formulation « l’Église orthodoxe, étant l’Église une, sainte, catholique et apostolique » a été posée à juste titre comme exergue au début du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », dans le sens et dans l’idée qu’elle exprime l’unicité de Celle-ci. Cependant, le saint et grand Concile, en tant qu’organe conciliaire supérieur aux Conférences pré-concilaires, devrait compléter la formulation du texte concerné et éviter le terme « Église » au sujet des hétérodoxes, utilisant au lieu de celui-ci les termes « religions (dogmata) et confessions chrétiennes ». Ainsi, les hétérodoxes connaîtront très clairement ce que nous pensons à leur sujet en tant que leurs sincères interlocuteurs. Dans cette perspective, il serait plus juste d’introduire la formulation suivante dans l’alinéa 2 du paragraphe 6 : « L’Église orthodoxe connaît (au lieu de reconnaît) l’existence historique des autres confessions chrétiennes… » Dans la suite du texte, le concept d’unité de l’Église nécessite également une clarification. Nous croyons qu’appartiennent à son unité uniquement les membres de l’Église orthodoxe, en tant que Corps du Christ, participant à la « gloire » (la grâce déifiante du Saint-Esprit), pour laquelle a prié le Grand-Prêtre – notre Seigneur Jésus-Christ. C’est à leur sujet seulement qu’il est dit « qu’ils soient un, comme nous sommes un », selon le commentaire des Pères théophores (S. Athanase le Grand, S. Jean Chrysostome, S. Cyrille d’Alexandrie). Il est utile pour tous, pour la conscience qu’a de lui même le troupeau orthodoxe, mais aussi pour les hétérodoxes, que nous parlions du retour de ceux qui se sont séparés à l’Église une, sainte, catholique et apostolique, à savoir notre sainte Église orthodoxe, laquelle maintient imperturbablement « le lien indivisible existant entre la véritable foi et la communion sacramentelle », comme cela fut exprimé par les saints Conciles œcuméniques. C’est dans ce sens de son unité que l’Église « a toujours cultivé le dialogue avec ceux qui sont partis, lointains et proches », et qu’elle peut dans ce cadre exprimer sa nature apostolique « dans des conditions historiques nouvelles » avec pour but objectif de préparer le terrain à leur retour dans Son unité dans l’Esprit Saint. Concrètement, nous suggérons que la phrase finale de l’article 5 sur « l’unité perdue des chrétiens », soit formulée comme suit : « le retour dans la vérité des chrétiens qui se sont éloignés d’elle ».

Le deuxième point des textes préconciliaires qui devrait subir des modifications, de telle façon que soit fixée la conscience qu’a d’elle-même l’Église à travers les temps, est ce qui se rapporte aux dialogues interchrétiens bi- ou multilatéraux. Le mode de conduite et de cheminement des dialogues théologiques ne satisfait pas l’ensemble du plérôme de l’Église. Quant à notre Sainte Communauté, elle s’est exprimée, de temps à autre et dans différentes circonstances, par des textes officiels s’opposant aux accords théologiques avec les hétérodoxes, et elle a protesté contre les prières communes et autres pratiques liturgiques (baisers liturgiques, etc.), par lesquels est donnée l’image d’une fausse union avec eux, comme cela a été mentionné dans le texte de notre synaxe double du 9/22 avril 1980. Concrètement, dans l’article 18 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », il doit être dit clairement que l’Église orthodoxe ne peut en aucun cas accepter l’unité de l’Église comme un accommodement interconfessionnel ou comme participation à des prières communes et d’autres pratiques liturgiques qui créent la confusion dans la conscience du plérôme orthodoxe. Aussi, nous ne pouvons pas ne pas exprimer notre vive préoccupation et nos objections fondées quant à la poursuite de la participation des orthodoxes au Conseil oecuménique des Églises.

Troisièmement, en ce qui concerne « le règlement d’organisation et de fonctionnement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe », nous comprenons les difficultés pratiques, aussi nous évitons d’aborder les questions qui se posent au sujet du mode d’organisation et de la participation à titre égal des évêques. En même temps, cependant, dans l’article 22 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », où se pose la question de savoir qui est « le juge désigné et ultime en matière de foi », le texte pourrait être plus clair avec la précision que la tradition ecclésiale reconnaît comme juge ultime dans les questions de foi la conscience du plérôme de l’Église, qu’expriment parfois des personnes individuelles ou des conciles de hiérarques ou le peuple fidèle, et qui est validée par des décisions conciliaires. Nous considérons également qu’il doit être fait référence aussi aux grands conciles de l’Église orthodoxe qui ont eu lieu après le VIIème Concile oecuménique (ceux qui ont été tenus sous le patriarche Photius le Grand en 879, sous saint Grégoire Palamas en 1341-1351, et ceux qui ont invalidé les pseudo-conciles unionistes de Lyon et de Florence). En effet, par la référence à ces conciles, les différences dogmatiques et ecclésiologiques avec les hétérodoxes (sur le Filioque, la grâce créée, la primauté papale, etc.) seraient complètement tirées au clair.

Le quatrième et, selon nous, dernier point, concerne l’esprit du texte « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Le texte se distingue par une sensibilité spirituelle ; cependant, nous pensons, en tant qu’athonites et héritiers de la tradition ascétique hésychaste, qu’il serait complété de la façon la plus approprié (de préférence dans le paragraphe 6,13) par une référence pleinement développée à l’anthropologie et à la cosmologie orthodoxes correspondantes, telle qu’elle ont été formulées principalement par saint Grégoire Palamas. Concrètement, le texte peut être complété de la façon suivante : « Dieu peut se révéler à l’homme par la communion immédiate avec Lui, lorsque ce dernier met en pratique l’ascèse selon le Christ et aspire à Lui continuellement par la prière noétique. Le but de cette spiritualité rigoureuse et mystagogique est la déification, c’est-à-dire l’expérience personnelle de la lumière divine de la Transfiguration par celui qui prie. La condition indispensable pour cela est que la perfection personnelle, la communion avec Dieu et Sa révélation ne peuvent être atteintes que dans le cadre de l’Église. Tout le combat spirituel est réalisé seulement par la grâce de Dieu et non indépendamment d’elle (comme c’est le cas par l’application de diverses techniques rencontrées dans différents courants mystiques anciens et contemporains, ou par le développement autonome de l’intellection et de la connaissance humaines). Dans ce cadre, la place principale est occupée par la distinction entre l’essence et les énergies incréées de Dieu. Dieu ne reste pas inaccessible à l’homme, mais entre en relation directe et personnelle avec lui par Ses énergies incréées. Ainsi, l’homme participe à la vie divine et devient dieu selon la grâce. L’énergie de Dieu n’est pas une quelconque puissance ou surpuissance ; elle est le Dieu vivant personnel et trinitaire, qui devient accessible et participable pour l’homme, et qui entre dans l’histoire et sa vie afin que celui-ci « devienne participant à la nature divine », portant « l’image » et cheminant vers « la ressemblance » par l’ascèse, la vie vertueuse et l’impassibilité (apatheia). Par cette voie susmentionnée de la déification, la paix selon le Christ entre dans l’homme – la « paix qui vient d’en-haut », laquelle doit être distinguée de la notion de paix de ce monde, qui est recherchée par des initiatives et des manifestations inter-religieuses.

Très saint Père et Maître, estimant profondément les labeurs de ceux qui ont travaillé lors des conférences préconciliaires, nous pouvons dire en conclusion que les textes préconciliaires nécessitent certaines améliorations, afin d’exprimer la conviction universelle de notre sainte Église orthodoxe. Nous soumettons cette demande filiale afin, qu’entre autres, vous preniez en compte nos suggestions, que nous exposons avec circonspection, attention et prière, et pour que le Saint et Grand Concile « constitue une expression authentique de la tradition canonique et de la praxis ecclésiastique pérenne pour le fonctionnement du système conciliaire » de l’Église. Alors se produira une grande joie dans les cieux et sur terre, et seront évités les séparations et les schismes éventuels, tandis que le plérôme de l’Église « d’une seule bouche et d’un seul cœur » glorifiera le Dieu très-saint dans la Trinité, l’espoir et le salut du monde entier.

Cela dit, élevant de tout cœur des prières ardentes au Seigneur ressuscité pour votre divine Toute-Sainteté et pour le succès du saint et grand Concile maintenant convoqué, nous vous adressons notre plus profond respect et notre dévouement filial.

Tous les représentants et supérieurs des 20 monastères sacrés et vénérables monastères de la Sainte Montagne de l’Athos, réunis en synaxe double extraordinaire

Copie : aux Églises orthodoxes autocéphales et aux 20 monastères du Mont Athos

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Communiqué du Patriarcat œcuménique au sujet du différend entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem concernant la juridiction sur le Qatar

Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a publié un communiqué en date du 31 mai. Lors de sa session, le Saint-Synode a examiné les questions concernant le saint et grand Concile qui aura lieu prochainement en Crète. Il a également abordé la question du Qatar, qui préoccupe les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Conformément au communiqué susmentionné, le Patriarcat œcuménique suggère que soit constituée, sous sa responsabilité coordinatrice, une commission de représentants des deux Églises et ce immédiatement après le saint et grand Concile. Selon l’Agence Romfea.gr, des « cercles ecclésiastiques qui commentent le communiqué de ce jour, mentionnent que la réunion d’une telle commission après le Concile panorthodoxe n’aura pas de sens puisque les deux primats devraient concélébrer en Crète ». Un métropolite du Patriarcat d’Antioche a déclaré à l’agence susmentionnée que « La question doit être résolue avant le saint et grand Concile… ». Le communiqué du Saint-Synode du Patriarcat œcuménique est le suivant : « Le Saint-Synode s’est réuni sous la présidence de sa Toute-Sainteté, en session ordinaire, les lundi 30 et mardi 31 mai 2016, afin d’examiner les sujets portés à l’ordre du jour. À cette occasion, le Saint-Synode s’est occupé particulièrement du sujet du tout prochain saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, et des questions qui s’y rapportent, priant pour le succès de ses travaux et pour que le soutien céleste soit accordé à son président, sa Toute-sainteté le patriarche œcuménique. Dans ce cadre, le Saint-Synode a également examiné, assidûment, le problème connu de la juridiction ecclésiastique sur le Qatar qui préoccupe les anciens patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Le Saint-Synode en est arrivé à la décision selon laquelle il propose la constitution, immédiatement après le saint et grand Concile, d’une commission formée de représentants des deux Églises concernées, sous la responsabilité coordinatrice du Patriarcat œcuménique, afin d’étudier le problème et de trouver une solution acceptable pour les deux parties ».

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Communiqué du Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche à propos du Concile panorthodoxe

SaintSynodeAntiocheMai2016Du 25 au 27 mai, sous la présidence du patriarche Jean, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche s’est réuni au monastère patriarcal Notre-Dame de Balamand au Liban (photographie ci-contre). Il a publié un communiqué à propos du Concile panorthodoxe. Pour lire un extrait de celui-ci dans sa version française, cliquez sur ce lien. D’autre part, Carol Saba a été désigné par le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche comme porte parole officiel et responsable de la communication de la délégation patriarcale antiochienne au Concile panorthodoxe. En outre, il fera partie de la commission panorthodoxe des 14 Églises autocéphales sur les relations avec la presse et les médias lors du Concile.

Recension: Père Séraphim Rose, « Genèse, création et premier homme »

C_ROSE_GenesePère Séraphim Rose, Genèse, création et premier homme. Traduit de l’anglais par Thierry Cozon, Éditions des Syrtes, Genève, 2016, 254 p.
Le père Séraphim Rose est une grande figure de l’orthodoxie américaine, mal connue dans le monde francophone. Né en 1934 à San Diego (Californie) dans une famille protestante ayant des origines françaises, il termina ses études secondaires comme major au lycée de San Diego, sortit diplômé de l’université de Pomona (Californie), suivit ensuite les cours d’Alan Watts (grand spécialiste des religions extrême-orientales, mondialement connu dans les années 60) à l’Académie des études asiatiques de San Francisco, avant d’obtenir un doctorat en langues orientales à la prestigieuse Université de Berkeley. Après avoir examiné soigneusement les différentes religions de l’Orient, c’est l’Orthodoxie qui entraîna son adhésion. Il entra dans l’Église orthodoxe à San Francisco en 1962, où il devint le disciple de l’évêque (futur saint) Jean (Maximovitch) de Changhaï et San Francisco. Après avoir fondé une fraternité missionnaire sous le patronage de saint Germain d’Alaska, il créa un monastère dans les solitudes sauvages du Nord californien où, avec quelques frères, il mena un vie ascétique austère qui lui valut une réputation de sainteté (ce monastère, dédié à Saint Germain d’Alaska, à Platina, existe toujours, et ses moines continuent à y vivre dans une grande pauvreté et des conditions difficiles, notamment sans électricité). Là, il écrivit un grand nombre d’articles et de livres, ayant tous pour but d’exprimer le point de vue de la Tradition orthodoxe par rapport à des courants de spiritualité modernes (New Age) ou en vogue (Hindouisme, Bouddhisme) ou à des théories philosophiques ou scientifiques posant problème au christianisme. Ordonné prêtre en 1977, il fut emporté par une courte maladie cinq ans plus tard, à l’âge de 48 ans. Après sa mort, ses livres – L’âme après la mort, L’Orthodoxie et la religion du futur, La révélation de Dieu au cœur de l’homme, Réalité du Royaume céleste, Genèse, création et premier homme, Le nihilisme, La place du Bienheureux Augustin dans l’Église orthodoxe – connurent un succès mondial, étant traduits en russe, grec, serbe roumain, bulgare, géorgien, français, lituanien, polonais, italien, chinois et malayalam (langue de l’Inde du Sud). Une biographie de 1000 pages lui a été consacrée en langue anglaise : Père Séraphim Rose : sa vie et ses œuvres.
Le présent volume regroupe plusieurs études du père Séraphim qui critiquent la théorie évolutionniste.
Une première partie est plutôt méthodologique et concerne la nature et les rapports de la théologie, de la science et de la philosophie, et affirme la supériorité de la première comme mode de connaissance. La deuxième partie est une critique du modèle évolutionniste. La troisième partie est une critique des penseurs chrétiens qui ont cherché à intégrer le modèle évolutionniste et à le concilier avec la conception chrétienne des origines du monde et de l’homme. La quatrième partie, qui occupe près d’un tiers du volume, expose la doctrine patristique de la création au regard de la conception évolutionniste et argumente en faveur de l’incompatibilité des deux approches (c’est une longue réponse à un article d’Alexandre Kalomiros, orthodoxe grec évolutionniste).
Disons-le d’emblée, le Père Séraphim Rose est un fondamentaliste pur et dur, et ses positions paraîtront sans aucun doute surprenantes à des lecteurs européens, peu habitués à la querelle qui aux États-Unis oppose – depuis longtemps dans un débat devenu banal – les créationnistes (en majorité évangélistes) aux évolutionnistes. Selon lui, par exemple, « l’univers n’est pas âgé de plus de 7500 ans » (p. 193), et le monde a été créé par Dieu en 7 jours correspondant à nos journées actuelles, chacune ayant 24 heures, pas une de plus ni de moins. Une position manifestement intenable, car les notions de semaine et d’heure n’étaient pas universelles dans l’Antiquité et se sont imposées tardivement dans l’Histoire (sur l’histoire du découpage du temps voir l’excellent livre de P. Couderc, Le calendrier dans la collection « Que sais-je? »). La Bible elle-même n’entend pas que les sept jours de la création du point de vue de Dieu correspondent à nos journées (voir pas exemple le psaume 90, 4 : « Car mille ans sont à Tes yeux comme le jour d’hier qui passe, comme une veille dans la nuit »). Il n’y a pas a priori d’obstacle, du point de vue de la foi chrétienne, à considérer que les jours de la création aient correspondu à de très longues périodes, ni que l’univers ait plusieurs millions d’années. Le père Séraphim Rose fait de l’Écriture et des Pères une lecture exclusivement littérale et historique, proche de celle du fondamentalisme protestant. Dans plusieurs passages il affirme que les Pères privilégient ce type de lecture, ce qui n’est pas exact. Même saint Jean Chrysostome, qui est apparenté au courant exégétique dit antiochien qui accorde une grande importance au sens littéral et historique, ne se limite pas à ce sens premier, et les représentants de l’exégèse dite alexandrine considèrent qu’il y a quatre types de sens dans l’Écriture : le sens littéral ou obvie ; le sens allégorique ; le sens tropologique (ou moral) ; et le sens anagogique (qui indique ce vers quoi on doit tendre). Origène ou saint Maxime le Confesseur par exemple accordent très peu de place au sens littéral et historique, et privilégient le sens spirituel, considérant que l’Écriture a le plus souvent un sens symbolique.
Cela dit le livre du père Séraphim Rose a le mérite de montrer les failles de la théorie évolutionniste, devenue un article de foi de la pensée moderne et enseignée comme un dogme intangible et obligatoire dans notre système éducatif, de l’école primaire à la terminale.
Il démontre que cette théorie n’est pas purement scientifique, mais a une base et des visées philosophiques, et que dans sa dimension scientifique même, elle présente de nombreuses insuffisances et contradictions. Outre qu’elle comporte des variantes qui ne sont pas compatibles entre elles (lamarckisme, néo-lamarckisme, darwinisme et néo-darwinisme, avec plusieurs écoles), elle ne permet pas de rendre pleinement compte de l’évolution qu’elle postule. C’est un fait bien connu et reconnu qu’il y a entre les espèces supposées avoir évolué de l’une à l’autre de nombreux « chaînons manquants », ce manque étant particulièrement criant en ce qui concerne le passage des prétendus « hominidés » à l’homme.
Il faut dire qu’il n’y a pas que les fondamentalistes religieux qui critiquent l’évolutionnisme: dès son apparition et jusqu’à nos jours, la théorie évolutionniste sous ses diverses formes a suscité des réserves de la part de philosophes (parmi lesquels Marx qui voyait dans le darwinisme une couverture pseudo-scientifique apportée au système concurrentiel du capitalisme, qui élimine les plus faibles et renforce les plus forts), d’épistémologues (qui ont souvent souligné sa dimension idéologique), d’historiens des sciences, et de scientifiques (un certain nombre de ces critiques sont recensées dans cet article).
Cette théorie, et toutes celles qui sont relatives à la paléontologie et à la cosmologie ont, sur le plan scientifique même, la faiblesse de ne pas pouvoir trouver de confirmation dans une expérimentation, et d’être limitées à une observation indirecte et partielle de vestiges ou de traces comportant beaucoup de lacunes. L’évolutionnisme n’est qu’une hypothèse (c’est-à-dire une explication supposée) présentant de nombreuses zones d’ombre et de nombreux points de fragilité.
Le père Séraphim Rose en présente quelques-uns. Il note que le rejet de l’évolutionnisme n’amène à rejeter ni la variation, ni le développement, ni amélioration des espèces, car c’est à tort que l’on assimile ces trois notions à l’évolution pour justifier celle-ci. Il montre que la théorie évolutionniste est avant tout une philosophie. Et surtout – c’est l’un des buts fondamentaux de son livre – il rappelle quelle est la conception qu’ont les Pères de la création, souligne que celle-ci reste normative pour les chrétiens et montre pourquoi, selon lui, elle n’est nullement conciliable avec l’évolutionnisme. Il faudrait rappeler ici de manière plus développée que la science et la religion n’ont pas les mêmes bases ni les mêmes visées: le but de la première est de tenter de donner une compréhension rationnelle, aussi cohérente que possible, des phénomènes (c’est-à-dire, étymologiquement, des apparences), tandis que la seconde est de donner, en se fondant sur une révélation, une connaissance spirituelle de ce qui transcende les apparences et qui donne sens à la vie de l’homme non seulement en cette vie mais dans l’au-delà.
Contre la pensée unique, matérialisme et athée, que notre société impose de manière de plus en plus coercitive et intolérante, le livre du père Séraphim Rose a le mérite de rappeler que l’évolutionnisme n’est pas un dogme intangible, et que sur la question de l’origine du monde et de l’homme d’autres façons de voir se justifient à partir de cadres de référence différents.

Jean-Claude Larchet

Assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce au sujet du Concile panorthodoxe

L’assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce a commencé ses travaux le 24 mai, sous la présidence de l’archevêque d’Athènes Jérôme. Avant l’assemblée a été célébrée la liturgie en l’église du monastère des Saints-archanges de Petraki, à Athènes, par le métropolite de Karpenission Georges. Ensuite a été célébré l’office pour le début des travaux de la hiérarchie, puis a été dressée la liste des hiérarques présents, les absents – excusés – étant les métropolites Anthime de Thessalonique, Hiérothée de Lemnos et Saint-Eustrate, et Jacques de Mytilène, Éressos et Plomarion. La Commission de la Presse a été constituée des métropolites Hiérothée de Naupacte et Chrysostome de Saint-Blaise et de Patras. L’archevêque d’Athènes Jérôme a ensuite remercié les hiérarques pour leur venue à l’assemblée. Au sujet du saint et grand Concile de l’Église, qui est convoqué du 17 au 26 juin de cette année en Crète, l’archevêque a mentionné que « nous sommes appelés à servir un grand événement ecclésial historique, qui présuppose et exige l’illumination du Saint-Esprit, notre voix désintéressée et notre témoignage sacrificiel ». Appelant les hiérarques à prier fortement de telle façon que leur message unisse, éclaire et renforce le peuple fidèle qui attend aujourd’hui les conclusions et les décisions de l’assemblée, le primat a déclaré que durant ces deux jours de l’Assemblée, les hiérarques auraient la possibilité de discuter de façon exhaustive tous les paramètres du saint et grand synode. Poursuivant son allocution, l’archevêque a souligné à ce sujet : « J’aimerais vous demander que nous nous mouvions dans un esprit d’amour en Christ et de respect pour chaque opinion différente, la position dominante étant celle de la majorité. Nous avons le devoir d’aboutir à des propositions concrètes, prises le cas échéant à la majorité, afin de faciliter la tenue du secrétariat préparatoire panorthodoxe, mais aussi pour clarifier toute ombre, doute et perplexité ». Et de conclure ainsi son allocution : « Le Concile de Crète est un événement ecclésial historique et en même temps décisif. Le monde entier attend de nous le témoignage de notre unité. Le calice commun, le corps et le sang de notre Seigneur, sera toujours ce que nous unit ou qui nous sépare. Il n’y a pas de place pour des négociations en ce qui concerne les questions dogmatiques. Notre Église est une, sainte, catholique et apostolique et la nécessité est impérative quant à son témoignage missionnaire, son positionnement contemporain relativement aux problèmes de notre époque ainsi que la poursuite de son œuvre sanctifiante pour notre salut à tous. Il n’y a pas de place pour les aspirations personnelles et les revendications égoïstes anti-ecclésiales. Les défis des temps nous veulent unis. Les schismes et les factions sont l’œuvre du malin qui veut nous éloigner du calice commun. Laissons la grâce de Dieu couvrir nos propres lacunes, qui sont nombreuses. Que soient grandes et puissantes notre prière, notre foi, notre confiance dans l’illumination du Saint Esprit, Lui qui guide, malgré nos péchés, l’œuvre de l’Église du Christ depuis deux millénaires. Les époques que nous vivons se prêtent plus que jamais aux égoïsmes et aux ambitions. Ne le permettons pas et que notre prière principale soit la parole de l’archange : « Tenons-nous bien, tenons-nous avec crainte ! » Ensuite, conformément à l’ordre du jour, le métropolite d’Élis Germain a lu son rapport sur « les remarques de leurs Éminences les métropolites concernant les textes du saint et grand Concile ». Le métropolite Germain a préalablement fait une présentation détaillée de la préparation du saint et grand Concile et des actions spécifiques du Saint-Synode permanent de l’Église de Grèce pour mettre en œuvre les décisions nécessaires à la préparation de la participation de l’Église de Grèce aux travaux du saint et grand Concile. Il a ensuite abordé les sujets de la présente réunion de la hiérarchie, lesquels sont constitués par les propositions du Saint-Synode permanent présentées au vote, ainsi que le mode de scrutin. Après la pause a eu lieu une discussion approfondie sur ledit rapport. Les travaux de la hiérarchie se poursuivront jusqu’au 25 mai.

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La collection des 10 opuscules des homélies et conférences de l’archimandrite Elie (Ragot)

La collection des 10 opuscules des homélies et conférences de l’archimandrite Elie (Ragot) vient de paraître. Cette collection, reprend de différentes homélies ou conférences du père Élie prononcées à diverses occasions et se propose de montrer quelques aspects de la vie chrétienne. Les opuscules sont vendus au profit de la construction de l’église patronale du monastère de la Transfiguration. Pour les commander, cliquez ICI !

Les opuscules 1 à 10 des homélies et conférences de l’archimandrite Elie :
Opus 1 : L’image du Christ.

Opus 2 : La construction d’une église : épiphanie d’un mystère.

Opus 3 : Une vie chrétienne épanouie : c’est la sainteté.

Opus 4 : L’inverse d’une foi figée : Dieu nous divinise.

Opus 5 : La confession des péchés.

Opus 6 : La vie du ciel sur la terre : La divine liturgie.

Opus 7 : Un guide lumineux et illuminateur des âmes : Géronda Aimilianos.

Opus 8 : Place du monachisme dans l’Église.

Opus 9 : Le monachisme : un idéal et un défi.

Opus 10 : Sur l’amour de la beauté : la Philocalie.

Recension: « Un signe sur le sable » et « Timothée le voleur d’icônes »: deux romans pour enfants et adolescents publiés par les éditions Apostolia

Les livres pouvant servir à la formation chrétienne orthodoxe des enfants et adolescents sont très répandus dans les pays orthodoxes, mais très rares dans le monde francophone.
C’est pourquoi les deux romans que viennent de publier les éditions Apostolia de la Métropole roumaine dans une collection intitulée « Apostolia junior » méritent d’être signalés et recommandés.

Un_signe_sur_le_sableUn signe sur le sable bénéficie ici d’une troisième édition française (après deux éditions à succès publiées par le monastère d’Ormylia en Grèce, où œuvrent deux sœurs françaises). Ce roman, dont l’auteur a souhaité rester anonyme, est bien connu en Grèce où il a été publié par la Fraternité Zoè en 1967 et a été de nombreuses fois réimprimé.
L’action se situe dans les premiers siècles, à une époque où les chrétiens sont mal connus et persécutés. Le personnage principal est Milvios, un petit esclave de 12 ans qui est au service d’un riche sénateur romain et de sa famille. Son comportement et ses vertus – son calme, sa patience, son aptitude à tout supporter, sa douceur, sa générosité, son abnégation – frappent les autres esclaves, le fils du sénateur et le sénateur lui-même, et les amènent tout d’abord à s’interroger, puis à découvrir le christianisme et à s’y convertir, jusqu’à être prêts à affronter le martyre.
La thématique de ce roman d’initiation peut aisément être transposée à notre époque, où les enfants chrétiens se trouvent immergés dans un milieu qui est de plus en plus éloigné du christianisme, et même lui est de plus en plus hostile, et où celui qui est chrétien doit assumer sa singularité et la préserver avec courage. Il montre comment un enfant, par ses vertus chrétiennes, peut rayonner de manière positive sur son entourage et le transformer spirituellement, et comment les vertus valorisent celui qui les possède et rejaillissent sur ceux qu’il fréquente. Il montre aux enfants chrétiens qu’ils n’ont pas à rougir de leur morale dans un monde qui n’en n’a plus, qu’ils ont une responsabilité dans leur milieu social, et ont à leur niveau un devoir et un pouvoir de témoignage.

TimotheeLe second livre est un roman de l’auteur allemand Willi Fährmann, intitulé Timothée le voleur d’icônes. Il a été traduit en français par Joëlle Cheuzeville-Mniszek et illustré par Anne Malko.
Il a pour cadre la Russie de la fin du XVIIIe siècle. Le jeune Timothée Toutalev entreprend un long voyage à travers la Sibérie jusqu’à Nijni-Novgorod où il doit acheter une icône pour un riche marchand d’Omsk. Après de nombreuses péripéties, Timothée vole l’icône afin de garder l’argent pour lui. Mais sur le chemin du retour s’opère une transformation intérieure… L’histoire pleine de suspense est passionnante et l’atmosphère russe bien rendue.
L’auteur de l’édition originale allemande, Willi Fährmann, est né en 1929 à Duisburg. Il est dans son pays l’un des auteurs de littérature de jeunesse les plus renommés, et a reçu le Grand Prix de l’Académie de Littérature d’enfance et de jeunesse pour l’ensemble de son œuvre. Ses livres ont été publiés à des millions d’exemplaires par les éditions Arena-Verlag. Un de ses livres, Le grand méchant Balèze, a été publié en France par Hachette-Jeunesse. Les chaînes de télévision Arte et ZDF ont adapté pour l’écran un autre de ses ouvrages: Der lange Weg des Lukas B.

Parmi les autres livres d’inspiration ou à thématique orthodoxe pour enfants et adolescents, rappelons l’excellent roman De l’empire du moi-d’abord au royaume du don-de-soi de Myrsine Viggopoulou, et ces bandes dessinées de qualité : Starets Silouane, un moine du Mont-Athos de Gaëtan Evrard (Coccinelle); Le Pèlerin russe de Gaëtan Evrard (Coccinelle); Starets Séraphim, un moine de Sarov de Gaëtan Evrard (Coccinelle); Saint Vladimir, le soleil radieux de Vladimir Volkoff et Paul Teng (Lombard); Alexandre Nevski de Vladimir Volkoff et Paul Teng (Lombard); La vie de sainte Odile de Diss et Claude Delamarre (Signe).

Il est est souhaitable que les éditeurs orthodoxes développent ce secteur, qui peut jouer, en complément de la catéchèse classique, un rôle important. De nombreux livres à succès de Myrsine Viggopoulou, par exemple, restent en attente de traduction…

Jean-Claude Larchet

Réflexions de l’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) au sujet du Concile panorthodoxe

À l’occasion de la sortie d’un volume sur le Concile panorthodoxe, contenant la traduction en serbe des projets de textes préconciliaires, ainsi que des articles de différents théologiens de l’Église orthodoxe serbe, l’évêque de Bačka Irénée a publié le communiqué suivant.
« Le Christ est ressuscité !
J’adresse mes salutations à tous dans la joie de la Résurrection, tout en réfléchissant sur le saint et grand Concile durant les jours de la plus joyeuse des fêtes chrétiennes, qui emplit tout de sens universel. Il s’agit du message évangélique du salut de tous et de tout en Christ, qui contient en lui de façon concise l’annonce de l’unité conciliaire de l’Église. En même temps, au moment de la session en Assemblée de la hiérarchie de notre Église locale, je pense qu’il faut, par principe, que nous nous réjouissions tous du futur Concile panorthodoxe. On peut parfois lire et entendre dans les média – et aussi de la bouche des pasteurs et des théologiens de l’Église – que la tradition et la pratique de la convocation des Conciles dans l’Église orthodoxe, ou bien encore en Orient, est interrompue déjà depuis longtemps et que douze siècles se sont passés sans que nous ayons de conciles généraux (!). Historiquement, cela est inexact ! Notre Église est par nature conciliaire (catholique, universelle, englobant tout). Sa conciliarité (catholicité) ontologique, se manifeste historiquement en tant que synodalité, elle s’exprime précisément par les conciles. Avant tout, chacune de nos assemblées lors de la Liturgie est une Assemblée de toute l’Église « en un seul lieu », et sa réunion en un seul corps, en un Esprit divin (ἐπὶ τὸ αὐτό). Chaque Église locale (évêché, diocèse) est une Église dans sa plénitude, qui est en communion avec toutes les autres Églises de Dieu dans le monde. Il en résulte que sans communion conciliaire, l’unité de l’Église, en général, n’existe pas, pas même un instant. Les conciles locaux ou régionaux sont convoqués lorsqu’il en existe le besoin. Notre Église locale, en règle générale, tient un concile au moins une fois par an, et si nécessaire plus souvent. D’autres Églises locales tiennent aussi des conciles – les unes plus souvent, et les autres plus rarement. Qui plus est, lorsque des circonstances historiques importantes l’exigent, c’est-à-dire non à des intervalles réguliers, des grands conciles, exceptionnels, dans la Grâce, de toutes les Églises de Dieu dans le monde, sont convoqués. Ce sont les conciles généraux de l’Église qui s’appellent habituellement Conciles œcuméniques. Par conséquent, il n’est pas exact d’affirmer que dans l’Église orthodoxe, durant de longs siècles, il n’y a pas eu de conciles. Il est seulement exact qu’à l’époque plus récente, durant les siècles plus récents, nous n’avons pas eu de conciles panorthodoxes ou généraux. Cela peut se comprendre dans le contexte des événements historiques. Dans les temps plus anciens, seule la Russie était un pays orthodoxe libre, tandis que dans tous les autres, nous nous trouvions sous un asservissement qui a duré pendant des siècles. Sans les conditions de liberté et de paix, et sans bons moyens de communication entre les chrétiens orthodoxes dispersés dans « l’univers », dans le monde, il n’était pas possible de convoquer des grands conciles. À l’époque plus récente, alors qu’avaient déjà commencé les préparatifs pour un tel concile, au début du XXème siècle, la réunion au monastère athonite de Vatopédi [en 1930 ndt], a été particulièrement importante. À celle-ci, outre les représentants des autres Églises orthodoxes, les évêques de l’Église orthodoxe serbe ont prit une participation active, et le rôle du saint évêque Nicolas y a été immense. Plus tard, les plans pour que le nouveau concile général se tienne à Niš, à l’occasion du 1600ème anniversaire du premier concile œcuménique, ou à Jérusalem ou encore ailleurs, sont « tombés à l’eau », et la convocation du concile a été reportée sine die, principalement en raison des conditions prévalant dans l’Église russe à l’époque soviétique et, plus tard, en raison de conditions similaires dans la majorité des Églises locales, au temps des communistes et de leur pouvoir. Maintenant est venu le moment auquel l’Église peut organiser son concile, bien que les conditions, aujourd’hui aussi, ne soient pas idéales. Il n’y a pas, à vrai dire, de terreur politique et de persécutions grossières dans la majorité des pays orthodoxes, mais dans certains de ceux-ci il existe néanmoins des difficultés dans la vie de l’Église en raison des affrontements armés et, au Moyen Orient, des persécutions par des musulmans fanatiques. C’est la raison pour laquelle le Concile n’a pu être tenu à Constantinople, comme cela avait été prévu au départ. Nous sommes témoins que, sur la base des nouvelles médiatiques, il y a encore des actes terroristes à Ankara et à Constantinople. Les difficultés et les souffrances sont énormes en Syrie, en Irak, dans tout le Moyen Orient, où il y a aujourd’hui également beaucoup de chrétiens orthodoxes, mais aussi des chrétiens séparés de l’Église orthodoxe, qui lui sont toutefois proches et apparentés spirituellement. Les circonstances idéales, au demeurant, n’existent pas et nous ne pouvons les attendre. Mais les besoins et les défis existent et, pour cette raison, il a été décidé d’accélérer les préparatifs. Personnellement, s’il n’est pas immodeste de ma part que je le dise, je considère ce qui suit : si les préparatifs avaient duré deux ou trois ans de plus, le futur Concile serait plus réussi. Je le dis avec une certaine dose de hardiesse, peut-être non justifiée, car je participe depuis longtemps déjà au préparatifs conciliaires au nom de notre Église, avec le métropolite du Monténégro et du Littéral Mgr Amphiloque, et ce non pas comme un observateur qui suit tout ce qui se passe, mais de façon active, de l’intérieur. C’est ainsi que je considère que nous aurions pu avoir alors quelques thèmes importants à l’ordre du jour encore, tout d’abord la question de l’autocéphalie. Il en est de même pour la préparation des textes qui seront traités et soumis à la discussion au Concile et au sujet desquels des décisions seront prises. Cette préparation aurait pu être plus réussie parce certains des textes sont anciens de plusieurs décennies et la période préparatoire n’était pas suffisante pour qu’ils soient revus plus sérieusement et approfondis en fonction des défis spirituels actuels. Nous devons croire que notre manque tout humain de préparation, ou notre préparation insuffisante, ou encore nos désaccords sur certaines questions (il y en a), voire même les relations perturbées entre certaines Églises autocéphales, ne seront pas déterminants, mais que l’Esprit Saint élèvera tout cela depuis les espaces terrestres jusqu’à la cime des espaces célestes. Il édifie le Corps de l’Église et peut, par Son amour étendu et qui englobe tout, l’amour qui est du Père, et qui nous est accordé par le Fils et que nous vivons justement dans l’Esprit Saint, tout vivifier, transfigurer, manifester comme une fidèle icône du royaume de Dieu, malgré tout ce qui est humain et imparfait. Car le Concile est avant tout la Pentecôte, l’Esprit Saint avec nous. Sa force triomphera malgré toutes nos faiblesses et nos défauts. C’est la condition sine qua non préconciliaire, conciliaire et postconciliaire. Au demeurant, les Conciles sont convoqués dans ce but à travers toute l’histoire de l’Église. Ce ne sont pas des conférences ou des symposiums, mais des conciles qui résolvent les questions vitales de la vie de l’Église, en premier lieu, celles qui concernent l’unité de l’Église, à savoir une communion pleine et sans obstacle entre les Églises. C’est pourquoi je crois que la future réunion de toutes les Églises orthodoxes « ensemble et dans l’unanimité » témoignera l’unité entre nous. J’espère qu’elle présentera en outre un témoignage qui peut, à mon sens, être utile également aux chrétiens qui appartiennent à l’Église catholique-romaine, de même qu’aux chrétiens qui appartiennent aux communautés de la Réforme, aux Églises protestantes. En quoi vois-je cela ? De premier abord, il s’avérera que l’unité de l’Église est possible et réelle sans les excès et l’unilatéralité de la doctrine de la primauté de l’évêque de Rome sous la forme qu’elle a développée durant le deuxième millénaire de l’histoire chrétienne, c’est-à-dire sans l’absolutisation du primat romain, sans interprétation de la primauté d’honneur comme une primauté de pouvoir. Donc, que l’on ne peut justifier la nécessité de l’unité par une hypertrophie malsaine de la primauté. Car celle-ci a existé également durant les premiers siècles, mais elle était alors fondée sur l’amour, le service et le sacrifice. De même, les communautés issues de la Réforme, en rejetant le modèle d’unité romain, ont perdu l’unité entre elles, et, en même temps, l’unité avec l’Orient orthodoxe et l’Occident catholique. Il se peut que notre saint et grand Concile soit un témoignage utile, à eux, à tous, voire à nous-mêmes – un témoignage de l’unité de l’Église, et l’indicateur d’un équilibre indispensable entre primauté et conciliarité, primauté conçue comme sacrifice et comme service à l’unité de l’Église, et acceptation conciliaire et dans la Grâce de cette unité par les autres Églises. Peut-être serons-nous en mesure de montrer ce qu’est l’équilibre divino-humain, selon le Saint-Esprit et selon la sainte Trinité, dans l’existence et la vie de l’Église, un bon modèle de l’unité, qui est recherché parmi les Églises, bien qu’il ait été donné en fait à l’Église dès les temps apostoliques et a existé jusqu’au grand schisme entre Orient et Occident à la fin du premier millénaire. Or, l’Église orthodoxe le garde fidèlement aujourd’hui également. Tous les textes dans le présent volume, malgré leurs imperfections, sont précisément une tentative de présenter de tels efforts, et le recueil même est le fruit du souhait et du travail communs de tous les contributeurs qui ont participé à sa publication afin de témoigner ce qui nous a été donné dès le début et à jamais, la véritable catholicité et l’unité établie par Dieu de l’Église du Christ. Nous offrons les fruits de cette œuvre modeste à l’amour de toute la plénitude chrétienne de notre Église locale, ainsi qu’à tous les gens de bonne volonté. À Novi Sad, le 3/16 mai 2016 ».

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Recension: Jean Romanidès, « Théologie empirique »

Theologie empiriqueJean Romanidès, Théologie empirique. Présenté et commenté par Mgr Philarète, L’Harmattan, Paris, 2015, 336 p.
Le père Jean Romanidès (1927-2001) est l’un des plus grands théologiens orthodoxes contemporains
Son œuvre se distingue par son souci rigoureux d’orthodoxie, sa cohérence, son originalité, sa force d’expression, son ancrage dans la tradition des Pères et l’expérience spirituelle. Elle se présente en Grèce comme l’alternative majeure à la théologie – aujourd’hui de plus en plus critiquée – du métropolite Jean Zizioulas (avec lequel Romanidès et ses disciples furent en opposition) et à la théologie néo-grecque du groupe réuni dans les années 60 autour de la revue Synaxis, marquée par un mélange de théologie et de philosophie traduisant une méthode théologique déficiente, par une volonté de modernité et par une forte influence de la théologie russe décadente de la diaspora (Boulgakov et ses disciples) et de la philosophie occidentale (principalement existentialiste).
Le père Jean Romanidès est né au Pirée en 1927 de parents qui avaient été chassés de Cappadoce par les Turcs lors de la dramatique « épuration ethnique » de 1922. Deux mois après sa naissance, ses parents émigrèrent aux États-Unis. C’est à New York, dans le quartier de Manhattan, qu’il reçut sa première formation scolaire, avant d’entreprendre, lorsque le temps fut venu, des études de théologie à l’École de théologie orthodoxe de Holy Cross, dont il fut l’un des premiers diplômés (1949). Il poursuivit ensuite ses études à l’université de Yale (1950-1954), passa un an à l’Institut Saint-Serge à Paris, avant de rejoindre la Faculté de théologie de l’Université d’Athènes où il soutint en 1957 une thèse de doctorat qui avait pour thème « Le péché ancestral » (trad. anglaise: « Original Sin », 2e éd., Zephyr, Ridgewood, 2002) et qui, à l’époque, parut révolutionnaire. Il fut alors élu professeur à l’École supérieure de théologie orthodoxe de Holy Cross (1958) et devint éditeur de la Greek Orthodox Theological Review, l’une des deux plus importantes revues orthodoxes de langue anglaise. Il quitta ce poste en 1965 et fut élu en 1968 professeur à la Faculté de théologie de l’Université Aristote de Thessalonique. Il fut ordonné prêtre en 1970. Il participa à différentes commissions de dialogue théologique, cela au-delà de sa retraite, qu’il prit en 1984, et jusqu’à son décès, à Athènes, en 2001.
L’œuvre de Romanidès fut, par son engagement, son originalité, sa vigueur et, il faut le dire, sa dimension anticonformiste et provocatrice, sujette à débat dès l’origine et jusqu’à la fin. Le père Georges Dragas, qui fut l’un de ses étudiants et l’un de ses éditeurs aux États-Unis, écrit à son sujet : « C’était un combattant qui croyait clairement qu’il avait à défendre la dogmatique patristique orthodoxe telle qu’il l’avait redécouverte. C’était un théologien orthodoxe entièrement engagé qui cherchait à établir son orthodoxie sur les enseignements et la tradition vivante des Pères, tant ecclésiale qu’ascétique. Ayant grandi dans un contexte occidental et ayant été pleinement exposé aux traditions chrétiennes occidentales, il fut conduit non pas à tenir sa propre orthodoxie pour assurée, mais à l’examiner en profondeur pour redécouvrir et défendre son intégrité. Il acquit ainsi la conviction que la tradition patristique orthodoxe était radicalement différente des traditions occidentales qui, en raison de certaines exigences historiques, avaient imposé à celle-ci leur influence. »
Par la rupture qu’elle a imposée dans le monde orthodoxe par rapport aux modes de pensée établis, par la conscience nouvelle qu’elle a développée de l’identité orthodoxe par rapport à la théologie et à la spiritualité latines hétérodoxes (qu’il considérait comme enracinée dans l’œuvre d’Augustin d’Hippone et comme ayant été développée et imposée à l’Occident par les Carolingiens), l’œuvre du père Jean Romanidès a exercé une influence décisive beaucoup de théologiens orthodoxes contemporains, si bien que, comme le note le père Georges Métallinos dans l’ouvrage qu’il lui a consacré, « on doit distinguer dans la pensée orthodoxe moderne un avant et un après Romanidès ».
La pensée du père Jean Romanidès a fait l’objet d’une présentation d’ensemble, qui a reçu son approbation, par Andrew J. Sopko (Prophet of Roman Orthodoxy. The Theology of John Romanides, Synaxis Press, Dewdney, BC, Canada, 1998).
Ses livres et articles sont disponibles en grec, mais aussi en anglais. On en trouvera une partie (téléchargeable légalement en différents formats) sur le site Internet qui lui est consacré, et dans lequel il est accompagné par deux de ses principaux disciples actuels, le métropolite Hiérothée de Naupacte et Saint-Blaise, et le père Georges Métallinos, ancien doyen et professeur de la faculté de théologie d’Athènes.
L’importante diffusion de l’œuvre du père Jean Romanidès aux États-Unis tient au fait qu’il y a passé la plus grande partie de sa vie et a enseigné de nombreuses années dans l’un des deux principaux instituts supérieurs de théologie orthodoxe américains, et a écrit la plus grande partie de son œuvre en anglais.
Dans le monde francophone, c’est La Lumière du Thabor, revue aujourd’hui disparue d’un groupe schismatique de Vieux-calendaristes, que revient le mérite d’avoir fait connaître le père Jean Romanidès (comme lui revient le mérite d’avoir publié plusieurs textes importants du père Georges Florovsky, et une partie importante de l’œuvre de saint Justin Popovitch). Elle a offert, au fil de ses numéros, la traduction de plusieurs de ses articles (« Le Christ, la vie du monde »; « L’ecclésiologie de saint Ignace d’Antioche »; « Examen critique des applications de la théologie »; « La franco-latinisation de l’orthodoxie »; « Sur l’accord de Balamand »). Un autre article, d’une qualité exceptionnelle, sur « le Filioque », extrait d’un ouvrage du grand théologien intitulé Franks, Romans, Feudalism and Doctrine, a également été traduit et publié par l’équipe éditoriale de la revue dans un remarquable Dossier Saint Augustin paru aux éditions L’Âge d’Homme.
L’évêque de ce groupe, Mgr Philarète (alias Laurent Motte) a eu l’heureuse idée de rassembler l’ensemble de ces études dans le présent volume intitulé Théologie empirique. Il les a fait précéder d’une vaste et très bonne introduction de 70 pages, qui présente la biographie de l’auteur et une synthèse des principaux thèmes de son œuvre, dont ce volume offre un bon échantillon: la méthodologie de la théologie orthodoxe (fondée sur l’expérience spirituelle de l’illumination et de la glorificaiton, et non sur une spéculation de type philosophique, d’où le titre donné au volume); les trois degrés de la vie spirituelle (purification, illumination, glorification) ; le christianisme comme thérapeutique; l’opposition de la théologie franque – imposée à l’Occident par Charlemagne – à la théologie romaine (c’est-à-dire de l’empire romain, improprement appelé byzantin par les historiens, et de sa continuation après la chute de Constantinople, improprement appelée « Byzance après Byzance »), tout à la fois orientale et occidentale; la différence radicale entre la doctrine catholique-romaine du péché originel (issue d’Augustin) et la conception orthodoxe du péché ancestral; le Filioque comme produit de la théologie des Franks (orthographe justifiée par l’auteur); les déviations de la théologie augustinienne et l’inspiration augustinienne de la théologie des Franks; le schisme de 1054 non pas comme le résultant d’un « estrangement » progressif entre l’Occident et l’Orient selon une opinion devenue courante, mais comme le produit de la politique des Franks imposée aux papes; la vision du Verbe par les justes de l’Ancient Testament et leur glorification/déification; la glorification/déification comme but de la vie chrétienne; l’opposition de la théologie orthodoxe des énergies divines incréées à la doctrine de la grâce créée (qui prend sa source dans la doctrine augustinienne des « théophanies », intermédiaires créés), développée par la théologie franque.
On regrette, d’un point méthodologique, que les commentaires de ceux qui ont à l’origine publié ces traductions françaises se trouvent, dans les notes réunies en fin de volume, mélangées sans distinction avec celle du père Jean Romanidès. Cela donne une fâcheuse impression de tentative de récupération de sa pensée par un groupe dont il restait distant, puisque, rappelons-le, il a toujours appartenu à l’Église orthodoxe canonique et représentait même officiellement son Église locale (le patriarcat de Constantinople) dans des réunions œcuméniques internationales.
D’une qualité remarquable, la théologie du père Jean Romanidès n’est pas sans défauts. Sa vigueur tient souvent à une systématisation et à une simplification excessives, comme celle du schéma purification – illumination – glorification (qui certes appartient à la tradition patristique mais y fait l’objet d’une conception plus souple), ou celle de l’opposition Romains-Franks poussée jusqu’à l’époque actuelle (et qui finit par se substituer comme deux concepts politiques à la distinction orthodoxie-hétérodoxie), ou comme la réduction du christianisme à une thérapeutique (ce qui certes s’applique au salut et à la vie ascétique, mais n’est pas pertinent pour ce qui concerne la divinisation). Parmi ses autres faiblesses, on peut signaler l’insistance trop forte sur la responsabilité de la théologie de saint Augustin dans les déviations dogmatiques du catholicisme romain, qui en fait le responsable de tous les maux passés et présents. On trouve certes chez Augustin les racines de plusieurs d’entre elles et non des moindres, mais ce qu’il faudrait surtout incriminer c’est l’augustinisme (constitué par les disciples d’Augustin qui ont systématisé certaines de ses positions) et l’utilisation qui en a été faite plusieurs siècles plus tard, quand l’augustinisme, courant longtemps minoritaire, s’est imposé de longue lutte comme courant dominant en Occident (le père Placide Deseille a livré à ce sujet une excellente analyse). Un troisième problème est posé par la dissociation que le théologien grec opère entre la divinisation et le salut, ne faisant plus de celui-ci la condition de celle-là. Selon lui, la vision de Dieu dans Ses énergies incréées – qui est une vision déificatrice – était déjà donnée dans l’Ancien Testament, et l’économie du Verbe incarné a eu seulement pour but de libérer l’homme de la corruption et de la mort. Or, s’il est vrai que les Pères évoquent la vision de Dieu et même la déification de justes de l’Ancien Testament, ils la présentent comme exceptionnelle et comme une anticipation prophétique de ce que le Christ apportera. Pour eux, le salut accompli par le Verbe incarné n’est pas seulement une libération de la corruption et de la mort elles-mêmes (qui d’ailleurs ne s’accomplira pleinement qu’à la fin des temps), mais une libération du pouvoir du péché, du diable, de la passibilité et de la mort, qui sont chez les hommes des sources de passions et de péché et les empêchent de recevoir la plénitude de la grâce divinisante. Le salut (qui se présente effectivement comme une thérapeutique de la nature) était donc la condition de la divinisation (qui se présente en quelque sorte comme sa pleine santé). Une quatrième faiblesse des positions du père Jean Romanidès est l’appui qu’il a apporté à la christologie monophysite au cours de réunions œcuméniques où il a représenté le patriarcat de Constantinople et qui ont abouti au mauvais compromis de Chambézy (auquel ont aujourd’hui heureusement renoncé toutes les Églises locales orthodoxes à l’exception du patriarcat de Constantinople). Un cinquième point discutable de la pensée du théologien grec est son exaltation de l’hellénisme (commune à beaucoup de théologiens grecs des années 60, différents de lui et différents entre eux), s’incarnant dans le projet utopique, quasi politique, de restaurer dans le monde (mais en excluant paradoxalement les pays slaves) l’Empire romain sous le nom de Romanie. Ce dernier aspect de la pensée de Romanidès, peu présent dans ce volume, a été exposé dans son livre Romanité, Romanie, Roumélie, dont on trouvera une présentation très détaillée et une critique équilibrée dans le compte rendu qu’en a fait le père André de Halleux pour la Revue théologique de Louvain (15, 1984, p. 54-66) : « Une vision orthodoxe grecque de la Romanité », que l’on peut lire en ligne et télécharger ici.

Jean-Claude Larchet

Vient de paraître: Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, “La confession. Actes de l’université d’été 2015”

ConfessionMétropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, La confession. Actes de l’université d’été 2015, Éditions Apostolia, Limours, 2016.
Ce volume contient les actes de l’université d’été tenue en 2015 à l’intention du clergé de la Métropole roumaine. Les exposés, faits, à l’exception d’un seul, par des clercs ou des moines et moniales appartenant au patriarcat de Roumanie, comportent quatre études bibliques, canoniques et patristiques, et par ailleurs des réflexions pastorales, le plus souvent propres au contexte spécifique de l’Église roumaine, sur la nature de la confession, son rapport avec la paternité spirituelle, son rapport avec la psychothérapie, son aspect thérapeutique ou son lien avec la communion en relation avec le problème de la fréquence de celle-ci.
Sommaire :
— Introduction, par le métropolite Joseph
— La paternité spirituelle, par l’évêque Silouane
— Expérience du renouveau de la confession dans une paroisse urbaine, par le père Ciprian Negreanu
— Le repentir chez saint Jean Climaque et saint Jean Cassien, par l’archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
— Confession et psychothérapie – la guérison de l’âme et du corps, par la moniale Siluana Vlad
— Comment sensibiliser les jeunes à la confession, par la moniale Sofronia
— La confession en Roumanie – Historique et situation actuelle, par l’archimandrite Nichifor Horia
— Le ministère de la paternité spirituelle selon l’archimandrite Sophrony, par le hiéromoine Melchisedec
— Une perspective canonique sur la confession, par le père Patriciu Vlaic
— Le sacrement de la confession selon la Sainte Ecriture, par le père Vasile Mihoc
— Dimension psychosomatique de la confession, par le père Jean Boboc
— La dimension thérapeutique de la corifession, par le père Philippe Dautais
— Contrition, repentir et confession, selon l’enseignement de saint Jean Chrysostome, par le père Gérard Reynaud
— Conclusion, par le métropolite Joseph
— En guise de postface: Quand l’amour répond à l’amour, par le métropolite Joseph

Vient de paraître: “Les Princes de ce monde entre la joie de la vie et le don de l’immortalité” (éditions Apostolia) par Mgr Emilian de Loviștea

Mgr Emilian de Loviștea, évêque auxiliaire de l’archevêché de Râmnic, Les Princes de ce monde entre la joie de la vie et le don de l’immortalité, éditions Apostolia, Paris, 2016, 203 p.

CouvertureLes éditions Apostolia de la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale viennent tout juste de publier un excellent livre sur la vie et le martyre des saints Brâncoveanu signé par l’évêque auxiliaire de l’archevêché de Râmnic (Roumanie), Mgr Emilian (Nica) de Loviștea : Les Princes de ce monde entre la joie de la vie et le don de l’immortalité. Un ouvrage parsemé de nombreuses images, dont la plus grande partie à valeur de véritables documents historiques et ecclésiastiques, portant sur les moments essentiels de la commémoration des saints martyrs Brâncoveanu (translation de leurs reliques à Bucarest, au monastère de Hurezi, « vol » de l’auteur-évêque avec la châsse de reliques du prince martyr en hélicoptère, jusqu’à Iasi pour la fête de sainte Parascève en 2014, etc.).
L’importance fondamentale du livre est celle de rendre actuelle pour un public francophone, la vie du saint voïvode martyr Constantin Brâncoveanu, prince régnant de la Valachie (1654-1714), décapité à Constantinople en 1714, avec ses quatre garçons, Constantin, Ștefan, Radu et Matei, et avec son gendre, le conseiller Ianache Văcărescu, pour la confession de leur foi. Ce fut, comme il est dit dans le livre, l’un « des événements les plus sanglants » de l’histoire de la Valachie : « Fermes dans la confession de leur foi chrétienne-orthodoxe, le saint voïvode, ses quatres fils, Constantin, Ştefan, Radu, Matei et le conseiller  Ianache ont été condamnés à mort, avec l’exécution de la sentence le jour du 15 août 1714. La date avait été choisie à dessein, puisque c’était le jour de l’anniversaire du voïvode Constantin, qui allait avoir 60 ans, et le jour de la fête onomastique de son épouse, la princesse Marika, la Dormition de la Mère de Dieu ». Le prince régnant de la Valachie a regardé mourir ses fils sous ses yeux, avant de supporter le martyre à son tour, étant assisté dans la mort « par une grande foule de personnes, parmi lesquelles les représentants des pays européens à Constantinople! ».
Structuré en douze grands chapitres, le livre présente l’histoire de la famille Brâncoveanu, proposée comme modèle de vie chrétienne authentique pour toute famille chrétienne de nos jours, sa généalogie, la politique du voïvode, ses relations (diplomatiques, mais aussi culturelles) avec les grandes puissances de l’époque et avec les hiérarques de son temps, les fondations religieuses (monastères et églises) et culturelles-laïques (écoles, imprimeries, infirmeries, etc.) du prince de la Valachie, son martyre (ainsi que celui de ses fils et de son gendre), l’historique de sa canonisation, de sa commémoration ultérieure par l’Église orthodoxe roumaine et surtout par l’évêché de Râmnic – le diocèse de l’auteur-évêque qui compte le plus de fondations monastiques du prince martyr -, ainsi que plusieurs témoignages personnels de Mgr Emilian concernant des actions religieuses et culturelles-historiques qu’il a entreprises et accomplies en l’honneur des saints martyrs, protecteurs de son diocèse (aux côtés du saint hiérarque Callinique de Tchernica et du saint hiérarque martyr Anthime l’Ibère). Ouvert avec un magnifique fragment du Psaume 113 (21-26), le livre est clos avec le tropaire des saints martyrs et une admirable ballade qui leur a été consacré par la tradition religieuse populaire roumaine.
Le but de la publication d’un tel livre en langue française est expliqué par Mgr Emilian dans son “Introduction” : « Dans ce livre, nous avons arrêté notre choix, parmi les princes chrétiens de notre histoire, au voïvode de la Valachie, le saint martyr Constantin Brâncoveanu, et à sa famille, qui ont œuvré pour le peuple roumain et pour l’Europe de leur époque, en se sacrifiant pour la foi chrétienne et pour la confession de la vérité de l’Évangile. Le but du présent recueil est donc de faire connaître plus largement leur vie et leur sacrifice dans un espace culturel habité par les Roumains de France, d’Europe occidentale et d’ailleurs, en insistant sur la question de la famille chrétienne et sur le contexte historique international qui fut celui du martyre du saint voïvode, de ses quatre fils et de son conseiller. Nous espérons que ce travail contribuera à une meilleure connaissance de la spiritualité et de la culture roumaine, et qu’il permettra de construire de nouveaux ponts au sein de la grande famille chrétienne, latine et francophone ».
L’amour pour les saints caractérise d’ailleurs, l’ensemble de l’activité éditoriale et de recherche de Mgr Emilian de Loviștea, qui est également maître de conférences aux Facultés de théologie orthodoxe des universités de Craiova et « Alexandru Ioan Cuza » de Iasi. Spécialiste en théologie et histoire, l’auteur-hiérarque a consacré plusieurs de ses livres (il en a publié déjà 7) à la vie et l’œuvre des saints protecteurs de son diocèse actuel (dont le saint hiérarque Callinique de Tchernica), ainsi qu’aux saints protecteurs de la Moldavie (son diocèse d’origine, puisque Mgr Emilian est devenu moine au monastère de Neamt, la grande laure de saint Païssy Vélitchkovsky, et a continué sa vie monastique à Iasi, où il a été ensuite conseiller culturel de la Métropole).
De nos jours, lorsqu’on assiste à un véritable rayonnement de l’orthodoxie en France en particulier, et à une recherche évidente de valeurs chrétiennes authentiques dans une Europe confrontée avec l’échec de sa déchristianisation et de sa sécularisation, la publication d’un tel livre, qui montre l’exemple d’une vie princière vécue dans la foi chrétienne-orthodoxe et sa confession par martyre, ne peut qu’inciter à la réflexion sur le véritable sens de la vie humaine et proposer un modèle à suivre.

Felicia Dumas, traductrice

Décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie rejetant plusieurs points du document préconciliaire sur les relations avec le reste du monde chrétien

« Aujourd’hui, en date du 21 avril 2016, le Saint-Synode, sous la présidence de S.S. le patriarche de Bulgarie Néophyte a procédé à sa session ordinaire, au cours de laquelle ont été discutés les questions et les documents concernant le prochain Concile panorthodoxe, qui est prévu en Crète du 16 au 27 juin de cette année. À la session étaient présents les évêques synodaux ; Callinique de Vratchane, Joannice de Sliven, Grégoire de Velikotrnovo, Gabriel de Lovetch, Nicolas de Plovdiv, Ambroise de Dorostol, Jean de Varna et de Velikipreslav, Séraphin de Nevrokop et Nahum de Roussé. Les évêques synodaux suivants étaient absents : Dométien de Vidine, Joseph des États-Unis, du Canada et d’Australie, Ignace de Pleven, Galaction de Starozagorsk, Antoine d’Europe occidentale et centrale. Le Saint-Synode a examiné la lettre du métropolite de Lovetch Gabriel, avec en annexe les signatures des prêtres du diocèse de Lovetch concernant le texte intitulé « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », faisant partie des documents prévus pour examen lors du saint et grand Concile des Églises orthodoxes, qui se déroulera en Crète entre le 16 et le 27 juin de cette année. De même, le Saint-Synode a examiné la lettre du métropolite de Plovdiv Nicolas, avec en annexe les signatures des prêtres du diocèse de Plovdiv, en soutien de l’opinion exprimée par le diocèse de Lovetch au sujet du document susmentionné. Après un vote, le Saint-Synode a décidé à l’unanimité :

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Vient de paraître: Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, “L’expérience du Christ et de l’Esprit dans l’Église. Actes de l’université d’été 2014”

Experience_du_ChristMétropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, L’expérience du Christ et de l’Esprit dans l’Église. Actes de l’université d’été 2014, Éditions Apostolia, Limours, 2016, 196 p.
Ce volume contient les actes de l’université d’été tenue en 2014 à l’intention du clergé de la Métropole roumaine. Les exposés, qui sont moins des exposés théoriques que des témoignages d’expériences pastorales, sont dus à des clercs de la métropole et à une moniale venue de Roumanie.
Sommaire :
— Introduction, par le métropolite Joseph
— La vie liturgique, par l’évêque Marc
— Le temps liturgique – Variations sur le temps et l’éternité – La pensée du père Dumitru Staniloae, par le Père Jean Boboc
— Sanctifier le temps, par le métropolite Joseph
— Services et vocations dans l’Eglise et la place des enfants, par la moniale Silouana Vlad
— La gestion de la vie paroissiale, par l’archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
— Le défi de la diversité dans la vie paroissiale, par le père Gilbert Deprugney
— En guise de conclusion: Sur la prière, par le métropolite Joseph
— Annexe: Le précurseur de la mansuétude infinie du Sauveur, par le métropolite Joseph

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Jovan Nikoloski