26/04/2017
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« L’Église orthodoxe de Pologne participera au Grand et Saint Concile » – Mgr Jerzy, évêque-vicaire de Mgr Sawa, primat de l’Eglise orthodoxe de Pologne

Dans une interview donnée au journal « The National Herald », Mgr Jerzy, évêque de Siemiatycze et évêque-vicaire de Mgr Sawa, primat de l’Eglise orthodoxe de Pologne, a annoncé que « son Eglise participera au grand et saint Concile ». D’après Mgr Jerzy, l’arrivée du primat de l’Église orthodoxe de Pologne à l’aéroport de Crète est prévue pour le jeudi 16 juin dans la soirée.

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La lettre du catholicos-patriarche de Géorgie Élie II au patriarche œcuménique Bartholomée

lettre_patrairche_georgieLe site Internet Romfea nous informe que le 13 juin  le patriarche de Géorgie Élie II a envoyé une lettre au patriarche œcuménique Bartholomée, dans laquelle il informe de la décision du Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe géorgienne au sujet du Concile panorthodoxe.
« Le Saint-Synode a décidé de ne pas envoyer une délégation de l’Église orthodoxe géorgienne en Crète pour assister au grand et saint Concile, » – dit, entre autres, le patriarche géorgien au patriarche Bartholomée.

Source

L’Église orthodoxe se réunit en Crète – Le saint et grand Concile se poursuit

Le bureau de presse du saint et grand Concile vient de publier ce communiqué :

L’Église orthodoxe se réunit en Crète – Le saint et grand Concile se poursuit

L’Église orthodoxe dans le monde est sur le point d’initier, en Crète, un mouvement historique en faveur de l’unité. Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée arrivera sur cette île de Grèce à 13h00 le 15 juin, où se tiendra le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, la première rencontre de ce type de responsables d’Églises orthodoxes depuis près de 1000 ans. D’autres représentants d’Églises orthodoxes autocéphales arriveront le 16 juin.Les points à l’ordre du jour ont été préparés pendant plus de 50 ans par des commissions interorthodoxes préparatoires et des conférences panorthodoxes préconciliaires. En préparation du saint et grand Concile, le Patriarche œcuménique Bartholomée avait convoqué la synaxe des primats des Églises orthodoxes autocéphales au Centre du Patriarcat œcuménique, à Chambésy (Genève), du 21 au 28 janvier 2016. De même, une petite synaxe des primats est prévue depuis des mois, le 17 juin. »

Communiqué de la Conférence épiscopale orthodoxe du Bénélux suite à sa réunion du 8 juin à Bruxelles

IMG_3234Bruxelles – La Conférence épiscopale orthodoxe du Benelux (CEOB) s’est réunie, pour la onzième fois, à Bruxelles au siège de la Métropole orthodoxe, avenue Charbo 71, le mercredi 8 juin 2016, sous la présidence de Son Éminence le métropolite Athénagoras de Belgique (Patriarcat oecuménique). Étaient aussi présents l’archevêque Simon, vice-président (Patriarcat de Moscou), l’évêque Dosithée (Patriarcat de Géorgie), l’archevêque Michel (Église russe hors frontières – Patriarcat de Moscou) et l’évêque Pierre de Troas (évêque auxiliaire de la Métropole de Belgique – Patriarcat oecuménique).

Les évêques ont été informés au sujet des réactions et des déclarations de l’Église orthodoxe locale suite aux événements tragiques du 22 mars dernier à Bruxelles qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Ils ont été informés aussi sur des rencontres interreligieuses et celles entre les chefs de culte et les responsables du gouvernement. Pour une fois de plus, les hiérarques ont fermement condamné les actes de violence et le fanatisme religieux comme contraires à l’enseignement chrétien et à la dignité humaine. Ils se sont interrogés sur les causes de ces actes de terreur et comment la pastorale de l’Église orthodoxe peut aider les fidèles à mieux vivre leur foi et à ne pas céder à la peur.

Les évêques se sont penchés sur les préparations et les derniers développements du saint et grand Concile panorthodoxe, qui doit avoir lieu dans quelques jours seulement. Ils ont examiné les perspectives, les attentes et aussi les problèmes à résoudre concernant ce grand événement. Les évêques ont appris avec regret la décision de certaines des Églises orthodoxes locales de ne pas participer au grand Concile. Cependant, tous ont exprimé leurs vœux pour que ce Concile se tienne et soir vraiment une réussite pour l’ensemble de l’Église orthodoxe, pour qu’il sache donner au monde contemporain un message fort d’unité dans la foi, d’espoir et d’amour chrétien et qu’il puisse conforter l’Église orthodoxe dans son œuvre de salut et de sanctification du monde. A la fin du mois de mai dernier des vêpres ont été chantées en la cathédrale orthodoxe des Saints-Archanges à Bruxelles, suivies par une conférence pour souligner l’importance du saint et grand Concile panorthodoxe.

Les évêques se sont informés sur les activités de l’Église orthodoxe en Belgique et aux Pays-Bas. Ils se sont aussi informés sur l’intrusion d’un petit groupe schismatique du soi-disant «Patriarcat de Kiev» aux Pays-Bas.

Cette onzième réunion de la CEOB s’est conclue avec un échange d’informations utiles concernant la vie et les activités des paroisses orthodoxes dans les trois pays du Benelux.

La Conférence épiscopale orthodoxe du Benelux fut créée sur décision prise par la IVe conférence panorthodoxe préconciliaire, réunie à Chambésy (Genève) en juin 2009.

La prochaine réunion de la CEOB est prévue pour le 24 novembre 2016.

Déclaration de l’Eglise orthodoxe russe qui demande le report du Concile panorthodoxe et annonce sa non-participation au concile prévu en Crète

A propos de la situation autour du refus de plusieurs Églises orthodoxes locales de participer au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe

Déclaration du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe (source: Patriarcat de Moscou). Le 13 juin.

2P20160613-PAL_1919-1200 » Durant des décennies, l’Église orthodoxe russe a pris et continue à prendre une part active à la préparation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Depuis la Première conférence panorthodoxe de Rhodes en 1961, d’éminents hiérarques et les meilleurs théologiens de notre Église ont apporté leur contribution à l’élaboration de multiples thèmes conciliaires, y compris de ceux qui n’ont pas été inclus à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile. Afin d’accélérer la convocation du Concile, l’Église orthodoxe russe a souvent confirmé sa volonté d’élaborer des décisions recevables pour tous les participants du processus préconciliaire, même si ces décisions s’écartaient des règles de préparation du Concile préalablement concertées entre les Églises.

Le principe du consensus panorthodoxe reste néanmoins invariablement la base du processus préconciliaire, depuis la Conférence de Rhodes en 1961, au cours duquel, à l’initiative du Patriarcat de Constantinople, il a été défini que : « Les décisions des assemblées communes sont prises à l’unanimité des délégations des Églises » (Règlement pour le fonctionnement et les travaux de la Conférence panorthodoxe de Rhodes, art. 14). Par la suite, cette règle a été fixée par le Règlement des Conférences préconciliaires panorthodoxes adopté en 1986 : « Les textes de tous les thèmes à l’ordre du jour des Conférences préconciliaires panorthodoxes sont approuvées à l’unanimité » (art. 16). La Synaxe des Primats des Églises orthodoxes de 2014 a confirmé que : « Toutes les décisions, tant pendant le Concile, qu’aux étapes préparatoires, sont prises sur la base du consensus » (Décision de la Synaxe des Primats, art 2.a). Le même principe est fixé dans le Règlement de l’organisation et du travail du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, élaboré par la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes, qui a eu lieu à Chambésy du 21 au 28 janvier 2016. Le susdit Règlement prévoit, entre autres, que le Concile « est convoqué par Sa Sainteté le Patriarche œcuménique avec l’accord de Leurs Béatitudes les Primats de toutes les Églises orthodoxes locales autocéphales reconnues de tous » (art 1).

Lors de cette même Synaxe, la majorité des Primats des Églises orthodoxes locales ont approuvé la convocation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe aux dates des 18-27 juin 2016 en Crète. Cependant, la délégation de l’Église orthodoxe d’Antioche n’a pas signé cette décision, non plus que le Règlement du Concile et le projet de document conciliaire « Le Sacrement du Mariage et ses empêchements ». Ce dernier document n’a pas été signé non plus par la délégation de l’Église orthodoxe géorgienne. Les deux Églises susmentionnées ont déclaré avoir de sérieuses raisons pour prendre cette décision.

L’Église orthodoxe russe, malgré tout, afin d’avancer vers la convocation du Concile, a cru possible de signer les documents susmentionnés, exprimant par ailleurs, tant durant cette même Assemblée, que dans sa correspondance ultérieure avec Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople, l’assurance qu’il était nécessaire de faire de sérieux efforts (y compris dans le cadre du Secrétariat panorthodoxe établi par la Synaxe), de parvenir à un accord entre toutes les Églises orthodoxes sur les documents n’ayant pas été signés par une ou deux Églises orthodoxes, ce qui permettrait d’assurer la convocation du Concile. Pour des raisons indépendantes de l’Église orthodoxe russe, il n’a pas été par la suite entrepris de discussion sur la situation au niveau panorthodoxe.

Le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, réuni les 2 et 3 février 2016, a approuvé la position de la délégation de l’Église orthodoxe russe énoncée au cours de la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes locales à Chambésy et au sein d’autres organes préconciliaires. Il s’est dit satisfait de l’introduction des amendements et des incises nécessaires aux projets de documents du Saint et Grand Concile, et, les ayant préalablement approuvés, a confié au Saint Synode le soin de former la délégation de l’Église orthodoxe russe qui participerait au prochain Concile panorthodoxe, ce qui a été exécuté par le Saint Synode en avril 2016. Le Concile épiscopal a appelé l’ensemble de l’Église orthodoxe russe « à prier ardemment, afin que le Seigneur manifeste Sa volonté aux membres du prochain Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe et pour que sa réunion affermisse l’unité de l’Orthodoxie, serve au bien de l’Église du Christ, à la gloire de Dieu, à la préservation de la foi orthodoxe intacte. »

En même temps, le Concile épiscopal a exprimé sa « certitude que la libre participation des délégations de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues de tous était une condition nécessaire à la tenue du Concile panorthodoxe », remarquant qu’« il était particulièrement important de résoudre avant le Concile les difficultés intervenues dans les relations des Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem » (Décrets, art.6).

Espérant qu’il serait parvenu à un accord entre toutes les Églises, sans lequel la convocation du Saint et Grand Concile devenait impossible, l’Église orthodoxe russe a immédiatement nommé des représentants aux organes compétents pour la poursuite de sa préparation. Utilisant toutes les possibilités en présence, au moyen de contacts personnels et par la correspondance, elle a pris une part active au processus préconciliaire.

Un travail d’étude des remarques critiques émanant de l’épiscopat, du clergé et des laïcs sur les projets de documents conciliaires, publiés après la Synaxe des Primats de Chambésy à l’initiative de l’Église orthodoxe russe, a été mené en parallèle. Semblables remarques, s’accompagnant souvent d’une critique du processus de préparation du Concile, ont été formulées dans de nombreuses autres Églises orthodoxes locales. Démêlant les critiques constructives de la critique non fondée du prochain Concile et de ses documents, le Département des relations ecclésiastiques extérieures est intervenu pour expliquer et commenter, répondant aux troubles éprouvés par les fidèles. Le 3 juin 2016, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe, a étudié attentivement les propositions des évêques, des clercs, des moines et des laïcs et approuvé les modifications de l’Église orthodoxe russe aux projets de documents du Concile panorthodoxe « Les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Au cours de la même réunion du Saint Synode, il a été constaté que des modifications importantes aux projets de documents conciliaires, coïncidant pour beaucoup avec les propositions de l’Église orthodoxe russe, avaient été proposées par les Églises orthodoxes géorgienne, serbe, bulgare et grecque, ainsi que par le Sacré Kinote de la Sainte Montagne de l’Athos, ces modifications exigeant un examen approfondi afin de parvenir au consensus nécessaire à la prise de décisions conciliaires.

En même temps, il a été pris acte de la décision du Saint Synode de l’Église orthodoxe bulgare, en date du 1er juin 2016, de la nécessité d’ajourner le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe russe, prévu pour les 18-27 juin. L’Église orthodoxe bulgare annonçait qu’elle n’y participerait pas s’il n’était pas reporté. Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a constaté que la non-participation au Concile de ne serait-ce qu’une des Églises orthodoxes autocéphales reconnues de tous « constituait un obstacle insurmontable à la tenue du Saint et Grand Concile ».

Ces circonstances, ainsi que « l’incertitude sur la possibilité de la participation du Patriarcat d’Antioche au Saint et Grand Concile » au moment de la réunion, « de même que l’absence d’un consensus préalable sur le projet de Règlement du Concile et sur le document « Le Sacrement du Mariage et ses empêchements », ont incité le Saint Synode à reconnaître la nécessité d’actions urgentes au niveau panorthodoxe. Il a donc proposé à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople de convoquer au plus tard le 10 juin une Conférence préconciliaire panorthodoxe extraordinaire pour examiner la situation et chercher une sortie à la crise, afin qu’en fonction des résultats de cette conférence, les Églises orthodoxes puissent décider de la possibilité de la tenue du Concile panorthodoxe dans les délais projetés.

Sur décision du Saint Synode, cette proposition a été immédiatement adressée à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople et à tous les Primats des Églises orthodoxes locales.

La réponse de Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée (lettre N°676 du 9 juin 2016) informe que le Saint Synode du Patriarcat de Constantinople « a estimé impossible de convoquer une nouvelle Conférence préconciliaire panorthodoxe extraordinaire, dans la mesure où il n’existe pas de base normative à sa convocation » et qu’avant « le début des travaux du Saint et Grand Concile il reste très peu de jours ». Quant aux « craintes de certaines Églises sœurs et à l’incertitude de leur participation au Concile », le Primat de l’Église orthodoxe de Constantinople exprime sa certitude « que les efforts employés pour écarter les obstacles seront couronnés de succès et toutes les Églises sans exception prendront part au Saint et Grand Concile. Son report ou son sabotage de dernière minute après des décennies de préparation compromettrait notre Église orthodoxe au niveau inter-ecclésial et international, portant irrémédiablement atteinte à son autorité. »

Un compte-rendu de la réunion extraordinaire du Saint Synode de l’Église de Constantinople du 6 juin, auquel participaient tous les évêques présents à Constantinople, était joint. On y lit que « le Saint Synode a reçu avec étonnement et perplexité les positions et opinions exprimées ces derniers temps par différentes Églises orthodoxes sœurs, et constaté que le réexamen du processus conciliaire déjà programmé sortait du cadre de toutes les normes institutionnelles ». Par ailleurs, la date de la convocation du Concile est dite établie par une décision panorthodoxe, bien que, comme il a été précisé ci-dessus, l’Église orthodoxe d’Antioche n’ait pas signé cette décision.

Dans le même temps, le 6 juin 2016, le Saint Synode de l’Église orthodoxe d’Antioche a décrété à l’unanimité, énumérant en détail les arguments témoignant de la nécessité de reporter la date du Concile :

« 1. Appeler Sa Sainteté le Patriarche œcuménique à déployer durant le temps qui nous sépare de la date de la convocation de ce Concile plus d’efforts pour parvenir à un consensus afin de dissiper les craintes exprimées par les Églises orthodoxes autocéphales à propos du Saint et Grand Concile. Si les efforts pour parvenir à un consensus ne mènent à rien, l’Église d’Antioche demande de reporter la convocation du Saint et Grand Concile à une date ultérieure, lorsque des relations de paix se seront établies entre toutes les Églises autocéphales et qu’un consensus orthodoxe sera atteint sur la question du Concile, de son Règlement et de son organisation.

  1. Le Patriarcat d’Antioche ne participera pas au Saint et Grand Concile tant que ne seront pas écartées les causes empêchant sa participation à la Divine Eucharistie pendant le Concile, lorsque sera trouvée une solution définitive aux problèmes de l’empiétement du Patriarcat de Jérusalem sur le territoire du Patriarcat d’Antioche, qui a causé la rupture de la communion eucharistique avec le Patriarcat de Jérusalem.
  2. Confirmer encore une fois l’importance de la participation au Saint et Grand Concile de toutes les Églises autocéphales et de la prise des décisions sur la base du consensus afin de préserver l’unité de l’Église orthodoxe catholique.
  3. S’adresser à toutes les Églises orthodoxes, les informant de la position de l’Église d’Antioche et expliquant les raisons ayant amené à l’élaboration de cette position.
  4. Appeler tous les croyants à prier avec leurs pasteurs pour que le Saint Esprit inspire l’Église sur le chemin de l’unité afin de témoigner du Christ à ce monde. »

Ce même 6 juin, Sa Sainteté le Patriarche Irénée de Serbie a adressé à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople et à tous les Primats des Églises orthodoxes locales une lettre, dans laquelle, énumérant les problèmes existant à ce jour, il constatait qu’il « serait difficile », eu égard à ces circonstances, pour l’Eglise orthodoxe serbe, « de prendre part au Saint et Grand Concile, dont elle propose d’ajourner la convocation ».

Le 10 juin 2016, le Saint Synode de l’Église orthodoxe géorgienne s’est réuni. Énumérant les difficultés existantes, il a constaté qu’elles pouvaient être résolues par un travail actif, mais a reconnu que « nous sommes tous devant le fait qu’à ce jour l’unité n’a pas été atteinte », alors que « le but de la tenue du Concile était et reste de manifester l’unanimité des orthodoxes ». Pour cette raison, l’Église géorgienne, « comme d’autres Églises, demande le report du Concile, tant que l’unité universelle ne sera pas atteinte ». En conséquence, le Saint Synode a décrété : « La délégation de l’Église orthodoxe géorgienne ne participera pas au Saint et Grand Concile projeté du 18 au 27 juin sur l’île de Crète. »

Ainsi, quatre Églises orthodoxes locales (d’Antioche, de Géorgie, de Serbie, de Bulgarie) se sont prononcées pour le report du Concile, tandis que trois d’entre elles (d’Antioche, de Géorgie et de Bulgarie) ont renoncé à participer au Concile aux dates des 18-27 juin. La proposition de l’Église orthodoxe russe de convoquer une Assemblée préconciliaire panorthodoxe extraordinaire n’a pas été approuvée par le Synode de l’Église de Constantinople. Dans ces conditions, la condition nécessaire à la convocation du Saint et Grand Concile constituant dans l’existence d’un « accord de Leurs Béatitudes les Primats de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues de tous » (Règlement de l’organisation et du travail du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, art. 1) n’est visiblement n’est pas remplie.

La seule solution possible, dans ce cas, est de poursuivre le travail de préparation du Saint et Grand Concile et de parvenir à un accord de l’ensemble des Églises orthodoxes sur sa tenue à d’autres dates.

Compte tenu de ce qui précède et en application du décret du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe en date des 2 et 3 février 2016 (Décrets, art. 6), le Saint Synode détermine :

  • Approuver la proposition des Églises orthodoxes d’Antioche, de Géorgie, de Serbie et de Bulgarie sur le report de la tenue du Concile panorthodoxe à une date qu’il conviendra de fixer ultérieurement, suivant les résultats des discussions au niveau de l’ensemble des Églises, avec pour condition absolue l’accord des Primats de toutes les Églises orthodoxes autocéphales locales officiellement reconnues ;
  • Adresser immédiatement cette proposition à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople et à tous les Primats des Églises orthodoxes locales ;
  • Au cas où cette proposition ne serait pas agréée de la Sainte Église de Constantinople, et où le Concile en Crète, malgré l’absence de l’accord de plusieurs Églises orthodoxes locales, serait malgré tout convoqué, reconnaître avec un profond regret l’impossibilité de la participation de la délégation de l’Église orthodoxe russe ;
  • Poursuivre intensivement les efforts pour la consolidation de la coopération panorthodoxe dans la préparation du futur Saint et Grand Concile, qui est appelé à être un véritable témoignage d’unité de l’Église Sainte, Catholique et Apostolique ;
  • Déclarer une fois encore que la préparation au Concile pourrait être achevée avec succès si le Secrétariat panorthodoxe intensifiait réellement son activité : dans le cadre de cet organe l’étude des propositions sur la résolution des thèmes posant problème et des désaccords existants est en effet possible, ainsi que la finalisation des documents nécessaires, afin d’écarter tous les obstacles à la convocation et à l’achèvement du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, selon la volonté de Dieu ;
  • Reconnaître hautement souhaitable, en tenant compte des propositions énoncées par de nombreuses Églises orthodoxes locales, que tous les évêques des Saintes Églises de Dieu puissent participer sans limitation au futur Concile, ce qui augmenterait nécessairement l’autorité des décisions prises par le Concile.

« Le nom de l’Église, n’est pas un nom de division, mais d’unité et de concorde » enseigne saint Jean Chrysostome (Homélie sur la première épître aux Corinthiens, 1, 1). Au nom de la concorde et de l’unité, il nous appartient maintenant, dans un esprit d’indulgence et d’amour fraternel, nous abstenant de nous faire des reproches mutuels et de porter de nouvelles blessures au Corps divino-humain de l’Église, nous écoutant les uns les autres, et plus encore la Révélation divine, fixée dans la Sainte Écriture et la Sainte Tradition, d’entendre « ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2, 7), et de tirer les leçons qui s’imposent des erreurs commises par faiblesse humaine durant la préparation du Saint et Grand Concile, afin que, Dieu aidant, nous parvenions à lever les obstacles à ce grand évènement pour la gloire de Dieu et le bien de l’Église orthodoxe.

Le Saint Synode appelle à nouveau les évêques, les clercs, les moines et les laïcs de l’Église orthodoxe russe à prier ardemment pour que notre Seigneur Jésus Christ manifeste ici Son aide toute-puissante et Sa sainte volonté. »

Photographie de la réunion aujourd’hui du Saint-Synode: Patriarcat de Moscou

L’Eglise orthodoxe russe propose de reporter le Concile panorthodoxe

Le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe a décidé de proposer le report du Concile panorthodoxe, a informé Mgr Hilarion lors de la conférence de presse à l’issue de la session extraordinaire qui s’est tenue aujourd’hui à Moscou. La raison en est le refus d’un certain nombre d’Églises de participer au prochain Concile panorthodoxe et des documents et un Règlement du Concile pas suffisamment élaborés, a précisé le chef du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. « Nous ne serons pas en mesure de participer au Conseil panorthodoxe… nous demanderons de le reporter » – a déclaré le métropolite Hilarion.

Source

Mgr Hilarion de Volokolamsk : le Concile dans tous les cas ne devrait pas provoquer la division

hilarionHier, le président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Hilarion a célébré la divine liturgie à l’église de l’icône de la Mère de Dieu «Joie de tous les affligés » à Bolshaya Ordynka.

Dans son homélie à la fin de l’office, le métropolite Hilarion a notamment dit :

« Aujourd’hui, nous nous tenons devant la perspective de la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe. A son sujet, ont eu lieu de nombreux conflits, et de malentendus. Et demain lors de la réunion du Saint-Synode, il sera décidé si notre Église participe à ce Concile ou non.

Il se trouve que la préparation du Conseil panorthodoxe s’est déroulé pendant 55 ans. Mais pendant tout ce demi-siècle, cela n’a pas été un processus continu : pendant une période on préparait activement le Concile, puis de nombreuses années la préparation s’arrêtait, puis à nouveau elle commençait. Et plus nous nous rapprochons du Concile, plus nous voyons que sur certaines questions il n’y a pas l’unanimité et le consensus entre les Églises. Dieu merci, ce ne sont pas des questions théologiques – il n’y a pas maintenant une hérésie, pour laquelle nous devrions convoquer un Conseil œcuménique. Toutes les hérésies, avec l’aide de Dieu, ont été rejetées et vaincues par les pères des sept conciles œcuméniques. Mais il y a d’autres questions qui se posent à l’Église et qui demandent une réponse. Et nous voyons que l’absence d’unanimité a déjà conduit au fait que trois des quatorze Églises locales ont refusé de participer au Concile : le patriarcat d’Antioche, l’Église bulgare et plus récemment – l’Église géorgienne. Et maintenant, nous devons décider si nous allons participer ou non. Ceci est une décision très importante, dont dépend en grande partie le destin de l’Église orthodoxe : allons-nous vivre dans la paix et la concorde avec les autres Églises locales ou dans les conflits, les conflits et les querelles.

Nous savons que dans l’histoire de l’Église, le Saint-Esprit a toujours agi et agira encore. Et nous croyons que le Saint-Esprit nous soufflera la bonne décision. Nous savons que si le Concile est convoqué pour approuver à l’unanimité la foi orthodoxe, alors, bien sûr, à ce Conseil se réuniront tous, et personne n’y renoncera. S’il arrive qu’une Église après une autre y renonce, cela signifie que quelque chose est arrivé pendant la préparation du Conseil, qui a fait que tous soient prudents et qu’ils réfléchissent pour savoir si nous pouvons maintenant, à ce stade de la vie de l’Église, résoudre unanimement les questions qui sont à l’ordre du jour du Concile.

Tout au long des 55 années de préparation du Concile panorthodoxe, nous avons parlé du fait que ce Concile doit être un facteur d’unité de l’Église, et qu’en tout cas il ne devrait pas provoquer division. Si nous estimons que la préparation n’est pas encore terminée et que certaines questions n’ont pas encore été clarifiées, il est préférable de reporter ce Conseil et pas le tenir de manière précipitée, et en particulier – sans la participation de plusieurs Églises locales. Le Concile ne peut être panorthodoxe, si une seule des Églises locales ne participerait, et d’autant plus que, dans la situation actuelle ce sont trois Églises locales qui n’y participent pas.

De tout cela, nous devons demain réfléchir et parler, en priant Dieu et demandant à l’Esprit Saint qu’il coopère à prendre les bonnes décisions. Mais quelle que soit la décision, nous savons que le Saint-Esprit conduit toujours son Église, et que le peuple de Dieu est le gardien de la foi orthodoxe, et que les autorités de l’Église sont instaurées par Dieu pour garder de l’unité de l’Église. Donc, nous acceptons tranquillement toute décision par une prière au Seigneur, et nous espérons que l’Église continuera à vivre et à se développer, comme le Seigneur Lui-même a dit à ce sujet : « Je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (Matthieu 16. : 18) » ».

Source: Patriarcat de Moscou . Traduit du russe pour Orthodoxie.com

« Le grand Concile orthodoxe entre Rhodes et la Crète : l’exigence d’un report afin d’éviter davantage de divisions et l’affaiblissement du rôle du Patriarcat œcuménique »

Le quotidien libanais Al-Nahar a publié dans son édition du 11 juin 2016 une réflexion sur le grand Concile orthodoxe, rédigée par George Ghandour, auteur de l’ouvrage La voie vers le grand Concile orthodoxe (en arabe), publié par le patriarcat d’Antioche. Il est spécialiste de droit canonique antiochien.
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Le grand Concile orthodoxe entre Rhodes et la Crète : l’exigence d’un report afin d’éviter davantage de divisions et l’affaiblissement du rôle du patriarcat œcuménique
Au moment où les regards se dirigent vers la Crète durant la période du 19 au 26 juin 2016, où il a été décidé d’y réunir le grand Concile orthodoxe après environ soixante années de travaux préparatoires inaugurés par le patriarche Athénagoras I en 1961 sur l’île de Rhodes, des développements sont intervenus qui présagent soit le report du concile, son annulation ou sa tenue avec ceux qui seront présents. L’Eglise de Bulgarie a demandé au patriarche œcuménique de reporter la tenue du grand concile à une date ultérieure, sinon elle ne participera pas à la date fixée. Le patriarcat d’Antioche a décidé de ne pas participer jusqu’à ce que « prévalent des relations iréniques entre les Eglises autocéphales et que soit assurée l’unanimité orthodoxe quant à l’agenda, aux règles et procédures exécutives et pratiques » et « jusqu’à ce que soient éliminées toutes les raisons qui empêchent la participation à l’Eucharistie durant les travaux du concile », en d’autres mots jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée quant à la violation, par le patriarcat de Jérusalem, de son territoire. De même, l’Eglise de Serbie a annoncé qu’elle ne participerait pas aux travaux du concile à la date fixée en raison de différends sur les thèmes de l’agenda et en l’absence d’Eglises autocéphales. Quant à l’Eglise de Russie, si elle n’a pas encore précisé sa position finale relativement à sa participation au concile, elle a souligné « la nécessité de respecter le principe du consensus via la participation de toutes les Eglises autocéphales dans ce concile » pour qu’elle soit en mesure d’être présente en Crète.
Il est remarquable qu’aucune des Eglises précitées n’a demandé l’annulation du concile, mais toutes ont proposé son report à une date ultérieure jusqu’à ce que les obstacles soient levés. A cet égard, chacune d’elle a formulé des propositions à sa sainteté le patriarche œcuménique de sorte que soit évitée l’annulation du concile tant attendu. L’Eglise de Bulgarie a proposé que se poursuivent les travaux préparatoires au concile, sans proposer de mécanisme. Le patriarcat d’Antioche a agi de manière similaire en proposant que la période précédant la tenue du concile soit mise à profit pour atteindre un consensus, sans préciser en détail un mécanisme à ce sujet. Le patriarcat de Moscou, de son côté, a proposé qu’une invitation soit lancée pour que se tienne « une conférence préparatoire avant la date fixée pour la réunion du grand concile », tandis que l’Eglise de Serbie a proposé de convertir la future rencontre en Crète « en rencontre consultative pré-conciliaire ou en session préliminaire au processus conciliaire».
Par contre, le patriarcat œcuménique a insisté sur le fait que le grand concile se tiendrait à la date fixée et a demandé aux Eglises autocéphales d’être présentes en Crète conformément au programme convenu, afin d’examiner toutes les questions durant le concile. L’Eglise de Roumanie a affirmé qu’elle prendrait part au concile, tandis que l’Eglise d’Albanie a considéré qu’il était inconcevable que chaque Eglise appelle au report de manière individuelle, ajoutant que la décision de report ou d’annulation ne pouvait être prise que par le sommet (synaxe) des primats des Eglises orthodoxes qui avaient décidé de lancer l’invitation au concile, à l’unanimité de ses membres sauf un (à savoir l’Eglise d’Antioche). L’archevêque de Chypre a publié un communiqué dans lequel il a appelé toutes les Eglises à participer et à mettre de côté leurs divergences secondaires, précisant que le concile pouvait traiter directement des questions controversées. L’Eglise de Grèce n’a pas officiellement exprimé sa position, mais l’évêque chargé du suivi du dossier du grand concile a affirmé que tout ce qui se passait était un plan visant à affaiblir le rôle du patriarche œcuménique et à conférer à l’Eglise russe le rôle d’un arbitre qui prend part aux décisions dans le monde orthodoxe.

Il ne fait aucun doute que tout ce qui précède démontre qu’avant même sa tenue, le grand concile peut devenir un facteur de désaccord et de dispersion parmi les Orthodoxes. Si le concile était tenu par les seules Eglises présentes, cela conduirait à un éclatement du monde orthodoxe et ses décisions ne seraient pas acceptées par les Eglises absentes. Tout cela donnerait en outre l’occasion aux mouvements d’opposition à l’intérieur des Eglises participantes de rejeter eux aussi ces décisions et amènerait inévitablement à l’affaiblissement du rôle du patriarche œcuménique qui ne serait plus en mesure, durant une longue période, de présider les réunions au sommet (synaxe) des primats des Eglises orthodoxes. Tout cela inaugurerait une nouvelle étape dans l’histoire de l’Eglise orthodoxe, qui ne serait pas exempte de difficultés, querelles et divisions. Mais le plus grave c’est que la tenue de ce concile sans la participation de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales dans ses travaux mettrait un terme triste et décevant aux promesses que fit le patriarche Athénagoras I en 1961, lorsqu’il fut en mesure d’unifier le monde orthodoxe à l’occasion de la première conférence de Rhodes qui initia les travaux préparatoires au grand concile sur base de la règle d’or que lui-même et ses collaborateurs avaient appelée « sainte unanimité ». Par cette unanimité, il entendait éviter à l’Eglise orthodoxe des divisions semblables à celles que le monde orthodoxe avait connues après le sommet panorthodoxe qui se tint à Istanbul en 1923 en l’absence de certaines Eglises. Tout au long de son patriarcat, le patriarche Athénagoras est resté attaché à cette règle d’or et a œuvré avec acharnement à préserver un accord orthodoxe unanime et à assurer l’unité du monde orthodoxe dans des circonstances historiques difficiles et complexes. Cette règle reçut ensuite sa consécration dans les statuts internes des conférences orthodoxes préparatoires, statuts qui furent acceptés à l’unanimité par les Eglises orthodoxes autocéphales en 1986 et qui exprimaient « la pratique orthodoxe traditionnelle et la sanctionnaient par écrit ».

Néanmoins, avec la reprise des travaux préparatoires au grand concile en 2014, certains faits indiquaient que sa sainteté le patriarche œcuménique actuel n’appliquerait pas cette « pratique orthodoxe traditionnelle » susmentionnée et qu’il penchait pour une réunion du grand concile qui serait fondée sur le principe de « consensus » entre les Eglises participantes et point de « l’unanimité de toutes les Églises autocéphales ». L’Église d’Antioche a rejeté ce projet et proposa, durant les travaux du comité chargé d’établir le règlement interne du concile, d’y ajouter une clause stipulant ce qui suit : « L’annonce de l’ouverture des sessions du grand concile orthodoxe a lieu en présence de tous les primats des Églises orthodoxes autocéphales. La participation des primats des Églises ou de leurs représentants doit être assurée tout au long des travaux du concile. Dans le cas contraire, les travaux du concile seront suspendus jusqu’à ce que la présence de tous les primats des Églises autocéphales soit à nouveau possible ». Néanmoins, la proposition antiochienne a été l’objet d’une opposition violente de la part du président de la session, le représentant du patriarche œcuménique, qui rejeta cette formulation selon laquelle « le patriarche œcuménique doit veiller à la participation de tous les primats des Églises orthodoxes autocéphales universellement reconnues ou de leurs représentants dans toutes les procédures et délibérations conciliaires ». Ceci conduisit à la suspension de la réunion qui devait établir les statuts internes et transmettre la question au sommet des primats des Eglises orthodoxes qui s’est tenu à Chambézy en 2016 et qui constitua un comité chargé d’élaborer les statuts internes, sommet au cours duquel le patriarcat œcuménique refusa une fois encore d’inclure la règle de l’unanimité dans le texte des statuts. L’abandon, par le patriarcat œcuménique, de la règle d’or sur laquelle étaient fondés tous les travaux préparatoires au grand concile, contraignit le patriarcat d’Antioche à s’abstenir de signer les statuts internes et les décisions du sommet précité, qui avait perdu l’unanimité des Eglises orthodoxes.

Toutefois, contrairement à tous les usages qui gouvernent le travail orthodoxe commun, sa sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée Ier a pris l’initiative de convoquer le grand concile. Cela amena l’Église d’Antioche à prendre à l’unanimité une décision synodale réaffirmant sa position antérieure de ne point participer au grand concile « tant qu’il n’y a pas d’accord » sur tous les mécanismes et thèmes, de sorte que le concile deviendra la cause de morcellement et de dissipation de tout ce que le travail commun a construit ces dernières années, d’autant plus que le grand concile se tiendra à l’ombre de désaccords sur les documents qui lui ont été transmis, ainsi que de la rupture de communion entre deux Églises apostoliques (c’est-à-dire Antioche et Jérusalem).

L’expérience historique du siècle dernier a démontré que le sommet d’Istanbul, convoqué par le patriarche Meletios (Metaxakis) en 1923 a conduit à la dispersion des orthodoxes car d’importantes décisions conciliaires y furent prises en l’absence d’Eglises apostoliques. Le monde orthodoxe a souffert des résultats de ce sommet jusqu’à ce que Dieu envoie Athénagoras Ier qui œuvra sans hâte ni précipitation à construire l’unité en respectant les spécificités et les situations de toutes les Églises autocéphales. Il œuvra patiemment à aboutir un accord orthodoxe sur tous les thèmes du grand concile. Le processus initialisé en 1981 a eu des résultats palpables, que ce soit au niveau de l’unité du monde orthodoxe ou au niveau du dialogue avec le reste du monde chrétien.

Aujourd’hui toutefois, pour que l’Eglise orthodoxe puisse préserver son unité, il faut que le patriarche œcuménique lise clairement les signes du temps, surtout la rigidité et l’affairement avec lesquels le patriarcat œcuménique a dirigé le dernier stade de préparation, au cours duquel les positions des autres Églises étaient traitées de haut et ignorées.

Ce qui est sans doute également nécessaire afin que le grand Concile Orthodoxe de Crète ne devienne pas un autre sommet d’Istanbul qui détruise ce que la Conférence de Rhodes a construit et réduise à néant tout le travail commun qui a suivi entre les Églises orthodoxes, c’est que le patriarcat œcuménique revienne à l’expérience du patriarche Athénagoras. A savoir, ne pas entendre sa primauté comme un leadership rigide et de voir dans son patriarche comme le premier parmi les égaux, et point le primus sine paribus !
Peut-être le moment propice n’est-il pas encore venu pour que le patriarche Bartholomée lui-même soit ce sauveur.
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Traduit de l’arabe pour Orthodoxie.com

Une déclaration de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale concernant la tenue du Concile panorthodoxe

logo-fraterniteLe 5 juin à Bruxelles, à la suite d’une réunion sur le Concile panorthodoxe, présidée par l’archevêque Jean de Charioupolis, la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale a rédigé une déclaration sur la tenue du Concile. Elle est en ligne sur cette page et ici au format PDF.

Photographie (ci-dessus) prise lors du congrès de la Fraternité à Bordeaux (avril-mai 2015)

Le comité en charge du message de l’Église orthodoxe continue son travail en vue du saint et grand Concile

Le comité en charge du message pour le saint et grand Concile s’est réuni pour sa quatrième journée à l’Académie orthodoxe de Crète. Son Éminence, le métropolite Amphiloque du Monténégro, l’un des plus éminents hiérarques de l’Église de Serbie, a présidé ce matin la divine liturgie au monastère patriarcal et stravropégique de « Gonia ».
Son Éminence, le métropolite Amphiloque a expliqué aux fidèles l’importance du saint et grand Concile qui va « se réunir en ce lieu » du 20 au 25 juin à l’Académie orthodoxe de Crète. Il a ajouté que le Concile se tiendra avec la participation des 14 Églises autocéphales orthodoxes.
Les paroles de Son Éminence s’inspiraient du message communiqué par Sa Béatitude, le patriarche Irénée de Serbie à Sa Toute-Sainteté le patriarche oecuménique à l’occasion de sa fête onomastique, dans lequel le patriarche Irénée confirme que l’Église de Serbie « continuera à œuvrer positivement en faveur du saint et grand Concile en Crète ».
Le comité en charge du Message se réunira du 9 au 16 juin à l’Académie orthodoxe de Crète.

Modifications et ajouts aux textes préconciliaires proposés par la hiérarchie de l’Église orthodoxe de Grèce

Dans un long article daté du mois de juin 2016 et intitulé « Peu avant le saint et grand Concile », le métropolite de Nafpaktos Hiérothée (Église orthodoxe de Grèce) a souligné que ledit Concile n’est absolument pas le premier concile qui aura lieu dans l’Église orthodoxe depuis le VIIème concile œcuménique, voire après 1054, comme cela est souvent évoqué dans la presse. Le métropolite mentionne que contrairement à cette « fable », l’Église orthodoxe n’est pas demeurée dans une sorte de « sommeil spirituel ». Et de citer les conciles qui se sont tenus sous St Photius le Grand (879-880), les conciles hésychastes (1341-1368), le concile de 1484 qui a invalidé le concile unioniste de Ferrare-Florence, le concile de 1590, qui se caractérisait comme « Concile œcuménique » et sa suite en 1593, qui a reconnu l’autocéphalie de l’Église de Russie, le concile de 1756 au sujet du mode de réception des convertis à l’orthodoxie, la décision synodale des patriarches orientaux de 1848 au sujet du Filioque et de la primauté romaine, et le concile de 1872 au sujet du phylétisme. Le métropolite Hiérothée cite encore des décisions patriarcales importantes au cours des siècles. Après cette mise au point et un long développement sur les confessions hétérodoxes, ainsi que sur le lien entre l’Église, la foi orthodoxe et l’eucharistie, le métropolite a donné des précisions sur les modifications et ajouts proposés par la récente Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce. Nous reproduisons ci-après ce passage du texte du métropolite Hiérothée :

« Comme j’en avais le devoir, j’ai étudié les textes préparés par les représentants de toutes les Églises et qui avaient été signés par tous les primats. Lors de l’étude des textes par le Saint-Synode et la hiérarchie de l’Église de Grèce, il a été décidé que différents changements seraient apportés, à savoir des corrections et des ajouts, dans la perspective d’amélioration des textes. Ceci s’est passé dans un esprit d’unanimité, d’unité pour ce qui concerne la plupart d’entre eux. Pour certains autres textes, il y a eu toutefois proposition de vote à main levée, en l’absence d’unanimité. C’est ainsi qu’il a été atteint un résultat satisfaisant pour tous les hiérarques, mais également pour ceux qui, absents, ont été informés de la décision. Je vais présenter maintenant les points principaux de ladite décision. Le point fondamental est que dans le texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », il était énoncé dans différents paragraphes que l’Église orthodoxe « reconnaît l’existence historique des autres Églises et confessions chrétiennes ». Cela a été remplacé par la phrase : « reconnaît l’existence historique des autres confessions et communautés chrétiennes ». Un autre point important est ce qui concerne l’unité de l’Église. Tandis que dans le texte, il était indiqué que l’unité de l’Église « ne pouvait être perturbée », il était néanmoins question dans la suite d’une tentative de rétablir l’unité entre les chrétiens, ce qui semblait ainsi valider la théorie des branches. Dans ces textes, plusieurs corrections ont été faites, selon lesquelles l’Église orthodoxe croit que « son unité ne peut être perturbée » et participe « au mouvement du rétablissement de l’unité du reste des chrétiens» ou « de l’unité perdue du reste des chrétiens », de même qu’elle œuvre afin que vienne ce jour auquel « le Seigneur accomplira l’espoir de l’Église orthodoxe pour le rassemblement en elle de tous ceux qui sont dispersés, et il y aura un seul troupeau et un seul pasteur ». Un autre point important est encore le passage où il est question de la perspective « des dialogues théologiques de l’Église orthodoxe avec les autres confessions et communautés chrétiennes », lesdits dialogues étant « déterminés toujours sur la base des principes de l’ecclésiologie orthodoxe et des critères canoniques de la tradition ecclésiale qui a déjà été formée, en conformité avec les saints canons des conciles œcuméniques et des conciles locaux reconnus par les premiers, tels que les 46ème, 47ème et 50ème canons des saints Apôtres, les 8ème et 9ème du Ier concile œcuménique, le 7ème du IIème concile œcuménique, le 95ème du concile quinisexte et les 7ème et 8ème de Laodicée » [ces canons concernent l’interdiction de la prière commune avec les hétérodoxes ou encore le mode de réception de ces derniers dans l’Église, ndt]. Il a été également ajouté une clarification nécessaire : « Il est explicité que lorsque l’on applique la réception des hétérodoxes (dans l’Église orthodoxe) par une confession de foi et la sainte chrismation, cela ne signifie pas que l’Église orthodoxe reconnaît la validité de leur baptême ou de leurs autres sacrements ». Dans le paragraphe où il est question de la condamnation de toute rupture de l’unité de l’Église par des personnes ou des groupes et de la préservation de la foi orthodoxe authentique qui est assurée par le système conciliaire, ont été ajoutés le 6ème canon du IIème concile œcuménique et les 14ème et 15ème du concile Prime-second [ces canons précisent dans quelles conditions on peut se séparer de son évêque, ndt]. Dans un autre paragraphe où il était question de la nécessité du dialogue théologique interchrétien, sans manifestations provocantes d’antagonisme confessionnel, il a été ajouté, entre parenthèse, l’uniatisme, ce qui signifie que l’Église orthodoxe n’accepte pas ce mode hypocrite d’unité des Églises, ce que réalise dans la pratique l’uniatisme. Il y a une correction importante dans le paragraphe dans lequel les Églises orthodoxes locales « sont appelées à la compréhension et la collaboration inter-religieuses », par l’ajout de la phrase « pour la coexistence pacifique et la cohabitation sociale des peuples, sans que cela occasionne un syncrétisme religieux quel qu’il soit ». Il a été longuement question de la participation de l’Église orthodoxe dans le Conseil œcuménique des Églises (COE). La proposition du Saint-Synode permanent était de biffer les paragraphes concernés. Après un intense débat a eu lieu un vote à main levée, d’où il est ressorti que 13 évêques proposaient que ces paragraphes soient biffés, 62 évêques souhaitaient qu’ils soient maintenus, tandis que 2 étaient d’opinion différente. Ainsi, la majorité des hiérarques souhaitaient que demeurent ces paragraphes dans le texte, et l’Église de Grèce participe aux travaux du COE conformément aux conditions préalables nécessaires. Lors de la discussion et au cours du vote, j’ai soutenu qu’il faudrait que nous restions au COE en tant qu’observateurs, mais ce fut la seule proposition dans ce sens. Malgré cela, la phrase selon laquelle les Églises orthodoxes, dans le COE, « contribuent par tous les moyens dont elles disposent au témoignage de la vérité et à la promotion de l’unité des chrétiens » a été corrigée par la phrase « contribuent par tous les moyens dont elles disposent pour la promotion de la coexistence pacifique et de la collaboration au sujet des défis et problèmes majeurs socio-politiques ». Cela signifie que la raison de la participation de notre Église au COE est seulement les raisons sociales et non la promotion de l’unité des chrétiens. Dans le texte portant le titre « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », il est question de la personne humaine et la communion des personnes. Parallèlement, cependant, il est constamment question de l’homme. Aussi, pour des raisons théologiques et l’unification du texte, la phrase « la valeur de la personne humaine » a été remplacée par « la valeur de l’homme ». Dans le texte « L’autonomie et la manière de la proclamer » a été ajouté un paragraphe : « Les diocèses ecclésiastiques pour lesquels a été accordé un tomos ou un acte patriarcal ne peuvent pas demander l’autonomie, conservant sans changement leur statut ecclésial ». Dans un autre paragraphe du même texte, dans lequel il est question de l’octroi de l’autonomie à un diocèse par l’Église mère, a été ajouté le mot « à l’unanimité ». C’étaient là les propositions de base d’amélioration des textes par la hiérarchie de l’Église de Grèce.

Je voudrais exprimer deux pensées. D’abord, dans ces ajouts et ces changements ressort une ecclésiologie traditionnelle, dans le cadre des possibilités dont disposait la hiérarchie de notre Église pour accomplir cette tâche. Ces décisions étaient unanimes et nul ne peut affirmer que dans la hiérarchie les hiérarques « conservateurs » l’ont emporté sur « les progressistes » ! Il y avait naturellement des propositions visant à retirer le texte « Les relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien » afin qu’il soit retravaillé, mais cela n’a pas été accepté par la hiérarchie. Deuxièmement, ces décisions sont contraignantes pour notre Église, car elles ont été acceptées essentiellement à l’unanimité. Cela signifie que notre délégation au saint et grand Concile doit les soutenir pour qu’elles entrent dans le texte et elle n’a pas la possibilité de se rétracter.

Conclusion : après ce qui est mentionné plus haut, j’arrive à la conclusion que le saint et grand Concile, avec toutes les Églises qui s’y présentent, devrait absolument mentionner expressément dans son message les conciles œcuméniques et les grands conciles, et faire que cesse la « fable » à la fois contraire à la vérité historique, a-théologique et anti-ecclésiale, selon laquelle ce concile serait convoqué après 1200 ans, ou qu’il s’agirait du premier concile après le schisme. Avec beaucoup de respect, je supplie les primats des Églises orthodoxe qui, finalement, participeront, particulièrement Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Mgr Bartholomée, qui s’est donné du mal pour que les choses en arrivent jusque là, de mentionner expressément que ce Concile est la suite des conciles de Photius le Grand, de saint Grégoire Palamas, saint Marc d’Éphèse, des grands patriarches d’Orient, de leurs prédécesseurs, dont certains ont été martyrisés pour la gloire de Dieu et de l’Église. Autrement, il y aura encore une raison pour que ce concile soit dédaigné dans la conscience du plérôme de l’Église comme un concile anti-Photien, anti-Palamite, anti-Marc (d’Éphèse), antiphilocalique ! Je ressens que pendant les sessions du saint et grand Concile il y aura des pères conciliaires qui ressentiront la voix des prophètes, des apôtres et des Pères, le sang des martyrs pour la foi, les larmes et les luttes des ascètes, les sueurs des missionnaires, la prière des « pauvres du Christ », l’attente du peuple pieux. Ceux qui ne ressentiront ni ne comprendront cela seront des malheureux ».

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L’archevêque d’Athènes s’exprime au sujet de l’absence de certaines Églises au Concile panorthodoxe

L’archevêque d’Athènes a exprimé des reproches indirects aux Églises qui déclarent leur absence au saint et grand Concile en Crète, dans une déclaration recueillie par le journaliste grec Georges Ferdis (diplômé de l’Institut Saint-Serge) pour le site grec Orthodoxia.info. « Puisque nous avons communément décidé que le Concile aurait lieu, comment chacun peut-il décider qu’il ne viendra pas » demande le primat de l’Église de Grèce, depuis Chios, où il se trouve actuellement. Mgr Jérôme se prononce pour que le Concile se déroule normalement, indépendamment des absences, et a clairement fait savoir que l’Église de Grèce participera comme convenu. Ci-après la déclaration en question : « Je suis étonné ! Puisque nous avons communément décidé que le Concile aurait lieu, comment chacun peut-il décider qu’il ne viendra pas. Chacun est libre de décider ce qu’il veut. Mais d’un autre côté, le Concile n’est pas panorthodoxe, il est appelé « saint et grand Concile ». Par conséquent, tous tant que nous sommes, nous ferons ce Concile ».

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Le métropolite Calliste de Diocleia (Ware) : Il faut reporter le Concile panorthodoxe « jusqu’à des temps meilleurs »

Il faut reporter le Concile panorthodoxe jusqu’à « un moment meilleur », étant donné que l’accomplir sans les Églises qui refusent d’y participer serait étrange. C’est ce que considère Mgr Calliste (Ware), théologien connu mondialement et métropolite de l’Église orthodoxe de Constantinople.

« En tenant compte de telles circonstances [i.e. l’absence de plusieurs Églises locales orthodoxes, ndt], il est possible que l’on en vienne à l’ajourner. Procéder à ce Concile sans de telles Églises comme celles d’Antioche, de Serbie et, peut-être de Russie, serait étrange. Ce ne serait plus un Concile panorthodoxe. Sans représentation complète, il est possible que ce soit mieux pour nous de l’ajourner jusqu’à un moment meilleur » a déclaré le métropolite de Diocleia Calliste dans une interview à l’Agence russe RIA Novosti. Selon ses propres termes, tenant compte du refus de plusieurs Églises, l’événement prévu en Crète « serait une conférence et non un Concile fructueux ». Répondant à la question sur l’opportunité de convoquer une telle conférence avant le Concile, comme cela est proposé par certaines Églises, le métropolite a répondu : « Cela dépend qui manifestera le souhait de venir, parce que certaines Églises participeront, d’autres, non, et cela ne renforcera pas notre unité ». « Il me semble que le plus juste serait d’ajourner la rencontre », a-t-il précisé. Concernant l’objet du Concile panorthodoxe et pourquoi il se trouvait au bord du précipice, le métropolite a reconnu qu’ « il est difficile de dire » pourquoi il est malaisé, pour les Églises orthodoxes, de se réunir ensemble, mais il a souligné qu’il « fallait poursuivre les tentatives de le faire ». « Le Concile peut renforcer l’unité orthodoxe. Nous sommes une seule Église, mais des patriarcats différents, et les Églises sont isolées les unes des autres. Aussi, pour moi, la chose la plus importante concernant le Concile, c’est qu’il doit être l’expression de l’unité orthodoxe et renforcer nos liens », a souligné le hiérarque du Patriarcat de Constantinople. Les questions principales, selon lui, ne sont pas celles du jeûne et du calendrier. Au nombre des thèmes du Concile panorthodoxe qu’il serait, selon le métropolite, important de discuter si le Concile, « a lieu malgré tout », il y a deux questions fondamentales. « La première, c’est la question dite de la « diaspora », la situation de l’Église orthodoxe dans le monde occidentale en dehors des pays traditionnellement orthodoxes. Actuellement, il y a beaucoup de juridictions parallèles, et, par exemple, dans les villes comme New York ou Londres, il y a plusieurs évêques orthodoxes, et cela constitue un ordre canonique incorrect, étant donné qu’il ne doit y avoir qu’un évêque en un seul lieu », a souligné le métropolite. « La deuxième question fondamentale que je vois, ce sont les relations de l’Église orthodoxe envers les communautés chrétiennes non-orthodoxes, la question de l’œcuménisme. Ces relations, dans les différentes parties de l’Église orthodoxe, sont très fortement distinctes. Nous devons arriver à une seule opinion au sujet de notre position orthodoxe dans notre dialogue avec les autres chrétiens », affirme le métropolite. Celui-ci a également exprimé l’opinion que la question du jeûne, comme il a été porté dans l’ordre du jour ne présente pas une telle acuité. « Le jeûne est très important dans la vie chrétienne, mais je ne pense pas que nous ayons besoin d’une nouvelle décision à ce sujet, nous savons déjà quelle la valeur du jeûne », selon le métropolite. Commentant la question du calendrier, qui n’a pas été incluse dans l’ordre du jour, mais qui est largement discutée, le hiérarque du Patriarcat de Constantinople a exprimé le point de vue selon lequel il est inopportun de régler ce problème maintenant. « Certains d’entre nous suivent le nouveau calendrier, d’autres l’ancien. Je ne pense pas qu’il faille faire quelque chose actuellement. Il faut simplement continuer avec la situation actuelle », a conclu le métropolite.

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Le comité en charge du message du Concile panorthodoxe : « Les Églises orthodoxes plantent les graines de l’unité en dépit de conditions difficiles »

Kolymbari, Crète, Grèce, 11 juin 2016

Les Églises orthodoxes plantent les graines de l’unité en dépit de conditions difficiles.
Le comité en charge du message, ensemble dans la communion.

Les bourgeons du prochain Saint et Grand Concile ont  commencé à se former lorsque « le comité en charge du message » s’est réuni. Ce rassemblement est l’expression d’une foi qui partage les mêmes racines, malgré une histoire complexe, elles s’étendent sur des centaines d’années et mobilisent des cultures incroyablement différentes. Collaborant à la mise en commun des arguments du Message, les Églises orthodoxes du monde font preuve d’une unité sans précédent par le simple fait de se retrouver autour d’une table pour parler ensemble.
Son Éminence, le Métropolite Georges de Paphos a présidé ce matin la divine liturgie à l’occasion de la fête de l’Ascension au monastère patriarcal et stravropégique de « Gonia », une cérémonie qui a inspiré le comité dans ses délibérations et qu’ils porteront tout au long de la journée.
Le Comité en charge du message se réunit du 9 au 16 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, à Kolymbary. Quels sont les points à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile ? Ces sujets ont été discutés avec passion et attention pendant plus de 40 ans par de nombreux Primats orthodoxes – mais jamais comme un seul corps.
Le travail du comité en charge du message. Le comité en charge du message préparera un projet comprenant un ensemble de
déclarations qui sera examiné par la Synaxe – ou rencontre – des Primats alors qu’ils travaillent à la réalisation complète du Concile.
Le message aura un impact non seulement sur l’Église orthodoxe dans son ensemble, mais il marquera aussi une étape historique dans l’histoire du christianisme. Au moment où le comité en charge du message se réunit, de nombreuses Églises orthodoxes autocéphales de par le monde traversent des temps de détresse, aux prises avec des conflits les poussant à exprimer leur besoin de solidarité. Ensemble, elles font face à des défis idéologiques, à la confusion spirituelle, aux troubles sociaux, à la stigmatisation et à la discrimination qui ont conduit à leur persécution.
Le comité en charge du message fera la démonstration de ce dont la foi est capable – et des fruits dont elle pourrait être porteuse – en dépit d’un contexte difficile.
Le Saint et Grand Concile sera ouvert officiellement le 20 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, en Grèce.

Les représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie ont déclaré qu’ils ne participeront pas au Concile en Crète

Les représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie ont déclaré qu’ils ne participeront pas au Concile en Crète puisque le Patriarcat de Constantinople a ignoré les questions qui pour cette Église étaient très importantes. « Pour nous, la question des diptyques était une question importante. L’Église de Géorgie, selon les diptyques grecques, n’occupe pas le rang qui lui convient. Le Concile a laissé également de côté des questions aussi importantes que le calendrier liturgique, le mariage, cette dernière question ayant été soulevée activement par l’Église de Géorgie. Nous avons considéré qu’il serait juste de nous abstenir de participer », à déclaré le métropolite de Tsilkani et Dusheti Zosime (Shioshvili) aux journalistes après la session du Saint-Synode à Tbilissi. Selon le métropolite « si les documents qui sont adoptés au Concile sont acceptables, l’Église de Géorgie les acceptera ». « Les résultats du Conciles montreront à quel point les décisions prises seront canoniques. Nous examinerons la situation, et si ces décisions sont acceptées par l’Église orthodoxe universelle, elles seront légitimes, et si ce n’est pas le cas, il ne sera pas obligatoire de les exécuter », a ajouté le métropolite. Le métropolite de Mestia et Svaneti Hilarion (Kitiashvili), à son tour, a déclaré aux journalistes que « le principe essentiel d’unanimité qui se trouve à la base du déroulement du concile, n’est pas réalisé à cette étape, parce que la décision a été prise par l’Église de Géorgie de s’abstenir de participer ». Selon lui, il y avait encore d’autres arguments qui seront mentionnés plus tard dans l’acte du Saint-Synode. « Notre Église ne participera pas au Concile… Il y a également des questions fondamentales qui doivent être prises en compte par le Patriarcat de Constantinople et qui ne le sont pas, le patriarcat de Géorgie fera une déclaration plus tard sur les questions concrètes dont il s’agit», a-t-il ajouté.

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Théodore II, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique demande à toutes les Églises orthodoxes de participer au Concile panorthodoxe

Théodore II, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique demande à toutes les Églises orthodoxes de participer au Concile panorthodoxe nous informe le site internet Romfea.gr. Dans une interview donnée à la station de radio 98,4, le patriarche a qualifié d’historique le Concile panorthodoxe. Le patriarche a déclaré que l’Église orthodoxe devrait être loin d’intérêts politiques, nationaux et raciaux. À titre d’exemple, il a cité l’Église catholique et le pape François. « Il est impossible d’imaginer que, au dernier moment en raison des aspirations personnelles et de l’amertume envers la place de primauté et le rôle de coordinateur dont joui le patriarche de Constantinople, de ne pas venir au Concile, bien que la décision ait été prise à l’unanimité ! » a dit le patriarche Théodore. Il a estimé que la Bulgarie ne changera guère sa décision, à la différence des trois autres Églises qui n’avaient pas catégoriquement dit non. Selon lui, la Bulgarie ne devrait pas changer sa décision, à la différence des trois autres Églises, qui n’ont pas définitivement dit «non». « Il est impensable aujourd’hui, quand le monde souffre, de poser la question de savoir qui siège où. Il est difficile pour toute Église à dire « non », à révoquer sa décision », a dit le patriarche. Il a proposé aux primats qui expriment des vues sur la supériorité de certains peuples de se lever de leurs chaises ornées et de visiter l’Afrique pour comprendre la signification des pauvres et des humbles du Christ. »

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Déclaration du Saint-Synode de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA) au sujet du saint et grand Concile qui doit être convoqué sur l’île de Crète du 20 au 26 juin 2016

« Nous vous saluons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie (Jean XIV, 6). Pendant plusieurs décennies, l’Église orthodoxe a produit des efforts afin de rassembler un saint et grand Concile comme un témoignage contemporain de la sainte foi orthodoxe. L’initiative de cette tentative moderne appartenait au patriarche œcuménique Athénagoras. Le lent pèlerinage vers le saint et grand Concile a commencé dans les années 1960. Il y eut de longues pauses dans ce pèlerinage, suivies par une période renouvelée de préparation intense à l’initiative Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée. Au cours de ces décennies, des conférences panorthodoxes, des consultations et des rencontres de patriarches et de primats ont révisé la liste des thèmes. Au cours des derniers mois, tandis que les Églises avaient revu les projets de documents et fait connaître leurs observations, de nouvelles propositions ont été avancées et des désaccords nouveaux ont surgi. Même lors de cette dernière étape, la participation au saint et grand Concile est incertaine, tout comme son issue. Au milieu de ces incertitudes, il y a une certitude : l’Église orthodoxe en Amérique, qui n’est pas reconnue universellement comme une Église autocéphale, n’est pas invitée à participer. Notre réaction est la tristesse, mais non le détachement. Avec gratitude envers Dieu, nous affirmons notre identité comme l’Église orthodoxe en Amérique. Nous affirmons également avec gratitude envers Dieu pour notre autocéphalie, telle qu’elle nous a été accordée par l’Église orthodoxe russe et qui est reconnue par les Églises de Géorgie, Bulgarie, Pologne, des Terres tchèques et Slovaquie. Nous affirmons avec une gratitude profonde envers Dieu notre communion eucharistique avec toutes les Églises orthodoxes, à commencer avec le Patriarcat œcuménique. Aussi, nous acceptons et nous affirmons nos droits et devoirs à accompagner le saint et grand Concile avec amour, réflexion et prière. Les discussions et débats autour des projets de documents expriment les inquiétudes et les objections qui surgissent dans les Églises orthodoxes. On soutient que l’intensité des objections démontre que le Saint et Grand Concile devrait être ajourné afin d’éviter de possibles schismes. Une telle conclusion s’avère être le rejet de la vision et de la pratique conciliaires de l’Église orthodoxe. Les défis de notre temps demandent plus de réflexion et de débats théologiques, non pas moins. L’urgence de telles réflexions et débats théologiques appellent pour plus de conciliarité, mais pas pour moins. Au cœur des préoccupations et objections au Concile et ses projets de documents se trouve la crainte d’une érosion de l’identité et de la conscience de soi orthodoxes, la dilution de la théologie orthodoxe (la vérité sur Dieu) et de l’ecclésiologie (la vérité sur l’Église). Le défi d’aujourd’hui pour l’Église orthodoxe est le même que celui qui a toujours été : amener tous les hommes aux Christ, qui est la voie, la vérité et la vie, apporter l’Évangile du Christ à tous les hommes avec amour et compassion, de rendre un culte à Dieu de façon eucharistique dans l’Esprit et la vérité. La libération de la crainte et la croissance dans la vie, la foi et la compréhension spirituelle (liturgie de saint Jean Chrysostome) se trouvent dans la fidélité à cette voie orthodoxe. L’engagement de Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée pour construire un consensus, comme cela est montré par la convocation périodique de la synaxe des patriarches et primats, a ouvert la voie au saint et grand Concile. Même à ces derniers moments de préparation, les obstacles sur ce chemin apparaissent avec une force plus grande que précédemment. Les signes très récents de la crise ressortent de la réunion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe le 3 juin 2016. Le procès-verbal de cette réunion énumère les défis procéduraux et substantiels rencontrés par les Églises orthodoxes à la veille du Concile, dont la dispute non résolue entre les patriarches d’Antioche et Jérusalem, les exigences quant aux modifications de certains des projets de documents venant des Églises de Géorgie, Serbie et Grèce, ainsi que des monastères du Mont Athos, et finalement la décision de l’Église de Bulgarie, insistant pour l’ajournement du Concile et déclarant catégoriquement qu’elle ne participera pas au Concile prévu pour la fin du moins de juin 2016. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a conclu que cette situation exceptionnelle pourrait être résolue par la convocation d’une consultation préconciliaire panorthodoxe extraordinaire qui devrait se réunir le 10 juin au plus tard. Cette consultation aurait pour but une revue de la situation existante et l’examen des modifications proposées aux documents conciliaires. Sur la base de la conclusion de la consultation, les Églises pourraient déterminer si la convocation du Concile aux dates annoncées est possible. La convocation du saint et grand Concile comme signe d’unité et de témoignage de l’unité est une vision digne pour l’orthodoxie, poursuivie avec patience et détermination par Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée. Les difficultés douloureuses dans la réalisation de cette vision ont toujours été évidentes. Les dangers sur la voie vers cette vision sont particulièrement visibles aujourd’hui, mais pourtant la beauté de cette vision est claire comme jamais elle ne l’a été. Aujourd’hui, les Églises orthodoxes se trouvent face au monde, dans l’incapacité de dissimuler les blessures de nos relations fracturées. Or, la vision de l‘unité ne sera pas reniée, parce qu’elle vient du cœur de la foi orthodoxe et est intrinsèque à la Bonne nouvelle du Christ. Malgré les difficultés et les blessures que nous portons, nous suivons le Christ ressuscité et nous détenons le pouvoir qui nous est donné par la Pentecôte de témoigner partout l’Évangile du Christ et en tout temps. C’est notre espoir sincère et notre prière fervente que le pèlerinage vers la convocation du saint et grand Concile porte ses fruits pour l’unité de l’Église orthodoxe et sa mission, ainsi que son témoignage dans le monde. Tout comme nous prions lors de la divine liturgie pour la descente du Saint-Esprit sur nous et sur les dons offerts, prions que le Saint-Esprit descende sur nous tous et sur les dons de la conciliarité qui sont offerts à Dieu ».

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Message de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe au sujet du saint et grand Concile, à tous les primats et saints-synodes des Églises orthodoxes locales

Le site de l’Église orthodoxe serbe a maintenant publié le message du l’Assemblée de ses évêques, daté du 7 juin/25 mai 2016, et envoyé à tous les primats et saints-synodes des Églises orthodoxes locales, au sujet du Concile panorthodoxe. Ce message précédait la lettre synodale au patriarche Bartholomée. Nous publions sous format PDF le texte de ce message in extenso.

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Déclaration de l’Église orthodoxe d’Albanie sur le Concile panorthodoxe

A propos de la discussion qui s’est intensifiée, ces jours derniers, relativement au futur saint et grand Concile de l’orthodoxie, il est de notre devoir de souligner ce qui suit :

1. La tenue du Concile susmentionné a été décidée lors des deux dernières synaxes des primats des Églises orthodoxes autocéphales à Constantinople en 2014 et à Chambésy (Genève) en 2016. Cette décision, qu’une seule Église n’a pas signée, a néanmoins été adoptée par l’écrasante majorité. Il en est allé de même lors de la synaxe de 2016 à Genève.
La tenue du saint et grand Concile ne peut être invalidée sans une nouvelle décision de la part du même corps qui l’a décidée. Elle ne peut être annulée en dernière minute par le biais de communications et de messages de la part de diverses parties.

2. Le principe du consensus prévaut lorsque les organes ecclésiastiques se réunissent pour étudier les thèmes et prennent les décisions. Le sens du consensus a été précisé par sa sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée en 2016 à Chambésy lors de son allocution d’ouverture et aucune objection n’a été soulevée. Le consensus ne signifie pas veto. De manière plus générale, On ne peut passer outre la tradition ecclésiastique vieille de vingt siècles, surtout lors de la prise des décisions au sein du concile.

3. Il est manifeste que les problèmes existants sont nombreux. C’est justement la raison pour laquelle la tenue du saint et grand Concile s’impose. Il est impossible de résoudre tous les problèmes mais que soient résolus au moins quelques-uns d’entre eux. Peu vaut mieux que rien. Il est souhaitable que les autres questions soient abordées lors d’un Concile ultérieur. Le report du saint et grand Concile qui a été programmé sera cause de désarroi pour les orthodoxes de par le monde et portera atteinte à l’autorité morale de l’orthodoxie sur le plan international.

4. Enfin, un appel pressant est adressé au secrétariat panorthodoxe du Concile (règlement organisationnel et procédural n° 6,7, par. 7) qui se réunira demain en Crète en vue de prendre les ultimes décisions. Que tous les efforts soient déployés en vue de la participation de tous les membres du Concile dans la divine liturgie solennelle d’ouverture le jour de la Pentecôte et l’Office vespéral du Saint-Esprit. Il s’agit là d’un symbolisme fondamental d’unité. Les déplacements d’un aussi grand nombre de personnes venues de toute part accroissent les dépenses, les énergies, les imprévus mais aussi les dangers potentiels. Que soient sacrifiés les velléités et les opportunismes. Ce qui compte avant tout c’est le déroulement libre et serein des séances du saint et grand Concile.
« A Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir, à Lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus pour tous les siècles des siècles » (Ephésiens 3:20-21).

Tirana 8 juin 2016
Clôture de la fête de la Résurrection
Le saint synode de l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Albanie

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Lettre synodale de l’Église orthodoxe serbe au patriarche œcuménique Bartholomée, avec copie à tous les primats des Églises orthodoxes et leurs saints-synodes

Le Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe
N°793
À Belgrade, le 6 juin 2016

À Sa Sainteté
l’archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique
Mgr Bartholomée
à Constantinople

Objet : le saint et grand Concile

Le Christ est ressuscité !

Très saint archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique, bien-aimé frère en Christ et concélébrant de notre humilité, seigneur Bartholomée, embrassant Votre respectée Sainteté fraternellement dans le Seigneur, nous vous saluons très chaleureusement.

Nous considérons superflu de souligner avec quel espoir, engagement et apport, à la mesure de nos possibilités, notre Église a participé à la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe catholique.

Considérant, cependant :

1. L’insatisfaction et les remarques critiques de certaines Églises locales relativement à différents textes préparés au cours de la période préconciliaire

2. La décision irrévocable des patriarcats d’Antioche et de Bulgarie de s’abstenir de participer au Concile

3. Les problèmes des relations et de la communion entre Églises (Jérusalem – Antioche en raison du Qatar ; l’aggravation des relations entre nous et le Patriarcat de Roumanie, qui peut déjà difficilement être surmontée, en raison de l’intrusion anti-canonique dudit Patriarcat en Serbie orientale et de la création par lui d’un évêché parallèle, ce qui mènera à la rupture de la communion liturgique et canonique de deux Églises sœurs voisines, dans la mesure où il ne sera pas mis un terme au comportement susmentionné, etc) ; tout cela dans la perspective que ces problèmes ne soient pas discutés et résolus au Concile, mais encore reportés à la période postconciliaire, comme si quelle commission que ce soit puisse constituer un organe supérieur au Concile panorthodoxe et,

4. L’absence de volonté chez notre Église mère de Constantinople d’inclure au moins une proposition de notre Église (comme la discussion sur [l’octroi de, ndt] l’autocéphalie, le droit des évêques de voter lors du Concile, le traitement des conciles du IXème et XIVème siècle comme œcuméniques, ce qu’ils sont déjà dans la conscience et la pratique de l’Église orthodoxe, et encore d’autres questions, peut-être de moindre importance) dans la thématique et l’ordre du jour du Concile, et dans la mesure où nous sommes liés par les positions du saint Concile des évêques de notre Église, qui ont été formulées officiellement il y a deux ans et récemment, à la fin du mois de mai écoulé, nous sommes contraints, avec tristesse, mais en même temps avec le plein sentiment de notre responsabilité pastorale et, en général, ecclésiale, d’informer Votre Sainteté qui nous est chère et respectée, ainsi que votre Saint-Synode que, les choses étant ainsi, notre Église ressent qu’il lui est difficile de participer au saint et grand Concile convoqué et propose son ajournement, durant un certain temps. Notre prochaine réunion en Crète, avec l’aide de Dieu, serait alors considérée comme une consultation préconciliaire inter-orthodoxe dans le but de la préparation complémentaire du Concile et de l’amélioration de ses textes ou, qui plus est, comme la phase initiale de tout le processus conciliaire qu’il faut parfaire par la suite, dans la phase suivante, après que soient éliminés les désaccords et que soient atteints l’unanimité et le consensus des Églises. De cette façon, avec l’aide de Dieu, le fruit du Concile sera le témoignage de notre foi immaculée, la réponse sur l’espérance qui est en nous et le message du salut en Christ, adressé à tous, à ceux qui sont proches et ceux qui sont éloignés de nous, et en aucun cas, à Dieu ne plaise, la germination de nouveaux schismes et para-synagogues indésirables et nuisibles sous le motif d’un zèle mensonger et de la soi-disant préservation de l’orthodoxie.

Cela dit, nous demeurons l’humble frère et concélébrant de Votre Sainteté, dans le Christ ressuscité

L’archevêque de Peć, métropolite de Belgrade et Karlovci, et patriarche de Serbie
Irénée, président du Saint-Synode des évêques

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Les moines de la laure de Potchaïev (Ukraine) s’expriment au sujet du Concile panorthodoxe

La communauté monastique de la Laure de Potchaïev est solidaire avec l’opinion du clergé et des moines qui ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour corriger les projets de documents préparés pour le Concile panorthodoxe de 2016. C’est ce qui ressort du message publié sur le site officiel du monastère. C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien qui soulève le plus de questions et de remarques », soulignent les moines de la laure de Potchaïev. Ceux-ci assurent les paroissiens et les pèlerins de leur attachement aux dogmes de l’Église « qui ne nécessitent aucune sorte de changement ». Les moines appellent les fidèles à la prière ardente pour la préservation et le renforcement de tous les enfants de l’Église du Christ dans la pureté de la foi orthodoxe. Ci-après le texte complet du message :

« Appel des communautés du monastère de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev et de la skite du Saint-Esprit, dépendant de la laure, au sujet du futur Concile panorthodoxe.

Bien-aimés pères, frères et sœurs dans le Christ,

Du 16 au 27 juin 2016 se réunira sur l’île de Crète le Concile panorthodoxe qui, malheureusement, ne sera pas annulé. Les documents suivants y seront examinés :

– L’autonomie et la manière de la proclamer
– L’importance du jeûne et son importance aujourd’hui
– Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien
– La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain
– La diaspora orthodoxe
– Le sacrement du mariage et ses empêchements

C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien « qui soulève le plus de questions et de remarques. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, le Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, la Sainte-Communauté du Mont Athos, le diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre) ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour modifier ledit document et ce de façon très argumentée et solide du point de vue théologique. Les moines de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev partagent la préoccupation de leurs confrères moines, des évêques, prêtres, des pieux laïcs, qui sont soucieux de leur salut et du destin de l’Église du Christ. Nous sommes reconnaissants à ceux qui se sont donné de la peine et ont exprimé leurs remarques et suggestions pour la correction des documents concernés. La communauté de la Laure de Potchaïev est solidaire et en accord avec l’opinion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, du Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, de la Sainte-Communauté du Mont Athos, du diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, du métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre). Pour nous, l’opinion exprimée par Mgr Benjamin, métropolite de Vladivostok et de Primorsk, dans sa lettre aux participants à la conférence « Concile panorthodoxe : points de vue et attentes », qui s’est déroulée le 19 avril 2016 à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou, est également très importante. Quant à nous, nous souhaitons assurer les paroissiens et les pèlerins de notre Laure que, espérant en la miséricorde divine, la protection et l’intercession de la reine des cieux, et affermis par les prières et les exemples de nos Pères qui vécurent dans l’ascèse, Job et Amphiloque, thaumaturges de Potchaïev, et fixant les exploits de nos maîtres qui subirent les plus violentes persécutions et outrages à l’époque de l’athéisme, les moines de la Montagne de Potchaïev feront à l’avenir également tout ce qui est possible afin que le peuple fidèle reçoivent dans les églises du monastère la grâce divine dans les sacrements de la sainte Église orthodoxe qui a été fondée par le Christ Sauveur Lui-même, dont les dogmes ont été fixés par les saints Pères et les décisions des sept Conciles œcuméniques et n’ont besoin d’aucun changement. La vérité divine est parfaite et immuable. Et le Sauveur du monde nous a confié de la garder et de la proclamer, et non de « la mettre au point ». Nous croyons fermement que le notre Seigneur Jésus-Christ gardera Son Église inébranlable et invincible « et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle » (Matth. 16,18). Nous appelons le pieux peuple à élever ses prières ardentes, afin que le Seigneur très-miséricordieux continue à nous renforcer dans la pureté de la foi orthodoxe, dans laquelle seulement est possible le salut éternel ».

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Le métropolite de Lovetch Gabriel sur les raisons qui ont incité l’Église orthodoxe de Bulgarie à renoncer à sa participation au Concile panorthodoxe

Le métropolite de Lovetch Gabriel a expliqué au site internet bulgare « Dobrotolioubie » pourquoi le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris la décision de ne pas participer au saint et grand Concile si celui-ci n’est pas reporté.

Votre Éminence, ces jours-ci, après la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie, sont reproduites dans les médias les opinions de théologiens tels que Kaline Yanakiev et Diliane Nikoltchev, selon lesquels ladite décision est « radicale » et « incorrecte », parce qu’elle pouvait être prise dès l’an dernier, et non au dernier moment. Qu’en est-il réellement, si les thèmes du Concile ont été choisis en janvier de cette année et qu’a été définie, il y a deux semaines seulement, la place dans la salle des participants et des observateurs et qu’ont été connus d’autres détails liés au Concile ?

– Je ne dirais pas que cela n’est pas correct. Il y a autre chose qui n’est pas correct : que l’on nous invite à un Concile où tout est décidé d’avance. Oui, effectivement, nous n’avions pas pris la décision jusqu’à maintenant, jusqu’au dernier moment, de nous rendre ou non au Concile. Mais maintenant, en tout cas, la vérité est claire. Il est vrai que ce n’est pas maintenant que nous avons pris connaissance de cela, mais pour se décider à cela… Nous ne l’avons pas fait immédiatement. Il y a certaines questions qu’il est nécessaire que ce Concile – il n’en a pas été convoqué si souvent – résolve encore [hormis celles qui sont inclues dans l’ordre du jour]. Par exemple, la question du calendrier. L’Église orthodoxe peut-elle continuer à célébrer selon deux calendriers ? Si cette question n’est pas résolue maintenant au Concile, quand peut-elle l’être alors? Lors de la conférence des Églises autocéphales, en 1948 à Moscou, il a été dit au sujet du calendrier que toute Église orthodoxe autocéphale peut célébrer selon le nouveau ou l’ancien calendrier (étant entendue que la pascalie reste identique), mais que, lors du prochain Concile orthodoxe, lorsqu’il serait convoqué, ce calendrier devrait être unifié. Or, le Concile est convoqué maintenant. Est-ce que cette question peut ne pas être résolue ? Quand le sera-t-elle ? Car c’est anormal qu’il existe deux calendriers. Il y a d’autres questions qui doivent être résolues au Concile. Certes, nous le savions avant, nous n’en avons pas été informés maintenant, au dernier moment. Et puis, il nous avons pris une décision concernant l’un des documents (bien que des remarques puissent être formulées sur d’autres), à savoir « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », qui contient beaucoup de choses qui sont absolument inexactes et non orthodoxes. Nous pouvons nous rendre au Concile, mais selon le règlement du Concile qui a été adopté, aucune correction ne sera acceptée. C’est parce que le règlement est tel que, dès le début, la commission doit décider si ce que nous voulons, peut être proposé au vote du Concile. Or, même si cela peut être proposé, si le Concile ne vote pas unanimement dans ce sens, le texte ne pourra être modifié. Que cela signifie-t-il ? Qu’un certain document est adopté par les commissions, mais toutefois les commissions ne sont pas le Concile, elles ne sont vraiment pas le Concile. Ce n’est pas le Concile qui a voté le règlement, mais les patriarches, et ceux-ci ne sont pas non plus le Concile. Et, en fin de compte, on ne pourra apporter aucune modification, disons, dans ce document, mais également dans n’importe quel autre, parce que dans aucun cas, toutes les Églises ne voteront pas à l’unanimité pour la modification, et il y aura quoi qu’il en soit des votes contre. Nous nous rendons à un Concile pour lequel les décisions sont déjà prises. Pourquoi ne pas prendre cela en considération ? C’est un Concile, un travail sérieux ! À quels intervalles sont convoqués les Conciles ? Il se passe parfois des centaines d’années, voir mille. Le Concile doit résoudre les questions qui sont réellement importantes pour l’orthodoxie. Donc, nous avons pris cette décision maintenant. Nous pouvions la prendre avant, mais ce n’était pas facile. Certains disent même que cela est très courageux de prendre une telle décision… Vous voyez qu’il n’y a pas une autre Église, à l’exception de nous, [qui ait pris une telle décision]. C’est ce qu’a décidé le Synode. Personnellement, lorsque je me suis rendu à la session, je ne savais pas que nous pourrions prendre une telle décision. Ma seule conviction était qu’il fallait demander de reporter le Concile, afin que soient mis au point ces questions et que ce Concile ait véritablement un grand effet. Selon moi, le Concile doit être tel qu’il soit en mesure d’élaborer le règlement de ses sessions, afin que l’on y vote comme partout : lorsqu’est constitué le nouveau parlement bulgare, personne ne donne aux députés un ordre du jour tout prêt, ils créent leurs propres règles. Cela doit être réglé par le Concile. Maintenant cela est réglé par les patriarches. C’est bien, mais les patriarches ne sont pas, malgré tout, le Concile. Le Concile est une représentation bien plus large. Du fait que tout a été décidé à l’avance, nous avons décidé qu’il serait bien de reporter le Concile afin que les questions conflictuelles puissent être réglées. Notre souhait serait que l’on règle de la meilleure façon ce qui concerne l’orthodoxie. Aussi, cela n’a pas d’importance que nous ayons décidé cela au dernier moment. Mais pour ce qui concerne la disposition dans la salle, c’est un problème mineur, vraiment mineur ! Pour ce qui est des dépenses élevées au sujet desquelles nous avons écrit : si le Concile réglait des réponses très sérieuses, nous n’y verrions pas d’inconvénients, mais maintenant nous irions à un tel Concile, où tout est réglé d’avance, et nous donnerions pour cela un demi million de Lev… Pour l’Église orthodoxe de Bulgarie, c’est une grande somme. Nous la donnerions si nous savions que la manifestation le vaut. Vous savez, nous ne savons même pas combien cela coûtera. Personne ne nous informe de la somme finale, mais ce sera plus d’un demi million de Lev – combien cela coûtera encore ? Une chose pareille est-elle possible maintenant ? Que les médias disent ce qu’ils veulent. Oui, nous avons effectivement pris une telle décision.

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Vidéo de l’exposé du P. Jivko Panev au colloque international sur les médias numériques et la pastorale orthodoxe à Athènes en mai 2015

Les vidéos du 1er colloque international sur les médias numériques et la pastorale orthodoxe qui s’est tenu du 7 au 9 mai 2015 à l’hôtel Divani Apollon à Vouliagmeni, près d’Athènes, sont maintenant disponibles en ligne (en anglais, en russe et en grec). Ce colloque a été organisé par les collaborateurs du site orthodoxe grec Pemptousia en collaboration avec le site orthodoxe russe Bogoslov.ru et le site orthodoxe américain Orthodox Christian Network. Trois de collaborateurs d’Orthodoxie.com, Jean-Claude Larchet, Bernard Le Caro et Claude Lopez-Ginisty  y ont  présenté des exposés, et le P. Jivko Panev, a été associé au comité scientifique. Nous vous invitons à regarder l’exposé du P. Jivko, en anglais, en russe ou en grec, ainsi que son intervention lors de la discussion finale du comité scientifique. Vous pouvez également télécharger le texte de son exposé (anglais, russe et français).

What are the positions of the Orthodox Church in a “Modern World? :

 

Final Discussion by the Scientific Committee of the Conference (à partir 14′:01 ») ;

 

Le métropolite de Volokolamsk : « Il est important pour nous que le Concile devienne un facteur d’unité »

Dans une interview exclusive à la chaîne TV russe « Rossia 24 », le président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a commenté la situation, suite au refus de l’Église orthodoxe de Bulgarie de participer au Concile panorthodoxe, qui doit commencer le 16 juin 2016. Le métropolite a déclaré entre autres : « La préparation de ce Concile a duré 55 ans. Et comme cela s’avère maintenant, cette préparation n’est pas terminée, parce que certaines Églises expriment leur mécontentement au sujet du déroulement de la préparation du Concile. Et une Église, à savoir l’Église orthodoxe de Bulgarie, a déjà déclaré son refus d’y participer. Il est tout-à-fait possible que deux Églises encore renonceront à leur participation – celles d’Antioche et de Serbie. Nous avons proposé au patriarche de Constantinople de procéder à une conférence préconciliaire pour résoudre toutes les questions en raison desquelles les Églises, les unes après les autres, refusent de participer au Concile. Si ces questions sont résolues, cela signifie que le Concile aura lieu. Si elles ne le sont pas, alors, probablement, il sera préférable de le reporter. Il est important pour nous que le Concile devienne un facteur d’unité et d’unanimité, afin qu’il n’y ait lors de son déroulement aucune surprise désagréable pour les Églises orthodoxes. Les décisions du Concile doivent être prises par consensus, c’est-à-dire à l’unanimité. Cela ne signifie pas seulement l’accord de tous ceux qui sont présents dans la salle au sujet de l’une ou de l’autre déclaration, de l’un ou de l’autre document. Pour nous, cela signifie que toutes les Églises doivent exprimer leur accord sur ceux-ci. Si même une seule Église orthodoxe locale, ou deux ou trois, sont absentes du Concile, cela signifie qu’il n’y a pas de consensus. Or, quelle est la légitimité de ce Concile, comment ses décisions seront-elles acceptées dans une Église qui aura refusé d’y participer, et ce non pour quelques considérations techniques, mais pour des raisons de principe ? »

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Le patriarche de Roumanie, au sujet du saint et grand Concile : « Nous devons exprimer l’unité, mais aussi la co-responsabilité »

Lors de l’ouverture des travaux du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine, le patriarche de Roumanie Daniel a abordé la question du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, qui se tiendra en Crète en juin de cette année. Sa Béatitude a exhorté tous les fidèles, le clergé, les moines et moniales ainsi que les laïcs à prier, dans un esprit conciliaire, pour le bon déroulement du saint et grand Concile. Le patriarche de Roumanie a répondu à ceux qui contestent la participation d’un nombre limité de personnes au saint et grand Concile, en déclarant que « tous ne peuvent pas participer, mais tous ont la possibilité de contribuer, de conseiller et de prier de telle façon que le Saint-Esprit, et non un esprit mondain, guide les travaux du futur Concile panorthodoxe ». Comme il l’avait affirmé en janvier 2016 lors de l’ouverture des travaux de la synaxe des primats des Églises orthodoxes à Chambésy, le patriarche de Roumanie a souligné le caractère conciliaire de l’orthodoxie, qui doit être manifesté tant au niveau local qu’universel (panorthodoxe) : « Nous devons être très responsables, parce que l’unité de la foi est importante pour nous. Lorsque nous nous assemblons en Synode, nous devons exprimer la foi unique et sainte, l’unité de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique, afin de refléter la foi de l’Église entière. C’est pourquoi le clergé paroissial et monastique, les fidèles et les moines et moniales sont sollicités de prier, d’être ensemble dans un esprit dans un esprit conciliaire, parce que le consensus de l’Église dans le cadre d’un Concile et dans sa plénitude représente l’expression de l’unité ou la communion de la foi. Tous ne peuvent pas participer, mais tous ont la responsabilité de contribuer, de conseiller, de prier afin que le Saint Esprit et non un esprit mondain guide les travaux du futur Concile panorthodoxe. Nous avons un devoir moral de témoigner ensemble l’unité de la foi dans l’Église, non seulement chez nous, mais aussi au niveau panorthodoxe. Le don le plus grand et le plus précieux, de la vie spirituelle de l’Église est l’unité de la foi, qui est exprimée dans l’unité sacramentelle, mais aussi dans le ministère missionnaire et pastoral de l’Église accompli aujourd’hui dans le monde. Nous devons exprimer l’unité, mais aussi la co-responsabilité. L’orthodoxie est conciliaire, à la fois aux niveaux local, national et panorthodoxe. Le Concile est toujours l’institution portant la plus grande responsabilité pour garder la vraie foi, la véritable expérience dans le Christ et l’organisation pastorale à tous les niveaux ».

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L’Église orthodoxe de Chypre a proposé des corrections au texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »

L’Église orthodoxe de Chypre a diffusé une déclaration officielle, dans laquelle est exposée sa position à la veille du Concile panorthodoxe. Elle considère que l’Église orthodoxe est « l’Église une sainte, catholique et apostolique, qui a préservé l’unité indissociable de « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jud. 1,3). L’Église de Chypre considère nécessaire le développement des relations avec les Églises et confessions hétérodoxes, « dans le but de permettre l’unité des chrétiens dans le cadre de l’Église une et indivisible ». Des corrections sont proposées au texte « « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » comme suit :
1. Remplacer la définition « autres Églises et confessions chrétiennes » par « autres Églises et confessions chrétiennes hétérodoxes »
2. Le paragraphe 13 : au lieu « d’unité ontologique », utiliser la phrase « unité de la foi, des sacrements et de l’ordre canonique »
3. À la fin du paragraphe 22, ajouter : « du fait que chaque évêque, membre du Concile est porteur de la conscience du plérôme de l’Église locale »
4. Le paragraphe 23 : Le texte : « Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est très important que tous les chrétiens de bonne volonté, inspirés par les principes fondamentaux communs de notre foi, essaient de donner une réponse empressée et solidaire, basée sur le modèle idéal par excellence du nouvel homme en Christ, aux problèmes épineux que nous pose le monde d’aujourd’hui » doit être remplacé par : « Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est très important que tous les chrétiens, inspirés par les principes fondamentaux communs de l’Évangile, essaient de donner une réponse unanime aux problèmes que nous pose le monde contemporain ».

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Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche au sujet du Concile panorthodoxe

Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche

 Balamand, le 6 juin 2016

 Décision synodale

 Dans le cadre de sa septième session spéciale du 25 mai 2016, le Saint Synode de l’Église d’Antioche a tenu, le 6 juin 2016, une séance présidée par Sa Béatitude le Patriarche Jean X en présence de leurs Éminences les évêques, pour étudier les récentes prises de position des Églises orthodoxes autocéphales au sujet du grand et saint Concile (ci-après « grand Concile ») et les sujets inscrits à son ordre du jour. Et pour définir la position de l’Eglise d’Antioche à son propos, tenant compte de la décision du Saint-Synode du Patriarcat Œcuménique en date du 31 mai 2016, qui stipule la formation «d’un comité de représentants des Eglises d’Antioche et de Jérusalem, avec le Patriarcat oecuménique pour coordinateur, qui se réunirait directement après le grand Concile  » dans le but de  résoudre la violation de l’Église de Jérusalem des limites territoriales canoniques de l’Église d’Antioche dans l’ Émirat du Qatar.

 Étant donné, qu’après examen des positions des Églises orthodoxes autocéphales, il a été noté que

  1. Les positions de nombre de ces Églises sur la plupart des sujets figurant à l’ordre du jour du grand Concile restent divergentes, et que certaines d’entre elles rejettent la version actuelle de certains documents qui seront soumis à son attention, et que ces positions et rejet ont été ouvertement prises dans des décisions de leurs saints-synodes respectifs qui ne prêtent pas à confusion ;
  1. Un certain nombre d’Eglises émet des réserves de fond sur les aspects organisationnels du grand Concile, son coût financier et les modalités de mise en application des décisions prises durant la synaxe des primats des Églises orthodoxes de Chambésy, en 2016 ;
  1. L’Église de Bulgarie a adopté, en date du 1er juin 2016, une décision synodale dans laquelle elle énumère ses réserves et demande à Sa Sainteté le patriarche oecuménique de reporter la tenue du grand Concile à une date ultérieure, sans pour cela cesser sa préparation de manière efficace. Sinon, elle a indiqué qu’elle n’y participera point ;
  1. L’Église de Russie a adopté une décision synodale, en date du 3 juin 2016, dans laquelle elle propose la tenue d’une réunion préconciliaire avant la date du grand Concile, pour examiner les différents dossiers en souffrance et parvenir à un consensus sur les observations émises par les Eglises au sujet des documents synodaux, tout en insistant sur la nécessité de respecter le principe d’unanimité concernant la participation de toutes les Eglises autocéphales à ce Concile ;

Compte tenu du fait qu’il est apparu aux Pères du Saint Synode Antiochien que :

  1. Les observations et réserves émises par l’Eglise d’Antioche concernant le règlement interne de fonctionnement du grand Concile et les décisions prises par la synaxe des primats des Eglises orthodoxes, tenue à Chambésy du 21 au 28 janvier 2016, n’ont pas été à ce jour pris en compte, ainsi que son refus de ratification de ces deux documents. Ce qui viole les principes de base convenus pour toute action orthodoxe commune, institués par Sa Sainteté le patriarche oecuménique Athénagoras Ier lors du lancement des travaux préparatoires en vue du grand Concile, et qui exigent l’unanimité des Eglises autocéphales sur toutes les décisions ;
  1. Le document concernant le sacrement du mariage et ses empêchements figure toujours à l’ordre du jour du grand Concile, malgré sa non-ratification par l’Eglise d’Antioche et l’Eglise de Géorgie ;
  1. La question de la diaspora a été mise à l’ordre du jour du grand Concile sans la moindre évaluation du travail effectué par les assemblées épiscopales, et sans prendre en compte la position maintes fois exprimée par l’Eglise d’Antioche quant à la nécessité de tenir une réunion spécifique pour évaluer le travail de ces assemblées et suggérer les solutions ecclésiales adéquates avant le grand Concile. En effet, ces assemblées avaient été mises en place ‘pour une phase transitoire afin de préparer le terrain à une solution adéquate à la question de la diaspora avant la tenue du grand Concile, afin que ce dernier soit en mesure de lui trouver une solution canonique’ (paragraphe 1.b de la décision concernant la diaspora orthodoxe, adoptée par la 4ème conférence orthodoxe préconciliaire de Chambésy, du 6 au 12 juin 2009). C’est pourquoi il s’avère primordial d’évaluer le travail de ces assemblées avant la tenue du grand Concile, pour éviter que ce dernier ne soit amené à aborder directement cette question en l’absence de travail préparatoire ;
  1. La question du « calendrier ecclésiastique et de l’unification de la célébration de Pâques » a été retirée de l’ordre du jour malgré l’importance de ce sujet pour le peuple des fidèles du Siège d’Antioche, qui attend de la catholicité de l’Eglise orthodoxe une prise de position pastorale à ce sujet ;
  1. La section relative à l’évaluation des dialogues en cours avec les autres chrétiens, qui devait être préparée en amont du grand Concile, pour qu’elle puisse figurer dans le document relatif à « La relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », n’a été ni préparée ni son contenu soumis au consensus des Églises ;
  1. Le sujet de « l’autodétermination et les modalités de sa déclaration » nécessite un accord sur son contenu avant de l’inscrire dans sa version finale  à l’ordre du jour du grand Concile;
  1. L’absence de participation effective des Églises orthodoxes au travail préliminaire et préparatoire, la lenteur d’action du secrétariat du Concile et l’absence de clarté sur le programme de ses séances et la façon de les conduire qui ont marqué la dernière phase préparatoire, pourraient entraver les échanges durant le Concile;
  1. La dernière décision du Patriarcat oecuménique en date du 31 mai 2016, de reporter la recherche d’une solution au conflit persistant avec le Patriarcat de Jérusalem à une date ultérieure à la tenue du grand Concile, ignore l’initiative prise par le patriarche œcuménique (du 5 avril 2016) de régler ce problème et l’accueil favorable qui lui a été faite par l’Eglise d’Antioche. Elle fait également abstraction des profondes implications de ce différend et de ses répercussions sur le grand Concile. En effet, ce dernier ne peut être tenu dans le cadre d’une rupture de communion entre deux Eglises apostoliques, et ce en raison de son caractère avant tout eucharistique. L’adoption d’une telle résolution, juste avant la tenue du Concile, place l’Église d’Antioche face à une option unique inacceptable, à savoir participer au grand Concile sans participer à l’eucharistie, en raison de l’absence de solution définitive à la violation du Patriarcat de Jérusalem, qui persiste depuis plus de trois ans (cf. Communiqué du Synode d’Antioche du 1er juin 2016 sur ce différend).
  1. La question de cette violation prend une dimension inquiétante et dangereuse du fait des prétentions du Patriarcat de Jérusalem, dans sa correspondance avec le Patriarcat d’Antioche, de s’approprier d’autres régions situées dans le territoire canonique du Siège d’Antioche ;

Etant donné que l’Eglise d’Antioche N’a ménagé aucun effort pour préserver l’unité orthodoxe, à laquelle elle tient et qu’elle a manifesté depuis le lancement de l’idée de la tenue du grand Concile en 1961. Elle reste fidèle à la ligne tracée par le patriarche Elias IV et confirmée par le patriarche Ignace IV, qui ont contribué à en faire avancer grandement les travaux préparatoires. Elle persévère aujourd’hui, en la personne du patriarche Jean X, dans la même voie pour consolider cette unité avec engagement, persévérance et esprit de sacrifice ;
Bien qu’elle n’ait pas ratifié les résolutions de la synaxe des primats des Eglises orthodoxes du Fanar (en mars 2014), a participé dans un esprit d’économie aux comités préparatoires du grand Concile et aux travaux de la Vème Conférence préconciliaire de Chambésy en 2015, puis à la synaxe des primats des Eglises orthodoxes de Chambésy en 2016. Et bien qu’elle n’ait pas ratifié les décisions finales de cette synaxe, elle a participé, aussi dans un esprit d’économie, au travail des comités préparatoires du grand Concile, afin de faciliter le travail orthodoxe commun et de l’accompagner, comme elle l’a toujours fait au cours des dernières décennies, mue par l’espérance de régler toutes les questions en suspens préalablement à la tenue de ce Concile ;
A donné à cet événement, le plus grand et le plus beau dans la vie contemporaine de l’Eglise, la place qu’il mérite, en en traduisant tous les documents préparatoires en arabe, et en les rendant accessibles à tous ses fidèles. De plus, le Saint Synode de l’Eglise d’Antioche a accompagné de près le travail préparatoire et proposé des modifications appropriées à ses documents.
Considère, à la lumière de ce qui précède, que la tenue du grand Concile, en cours de préparation depuis des générations, est entravée par de nombreuses difficultés, et a besoin d’un surcroît de préparation des sujets inscrits à son ordre du jour et des détails pratiques et de procédure concernant sa tenue et la manière de diriger ses travaux ;
En dépit des crises étouffantes qu’elle traverse, les plus graves de son histoire, et malgré les conditions de vie aléatoires de ses fidèles, notamment en Syrie, au Liban et en Irak, n’a ménagé aucun effort, aucune prière ni occasion pour concilier et faciliter les initiatives pour la tenue du Concile, et pour y participer, en dépit de toutes les difficultés humaines et économiques qu’elle vit ;
Attendu que ce Concile, s’il est tenu dans le cadre de l’interruption de la communion entre deux Eglises apostoliques, suggère que la participation aux délibérations conciliaires sont possibles sans participation à la sainte eucharistie, ce qui fait perdre au Concile son caractère ecclésiologique, ce qui le fait revêtir une nature administrative, en opposition à la tradition orthodoxe conciliaire solidement établie ;
Considère que ce Concile est convoqué afin d’exprimer l’unité orthodoxe, et que cela nécessite un climat d’amour et de fraternité en Christ, et le souci de s’adresser à l’homme d’aujourd’hui, ce qui demande un consensus sur un grand nombre de questions entre les Eglises orthodoxes autocéphales, et exige leur participation à ses travaux et leur approbation unanime de ses décisions ;
Constate que le peuple des fidèles, après avoir étudié l’agenda du Concile et ses documents, a exprimé sa grande déception du fait qu’il ne s’’adresse pas aux défis auxquels il est confronté; en particulier ceux de la jeunesse,  et a fait part de sa préoccupation de l’orientation qu’a pris ce Concile, qui porte atteinte à la vision de base qui a été la cause de sa tenue, à savoir affronter ensemble les défis qui interpellent l’Eglise orthodoxe de nos jours, afin exprimer un témoignage commun dans le monde d’aujourd’hui ;

Les Pères du Saint Synode Antiochien ont décidé à l’unanimité ce qui suit :

1. Demande à Sa Sainteté le patriarche œcuménique d’œuvrer à trouver un consensus concernant toutes les réserves exprimées par les Eglises autocéphales relatives au grand Concile, et ce pendant la période qui sépare de la date prévue d’ouverture du Concile . Si ce consensus s’avère difficile à trouver, l’Eglise d’Antioche demande de reporter la réunion du grand Concile à une date ultérieure, où les relations entre toutes les Eglises autocéphales seraient encore plus iréniques, et où il serait possible d’assurer l’unanimité orthodoxe sur les sujets du Concile, son règlement intérieur et ses procédures pratiques ;

2. La non-participation du Siège d’Antioche au grand Concile tant que des raisons empêchent la participation de tous à l’eucharistie durant ses travaux, implique de trouver une solution définitive à la violation de Jérusalem des frontières canoniques du Siège d’Antioche, qui a mené à la l’interruption de la communion avec le Patriarcat de Jérusalem ;

3. Réaffirmer de nouveau l’importance de la participation de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales au grand Concile et que ses décisions soient prises unanimement en leur présence, conformément au principe de base du Concile, et ce dans le but de sauvegarder l’unité de l’Eglise orthodoxe universelle.

4. S’adresser à toutes les Eglises orthodoxes et les informer du contenu de la position antiochienne et de ses bien-fondés.

5. Demander aux fidèles de prier avec leurs évêques pour que le Saint-Esprit inspire l’Église dans sa marche dans l’unité, et son témoignage pour le Christ dans le monde.  La version arabe du présent communiqué tient lieu de texte référence.

200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine ont adressé une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, faisant part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe

Dans une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, 200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine, on fait part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe :

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Décision du Patriarcat œcuménique au sujet du maintien du Concile panorthodoxe à la date prévue

Le Patriarcat œcuménique a publié en date du 6 juin le communiqué suivant :
« Le Saint-Synode permanent [endimousa] du Patriarcat œcuménique, a procédé aujourd’hui à sa réunion extraordinaire sous la présidence de Sa Toute-Sainteté le patriarche Bartholomée, afin d’examiner le cheminement du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, convoqué par la grâce de Dieu et qui déjà se trouve à nos portes. Le Saint-Synode permanent [endimousa] a été informé avec étonnement et perplexité des positions et des opinions exprimées dernièrement par quelques-unes des Églises orthodoxes sœurs et, après les avoir évaluées, a constaté qu’aucun cadre institutionnel n’existe pour la révision de la procédure conciliaire mise en route. Aussi, il est attendu que les primats des très saintes Églises orthodoxes, conformément au règlement d’organisation et de fonctionnement du Saint et Grand Concile, présentent les éventuelles « propositions formulées d’amendements, de corrections ou d’ajouts aux textes unanimement approuvés par les conférences panorthodoxes préconciliaires et par les synaxes des primats portant sur les thèmes à l’ordre du jour du Concile » (cf. article 11), en vue de l’élaboration et de la décision finales lors des travaux du Saint et Grand Concile, par l’invocation de l’Esprit Très-Saint. Le Patriarcat œcuménique, en tant qu’Église première responsable pour la sauvegarde de l’unité de l’Orthodoxie, appelle tous à se montrer à la hauteur des circonstances et à participer, aux dates prévues, aux travaux du Saint et Grand Concile, comme cela a été décidé et signé au niveau panorthodoxe, tant par les primats lors de leurs synaxes, que par chacune des délégations ayant reçu les pouvoirs correspondants lors du long processus préparatoire du Concile.
Fait au Patriarcat le 6 juin 2016
le secrétariat »

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L’Assemblée des évêques orthodoxes du Royaume-Uni : « La réunion du saint et grand Concile est d’une importance majeure »

« Nous considérons qu’il est d’une importance majeure que tous les efforts soient déployés, de sorte que le saint et grand Concile se réunisse et montre au monde l’unité conciliaire de l’Église ». C’est ce que mentionne le communiqué rédigé par l’Assemblée des évêques orthodoxes de Grande-Bretagne et d’Irlande. La séance de travail de l’Assemblée a eu lieu le samedi 4 juin à Londres. L’événement a été hébergé, avec la bénédiction de S.E. Mgr Joseph, métropolite orthodoxe roumain de l’Europe occidentale et méridionale, par la paroisse orthodoxe roumaine Saint-Georges dans la capitale britannique. À l’ordre du jour de l’Assemblée figurait entre autres le saint et grand Concile. La séance de travail a été précédée par la divine liturgie. L’office a été célébré par S.E. Mgr Grégoire, archevêque de Thyatire et de Grande-Bretagne (Patriarcat œcuménique), S.E. Mgr Élisée, archevêque de Souroge (Église orthodoxe russe), S.E. Mgr Jean, archevêque de Charioupolis (Archevêché des églises russes en Europe occidentale. Patriarcat œcuménique), S.E. Mgr Athanase de Tropaios, évêque-vicaire de l’archevêché de Thyatire et de Grande-Bretagne, et S.E. Mgr Ignace de Mureş, évêque-vicaire du diocèse d’Espagne et du Portugal (Église orthodoxe roumaine). En ce qui concerne le saint et grand Concile, l’Assemblée des évêques orthodoxes en Grande-Bretagne et en Irlande a publié, sur l’initiative de S.E. Mgr Ignace, le communiqué suivant : « Nous, Assemblée des évêques orthodoxes de Grande-Bretagne et d’Irlande, réunis en la paroisse orthodoxe roumaine de Londres, conformément à nos statuts, avons appris avec profonde inquiétude les évolutions récentes qui mettent en danger la convocation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe. Concélébrant aujourd’hui dans l’esprit de l’unité et de l’amour, nous considérons d’importance majeure que tous les efforts soient déployés, de sorte que le saint et grand Concile se réunisse et montre au monde l’unité conciliaire de l’Église. Dans une période d’incertitude, les chrétiens orthodoxes considèrent le saint et grand Concile comme une affirmation vitale d’espoir. Aussi, nous appelons tout le clergé et le peuple orthodoxe de nos diocèses à élever des prières ferventes pour que soient surpassés tous les obstacles et que l’Esprit Saint œuvre de façon que nos Églises-mères se rencontrent dans l’unité du Christ ».

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Communiqué de l’Église orthodoxe de Géorgie sur le saint et grand Concile, avec la liste de ses participants

Synode_GeorgieLe 25 mai 2016, a eu lieu au Patriarcat de Géorgie la séance ordinaire du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie, sous la présidence du Catholicos-patriarche de toute la Géorgie, Sa Saintété et Béatitude Élie II. Le métropolite Shio (Mujiri) de Senaki et Chkhorotsku a été nommé secrétaire de la session. Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie II a prononcé le discours d’ouverture, saluant les membres du Saint-Synode et félicitant le peuple géorgien à l’occasion de la fête de l’Indépendance (…). Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie a voué une attention particulière à l’importance du Saint et Grand Concile orthodoxe en préparation pour le 16 juin de cette année, et a remercié les clercs et laïcs qui ont participé aux sessions des Conférences préparatoires préconciliaires. Ensuite, Sa Saintété et Béatitude le Catholicos-Patriarche Élie II a donné la parole aux évêques membres du Saint-Synode, afin qu’ils expriment leurs opinions au sujet des documents qui seront discutés lors du futur Concile. Le représentant de l’Église orthodoxe de Géorgie au Secrétariat du Saint et Grand Concile, le métropolite André (Gvazava) de Gori et Ateni a fait une courte revue des documents du Concile panorthodoxe. Le métropolite Théodore (Tchuadzé) d’Alkhaltsikhe et Tao-Klarjeti a parlé au sujet des documents « Le sacrement du mariage et ses empêchements » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Le Saint-Synode a décidé que deux points du document « Le sacrement du mariage et ses empêchements » devaient être modifiés. Il s’agit notamment, dans la première partie, du point 10 et, dans la deuxième partie intitulée « empêchements au mariage » du point 5 alinéa I.

1) Le point 10 en question dispose : « L’Église n’accepte pas pour ses membres les contrats de cohabitation de même sexe, ni d’ailleurs toute forme de cohabitation différente du mariage. L’Église doit déployer tous ses efforts pastoraux possibles pour que ses membres qui s’engagent dans de telles formes de cohabitation puissent comprendre le véritable sens de la pénitence et de l’amour béni par l’Église ».
Ce point doit être modifié de la façon suivante : « L’Église n’accepte pas l’union sexuelle entre des personnes de même sexe, ainsi que toute autre forme de cohabitation distincte du mariage chrétien et condamne ce péché. L’Église est préoccupée du destin éternel des âmes immortelles des gens qui vivent dans ce péché et déploie tous ses efforts pastoraux afin qu’ils prennent conscience de l’extrême gravité de celui-ci et s’en éloignent au moyen de la véritable pénitence ».

2) Dans la deuxième partie, sous le point 5, alinéa I du document « Le sacrement du mariage et ses empêchements », il est dit : « Le mariage entre orthodoxes et non-orthodoxes ne peut être béni selon l’acribie canonique (canon 72 du Concile Quinisexte in Trullo). Toutefois, il peut être célébré par condescendance et amour de l’homme à la condition que les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Eglise Orthodoxe ».
Or il est connu de tous qu’aucun Concile ne peut s’opposer, annuler ou changer quelque canon que ce soit d’un Concile reconnu comme œcuménique.

Dans le document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », doivent être portées les modifications suivantes :

1) Dans le sous-titre, rédigé comme suit : « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres », doit être enlevée la phrase « et autres », car elle peut être commentée de différentes façons.

2) Le troisième point du chapitre « A » (« La dignité de la personnalité humaine ») du même document, dispose : « La reconnaissance commune de la valeur éminente de la personne humaine peut servir de présupposé à une collaboration plus large en ce domaine [i.e. la paix, ndt]. Les Églises orthodoxes sont appelées à contribuer à la concertation et à la collaboration interreligieuses et, par ce biais, à la suppression du fanatisme de toutes parts; par-là elles œuvreront en faveur de la réconciliation des peuples et du triomphe des biens que constituent la liberté et la paix dans le monde, au service de l’homme, indépendamment des races et des religions. Il va de soi que cette collaboration exclut tout syncrétisme ainsi que toute tentative d’une religion de s’imposer aux autres ».
Selon la décision du Saint-Synode, le texte mentionné doit être exposé dans la rédaction suivante : « La reconnaissance commune de la valeur éminente de la personne humaine peut servir de présupposé à une collaboration plus large dans le domaine de la paix. Les Églises orthodoxes sont appelées à contribuer à la concertation et à la collaboration interreligieuses et, par ce biais, à la suppression de toute manifestation de fanatisme. Par-là, elles œuvreront en faveur de l’affermissement de l’amitié parmi les peuples et du triomphe des biens que constituent la liberté et la paix dans le monde, pour le bien de tout homme, dans le but de sa purification spirituelle, de sa déification et de l’obtention de la vie éternelle, indépendamment des races et des religions. Il va de soi que cette collaboration exclut tout syncrétisme ainsi que toute tentative d’une religion de s’imposer aux autres, ce qui, naturellement, ne signifie pas la renonciation de la Sainte Église à l’activité missionnaire ».

3) Dans le premier point du chapitre « C » (« De la paix et de la justice ») doit être conservé le texte suivant : «L’Église orthodoxe reconnaît et souligne depuis des temps immémoriaux la place centrale de la paix et de la justice dans la vie humaine. La révélation même en Christ est caractérisée comme évangile de paix (Ep 6,15), car le Christ en instaurant la paix par le sang de sa Croix (Col 1,20), est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches (Ep 2,17). Il est devenu notre paix (Ep 2,14). Cette paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4,7), est, comme le Christ lui-même l’a dit à ses apôtres avant sa Passion, plus large et plus essentielle que celle promise par le monde: Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne (Jn 14,27).
Cependant, la seconde partie du même point, qui dispose : « Car la paix du Christ est le fruit mûr de la récapitulation de toutes choses en Lui; de la valeur et de la grandeur de la personne humaine, en tant qu’image de Dieu; de la manifestation de l’unité organique du genre humain et du monde en Christ; de l’universalité des idéaux de la paix, de la liberté et de la justice sociale; et enfin de la fécondité de l’amour chrétien entre les hommes et les peuples », doit être enlevée.
Toutefois, la dernière partie de ce paragraphe du texte doit être conservée : « La véritable paix est le fruit du triomphe sur terre de tous ces idéaux chrétiens. C’est la paix qui vient d’en haut que l’Église orthodoxe appelle toujours de ses vœux dans ses prières quotidiennes, en la demandant à Dieu qui peut tout et qui exauce les prières de ceux qui viennent à Lui avec foi ».
Ainsi, le premier point du chapitre II disposera : «L’Église orthodoxe reconnaît et souligne depuis des temps immémoriaux la place centrale de la paix et de la justice dans la vie humaine. La révélation même en Christ est caractérisée comme évangile de paix (Ep 6,15), car le Christ en instaurant la paix par le sang de sa Croix (Col 1,20), est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches (Ep 2,17). Il est devenu notre paix (Ep 2,14). Cette paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4,7), est, comme le Christ lui-même l’a dit à ses apôtres avant sa Passion, plus large et plus essentielle que celle promise par le monde: Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne (Jn 14,27). La véritable paix est le fruit du triomphe sur terre de tous ces idéaux chrétiens. C’est la paix qui vient d’en haut que l’Église orthodoxe appelle toujours de ses vœux dans ses prières quotidiennes, en la demandant à Dieu qui peut tout et qui exauce les prières de ceux qui viennent à Lui avec foi.

Pour ce qui concerne le document « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », le métropolite Stéphane (Kalaidjishvili) de Tsageri et Lentekhi a fait son rapport. Les remarques du professeur de dogmatique et de patrologie de l’Académie ecclésiastique et du séminaire de Tbilissi Edisher Chelidzé ont été lues. Elles ont a appelé des divergences d’opinion. Le métropolite Ananie (Japaridze) de Manglisi, le métropolite Grégoire (Berbichashvili) de Poti et Khobi, le métropolite Nicolas (Pachuashvili) de Akhalkalaki et Kumurdo, le métropolite Pierre (Tsaava) de Chkondidi; le métropolite Jean (Gamrekeli) de Rustavi, et le métropolite Jacques (Iakobishvili) de Bodbe ont exprimé leurs positions. Il a été mentionné que le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » a été inacceptable dès le début pour les représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie, par lesquels il a été signé parce que l’éclaircissement suivant avait été porté dans le texte : « Les Églises orthodoxes de Géorgie et de Bulgarie se sont retirées du Conseil Œcuménique des Églises, la première en 1997 et la seconde en 1998, car elles avaient un avis différent quant à l’œuvre du Conseil Œcuménique des Églises et, de ce fait, elles ne participent pas aux activités interchrétiennes menées par le Conseil Œcuménique des Églises et d’autres organismes interchrétiens ». Le Saint-Synode a décidé que le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » contient des erreurs ecclésiologiques et terminologiques et doit faire l’objet d’un sérieux remaniement.
Si ces modifications ne sont pas prises en compte et incluses dans le texte du document, l’Église géorgienne considèrera qu’il est pour elle impossible de le signer. À l’initiative du métropolite Grégoire (Berbichashvili) de Poti et Khobi, le Saint-Synode a décidé de créer une commission théologique, qui sur toute une série de questions théologiques, présentera ses propositions à l’examen du Saint-Synode. Celui-ci a également écouté le rapport du métropolite Sabbas (Gigiberia) de Khoni et Samtredia sur les questions organisationnelles.

Pour chaque question susmentionnée sera publiée prochainement une information plus détaillée.

Le Saint-Synode a constitué la délégation de l’Église orthodoxe de Géorgie au Grand et Saint Concile comme suit :

Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie Élie II;
Le métropolite Kalistrate (Margalitashvili de Kutaisi et Gaenti;
Le métropolite Daniel (Datuashvili) de Sachkhere et Chiatura;
Le métropolite Anania (Japaridzé) de Manglisi;
Le métropolite Georges (Shalamberidzé) de Tkibuli et Terjola;
L’Abba métropolite David (Makharadzé) de Alaverdi;
Le métropolite Serge (Chekurishvili) de Nekresi;
Le métropolite Joseph (Kikvidzé) de Shemokmedi;
Le métropolite Nicolas (Pachuashvili) de Akhalkalaki et Kumurdo, et d’Amérique du Sud;
Le métropolite Théodore (Chuadze) de Akhaltsikhe et Tao-Klarjeti;
Le métropolite Sabbas (Gigiberia) de Khoni et Samtredia;
Le métropolite Gérasime (Sharashenidzé) de Zugdidi et Tsaishi;
Le métropolite André (Gvazava) de Gori et Ateni;
Le métropolite Stéphane (Kalaijishvili) de Tsageri et Lentekhi;
Le métropolite Shio (Mujiri) de Senaki et Chkhorotsku et d’Australie ;
Le métropolite Jean (Gamrekeli) de Rustavi;
L’archevêque Spiridon (Abuladzé) de Skhalta;
L’archevêque Luc (Lomidzé) de Sagarejo et Ninotsminda;
L’évêque Michel (Gabrichidzé) de Tianeti et Pshav-Khevsureti;
L’évêque Dimitri (Kapanadze) de Khornabuji et Hereti;
L’évêque Damian (Khupenia) de Samtavisi et Kaspi;
L’évêque Grégoire (Katsia) de Tsalka;
L’évêque Dosithée (Bogveradzé) de Belgique et Hollande;
L’évêque Sabbas (Intskirveli) d’Amérique du Nord;
L’évêque Vakhtang (Liparteliani) de Nikortsminda;
Le protopresbytre Georges Zviadadze;
L’archimandrite David Chincharauli;
L’archiprêtre David Sharashenidzé;
L’archiprêtre Kakhaber Gogotishvili;
Le hiéromoine Michel Bregvadzé;
Le moine Anthime (Javakhishvili).

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Communiqué du Saint-Synode permanent de l’Église orthodoxe de Grèce à ses clercs, moines et fidèles, au sujet du Concile panorthodoxe

« Chers Pères et frères,
Le Christ est ressuscité !
Vous savez sûrement que ce mois, à savoir du 17 au 26 juin, le saint et grand Concile des Églises locales orthodoxes, après une préparation qui a duré de nombreuses années, se réunira en Crète pour délibérer dans le Saint Esprit et manifester l’unité de l’Église orthodoxe, à une époque où la société locale et mondiale est pleine de contradictions et d’antagonismes. Le Saint-Synode permanent de l’Église, qui a reçu les pleins pouvoirs de la hiérarchie de l’Église de Grèce, souhaite vous informer de façon responsable au sujet de cet événement significatif. Par principe, l’organisation ecclésiale est conciliaire et hiérarchique. L’élément conciliaire exprime l’existence de nombreuses personnes rassemblées au nom du Christ, et l’élément hiérarchique manifeste qu’il y a une hiérarchisation parmi eux, en fonction des charismes dont disposent celles-ci. À tous les niveaux (Saint-Synode, diocèses métropolitains, paroisses, monastères) fonctionnent les organisations conciliaire et hiérarchique et c’est ainsi qu’est exprimée la vérité de la foi. Cela apparaît de façon prononcée dans la divine eucharistie, qui exprime le mode de fonctionnement de la structure conciliaire, dans laquelle existent l’évêque, comme président de la synaxe eucharistique et docteur de la vérité, les clercs, les moines et les laïcs avec leurs charismes particuliers. C’est ainsi que fonctionnent aussi les conciles des Églises locales et les conciles panorthodoxes. De cette façon est glorifié le Dieu trinitaire. Durant de nombreuses années les Églises orthodoxes locales ont constaté qu’il était nécessaire que fût convoqué le saint et grand Concile pour régler différents problèmes ecclésiastiques persistants qui préoccupent les Églises locales. L’Église orthodoxe délibère toujours conciliairement pour régler les différents problèmes dogmatiques, ecclésiastiques, canoniques et pastoraux. Durant le premier millénaire du christianisme, des conciles œcuméniques et locaux ont été convoqués. Durant le deuxième millénaire également, des grands conciles ont été convoqués, revêtant un caractère universel et panorthodoxe, les plus importants étant ceux qui furent tenus sous saint Grégoire Palamas ainsi que les conciles des patriarches orientaux qui eurent lieu par la suite. En réalité, « l’Église est considérée comme un concile continu », c’est au demeurant ce que signifie le mot Église. C’est dans ce cheminement pérenne de la conciliarité sans interruption que se situe le le saint et grand Concile des Églises orthodoxes. Les quatorze Églises orthodoxes locales, après les sessions de nombreuses commissions conciliaires préparatoires, ont choisi à l’unanimité d’aborder, au saint et grand Concile, six thèmes, à savoir : 1) « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », 2) « La diaspora orthodoxe », 3) « L’autonomie et la méthode de sa proclamation », 4) « Le sacrement du mariage et ses empêchements », 5) « L’importance du jeûne et son observation aujourd’hui », 6) « Les relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien ». Les commissions de toutes les Églises ont préparé les textes, lesquels ont été signés par les primats des Églises orthodoxes et, sous leur forme finale, ont été soumis aux hiérarchies des Églises orthodoxes locales avec la possibilité de proposer des corrections et des ajouts, comme l’impose la structure conciliaire de l’Église. C’est dans ce but qu’a été convoquée récemment la hiérarchie de l’Église de Grèce, les 24 et 25 mai, afin de débattre au sujet de la décision et de la proposition du Saint-Synode permanent, qui faisaient suite aux suggestions envoyées par les hiérarques, sur l’initiative de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. La hiérarchie de l’Église de Grèce, dans sa fidélité absolue à l’enseignement des prophètes, des apôtres et des Pères, et avec respect pour le fonctionnement conciliaire de l’Église orthodoxe, a étudié de façon exhaustive les propositions du Synode permanent, l’une après l’autre, et dans un esprit de consensus, de responsabilité et de sérieux, dans l’unanimité sur la plupart des points et avec une majorité absolue sur d’autres. Elle a procédé aux corrections des textes présentés et, où il le fallait, a fait également des ajouts, afin que ceux-ci constituent les décisions finales de notre Église relativement à ces textes. Ces corrections et ces ajouts, qui sont essentiels et sont conformes à l’expérience et la tradition pérennes de l’Église, seront soumis au secrétariat panorthodoxe du saint et grand Concile en Crète et seront soutenus par S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme, afin que soient améliorés les textes déjà élaborés par les primats des Églises orthodoxes. Ainsi sera donné au monde contemporain un bon témoignage ecclésial de la foi et de l’unité, conforme à toute la tradition de l’Église. Assurément, il est connu que la hiérarchie de l’Église de Grèce a discuté ces sujets avec responsabilité, calme et en connaissance de cause. Ce qui importe, cependant, est que celle-ci ait gardé son unité. Les points de vue de nombreux hiérarques ont été entendus et les décisions étaient presque unanimes. Étant donné que de l’inquiétude s’était manifestée au préalable, en grande partie justifiée, chez beaucoup de membres du clergé, chez les moines et les laïcs, au sujet des textes que discutera le saint et grand Concile, nous recommandons à tous de s’apaiser, car nous les premiers, hiérarques, avons prononcé la confession de foi lors de notre sacre épiscopal, qui nous enjoint de préserver l’héritage apostolique et patristique que nous avons reçu, et nous veillons sur notre troupeau, pour la gloire de Dieu et de l’Église. Comme on le sait, le saint et grand Concile accomplira ses travaux à partir du jour de la Pentecôte et jusqu’au dimanche de Tous les saints. Cela signifie que les hiérarques et les autres clercs et laïcs qui représenteront l’Église de Grèce à ce concile, comme le feront aussi les autres Églises, s’efforceront d’exprimer l’expérience et la foi du mystère de la Pentecôte et la confession de nos saints, lesquels sont la continuation de la Pentecôte dans l’histoire. Aussi, nous prions le plérôme de notre sainte Église, qui porte le nom du Christ, à prier pour tous, particulièrement pour les évêques, clercs, moines et laïcs qui seront présents au saint et grand Concile, afin qu’ils donnent le bon témoignage de notre foi orthodoxe, et que ce concile avec ses décisions s’avère être un jalon spirituel dans notre vie ecclésiale ».
(Suivent les signatures de l’archevêque d’Athènes Jérôme et de tous les membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Grèce).

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Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe demande au patriarche Bartholomée de convoquer une réunion préconcilaire panorthodoxe extraordinaire

2P20160603-VSN_4620-1200Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe demande au patriarche Bartholomée de convoquer une réunion préconcilaire panorthodoxe extraordinaire avant le 10 juin afin d’examiner la faisabilité du Concile panorthodoxe dans les délais prévus.

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a pris, au cours de sa session du 3 juin (photographie ci-contre, ndlr), la décision suivante au sujet de la tenue du Concile panorthodoxe :

« Lors de sa session du 3 juin 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a examiné les problèmes importants qui ont surgi au cours de la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe prévu du 18 au 26 juin 2016, notamment le refus de l’Église orthodoxe de Bulgarie de participer au Concile, si ses dates ne sont pas reportées, ainsi que les sérieuses critiques concernant la préparation du Concile et les projets de documents conciliaires, tant dans l’Église orthodoxe russe que dans nombre d’autres Églises orthodoxes locales.

Rappel : Lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes locales au Patriarcat de Constantinople du 6 au 9 mars 2014 a été adoptée une décision selon laquelle « le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe sera convoqué par le patriarche œcuménique à Constantinople en 2016, si des circonstances imprévisibles ne l’empêchent pas ». En outre, il a été arrêté que « toutes les décisions, tant lors du déroulement du Concile que lors des étapes préparatoires seraient prises sur la base du consensus ». La réunion des primats des Églises orthodoxes locales, qui s’est tenue du 21 au 28 janvier 2016 au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy, a pris la décision selon laquelle « le saint et grand Concile aura lieu du 18 au 27 janvier 2016 à l’Académie orthodoxe de Crète ». Il fut également décidé de créer un secrétariat panorthodoxe et un comité d’organisation du saint et grand Concile. Les primats des Églises locales ont été d’accord avec la proposition de l’Église orthodoxe russe de publier les projets de documents conciliaires préparés par les conférences et les réunions panorthodoxes préconciliaires, dans le but de leur large discussion. S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée a adressé, le Dimanche du Triomphe de l’orthodoxie, un appel aux fidèles « à exprimer leurs points de vue et leur attente quant au saint et grand Concile ». Manifestant sa pleine disposition à collaborer activement à la préparation du Concile, l’Église orthodoxe russe, a nommé sans tarder ses représentants au secrétariat panorthodoxe et au comité d’organisation du Concile (lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée, sous le N°01/818 du 26 février 2016), mais le représentant de l’Église orthodoxe russe, malgré les rappels, n’a été invité à participer qu’à partir du 7 juin audit Comité (lettre de S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée à S.S. le patriarche de Moscou Cyrille du 31 mai 2016). En avril 2016, la composition de la délégation de l’Église orthodoxe russe au Concile panorthodoxe a été définie (protocole N°34), ce dont S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée a été informé par une lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille.

Simultanément, pour ce qui concerne les projets de documents conciliaires, des remarques critiques ont commencé à être exprimées peu après leur publication, de la part de l’épiscopat, du clergé et des laïcs de l’Église russe. Au Patriarcat de Moscou, au département des relations ecclésiastiques extérieures et aux autres institutions synodales sont parvenues en grand nombre des lettres de fidèles orthodoxes faisant état de critiques des textes conciliaires et du processus même de préparation du Concile. En réponse au trouble parmi les fidèles, le département des affaires ecclésiastiques extérieures a procédé aux éclaircissements et aux commentaires nécessaires en publiant une déclaration appropriée. Dans le but d’une discussion plus large des projets de documents du Concile, s’est tenue le 19 avril à Moscou, à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon, avec la bénédiction de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, une conférence sur le thème « Le Concile panorthodoxe : points de vue et attentes ». À l’issue de la conférence ont été préparés et transmis pour examen à la Hiérarchie, des corrections aux documents « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Malgré le délai toujours plus proche de la convocation du Concile, il reste une multitude de problèmes non réglés qui mettent en question la possibilité de parvenir à un consensus panorthodoxe lors du Concile. Le règlement du Concile, préparé lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes qui a eu lieu du 21 au 28 janvier de cette année à Chambésy, n’a pas été signé par la délégation du Patriarche d’Antioche. Le projet de document « Le sacrement du mariage et ses empêchements » n’a pas été signé par les délégations des Patriarches d’Antioche et de Géorgie. La suggestion de S.S. le patriarche Cyrille de procéder à une harmonisation panorthodoxe de ces questions dans le cadre des travaux du secrétariat panorthodoxe «suivi par l’examen des propositions élaborées lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes locales » (lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée N°01/818 du 26 février 2016), n’a reçu aucun soutien du Patriarcat de Constantinople. Le Secrétariat, pour la période écoulée, ne s’est réuni que deux fois et s’est occupé principalement de questions techniques. La proposition du représentant de l’Église orthodoxe russe de discuter de l’harmonisation des documents dans le cadre du secrétariat panorthodoxe a été déclinée.

Les différends entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem concernant la juridiction ecclésiastique sur le Qatar restent non résolus, et avec eux l’absence de communion eucharistique entre eux, ce qui constitue un obstacle de taille à la participation de l’Église d’Antioche au Concile.

Au cours de la dernière semaine, plusieurs Églises locales orthodoxes ont fait des déclarations officielles, qui mettent en question la possibilité de procéder au saint et grand Concile de l’Église orthodoxe dans les délais indiqués ou celle de parvenir à un consensus au sujet des thèmes fondamentaux de l’ordre du jour du Concile.

Le 25 mai 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie a décidé que, dans les documents du Concile « Le sacrement du mariage et ses empêchements » et «La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », des corrections importantes doivent être apportées, tandis que le document « Relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » « doit faire l’objet d’une refonte majeure ». Il est mentionné que si les modifications proposées « ne sont pas prises en compte et introduites dans le texte du document, l’Église de Géorgie considère impossible de le signer ».  

Le concile des évêques de l’Église orthodoxe serbe qui s’est terminé le 25 mai 2016 a adopté un document consacré à la préparation du Concile panorthodoxe, lequel « exprime sa position de principe relative à toutes les questions essentielles qui seront débattues et décidées lors du grand Concile ». Dans ledit document, communiqué pour information aux primats et aux synodes des Églises orthodoxes locales est posée la question : « Le prochain Concile correspond-il au critère et à la mesure des véritables conciles connus de l’histoire de l’Église orthodoxe… Le Concile exprime-t-il l’unité de l’Église du Christ dans l’Esprit-Saint à la gloire de Dieu le Père ? » Les évêques de l’Église orthodoxe serbe mentionnent les insuffisances du projet du Règlement du Concile, posent des question quant au rôle et au statut des évêques lors du Concile, sur la limitation injustifiée du nombre des participants au Concile ; ils considèrent indispensable d’examiner lors du Concile la question de l’autocéphalie et son mode de proclamation (ce sur quoi l’Église russe a également insisté, avec d’autres Églises) ; ils expriment l’opinion que les projets de documents conciliaires « nécessitent des modifications et des précisions afin de correspondre aux exigences de la vie et de la mission de l’Église », mentionnant particulièrement cette nécessité relativement aux documents « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain » et « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » ; d’autres remarques sont également exprimées.

Le 25 mai 2016 s’est achevée la session du concile des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce, avec pour but, comme cela est communiqué dans sa lettre-encyclique, « de discuter au sujet de la décision et de la proposition du Saint-Synode permanent, après les propositions envoyées par les hiérarques, sur l’initiative de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. La hiérarchie de l’Église de Grèce, dans sa fidélité absolue à l’enseignement des prophètes, des apôtres et des Pères, et avec respect envers le fonctionnement conciliaire de l’Église orthodoxe, a étudié de façon exhaustive les propositions du Synode permanent, l’une après l’autre, et dans un esprit de consensus, de responsabilité et de sérieux, avec unanimité sur la plupart des points et une majorité absolue sur d’autres, a procédé aux corrections des textes présentés et, où il le fallait, a fait également des ajouts, afin que ceux-ci soient les décisions finales de notre Église relativement à ces textes. Les corrections et les ajouts qui sont essentiels et qui sont en accord avec l’expérience et la tradition pérennes de l’Église… Les points de vue de nombreux hiérarques ont été entendus et les décisions étaient presque unanimes ». Le texte relève « l’inquiétude qui s’était manifestée au préalable, en grande partie justifiée, chez beaucoup de membres du clergé, chez les moines et les laïcs, au sujet des textes que discutera le saint et grand Concile ».

Le même jour, la Sainte Communauté de la Sainte Montagne de l’Athos, sur la base de la réunion extraordinaire de la synaxe double réunissant les représentants et les higoumènes des vingt monastères de la Sainte Montagne de l’Athos a adressé à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée et aux primats des Églises locales orthodoxes un message, dans lequel il est mentionné que «certains points des textes préconciliaires nécessitent une clarification, afin que soient exprimés plus clairement la tradition pérenne des Saints Pères et le viatique conciliaire de l’Église. Nous soumettons humblement notre point de vue et nos suggestions concernant ces points ». Les points en question touchent les projets de document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Présentant ces «suggestions, qui ont été le fruit… de réflexions et de prières », les moines du Mont Athos soulignent que la correction des textes préconciliaires est nécessaire, afin que le saint et grand Concile réussisse à « éviter les schismes et les divisions ». 

Le 27 mai 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Antioche a procédé à une déclaration, dans laquelle il est mentionné que les membres du Synode ont « discuté tous les détails et documents du grand Concile orthodoxe », et sont « parvenus à un accord sur une formulation commune de l’attitude de l’Église d’Antioche envers les thèmes portés à l’ordre du jour » et ont « décidé d’adopter toutes les corrections proposées » par une commission désignée précédemment dans ce but, et se sont encore une fois exprimés sur la nécessité « de trouver une solution ecclésiale définitive du conflit avec le Patriarcat de Jérusalem ».

Le 31 mai 2016, le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople a proposé, en vue de l’étude du problème des relations entre les Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem et de la recherche d’une solution acceptable par les deux parties, de constituer « immédiatement après le saint et grand Concile », « une commission bilatérale formée de représentants des deux Églises concernées, sous la responsabilité coordinatrice du Patriarcat œcuménique ».

À ce sujet, le secrétariat du Saint Synode du Patriarcat d’Antioche, en date du 1er juin 2016, a déclaré que le Patriarcat d’Antioche avait pris connaissance de ladite proposition  « avec chagrin et stupeur » et reconnu que « les efforts fournis depuis plus de trois ans » depuis le début du conflit, n’ont abouti à rien… Cet état des choses est d’autant plus affligeant que ces efforts, accentués en concomitance avec le processus de convocation du saint et grand Concile, avaient aussi pour but d’arriver avant le début du concile à une solution ecclésiale définitive de cette violation, afin qu’il puisse mieux témoigner de l’unité orthodoxe, cette unité qui trouve sa plus haute expression dans la divine liturgie qui va inaugurer ses travaux, le jour même de la Pentecôte. Car une telle inauguration, avec la participation de toutes les Eglises autocéphales, en ce jour, est la meilleure façon d’aborder les problèmes de l’Eglise orthodoxe dans sa catholicité, et d’exprimer l’unanimité orthodoxe les concernant ».

Le 1er juin 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, lors de sa session au complet « a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète ». Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare a attiré l’attention sur :

1) l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun

2) les désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.

3) l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile

4) la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales

5)  l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas

6) la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile

Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :

  1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
    2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année. »

Le 2 juin 2016, S.S. le patriarche de Bulgarie Néophyte, par une lettre, a communiqué cette décision aux primats des Églises orthodoxes locales.

Il a été décidé:

  1. D’approuver les efforts entrepris par le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille et par les représentants du Patriarcat de Moscou, en vue de la participation à la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, durant la période qui a suivi le concile des évêques de l’Église orthodoxe russe qui s’est tenu les 2 et 3 février 2016.
  2. De confirmer les propositions de l’Église orthodoxe russe concernant la correction des projets de documents du Concile panorthodoxe « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », formulées sur la base des opinions exprimées par les évêques, clercs, moines et laïcs.
  3. De mentionner que, sur la base des discussions des projets de documents du Concile panorthodoxe par les Églises orthodoxes de Géorgie, de Serbie, de Bulgarie et de Grèce, ainsi que par la Sainte Communauté du Mont Athos, les corrections essentielles présentées, sont en grande partie en accord avec les propositions de l’Église orthodoxe russe. Elles demandent un examen approfondi dans le but de parvenir à un consensus panorthodoxe.
  4. Prenant en compte que les décisions du Concile panorthodoxe ne peuvent être adoptées que sur la base du consensus (Décision de la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales qui s’est tenue du 6 au 9 mars 2014, point 2a), c’est-à-dire par une manifestation de volonté unanime de toutes les Églises orthodoxes autocéphales communément reconnues, mentionner que la non-participation au Concile de ne serait-ce qu’une seule d’entre elles constitue un obstacle insurmontable à l’accomplissement du saint et grand Concile.
  5. De constater que la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare du 1er juin 2016, ainsi que l’incertitude persistante concernant la possibilité de la participation du patriarche d’Antioche au saint et grand Concile, de même que l’absence de consensus préalable sur le projet de règlement du Concile ainsi que sur le document « Le sacrement du mariage et ses empêchements », dénotent que, à l’heure actuelle, alors qu’il reste deux semaines jusqu’à la date fixée pour l’ouverture du Concile, il existe de sérieux problèmes nécessitant des actions orthodoxes communes sans tarder.
  6. Considérer que l’issue de cette situation exceptionnelle pourrait être la tenue d’une conférence préconciliaire panorthodoxe extraordinaire pour examiner la situation telle qu’elle a évolué et examiner les corrections proposées par les Églises orthodoxes locales, dans le but de l’élaboration des propositions unanimes.
  7. Reconnaître que la convocation d’une telle conférence, prenant en considération l’étendue du travail et l’importance des questions soulevées, nécessite qu’elle soit réalisée sans tarder, pas plus tard que 10 juin de cette année, afin que, sur la base de la décision qui sera prise en conclusion, les Églises orthodoxes puissent porter un jugement sur la possibilité de tenir le Concile panorthodoxe dans les délais fixés.
  8. Demander au patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille de s’adresser avec la proposition correspondante à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée.
  9. Envoyer sans tarder les propositions susmentionnées de l’Église orthodoxe russe aux primats des Églises orthodoxes locales.

Traduit du russe pour Orthodoxie.com.

Sources :  Patriarcat de Moscou, photographies, vidéo.

 

 

 

 

 

 

Vient de paraître: « La royauté et le sacré »

004091264Les éditions du Cerf viennent de publier un nouvel ouvrage du P. Christophe Levalois intitulé La royauté et le sacré dans la collection de poche LeXio (128 pages, 10 euros). Présentation de l’éditeur : « Qu’est-ce qu’un roi ? Au nom de quoi règne-t-il ? Quelles relations entretient-il avec ces autres pouvoirs que sont le clergé, l’armée, le peuple ? Et, surtout, peut-on édifier une théorie de la royauté par-delà la diversité des temps et des lieux ?
S’appuyant sur les fondements et les légendes, les récits et les rites de la monarchie, mais aussi sur les faits de l’histoire, Christophe Levalois répond à ces questions avec simplicité, pédagogie et érudition. Puisant à travers les âges et les continents, il met en évidence la permanence et l’universalité de la fonction royale, les différentes façons de l’exercer, mais aussi les conflits politiques et les débats religieux, philosophiques ou juridiques qui ont pu en résulter.
Un livre fort, interpellant, enrichissant, qui montre comment les questions de la tradition et de la filiation, de l’autorité et de la légitimité, liées à la figure du Prince, demeurent d’une surprenante actualité.« 

L’ouvrage est aussi disponible au format numérique (4,99 euros) kindle et epub.

L’Église orthodoxe de Bulgarie demande le report du Concile panorthodoxe

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris, en date du 1er juin, la décision suivante concernant sa participation au Concile panorthodoxe, publiée sur le site officiel de l’Église orthodoxe de Bulgarie :

« Lors de sa session de ce jour, faisant l’objet du protocole № 12 du 1.06.2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe du Patriarcat de Bulgarie, siégeant au complet, a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète.

Au vu des considérations et motifs suivants :

1) De l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun

2) Des désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.

3) De l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile

4) De la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales

5) De l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas

6) De la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile

Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :

1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année.

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Communiqué du secrétariat du Saint Synode du patriarcat d’Antioche

Balamand, le 1 juin 2016

Le patriarcat d’Antioche a accueilli avec chagrin et stupeur la décision du Saint Synode du Patriarcat de Constantinople, en date du 31 mai 2016, concernant ‘la formation d’un comité de représentants des Églises d’Antioche et de Jérusalem, avec le Patriarcat œcuménique comme responsable de la coordination, qui devra se réunir immédiatement après le saint et grand Concile en vue de trouver une solution acceptable aux deux parties pour régler leur différend.

L’Église d’Antioche tient à souligner avec tristesse que cette décision implique une résignation devant les obstacles qui entravent la recherche d’une solution définitive  à ce différend causé par la violation de l’Église de Jérusalem des limites territoriales canoniques de l’Église d’Antioche dans l’Émirat de Qatar, et ce malgré les efforts fournis depuis plus de trois ans, à travers de  nombreuses initiatives iréniques du Patriarcat d’Antioche, par l’intermédiaire du Patriarcat œcuménique.

Cet état des choses est d’autant plus affligeant que ces efforts, accentués en concomitance avec le  processus de convocation du saint et grand Concile, avaient aussi pour but d’arriver avant le début du concile à une solution ecclésiale définitive de cette violation, afin qu’il puisse mieux témoigner de l’unité orthodoxe, cette unité qui trouve sa plus haute expression dans la sainte liturgie qui va inaugurer ses travaux,  le jour même de la Pentecôte. Car une telle inauguration, avec la participation de toutes les Églises autocéphales, en ce jour, est la meilleure façon d’aborder les problèmes de l’Église orthodoxe dans sa catholicité, et d’exprimer l’unanimité orthodoxe les concernant.

Mais la situation actuelle, se basant sur une résolution de l’infraction de l’Église de Jérusalem après le grand Concile, prive celui-ci du but même qui lui était assigné, à savoir celui ‘d’exprimer l’unité orthodoxe’. La fin de non-recevoir de cette Église des propositions iréniques antiochiennes met donc en péril la tenue même de ce Concile, à la date prévu, ce à quoi l’Église d’Antioche avait toujours mis en garde.

Nous appelons aujourd’hui toutes les Églises orthodoxes autocéphales à œuvrer avec diligence afin de préserver l’unité du monde orthodoxe, face aux dangers  qui la menacent. A cet effet, notre Église a maintenu ouverte la session de son Saint Synode, qui se réunira dans les prochains jours, pour évaluer la situation vis-à-vis du grand Concile et prendre les décisions nécessaires. Nous élevons nos prières au Saint Esprit, que nous nous préparons à accueillir, le jour de la Pentecôte, afin qu’Il inspire à Son Église et à ses hiérarques, la meilleure façon de témoigner, aujourd’hui  beaucoup plus qu’avant, de l’unité à laquelle nous a convié le Seigneur.

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Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

L’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe s’est réunie en session ordinaire du 14 au 25 mai  et a publié le communiqué suivant au sujet de ses travaux :
« La session ordinaire de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a commencé au monastère du Patriarcat de Peć par la concélébration de la sainte Liturgie épiscopale et l’invocation du Saint Esprit, puis a continué à Prizren par la célébration de la dédicace du bâtiment du séminaire théologique, qui a été reconstruit. Ensuite, les sessions ordinaires de l’Assemblée ont été tenues dans les locaux du Patriarcat, à Belgrade, sous la présidence de S.S. le patriarche de Serbie Irénée. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé aux travaux de l’Assemblée, à l’exception de l’évêque de Šabac Laurent, qui n’est pas venu pour des raisons justifiées. Le thème le plus important de la session de l’Assemblée était, cette année, la préparation de la participation de l’Église orthodoxe serbe au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, convoqué pour le mois de juin de cette année sur l’île de Crète. En ce qui concerne celui-ci, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a adopté le texte qui exprime sa position de principe relative à toutes les questions essentielles qui seront débattues et décidées lors du Grand Concile. Une autre décision importante de l’Assemblée est de commencer en temps utile, à avoir aussitôt que possible – les préparatifs de la célébration du 800ème anniversaire de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe (1219-2019), en collaboration avec les autorités de Serbie et de la République serbe de Bosnie et avec toutes les institutions scientifiques et culturelles concernées du peuple serbe. Simultanément, l’Assemblée a pris connaissance avec satisfaction du rapport du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque au sujet du déroulement réussi des préparatifs en vue du millénaire du martyre du roi Jean-Vladimir, roi de Serbie, qui se tiendra en septembre de cette année à Bar et auquel, outre le Patriarche et les évêques de l’Église orthodoxe serbe, seront invités les primats de toutes les Églises orthodoxes ou, le cas échéant, de leurs délégations à haut niveau. À cette occasion est institué l’ordre du saint roi Jean-Vladimir, qui sera décerné aux confesseurs de la foi et de ceux qui ont souffert pour celle-ci. Comme chaque année, l’Assemblée a examiné les questions de l’éducation ecclésiale, ainsi que la mission interne et externe de l’Église. L’archiprêtre Gojko Perović, jusqu’à présent recteur intérimaire du séminaire Saint-Pierre-de-Cetinje à Cetinje, est élu recteur titulaire de celui-ci. Le statut de bibliothèque centrale sur tout le territoire de l’Église orthodoxe serbe est accordé à la Bibliothèque patriarcale de Belgrade. En outre, on constate avec tristesse que, ici et là, il y a des écoles dans lesquels le cours de religion est illégalement discriminé, bien que le tableau général dans ce domaine soit fort satisfaisant. Il est également constaté que les relations de l’Église orthodoxe serbe avec les Églises orthodoxes sœurs sont particulièrement bonnes, tout-à-fait dans l’esprit de la catholicité et de l’unité de l’Église, hormis une triste exception – celle des relations avec le Patriarcat de Roumanie, dont les évêques et les prêtres, depuis plusieurs années déjà, accomplissent des incursions, de façon non canonique et non fraternelle, sur le territoire juridictionnel de l’Église orthodoxe serbe en Serbie orientale, particulièrement dans la région de Timok. Après de nombreux messages et appels, malheureusement sans succès jusqu’à présent, l’Assemblée a appelé à nouveau l’Église roumaine à mettre un terme à cette pratique destructrice de l’Église ; dans le cas contraire, le problème sera porté devant le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Dans la mesure où, après le Concile, une telle activité anti-canonique serait poursuivie, l’Église orthodoxe serbe – avec une sincère douleur, mais par amour pour l’Église – sera contrainte de cesser la communion liturgique et canonique avec l’Église orthodoxe roumaine. Les relations avec les autres Églises et communautés chrétiennes, de même qu’avec la communauté juive et la communauté islamique de Serbie, sont traditionnellement bonnes et correctes, ce qui, malheureusement, ne peut être dit au sujet des cercles extrémistes dans l’Église catholique-romaine en Croatie ainsi qu’en Bosnie et en Herzégovine. Il en est de même des relations avec des cercles similaires dans la communauté islamique de Bosnie et de Herzégovine, ainsi que dans la communauté islamique en Serbie. Les relations de l’Église et de l’État en Serbie se développent dans la bonne volonté et la collaboration, dans les conditions de séparation de l’Église et de l’État. Le soutien de la Direction pour la collaboration avec les Églises et les communautés religieuses auprès du Ministère de la justice est particulièrement important, tant pour l’Église orthodoxe serbe que pour toutes les autres Églises et communautés religieuses traditionnelles. L’Assemblée attend que soit rendu à cet organisme le statut de Ministère des religions. Il est constaté que l’aumônerie de l’Armée de Serbie, ainsi que des forces armées de Bosnie et de Herzégovine, va en se développant. Il y a, malheureusement, des problèmes et des questions non résolues. C’est ainsi que l’Assemblée attend que le processus de restitution des propriétés ecclésiastiques en Serbie injustement confisquées, soit accéléré et complètement achevé. L’Assemblée appelle à nouveau les organes compétents de l’État en Serbie à rendre à l’Église les livres métriques, qui lui ont été enlevés en 1946, soi-disant pour être recopiés. De même, l’Assemblée, pour la énième fois, réaffirme sa position au sujet des restes du grand homme serbe et mondial, Nicolas Tesla, lesquels ne sauraient être un objet d’exposition, mais doivent être dignement inhumés à un endroit convenable près de l’église Saint-Sava de Belgrade, de même que Vuk Karađić et Dosithée Obradović sont inhumés devant la cathédrale de Belgrade. Les membres de l’Assemblée ont constaté que la situation de l’Église orthodoxe serbe dans la région serbe du Sud [le Kosovo, ndt] continue à être particulièrement difficile, bien qu’il y ait des signes d’espoir et des raisons d’être optimiste, tels que le fonctionnement sans entrave du séminaire de Prizren et la reconnaissance des droits de propriété du monastère de Dečani [par la Cour constitutionnelle du Kosovo, ndt]. La situation dans cette région est, malheureusement, chargée de difficultés et de souffrances ; en Croatie, des chauvinistes d’inspiration oustachie se répandent en diatribes contre l’Église orthodoxe et le peuple serbes ; dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine, les pressions, voire la discrimination ouverte, sont constantes ; au Monténégro, une loi est en préparation qui non seulement ne reconnaît pas un statut et une identité à l’Église, mais menace celle-ci d’une persécution ouverte, tandis que les autorités du pays déclare l’Église orthodoxe serbe « ennemi numéro 1 » de l’État, apparemment dans l’esprit de sa « détermination démocratique et euro-atlantique » ; en République de Macédoine continuent encore les procès montés contre l’archevêque Jean et l’archevêché d’Ohrid. L’Assemblée a, naturellement, exprimé sa solidarité avec tous les chrétiens, orthodoxes et hétérodoxes, et aussi avec les musulmans, qui souffrent et meurent au Moyen-Orient. De même, l’Assemblée souhaite, dans la prière, la cessation, le plus rapidement possible, de l’affrontement entre frères de même foi et de même sang en Ukraine. Une session commune de l’Assemblée des évêques et du Conseil central pour la construction de l’église-mémorial Saint-Sava de Belgrade a eu lieu et le rapport sur les travaux effectués jusqu’ici pour l’aménagement intérieur de l’édifice a été accepté. Les rapports suivants ont été écoutés et approuvés : ceux du Saint-Synode, du Conseil administratif patriarcal, du Grand tribunal ecclésiastique, de la Fondation caritative « Čovekoljublje », de l’agence de pèlerinages « Dobročinstvo », et d’autres organismes et institutions ecclésiales, de même que les rapports de leurs Éminences les évêques portant sur leur activité pendant la période écoulée. La compétence du Comité concernant Jasenovac [camp de concentration oustachi, ndt] a été étendue à toutes les victimes appartenant à l’Église et au peuple serbes pendant la seconde guerre mondiale. Sur la base de la quasi-totalité des diocèses, il est établi avec regret que la « peste blanche » [les avortements, ndt], qui constitue un péché et un suicide national différé, sévit toujours plus dans le peuple serbe. Aussi, l’Assemblée appelle son peuple fidèle à la pénitence et à revenir à la raison. Le rapport détaillé sur l’incendie qui s’est produit dans l’église Saint-Sava au centre de New York a été écouté avec tristesse. Milivoje Novaković, ex-hiéromoine Maxime, qui a été réduit à l’état laïc, pseudo « chorévêque de Novobrdo et de Panonie », [appartenant au groupe de l’ex-évêque] Artème, est exclu de la communion ecclésiale. L’évêque Mitrophane, jusqu’à maintenant évêque d’Amérique de l’Est, est élu évêque du diocèse vacant du Canada ; l’évêque Irénée, jusqu’à maintenant évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande, est élu évêque d’Amérique orientale ; le protosyncelle Silouane (Mrakić), du monastère de Pustinja (diocèse de Valjevo) est élu évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande. L’archimandrite Cyrille (Bojović), momentanément au service du diocèse de Buenos Aires et d’Amérique du Sud et Centrale, est élu évêque-vicaire, avec le titre de Dioclée, dans le diocèse du Monténégro et du Littoral. L’évêque Jean, jusqu’à présent évêque de Niš, a été relevé de ses fonctions sur sa demande. L’évêque de Ras et Prizren a été élu administrateur du diocèse de Niš, tandis que l’évêque de Zahumije et de Herzégovine Grégoire demeure administrateur du diocèse de Dobrobosna, tandis que l’évêque de Budimlje-Nikšić Joannice reste administrateur du diocèse de Mileševo. Les membres du Saint-Synode pour la nouvelle période sont : l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Žiča Justin, l’évêque de Dalmatie Photius et l’évêque de Ras-Prizren Théodose, les membres remplaçants étant le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque et l’évêque de Šabac Laurent.
Rédigé par l’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe

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Lettre de la Sainte-Communauté du Mont Athos au sujet du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe

Karyès, le 12/25 mai 2016

À sa divine Sainteté,
Notre très respecté Père et Maître le Seigneur Bartholomée,
au Phanar

Très saint Père et Maître,

Nous saluons joyeusement, filialement et avec un profond respect, votre divine Sainteté, dans le Christ ressuscité, par la célèbre acclamation « Le Christ est ressuscité ! »

Selon les institutions de notre lieu sacré, nous nous sommes réunis en synaxe double extraordinaire et nous avons pris pieusement en considération :
1) Votre vénérable lettre patriarcale du 11 mars 2016, par laquelle notre Sainte Communauté a été informée au sujet de la convocation du saint et grand Concile, et ont été communiqués à celle-ci, à titre informatif, les six textes préconciliaires qui seront renvoyés devant le saint et grand Concile ;
2) Votre encyclique patriarcale et synodale du 20 mars de cette année, dans laquelle est mentionné que le Concile panorthodoxe a pour but primordial et de première importance de « manifester que l’Église orthodoxe est l’Église une, sainte, catholique et apostolique, unie dans les sacrements, et particulièrement dans la divine eucharistie ainsi que dans la foi orthodoxe, mais aussi dans la conciliarité », et est porté à notre connaissance que « les textes mis au point au niveau panorthodoxe et soumis au saint et grand Concile sont publiés et mis à disposition de tout fidèle bien disposé dans le but de son information et de sa mise au courant, mais aussi afin qu’il exprime son point de vue sur le saint et grand Concile et ses attentes quant à celui-ci».

Répondant à cette incitation paternelle de votre divine Toute-Sainteté, nous prions instamment, avec tous les pères vivant dans l’ascèse et de façon agréable à Dieu sur la Sainte Montagne, afin que le Seigneur bénisse et couronne de succès l’œuvre élevée du saint et grand Concile, pour le bien de Son Église et manifeste réellement l’unité de notre sainte Église orthodoxe, laquelle est l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

Ayant étudié dans ce but et avec l’attention et le soin voulus les textes préconciliaires, nous nous permettons de soumettre respectueusement à votre attention ce qui suit.

Nous respectons et nous vénérons comme il se doit notre Mère la Grande Église du Christ [l’Église de Constantinople, dont dépend le Mont Athos, ndt] et Vous-même, le patriarche oecuménique et notre Père. Nous prions sans cesse pour l’Église primatiale martyre et l’allègement du poids de la croix qu’elle porte depuis des années. Chaque fois que surgissent des questions qui posent problème à la conscience de la sainte Église orthodoxe, nous exprimons nos points de vue et suggestions avec respect et amour, comme le faisaient les pères qui vécurent avant nous.

Nous constatons l’effort efficace et diligent des représentants des très saintes Églises orthodoxes lors des conférences panorthodoxes préconciliaires, en vue de la rédaction des textes préconciliaires concernés, qui ont été publiés sur décision de la synaxe des primats (du 21 au 29 janvier 2016).

Néanmoins, nous pensons que certains points des textes préconciliaires nécessitent une clarification, afin que soient exprimés plus clairement la tradition pérenne des saints Pères et le viatique conciliaire de l’Église. Nous soumettons humblement notre point de vue et nos suggestions concernant ces points, pour leur évaluation et leur mise en valeur par l’Église.

Le premier point concerne l’ecclésiologie. La formulation « l’Église orthodoxe, étant l’Église une, sainte, catholique et apostolique » a été posée à juste titre comme exergue au début du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », dans le sens et dans l’idée qu’elle exprime l’unicité de Celle-ci. Cependant, le saint et grand Concile, en tant qu’organe conciliaire supérieur aux Conférences pré-concilaires, devrait compléter la formulation du texte concerné et éviter le terme « Église » au sujet des hétérodoxes, utilisant au lieu de celui-ci les termes « religions (dogmata) et confessions chrétiennes ». Ainsi, les hétérodoxes connaîtront très clairement ce que nous pensons à leur sujet en tant que leurs sincères interlocuteurs. Dans cette perspective, il serait plus juste d’introduire la formulation suivante dans l’alinéa 2 du paragraphe 6 : « L’Église orthodoxe connaît (au lieu de reconnaît) l’existence historique des autres confessions chrétiennes… » Dans la suite du texte, le concept d’unité de l’Église nécessite également une clarification. Nous croyons qu’appartiennent à son unité uniquement les membres de l’Église orthodoxe, en tant que Corps du Christ, participant à la « gloire » (la grâce déifiante du Saint-Esprit), pour laquelle a prié le Grand-Prêtre – notre Seigneur Jésus-Christ. C’est à leur sujet seulement qu’il est dit « qu’ils soient un, comme nous sommes un », selon le commentaire des Pères théophores (S. Athanase le Grand, S. Jean Chrysostome, S. Cyrille d’Alexandrie). Il est utile pour tous, pour la conscience qu’a de lui même le troupeau orthodoxe, mais aussi pour les hétérodoxes, que nous parlions du retour de ceux qui se sont séparés à l’Église une, sainte, catholique et apostolique, à savoir notre sainte Église orthodoxe, laquelle maintient imperturbablement « le lien indivisible existant entre la véritable foi et la communion sacramentelle », comme cela fut exprimé par les saints Conciles œcuméniques. C’est dans ce sens de son unité que l’Église « a toujours cultivé le dialogue avec ceux qui sont partis, lointains et proches », et qu’elle peut dans ce cadre exprimer sa nature apostolique « dans des conditions historiques nouvelles » avec pour but objectif de préparer le terrain à leur retour dans Son unité dans l’Esprit Saint. Concrètement, nous suggérons que la phrase finale de l’article 5 sur « l’unité perdue des chrétiens », soit formulée comme suit : « le retour dans la vérité des chrétiens qui se sont éloignés d’elle ».

Le deuxième point des textes préconciliaires qui devrait subir des modifications, de telle façon que soit fixée la conscience qu’a d’elle-même l’Église à travers les temps, est ce qui se rapporte aux dialogues interchrétiens bi- ou multilatéraux. Le mode de conduite et de cheminement des dialogues théologiques ne satisfait pas l’ensemble du plérôme de l’Église. Quant à notre Sainte Communauté, elle s’est exprimée, de temps à autre et dans différentes circonstances, par des textes officiels s’opposant aux accords théologiques avec les hétérodoxes, et elle a protesté contre les prières communes et autres pratiques liturgiques (baisers liturgiques, etc.), par lesquels est donnée l’image d’une fausse union avec eux, comme cela a été mentionné dans le texte de notre synaxe double du 9/22 avril 1980. Concrètement, dans l’article 18 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », il doit être dit clairement que l’Église orthodoxe ne peut en aucun cas accepter l’unité de l’Église comme un accommodement interconfessionnel ou comme participation à des prières communes et d’autres pratiques liturgiques qui créent la confusion dans la conscience du plérôme orthodoxe. Aussi, nous ne pouvons pas ne pas exprimer notre vive préoccupation et nos objections fondées quant à la poursuite de la participation des orthodoxes au Conseil oecuménique des Églises.

Troisièmement, en ce qui concerne « le règlement d’organisation et de fonctionnement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe », nous comprenons les difficultés pratiques, aussi nous évitons d’aborder les questions qui se posent au sujet du mode d’organisation et de la participation à titre égal des évêques. En même temps, cependant, dans l’article 22 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », où se pose la question de savoir qui est « le juge désigné et ultime en matière de foi », le texte pourrait être plus clair avec la précision que la tradition ecclésiale reconnaît comme juge ultime dans les questions de foi la conscience du plérôme de l’Église, qu’expriment parfois des personnes individuelles ou des conciles de hiérarques ou le peuple fidèle, et qui est validée par des décisions conciliaires. Nous considérons également qu’il doit être fait référence aussi aux grands conciles de l’Église orthodoxe qui ont eu lieu après le VIIème Concile oecuménique (ceux qui ont été tenus sous le patriarche Photius le Grand en 879, sous saint Grégoire Palamas en 1341-1351, et ceux qui ont invalidé les pseudo-conciles unionistes de Lyon et de Florence). En effet, par la référence à ces conciles, les différences dogmatiques et ecclésiologiques avec les hétérodoxes (sur le Filioque, la grâce créée, la primauté papale, etc.) seraient complètement tirées au clair.

Le quatrième et, selon nous, dernier point, concerne l’esprit du texte « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Le texte se distingue par une sensibilité spirituelle ; cependant, nous pensons, en tant qu’athonites et héritiers de la tradition ascétique hésychaste, qu’il serait complété de la façon la plus approprié (de préférence dans le paragraphe 6,13) par une référence pleinement développée à l’anthropologie et à la cosmologie orthodoxes correspondantes, telle qu’elle ont été formulées principalement par saint Grégoire Palamas. Concrètement, le texte peut être complété de la façon suivante : « Dieu peut se révéler à l’homme par la communion immédiate avec Lui, lorsque ce dernier met en pratique l’ascèse selon le Christ et aspire à Lui continuellement par la prière noétique. Le but de cette spiritualité rigoureuse et mystagogique est la déification, c’est-à-dire l’expérience personnelle de la lumière divine de la Transfiguration par celui qui prie. La condition indispensable pour cela est que la perfection personnelle, la communion avec Dieu et Sa révélation ne peuvent être atteintes que dans le cadre de l’Église. Tout le combat spirituel est réalisé seulement par la grâce de Dieu et non indépendamment d’elle (comme c’est le cas par l’application de diverses techniques rencontrées dans différents courants mystiques anciens et contemporains, ou par le développement autonome de l’intellection et de la connaissance humaines). Dans ce cadre, la place principale est occupée par la distinction entre l’essence et les énergies incréées de Dieu. Dieu ne reste pas inaccessible à l’homme, mais entre en relation directe et personnelle avec lui par Ses énergies incréées. Ainsi, l’homme participe à la vie divine et devient dieu selon la grâce. L’énergie de Dieu n’est pas une quelconque puissance ou surpuissance ; elle est le Dieu vivant personnel et trinitaire, qui devient accessible et participable pour l’homme, et qui entre dans l’histoire et sa vie afin que celui-ci « devienne participant à la nature divine », portant « l’image » et cheminant vers « la ressemblance » par l’ascèse, la vie vertueuse et l’impassibilité (apatheia). Par cette voie susmentionnée de la déification, la paix selon le Christ entre dans l’homme – la « paix qui vient d’en-haut », laquelle doit être distinguée de la notion de paix de ce monde, qui est recherchée par des initiatives et des manifestations inter-religieuses.

Très saint Père et Maître, estimant profondément les labeurs de ceux qui ont travaillé lors des conférences préconciliaires, nous pouvons dire en conclusion que les textes préconciliaires nécessitent certaines améliorations, afin d’exprimer la conviction universelle de notre sainte Église orthodoxe. Nous soumettons cette demande filiale afin, qu’entre autres, vous preniez en compte nos suggestions, que nous exposons avec circonspection, attention et prière, et pour que le Saint et Grand Concile « constitue une expression authentique de la tradition canonique et de la praxis ecclésiastique pérenne pour le fonctionnement du système conciliaire » de l’Église. Alors se produira une grande joie dans les cieux et sur terre, et seront évités les séparations et les schismes éventuels, tandis que le plérôme de l’Église « d’une seule bouche et d’un seul cœur » glorifiera le Dieu très-saint dans la Trinité, l’espoir et le salut du monde entier.

Cela dit, élevant de tout cœur des prières ardentes au Seigneur ressuscité pour votre divine Toute-Sainteté et pour le succès du saint et grand Concile maintenant convoqué, nous vous adressons notre plus profond respect et notre dévouement filial.

Tous les représentants et supérieurs des 20 monastères sacrés et vénérables monastères de la Sainte Montagne de l’Athos, réunis en synaxe double extraordinaire

Copie : aux Églises orthodoxes autocéphales et aux 20 monastères du Mont Athos

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Communiqué du Patriarcat œcuménique au sujet du différend entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem concernant la juridiction sur le Qatar

Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a publié un communiqué en date du 31 mai. Lors de sa session, le Saint-Synode a examiné les questions concernant le saint et grand Concile qui aura lieu prochainement en Crète. Il a également abordé la question du Qatar, qui préoccupe les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Conformément au communiqué susmentionné, le Patriarcat œcuménique suggère que soit constituée, sous sa responsabilité coordinatrice, une commission de représentants des deux Églises et ce immédiatement après le saint et grand Concile. Selon l’Agence Romfea.gr, des « cercles ecclésiastiques qui commentent le communiqué de ce jour, mentionnent que la réunion d’une telle commission après le Concile panorthodoxe n’aura pas de sens puisque les deux primats devraient concélébrer en Crète ». Un métropolite du Patriarcat d’Antioche a déclaré à l’agence susmentionnée que « La question doit être résolue avant le saint et grand Concile… ». Le communiqué du Saint-Synode du Patriarcat œcuménique est le suivant : « Le Saint-Synode s’est réuni sous la présidence de sa Toute-Sainteté, en session ordinaire, les lundi 30 et mardi 31 mai 2016, afin d’examiner les sujets portés à l’ordre du jour. À cette occasion, le Saint-Synode s’est occupé particulièrement du sujet du tout prochain saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, et des questions qui s’y rapportent, priant pour le succès de ses travaux et pour que le soutien céleste soit accordé à son président, sa Toute-sainteté le patriarche œcuménique. Dans ce cadre, le Saint-Synode a également examiné, assidûment, le problème connu de la juridiction ecclésiastique sur le Qatar qui préoccupe les anciens patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Le Saint-Synode en est arrivé à la décision selon laquelle il propose la constitution, immédiatement après le saint et grand Concile, d’une commission formée de représentants des deux Églises concernées, sous la responsabilité coordinatrice du Patriarcat œcuménique, afin d’étudier le problème et de trouver une solution acceptable pour les deux parties ».

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Jovan Nikoloski