28/05/2017
Actualités
Page d'accueil > A la Une > Le métropolite Hilarion (Alfeyev) : Staline était un monstre, un épouvantail spirituel
Le métropolite Hilarion (Alfeyev) : Staline était un monstre, un épouvantail spirituel

Le métropolite Hilarion (Alfeyev) : Staline était un monstre, un épouvantail spirituel

Staline est comparable à Hitler

Je pense que Staline a été un monstre, un épouvantail spirituel qui a créé système de gouvernance affreux et antihumain, construit sur le mensonge, la violence et la terreur. Il a déclenché le génocide contre le peuple de son pays et est personnellement responsable de la mort de millions de personnes innocentes. En ce sens, Staline est totalement comparable à Hitler. Les deux ont été amenés dans ce monde tant de douleurs qu’aucun succès militaire ou politique ne peut racheter leur culpabilité devant l’humanité. Il n’y a pas de différence significative entre le Polygone de Boutovo et Buchenwald, entre le Goulag et le système nazi de camps d’extermination. Et le nombre de victimes de la répression stalinienne est tout à fait comparable à nos pertes dans la Grande Guerre patriotique.
La victoire dans la Grande Guerre patriotique a été véritablement un miracle, car, avant la guerre, Staline a tout fait pour écraser le pays. Il a détruit tous les hauts dirigeants de l’armée, et avec la répression de masse, a mis le pays, autrefois puissant, à la limite de la survie. En 1937, quand il y a eu un recensement, le pays a manqué des dizaines de millions de personnes. Où sont ces millions de personnes ? Elles ont été éliminées par Staline. Notre pays est entré en guerre presque exsangue. Mais, malgré toute la répression terrible, les gens ont montré un héroïsme sans précédent. Sinon, comment n’pas appeler cela un miracle. La victoire dans la guerre – est une victoire du peuple. Le peuple qui a montré la plus grande volonté de résistance. Le miracle de la victoire dans la guerre – est une grande manifestation de la puissance de l’esprit de notre peuple, que ni Staline, ni Hitler n’ont pas pu briser.

Je ne crois pas à la repentance de Staline

F. Razoumovski : Comment pouvez-vous commenter la réunion au Kremlin de Staline avec les évêques en septembre 1943, après quoi il a été autorisé à élire un patriarche, à ouvrir des écoles religieuses, et nombreuses questions juridiques ont été résolues, qui ont été en attente depuis des années ? On dit que ce fut un acte de la repentance du pouvoir, en particulier de Staline lui-même, après touts ces persécution qui se sont abattue sur l’Église. D’autre part, après un certain temps, ces persécutions ont repris.

Le métropolite Hilarion : Je ne crois pas dans la repentance de Staline, qu’il se serait repenti pendant la Seconde Guerre mondiale ou après. Je ne crois pas dans la mythologie qu’on propage autours de ce personnage. Je pense que sa politique a été criminelle envers son peuple, envers l’Eglise. Le fait que nous avons gagné la guerre – n’est pas le mérite de Staline, mais le mérite du peuple- d’éminents commandants, des officiers et des soldats, des travailleurs à l’arrière. Et toutes les personnes qui ont donné leur vie pour leur pays. Je pense que le brusque changement de la politique du gouvernement envers l’Eglise a été lié principalement à la perspective de l’ouverture d’un second front en Europe. Staline a voulu montrer aux Britanniques et aux Américains un certain « visage » civilisé de l’Union soviétique. Ainsi, a émergé la question de l’Eglise, car il est connu que les Britanniques avait envoyé une délégation en l’Union soviétique, qui comprenait l’archevêque de York. Il était nécessaire de créer l’apparence de la liberté religieuse dans l’Union soviétique, et de faire une impression positive sur les anglicans, pour rappeler que nous avons aussi l’Église et sa tête, le locum tenens patriarcal, à qui a été refusée l’entrée à Moscou. Il a été convoqué de toute urgence, et après la réunion du Kremlin de Staline avec les métropolites, il a été autorisé à se réunir et à élire un patriarche, et cela le plus rapidement possible. En conséquence, aux étrangers a été présenté, que l’Eglise dans l’Union soviétique a non seulement la liberté mais aussi une position privilégiée.

Bien sûr, à sa manière, cela a été un acte très cynique, mais pour l’Eglise, ce fut un acte d’une grande importance, car à partir de ce moment, les persécutions sanglantes et massives ont été suspendues, ou disons, ont diminué. La période après 1943 et jusqu’à la mort de Staline – a été une période relativement prospère pour l’Église, bien qu’elle ait continué à vivre dans des conditions exiguës.

Source

Print Friendly
Revenir en haut de la page
Jovan Nikoloski