20/10/2017
Actualités
Page d'accueil > Résultats de la recherche : Antioche

Résultats de la recherche : Antioche

Lettre pastorale de Jean X, patriarche d’Antioche: « La grâce nous grandit, le service nous élève, l’amour nous unit »

Par la grâce de Dieu, Jean X patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, à tous les bien-aimés dans le Seigneur Jésus les fidèles, clercs et laïcs du Saint Siège d’Antioche

« Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés »
(Galates 1 : 3-4)

Bien-aimés,

Vous n’êtes pas sans vous souvenir que j’ai adopté cette phrase « La grâce nous grandit, le service nous élève, l’amour nous unit » comme devise du service patriarcal qui m’a été confié par le Saint-Esprit, à travers l’élection de mes frères les évêques du Saint Synode antiochien. En choisissant cette devise j’ai voulu insister sur le fait que nous sommes conviés, en tant qu’Église déployée dans tout l’espace antiochien, à acquérir la grâce et la traduire en service du Corps du Christ, selon le charisme de chacun de nous, dans un climat d’amour qui est le seul « lien de la perfection », selon l’enseignement de l’Apôtre. Nous avons essayé ensemble, durant les dernières années, de mettre en pratique cette devise, souvent avec succès, mais nous avons parfois rencontré des obstacles. Nous continuerons cependant dans la même voie pour que l’Église d’Antioche, cette épouse du Christ nous apparaisse « sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible » (Éphésiens 5: 27). C’est pour cela que je m’adresse à vous, rendus membres responsables de l’Église du Christ par votre Baptême et l’onction du sacrement de la chrismation, pour vous informer des affaires de votre Église afin de vous en souvenir dans vos prières, et de les considérer comme faisant partie intégrante de vos préoccupations.

1- Nous rendons en tant qu’Église grâce à Dieu qui nous a donné « un esprit de force, d’amour et de sagesse » (2 Timothée 1: 7) pour Lui porter témoignage dans les circonstances difficiles que vit notre monde et en particulier nos pays, qui nous ont causé beaucoup de souffrances du fait des guerres des autres sur notre terre, lesquelles non seulement ont détruit la pierre mais ont tué les humains et les ont jeté sur les chemins de l’exil.
2- Nous avons constaté avec consternation que les forces du mal se sont prises à notre Église, en kidnappant notre frère Boulos (Yazigi), métropolite d’Alep depuis plus de 4 ans. Ce qui nous consterne davantage est que malgré de nombreux et continuels contacts avec les organismes internationaux et régionaux, nous sommes restés sans aucune nouvelle de lui. Nous vous invitons à joindre vos prières aux nôtres afin que Dieu nous le rende ainsi qu’à son peuple d’Alep sain et sauf. Nous prions aussi pour son compagnon de captivité, l’évêque Youhanna et pour tous les kidnappés, prêtres et laïcs, et nous implorons Dieu de les soutenir et demandons au monde civilisé de se souvenir de leur tragédie et d’agir en vue de leur libération afin de les rendre à ceux qui les aiment.
3- Nous avons souffert avec vous de l’absurdité des guerres qui ont assailli notre Orient et nos pays avec tout ce qui les a accompagnées de violence, de terreur, de destructions, de ravages, de déplacements de populations, de pauvreté, de faim et de peur de l’avenir. Ces guerres ne servent que les intérêts des puissants de ce monde. Nous avons multiplié nos efforts pour susciter des initiatives afin de fortifier notre présence sur notre terre et la rendre plus efficace, et pour alléger la dureté des circonstances que nous vivons. Nous agissons avec les hommes de bonne volonté pour subvenir aux besoins vitaux de notre peuple et garantir l’avenir de nos jeunes en leur assurant une vie dans l’honneur et la sécurité dans leurs pays. À ce propos, nous avons approché nombre d’instances sur la scène internationale leur demandant d’agir pour arrêter cette guerre destructrice en Syrie et assurer l’unité du pays. Nous avons aussi porté partout le souci du Liban et de son peuple, afin que s’affermisse le travail constitutionnel et institutionnel qui s’y fait, s’accroisse son développement et se maintienne son haut degré d’évolution.
4- Vu ces circonstances difficiles, nous avons fait de l’aide aux nécessiteux la première de nos priorités, et nous continuons à lui donner grande importance dans notre travail quotidien. À travers les institutions patriarcales et les évêchés nous veillons à activer le service de la charité et lui trouver des organes nouveaux plus flexibles encourageant la solidarité entre les fils d’un même corps pour qu’il ne reste parmi nous un seul nécessiteux ou quelqu’un qui ressent qu’il est exclu du cœur des fidèles dans l’Église du Christ. Nous rendons grâces à Dieu pour l’unité antiochienne qui s’est manifestée durant cette crise par des paroisses et des évêchés en Syrie et au Liban qui ont pris en charge les déplacés et ont œuvré dans l’amour à alléger leurs souffrances. De même les diocèses d’outremer ont mis tous leurs moyens au service de ceux qui les ont rejoints et offrent leur support au travail d’entraide fourni par l’Église de nos pays.
5- Vu que le monde est devenu un grand village, nous avons consacré aux problèmes de l’information et de la communication une part importante de notre travail. Le « Centre Orthodoxe Antiochien d’information » a vu le jour, ainsi que la « Voix de la Grâce » sur les ondes. Nous avons aussi augmenté notre présence sur le net et les réseaux sociaux, afin de mieux transmettre la Bonne Nouvelle qui reste le but ultime de toute information chrétienne. Des fidèles de l’ensemble du Patriarcat d’Antioche se sont investis dans ces initiatives et travaillent à augmenter leur succès et leur utilité. À cet effet, je ne peux ne pas mentionner les possibilités qu’offrent à notre travail d’évangélisation les moyens modernes de communication. Si nous savons bien les utiliser et à bon escient, ils deviennent des outils efficaces et probants pour promouvoir le travail pastoral et notre témoignage de la joie de la Résurrection et de la beauté du Christianisme. Mais il nous faut éviter de les utiliser comme plateforme pour étaler nos doléances et des critiques destructives ainsi qu’un lieu de calomnie et d’insultes.
6- Nous avons œuvré à renforcer l’unité antiochienne en la rendant plus efficace. Nous avons veillé à ce que le témoignage du Christ ressuscité et vainqueur de la mort soit le même partout dans l’espace antiochien et tout l’Orient, dans cette région où Dieu nous a voulu, justement pour y témoigner. Pour cela, nous avons augmenté nos rencontres avec nos frères des autres Églises chrétiennes, auxquelles nous sommes unis dans une unité de vie et de devenir, et nous avons encouragé le travail commun entre les fidèles.
7- Nous avons aussi amplifié le travail avec nos frères musulmans, avec qui nous partageons les mêmes patries et le même devenir, afin de promouvoir une culture de paix, de fraternité et de convivialité, et de nous opposer ensemble à ceux qui utilisent la religion pour susciter des conflits et des guerres.
8- Nous avons consolidé la coopération avec les Églises Orthodoxes à travers le monde. À cet effet, nous avons effectué des visites iréniques à nombre de patriarcats, et un pèlerinage à la Sainte Montagne de l’Athos où nous avons demandé la prière de ses moines pour notre peuple, et nous avons placé ses souffrances et son devenir entre les mains de la Toute Sainte Vierge Marie, Protectrice de la Montagne et Médiatrice auprès du Sauveur. Des délégations de notre Église ont participé à toutes les rencontres panorthodoxes pour consolider l’unité entre les Églises et assurer un témoignage orthodoxe commun dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons consacré de grands efforts et beaucoup de ressources en vue de préparer le grand Concile orthodoxe en Crète durant l’été 2016 que le monde orthodoxe attendait de ses vœux, mais nous n’avons pu y participer pour les raisons dont nous vous avions alors informées. La violation du patriarcat de Jérusalem du territoire canonique antiochien, dans l’Emirat de Qatar, nous a beaucoup préoccupé et nous avons présenté plusieurs propositions iréniques pour éviter la rupture de communion entre les deux Sièges apostoliques. Mais toutes nos initiatives ont été repoussées par l’attitude intransigeante du patriarcat de Jérusalem. Et nos divers contacts avec les autorités religieuses et politiques concernées sont restés sans effet.
9- Après la mise à la retraite de certains de nos vieux évêques et le décès d’autres, nous avons dû, ces dernières années, renouveler le corps épiscopal antiochien par de jeunes évêques cultivés et d’expérience. Le choix des nouveaux évêques a exprimé clairement l’unité antiochienne parce que tous ont été élus à d’autres évêchés que ceux dont ils venaient. Le Saint Synode a basé ces choix sur les exigences de l’Évangile, les Canons de l’Église et les Statuts du Siège d’Antioche sans tenir compte d’une quelconque considération politique, nationale ou raciale. Nous sommes heureux de vous annoncer que ces frères évêques sont en train de continuer dans leurs nouveaux diocèses le travail entrepris par leurs prédécesseurs, et que les fidèles leur apportent aide et soutien.
10- L’élection de ces frères s’est accompagnée par l’activation du travail synodal. Nous sommes une seule Église, non une fédération de diocèses limitrophes sans réelle rencontre. Le Saint Synode est le lieu de notre rencontre où chaque évêque communique l’esprit de l’Église qu’il préside, et où le témoignage de l’ensemble des diocèses modèle l’esprit de la seule Église d’Antioche. L’évêque est élu par le Synode et il se réunit en Synode où il contrôle et est contrôlé. Et c’est le Synode qui le juge s’il enfreint le donné de la foi. C’est là le dépôt reçu des Apôtres qui ont stipulé que « les évêques de chaque nation doivent reconnaitre leur primat et le considérer comme leur chef, et ne rien faire d’importance sans son avis, mais que chacun d’entre eux ne s’occupe que de ce qui concerne son diocèse et les campagnes en dépendant. Et le premier ne doit rien faire sans l’avis de tous. Ainsi régnera par le Seigneur la concorde dans l’Esprit Saint, et sera glorifié le Père, le Fils et le Saint Esprit » (Canon apostolique 34).
11- Le même esprit élaboré par l’Église entière doit être appliqué par tous, clercs et laïcs, comme nous exhorte l’Apôtre, à tenir « tous un même langage » (1 Corinthiens 1: 10), c’est à dire en d’autres termes à travers notre enracinement dans l’illumination spirituelle et l’effort d’acquisition de la grâce et de sa mise en pratique dans un enseignement orthodoxe et des actions de service et d’amour fraternel.
12- Nous traduisons aussi ce même esprit à travers notre unité et notre coopération qui nous permettent d’accomplir le souhait de Notre Seigneur de nous aimer comme Il aime Son Père. L’unité et la coopération sont des conditions indispensables pour soutenir notre existence et diminuer l’émigration des ressources humaines que connaissent nos pays et notre Église. À ce propos, nous avons œuvré et ne cessons de le faire à affermir la coopération avec nos frères dans les pays de la diaspora, ces apôtres de l’esprit antiochien et de sa tradition envers le monde entier, qui ont tenu à conserver, dans leurs nouveaux pays, leur engagement chrétien et y ont bâti leurs églises en même temps que leurs maisons. Leurs liens profonds avec l’Église d’Antioche nous donnent des forces et nous encouragent réciproquement. Nous ne cessons de voir en eux le souffle apostolique de l’Église d’Antioche qui s’ouvre au monde pour l’évangéliser, et s’enrichit de l’apport de ses fidèles d’autres pays et d’autres continents. Le langage commun d’Antioche s’exprime maintenant dans de nombreuses langues mondiales, et il continuera d’appeler à l’enracinement dans la Tradition et à une ouverture sur le monde d’aujourd’hui, traduisant notre fidélité au Seigneur qui nous enjoint de faire parvenir Sa Bonne Nouvelle et Sa Paix aux confins du monde.
13- Œuvrer à avoir un même esprit s’accomplira par notre effort incessant à résoudre les différends qui se mettent au travers de notre route, par la consultation et l’entente, ainsi que le recours à l’avis de la communauté en vue d’arriver à un consensus et à l’unité au sein même de nos différends. La vie de l’Église est basée sur la concertation et non la négociation, la complémentarité et non l’antagonisme, une franche confrontation et non un affrontement destructeur, le pardon de l’autre et non le laisser s’engluer dans ses fautes, sur la franchise et non sur un jugement d’intentions, et enfin sur le sacrifice et le don de soi et non la répartition de gains et d’intérêts.
14- Pour cela, il nous faut adopter cette spiritualité dans nos relations pour renforcer notre unité, cette unité qui débute par le rassemblement des membres de chaque paroisse autour de leur pasteur et leur coopération pour son développement dans une transparence totale. Cette unité se vit aussi au niveau du diocèse où les fidèles se doivent de participer avec leur évêque et sous sa présidence à l’embrigadement de toutes les compétences spirituelles et matérielles qui s’y trouvent et leur développement dans un esprit de coopération et de communion. Cette unité trouve son apogée au niveau du Saint Synode dans son travail commun pour le bien de l’Église d’Antioche, pour renforcer son unité et activer son témoignage dans le monde d’aujourd’hui.
Tout ce qui précède évoque une spiritualité qui a été la base sur laquelle ont été fondés nos statuts approuvés au début des années 70 du siècle passé, et qui stipulent la formation d’un conseil pour chaque paroisse, d’un congrès pour chaque diocèse groupant les représentants des prêtres, des moines et des laïcs et qui élit un conseil du diocèse. Ces statuts stipulent aussi la convocation d’un Congrès Général du Siège d’Antioche qui a été convoqué en 2014.
De nombreuses circonstances ont empêché, ici et là, l’entière formation de ces divers organismes prévus au Règlement intérieur de notre Patriarcat, ce qui a réduit la participation efficace des fils de l’Église dans la direction de leurs paroisses et de leurs diocèses. Ce manque a amené beaucoup à se plaindre de cette situation, ou à former des organes équivalents pour exprimer leurs opinions. C’est pourquoi il nous faut, en tant qu’Église, dépasser les différends autour des statuts qui durent depuis le milieu du siècle passé, et nous soucier d’affermir notre unité et unifier notre parole par la formation des organes prévus et d’appliquer enfin les décisions du dernier Congrès antiochien. Nos statuts ont été établis il y a près de cinquante ans, et il ne fait de doute qu’ils doivent être amendés et complétés pour se mettre au diapason du renouveau que nous voulons tous pour notre Siège d’Antioche. Cependant, notre engagement à mettre maintenant en pratique les statuts actuels est un gage de notre sincérité, tout en prenant le soin de noter les expériences utiles à leur amendement plus tard, car les lois sont établies pour éviter que la communauté soit sujette aux sautes d’humeur et à l’individualisme.
15- Nous avons concrétisé ce même esprit qui nous unit dans un « même langage » dans notre approche des problèmes humains qui ont confronté la conscience de notre Église dans nos patries et outremer. Nous avons œuvré partout à défendre l’intérêt de l’homme, de tout homme et celui de l’humanité entière. Nous avons toujours veillé à ne pas adopter des approches politiques utilisant le langage des gens de ce monde, et de ne pas imposer à nos ouailles des options politiques définies. Mais nous les avons toujours orienté à baptiser leur esprit politique à l’aune de la vérité de l’Évangile et de la charité chrétienne qui a pour mission de se donner et de sauver tous les hommes.

Je vous ai écrit ce qui précède pour vous dire ma joie de ce que nous avons réalisé ensemble et mon intention de multiplier les efforts dans l’amour afin de compléter « l’édification du Corps du Christ » pour parvenir « à la mesure de la stature parfaite du Christ » (Éphésiens 4: 13). Je rends grâces à Dieu qui nous a donné des pasteurs aimant leur Église, plaçant ses intérêts et son unité au-dessus de tout, emplis de la foi qui témoigne de la joie de la Résurrection et œuvrant, chacun selon les charismes et les talents qui lui ont été donnés, au renouveau de l’Église.

Bien-aimés,

Je sais que le monde d’aujourd’hui attend de nous une « parole de vie », et que l’homme d’aujourd’hui a besoin de guérison que seul le témoignage de ceux qui ont ressuscité des morts avec leur Seigneur peut lui donner. C’est ainsi qu’ont agi nos Pères avant nous, quand ils ont transmis notre Tradition vivante dans la langue de leur temps. Et c’est ce que nous devons faire aussi aujourd’hui. C’est pourquoi je vous invite :
1- À approfondir la connaissance des sciences de ce siècle pour lui transmettre la nouvelle éternelle dans une langue nouvelle qui l’interpelle.
2- À travailler ensemble pour évangéliser les membres de notre communauté, surtout ceux qui s’en sont éloignés influencés par une sécularisation galopante.
3- À transmettre à ceux de nos jeunes qui ne se marient plus à l’église et dont certains ne baptisent plus leurs enfants le sens du sacrement de l’amour et celui de la communauté.
4- À dépasser les apparences extérieures de la piété pour rendre notre réflexion théologique capable en profondeur d’éveiller le monde à la réalité de notre Dieu qui est un Dieu vivant et vivifiant, un Dieu de liberté et d’amour qui nous aime d’un grand amour et qui veut que nous devenions des dieux par adoption.
5- À coopérer avec l’agir divin pour transformer le monde en église et la terre en ciel.
6- À rendre compte de la présence de Dieu partout et en tout ce que nous faisons afin que le monde sache que nous sommes les disciples du Maître.
7- À étendre l’Autel en dehors de l’église là où se trouvent les pauvres, les déplacés, ceux qui vivent dans le désespoir et la tristesse et qui ont besoin de notre sollicitude et de notre amour pour les sauver de la mort.
8- À ne pas nous suffire des prières, mais faire de notre présence dans l’histoire une prière quotidienne qui sauve le monde et l’histoire.
9- À nous éloigner des procédés du monde et les empêcher d’envahir notre vie ecclésiale. À ne pas nous créer des ennemis pour les rendre responsables de notre angoisse, car le Christ ne connaît pas l’inimitié, mais nous a commandé de nous aimer les uns les autres.
10- À purifier nos cœurs pour qu’ils deviennent un terreau fertile à l’éclosion de la Parole de Dieu et à porter des fruits, et pour qu’ils ne se dessèchent et ne soient étouffés par les ronces.
11- À témoigner de notre familiarité avec Jésus et la joie de l’Évangile qui emplit nos cœurs, transforme notre vie et nous libère de toute tristesse, souci et solitude.
12- À adopter tous le même langage, et combattre tout différend et parti pris qui nous séparent, pour que nous soyons « parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment… avec les mêmes sentiments les uns envers les autres selon Jésus-Christ, afin que tous ensemble d’une seule bouche (nous) glorifions le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1: 10 et Romains 15 5-6).

Bien-aimés,

Vous êtes les gardiens de la foi que nous ont transmise vos pères et vos aïeuls et que nous ont léguée les saints. Vous êtes responsables de témoigner du Christ ressuscité là où vous êtes. Faites en sorte que le Christ soit toujours au milieu de l’Église. Conviez-le par la prière à ne pas abandonner la barque de l’Église au milieu de la tempête. Ayez confiance qu’Il aura pitié de nous comme Il l’a fait avec la foule au désert. Soyez sûrs qu’Il est avec nous et ressent notre douleur, notre faim, notre soif et notre tristesse. Il ne nous délaissera pas même si nous traversons un désert, loin de Lui. Tournez-vous vers Lui, Bien-aimés, et vous Le trouverez avec vous, et ainsi vous aurez le même esprit et le même langage, et ils seront compris par tous.

Aimez beaucoup et comprenez que notre responsabilité en tant que pasteurs et la vôtre en tant que croyants sont d’affirmer que seul le Christ est maître de Son Église, » afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine’(1 Corinthiens 1: 17).

Que la bénédiction du Seigneur soit avec vous tous.

Publié par le Patriarcat à Damas
En la fête de la Dormition de la Mère de Dieu, 2017

Jean X
Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient

 

Mgr Hilarion de Volokolamsk a rencontré le patriarche Jean d’Antioche

Dans le courant de la visite de travail qu’il effectue au Liban avec la bénédiction du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a été reçu par le métropolite de Beyrouth, Mgr Élie.
Le même jour, le métropolite Hilarion a rencontré le primat de l’Église orthodoxe d’Antioche, le patriarche d’Antioche la Grande et de tout l’Orient Jean X. Le président du DREE a transmis à Sa Béatitude les salutations fraternelles du patriarche Cyrille, ainsi qu’une invitation à venir à Moscou participer aux célébrations du centenaire de la restauration du Patriarcat dans l’Église orthodoxe russe. Le patriarche Jean a exprimé sa reconnaissance à l’Église orthodoxe russe pour son aide aux chrétiens, victimes de la guerre en Syrie. L’entretien a aussi porté sur le possible développement de la coopération entre les patriarcats d’Antioche et de Moscou dans le domaine de l’enseignement religieux. Prenaient part à la rencontre le métropolite Niphon de Philippopolis, recteur du métochion d’Antioche à Moscou, l’higoumène Arsène (Sokolov), représentant du patriarche de Moscou et de toutes les Russies auprès du patriarche d’Antioche la Grande et de tout l’Orient, l’archiprêtre Igor Iakimtchouk, secrétaire du DREE aux relations interorthodoxes, et A. A. Erchov, assistant du président du DREE.

Décès du métropolite du Mexique Antoine (Chedraoui), le hiérarque le plus âgé du Patriarcat d’Antioche

Le patriarche d’Antioche Jean X, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche et l’archidiocèse d’Amérique du Nord de cette Église ont annoncé le décès du métropolite Antoine (Chedraoui), dans la matinée du 14 juin. Né a Tripoli (Liban) le 17 janvier 1932, il reçut son baccalauréat ès arts au Liban et son baccalauréat en théologie à l’Université d’Athènes. Le 20 juillet 1952, il fut ordonné diacre et, le 29 août 1958, il fut ordonné prêtre et élevé au rang d’archimandrite. Le 5 juin 1966, il fut sacré évêque et nommé vicaire patriarcal pour le Mexique, le Venezuela, l’Amérique centrale et les Caraïbes. Le 12 juin 1996, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche éleva le diocèse mentionné au rang d’archevêché et Mgr Antoine fut nommé métropolite et archevêque de la nouvelle entité, position qu’il occupa jusqu’à son décès. Le défunt avait obtenu le respect, l’estime et l’amitié de plusieurs présidents mexicains, dont MM. Gustavo Diaz Ordaz et Vicente Fox Quesada, ainsi que de plusieurs secrétaires d’État et de dirigeants de diverses Églises.

Source

Élection par le Saint synode du patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient de Mgr Nicolas (Baallbaki) comme métropolite du diocèse de Hama (Syrie).

Mgr Nicolas Baallbaki, métropolite de Hama (Syrie)

Au cours de sa huitième session extraordinaire tenue à Balamand (Liban), le saint-synode du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche a élu l’évêque Nicolas Ba’albaki métropolite de Hama et de ses dépendances. Les membres du saint-synode ont choisi l’évêque Nicolas parmi six candidats qui avaient été auparavant choisis par l’assemblée clérico-laïque qui s’est réunie à Hama. Le nouveau métropolite est né à Damas en 1957. Il a terminé ses études de médecine à l’université de Damas en 1980 et sa spécialisation en chirurgie générale en 1984. De 1993 à 1998 il a étudié à la faculté de théologie de Balamand. Il a été sacré évêque par feu le patriarche Ignace IV en 2011. Il était locum tenens de l’éparchie de Hama depuis le 30 mars 2017.

Source

Le patriarche d’Antioche Jean X confirme son soutien à l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

En réponse à l’appel du patriarche de Moscou Cyrille au sujet des projets de loi 4128 et 4511 du parlement ukrainien visant à interdire l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, le patriarche d’Antioche Jean X a envoyé le message suivant :
« Béatissime patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, bien-aimé frère et concélébrant dans le Christ notre Seigneur, nous embrassons avec grande joie Votre Béatitude bien-aimée dans le Seigneur, et dans la profondeur de la douleur qui emplit le cœur de notre peuple et de notre Église, au milieu des tragédies qui se sont abattues sur notre Orient, nous nous adressons à vous en ces jours bénis avec la salutation pascale : le Christ est ressuscité ! Nous avons reçu votre lettre fraternelle № 01/2608 du 16 mai 2017, et voudrions exprimer notre profonde solidarité avec Votre Béatitude et avec tous nos frères se trouvant dans les limites territoriales du Patriarcat de Moscou. Nous condamnons toutes les mesures que ce soit qui peuvent porter atteinte à la souveraineté du peuple ukrainien, et nous condamnons fermement de même toutes les mesures ayant un impact négatif sur l’indépendance, l’authenticité, l’intégrité et la liberté de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine. De tels projets de loi limitatifs sont condamnables, du fait qu’ils permettent l’escalade de la tension et visent au changement de l’identité culturelle de toute la société ukrainienne. À cette occasion, nous confirmons à nouveau notre position concernant notre soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique, reconnue par toutes les Églises autocéphales. C’est une occasion d’appeler à la paix et à l’activité pacificatrice, et aussi d’attirer l’attention des organisations internationales, des États et des citoyens de tous les pays, sur le danger des actes qui n’aspirent pas au développement de l’idée de la tolérance et de la paix, mais cherchent à attiser les conflits et la haine. Embrassant votre Béatitude dans le Seigneur, nous exprimons notre profonde solidarité avec votre position concernant les derniers événements en Ukraine et demandons au Seigneur de vous renforcer et d’accorder à nous tous la paix. Avec amour fraternel et respect,

+Jean X, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient ».

Source

Le patriarche d’Antioche Jean X a célébré la sainte liturgie à Balamand en présence de plusieurs ministres libanais

Le patriarche d’Antioche Jean X a célébré la sainte liturgie le 15 janvier 2017 au monastère de Balamand. Il était assisté par des prêtres et diacres du Patriarcat. Le vice-premier ministre, le ministre de la santé, le ministre de la défense et le ministre d’État contre la corruption, ainsi que des députés, des officiers et un grand nombre de fidèles assistaient à l’office. Le patriarche a prononcé l’homélie dans laquelle il a abordé la question de la paix, mais a également souligné que nous devons être reconnaissants à Dieu pour les bienfaits qu’Il nous accorde. Ensuite, le primat de l’Église d’Antioche a salué les ministres, soulignant l’importance de l’esprit de réconciliation. « La présence chrétienne au Liban constitue un pylône de puissance et de vie du christianisme en Orient », a déclaré entre autres le patriarche d’Antioche Jean. Enfin, le primat a abordé une fois de plus la question des deux hiérarques enlevés à Alep, soulignant que « nous tous prions quotidiennement pour leur libération ».

Source

Le patriarche orthodoxe d’Antioche Jean X a célébré Noël à Alep

S.B. le patriarche d’Antioche Jean X est arrivé à Alep le samedi 24 décembre 2016, pour célébrer Noël avec les enfants de son diocèse fidèle, qui sont blessés par l’absence de leur pasteur, S.E. le métropolite Paul. Sa Béatitude est entré dans l’église en procession solennelle au rythme d’une fanfare, à la grande joie des fidèles. Il a célébré les matines et la divine Liturgie en la cathédrale du Prophète Élie à Alep, assisté par l’évêque Nicolas (Baalbaki), l’archimandrite Mousa al-Khasi, vicaire du métropolite Paul, l’archimandrite Alexis Shehadeh, directeur du Département patriarcal des relations œcuménique et du développement, ainsi que par de nombreux prêtres et diacres du diocèse. L’archimandrite Mousa a accueilli Sa Béatitude par le discours suivant : « Notre Maître, Votre Béatitude le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient Jean X, plus de cinq ans se sont écoulés depuis le commencement des souffrances de notre cher pays, plus de quatre ans se sont passés depuis que se fût ouverte la plaie dans notre diocèse d’Alep et d’Alexandrette, à savoir l’enlèvement de notre pasteur le métropolite Paul, et aujourd’hui, au milieu de cette souffrance, le Seigneur nous visite par une consolation divine, la consolation de votre présence parmi nous, et votre bénédiction pour nous en la fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus. La Nativité du Christ est l’inauguration d’une nouvelle étape dans la vie du genre humain. Dieu a créé l’homme pour vivre avec Lui dans l’intimité et la communion d’amour. L’homme a choisi de se séparer de Dieu et de tomber dans le péché, mais l’amour de Dieu ne l’a pas abandonné à son sort inévitable. Le Christ s’est incarné afin de restaurer cette intimité et d’inaugurer une nouvelle étape de la vie humaine, l’étape de la régénération du genre humain et de la résurrection. En cette fête de la Nativité de cette année, nous faisons l’expérience de cette sensation de renaissance et de résurrection. Aujourd’hui, notre ville secoue de ses épaules la poussière des dures circonstances, tandis qu’elle inaugure une nouvelle étape, une étape de renaissance, une étape de guérison et de construction. Aujourd’hui, le diocèse d’Alep et d’Alexandrette initie à Alep la voie de la guérison de ses blessures, malgré la plaie ouverte qui demeure dans son cœur, l’absence du pasteur. Mais ce diocèse de Job a appris que la douleur des blessures ne signifie pas qu’il doive capituler devant elles, mais que celles-ci constituent un rappel constant à poursuivre la voie de la guérison. Nos enfants de ce diocèse ont souffert quotidiennement à Alep, Idlib et Tabaka du manque de sécurité physique et ils souffrent toujours de l’impact de conditions de vie difficiles, comme du déplacement et de l’isolement avec toutes les souffrances et les épreuves qu’ils apportent, à l’instar de leurs frères à Alexandrette, Mersin, Arsuz et dans tous les coins du monde. La question, aujourd’hui, avec le commencement de cette nouvelle étape dans la vie d’Alep est la suivante : le temps du repos est-il arrivé pour nous ? Oui, Votre Béatitude, le temps du repos est arrivé, mais nous avons appris que le repos n’est pas un moment de relaxation ; le repos de l’âme consiste à lutter pour chercher la résurrection avec son Rédempteur. Aussi, nous, enfants de ce diocèse faisons aujourd’hui une promesse devant vous, Votre Béatitude, devant notre pasteur absent mais présent, et devant l’Église entière, depuis ce lieu, depuis l’église de saint Élie à Alep, qui n’a pas abandonné ses enfants et qui n’a pas été abandonnée par ceux-ci, malgré les dangers et les épreuves effrayantes : nous ne nous reposerons pas si ce n’est dans la résurrection. Nous ne nous reposerons pas, si ce n’est dans la renaissance. Nous ne nous reposerons pas, si ce n’est dans la guérison. Nous vous promettons que la bénédiction de votre présence parmi nous sera l’inauguration du reste de cette guérison. Quand Alep passait par les dangers les plus grands et les circonstances les plus sombres, deux grandes personnalités y sont entrées, défiant tous ces dangers et ces circonstances : son pasteur, le métropolite Paul, qui a refusé de ne pas célébrer la Résurrection avec ses enfants, ce qui a provoqué son enlèvement alors qu’il était en route vers ceux-ci, mais son voyage continue sur la voie de leurs cœurs, car jour après jour il est plus présent encore dans leurs cœurs, leurs prières et leurs espérances ; et leur patriarche, Jean X, qui, en étant présent en 2014 pour célébrer Noël avec ses enfants à Alep, a incarné le courage, la hardiesse et l’amour sacrificiel. Aujourd’hui, le jour de Noël 2016, vous êtes venu, Votre Béatitude, pour inaugurer pour nous par votre présence parmi nous cette nouvelle étape, celle de la lutte et de l’espérance, la lutte pour le travail et la construction, et l’espérance que votre présence bénie parmi nous constituera les prémices d’une présence qui rassemblera pour toujours notre pasteur avec ses enfants afin de célébrer ensemble la Résurrection du Christ. J’espère que vous me permettrez de vous offrir, en toute humilité, au nom du diocèse de Job, de son pasteur, ses prêtres, ses conseils paroissiaux et ses fidèles cette icône de mosaïque faite par des mains alépines pour la gloire de votre saint patron, Jean le Théologien, se tenant devant la Croix de notre Seigneur. Et ce dans l’espoir que tout comme il se reposa sur la poitrine de son Bien-Aimé lors de la Cène mystique et pria avec Lui sur la Croix, vous nous porterez dans vos saintes prières à chaque fois que vous célébrerez la Cène mystique de l’Église lors de la divine Liturgie et que vous prierez devant la Croix de notre Seigneur Jésus. Nombreuses années à vous, Maître ! » Dans sa prédication, Sa Béatitude a expliqué la signification de la fête et de l’incarnation du Christ pour l’humanité. Il a souhaité que cette fête apporte la paix à Alep, en union avec la terre de la nation syrienne entière. Il a souligné la résolution du peuple d’Alep, sa détermination et son dévouement pour son pays et sa nation, et son espérance que nous célébrerons tout cela en présence du métropolite Paul, très bientôt. Ont assisté à l’office le gouverneur d’Alep, le président du conseil municipal, et une délégation de personnalités officielles. La divine Liturgie a été suivie par une fête dans la cour de l’église, après quoi Sa Béatitude s’est rendu dans la salle de l’église où une galette à été découpée, et où les fidèles sont venus pour recevoir la bénédiction patriarcale et pour lui adresser leurs félicitations à l’occasion de la fête. Sa Béatitude continuera le programme de sa visite à Alep durant les prochains jours.

Source

Un évêque du Patriarcat orthodoxe d’Antioche a évoqué les miracles qui se sont produits pendant la guerre en Syrie

Le vicaire du patriarche d’Antioche Jean X, l’évêque d’Erzurum Mgr Sadiq Qais, dans une interview au site de l’Église orthodoxe d’Ukraine a évoqué les manifestations de l’aide divine aux chrétiens orthodoxes pendant la terrible guerre de Syrie. « Les fidèles témoignent souvent de miracles. C’est ainsi qu’il y a environ deux ans, dans l’église de la Sainte-Croix à Damas, un obus a percé le mur et s’est arrêté devant l’icône de sainte Catherine. S’il avait explosé, il y aurait eu des milliers de victimes. Un autre miracle s’est produit au célèbre couvent de la Nativité de la Très sainte Mère de Dieu à Saidnaya. L’usage veut que l’on brûle ici, à titre d’offrande votive, des cierges de grande hauteur, de la taille de ceux qui les offrent. Pendant un office, un homme (il s’avéra par la suite qu’il était musulman) offrit un tel cierge et demanda à une moniale de l’allumer. Après avoir transmis ce cierge, il descendit immédiatement par l’escalier de l’église, mais fut frappé par une crise cardiaque et s’effondra. Pendant ce temps, les moniales essayèrent plusieurs fois d’allumer le cierge, mais n’y parvinrent pas (il s’éteignait constamment). Or à cet instant, elles entendirent un cri et furent informées que l’homme qui avait apporté ce cierge se trouvait mal. Elles se rendirent immédiatement à l’endroit où il était affaissé. Il se mit à parler et dit aux sœurs : « Attention, dans le cierge que j’ai apporté, il y a de la dynamite », puis il mourut sur les marches de l’escalier. Il s’avéra qu’il était musulman… Le doigt de Dieu est toujours avec nous, nous le sentons », a conclu l’évêque Qais. Dans son interview, l’évêque syrien a abordé la question des monuments historiques détruits : « Les envahisseurs qui sont passés par le Moyen Orient au cours de l’histoire, les Mongolo-Tatares, les Croisés, les Mamelouks, les Turcs, n’ont pas détruit les monuments de la civilisation chrétienne. Les extrémistes islamistes détruisent tout aujourd’hui. Des gens sont tués sous nos yeux, des adultes et des enfants, on les décapite… Aujourd’hui, en Syrie, ce ne sont pas seulement nos églises qui sont attaquées, mais des villes antiques romaines entières, voire même des mosquées. Qui a détruit la mosquée des Omeyades à Alep qui constitue le patrimoine de toute la culture mondiale ? Ce sont les islamistes radicaux. La question surgit : qui se trouve derrière tout cela, qui fournit des armes aux rebelles, qui a créé l’EIIL, qui a amené les mercenaires (les représentants de 70 nationalités participent à cette guerre) sur nos terres ? Pourquoi l’ONU n’élève-t-elle pas sa voix, afin de condamner ces gens comme criminels ? Même l’UNESCO garde le silence au sujet de la destruction des monuments culturels ! ». L’évêque Qais a déclaré également, en ce qui concerne le sort des métropolites d’Alep Paul et Yohanna (Jean) Ibrahim, enlevés en 2013, que « l’on observe une indifférence totale de la part des organisations internationales pour la défense des droits de l’homme ». En outre, il a précisé que seul un petit nombre de chrétiens quittaient la Syrie. En fait, ils passent simplement de régions déchirées par la guerre dans des régions plus sûres, telles que par exemple la « vallée des chrétiens » (Wadi al-Nasara), où se trouvent 56 villages chrétiens, principalement orthodoxes. « En tout, 1% de tous les réfugiés qui quittent la Syrie sont des chrétiens, tous les autres sont musulmans », a fait remarquer l’évêque.

Source

L’Église orthodoxe russe et le Patriarcat d’Antioche n’ont pas de nouvelles informations sur le sort des deux métropolites syriens kidnappés en 2013

L’Église orthodoxe russe et le Patriarcat d’Antioche ne disposent pas de témoignages fiables concernant le sort des deux métropolites syriens kidnappés en 2013. C’est ce qu’a déclaré ce mercredi à l’Agence russe RIA Novosti l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du Département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Des informations contradictoires ont circulé les années passées en ce qui concerne leur sort, notamment sur leur possible exécution. Une moniale catholique-romaine du monastère Saint-Jacques (Syrie), Agnès Mariam El Salib, a déclaré mercredi lors de la conférence de presse à l’Agence RIA Novosti que les métropolites enlevés, selon de nouveaux témoignages, seraient vivants et captifs des terroristes à Raqqa. Commentant ces nouvelles données, l’archiprêtre Nicolas Balachov a déclaré que « durant les trois dernières années, des déclarations ont plus d’une fois été faites selon lesquelles les métropolites ne seraient plus vivants. Mais jusqu’à présent aucune de ces informations n’a reçu de confirmation fiable ». Selon l’archiprêtre, on continue dans l’Église orthodoxe russe « à prier ardemment afin que le métropolite orthodoxe de la ville très éprouvée d’Alep, Mgr Paul Yazigi. revienne vivant auprès de son troupeau et aussi pour que commence enfin une paix durable ». « Nous prions aussi pour le métropolite syro-jacobite Youhanna Ibrahim. Mais l’Église orthodoxe russe ne dispose actuellement d’aucun témoignage fiable sur leur sort. Le représentant du patriarche d’Antioche auprès du patriarche de Moscou, le métropolite Niphone, a confirmé que l’Église d’Antioche n’a pas non plus d’informations sur le sort des deux métropolites. Malheureusement, jusqu’à maintenant, les diplomates et les militaires russes n’ont pas réussi à connaître quelque chose de nouveau à leur sujet », a ajouté le père Nicolas. En même temps, l’archiprêtre a fait remarquer que « le fait que les ravisseurs des deux métropolites syriens, pour autant que nous le sachions, n’aient formulé aucune exigence durant tout ce temps ne fait qu’exacerber notre profonde inquiétude pour la vie de nos frères».

Source

Vient de paraître: patriarche Ignace IV d’Antioche, « Un amour sans feinte » (Parole et Silence)

patriarche-ignace-iv-un-amour-sans-feinte-9782889187805Aux éditions Parole et Silence est paru récemment Un amour sans feinte du patriarche Ignace IV d’Antioche de bienheureuse mémoire, un dialogue avec les moines et moniales d’Antioche. Présentation de l’éditeur: « Parmi les visages lumineux de l’orthodoxie que j’ai connus, Ignace IV est l’un de ceux qui m’ont le plus conduit à percevoir un chemin de transfiguration déjà à l’œuvre ici, dans nos vies. Nous l’avons rencontré au Patriarcat à Damas ainsi qu’à Balamand, l’Institut de Théologie et l’université qu’il a façonnés à partir de rien et transformés en foyer de formation pour les prêtres de l’Église et pour les jeunes hommes et femmes du Liban et de la Syrie.

A travers le vécu de cet homme de Dieu, nous espérons que le lecteur pourra expérimenter à quel point notre foi et notre existence chrétienne dépendent de ceux qui nous ont précédés, et continuent de le faire, à la suite du Seigneur ; qu’il mesure aussi quelle route on peut parcourir si on reste docile à la voix de l’Esprit ; enfin, qu’il voie comme il est beau que les frères se « retrouvent » ensemble déjà ici, dans un joyeux prélude à la pleine communion d’amour qui existe depuis toujours dans le cœur du Seigneur et qui attend encore que nous la rendions visible « afin que le monde croie. » Enzo Bianchi »

Visite du patriarche d’Antioche Jean X en Roumanie

Le patriarche d’Antioche Jean X est arrivé le vendredi 23 septembre à l’aéroport international de Iaşi, où il a été accueilli par une délégation de l’Église orthodoxe roumaine constituée du métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, de l’archevêque de Suceava et de Rădăuţi Pimène, ainsi que l’évêque de Huşi Corneille. Le patriarche d’Antioche a ensuite été conduit avec sa délégation à la cathédrale métropolitaine de Iaşi, où il a été reçu par l’archevêque de Roman et Bacău Joachim, entouré des clercs et des fidèles du diocèse. Ensuite, l’archevêque Joachim a célébré un office de Te Deum à la cathédrale, à l’issue duquel le métropolite Théophane a souhaité la bienvenue à son hôte, soulignant que la visite du patriarche Jean X constitue un moment de joie spirituelle particulière pour les fidèles du diocèse métropolitain de Moldavie et de Bucovine. En effet, a poursuivi le métropolite, il y a des liens étroits entre l’Église roumaine et l’Église d’Antioche comme le montrent les visites de longue durée en Moldavie des patriarches d’Antioche Macaire III avec son diacre Paul d’Alep, le patriarche Joachim V, le patriarche Athanase III, le patriarche Néophyte, le patriarche Sylvestre, etc. Le métropolite Théophane a évoqué également les liens particuliers entre le saint hiérarque Anthime d’Iviron et les chrétiens orthodoxes de langue arabe et a encore mentionné le fait qu’au monastère Saint-Sabbas de Iași fonctionnait une typographie qui a imprimé, en langue arabe, entre les années 1745 et 1747, de nombreux livres liturgiques ainsi que des ouvrages de défense de la foi orthodoxe. Font partie de la délégation antiochienne : le métropolite de Bagdad et Koweït Gattas Hazin, l’évêque d’Erzurum Qais, vicaire patriarcal, et d’autres membres du clergé. Le patriarche d’Antioche Jean X se trouve en visite officielle en Roumanie du 23 septembre au 1er octobre 2016. Il participera aux événements dédiés au 300ème anniversaire du trépas en martyr du saint hiérarque Anthime d’Iviron, et au 550ème anniversaire de la pose de la première pierre du monastère de Putna. À ces festivités sera représentée également l’Église orthodoxe de Géorgie. La délégation du Patriarcat d’Antioche visitera les monastères de Putna, Sucevița, Moldovița et Voroneț. Le dimanche, le patriarche d’Antioche, avec les hiérarques roumains et antiochiens célébrera la Sainte Liturgie au monastère de Putna.
Sources : 1 et 2

Le patriarche d’Antioche Jean X a été reçu par le président polonais

Le patriarche d’Antioche Jean X, accompagné par le métropolite de Varsovie Sawa, le métropolite des Îles britanniques et d’Irlande Silouane et de l’évêque de Chrysoupolis Constantin (tous deux du Patriarcat d’Antioche) ont été reçu par le président polonais Andrzej Duda au palais présidentiel, à Varsovie, le 17 août 2016. Lors de sa rencontre avec le président polonais, le primat de l’Église d’Antioche a présenté la véritable image de la situation en Syrie, au Liban et en général au Moyen Orient, soulignant que les chrétiens et les musulmans y vivaient paisiblement pendant des siècles. « Il faut mettre un terme à la crise en Syrie et au terrorisme au Moyen Orient » a déclaré le patriarche. Celui-ci a mentionné également les deux métropolites enlevés dont, encore trois ans après, on ignore le sort, ajoutant qu’il était essentiel qu’une solution soit trouvée à la crise politique au Liban par l’élection d’un nouveau président. De son côté, le président polonais a souhaité la bienvenue au patriarche d’Antioche et à sa suite, déclarant qu’il suivait avec effroi et respect, tout ce qui se produit au Moyen Orient et en Syrie. « La Pologne produit tous les efforts possibles pour que soit trouvée une solution pacifique en Syrie, mais aussi au Moyen Orient », a déclaré M. Duda. Le patriarche a remercié le président polonais cette rencontre et lui a souhaité du succès dans l’accomplissement de sa fonction présidentielle.

Source

Le patriarche d’Antioche Jean X effectue une visite à l’Église orthodoxe de Pologne

Le patriarche d’Antioche Jean X et sa suite ont été accueillis chaleureusement à l’aéroport de Varsovie par le métropolite de Varsovie Sawa, primat de l’Église orthodoxe de Pologne. Immédiatement après, les deux primats se sont dirigés à l’église Sainte-Marie-Madeleine, où a eu lieu une doxologie. À l’issue de celle-ci, le patriarche d’Antioche a déclaré dans son homélie : « Je vous remercie pour chaque parole d’amour et de bienvenue, et j’estime particulièrement vos nobles sentiments envers vos frères de l’Église d’Antioche ». Dans un autre passage de son homélie, le patriarche Jean a souligné : « Nous apportons les inquiétudes du sans-abri, de la personne enlevée, de celui qui est déplacé et de l’orphelin. Nous apportons la douleur de la ville d’Alep qui attend ses pasteurs enlevés depuis plus de trois ans, Yohanna (Jean) Ibrahim et Paul Yazigi, alors que le monde reste simple spectateur de cette tragédie ». Ensuite, le patriarche d’Antioche Jean, accompagné par le métropolite de Varsovie Sawa s’est rendu à l’Académie théologique chrétienne, où il a été reçu par son président. Là, le primat de l’Église d’Antioche a reçu le titre de docteur honoris causa, en présence du président de l’Académie, des membres du personnel enseignant, des étudiants, et d’une nombreuse assistance. Recevant cette distinction, le patriarche Jean a remercié le président, déclarant: « C’est un grand honneur pour moi, le premier jour de ma visite en Pologne, de me trouver parmi vous pour recevoir le doctorat honoris causa de l’Académie théologique chrétienne de Varsovie ». Puis de conclure : « Nous vous remercions, mes frères, pour votre distinction honorifique, que nous considérons en premier lieu comme une médaille que nous plaçons sur la poitrine de l’Église d’Antioche ».

Source

Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche du 27 juin

Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche

Balamand, 27 juin 2016
« En clôture de sa septième session extraordinaire qui a débuté le 25 mai 2016, le Saint Synode d’Antioche s’est réuni le 27 juin 2016 à Balamand sous la présidence de Sa Béatitude le patriarche Jean X et avec la participation des hiérarques du saint siège antiochien. Les Pères ont adressé leurs souhaits à leurs enfants spirituels à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, chefs des Apôtres et fondateurs du saint siège d’Antioche. C’est dans ce siège que les disciples furent pour la première fois appelés chrétiens et où ses enfants continuent de porter le témoignage du Christ ressuscité, particulièrement dans notre bien-aimée Antioche, dans la Syrie martyre, au Liban tourmenté, dans l’Irak blessé, et dans tous les pays du Golfe arabe et les archevêchés dans la « diaspora », aux Amériques, en Australie et en Europe. Les Pères ont évoqué leur frère le métropolite Paul (Yazigi), archevêque d’Alep, qui a été enlevé depuis plus de trois ans dans l’indifférence volontaire généralisée. Lui-même ainsi que son frère le métropolite Youhanna (Ibrahim) et tous ceux qui ont été enlevés demeurent constamment présents dans les prières et les supplications des fidèles et dans le témoignage quotidien de l’Eglise. Les Pères ont élevé leurs prières pour le repos de ceux qui ont subi le martyre pour avoir eux aussi été appelés chrétiens, et ils ont demandé leurs prières devant le Trône divin, afin que Dieu affermisse Son Eglise et donne à Ses enfants la force et la sagesse de témoigner fidèlement, ici et maintenant, du Christ ressuscité d’entre les morts.

Les pères ont passé en revue la question du grand concile orthodoxe, dont l’Eglise orthodoxe a préparé la tenue depuis plus de cinquante années. L’Eglise d’Antioche avait demandé le report de la tenue de ce Concile, afin que soit consolidée l’unité panorthodoxe, en attendant que soit assurée l’unanimité sur les questions controversées de son agenda, et en attendant aussi que soient remplies les conditions ecclésiologiques permettant la participation de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales à ses travaux.

Etant donné qu’il n’a pas été traité positivement avec la requête antiochienne de report du concile ainsi que les requêtes des Eglises russe, bulgare et géorgienne dans le même sens, et vu que le concile, que l’on voulait originairement « panorthodoxe », s’est réuni en l’absence de quatre Eglises autocéphales représentant environ la moitié des fidèles orthodoxes de par le monde,
Etant donné que l’appel à la tenue de cette réunion a ignoré la nécessité de fonder la conciliarité orthodoxe sur la pleine communion eucharistique entre les Eglises, communion qui constitue l’élément constitutif et le fondement de cette conciliarité, et ce en négligeant la recherche d’une solution avant le concile à l’agression perpétrée par le Patriarcat de Jérusalem sur les frontières canoniques du Siège d’Antioche, le patriarcat œcuménique ayant décidé de reporter la négociation après le Concile,
Etant donné que les communiqués et déclarations publiés par les participants en Crète ont injustement blâmé les Eglises absentes et se sont abstenus de tout blâme envers la partie qui a géré la période préparatoire de Crète 2016,

Et après avoir examiné l’ambiance, les déclarations et positions de la réunion qui s’est tenue sur l’île de Crète, et tous les sophismes qui ont récemment circulé, les pères ont formulé les observations suivantes :
Premièrement : les pères affirment que l’action orthodoxe commune est fondée sur la base de la participation et l’unanimité de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales. Ils rappellent que ce principe n’est pas une position antiochienne novatrice ou récente, mais bien une règle orthodoxe stable établie par le patriarche œcuménique Athénagoras de bienheureuse mémoire, lorsqu’il lança le travail préparatoire en vue du concile. Après lui, cette règle a été suivie par le patriarche Dimitrios, à l’époque duquel le règlement des conférences préparatoires au grand concile a été approuvé et dont les clauses prévoyaient clairement que la convocation à tout travail conciliaire, fût-ce au niveau préparatoire, est faite par le patriarche œcuménique après l’approbation des primats de toutes les Eglises (autocéphales), et que toutes les décisions sont prises à l’unanimité par les Eglises autocéphales pour être transmises au grand concile.
Deuxièmement : Les pères ont rappelé également que sa Sainteté Bartholomée le patriarche œcuménique actuel avait également confirmé cette règle durant les réunions préconciliaires préparatoires, et particulièrement lorsqu’il décida de suspendre les travaux du comité préparatoire en 1999, en raison du retrait d’une seule Eglise de la réunion susmentionnée, ce qui a conduit à l’arrêt du travail préparatoire en vue du grand concile durant dix ans. Dès lors les Pères se demandent alors comment l’absence d’une seule Eglise a pu conduire à la suspension du travail préparatoire au concile, tandis que pour certains le « grand concile » peut se réunir avec ceux qui sont présents et en l’absence de quatre Eglises orthodoxes autocéphales !
Troisièmement : Les pères ont constaté que la règle de l’unanimité a été également réaffirmée lors de la reprise du travail préparatoire au concile en 2009, et que durant la quatrième conférence préparatoire de 2009, la délégation antiochienne, par le biais de son conseiller, Albert Laham de bienheureuse mémoire, avait insisté sur la nécessité de respecter cette règle dans le processus décisionnel, en rappelant qu’en l’absence d’unanimité sur un thème spécifique, ce thème est alors renvoyé au comité préparatoire pour être plus amplement étudié, ainsi que le prescrivent les règles de procédure des conférences panorthodoxes préparatoires au Concile. A cette époque, cette proposition a été accueillie favorablement par toutes les Eglises participantes, y compris par le président de la conférence. C’est sur la base de cette proposition que la décision relative au problème de la diaspora orthodoxe et des assemblées épiscopales, a pu être prise.
Quatrièmement : Les pères ont réaffirmé que la position antiochienne appelant à élaborer un consensus en assurant l’unanimité de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales sur les thèmes de l’agenda, avait pour objectif depuis le début de renforcer l’unité orthodoxe durant la phase préparatoire, conformément à la tradition orthodoxe constante. L’Eglise d’Antioche ne s’attendait pas à ce que ce postulat acquis, qu’elle avait uniquement mentionné à titre de rappel, allait devenir un objet de controverse, ou bien que ce principe bien ancré allait être outrepassé par ceux qui l’avaient initialement établi et qu’ils avaient défendu depuis le début en tant que garant de l’unité orthodoxe ; cette unité ne peut en effet être réalisée si n’importe laquelle des Eglises a été exclue de la participation à la prise de décision ou si ses positions ont été ignorées. Il convient ici d’indiquer que le sommet (synaxe) des primats des Eglises, qui s’est réuni en janvier 2014, a confirmé cette règle en décidant que « durant le concile et durant la phase préparatoire toutes les décisions sont prises par consensus ». Et les Pères de se demander comment ce consensus peut-il être atteint alors que l’Eglise antiochienne a refusé les décisions du sommet précité (2014) et du sommet de Chambésy (2016) ; de se demander aussi comment l’unanimité peut-il être réalisée en Crète en l’absence de quatre Eglises orthodoxes.
Cinquièmement : Les pères insistent de nouveau que la position antiochienne demandant le report de la tenue du grand concile au cas où l’unanimité sur ses thèmes n’a pas été assurée, n’est ni nouvelle ni passagère et conjoncturelle. L’Eglise antiochienne a clairement exprimé cette position durant toutes les phases préparatoires au concile ces deux dernières années, et ce conformément au rôle qu’Antioche a toujours joué, refusant de manière constante qu’une quelconque Eglise puisse être ignorée au sein du travail orthodoxe commun. Par conséquent, tout ce qui a été publié dans les médias sur l’acceptation implicite, par l’Eglise antiochienne, de participer au concile n’est point vrai ; de même, toutes les analyses qui ont circulé sur les dimensions politiques fondant l’absence d’Antioche de la réunion en Crète, restent des analyses politiques qui sont sans fondement aucun. L’acceptation antiochienne de participer « par économie » aux travaux préparatoires ne signifie aucunement une quelconque renonciation de la part d’Antioche à ses positions susmentionnées, mais plutôt une réaffirmation de sa part de la poursuite des efforts afin que soient levés tous les obstacles qui empêchaient, et continuent de l’être, la tenue du concile.
Sixièmement : Les pères ont été surpris par les positions de certaines Eglises qui ont commencé à appeler dernièrement au dépassement du principe de l’unanimité et qui ont commencé à s’étendre dans l’interprétation d’un tel principe contrairement avec ce que prescrit le règlement des conférences orthodoxes préparatoires, qui a été adopté en 1986 et signé par leurs représentants, et que tous ont appliqués y compris lors de la cinquième conférence préparatoire qui s’est tenue en octobre 2015. Les Pères ont également été surpris par toutes les positions qui ont été récemment formulées suggérant que la convocation du concile à la date fixée était plus importante que la conciliarité et l’unité de l’Eglise. A cet égard, il importe à l’Eglise d’Antioche de remercier toutes les Eglises qui ont soutenu sa position juste en l’occurrence, et particulièrement les Eglises de Russie, de Géorgie, de Bulgarie et de Serbie.
Septièmement : Les Pères rappellent à leurs frères réunis en Crète le contenu de l’article 17 du règlement des conférences orthodoxes préparatoires, selon lequel « dans le cas où un thème spécifique qui a été discuté lors de la conférence n’a pas fait l’objet du consensus des délégations, la décision à son propos est alors abandonnée. Il est alors transmis par le secrétariat préparatoire du Saint et grand afin qu’il soit davantage étudié, approfondi et davantage élaboré, conformément au processus en usage au niveau panorthodoxe » ; ils rappellent également le contenu de l’article 4 du même règlement, qui stipule qu’ «il est interdit de retirer ou d’ajouter tout thème sur la liste des thèmes qui ont été préparés et acceptés au niveau panorthodoxe, au moins jusqu’à ce que son étude soit terminée. A la suite de quoi le grand et saint concile se réunit ». Les Pères antiochiens se demandent alors comment le grand concile peut-il être convoqué avant l’achèvement du travail préparatoire sur les thèmes figurant sur l’agenda, et alors que deux Eglises ont émis des réserves relativement au document « Le mariage et ses empêchements », et en présence du refus exprès de l’Eglise antiochienne de retirer trois thèmes fondamentaux de l’agenda du concile (Le calendrier ecclésiastique, les diptyques et l’autocéphalie et la manière de la proclamer).
Huitièmement : Les Pères affirment que face à la réalité connue que vit le monde orthodoxe suite à la réunion en Crète, l’unanimité des Eglises orthodoxes autocéphales demeure la règle d’or pour garantir l’unité du monde orthodoxe. Ils considèrent que ce fondement était et restera la base solide sur laquelle il faudra s’appuyer dans l’avenir, spécialement pour surmonter les répercussions de la réunion en Crète.
Neuvièmement : Quant aux voix qui estiment que la réunion en Crète est un concile œcuménique qui est régi par les règles de tenue des conciles œcuméniques, les Pères du synode antiochien rappellent à ces frères que depuis le début du vingtième siècle les Eglises orthodoxes se sont mises d’accord pour remplacer la convocation d’un concile œcuménique par la convocation d’un concile panorthodoxe dont l’agenda et les procédures de travail ont été clairement établis lors de la conférence de Rhodes en 1961. Le travail préparatoire s’est alors poursuivi durant cinq décennies et demie. Les Eglises se sont mises d’accord aussi, étant donné le caractère extraordinaire de ce concile, que tous les évêques du monde orthodoxe n’y soient pas présents, comme l’exige la tradition orthodoxe, et que toutes ses décisions seraient prise par le consensus de toutes les Eglises autocéphales sur la base d’une seule voix par Eglise autocéphale. Dès lors, ce processus réfute toute prétention qui cherche à considérer la réunion en Crète comme un concile œcuménique auquel s’appliqueraient les procédures suivies par les conciles œcuméniques. Ce processus oblige par conséquent les participants à la réunion de Crète à respecter les règles établies au cas où ils veulent le considérer comme un concile panorthodoxe. Ce qui n’a pas été le cas pour les raisons susmentionnées.

Dès lors, après avoir constaté que la réunion de Crète ne remplissait même pas les conditions requises pour tenir une conférence préparatoire au grand concile, et ce, sur la base du règlement des conférences orthodoxes préparatoires entériné en 1986 et qui demeure en vigueur et applicable jusqu’à ce jour, règlement qui stipule que la tenue de pareille conférence exige l’accord de tous les primats des Eglises orthodoxes locales sur la convocation de la conférence (article 2), et que la prise de décisions lors d’une telle conférence se fait à l’unanimité de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales (article 16), conditions qui n’ont pas été remplies lors de la réunion en Crète,
les Pères du Saint Synode d’Antioche ont décidé à l’unanimité ce qui suit :

1.  De considérer la réunion de Crète comme une réunion préparatoire en vue du grand concile orthodoxe, et donc de considérer ses documents comme non définitifs, et toujours soumis à la discussion et à la modification lors de la tenue du grand concile orthodoxe avec la présence et la participation de toutes les Églises orthodoxes autocéphales ;
2. De refuser l’attribution du caractère conciliaire à toute réunion orthodoxe à laquelle ne participent pas toutes les Églises orthodoxes autocéphales, et d’affirmer que le principe de l’unanimité reste la base fondamentale qui gouverne les relations orthodoxes communes. Par conséquent, l’Eglise d’Antioche refuse que la réunion en Crète soit appelée « grand concile orthodoxe » ou « grand et saint concile » ;
3. D’affirmer que tout ce qui est issu de la réunion de Crète, qu’il s’agisse de décisions et autrement, ne lie ni engage d’aucune manière que ce soit le Patriarcat d’Antioche et de tout l’Orient ;
4. De la « commission synodale de suivi » (qui dépend du Saint Synode du Patriarcat d’Antioche) d’observer et de suivre les résultats, les conséquences et les répercussions de la réunion de Crète et de faire le nécessaire à leur endroit, et de présenter un rapport détaillé au Saint-Synode d’Antioche lors de sa prochaine session synodale ;
5. D’adresser une lettre relative aux présentes décisions du Saint Synode d’Antioche à toutes les Eglises orthodoxes autocéphales, ainsi qu’aux autorités civiles et religieuses des pays de la diaspora.
6. D’appeler les fidèles à accompagner les Pères du Saint Synode antiochien dans la prière pour la préservation et la pleine manifestation de l’unité du témoignage chrétien orthodoxe dans le monde d’aujourd’hui.

Le seul texte qui fait foi est le texte arabe ».

Ce communiqué a été traduit du texte original arabe pour Orthodoxie.com.

Le Patriarcat d’Antioche considère le Concile orthodoxe en Crète non comme un concile, mais comme une réunion préparatoire

FB_IMG_1464452921848_1Dans une déclaration du 27 juin du secrétariat de son Saint-Synode rendant compte d’une réunion de ce dernier, le Patriarcat d’Antioche rappelle les raisons de sa non-participation au Concile en Crète. Il a décidé de considérer la rencontre en Crète non comme un concile, mais comme une réunion préparatoire. Ses documents quant à eux sont donc considérés comme non-définitifs, mais ouverts à la discussions et aux modifications. En conséquence, le Patriarcat d’Antioche refuse que la rencontre en Crète puisse être appelée « grand Concile orthodoxe » ou « grand et saint Concile ».

Extrait :

Les Pères du Saint-Synode ont décidé à l’unanimité ce qui suit :

  1.  De considérer la réunion de Crète comme une réunion préliminaire en vue du Concile pan-orthodoxe, donc de considérer ses documents comme non définitifs, mais toujours ouverts à la discussion et à la modification jusqu’à la convocation du Grand Concile panorthodoxe avec la présence et la participation de toutes les Églises orthodoxes autocéphales.
  1. De refuser l’attribution d’un caractère conciliaire à toute réunion orthodoxe qui ne comporte pas toutes les Églises orthodoxes autocéphales, et de souligner que le principe de l’unanimité reste la base essentielle pour les relations orthodoxes communes. Ainsi, l’Eglise d’Antioche refuse que la réunion en Crète soit appelée « Grand Concile orthodoxe » ou « Grand et Saint Concile ».
  1. D’affirmer que tout ce qui a été publié à la réunion de Crète, qu’il s’agisse des décisions et d’autres choses, ne lie d’aucune façon le Patriarcat d’Antioche et de tout l’Orient.
  1. De constituer une commission appelée « Comité pour le suivi des questions abordées par le Concile » pour étudier les résultats et les conséquences de la réunion de Crète et offrir un rapport détaillé au Saint-Synode d’Antioche dans sa prochaine réunion.
  1. D’envoyez une lettre à propos de la décision du Saint Synode d’Antioche à toutes les Eglises orthodoxes autocéphales, ainsi qu’aux autorités civiles et religieuses à l’étranger.
  1. D’appeler les fidèles à accompagner les pères du Saint-Synode d’Antioche en priant pour la préservation et la manifestation totale de l’unité du témoignage chrétien orthodoxe dans le monde d’aujourd’hui.

Source : Patriarcat d’Antioche. Photographie d’une réunion du Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche. Une traduction française de cette déclaration est en cours.

Mgr Ignace : pourquoi le patriarcat d’Antioche ne participe pas au grand Concile en Crète ?

Paris : le site grec Romfea a mis en ligne, le 22 juin 2016, une video dans laquelle Mgr Ignace, métropolite de France et de l’Europe occidentale et méridionale (Patriarcat d’Antioche) fournit, en grec, les raisons pour lesquelles le Patriarcat d’Antioche ne participe pas au grand Concile en Crète. En voici la traduction française :

« Quelles sont les raisons de la non-participation du Patriarcat d’Antioche au Grand Concile en Crète ?
Il nous faut indiquer, de prime abord, que dès l’instant où l’idée de convoquer un Saint Concile a été lancée, le Patriarcat d’Antioche lui a porté un grand intérêt et en a saisi toute l’importance. Dès lors, il a joué un grand rôle pour promouvoir l’avancement des travaux préconciliaires qui se sont déroulés durant la soixantaine d’années de préparation du Concile.
Toutefois, la violation et la transgression, par le patriarcat de Jérusalem, des territoires du patriarcat d’Antioche, ont perturbé les relations entre les deux Eglises.
Qu’est-ce que la question du Qatar ? Il s’agit d’une question purement ecclésiastique et pas du tout géopolitique comme d’aucuns la qualifient ; le Qatar, en effet, est un pays arabe du Golfe arabe faisant partie du territoire du Patriarcat d’Antioche, qui a été reconnu sur base d’une décision du 4e Concile œcuménique. Sur ce territoire, il y a un Archevêché qui fonctionne normalement, avec de nombreuses paroisses desservies par des prêtres du Patriarcat d’Antioche.
Le 5 mars 2013, nous avons été surpris d’apprendre, par les média, que le Saint-Synode du Patriarcat de Jérusalem avait élu, sans prévenir, un archevêque du Qatar. Dès que nous apprîmes cet acte de violation, nous nous sommes adressés au Patriarcat œcuménique afin qu’il intervienne en faveur de sa résolution.
En juin de cette même année 2013, une rencontre s’est tenue à Athènes, au cours de laquelle il a été convenu que le Patriarcat de Jérusalem rappelle le nouvel évêque élu du Qatar, premièrement, deuxièmement qu’il modifie son titre et, troisièmement, qu’il s’engage à ne plus violer les territoires du Patriarcat d’Antioche ; aujourd’hui, le Patriarcat de Jérusalem ne reconnaît pas cet accord, ce qui nous a forcés à ne pas apposer notre signature au bas des décisions de la Synaxe des Primats des Eglises orthodoxes qui s’est tenue au Phanar en 2014, manifestant ainsi l’existence d’un problème grave au sein du monde orthodoxe. C’est alors qu’il a été convenu de convoquer le Grand Concile en 2016. Nous avons épuisé toutes les tentatives en évoquant sans cesse la question, afin que nous ne fussions pas empêchés de participer au Concile. D’autre part, toutes les Eglises orthodoxes nous ont maintes fois assuré que le Qatar relevait de la juridiction du Patriarcat d’Antioche et il nous a été plus d’une fois promis que la question serait résolue avant la tenue du Concile.
Nous avons pris part, par économie, à la Synaxe de janvier 2016 à Chambésy, au cours de laquelle nous avons une fois encore soulevé la question. Elle a été négligée et aucune importance ne lui a été accordée. Nous devons souligner ici que nous avons mentionné par écrit que nous avions un avis contraire et qu’en outre nous n’étions point d’accord avec le contenu de deux textes, celui relatif au mariage et l’autre sur le règlement interne et les décisions du Concile.
Au début avril, le Patriarcat œcuménique a pris une nouvelle initiative pour régler la question [du Qatar], mais tandis qu’il reconnaissait que nous avions encore fait d’autres concessions afin de ne pas mettre en danger l’unité de l’Orthodoxie, nous avons reçu une lettre officielle du Secrétariat du Patriarcat œcuménique en date du 3 mai, nous informant que la recherche d’une solution à ce problème était reportée après le Concile et nous privant, de ce fait, de la participation aux Liturgies eucharistiques du Concile.
Il est dès lors manifeste que notre décision n’a pas été prise à la dernière minute et, qu’en outre, il n’y avait point de consensus durant les deux années de préparation au Concile.
Source : (version corrigée) :

Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche au sujet du Concile panorthodoxe

Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche

 Balamand, le 6 juin 2016

 Décision synodale

 Dans le cadre de sa septième session spéciale du 25 mai 2016, le Saint Synode de l’Église d’Antioche a tenu, le 6 juin 2016, une séance présidée par Sa Béatitude le Patriarche Jean X en présence de leurs Éminences les évêques, pour étudier les récentes prises de position des Églises orthodoxes autocéphales au sujet du grand et saint Concile (ci-après « grand Concile ») et les sujets inscrits à son ordre du jour. Et pour définir la position de l’Eglise d’Antioche à son propos, tenant compte de la décision du Saint-Synode du Patriarcat Œcuménique en date du 31 mai 2016, qui stipule la formation «d’un comité de représentants des Eglises d’Antioche et de Jérusalem, avec le Patriarcat oecuménique pour coordinateur, qui se réunirait directement après le grand Concile  » dans le but de  résoudre la violation de l’Église de Jérusalem des limites territoriales canoniques de l’Église d’Antioche dans l’ Émirat du Qatar.

 Étant donné, qu’après examen des positions des Églises orthodoxes autocéphales, il a été noté que

  1. Les positions de nombre de ces Églises sur la plupart des sujets figurant à l’ordre du jour du grand Concile restent divergentes, et que certaines d’entre elles rejettent la version actuelle de certains documents qui seront soumis à son attention, et que ces positions et rejet ont été ouvertement prises dans des décisions de leurs saints-synodes respectifs qui ne prêtent pas à confusion ;
  1. Un certain nombre d’Eglises émet des réserves de fond sur les aspects organisationnels du grand Concile, son coût financier et les modalités de mise en application des décisions prises durant la synaxe des primats des Églises orthodoxes de Chambésy, en 2016 ;
  1. L’Église de Bulgarie a adopté, en date du 1er juin 2016, une décision synodale dans laquelle elle énumère ses réserves et demande à Sa Sainteté le patriarche oecuménique de reporter la tenue du grand Concile à une date ultérieure, sans pour cela cesser sa préparation de manière efficace. Sinon, elle a indiqué qu’elle n’y participera point ;
  1. L’Église de Russie a adopté une décision synodale, en date du 3 juin 2016, dans laquelle elle propose la tenue d’une réunion préconciliaire avant la date du grand Concile, pour examiner les différents dossiers en souffrance et parvenir à un consensus sur les observations émises par les Eglises au sujet des documents synodaux, tout en insistant sur la nécessité de respecter le principe d’unanimité concernant la participation de toutes les Eglises autocéphales à ce Concile ;

Compte tenu du fait qu’il est apparu aux Pères du Saint Synode Antiochien que :

  1. Les observations et réserves émises par l’Eglise d’Antioche concernant le règlement interne de fonctionnement du grand Concile et les décisions prises par la synaxe des primats des Eglises orthodoxes, tenue à Chambésy du 21 au 28 janvier 2016, n’ont pas été à ce jour pris en compte, ainsi que son refus de ratification de ces deux documents. Ce qui viole les principes de base convenus pour toute action orthodoxe commune, institués par Sa Sainteté le patriarche oecuménique Athénagoras Ier lors du lancement des travaux préparatoires en vue du grand Concile, et qui exigent l’unanimité des Eglises autocéphales sur toutes les décisions ;
  1. Le document concernant le sacrement du mariage et ses empêchements figure toujours à l’ordre du jour du grand Concile, malgré sa non-ratification par l’Eglise d’Antioche et l’Eglise de Géorgie ;
  1. La question de la diaspora a été mise à l’ordre du jour du grand Concile sans la moindre évaluation du travail effectué par les assemblées épiscopales, et sans prendre en compte la position maintes fois exprimée par l’Eglise d’Antioche quant à la nécessité de tenir une réunion spécifique pour évaluer le travail de ces assemblées et suggérer les solutions ecclésiales adéquates avant le grand Concile. En effet, ces assemblées avaient été mises en place ‘pour une phase transitoire afin de préparer le terrain à une solution adéquate à la question de la diaspora avant la tenue du grand Concile, afin que ce dernier soit en mesure de lui trouver une solution canonique’ (paragraphe 1.b de la décision concernant la diaspora orthodoxe, adoptée par la 4ème conférence orthodoxe préconciliaire de Chambésy, du 6 au 12 juin 2009). C’est pourquoi il s’avère primordial d’évaluer le travail de ces assemblées avant la tenue du grand Concile, pour éviter que ce dernier ne soit amené à aborder directement cette question en l’absence de travail préparatoire ;
  1. La question du « calendrier ecclésiastique et de l’unification de la célébration de Pâques » a été retirée de l’ordre du jour malgré l’importance de ce sujet pour le peuple des fidèles du Siège d’Antioche, qui attend de la catholicité de l’Eglise orthodoxe une prise de position pastorale à ce sujet ;
  1. La section relative à l’évaluation des dialogues en cours avec les autres chrétiens, qui devait être préparée en amont du grand Concile, pour qu’elle puisse figurer dans le document relatif à « La relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », n’a été ni préparée ni son contenu soumis au consensus des Églises ;
  1. Le sujet de « l’autodétermination et les modalités de sa déclaration » nécessite un accord sur son contenu avant de l’inscrire dans sa version finale  à l’ordre du jour du grand Concile;
  1. L’absence de participation effective des Églises orthodoxes au travail préliminaire et préparatoire, la lenteur d’action du secrétariat du Concile et l’absence de clarté sur le programme de ses séances et la façon de les conduire qui ont marqué la dernière phase préparatoire, pourraient entraver les échanges durant le Concile;
  1. La dernière décision du Patriarcat oecuménique en date du 31 mai 2016, de reporter la recherche d’une solution au conflit persistant avec le Patriarcat de Jérusalem à une date ultérieure à la tenue du grand Concile, ignore l’initiative prise par le patriarche œcuménique (du 5 avril 2016) de régler ce problème et l’accueil favorable qui lui a été faite par l’Eglise d’Antioche. Elle fait également abstraction des profondes implications de ce différend et de ses répercussions sur le grand Concile. En effet, ce dernier ne peut être tenu dans le cadre d’une rupture de communion entre deux Eglises apostoliques, et ce en raison de son caractère avant tout eucharistique. L’adoption d’une telle résolution, juste avant la tenue du Concile, place l’Église d’Antioche face à une option unique inacceptable, à savoir participer au grand Concile sans participer à l’eucharistie, en raison de l’absence de solution définitive à la violation du Patriarcat de Jérusalem, qui persiste depuis plus de trois ans (cf. Communiqué du Synode d’Antioche du 1er juin 2016 sur ce différend).
  1. La question de cette violation prend une dimension inquiétante et dangereuse du fait des prétentions du Patriarcat de Jérusalem, dans sa correspondance avec le Patriarcat d’Antioche, de s’approprier d’autres régions situées dans le territoire canonique du Siège d’Antioche ;

Etant donné que l’Eglise d’Antioche N’a ménagé aucun effort pour préserver l’unité orthodoxe, à laquelle elle tient et qu’elle a manifesté depuis le lancement de l’idée de la tenue du grand Concile en 1961. Elle reste fidèle à la ligne tracée par le patriarche Elias IV et confirmée par le patriarche Ignace IV, qui ont contribué à en faire avancer grandement les travaux préparatoires. Elle persévère aujourd’hui, en la personne du patriarche Jean X, dans la même voie pour consolider cette unité avec engagement, persévérance et esprit de sacrifice ;
Bien qu’elle n’ait pas ratifié les résolutions de la synaxe des primats des Eglises orthodoxes du Fanar (en mars 2014), a participé dans un esprit d’économie aux comités préparatoires du grand Concile et aux travaux de la Vème Conférence préconciliaire de Chambésy en 2015, puis à la synaxe des primats des Eglises orthodoxes de Chambésy en 2016. Et bien qu’elle n’ait pas ratifié les décisions finales de cette synaxe, elle a participé, aussi dans un esprit d’économie, au travail des comités préparatoires du grand Concile, afin de faciliter le travail orthodoxe commun et de l’accompagner, comme elle l’a toujours fait au cours des dernières décennies, mue par l’espérance de régler toutes les questions en suspens préalablement à la tenue de ce Concile ;
A donné à cet événement, le plus grand et le plus beau dans la vie contemporaine de l’Eglise, la place qu’il mérite, en en traduisant tous les documents préparatoires en arabe, et en les rendant accessibles à tous ses fidèles. De plus, le Saint Synode de l’Eglise d’Antioche a accompagné de près le travail préparatoire et proposé des modifications appropriées à ses documents.
Considère, à la lumière de ce qui précède, que la tenue du grand Concile, en cours de préparation depuis des générations, est entravée par de nombreuses difficultés, et a besoin d’un surcroît de préparation des sujets inscrits à son ordre du jour et des détails pratiques et de procédure concernant sa tenue et la manière de diriger ses travaux ;
En dépit des crises étouffantes qu’elle traverse, les plus graves de son histoire, et malgré les conditions de vie aléatoires de ses fidèles, notamment en Syrie, au Liban et en Irak, n’a ménagé aucun effort, aucune prière ni occasion pour concilier et faciliter les initiatives pour la tenue du Concile, et pour y participer, en dépit de toutes les difficultés humaines et économiques qu’elle vit ;
Attendu que ce Concile, s’il est tenu dans le cadre de l’interruption de la communion entre deux Eglises apostoliques, suggère que la participation aux délibérations conciliaires sont possibles sans participation à la sainte eucharistie, ce qui fait perdre au Concile son caractère ecclésiologique, ce qui le fait revêtir une nature administrative, en opposition à la tradition orthodoxe conciliaire solidement établie ;
Considère que ce Concile est convoqué afin d’exprimer l’unité orthodoxe, et que cela nécessite un climat d’amour et de fraternité en Christ, et le souci de s’adresser à l’homme d’aujourd’hui, ce qui demande un consensus sur un grand nombre de questions entre les Eglises orthodoxes autocéphales, et exige leur participation à ses travaux et leur approbation unanime de ses décisions ;
Constate que le peuple des fidèles, après avoir étudié l’agenda du Concile et ses documents, a exprimé sa grande déception du fait qu’il ne s’’adresse pas aux défis auxquels il est confronté; en particulier ceux de la jeunesse,  et a fait part de sa préoccupation de l’orientation qu’a pris ce Concile, qui porte atteinte à la vision de base qui a été la cause de sa tenue, à savoir affronter ensemble les défis qui interpellent l’Eglise orthodoxe de nos jours, afin exprimer un témoignage commun dans le monde d’aujourd’hui ;

Les Pères du Saint Synode Antiochien ont décidé à l’unanimité ce qui suit :

1. Demande à Sa Sainteté le patriarche œcuménique d’œuvrer à trouver un consensus concernant toutes les réserves exprimées par les Eglises autocéphales relatives au grand Concile, et ce pendant la période qui sépare de la date prévue d’ouverture du Concile . Si ce consensus s’avère difficile à trouver, l’Eglise d’Antioche demande de reporter la réunion du grand Concile à une date ultérieure, où les relations entre toutes les Eglises autocéphales seraient encore plus iréniques, et où il serait possible d’assurer l’unanimité orthodoxe sur les sujets du Concile, son règlement intérieur et ses procédures pratiques ;

2. La non-participation du Siège d’Antioche au grand Concile tant que des raisons empêchent la participation de tous à l’eucharistie durant ses travaux, implique de trouver une solution définitive à la violation de Jérusalem des frontières canoniques du Siège d’Antioche, qui a mené à la l’interruption de la communion avec le Patriarcat de Jérusalem ;

3. Réaffirmer de nouveau l’importance de la participation de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales au grand Concile et que ses décisions soient prises unanimement en leur présence, conformément au principe de base du Concile, et ce dans le but de sauvegarder l’unité de l’Eglise orthodoxe universelle.

4. S’adresser à toutes les Eglises orthodoxes et les informer du contenu de la position antiochienne et de ses bien-fondés.

5. Demander aux fidèles de prier avec leurs évêques pour que le Saint-Esprit inspire l’Église dans sa marche dans l’unité, et son témoignage pour le Christ dans le monde.  La version arabe du présent communiqué tient lieu de texte référence.

Communiqué du secrétariat du Saint Synode du patriarcat d’Antioche

Balamand, le 1 juin 2016

Le patriarcat d’Antioche a accueilli avec chagrin et stupeur la décision du Saint Synode du Patriarcat de Constantinople, en date du 31 mai 2016, concernant ‘la formation d’un comité de représentants des Églises d’Antioche et de Jérusalem, avec le Patriarcat œcuménique comme responsable de la coordination, qui devra se réunir immédiatement après le saint et grand Concile en vue de trouver une solution acceptable aux deux parties pour régler leur différend.

L’Église d’Antioche tient à souligner avec tristesse que cette décision implique une résignation devant les obstacles qui entravent la recherche d’une solution définitive  à ce différend causé par la violation de l’Église de Jérusalem des limites territoriales canoniques de l’Église d’Antioche dans l’Émirat de Qatar, et ce malgré les efforts fournis depuis plus de trois ans, à travers de  nombreuses initiatives iréniques du Patriarcat d’Antioche, par l’intermédiaire du Patriarcat œcuménique.

Cet état des choses est d’autant plus affligeant que ces efforts, accentués en concomitance avec le  processus de convocation du saint et grand Concile, avaient aussi pour but d’arriver avant le début du concile à une solution ecclésiale définitive de cette violation, afin qu’il puisse mieux témoigner de l’unité orthodoxe, cette unité qui trouve sa plus haute expression dans la sainte liturgie qui va inaugurer ses travaux,  le jour même de la Pentecôte. Car une telle inauguration, avec la participation de toutes les Églises autocéphales, en ce jour, est la meilleure façon d’aborder les problèmes de l’Église orthodoxe dans sa catholicité, et d’exprimer l’unanimité orthodoxe les concernant.

Mais la situation actuelle, se basant sur une résolution de l’infraction de l’Église de Jérusalem après le grand Concile, prive celui-ci du but même qui lui était assigné, à savoir celui ‘d’exprimer l’unité orthodoxe’. La fin de non-recevoir de cette Église des propositions iréniques antiochiennes met donc en péril la tenue même de ce Concile, à la date prévu, ce à quoi l’Église d’Antioche avait toujours mis en garde.

Nous appelons aujourd’hui toutes les Églises orthodoxes autocéphales à œuvrer avec diligence afin de préserver l’unité du monde orthodoxe, face aux dangers  qui la menacent. A cet effet, notre Église a maintenu ouverte la session de son Saint Synode, qui se réunira dans les prochains jours, pour évaluer la situation vis-à-vis du grand Concile et prendre les décisions nécessaires. Nous élevons nos prières au Saint Esprit, que nous nous préparons à accueillir, le jour de la Pentecôte, afin qu’Il inspire à Son Église et à ses hiérarques, la meilleure façon de témoigner, aujourd’hui  beaucoup plus qu’avant, de l’unité à laquelle nous a convié le Seigneur.

Source

Communiqué du Patriarcat œcuménique au sujet du différend entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem concernant la juridiction sur le Qatar

Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a publié un communiqué en date du 31 mai. Lors de sa session, le Saint-Synode a examiné les questions concernant le saint et grand Concile qui aura lieu prochainement en Crète. Il a également abordé la question du Qatar, qui préoccupe les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Conformément au communiqué susmentionné, le Patriarcat œcuménique suggère que soit constituée, sous sa responsabilité coordinatrice, une commission de représentants des deux Églises et ce immédiatement après le saint et grand Concile. Selon l’Agence Romfea.gr, des « cercles ecclésiastiques qui commentent le communiqué de ce jour, mentionnent que la réunion d’une telle commission après le Concile panorthodoxe n’aura pas de sens puisque les deux primats devraient concélébrer en Crète ». Un métropolite du Patriarcat d’Antioche a déclaré à l’agence susmentionnée que « La question doit être résolue avant le saint et grand Concile… ». Le communiqué du Saint-Synode du Patriarcat œcuménique est le suivant : « Le Saint-Synode s’est réuni sous la présidence de sa Toute-Sainteté, en session ordinaire, les lundi 30 et mardi 31 mai 2016, afin d’examiner les sujets portés à l’ordre du jour. À cette occasion, le Saint-Synode s’est occupé particulièrement du sujet du tout prochain saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, et des questions qui s’y rapportent, priant pour le succès de ses travaux et pour que le soutien céleste soit accordé à son président, sa Toute-sainteté le patriarche œcuménique. Dans ce cadre, le Saint-Synode a également examiné, assidûment, le problème connu de la juridiction ecclésiastique sur le Qatar qui préoccupe les anciens patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Le Saint-Synode en est arrivé à la décision selon laquelle il propose la constitution, immédiatement après le saint et grand Concile, d’une commission formée de représentants des deux Églises concernées, sous la responsabilité coordinatrice du Patriarcat œcuménique, afin d’étudier le problème et de trouver une solution acceptable pour les deux parties ».

Source

Communiqué du Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche à propos du Concile panorthodoxe

SaintSynodeAntiocheMai2016Du 25 au 27 mai, sous la présidence du patriarche Jean, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche s’est réuni au monastère patriarcal Notre-Dame de Balamand au Liban (photographie ci-contre). Il a publié un communiqué à propos du Concile panorthodoxe. Pour lire un extrait de celui-ci dans sa version française, cliquez sur ce lien. D’autre part, Carol Saba a été désigné par le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche comme porte parole officiel et responsable de la communication de la délégation patriarcale antiochienne au Concile panorthodoxe. En outre, il fera partie de la commission panorthodoxe des 14 Églises autocéphales sur les relations avec la presse et les médias lors du Concile.

Communiqué commun du Patriarcat grec orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient et du Patriarcat syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient

13001158_932228543541579_978737386614915856_nLe 21 avril, à Balamand au Liban, à l’occasion du 3e anniversaire de l’enlèvement des deux évêques d’Alep en Syrie (photographies ci-contre), le Patriarcat grec orthodoxe d’Antioche et le Patriarcat syriaque orthodoxe d’Antioche (Église non chalcédonienne) ont publié un communiqué commun que nous reproduisons ci-dessous la traduction française (source dont photographie, version anglaise):

Trois ans d’enlèvement pour nos frères Jean et Paul, évêques d’Alep

Balamand, le 21 avril 2016

Nos chers fils spirituels,
Nos frères dans la patrie et l’humanité,
Il y a trois ans jour pour jour, les évêques d’Alep Jean Ibrahim et Paul Yazigi furent enlevés dans les environs d’Alep, alors même qu’ils rentraient d’une mission humanitaire où ils agissaient en intermédiaires pour aider autrui. Depuis lors, pas une seule information officielle n’a filtré à leur sujet ; ni de la part d’un gouvernement, ni de celle d’une organisation, ni même émanant d’une autorité haute ou modeste, quelle qu’elle soit. Depuis trois ans, ce dossier est relégué aux oubliettes, et ceci n’est qu’une reproduction à échelle réduite de ce qu’endurent nombreux parmi nous : terreur, meurtre, enlèvements, exil, accusation d’apostasie, attentats dévastateurs… Tout cela sous couvert d’appellations et de slogans divers. Ni les torrents de larmes versées par les mères de Syrie et du monde entier, ni l’ardeur de tous ces cœurs épuisés en prière n’ont suffi à mettre un terme à cette tragédie débutée il y a plus de cinq ans, sous un nom sans lien avec son sens initial.
Il nous importe aujourd’hui, alors que nous soumettons cette tragédie au regard du monde entier, de confirmer les principes immuables que nous avons déjà affirmés et que nous partageons avec un grand nombre de personnes.
Si le but de ces enlèvements est de nous intimider en tant que chrétiens, que les ravisseurs sachent que nous sommes les descendants de ceux qui ont choisi de porter le nom du Christ, sur cette terre et non une autre, il y a deux-mille ans. Nous ne sommes pas surhumains et ne sommes pas soutenus par des colosses. De cette terre nous pétrissons notre pain et de toute la force de notre appartenance à ce sol nous sauvegardons notre identité, levantine et antiochienne, contre vents et marées.
Nous avons frappé à toutes les portes et continuerons de le faire, mais notre premier espoir, et le dernier, c’est en Dieu que nous l’investissons. Notre première et dernière force, c’est de la détermination de nos ancêtres, de leur persévérance et de l’amour qu’ils ont voué à leur terre et à leur Église que nous les tirons. En cet Orient nous demeurons, nos cloches continueront d’y résonner et nous ne cesserons d’y brandir nos croix et nos églises. La main malveillante qui se tendra vers ces croix et ces clochers, nos frères musulmans de tout bord se chargeront eux-mêmes de la tordre ; les musulmans du Levant, peuple de la tempérance, qui endurent tout autant que nous le fléau du terrorisme aveugle et les accusations d’apostasie, surgies en intruses dans nos relations chrétiennes-musulmanes, passées comme actuelles. Se chargera également de tordre le bras de ce fléau une longue fraternité, vécue et que nous continuons de vivre, avec toutes les communautés. On a beau briser nos croix, exiler nos familles, déchirer les entrailles de nos patries, incendier nos églises et nos mosquées, nous priver de nos enfants, de nos proches et bien-aimés, tombés en martyrs dans la lutte du bon droit contre l’injustice, il n’en reste pas moins que, tout cela, malgré l’étendue de son horreur, nous l’endurons comme si de rien et le déposons en offrande sur le chemin de croix enduré par notre Seigneur Jésus Christ. Toutes les ténèbres de ce bas monde, nous les enfouissons dans la lumière du regard de la Vierge toute sainte, honorée par les chrétiens comme par les musulmans, et au secours de laquelle nous en appelons, pour nous rendre tous les kidnappés et parmi eux nos deux frères, les évêques d’Alep.
En cette terre nous demeurons et nous n’épargnerons aucun moyen pour la défendre et y défendre notre présence. Nous n’y avons jamais constitué une minorité et nous ne le serons pas. Pour tous ceux qui se disent touchés par le sort des « minorités » et qui ouvrent leurs portes pour accueillir les Syriens de tout bord, il serait plus convenable d’œuvrer de toutes leurs forces pour trouver une solution qui leur épargnerait une lourde responsabilité et un fardeau économique supplémentaire, et qui épargnerait à cette population les dangers d’une traversée en mer exténuante, les affres de l’exil et du statut de réfugiés. Nous ne sommes pas des quêteurs de protection, mais des quêteurs de paix. Et la paix est une et indivisible. Elle ne se répartit pas en « paix pour les minorités » et en « paix pour les majorités ». La paix est celle de pays qui se sont fondés et tiennent grâce au vivre ensemble, au patriotisme, à l’esprit civique et au discours religieux modéré. La paix ne découlera pas d’un blocus économique extérieur, qui ne porte généralement atteinte qu’aux enfants sans-abri et aux démunis sur le sort desquels nombreux pleurent, alors même qu’ils ont été réduits à une vulgaire monnaie d’échange exploitée sur le marché des armes et dans le conflit d’intérêts.
A la communauté internationale nous répétons ce que nous avons affirmé précédemment : nous vous sommes reconnaissants de tous les sentiments fraternels et les condamnations exprimées. Cependant, après ces trois longues années d’attente, nous vous accusons tous de porter la responsabilité d’avoir ignoré cet enlèvement et du silence absolu sur ce dossier, et nous vous invitons tous à remplacer le discours habituel, qui consiste à dénigrer, condamner et promettre une action sérieuse, par des actes suivis, traduisant concrètement les bonnes volontés exprimées.
Nous renouvelons ici notre appel à libérer nos deux frères évêques et en appelons aux États décisionnaires et à ceux qui ont le pouvoir de « tirer les cordes » de la scène politique de mettre un terme à cette tragédie humaine minimisée, dont la description est loin d’en refléter l’ampleur et l’impact réel sur la population syrienne. Nous apprécions fortement, en revanche, et savons gré de tout effort, local ou international, déployé pour la convergence et le dialogue, car il est le seul garant de retrouver la paix en Syrie, au Levant et dans le monde.
Alors que nous élevons nos prières pour la paix en Syrie, au Proche-Orient et dans le monde entier, nous saluons la ville d’Alep, nos proches et les membres de la paroisse qui y résident. Nous saluons notre grande famille, tous les cœurs aimants, pétris d’espérance, qui ont chéri Jean Ibrahim et Paul Yazigi. Nous saluons nos fils dans la patrie et les membres de la diaspora, réunis par l’amour de la patrie et notre terre d’origine. Nous saluons toute la communauté d’Antioche unie dans la prière, dans la quête et dans la prise de position aux quatre coins de la terre.
A l’approche des fêtes de Pâques, qui célèbrent la Résurrection, nous prions Jésus-Christ, Seigneur de la Résurrection, de nous soulager du lourd fardeau qui pèse sur cet Orient et d’y implanter la lumière de Sa résurrection. Nous prions le Saint des saints de panser de Sa main tendue le cœur de chaque mère, père, frère ou ami miné par cette crise et d’adoucir leurs meurtrissures grâce à l’espoir de la résurrection. Nous prions le Dieu crucifié, qui a vaincu de Sa force l’empire de la mort, enseveli dans Sa tombe les maux de l’humanité et renforcé le cœur de Ses disciples, de consoler nos fils et de ramener la paix à la terre de la paix, cette terre d’Orient blessée, mais qui subsistera envers et contre tout. Nous sommes les enfants de la Lumière et de la Résurrection, et nos prières adressées aujourd’hui au Seigneur de la Lumière et de la Résurrection, l’appellent à étendre Sa Lumière consolante et Sa protection divine sur nos fils qui protègent cette terre, à accorder Sa miséricorde aux âmes des martyrs et à ramener chaque individu enlevé sain et sauf parmi les siens.
A nos frères évêques nous disons : vous êtes un parfum d’encens émanant dans les ténèbres actuelles. Vous êtes l’éclat d’une louange divine surgissant au milieu des écueils des intérêts. Vous qui marchez dans la Lumière du Christ, de laquelle vous tirez votre force et celle de la paroisse qui vous a été confiée, sachez que nous sommes à vos côtés, dans le flot d’une prière adressée au Rédempteur et à ses saints, le suppliant d’éloigner de nous ce nuage de tourments, d’inonder nos martyrs de Sa Lumière et de recouvrir nos proches de Son aile protectrice.
Sois à nos côtés Seigneur et accorde-nous Ta consolation divine. Bénis nos âmes de la force de Ta paix et ancre, au fond de nos cœurs, l’espoir de Ton Salut. Sois notre soutien et notre protection. Inonde nos esprits de la lumière de Ta paix et emplis nos âmes de l’éclat de Ta bonté. Console les kidnappés et ramène-les aux leurs. Reste, Seigneur, aux côtés des exilés et rend nous plus forts, afin que nous les consolions autant que faire se peut. Prends soin des orphelins, aie pitié de l’âme de nos martyrs et guéris, de Ton âme sacro-sainte, les cœurs meurtris de leurs proches.
Accorde-nous, Seigneur, la lumière de Ta paix et éclaire nos vies de Ta présence sublime.

Jean X (Yazigi), patriarche grec orthodoxe d’Antioche et du Levant

Mor Ignace Ephrem II (Karim), patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche et du Levant

Un métropolite du Patriarcat d’Antioche demande l’aide de la Russie pour retrouver les deux hiérarques enlevés en Syrie en 2013

Le métropolite Luc (Patriarcat orthodoxe d’Antioche) demande de l’aide pour récolter des informations concernant les deux hiérarques enlevés en Syrie, il y a maintenant trois ans. « Malheureusement, nous ne savons rien sur leur sort, nous ne savons pas où ils sont, ce que l’on a fait d’eux, s’ils sont vivants ou s’ils ont été tués. Nous n’avons aucune idée de leur situation », a déclaré le métropolite lors de sa rencontre avec une délégation parlementaire de Russie.

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

Source

Le patriarche œcuménique Bartholomée invite le patriarche d’Antioche à venir au Phanar pour régler son différend sur la juridiction du Qatar

Le quotidien grec « To Vima » a publié l’article suivant au sujet du différend entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem concernant la juridiction ecclésiastique sur le Qatar. « Le conflit a commencé il y a environ trois ans et maintenant, deux mois avant la convocation du Grand Concile, le patriarche d’Antioche Jean déclare, dans sa lettre au patriarche œcuménique Bartholomée que, si le problème n’est pas résolu, il ne participera pas au Concile en Crète. Le patriarche œcuménique lui-même, la semaine passée, face à l’impasse, a envoyé une lettre au patriarche Jean, l’invitant à Constantinople le mercredi après-midi, soit en personne, soit par des représentants de l’Église d’Antioche. La lettre du patriarche Jean « a provoqué de la tristesse, de la douleur dans l’âme et beaucoup de peine » pour lui, déclare le patriarche Bartholomée, la lettre en question laissant ouverte l’éventualité l’absence du patriarche d’Antioche au Grand Concile, si le problème « de l’Émirat du Qatar » n’est pas résolu. « Certainement, Sa Béatitude [le patriarche Jean] se rappelle, ainsi que son Église sœur [le patriarcat d’Antioche], tout le labeur, durant des années, et les efforts, qu’elle a déployés elle-aussi par l’intermédiaire de chacune de ses représentations pour la préparation de ce Concile, que le Patriarcat œcuménique estime à leur juste valeur comme toujours positives, et au titre desquels il exprime sa gratitude et sa reconnaissance », déclare le patriarche Bartholomée, qui ajoute : « Entre-temps, cependant, a surgi, malheureusement, le problème connu du Qatar, les très saintes Églises d’Antioche et de Jérusalem produisant les mêmes arguments ». Et de terminer : « Comme cela est connu de vous, Béatissime Frère, le Patriarcat œcuménique, en collaboration avec les délégations des deux Patriarcats aînés [les Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem], mais aussi des représentants à Athènes de l’honorable Gouvernement hellénique ont produit beaucoup d’efforts, sans cependant que le résultat souhaitable et positif, satisfaisant pour les deux Églises, attendu jusqu’à aujourd’hui, ne soit atteint ». Dans ce cadre, « le Patriarcat œcuménique prend l’initiative d’inviter votre délégation au Phanar, dans son devoir coordinateur et primatial, et en vue de l’entreprise historique de la convocation du Saint et Grand Concile, lequel doit montrer l’unité de notre Église orthodoxe Une et Unique ainsi que son témoignage envers le monde contemporain (…) » L’invitation a été envoyée, mais selon certaines informations, le patriarche d’Antioche ne peut se rendre au Phanar et, jusqu’à maintenant, aucune délégation n’est partie de Damas pour Constantinople. Il convient de mentionner que le différend entre les Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem avait surgi à l’occasion de l’élection par le Patriarcat de Jérusalem d’un hiérarque portant le titre de métropolite « du Qatar », région qui, selon le Patriarcat d’Antioche appartient à sa juridiction ecclésiastique. La question qui préoccupe depuis un certain temps les deux côtés a souvent assombri les rencontres inter-orthodoxes de délégations à haut niveau et les Synaxes de Primats orthodoxes, mais jusqu’à maintenant, il n’a pas été possible d’aboutir à une solution acceptable pour les deux parties. Le patriarche œcuménique a entrepris, ne serait-ce qu’au dernier moment, une initiative, afin de ne pas causer des problèmes pendant le Saint et Grand Concile. Le patriarche d’Antioche a défini la composition de sa délégation en Crète, mais a informé le patriarche Bartholomée que, si le problème du Qatar n’est pas résolu, il y a éventualité que, finalement, l’Église d’Antioche ne soit pas même représentée par des métropolites au Grand Concile. Et en tenant compte du fait que ses représentants, qui ont participé à la synaxe des primats orthodoxes en janvier à Genève, n’ont pas signé les communiqués des patriarches et des archevêques, le problème se complique encore plus, étant donné que le principe d’unanimité qui constitue le paramètre principal du saint et grand Concile montre une «  fissure ».

Source

Une rencontre des patriarches d’Antioche et de Jérusalem est prévue fin mars pour régler leur différend sur le Qatar

Selon les informations de l’agence grecque Romfea.gr une rencontre des patriarches d’Antioche et de Jérusalem serait prévue fin mars à Chypre, afin de régler le différend des deux patriarcats au sujet de la juridiction sur le Qatar. Ladite rencontre avait été proposée en janvier dernier par l’archevêque Chrysostome II de Chypre. Le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore II participera à la rencontre.
Source

« Le patrimoine architectural de l’Église orthodoxe d’Antioche » : recherche fondamentale ou interrogations autour de l’identité ?

Cover-page-001Carol Saba a rendu compte, dans le quotidien libanais en français L’Orient-Le Jour, de la parution de l’ouvrage intitulé Le patrimoine architectural de l’Église orthodoxe d’Antioche (couverture ci-contre) rédigé sous la direction de May Davie, directrice du département « patrimoine religieux : art et architecture » à l’Institut d’histoire, d’archéologie et d’étude du Proche-Orient de l’Université de Balamand et chercheuse associée au CeTHIS de l’Université François-Rabelais de Tours.

Les patriarches de Jérusalem et d’Antioche vont se rencontrer à Chypre pour résoudre leur différend

Les patriarches d’Antioche et de Jérusalem, sur l’initiative de l’archevêque de Chypre Chrysostome, se rencontreront à Chypre, où il siègeront à huis clos, afin de résoudre les différends entre les deux Patriarcats. Le patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique Théodore, qui, dans la matinée du 17 février, a rencontré le président chypriote Nikos Anastasiadis, accompagné par l’archevêque Chrysostome, a exprimé le souhait que le problème soit résolu. Questionné au sujet du différend existant entre les Patriarcats de Jérusalem et d’Antioche concernant la juridiction sur le Qatar, le patriarche d’Alexandrie a déclaré que cette question avait été déjà discutée lors de la Synaxe des Primats à Genève. À cette occasion, l’archevêque de Chypre avait pris l’initiative d’inviter les patriarches d’Antioche et de Jérusalem, ainsi que le patriarche d’Alexandrie, à siéger au palais archiépiscopal de Nicosie et ce à huis clos afin de trouver une solution. « Je crois que lorsque l’on ouvrira les portes, nous aurons résolu le problème de telle façon que, réconciliés, nous irons au Saint et Grand Concile le 19 juin en Crète » a déclaré le patriarche d’Alexandrie.

Source

Le patriarche de Jérusalem a exprimé sa volonté de faire des concessions au Patriarcat d’Antioche

Selon les informations de l’agence grecque Romfea, les patriarches Théophile III de Jérusalem et Jean X d’Antioche (lequel n’est pas venu à Chambésy) sont prêts à faire des efforts en vue de leur réconciliation. Toujours selon l’agence, le patriarche de Jérusalem a exprimé son inclination à faire des concessions et à trouver « un juste milieu » dans les négociations sur le problème actuel. Néanmoins, la partie antiochienne a stipulé certaines conditions que le patriarche Théophile de Jérusalem a décidé de ne pas révéler, de peur que tous les efforts vers la réconciliation soient vains. L’Église d’Antioche a rompu la communion avec le Patriarcat de Jérusalem en raison d’une dispute concernant la juridiction canonique sur le Qatar, que revendiquent les deux patriarcats. L’archevêque de Chypre Chrysostome II a invité les deux primats à Chypre, afin de régler la question par la médiation du patriarche Théodore d’Alexandrie, et ce avant le début du Concile panorthodoxe prévu en juin 2016. Il convient de mentionner que le patriarche d’Antioche n’a pas désapprouvé le fait que le métropolite Macaire (du Patriarcat de Jérusalem) exerce son ministère au Qatar. Il a seulement demandé que le métropolite renonce à son titre actuel de « métropolite du Qatar » et prenne un autre titre, ce qui rendrait évident que le patriarcat d’Antioche a juridiction sur ladite région.

Source

Session du Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche

Le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche s’est réuni le 11 janvier, sous la présidence du patriarche Jean, à Balamand. Lors de cette session, le Saint-Synode a examiné la question de la préparation du Concile panorthodoxe. À l’issue des travaux, le primat de l’Église d’Antioche a parlé de la situation en Syrie et au Moyen Orient. Le patriarche a également mentionné les métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim qui ont été kidnappés, soulignant que l’on prie jour et nuit pour leur libération. Enfin, le patriarche Jean a mentionné les défis actuels, et n’a pas manqué d’insister sur la grande importance que revêt pour l’orthodoxie la convocation du Concile.

Source

« Vous avez des frères qui vous aiment. Ne nous oubliez pas ! » Interview de l’évêque Qais (Sadiq) d’Erzurum (Patriarcat d’Antioche)

Du 28 au 30 novembre a eu lieu la visite à Odessa du vicaire du patriarche d’Antioche, l’évêque Qais (Sadiq) d’Erzurum. Le dernier jour du séjour de l’évêque en Ukraine, Fares Nofal, correspondant du site Pravoslavie.ru (Moscou), a eu l’occasion de s’entretenir avec lui de la guerre au Moyen Orient, des activités du Patriarcat d’Antioche, du destin du christianisme arabe, ainsi que des raisons du conflit juridictionnel entre les Patriarcats de Jérusalem et d’Antioche.

Votre Excellence, vous êtes le témoin direct de ce qui se produit aujourd’hui dans les lieux saints du Moyen Orient, le berceau du Christ et du christianisme. Mais avant de commencer, pourriez-vous parler un peu de vous-même à nos lecteurs ?

– D’abord, je veux rendre grâce à Dieu de m’avoir permis de me trouver avec vous dans ces terres saintes, bénies, qui nous ont donné tant de saints maîtres et guides. Le peuple lui-même, l’Église orthodoxe russe, nous a toujours soutenus, tant par la prière que matériellement, et les fidèles de Syrie, d’Irak, de Palestine et de Jordanie se rappellent de l’aide russe qui leur a été accordée aux jours de l’occupation ottomane. Mais aujourd’hui aussi, les chrétiens – russes et ukrainiens – n’oublient pas de prier pour nous, nous donnant leur amour fraternel, luttant pour notre présence chrétienne dans les pays arabes. Je suis devenu évêque, il y a presqu’un an, avec le titre d’évêque d’Erzurum. Ce lieu peut être trouvé aujourd’hui sur la carte politique de la Turquie. Comme de nombreux autres diocèses historiques d’Antioche, cette métropole a été témoin de l’expulsion massive des fidèles chrétiens arabes et arméniens. Jugez par vous-même : selon différentes estimations, environ 25.000 à 30.000 chrétiens orthodoxes vivaient à Erzurum en 1917. Or, en 1925, le nombre des chrétiens y a été réduit à zéro. Ils furent tous victimes du massacre turc ; et, malheureusement, les ambitions ottomanes, de même que leurs méthodes politiques, sont aussi cruelles et brutales aujourd’hui. Hormis mon obédience de vicaire, assistant de S.B. le patriarche Jean X, j’exerce, par la miséricorde de Dieu, la fonction de directeur du Centre orthodoxe de recherches œcuméniques, fondé par nous à Amman, il y a vingt ans. La devise du centre est « Service et témoignage ». Celle-ci reflète ses buts missionnaires. Nous nous efforçons d’élever le niveau d’instruction religieuse de nos paroissiens arabes qui, par la force des choses, se trouvent dans l’Église de Jérusalem. Hélas, de nombreux fidèles se plaignent à juste titre que Jérusalem se trouve entièrement dans les mains des Grecs qui, à leur tour, préfèrent à la mission et au service du peuple arabe, la poursuite de leurs propres buts, qui nous sont incompréhensibles. Je m’occupe également de notre troupeau en Roumanie, qui s’est accru fortement durant ces dernières années. À ce jour, dans la seule ville de Bucarest vivent près de 150 familles arabes, et sur le territoire de ce pays sont dispersées 50 familles. Précédemment, du temps du défunt patriarche Ignace IV, j’occupais les fonctions de conseiller du Tribunal supérieur ecclésiastique de l’Église d’Antioche et de chef du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat d’Antioche, et ce en tant que professeur de droit canon et de théologie liturgique de l’Université de Balamand. Cette expérience s’est avérée pour moi fort utile par la suite, lorsque que je commençai à représenter la Jordanie dans les comités d’éthique de l’UNESCO et de l’UNICEF, ainsi que l’Église d’Antioche dans plus de 92 pays du monde, dans lesquels vivent de façon permanent des fils et des filles de l’Orient arabe.

– Votre journée du dimanche, hier, a été riche en événements : vous avez rencontré l’évêque diocésain d’Odessa, le métropolite Agathange, vous avez prié pour la première fois avec les membres de la communauté locale orthodoxe arabe. Quelles sont vos premières impressions ? Et comment voyez-vous l’avenir des Arabes orthodoxes de cette ville ?

– Mgr Agathange nous a reçus très chaleureusement. Nous avons discuté très longtemps des questions qui nous préoccupent dont, en partie, celle du passé et de l’avenir des relations de nos Églises-sœurs, et ses paroles m’ont simplement attaché à cette terre bénie ! Le matin, lorsque nous avons assisté à la divine liturgie en la cathédrale de la Sainte –Trinité, je ne pouvais cesser d’observer les innombrables enfants et adolescents qui s’approchaient du Calice, c’est quelque chose que l’on peut difficilement voir aujourd’hui dans les églises en Europe… C’est en cela que je vois la preuve principale que la foi ardente vit jusqu’à maintenant dans ce peuple bon, pieux, dont l’espérance, après des années d’oppression et de persécutions, est préservée dans ses enfants, les futurs membres de l’Église vivante. Pour ce qui concerne notre troupeau, je suis venu ici seulement pour écouter leurs souhaits, leurs voix et, à ce sujet, je remercie spécialement le métropolite Niphon [Saykali], représentant du patriarche d’Antioche auprès du patriarche de Moscou, qui m’a soutenu dans mon souhait de venir ici). Hélas, nombreux sont nos fidèles qui ne comprennent pas la langue liturgique, le slavon de l’Église russe, et je suis content qu’ils aient la possibilité de prier ici dans leur langue maternelle ; cela les maintient ensemble, leur donne de l’aise dans leur communication avec le Créateur. Malheureusement, je n’ai eu que très peu de temps pour converser avec eux, mais demain ou après-demain, je me ferai l’écho de leurs besoins auprès de S.B. le métropolite Onuphre ce qui, je l’espère, constituera le premier pas dans l’aménagement de la vie ecclésiale ici, à Kiev et Odessa.

Comme on le sait, toute le plérôme de l’Église orthodoxe a condamné avec détermination les premiers fruits du « printemps arabe », et voici que cinq années se sont déjà écoulées depuis le début de la soi-disant « révolution syrienne ». Comment les chrétiens d’Antioche voient-ils le résultat de cette « révolution » ? Quel est, généralement parlant, la nature de leur lutte quotidienne?

– « Le printemps arabe », à mon avis, n’est pas une révolution, mais plutôt un « automne arabe » détruisant notre civilisation. Et, de toute évidence, derrière les coulisses de cet « automne », se trouvent des mains étrangères, absolument pas arabes. J’espérais que des micro-révolutions auraient lieu dans les pays arabes et les amèneraient à certains changements positifs ; mais ce que nous voyons, par exemple, en Syrie, ce n’est pas une micro-révolution, mais un véritable jeu sur le sang des gens, dirigé à distance. Le président Bahar al Assad est un homme instruit, comprenant bien les problèmes de son État. Dès le début de sa présidence, il s’est efforcé d’ouvrir la Syrie au monde, sous sa direction a commencé la renaissance culturelle et économique du pays, il s’est efforcé comme on le dit « de changer le système ». Et il est absolument naturel que le processus « de changement du système » dure non pas 24 heures, non pas même deux ou trois ans. Mais ses efforts ont été enterrés par les fruits de la conférence coloniale de Londres de 1907, qui a démembré et affaibli le monde arabe depuis de nombreuses années. Tout ce qui se produit au Moyen Orient aujourd’hui, c’est le cadeau tardif de l’Occident à ses satellites dans la région. Ainsi ce « cadeau » a détruit notre héritage chrétien, nos musées ont été pillés, nos lieux saints détruits. Les Mongols qui s’étaient accaparés des terres du Califat, ont fait ce qu’ils voulaient, mais ils n’ont pas touché à ses pierres et à son esprit ; or, maintenant, les combattants de L’État islamique, soutenus par les wahhabites d’Arabie Saoudite et du Qatar, les radicaux de Turquie et les géopoliticiens américains, déploient de grands efforts pour effacer de la face de la terre la culture chrétienne de l’Orient – naturellement avec ceux qui en sont les porteurs vivants. Il n’est pas étonnant que le but suivant de cette force est devenu la Russie. Les commanditaires de cette terreur ne le cachent pas : même Kissinger a déclaré que « la chute du mur européen de la paix » constituait un moyen efficace de s’opposer à la présence russe… Des migrants de Turquie séjournent en Europe, alors que les véritables chrétiens syriens constituent moins de 10% du nombre total des réfugiés. Il en résulte que tous profitent de notre sang, le sang des véritables victimes, alors que nous souffrons plus que tous !

Vous avez rappelé l’émigration forcée – une véritable tragédie de la culture arabe. Mais la Russie orthodoxe est passé par quelque chose de semblable au début du XXème siècle. « Les bateaux des philosophes» [allusion aux philosophes russes expulsés par bateaux d’URSS en 1922, ndt] ont fait connaître à nouveau l’Orthodoxie à l’Occident. Que pensez-vous, est-ce que la tragédie actuelle de l’Orthodoxie arabe a une chance de devenir le début d’une nouvelle étape de son existence ? Peut-être nous faut-il nous préparer à l’apparition d’un « Saint-Serge » arabe en Europe ?

– Bien sûr, notre histoire se rappelle aussi de ses « bateaux des philosophes» à sa manière. La deuxième partie du XIXème siècle, comme on le sait, a été marquée par une série de génocides au Liban et à Damas, forçant de nombreux penseurs et artistes arabes à émigrer en Égypte, puis en Amérique du Nord et Latine. C’est ainsi qu’est apparu tout un mouvement dans la littérature arabe, appelée « Littérature de la diaspora », qui s’est créée, en partie, dans les publications arabe d’Amérique, dans les « clubs arabes » du Brésil et d’Argentine. Et cette littérature est principalement chrétienne. Le XXème siècle a apporté à l’Orient de nouvelles guerres, éloignant toujours plus de leur patrie historique de nouveaux philosophes, poètes, théologiens et musiciens. Beaucoup de médecins, savants et professeurs éminents en Occident aujourd’hui sont des intellectuels arabes chrétiens, contraints de fuir de leurs foyers. Nous espérons que ceux de nos frères qui sont devenus les victimes de la force aveugle des islamistes, ne chasseront pas le Christ des terres de leurs cœurs et resteront Ses témoins fidèles. Quant à nous, naturellement, c’est là notre devoir : qui, si ce n’est l’Église-mère, rassemblera ses fils dans les pays de la diaspora ? Nous devons rester les apôtres de l’amour et de la vérité et reconnaître sans honte notre christianisme, notre Orthodoxie. Nous ne pouvons être « une minorité », nous sommes la pincée de sel qui rend une nourriture abondante appropriée pour un repas.

Il y a quelques jours, l’État islamique a appelé l’Ukraine, après la Russie, « son ennemi ». La Russie, comme on le sait, est intervenue dans la situation politique dans la région, et comme l’estiment certains critiques parmi les politologues, publicistes et même des clercs de l’Église orthodoxe russe, elle a fait là une sérieuse faute. D’un autre côté, le métropolite Luc (al Khoury), après sa récente prière en la cathédrale orthodoxe « Mariamite » de Damas, a soutenu l’assistance militaire russe dans le combat contre l’islamisme. Comment pouvez-vous estimer la situation ? Quel est le rôle de l’aide russe dans le combat des chrétiens syriens ?

– Bien sûr, nous devons différencier les relations politiques et ecclésiastiques. Pour ce qui concerne les dernières, l’Église orthodoxe russe ne nous a jamais abandonnés : les nombreuses prières des peuples russe et ukrainiens, leurs dons abondants on atteint leur but. Grâce à ce soutien, nous sentons que nous ne sommes pas isolés. En outre, l’an dernier, l’Église orthodoxe roumaine a décidé également de nous aider. Elle a fait un don à l’Église d’Antioche de 500.000 Euros pour l’aide aux nécessiteux. Mais cependant, il n’y a pas de plus grand don que les saintes prières pour la paix en Orient, élevées dans vos maisons et vos églises. Du point de vue politique, tout est bien plus simple : chaque État a ses intérêts. L’Église ne peut soutenir la guerre et ou les mener, mais elle est obligée de bénir les défenseurs de sa patrie. Pour nous, en tant que chrétiens, la patrie est l’espace de notre témoignage sur le Christ. Il est connu que le bienheureux Augustin d’Hippone bénissait les soldats qui défendaient leur ville, disant : « Comme chacun de nous a une mère qu’il est appelé à protéger, nous devons défendre notre mère commune – la patrie ». Défendre notre État, est notre obligation bénie. La Syrie a ses intérêts, liés à ceux de la Russie, et la Russie a ses intérêts, liés à la Syrie. Mais en fin de compte, l’armée syrienne reçoit de l’aide, et c’est l’armée de la vérité qui se bat contre les meurtriers de notre histoire, de notre pensée. Et elle va tenir.

Voici déjà quelques années que les médias mondiaux décrivent les souffrances des chrétiens d’Orient, et cela, bien entendu, correspond à la réalité, car l’Église d’Antioche, indubitablement, est une Église souffrante. Mais certains peuvent soudain la considérer faussement comme morte, sans force. Ne pourriez-vous pas, pour que personne ne puisse avoir de doutes sur l’authenticité de la vie du christianisme orthodoxe en Syrie et en Irak, nous raconter les principaux événements de la chronique de l’Église d’Antioche, qui ont eu lieu durant les deux-trois dernières années ?

– Indubitablement, notre Église n’est pas morte – elle est l’Église des témoins, l’Église du martyre. En confessant le Christ crucifié et ressuscité, elle traverse aujourd’hui Son chemin de Croix depuis le Golgotha jusqu’à la résurrection des morts. Nous sommes fiers qu’Antioche enfante jusqu’à maintenant des martyrs, vivant éternellement devant le Trône du Très-Haut : c’est précisément eux qui sont la vie authentique de l’Église. Et, si ce ne sont les enfants fidèles de l’Église russe, qui comprendra et ressentira tout cela ? Eux qui gardent avec tremblement les saintes reliques de centaines et de centaines de leurs martyrs ? Cependant, comme l’a dit le Sauveur, que l’incroyant « vienne et voit ». Malgré toutes les adversités, malgré l’absence d’un minimum de financement, l’Église d’Antioche continue à servir les chrétiens et les musulmans de Syrie, de Jordanie, du Liban et d’Irak par ses écoles, hôpitaux et organisations caritatives. S.B. le patriarche d’Antioche Jean X a insufflé personnellement une nouvelle vie à nombre de ces projets, et bien qu’il soit lui-même dans une situation extrêmement non enviable (il suffit de se rappeler des malheurs du troupeau qui lui a été confié et l’enlèvement de son frère cadet Paul, métropolite d’Alep), il continue son ministère avec espérance, foi et dans la prière. En grande partie grâce à lui, une nouvelle université orthodoxe du monde arabe ouvre ses portes à Al-Khumaira, la seconde après l’université de Balamand qui accueille plus de 70 étudiants ayant déjà reçu une première éducation universitaire. Par les prières de nombreux fidèles s’achève la construction de l’hôpital patriarcal de la Vierge Marie de Balamand. Il n’est pas moins important pour nous de donner aux jeunes orthodoxes d’Antioche une autre chance de rester sur leurs terres, aussi nous vendons à crédit des terrains, près de Beyrouth, aux jeunes familles chrétiennes du Liban avec des maisons clés en mains et ce à leur prix de revient. J’espère qu’à l’avenir également, notre Église continuera à servir son troupeau, en renforçant le lien de celui-ci avec sa sainte patrie.

La nouvelle de la cessation de la communion eucharistique entre Damas et Jérusalem a choqué beaucoup de fidèles orthodoxes dans le monde entier. Quelles sont les véritables racines de ce conflit ? Quels pas ont été entrepris par les deux parties pour le surmonter ?

– C’est une question très douloureuse. En fait, la décision [de nommer un évêque au Qatar, ndt] prise par l’Église de Jérusalem, qui foule aux pieds les bases mêmes du droit canonique, a été pour nous absolument imprévue. C’est le signe, premièrement, d’un rejet profond du droit de l’Église-sœur à être présente dans les pays du Golf persique, et, deuxièmement, du déclin de l’amour dans les cœurs de nos frères évêques. Tout a commencé, comme d’habitude, par la politique. Souhaitant « acquitter sa dette » au monde, les dirigeants du Qatar ont décidé de démontrer leur ouverture au dialogue en général et au dialogue religieux, en particulier. En donnant aux confessions des terrains pour construire des lieux de culte, les autorités du Qatar n’ont pas pour autant oublié leur aversion envers le clergé orthodoxe arabe, auquel il était interdit de séjourner de façon permanente sur le territoire du pays (ce que je sais de par mon expérience personnelle). C’est ainsi que dans les années 1990, la question de la présence orthodoxe au Qatar a été réglée par le directeur du département régional du renseignement américain, dans le passé ambassadeur des États-Unis à Amman, sur la base de sa propre origine familiale : l’identité grecque de sa mère a donné lieu à ce que le fonctionnaire s’adresse au patriarche de Jérusalem. C’est précisément l’actuel patriarche de la Ville Sainte, alors archimandrite, qui a été envoyé à l’ambassade des États-Unis, et c’est sous sa direction qu’a été construite l’église orthodoxe, dont la première pierre a été posée par le défunt patriarche de Jérusalem Diodore, à l’encontre de toutes les normes juridiques en vigueur de l’Église. Contrairement à l’Église de Jérusalem, absolument toutes les Églises, dont l’Église russe, selon la discipline ecclésiale, ont sollicité la permission du défunt patriarche d’Antioche Ignace pour construire des églises, par exemple dans les Émirats Arabes Unis. « Votre séjour sur ces terres est précieux pour notre propre présence sur celles-ci », c’est ainsi que le patriarche d’Antioche a répondu à la demande du primat de l’Église russe de bâtir une église à Sharjah. Mais les hiérarques de Jérusalem ne l’ont pas fait. En 1999, en ma présence, à Amman, le patriarche Ignace a demandé au patriarche Diodore : « Monseigneur, lorsque vous rendez visite à votre frère, est-ce que vous ne frappez pas d’abord à sa porte ou ne lui-demandez vous pas une invitation ? Pourquoi n’avez-vous pas frappé à notre porte ? » Aucune réponse compréhensible, bien sûr, n’a suivi. Toujours est-il que nous avons accepté le fait accompli, bien que les Arabes orthodoxes du Qatar, pour parler posément, n’étaient guère enchantés par le prêtre hellénophone qui les desservait. Mais visiblement, tout cela n’était pas suffisant pour Jérusalem. La mort du patriarche Ignace IV et la situation catastrophique en Syrie et en Irak ont poussé les dirigeants de l’Église de Jérusalem (avec, indubitablement le soutien du Qatar, qui est intéressé dans la politique de la région) à choisir un évêque pour ce territoire ; et malgré notre appel à ne permettre un tel acte barbare, Jérusalem a néanmoins ordonné un évêque avec un titre correspondant. On peut légitimement se poser alors la question suivante : comment pouvons-nous parler d’unité lorsque nos frères font tout pour piétiner celle-ci ? Les Églises russe et antiochienne, hélas, ont fait une amère expérience semblable : nous n’avons pas encore oublié l’immixtion du Patriarcat œcuménique dans le schisme ukrainien. Dans de tels cas, nous devons nous rappeler, si ce n’est de notre amour, à tout le moins du droit canon, qui réglemente précisément toutes les procédures de ce genre. J’espère que Jérusalem, à la veille du Concile panorthodoxe, oubliera sa politique grecque, que le Trône œcuménique accomplira ses obligations concernant la cessation du présent conflit, et que les Églises orthodoxes russes et roumaines se prononceront – prononceront la parole de vérité – en ce qui concerne la situation qui s’est créée.

Quelles paroles voudriez-vous adresser à nos lecteurs, en tant que bon pasteur, frère fidèle et fils du Saint Orient ?

– Votre terre, est une terre sainte, sanctifiée par vous. Vous l’avez reconquise vous-mêmes. Vos innombrables martyrs, ce sont votre grand trésor. Votre Église a été crucifiée, et maintenant vous témoignez de sa résurrection. Préservez vos fidèles, ne préservez pas les pierres : ce sont justement les hommes qui sont « les temples de l’Esprit Saint », qui insufflent la vie aux églises de pierre par leurs métanies (prosternations) à terre. Vous, membres vivants de l’Église, pourrez garder votre foi et la transmettre au futur, à la postérité non encore née. Et bien sûr, n’oubliez pas que loin de vos pays, vous avez des frères qui vous aiment, qui n’ont pas cessé de le faire même lorsque les communistes persécutaient vos saints. Aujourd’hui, à l’aide de vos prières, votre amour, il nous faut surmonter les mêmes épreuves. Ne nous oubliez pas !

Source

Entretien avec Mgr Ignace (Patriarcat d’Antioche en France et en Europe occidentale)

En 2014, nous avons interviewé le métropolite Igance (Alhochi), qui est depuis novembre 2013 à la tête de l’Archevêché antiochien orthodoxe de France, d’Europe occidentale et méridionale. Mgr Ignace, avant d’être élu métropolite  le 15 octobre 2013, a été vicaire patriarcal d’Europe à Paris suite à l’élection Mgr Jean (Yazigi), comme primat de l’Eglise orthodoxe d’Antioche. L’Archidiocèse antiochien orthodoxe d’Europe, dont le siége est à Paris (22 avenue Kléber, 16ème Paris), est l’un des diocèses du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient (siège à Damas), une des plus anciennes Eglises orthodoxes autocéphales. La juridiction de l’Archidiocèse couvre, outre la France, plusieurs pays européens. Il est placé sous l’omophore du métropolite Ignace , membre du Saint-Synode du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), instance regroupant tous les évêques orthodoxes canoniques de ce pays.

Athènes : Efforts pour renouer le dialogue entre Antioche et Jérusalem

D’intenses efforts ecclésiastiques et diplomatiques pour renouer le dialogue les primats des patriarcats d’Antioche et de Jérusalem sont déployés depuis ces dernières vingt-quatre heures à Athènes. A l’occasion de la rencontre internationale organisée par le ministère hellénique des affaires étrangères sur la coexistence pacifique au Moyen-Orient, qui débute demain à Athènes, tant les deux patriarches que le patriarche œcuménique en personne se retrouveront sous le même toit pour la première fois depuis la rupture de la communion avec Jérusalem décidée par Antioche.
Le gouvernement hellénique, garant traditionnel de la sécurité et la stabilité des patriarcats grec-orthodoxes, désire, en coopération avec le patriarcat œcuménique, la fin du conflit de nature canonique entre les deux patriarcats du Proche-Orient dans des circonstances particulièrement difficiles pour tous les chrétiens dans la région et dans la perspective du concile panorthodoxe de 2016. C’est un effort semblable que le ministère hellénique des affaires étrangères avait déployé durant l’été 2013 sous la supervision du vice-ministre K. Tsiaras. Les deux parties s’étaient alors réunies autour de la table des négociations à Athènes en présence de représentants du patriarcat œcuménique et du gouvernement grec, sans que cela ne débouche sur aucun accord. Cette fois-ci, la présence des deux patriarches à Athènes est considérée comme une occasion en or pour la reprise du dialogue au plus haut niveau. En raison du caractère crucial du sujet, aucune partie ne confirme ni ne dément quoi que ce soit.

Historique
Tout a commencé au début 2013, quand le patriarcat de Jérusalem décida d’élire un archevêque au Qatar. Le patriarcat d’Antioche réagit immédiatement en informant au patriarcat de Jérusalem que cette décision était anti-canonique puisque le Qatar appartenait à sa propre juridiction. Jérusalem répondit en avançant ses propres arguments qu’il n’en était rien. Depuis lors, malgré les efforts qui ont été déployés, non seulement les deux patriarcats n’ont pas trouvé le juste milieu mais ils ont aggravé le conflit en atteignant le point de non-retour, à savoir la rupture de la communion entre eux. En outre, lors de la dernière rencontre des primats des Eglises orthodoxes, le patriarche d’Antioche était absent pour des raisons de santé, ce que certains ont qualifié de « maladie diplomatique », tandis que sa délégation refusa, en dernière minute, de signer le communiqué commun. Il convient de préciser qu’au Qatar, qui constitue la « pomme de discorde », il n’y a qu’une seule paroisse qui veille aux besoins religieux des travailleurs étrangers et de fonctionnaires diplomatiques dans ce pays dont pratiquement aucun natif n’est orthodoxe.

Source

Un communiqué du Patriarcat d’Antioche à propos de la situation au Qatar

PatriarcatdAntiocheLe Patriarcat d’Antioche vient de publier un communiqué sur la situation au Qatar. Pour lire la version française de ce communiqué, cliquez ici. Il constitue une réponse au communiqué récent du Patriarcat de Jérusalem sur cette question (sa paroisse à Doha, une visite de celle-ci par le prince Charles en 2014).

Interview de l’évêque de Zabadani Constantin, du Patriarcat orthodoxe d’Antioche : « Malgré les persécutions, les chrétiens restent en Syrie »

Les chrétiens du Moyen Orient, qui vivent dans les conditions d’une guerre continuelle et de persécutions allant en s’accroissant, ne désespèrent pas de la paix dans la région. Le vicaire du patriarche orthodoxe d’Antioche, supérieur du monastère Saint-Élie à Chouwaya (Liban), l’évêque de Zabadani Constantin, a donné une interview à l’agence RIA Novosti, à l’occasion de son séjour en Russie, alors qu’il dirigeait la délégation du Patriarcat d’Antioche aux solennités du millénaire du trépas du saint prince Vladimir. Dans cet interview, il évoque la situation actuelle des habitants orthodoxes de la Syrie, le destin des gens enlevés et des monastères menacés, les relations avec l’Église orthodoxe russe, la situation en Ukraine et encore d’autres questions cruciales pour les Chrétiens.

Comment pouvez-vous caractériser la situation des chrétiens du Moyen Orient maintenant, particulièrement sur le territoire de la Syrie ?

– La situation est la plus horrible qui soit. J’ai le sentiment que nous vivons à l’époque des premières persécutions contre les chrétiens. On nous tue, on nous découpe, comme du bétail ! Mais, comme l’a dit saint Jean Chrysostome, l’Église vainc toujours dans les persécutions. Dieu soit loué, malgré les persécutions, les chrétiens restent dans la région. Beaucoup de gens viennent à l’église. Ils demandent à Dieu et à Sa très sainte Mère de les protéger. Ce qui se produit maintenant n’est en rien inhabituel pour l’Église : chacune des Églises locales, en leur temps, sont passées par les persécutions. Je voudrais demander à l’Église russe et aux chrétiens du monde entier de prier pour nous, afin que nous sauvegardions notre foi.

Actuellement, de nombreuses personnes se sauvent en fuyant le Moyen Orient. Il y a beaucoup de réfugiés d’Irak, par exemple. N’y a-t-il pas un danger de disparition du christianisme dans la région qui est son berceau ?

– Effectivement, les chrétiens s’enfuient, très nombreux sont ceux qui s’enfuient. Mais nous gardons toujours l’espérance dans le Christ et croyons qu’Il ne nous délaissera pas. Les Apôtres, qui ont illuminé le monde entier, étaient au nombre de douze. S’il se trouve chez nous ne seraient-ce que douze bons chrétiens, le christianisme pourra toujours renaître. Je pense que le Seigneur nous raisonne, nous tend ces épreuves, afin que nous devenions meilleurs, afin que nous soyons de bons chrétiens. Je crois que le Seigneur ne nous abandonnera pas.

Sait-on quelque chose sur le sort du métropolite d’Alep Paul (Yazigi), le frère du patriarche d’Antioche Jean X et du métropolite syro-jacobite d’Alep, mar Grégoire Jean Ibrahim, enlevés en Syrie en avril 2013 par des terroristes ?

– Malheureusement, nous ne savons rien, ni officiellement, ni officieusement. Nous ne savons même pas s’ils sont vivants.

Et quelle est la situation dans deux des monastères syriens les plus connus qui, à plusieurs reprises, ont été exposés aux attaques des rebelles ? En particulier, le monastère de la Nativité de la Mère de Dieu à Saidnaya et celui de Sainte-Thècle à Maaloula (lieu, comme on le sait, unique en ce sens que l’on y parle encore araméen, la langue du Christ) ?

– À Maaloula, on restaure actuellement une aile du monastère, afin que les sœurs du monastère puissent y revenir. Il est clair que le danger est toujours là, mais il nous faut retourner là-bas. Nous devons témoigner en actes que nous sommes déterminés à rester sur cette terre sainte. À Saidnaya, l’environnement est particulièrement radical, ce sont souvent des musulmans fanatiques. Tout le monastère est entouré de villages musulmans, mais la Mère de Dieu nous garde. Tous les chrétiens qui vivent à Saidnaya sentent Sa présence et n’abandonnent pas leurs foyers. Ni les moniales, ni les laïcs ne partent.

Monseigneur, je me rappelle bien des pèlerins musulmans, dont ceux d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, qui venaient dans ces monastères…

– C’est absolument exact, ils viennent parce que la Mère de Dieu et sainte Thècle font des miracles. Nous n’avons pas de malentendus avec les musulmans modérés. Nous vivons à leurs côtés, ils partagent tant nos joies que nos peines. Nous vivons dans le monde. Et non seulement les gens simples, musulmans et chrétiens, mais aussi les dirigeants politiques appartenant aux deux confessions, entretiennent entre eux des relations amicales.

L’icône de la Mère de Dieu à Saidnaya, qui a été peinte par l’apôtre Luc, a-t-elle été conservée dans son monastère ?

– Oui, bien sûr !

Êtes-vous au fait et que pensez-vous de la situation en Ukraine aujourd’hui, où les civils, à l’Est du pays, sont tués lors des conflits armés, où il y a une multitude de réfugiés, où les fidèles orthodoxes sont privés de leurs églises, où les églises sont exposés aux tirs ?

– Avant tout, la compréhension mutuelle et l’amour sont nécessaires. Nous soutenons toujours l’Église orthodoxe en Ukraine – l’Église orthodoxe russe. Mais le diable ne dort point. Et même dans l’Église, parmi les clercs et les hiérarques, il y a des Judas. Comme nous l’a enseigné l’apôtre nations, saint Paul, il n’existe pas de nationalités pour les chrétiens. Nous tous avons le même sang. Nous sommes tous nés sur les mêmes fonts baptismaux, par le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Aussi, je prie pour la paix en Ukraine, afin que son peuple ait un seul cœur et un seul esprit. Afin que le saint Calice les unisse tous.

Quels sont selon vous les défis pour l’Orthodoxie ?

– Avant tout, c’est le problème de la jeunesse à l’Église. Il n’y a pas, dans ce domaine, malheureusement, une approche définie de toutes les Églises locales. Il n’y a pas une telle approche qui permettrait d’attirer la jeunesse à l’Église, plutôt que celle-ci consomme de la drogue, traîne dans les cafés, etc. Il n’y a pas ce que l’on appelle en français une « vision », il n’y a pas une représentation de notre troupeau.

Pourquoi ?

– C’est probablement de l’égoïsme, de l’orgueil. Le Christ allait toujours à la rencontre des hommes. Il n’attendait pas que les gens viennent à Lui. Et nous, clercs, attendons que les gens viennent à l’église nous voir. Il faut que nous allions nous-même à leur rencontre. Les saluer, les embrasser, leur donner notre soutien. Les guérir spirituellement et mentalement. Le peuple est très malade, particulièrement la jeunesse. Il s’agit d’une maladie spirituelle, ce n’est pas seulement corporel. Et l’Église est un hôpital spirituel, un dispensaire, comme l’enseignent les saints Pères. C’est en cela que se trouve notre problème fondamental : il est indispensable que l’Église soit ouverte au monde, sous tous ses aspects, partout. L’Église doit toujours être auprès de ceux qui souffrent, leur apporter son amour. C’est ce qui nous manque aujourd’hui à tous. Nous n’avons pas assez d’amour.

Vous avez séjourné à Moscou à l’occasion des solennités de l’Église orthodoxe russe consacrées au millénaire du trépas du prince Vladimir. Est-il connu au Moyen Orient ? Comment pouvez-vous caractériser les relations du Patriarcat d’Antioche et de l’Église orthodoxe russe ?

– Les relations de nos Églises ont été excellentes depuis les temps anciens. L’Église d’Antioche a toujours soutenu l’Église russe et inversement. Par exemple, à la fin du XIXème siècle, grâce au soutien russe en Syrie, des institutions éducatives ont été ouvertes, des écoles, et des églises ont été construites. Maintenant, alors qu’une partie de l’Église d’Antioche s’est trouvée sur le territoire en guerre, l’Église orthodoxe russe nous a accordé un soutien important. Par exemple, il y a deux ans, elle nous a donné une aide significative. Bien sûr, il s’agissait d’une aide économique, et il est difficile d’évaluer un soutien spirituel. Quant à saint Vladimir, naturellement, il est connu. Nous célébrons le jour de sa fête. Non sur une échelle semblable à celle de la Russie, mais nous le commémorons toujours. Tout le monde sait que Vladimir est le baptiste de la sainte Russie.

Source

Le patriarche d’Antioche Jean a rencontré l’archevêque d’Amérique Démétrios

Le patriarche d’Antioche Jean X a rencontré l’archevêque d’Amérique Démétrios (Patriarcat œcuménique), le 20 juillet à la faculté théologique de la Sainte-Croix à Boston. L’archevêque Démétrios, après avoir souhaité la bienvenue au patriarche et à sa suite, a mentionné les liens historiques entre les Patriarcats de Constantinople et d’Antioche. L’archevêque a ensuite rappelé l’enlèvement des deux évêques au Moyen-Orient, dont le métropolite d’Alep Paul, le propre frère du patriarche Jean X. De sont côté, le patriarche d’Antioche a parlé des problèmes auxquels fait face l’Église au Moyen-Orient et de la persécution des chrétiens. Le patriarche a évoqué également la récente interruption de la communion entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem, soulignant « que toutes les possibilités avaient été épuisées et que nous avons pris avec beaucoup de douleur cette décision ». Enfin, le patriarche a mentionné les efforts du Patriarcat œcuménique pour trouver une solution à ce conflit, soulignant par la même occasion le rôle important du patriarche Bartholomée dans la société contemporaine.

Source

Arrivée aux États-Unis du patriarche d’Antioche Jean X

Le patriarche d’Antioche Jean X est arrivé aux États-Unis le 16 juillet. Le patriarche a été accueilli à l’aéroport par le métropolite Joseph, archevêque de New York du Patriarcat d’Antioche, ainsi que par d’autres clercs et fidèles dudit patriarcat. Le patriarche rend visite actuellement à ses enfants spirituels aux États-Unis et au Canada et présidera le 52ème Congrès de l’archidiocèse d’Amérique du Nord du Patriarcat d’Antioche. Ledit congrès aura lieu à Boston, du 20 au 26 juillet. Le 27 juillet, le patriarche Jean X rendra visite au Séminaire St-Vladimir, à Crestwood, où il recevra un doctorat honoris causa. À cette occasion, le métropolite évoquera la situation actuelle des chrétiens au Moyen Orient.

Source : 1 et 2

Décision du Patriarcat d’Antioche à propos du Qatar et de sa relation avec le Patriarcat de Jérusalem

image.phpConstatant la non évolution de la situation au Qatar, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche a décidé de rompre la communion ecclésiastique avec le Patriarcat de Jérusalem. Pour lire sa déclaration, cliquez ici.

Photographie: Patriarcat d’Antioche

Le patriarche d’Antioche Jean X : « Nous ne sommes pas des hôtes dans cette région »

Lors de sa visite à Moscou, le primat de l’Église d’Antioche, le patriarche Jean X, a accordé une interview à l’agence russe RIA Novosti. Répondant aux questions du correspondant de l’agence sur la situation actuelle des chrétiens du Moyen Orient, le primat a dit entre autres : « Nous ne sommes pas des hôtes dans cette région. Le christianisme est né ici, et les chrétiens étaient ici depuis des temps immémoriaux. Nous avons toujours vécu en paix avec nos frères musulmans et nous avons construit avec eux une civilisation unique. Tous, nous sommes les fils de cette terre, ici sont nos familles, nos maisons, notre histoire. Et nous demandons à nos paroissiens de ne pas quitter leur patrie, de rester sur cette terre, afin d’y préserver ici le christianisme (…) Le christianisme et les chrétiens ne disparaîtront jamais du Moyen Orient. Rappelons notre histoire : ce n’est pas la première fois que les chrétiens subissent ici des persécutions, qu’ils supportent l’injustice. Mais, par la miséricorde de Dieu, nous avons été préservés, et nous continuons à croire que le Seigneur nous défend ». Au cours de l’entretien a été abordé le sort des deux métropolites enlevés, dont l’un, rappelons-le, est le frère du Patriarche. Le métropolite orthodoxe d’Alep Paul (Yazigi) et le métropolite syro-jacobite Gregorios Yohanna Ibrahim ont été enlevés le 25 avril 2013. Jusqu’à maintenant, rien n’est connu de leur sort. On ne réussit pas à libérer les métropolites en raison de l’inaction de la communauté internationale, et ce malgré les nombreux appels des Églises, dont l’Église orthodoxe russe, aux leaders mondiaux qui ont la possibilité d’influer sur la situation, est convaincu le patriarche : « Lorsque j’étais à New York et parlais avec le président du Conseil de Sécurité, ainsi qu’au secrétaire général de l’ONU, j’ai mentionné qu’il était étrange d’entendre parler des droits et de la dignité de l’homme, alors que la communauté internationale se tait sur nos métropolites et n’essaye pas de les sauver. Nous avons assez élevé notre voix pour être entendus. Nous demandons : où sont ces droits de l’homme, si le monde répond à notre malheur par un silence honteux,? » a déclaré le patriarche. « Cela a été une attaque horrible contre tout ce que j’appelle l’humanisme et la paix, étant donné que les deux métropolites représentaient la paix et l’amour, et ils ont été enlevés lors d’une noble mission humanitaire. L’enlèvement des métropolites, ce n’est pas seulement une attaque contre le Christianisme. C’est une attaque pour tout ce qui est bon et bien dans la vie. Malheureusement, le monde observe le silence. C’est un silence honteux, infâme ».

Source

Revenir en haut de la page
Jovan Nikoloski