20/10/2017
Actualités
Page d'accueil > Résultats de la recherche : Ukraine

Résultats de la recherche : Ukraine

Une délégation de l’Église orthodoxe d’Ukraine a visité le centre du Patriarcat œcuménique à Chambésy

Le centre inter-orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy a reçu la visite, le 12 octobre 2017, d’une délégation de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Celle-ci était constituée de l’évêque de Barychev Victor et le représentant du Département des affaires ecclésiastiques d’Ukraine, l’archiprêtre Nicolas Danylievitch. La délégation a été reçue chaleureusement par le métropolite de Suisse Jérémie, l’archevêque de Telmessos Job et l’évêque de Lampsaque Macaire. Après avoir souhaité la bienvenue à ses hôtes, le métropolite a évoqué les services du Centre, qui fonctionne depuis plus d’un demi-siècle. Ensuite, la délégation ukrainienne a été informée des objectifs de l’Institut, ainsi que sur ses activités universitaires et pédagogiques. De son côté, l’évêque Victor a mentionné la raison de sa visite à Genève, qui concerne les droits des fidèles en Ukraine. Il a également évoqué les églises orthodoxes en Ukraine, dont s’emparent les schismatiques ou encore qui sont incendiées par ceux-ci, le cas des fidèles de l’Église canonique roués de coups, ainsi que les différents problèmes rencontrés. « Le soutien des orthodoxes des Églises locales, mais aussi du Patriarcat œcuménique, dont nous demandons les prières, revêt une importance particulière pour nous », a déclaré l’évêque Victor. Le métropolite de Suisse, à son tour, a mentionné que des problèmes similaires à ceux qu’affronte l’Église d’Ukraine aujourd’hui, ont été personnellement vécus par lui en Ukraine au début des années 1990, lorsque la délégation du Conseil œcuménique des Églises et du Conseil européen des Églises est arrivée en Ukraine, où l’église avait été fermée et les délégués s’étaient retrouvés dehors. « Nous voyons aujourd’hui la répétition des mêmes événements, mais nous prions pour l’Église et le peuple ukrainien » a souligné le métropolite Jérémie. Les deux parties ont exprimé la nécessité d’un contact et d’une collaboration plus étroits entre l’Église d’Ukraine et le Patriarcat œcuménique. Enfin, l’archevêque de Telmessos Job a conduit les visiteurs dans les locaux du Centre ainsi qu’à l’église de l’apôtre Paul.

Source

Une session de l’ONU examine les questions de la violation des droits et des libertés des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine

Le 10 octobre a commencé à Genève l’évaluation de l’accomplissement, par le gouvernement ukrainien, de ses obligations internationales dans le cadre de la XXVIIIème session du Conseil pour les droits de l’homme, et de la procédure de « l’examen périodique universel » relative à celles-ci. Au préalable, conformément au règlement en vigueur, a été envoyé à l’ONU une note d’information de l’état de réalisation dans le pays, des droits et des garanties de liberté de conscience et de religion. Participaient à cette session l’évêque de Barychev Victor, chef de la représentation de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des organisations internationales, des représentants du département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le représentant de l’ONG « Sensibilisation du public » Oleg Denisov. « La composition de la représentation permet de fournir des informations de première main sur les violations des droits des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine » est-il dit dans un communiqué.

Source (dont photographie): Pravlife

25ème anniversaire du rétablissement de la vie monastique à la Laure de Sviatogorsk (Ukraine)

Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre a présidé les solennités liées au renouveau de la vie monastique à la Laure de la Dormition de Sviatogorsk, dans le diocèse de Donetsk. La fête a lieu le jour de la commémoration de la Synaxe des saints de Sviatogorsk, au nombre de 18, qui y ont vécu dans l’ascèse du XVIIème au XXème siècle. Dans l’église principale de la Laure se trouvent les reliques de 11 moines monastère : les ascètes Jean le Reclus, Arsène, Germain, Longine, Théodose, Cyprien, Joannice, Isaac, les moines confesseurs Triphon, Michel et Jean. La Laure de Sviatogorsk est l’un des plus grands monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Les premiers moines se sont installés dans ce lieu dès les VIIIème-IXème siècles. En 1787, suivant un décret de l’impératrice Catherine II, le monastère de Sviatogorsk a été fermé et les villages et les terres lui appartenant ont été remis au trésor public. En 1844, par décret de l’empereur Nicolas Ier, le monastère a été rétabli, et l’ordo de l’ermitage de Glinsk y a été introduit. Les 70 années suivantes, le monastère a connu une apogée sans précédent, devenant l’un des plus grands de l’Empire russe. En janvier 1918 a commencé le pillage du monastère par le pouvoir soviétique. En 1922, le monastère a été « liquidé », et une maison de repos pour les travailleurs du Donbass y a été installée. En 1992, a commencé la renaissance du monastère qui a reçu le statut de Laure, par décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine du 9 mars 2004.

Source

Le président ukrainien Porochenko demande à nouveau au Patriarcat de Constantinople de créer une Église autocéphale d’Ukraine

Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que l’Ukraine avait le droit à une Église orthodoxe autocéphale locale, et qu’il pousserait à son établissement. Néanmoins, il a également souligné que la présence d’une Église autocéphale en Ukraine ne signifierait pas l’interdiction de toute autre confession orthodoxe à l’intérieur du pays, selon les informations de l’agence Interfax-religion. « La reconnaissance de l’autocéphalie ukrainienne par le patriarche œcuménique, que nous attendons, ne signifiera aucunement l’émergence d’une Église d’État ou l’interdiction des activités d’autres confessions orthodoxes », a déclaré le président dans son allocution au parlement, jeudi dernier. Il convient de mentionner que l’ordre du jour du parlement ukrainien incluait onze projets de loi concernant la vie ecclésiastique, dont certains affecteraient ou empêcheraient les activités de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, y compris une législation qui légaliserait les raids sur les églises et leur saisie, qui se produisent déjà constamment, souvent avec la participation ou le consentement des autorités locales. Environ 50 églises appartenant à l’Église orthodoxe d’Ukraine ont été saisies par les radicaux et schismatiques durant les trois années passées. L’Union des journalistes orthodoxes rapporte que le président a également rappelé que le parlement avait précédemment approuvé un « appel historique » au Patriarcat œcuménique pour accorder l’autocéphalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine et qu’il avait aussi personnellement écrit une lettre au patriarche de Constantinople. En 2016, le parlement ukrainien avait demandé au patriarche Bartholomée d’invalider l’acte de 1688 conformément auquel le métropolite de Kiev, soi-disant « en violation des canons », avait été rattaché au Patriarcat de Moscou. « Chaque citoyen choisit sa foi et son Église, et l’État, bien que séparé de l’Église, ne peut pas se tenir à distance, alors que d’autres États utilisent les institutions ecclésiales qui dépendent d’eux afin de réaliser leurs buts géopolitiques » a ajouté M. Porochenko. « Je veux encore une fois attirer l’attention de Votre Sainteté sur le haut degré de sérieux de nos intentions, sur la ferme volonté politique de la direction ukrainienne de résoudre ce problème qui a été à l’ordre du jour depuis 1991. L’Ukraine a le droit à une Église locale », a encore affirmé le président. En même temps, au sein du Patriarcat de Moscou, qui inclut l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, les paroles de Porochenko sur la création d’une Église locale à l’aide du patriarche œcuménique sont considérées comme une tentative d’en tirer un gain politique. « Il est évident que les efforts destinés à résoudre les problèmes ecclésiastiques sans la participation de l’Église elle-même sont voués à l’échec, comme le patriarche Bartholomée de Constantinople l’a déclaré nombre de fois. Peut-être ces politiciens qui cherchent à tirer un gain politique devraient-ils écouter l’opinion des primats des Églises locales orthodoxes et cesser d’interférer dans les affaires internes de l’Église » a déclaré l’archiprêtre Igor Yakimtchouk, secrétaire pour les relations inter-orthodoxes du Patriarcat de Moscou. Pour sa part, le patriarche œcuménique Bartholomée a dit hier à l’archiprêtre Philarète de Lvov et de Galicie, lors d’une conférence théologique internationale à Bose, en Italie, qu’il ferait tout ce qui est possible pour préserver l’ordre canonique de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Cette déclaration ne comportait aucune clarification quant à la façon dont le patriarche à l’intention d’aider. Le patriarche œcuménique avait précédemment établi une commission ayant pour but d’examiner la demande du parlement ukrainien concernant la création d’une Église autocéphale. En mars de cette année, le patriarche Bartholomée a également dit au Premier ministre ukrainien Volodymyr Groysman : « Nous prions pour que le peuple ukrainien soit uni en une seule Église. L’Église mère de Constantinople vous aidera à trouver une telle Église unie ». Le patriarche a rencontré les anciens présidents ukrainiens Léondie Kravtchouk et Victor Ioutchenko en septembre de l’an passé, qui lui avaient apporté une pétition avec 5000 signatures demandant une Église autocéphale. L’Église orthodoxe russe avait précédemment exprimé sa préoccupation au sujet des hiérarques de Constantinople qui rencontraient les schismatiques ukrainiens et de leurs activités sur le territoire de l’Église orthodoxe d’Ukraine, tout cela sans la bénédiction des hiérarques de celle-ci. En novembre de l’an passé, le « patriarche » schismatique Philarète du « Patriarcat de Kiev » a rendu visite au centre spirituel de l’Église orthodoxe d’Ukraine aux États-Unis, à South Bound Brook, dans le New Jersey, lequel se trouve sous la juridiction du Patriarcat œcuménique. Pour finir, un sondage de 2016 a révélé que seule une petite minorité d’Ukrainiens considèrent la création d’une Église orthodoxe autocéphale comme nécessaire.

Source

Message du métropolite de Kiev Onuphre à l’occasion du 26ème anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine

À l’occasion du 26ème anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, le métropolite de Kiev onuphre a adressé le message suivant au président Porochenko ainsi qu’aux autorités civiles et religieuses d’Ukraine :
« Je vous envoie à tous mes vœux à l’occasion du Jour de l’Indépendance de notre État ukrainien. Cette année, nous fêtons le 26ème anniversaire de l’indépendance et nous rendons humblement grâce à Dieu pour les bienfaits et la bonté qu’Il nous a accordées et qu’Il nous accorde à tous. C’est avec douleur dans le cœur que nous vivons le conflit militaire qui, très malheureusement, continue encore dans l’Est de notre État. Des prières sont élevées sans cesse dans nos églises pour notre pouvoir et notre peuple ukrainiens, et nous croyons que ce temps n’est pas éloigné, lorsque le Seigneur nous bénira tous par la paix. L’Église orthodoxe d’Ukraine fait tout son possible afin d’atténuer les conséquences de la guerre. Nous aidons les personnes déplacées, nous accomplissons un travail diligent et complexe en vue de la libération de nos prisonniers, et, dans la mesure de nos possibilités, nous soutenons les personnes démunies. Nous prenons soin, avec une attention particulière, de notre unité et faisons tout pour que l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, vivent dans un respect mutuel, se souvenant que nous sommes les enfants d’un seul prince, saint Vladimir, et citoyens d’un seul État ukrainien. Nous sommes profondément convaincus que ce ne sont pas les conflits, mais l’amour fraternel et la tolérance mutuelle entre nous, qui sommes différents en matière d’opinions religieuses, de convictions politiques, lesquelles sont dressées devant nous par la vie, que nous serons aptes à rendre l’État et la terre ukrainienne forts, florissants et riches. Encore une fois, j’adresse à tous mes vœux à l’occasion de l’indépendance de l’Ukraine. Que Dieu nous bénisse tous ».

Source

Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine a dirigé une procession de 35.000 fidèles à la vallée de Josaphat, dans le centre-ouest de l’Ukraine, sur le lieu d’une apparition de la Mère de Dieu

35.000 fidèles avec, à leur tête, le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre, ont effectué une procession sur le lieu de l’apparition de la très sainte Mère de Dieu, dans la région de Vinnitsa, dans le centre-ouest de l’Ukraine. Douze évêques accompagnaient le primat et les fidèles: les métropolites Jonathan de Toultchine et Bratslav, Antoine de Khmetnitsky et de Starokonstantinov, Syméon de Vinnitsa et de Bar, Agapit de Moguilev-Podolsk et Chargorod, Vladimir de Potchaïev, Alexandre de Pereyaslav-Khmelnitsky et Vichneva, les archevêques Pantéléimon de Boutchan et Pantéléimon d’Ouman et de Zvenigorod et les évêques Barsanuphe de Borodiansk, Benjamin de Fastov et Khotyn, ainsi que des prêtres de différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine. La procession de ces milliers de personnes a commencé en l’église du grand-martyr Dimitri de Thessalonique du village Goltchentsy, après l’office d’intercession, la bénédiction des icônes et de la grande croix, près de l’église.

Les participants de la procession ont prié pour la paix en Ukraine, beaucoup portaient des croix, afin de les placer dans la vallée. « Des prières particulières pour l’Ukraine ont été élevées par le métropolite Onuphre dans la vallée de Josaphat pendant la divine liturgie que le primat a célébrée avec les évêques et le clergé. Le métropolite Onuphre a prononcé l’homélie, qui concernait la confession de la foi, la protection de la Mère de Dieu et la nécessité de porter la croix de sa vie » est-il dit dans le communiqué officiel. À l’issue de la liturgie, le métropolite Onuphre a souhaité bonne fête aux participants. Les métropolites Syméon et Agapit ont également prononcé une allocution, ainsi que les représentants des autorités locales. La vallée de Josaphat, « la vallée des croix », est un lieu saint de la région ukrainienne de Podolié, connu comme le lieu de l’apparition de la Mère de Dieu à un habitant pauvre du village de Golintchentsy, le berger Jacques Mysik. En 1923, il vit, au-dessus d’une source, la Mère de Dieu avec l’Enfant-Dieu et, à sa question : « Que devons-nous faire ? », il entendit la réponse : « Placez des croix, glorifiez le Christ ». Le jour même les habitants du village fixèrent la première croix et, au bout de deux mois, tout l’emplacement autour de la source fut couvert de croix : on les apportait des villages voisins, mais aussi du Kouban, de la région d’Odessa, de Bessarabie, du Donbass, de l’Extrême orient russe et du Baïkal. Des cas de guérisons dans la vallée de Josaphat ont attiré à cet endroit encore plus de gens. En 1923 sont venus plus de 1,5 millions de fidèles en cinq mois. Les autorités soviétiques ont scié les croix à plusieurs reprises, espérant ainsi arrêter l’afflux des pèlerins. 9 prêtres et 18 laïcs furent traduits en justice. Jacques Mysik périt en martyr dans les casemates souterraines de Vinnitsa. La renaissance de la vallée de Josaphat a commencé en l’an 2000. Actuellement, il y a sur ce territoire plus de dix mille croix. On peut visionner ici la procession, les croix et la prédication du métropolite Onuphre (en ukrainien).

Sources : Pravlife, Uoj (photographies)

Dans la région de Ternopol, les paroissiens de l’Église orthodoxe d’Ukraine, chassés de leur église par les schismatiques, ont célébré leur fête patronale sous une tente

Dans le village de Kouta, les fidèles ont prié avec leur évêque diocésain, le métropolite de Ternopol et de Kremenets Serge, qui célébrait la divine liturgie dans une tente adaptée à l’office. Le 7 août, jour de la dormition de sainte Anne, la communauté orthodoxe du village de Kouta du district de Choumsk de la région de Ternopol a célébré sa fête patronale dans une tente installée à côté de l’église, dont se sont emparés les schismatiques. À cette occasion, le métropolite a amené, pour y être vénérée par les fidèles, une copie de l’icône de Potchaïev de la très sainte Mère de Dieu. Après l’office, le métropolite Serge a lu une prière aux saints ancêtres de Dieu Joachim et Anne et s’est adressé à tous par une prédication, dans laquelle il a évoqué le sens de la fête, les hauts faits de sainte Anne, et appelé tous les fidèles à la paix, l’amour et au pardon.

Source (dont photographie) : Pravlife

Le métropolite Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Le patriotisme ne peut fournir l’occasion à la haine »

À la veille de la fête du baptême de la Russie, le métropolite Antoine (Pakanitch), chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a donné l’interview suivante sur les festivités qui auront lieu en cette occasion et les processions qui se dérouleront en Ukraine, ainsi que sur la situation religieuse dans le pays. Rappelons que l’an passé avait eu lieu une procession pan-ukrainienne pour la paix. Un film de cet événement est disponible, avec sous-titres français ici .

– Monseigneur, dans quelques jours, l’Ukraine fêtera le Jour du baptême de la Rous’. Pourriez-vous nous présenter le programme et les particularités de la présente fête.

– Pour le peuple ukrainien, c’est une grande fête. L’Église orthodoxe d’Ukraine qui a initié la tenue du Jour du baptême de la Rous’ au niveau de l’État, fête toujours largement ce jour. Et, c’est maintenant traditionnel, la veille, le 27 juillet, nous célébrons un office d’intercession au pied du monument du saint prince Vladimir, où se réunissent les évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le clergé, les fidèles et un grand nombre de pèlerins. Depuis « Vladimiskaïa Gorka » (« la colline de Vladimir » à Kiev), nous nous dirigeons en procession à la laure des Grottes de Kiev. La particularité de la célébration de cette année est que nous prierons devant les icônes miraculeuses de la très sainte Mère de Dieu qui se sont avérées miraculeuses à l’époque récente et qui ont été glorifiées par l’Église orthodoxe d’Ukraine durant les 25 dernières années. Il convient de souligner que 2017 est une année particulière pour notre Église. Nous fêtons le 25ème anniversaire du Concile de Kharkov, au cours duquel furent prises des décisions vitales quant à l’existence de l’Église orthodoxe d’Ukraine contemporaine. Il y fut confirmé que l’Église se développe conciliairement, sur la base des règles canoniques. La canonicité de l’Église devient évidente par la vie des gens, et particulièrement par la canonisation des saints qui ont vécu sur le territoire de l’Ukraine. En un quart de siècle a été glorifié un grand nombre de saintes icônes qui se trouvent dans différentes régions de notre pays. Par les prières des fidèles orthodoxes, la très sainte Mère de Dieu manifeste Sa miséricorde envers le peuple ukrainien. La particularité de la procession cette année est que ces saintes icônes seront apportées à Kiev. Durant ces jours, des offices d’intercession auront lieu devant les icônes miraculeuses dans pratiquement chaque centre diocésain de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que des processions. Ensuite, toutes ces saintes icônes seront amenées à Kiev, et elles se trouveront à la tête de la procession. Encore une particularité qui n’est pas moindre quant à la célébration de cette année : plusieurs groupes de pèlerins de différentes Églises orthodoxes locales ont annoncé leur participation aux solennités. Cette année aura lieu une prière spéciale pour l’Ukraine de tous les fidèles orthodoxes qui ont à cœur le sort de notre peuple et de l’Église d’Ukraine.

– L’an dernier, à l’occasion de la célébration du Jour du baptême de la Russie, il y a eu beaucoup d’épreuves : on n’a pas laissé la procession se dérouler sereinement dans la capitale, on a tenté d’attribuer une coloration politique à la procession. Prenant tout cela en compte, y aura-t-il cette année une procession aussi massive durant de nombreux jours, ou vous limiterez-vous seulement à la capitale ?

– Les icônes miraculeuses voyagent déjà en Ukraine. Ainsi, au cours du mois se déroulent des processions dans différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Considérant que ces saintes icônes se trouvent dans différents endroits du pays et que les fidèles n’ont pas toujours la possibilité de venir et de prier devant telle ou telle icône, il a été décidé de fixer l’itinéraire de telle façon que les fidèles de notre Église vivant dans l’ouest du pays puissent vénérer les icônes se trouvant à l’est, et inversement. Lors de la fête du baptême de la Rous’, comme cela a déjà été dit, les icônes séjourneront à Kiev, et nous prierons ensemble devant elles pour la paix et l’unité de notre Église et de notre peuple.

– Considérant les provocations autour des célébrations de l’an passé, comment les paroissiens de l’Église orthodoxe d’Ukraine peuvent-ils se défendre eux-mêmes et leur foi dans ces conditions ?

– La vie actuelle est très politisée et, malheureusement, il y a des forces qui voudraient que l’Église orthodoxe d’Ukraine vive de cette façon politisée. Mais l’Église a été fondée par notre Seigneur Jésus-Christ dans un seul but : pour que l’homme puisse arriver auprès de Dieu. L’Église se préoccupe de l’âme immortelle de l’homme. Oui, nous vivons dans une situation historique concrète. Nous aimons notre Patrie, nous souffrons pour elle. Mais l’homme croyant se différencie de l’incroyant par le fait, comme le disent les saints Pères, que séjournant sur terre, il reste citoyen du ciel. C’est là la corrélation du terrestre et du céleste, de l’éphémère et de l’éternel et c’est la mesure qui reflète la foi de l’homme. Oui, c’est difficile de vivre lorsqu’à un moment tout autour de nous est empli d’agression, de haine, d’intolérance. Et il dépend du croyant de préserver sa paix intérieure ou non. Le croyant n’a pas le droit de répondre à l’agression par l’agression. Autrement, nous ne différerons en rien des incroyants. Le Seigneur a dit qu’il y a un seul signe qui différencie les chrétiens des autres, c’est l’amour. Si entre nous, nous avons l’amour, nous sommes alors chrétiens. Il semble parfois que les forces humaines touchent à leur fin après avoir subi tant de haine, de calomnies qui se concentrent maintenant sur notre Église. Mais par l’humilité, l’amour et la prière, le Seigneur donne Son soutien. Je crois qu’Il raisonnera et fera revenir au sein de l’Église ceux qui ne veulent pas voir dans l’Église ce qu’elle est, l’Église. Autrement, elle se transforme tout simplement en une sorte d’organisation publique qui ne sera en rien différente des autres institutions politiques. Mais l’Église est hors du temps, elle est destinée à se trouver au-dessus des conflits de l’instant, elle est créée par Dieu afin que l’homme ait l’espoir du salut.

– Il y a maintenant de très nombreuses spéculations au sujet de l’union spirituelle qui existe entre l’Église orthodoxe d’Ukraine et l’Église orthodoxe russe, et on n’hésite pas à qualifier l’Église canonique de « bras droit de Moscou », « Église-agresseur », en oubliant que l’Église orthodoxe d’Ukraine est depuis longtemps autonome dans toutes ses décisions.

– Premièrement, effectivement, l’Église orthodoxe d’Ukraine est une Église indépendante dans son administration, avec les droits d’une large autonomie. Nous sommes liés au Patriarcat de Moscou par une union spirituelle, eucharistique, et par le Patriarcat de Moscou, nous sommes réunis avec l’orthodoxie mondiale. Notre Église est reconnue dans le monde orthodoxe entier. Les autres structures schismatiques ne sont pas reconnues par l’Église orthodoxe canonique. C’est un fait que l’on dissimule, pour certaines raisons, à nos citoyens. Et souvent, malheureusement, les médias passent sous silence ou altèrent grossièrement la situation dans le domaine religieux en Ukraine. Personne, pour certaines raisons, ne dit qu’il existe en Ukraine une Église locale, l’Église orthodoxe d’Ukraine, qui tire son origine du baptême de la Rous’. Ces structures qui se sont détachées du corps de l’Église orthodoxe d’Ukraine, « échauffent » consciemment la situation de confrontation dans la société, créant ainsi un esprit de haine et de nationalisme qui n’est pas inhérent à notre peuple. Le patriotisme, c’est tout à fait autre chose. Notre patriotisme ne peut fournir l’occasion à la haine. Notre Église est celle de toute l’Ukraine et non celle de l’une de ses régions individuelles, et c’est en cela que réside sa grandeur. Bien que, malheureusement, il soit très difficile d’expliquer cela à ceux qui ne veulent pas comprendre. Tout cela mène aux divisions et aux agressions, et il s’ensuit que plus de quarante églises nous ont été dérobées durant les trois dernières années. Mais, d’autre part, la situation a montré que l’on ne trompe pas les gens qui ont l’esprit d’Église et on ne les effraie pas non plus : dans les villages où l’on s’est emparé de nos églises, en grande partie à l’aide de personnes armées, on construit déjà de nouvelles églises dépendant de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Aussi, si nous maintenons notre fidélité à l’orthodoxie canonique, le Seigneur ne nous abandonnera pas.

– Dans les médias ukrainiens, on n’entend rien sur l’immense travail social accompli maintenant par l’Église.

– L’Église orthodoxe d’Ukraine, c’est l’Église de son peuple, son peuple ukrainien. Et la douleur du peuple est la douleur de toute l’Église, comme le dit l’apôtre Paul, lorsqu’un membre souffre, tout le corps souffre avec lui. Il en est ainsi avec nous, si le peuple de l’Est de l’Ukraine souffre, c’est toute la société ukrainienne qui souffre avec lui. Nous ne pouvons rester à l’écart des problèmes. Oui, nous ne participons pas dans quelques manipulations politiques, mais l’Église ressent cette douleur. La majorité des personnes déplacées sont des paroissiens de notre Église et nous les soutenons de toutes les manières. Lorsqu’ils sont contraints à quitter leurs foyers, nous cherchons pour eux des logements et du travail, nous organisons des vacances pour les enfants, et nous le faisons jusqu’à maintenant. Nous restaurons des hôpitaux, nous achetons des médicaments pour les militaires. Toutes les informations à ce sujet se trouvent sur le site officiel de notre Église. Mais beaucoup, tout simplement, ne veulent pas le savoir. Si l’on récapitule tout ce que fait l’Église orthodoxe d’Ukraine, dont l’aide humanitaire et financière aux gens qui se trouvent dans les zones de conflits armés, il est probable qu’aucune organisation en fait autant. Nous avons également libéré 15 jeunes militaires ukrainiens qui étaient prisonniers, et de cela, personne ne parle. Tout cela est passé sous silence. Il faut comprendre que, d’un côté comme de l’autre, vivent des Ukrainiens. Ils doivent penser comment nourrir les enfants et comment survivre. Cela est terrible lorsque l’on amène le corps d’un soldat tué dans un village pour l’y enterrer. Et c’est particulièrement horrible lorsque ce sont des enfants, coupables en rien, des civils, qui meurent. C’est notre douleur. Nous devons tout faire pour que cette guerre s’achève le plus vite possible. Nous sommes un seul peuple, ukrainien, indépendamment de l’endroit où nous vivons : à l’est ou à l’ouest, au sud ou au nord. Nous devons construire tout notre avenir comme un seul peuple, prenant en compte nos particularités, les particularités de différentes régions.

– Il y a maintenant beaucoup de discussions et de bruits sur la réunion des Églises [d’Ukraine], à quel point cela est-il maintenant actuel et qu’est-il nécessaire de faire afin que cette réunion se produise sur des bases canoniques ?

– Le schisme est la douleur de chaque homme croyant, c’est une situation qui n’est pas naturelle. Et l’Église orthodoxe d’Ukraine a fait et continue à faire tout ce qu’elle peut afin de donner la possibilité aux gens qui, pour quelques raisons que ce soit, se sont trouvés en dehors des limites de l’Église canonique, d’entrer dans la sphère pleine de grâce où le Seigneur agit par les sacrements ecclésiaux. Malheureusement, la situation des dernières années témoigne que beaucoup parlent de la réunion des Églises en Ukraine, mais les structures non canoniques font tout pour que cette unité ne se réalise pas. C’est précisément dans ces structures non canoniques que se créent des attitudes agressives à l’égard de notre Église. Afin que les gens s’écoutent mutuellement, des relations humaines élémentaires sont nécessaires, des discussions constructives. Mais lorsque l’autre partie non seulement veut voir en vous un ennemi, mais déclare ceci partout sans appel, crée des mythes et calomnie ouvertement, il est très difficile de se mettre d’accord sur quelque chose. Tout accord préconise avant tout la confiance. Les paroles creuses ne fournissent aucune base pour surmonter le schisme. En outre, le temps est nécessaire, afin que l’agression se calme et qu’apparaissent des actes réels.

– Mais alors comment peut-on s’unir avec ceux qui s’emparent de nos églises ? Actuellement, la preuve que le « Patriarcat de Kiev » souhaite la réunion, doit être, à tout le moins, qu’il renonce à ces églises dont ils se sont emparés ces dernières années.

– Le devoir de l’homme au cours de sa vie terrestre est de rester un homme dans toute situation. Mais un homme dans ce sens élevé, avec celui que Dieu nous a créés, comme Son image et Sa ressemblance. Et en ceux qui nous proches et ceux qui nous sont éloignés, nous devons voir le reflet divin, mais malheureusement, certains, le plus souvent, voient dans le prochain non pas une aide, mais un obstacle au salut. Et même parfois, il le voit à travers le viseur de sa mitraillette. Il faut le regarder à travers le prisme de l’Évangile. Où est donc notre amour et notre patience chrétienne ? Ils viennent par la prière, mais une prière absolument sincère venant d’un cœur contrit. Un homme juste a dit une fois que l’homme ne devient véritablement croyant que lorsqu’il a appris à pleurer devant Dieu. Le cœur doit pleurer devant le chagrin dont nous sommes très souvent la cause nous-mêmes. Dieu attend de nous le repentir sincère et la prière.

– Et pour terminer notre conversation, parlons de quelque chose d’agréable. Dimanche, le jour de la fête de saint Antoine de la laure des Grottes, fondateur du monachisme en Russie, c’est votre fête onomastique et votre anniversaire. Des représentants des Églises locales viennent vous en féliciter. Qu’attendez-vous de cette fête ?

– Vous savez, dans ma vie, je n’ai jamais fêté mon anniversaire dans le sens reçu généralement. Autant que je me rappelle, moi-même, mon frère et ma sœur fêtions notre anniversaire à l’église. Ce jour-là, nous nous confessions et nous communions toujours. Et seulement après, nos parents nous souhaitaient bonne fête. Et c’était tout. Mais maintenant, alors que j’arrive à l’âge de 50 ans, de nombreux amis m’ont dit qu’ils voulaient venir me souhaiter une bonne fête et prier ensemble. On sait que viendront les représentants des Églises d’Antioche, de Jérusalem, de Bulgarie, de Chypre, de Grèce et de Pologne. Il y aura également des hôtes de Biélorussie, Russie, Moldavie, Macédoine, Tchéquie, Slovaquie, etc. Mais ce n’est pas une manifestation diplomatique. Ces amis viennent avant tout, pour célébrer la sainte eucharistie, témoigner notre unité et prier ensemble pour la paix en Ukraine et dans l’Église.

Source (dont photographie): Pravlife

Les hiérarques des Églises orthodoxes autocéphales ont exprimé leur soutien à l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

Les représentants des Églises orthodoxes autocéphales, venus à Kiev le 23 juillet à l’occasion de la fête de saint Antoine de la Laure des Grottes, ont exprimé leur soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique et son primat le métropolite Onuphre. Un briefing a été organisé pour les médias, auquel ont participé le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que des évêques des Églises locales orthodoxes de Jérusalem, Bulgarie, Chypre, Grèce et Pologne. Entre autres, le métropolite de Bostra Timothée (Patriarcat de Jérusalem) a déclaré : « Nous comprenons que des temps difficiles sont venus pour l’Ukraine. Nous prions pour la prospérité de l’Ukraine et l’union du peuple. L’Église orthodoxe auto-administrée d’Ukraine, sous la présidence du métropolite Onuphre, est justement le symbole de l’unité du peuple ». Le métropolite de Roussé Nahum (Église orthodoxe bulgare) a rappelé qu’en son temps, l’Église bulgare avait subi également ce phénomène négatif qu’est le schisme, mais avec la prière et l’aide de Dieu, il a été surmonté. « Notre Église aussi soutient toujours l’Église orthodoxe d’Ukraine ainsi que son primat, S.B. le métropolite Onuphre et tous les évêques. Nous élevons des prières devant l’autel afin que le Seigneur garde et affermisse le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine avec les évêques, les clercs et le peuple ukrainien fidèle », a assuré Mgr Nahum. Le métropolite de Tamassos et Oreini Isaïe (Église orthodoxe de Chypre) a attiré l’attention sur la question de l’unité de l’Église en Christ : « Le corps du Christ est un, et qui est lié avec le corps du Christ est lié avec Lui. Je dois le dire : qui est en union avec l’Église orthodoxe d’Ukraine, est en union avec nous. C’est la seule Église canonique en Ukraine », a souligné l’évêque. Le métropolite de Kitros, Katerini et Platamon Georges (Église orthodoxe de Grèce) a fait remarquer : « Notre présence ici revêt un caractère symbolique. Pendant la liturgie, que nous célébrons aujourd’hui avec les représentants d’autres Églises orthodoxes locales et les évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine, est témoigné notre unité panorthodoxe autour du calice du Christ et dans l’Esprit Saint. L’Église orthodoxe de Grèce et toutes les autres Églises orthodoxes du monde reconnaissent comme seule Église canonique d’Ukraine, l’Église orthodoxe d’Ukraine ayant à sa tête S.B. le métropolite Onuphre ». L’archevêque de Wrocław et Szczecin Georges (Église orthodoxe de Pologne) a ajouté : « Je voudrais appeler tous à approfondir les prières pour l’unité de la sainte orthodoxie, pour que le Seigneur accorde beaucoup de forces, de soutien spirituel et de grâce à Sa Béatitude le métropolite Onuphre et à tout l’épiscopat, lesquels demeurent dans la canonicité de la sainte orthodoxie, de laquelle provient la grâce du Saint Esprit, sans laquelle il n’y a pas d’Église ». À cette occasion, les hiérarques de l’étranger ont félicité le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine pour sa fête onomastique et son cinquantième anniversaire.

Source (dont photographie): Pravlife

Le département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine appelle le ministère ukrainien de la Culture à cesser la discrimination envers l’Église canonique

Le 13 juillet, le ministère ukrainien de la Culture a diffusé une déclaration dans laquelle il accuse de métropolite de Lougansk et d’Altchevsk Mitrophane (Yourtchouk) d’une prétendue collaboration avec le pouvoir de la soi-disant « République populaire de Lougansk », se référant à une interview de A. Litsoïev, qui remonte au 30 avril 2016. Relativement à cela, le département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine communique ce qui suit :

1. Les accusations publiées par le ministère ukrainien de la Culture dans sa déclaration dirigée contre le métropolite de Lougansk et Altchevsk Mitrophane, sont sans fondement et n’entrent pas dans les compétences de son domaine. En fait, le ministère de la Culture a dépassé les limites de ses attributions et a commencé à remplir des fonctions qui ne lui reviennent pas. Le métropolite Mitrophane rejette catégoriquement toutes les accusations à son égard et déclare que l’information présentée dans l’interview de A. Litsoïev est mensongère. Nous estimons que cette déclaration est une provocation ayant pour but de discréditer l’Église orthodoxe d’Ukraine et, personnellement, le métropolite Mitrophane.
2. L’Église orthodoxe d’Ukraine est actuellement présente là, où est absent le pouvoir ukrainien. Sur les territoires qui ne sont pas sous le contrôle des autorités ukrainiennes continuent à vivre des gens qui sont citoyens ukrainiens. L’Église orthodoxe d’Ukraine, en la personne de son épiscopat et de son clergé est restée avec nos gens sur place, dans les conditions complexes où ils vivent. Nos prêtres sont restés fidèles à l’Église orthodoxe d’Ukraine, dont le centre se trouve à Kiev.
3. La mission de l’Église dans les circonstances des conflits et guerres est de réconcilier les parties. Déjà du temps de la Russie kiévienne, le métropolite de Kiev a souvent accompli cette mission de médiation et a réconcilié les princes entre eux. Il est évident que l’Église est appelée aujourd’hui aussi à accomplir une telle mission pacificatrice, en redoublant les efforts tant pour la réconciliation que pour l’allègement des souffrances de la population.
4. L’Église orthodoxe d’Ukraine est la seule organisation religieuse qui participe à la libération des prisonniers. Tant les parents des prisonniers que les représentants des organes compétents de l’État continuent à s’adresser à nous pour les aider dans cette question. En ce moment, grâce aux efforts de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ont été libérés plus de quinze prisonniers ukrainiens. Aussi, de telles déclarations, des provocations par la voie de l’information et des accusations sans fondement du ministère de la Culture contre l’Église orthodoxe d’Ukraine mettent en danger la possibilité de nos futurs efforts destinés à aider la libération des prisonniers.
5. La référence du ministère de la Culture à l’information provenant de sources non vérifiées, à savoir une interview datant d’un an de l’un des représentants de la « République populaire de Lougansk » témoigne de l’incompétence et de l’absence de professionnalisme des fonctionnaires du ministère de la Culture. On a l’impression que le ministère a confiance dans l’information provenant des sources de la quasi-république non reconnue. Or, le ministère ukrainien de la Culture, en tant qu’organe de l’État doit se référer à une information fiable provenant de sources vérifiées.
6. Le droit canon de l’Église orthodoxe ne prévoit pas de normes selon lesquelles on peut invoquer la responsabilité disciplinaire canonique pour l’expression de points de vue et opinions personnels. Au demeurant, un tel droit est garanti par la Constitution de l’Ukraine (art. 34) et une série d’actes juridiques normatifs, dont la « Déclaration universelle des droits de l’homme » (article 19), la « Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales » (article 10).
7. La déclaration mentionnée du ministère de la Culture peut témoigner de la tentative de fournir une base aux provocations à venir contre l’Église orthodoxe d’Ukraine, ce que nous observons souvent ces dernières années. En particulier, ces jours-ci, le Comité chargé des questions de culture et de spiritualité au Parlement ukrainien a recommandé d’adopter encore un projet de loi anti-ecclésial sous le N°5309, selon lequel il est proposé d’enlever son appellation à l’Église orthodoxe d’Ukraine. Cela donne une raison de considérer la déclaration scandaleuse du ministère de la Culture comme une préparation de l’opinion publique à cette mesure. Nous sommes convaincus que toute tentative de déclarer l’Église orthodoxe d’Ukraine « ennemie du peuple », lui enlever son appellation, la mettre hors la loi, peut avoir une influence négative sur la stabilité de la société ukrainienne et amener à des conséquences imprévisibles. C’est précisément pourquoi nous appelons le ministère ukrainien de la Culture :
– à ne pas procéder à des abus de pourvoir et à agir dans les limites de ses attributions définies par la loi
– à ne pas provoquer l’hostilité entre Ukrainiens sur une base religieuse
– à cesser la discrimination de la plus grande Église du pays, qui représente des millions de fidèles orthodoxes, citoyens de l’Ukraine.

Source (dont illustration) : Pravlife

L’évêque diocésain de l’Église orthodoxe d’Ukraine a prié devant l’église scellée à Kolomyïa

L’évêque d’Ivano-Frankiv et Kolomyïa Tykhon a procédé, le 18 juin, à la récitation de l’hymne acathiste à saint Job de Potchaïev devant l’église de Kolomyïa, dont les portes ont été scellées par les autorités ukrainiennes. L’évêque était assisté par les prêtres de l’église et du diocèse, rassemblés pour soutenir les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine qui, pour la troisième semaine consécutive, sont contraints à prier devant les portes fermées de leur église. L’évêque Tikhon s’est adressé avec des paroles de soutien aux paroissiens faisant face à ces difficultés. Comme l’a souligné le hiérarque, les chrétiens, à l’instar des apôtres, doivent suivre le Christ sans tarder, prier et avoir une foi et une espérance fermes dans le Seigneur. Le 4 juillet, le jour de la Pentecôte, treize prêtres uniates avaient tenté de s’emparer de l’église, suite à quoi, celle-ci a été scellée « jusqu’à la régularisation du problème dans le cadre de la législation ». Les autorités locales effectuent des tentatives d’inspection inopinées, injustifiées, de l’édifice. De leur côté les clercs uniates organisent auprès de l’église des offices d’intercession à caractère de meetings. Les fidèles de l’église continuent à se tenir dans la prière devant l’église. Les fidèles déclarent qu’ils continueront leur action jusqu’à ce que leurs droits constitutionnels soient rétablis et les portes de l’église ouvertes à nouveau.

Source

Appel du métropolite de Kiev Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, aux autorités municipales de Kiev, afin de ne pas autoriser la « gay pride » dans la ville le 18 juin

Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre, a appelé la mairie de Kiev à ne pas permettre le déroulement de la « gay pride » prévue le 18 juin dans cette ville. L’appel a été envoyé par le métropolite le 14 juin aux autorités. En outre, celui-ci a donné sa bénédiction pour que des prières soient élevées dans toutes les églises et monastères afin que « le Seigneur ne permette rien de tel ». Nous reproduisons ci-après le message in extenso : « En relation avec la publication d’informations sur l’organisation, dans notre capitale, de la soi-disant ‘marche de l’égalité ‘, à laquelle des gens qui prennent le nom de « société LGBT » veulent participer le 18 juin de cette année, je m’adresse à tous les fidèles enfants de l’Église orthodoxe d’Ukraine par un appel à la prière renforcée, afin que ce projet 

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

Rencontre du métropolite de Borispol et Brovary Antoine (Église orthodoxe d’Ukraine) et du nonce apostolique à Kiev, Mgr Claudio Gugerotti

Lors de la rencontre du métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, et du nonce apostolique à Kiev, Mgr Claudio Gugerotti, a été discutée la situation des relations entre orthodoxes et catholiques-romains au niveau global et ukrainien. La rencontre a eu lieu le 14 juin avec la bénédiction du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. À l’entretien assistait également le vice-président du Département des affaires extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine, l’archiprêtre Nicolas Danilevitch. La position de l’Église orthodoxe d’Ukraine concernant les événement récents qui se sont produits à l’église de Kolomyïa où un conflit a éclaté entre gréco-catholiques et orthodoxes,

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

Déclaration du département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine au sujet des événements qui se sont produits en l’église de la ville de Kolomyïa, dans la région d’Ivano-Frankiv, en Ukraine occidentale

Suite à l’irruption de 13 prêtres uniates dans la paroisse orthodoxe ukrainienne de Kolomyïa , en Ukraine occidentale, le département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine a publié le communiqué suivant :

« Le 4 juin 2017, en la fête de la Pentecôte, 13 prêtres de l’Église gréco-catholique d’Ukraine, avec leurs fidèles et le soutien des miliciens de la « Centaine noire », sont entrés dans l’église de l’Annonciation, qui dépend de l’Église orthodoxe d’Ukraine, où ils ont célébré la liturgie. Depuis lors, l’église est fermée illégalement, tandis que la communauté paroissiale de l’Église orthodoxe d’Ukraine n’a pas la possibilité de prier dans son église. Actuellement, des discussions sont en cours au sujet du sort ultérieur de l’église. Hormis la tentative du clergé et des fidèles de l’Église gréco-catholique d’Ukraine de s’emparer de l’église susmentionnée, des menaces sont également proférées, visant à l’accaparement d’une autre église appartenant à l’Église orthodoxe d’Ukraine à Kolimyïa, à savoir l’église de la Sainte-Dormition. Des menaces sont également proférées envers le recteur de cette église, l’archiprêtre Nicolas Smetaniouk. On effraye les fidèles de notre Église, on diffuse des calomnies, des menaces de violence, celles-ci émanant entre autres des aumôniers uniates, dont le p. Michel Arsenitch. Des tracts comportant des informations mensongères et des appels dirigés contre notre Église sont distribués aux habitants de la ville de Kolomyïa. La paroisse de l’Église orthodoxe d’Ukraine utilise le local de l’église de l’Annonciation sur des bases légales et ce depuis 1990. Actuellement, le diocèse de Kolomyïa-Tchernovtsy de l’Église orthodoxe d’Ukraine ne dispose d’aucune confirmation juridique du fait que l’église en question lui a été remise sous condition qu’elle soit rendue à l’avenir à l’Église ukrainienne gréco-catholique. Si le diocèse gréco-catholique considère que l’église de l’Annonciation de la Très sainte Mère de Dieu est son église, il lui faut prouver lа justesse de ses affirmations de façon civilisée, à savoir au moyen d’un jugement. Malgré la position irénique adoptée à cette occasion dans la déclaration officielle du diocèse de Kolomyïa-Tchernovtsy de l’Église gréco-catholique d’Ukraine et l’assurance donnée que « les événements mentionnés n’étaient pas pris à son initiative », le diocèse n’explique pas la participation dans ce conflit des prêtres de l’Église gréco-catholique, qui visent à l’accaparement de l’église paroissiale de l’Église orthodoxe d’Ukraine et appellent à s’en emparer. Nous considérons également inopportuns et intempestifs les appels, dans ladite déclaration, au rétablissement de « la justice historique » qui, selon le contenu de la déclaration, réside dans le fait que la communauté de l’Église orthodoxe d’Ukraine doit restituer l’église, qui à une certaine époque aurait soi-disant appartenu à l’Église gréco-catholique d’Ukraine. Nous voyons dans une telle approche le danger de nouveaux affrontements interconfessionnels qui se baseraient sur le « rétablissement de la justice historique ». Nous considérons qu’en ce moment donné, il ne faut pas recourir à de telles actions qui peuvent amener à des prétentions réciproques à la propriété des églises entre les différentes confessions. Par exemple, à Kiev, l’église Saint-Nicolas à Aksoldova Mogila, et aussi l’église Saint-Nicolas dans le quartier de Podol ainsi que d’autres églises historiques, qui aujourd’hui sont utilisées par les communautés gréco-catholiques, ont été en leur temps construites comme églises orthodoxes et appartenaient historiquement à l’Église orthodoxe. Entre autres, l’archiprêtre Alexandre Glagolev (1872-1937), théologien orthodoxe connu, célébrait en l’église Saint-Nicolas à Podol. Aussi, si l’on suit cette logique, l’Église gréco-catholique doit également restituer à l’Église orthodoxe d’Ukraine les églises que ladite confession utilise actuellement, cette dernière « n’ayant aucun droit moral et juridique », selon la même logique poursuivie dans la déclaration, de « renoncer » à ses églises en faveur d’autres confessions religieuses ». La situation qui s’est créée autour de l’église de l’Annonciation à Kolymïa peut provoquer des actions réciproques visant des églises gréco-catholiques dans d’autres régions d’Ukraine. Nous sommes certains qu’une telle approche n’apportera pas la paix et la stabilité dans les rapports interconfessionnels. L’Église orthodoxe d’Ukraine se prononce pour la paix interconfessionnelle et le refus de tout affrontement religieux. En outre, comme on le sait, l’Église gréco-catholique d’Ukraine dispose d’environ 20 églises à Kolomyïa, alors que l’Église orthodoxe d’Ukraine n’en a que 2. Aussi, la tentative de s’emparer de l’église de l’Annonciation ne saurait être causée par le manque de lieux de prières pour les fidèles de l’Église gréco-catholique d’Ukraine. Après avoir pris connaissance des films vidéo pris sur le lieu du conflit, nous constatons que les prêtres uniates qui sont entrés dans l’église de l’Annonciation afin de convaincre la communauté orthodoxe de changer son appartenance confessionnelle, ont eu recours à une rhétorique absolument hostile et au harcèlement ouvert de leurs concitoyens selon leur appartenance confessionnelle. Nous sommes convaincus que de telles actions du clergé gréco-catholique ne correspondent pas à l’orientation des relations entre orthodoxes et catholiques-romains. En effet, conformément à la déclaration de La Havane, « Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables » (Déclaration de La Havane, point 25). Nous appelons les dirigeants de l’Église gréco-catholique d’Ukraine, ainsi que ceux du diocèse de Kolomyïa-Tchernovtsy, à aborder la résolution de cette question dans le calme et avec précaution, dans un esprit d’amour chrétien et de respect des convictions religieuses d’autres personnes, dans un esprit de pleine responsabilité ».

Source

Le jour de la Pentecôte, 13 prêtres uniates ukrainiens ont tenté de s’emparer de l’église orthodoxe de Kolomyïa (Ukraine occidentale)

Le jour de la fête de la Pentecôte, des prêtres de l’Église gréco-catholique ont fait irruption dans une église orthodoxe et y ont célébré la liturgie. À l’aide des autorités locales et des activistes du mouvement « Tchornaya sotnya » [« la centaine noire », mouvement fasciste ukrainien, ndt], les gréco-catholiques (uniates) ont tenté de s’emparer de l’église orthodoxe de la Mère de Dieu située à Kolomyïa, dans le district d’Ivano-Frankiv, en Ukraine occidentale. Le jour de la Pentecôte, les prêtres de l’Église gréco-catholique sont entrés dans l’église et y ont célébré leur liturgie. Comme le raconte le recteur de l’église de l’Annonciation de la Très Sainte Mère de Dieu, l’archiprêtre Basile Kobelsky, ils sont venus à l’église avec un stratagème. « Ce jours des activistes et des prêtres de l’Église gréco-catholique ukrainienne ont organisé leur marche traditionnelle sur les tombes des volontaires de la légion ukrainienne [formation militaire sous l’empire austro-hongrois, ndt], qui se trouvent non loin de notre église. Le représentant des Services de sécurité ukrainiens (SBU) vint me trouver pour me demander que je les laisse entrer et prier dans l’église. Nous avons donné notre accord. Mais les prêtres gréco-catholiques, qui étaient au nombre de treize, sont entrés directement dans le sanctuaire et ont commencé à célébrer la liturgie. Nous ne nous attendions pas à cela », a déclaré le prêtre. Selon les gréco-catholiques, le but poursuivi était de convaincre la communauté paroissiale orthodoxe de se soustraire à la hiérarchie du Patriarcat de Moscou et de transmettre les droits d’utilisation de l’église, qui appartiennent à l’Église orthodoxe d’Ukraine, à l’Église gréco-catholique d’Ukraine. L’acte des intrus a provoqué la protestation de la communauté, et un conflit a surgi dans la cour de l’église. Le 23 mai déjà, les membres du conseil municipal local avaient tenté de transmettre l’église au « Patriarcat de Kiev » ou aux gréco-catholiques. Le président du conseil municipal avait alors promis que personne ne s’emparerait par la force de l’édifice et que l’on demanderait l’avis des fidèles de la communauté de l’Église orthodoxe d’Ukraine. L’archiprêtre Basile Kobelsky, a dit que jusqu’à maintenant, aucune déclaration officielle n’était venue de la part des autorités locales, mais les représentants du diocèse orthodoxe se sont adressés aux observateurs de l’OSCE et ont prévenu la représentation locale des Services de sécurité ukrainiens des provocations possibles. L’église de l’Annonciation de la Très sainte Mère de Dieu fait partie des monuments architecturaux d’importance nationale dans le district d’Ivano-Frankiv, qui se trouvent sous la protection de l’État et sous la tutelle du Bureau régional de l’administration publique. Selon le recteur de l’église, la décision des membres du conseil municipal concernant le transfert de juridiction de l’église est purement politique, favorisant les « tendances de l’époque ».

Source

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a décidé de créer sa représentation auprès des Institutions européennes et a pris un certain nombre d’autres décisions

Au cours de sa dernière session, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a examiné les projets de loi du gouvernement ukrainien dirigés contre l’Église, les problèmes de refus d’enregistrement des statuts locaux de l’Église d’Ukraine, la création d’une représentation auprès des Institutions européennes, ainsi que de l’élection d’un nouvel évêque et recteur du séminaire de Volhynie. La séance solennelle du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, sous la présidence du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre a eu lieu le 27 mai 2017, au monastère de la Protection de la Mère de Dieu dans la ville de Kharkov. La séance a eu lieu dans le bâtiment historique, où s’est déroulé, les 27 et 28 mai 1992 le Concile de Kharkov [аu cours duquel, le métropolite Philarète Denissenko avait été destitué et remplacé par le métropolite Vladimir Sabodan, et la fidélité au Patriarcat de Moscou, réaffirmée ndt]. La présente séance du Saint-Synode coïncidait avec l’anniversaire de cet événement capital de l’histoire de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Avant le début des travaux, les membres du Saint-Synode ont récité une prière pour le repos de l’âme des hiérarques du Concile de Kharkov décédés depuis. Les hiérarques ont souligné la signification du Concile de Kharkov de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que l’actualité et l’importance des décisions qui y avaient été prises. Les membres du Synode ont mentionné le courage et la fermeté des membres de ce Concile pour préserver la conciliarité et la canonicité de l’Église orthodoxe d’Ukraine, et se sont également adressés, par un message, à l’épiscopat, au clergé, aux moines et moniales ainsi qu’aux fidèles. Procédant à l’examen des initiatives législatives orientées contre l’Église et soumises au parlement en février et avril 2016, les membres du Saint-Synode ont constaté que l’adoption des projets législatifs №4128 et №4511 peuvent amener à l’animosité religieuse, la discrimination, la violation de la liberté de conscience et de religion. Les participants à la séance ont exprimé leur inquiétude au sujet de possibles conséquences négatives dans la société ukrainienne si les projets législatifs en question étaient adoptés, et ont appelé les députés à ne pas adopter les lois dirigées contre l’Église et l’État. Les membres du Synode ont remercié l’épiscopat, le clergé, les moines et moniales ainsi que les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine pour leur position chrétienne active, exprimée le 18 mai 2017, lorsqu’ils ont prié ensemble devant le parlement et dans de nombreuses villes et églises dans tout le pays. Après avoir écouté l’information donnée par S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre sur la situation qui s’est créée après le refus d’enregistrement des statuts des communautés de l’Église orthodoxe d’Ukraine, les participants à la séance ont constaté l’immixtion du Ministère de la culture de l’Ukraine dans le fonctionnement des administrations d’État régionales, dans le but de bloquer l’enregistrement des statuts des dites communautés. Les hiérarques ont souligné l’inadmissibilité d’une telle immixtion, et ont exprimé leur préoccupation à cette occasion, et ont appelé les représentants des organes de l’État à cesser leurs actes illégaux à l’égard de l’Église orthodoxe d’Ukraine. En raison de la nécessité de faire connaître les positions de l’Église orthodoxe d’Ukraine sur leurs conceptions religieuses, sociales et politiques, le Saint-Synode a décidé de créer une Représentation de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des Institutions européennes. Le président de la Représentation est nommé en la personne de l’archimandrite Victor (Kotsaba), clerc du diocèse de Kiev. Celui-ci est également élu évêque de Barychevka, vicaire du diocèse métropolitain de Kiev. Les membres du Saint-Synode ont également pris la décision de libérer l’archiprêtre Rustik Kapauz des fonctions de recteur du séminaire de Volhynie, et de nommer à sa place l’archimandrite Eumène (Mikhaïlevsky), de la Laure de la Dormition de Potchaïev. Le Synode a en outre nommé le hiéromoine Théodose (Mintenko) supérieur du monastère de la Nativité de la Mère de Dieu dans le diocèse de Chepetovo. Les protocoles de la séance ont été signés par S.B. le métropolite Onuphre, par les membres permanents du Synode : Agathange, métropolite d’Odessa et Izmaïlsk, Lazare, métropolite de Simféropol et de Crimée, Marc, métropolite de Hust et Vinogradov, Hilarion, métropolite de Donetsk et Marioupol, Théodore, métropolite de Kamenetsk-Podolsk et Gorodok, Théodore, Paul, métropolite de Vychgorod et Tchernobyl et supérieur de la Laure des Grottes de Kiev, Métrophane, métropolite de Lougansk et d’Altchevsk, Antoine, métropolite de Borispol et Brovary, secrétaire du Saint-Synode et chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine ; et les membres temporaires du Saint-Synode : Pitirim, métropolite de Nikolaïevsk et Otchakov, Pantéléimon, archevêque de Rovenky et Sverdlovsk, Nicolas, évêque de Kremetschug et Lubny.

Source

Le patriarche d’Antioche Jean X confirme son soutien à l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

En réponse à l’appel du patriarche de Moscou Cyrille au sujet des projets de loi 4128 et 4511 du parlement ukrainien visant à interdire l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, le patriarche d’Antioche Jean X a envoyé le message suivant :
« Béatissime patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, bien-aimé frère et concélébrant dans le Christ notre Seigneur, nous embrassons avec grande joie Votre Béatitude bien-aimée dans le Seigneur, et dans la profondeur de la douleur qui emplit le cœur de notre peuple et de notre Église, au milieu des tragédies qui se sont abattues sur notre Orient, nous nous adressons à vous en ces jours bénis avec la salutation pascale : le Christ est ressuscité ! Nous avons reçu votre lettre fraternelle № 01/2608 du 16 mai 2017, et voudrions exprimer notre profonde solidarité avec Votre Béatitude et avec tous nos frères se trouvant dans les limites territoriales du Patriarcat de Moscou. Nous condamnons toutes les mesures que ce soit qui peuvent porter atteinte à la souveraineté du peuple ukrainien, et nous condamnons fermement de même toutes les mesures ayant un impact négatif sur l’indépendance, l’authenticité, l’intégrité et la liberté de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine. De tels projets de loi limitatifs sont condamnables, du fait qu’ils permettent l’escalade de la tension et visent au changement de l’identité culturelle de toute la société ukrainienne. À cette occasion, nous confirmons à nouveau notre position concernant notre soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique, reconnue par toutes les Églises autocéphales. C’est une occasion d’appeler à la paix et à l’activité pacificatrice, et aussi d’attirer l’attention des organisations internationales, des États et des citoyens de tous les pays, sur le danger des actes qui n’aspirent pas au développement de l’idée de la tolérance et de la paix, mais cherchent à attiser les conflits et la haine. Embrassant votre Béatitude dans le Seigneur, nous exprimons notre profonde solidarité avec votre position concernant les derniers événements en Ukraine et demandons au Seigneur de vous renforcer et d’accorder à nous tous la paix. Avec amour fraternel et respect,

+Jean X, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient ».

Source

En quelques jours, plus de 300.000 signatures ont été récoltées en Ukraine contre le nouveau projet de loi visant à interdire l’existence de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

Le parlement ukrainien examinera le 18 mai deux projets de lois sur le statut des organisations religieuses, le premier d’entre eux permettant de facto d’interdire l’existence de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, tandis que le second légalise le fait, pour les schismatiques, de s’emparer des églises canoniques. Le premier document, le projet de loi N°4511, intitulé « Sur le statut particulier des organisations religieuses, dont le centre dirigeant se trouve dans un État qui est reconnu par le parlement ukrainien comme État agresseur » dispose que de telles organisations religieuses ne pourront nommer des métropolites et des évêques qu’en accord avec les organes du pouvoir. Un autre alinéa précise qu’il sera possible d’interdire une confession si ses représentants collaborent avec des centres religieux situés dans l’État agresseur. Il n’est pas dit dans le projet de loi de quelle confession il s’agit, mais tous les critères qui y sont décrits ne se rapportent qu’à une seule d’entre elle, à savoir l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou. L’un des auteurs de l’initiative, le député du « Front populaire », Dmitri Tymtchouk, a confirmé que le document concerne précisément l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Dans tout le pays, les églises restent des points d’agitation contre la structure de l’État ukrainien. La littérature anti-ukrainienne est vendue même dans le centre de la capitale, à la Laure des Grottes de Kiev », a-t-il déclaré. À la direction principale d’expertise du Parlement ukrainien, le projet de loi a été critiqué et il a été recommandé de rejeter le projet comme étant contraire à la Constitution et aux lois en vigueur dans le pays. Le second projet de loi, sous le numéro 4128, propose de légaliser de facto le fait de s’emparer des églises. Par ce document est précisé le nombre minimal de représentants d’une communauté religieuse en fonction duquel peut être décidé la soumission aux centres religieux en fonction en Ukraine. Le métropolite du diocèse de Zaporojié de l’Église d’Ukraine, Mgr Luc, dans une lettre ouverte a vivement critiqué les projets de loi et leurs auteurs. « Aujourd’hui, les serviteurs du diable, qui proclament la « dé-communisation » ont dépassé leurs maîtres, les « néo-démocrates ». Utilisant leurs méthodes de pression sur l’Église, ils proposent d’adopter de nouveaux projets de lois, destinés à la destruction de la vie de prière de notre Église-Mère, de sa structure administrative et ecclésiale établie durant des siècles », a-t-il déclaré. Le département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a signalé pour sa part, qu’en quelques jours, 300.000 fidèles ukrainiens ont signé un appel aux députés leur demandant de ne pas adopter les projets de loi № 4128 et № 4511. « Les Ukrainiens appellent à cesser l’arbitraire législatif et à mettre fin à la discrimination envers l’Église orthodoxe d’Ukraine ainsi que d’autres organisations religieuses en Ukraine » est-il dit dans le communiqué. Le 18 mai, jour de l’examen des deux projets de loi, les fidèles feront célébrer devant les escaliers du parlement un office d’intercession afin que les députés reviennent à la raison.

Sources: Pravoslavie, Pravlife (dont photographie)

Dans un entretien, l’évêque de Irénée de Bačka (Eglise orthodoxe serbe) aborde la question du Concile de Crète, du nationalisme dans l’Église, de l’Église orthodoxe en Ukraine et de l’archiprêtre Gabriel Kostelnik (+1948)

Au cours de son récent séjour en Serbie, le métropolite de Zaporojié et Mélitopol Luc (Église orthodoxe d’Ukraine) a rencontré l’évêque de Bačka Irénée (à gauche sur la photographie, ndlr) et lui a posé un certain nombre de questions. Nous reproduisons ci-dessous, in extenso, l’entretien :

– Métropolite Luc : « Comme on le sait, alors que vous participiez au Concile panorthodoxe, vous n’avez pas signé certains de ses documents. À ce sujet, je voudrais entendre votre point de vue personnel, et ce d’autant plus qu’en Ukraine, les disputes ne cessent pas entre ceux qui rejettent en bloc le Concile et ceux qui soutiennent l’idée de sa tenue et les décisions prises.

– Évêque Irénée : Beaucoup de choses dites par moi à ce sujet en serbe n’ont pas encore été publiées. Comme on le sait, nous sommes ici [en Serbie] voisins des Grecs. Nous avons de profonds liens historiques et autres avec les Grecs, un grand nombre de nos évêques parlent ou comprennent le grec. Depuis mon enfance, j’ai appris la langue grecque [ancienne] et j’ai enseigné le Nouveau Testament et la langue grecque à la Faculté de théologie de l’Université de Belgrade. Nous avons notre milieu distinct, particulier. Je connais beaucoup d’évêques grecs et je suis ami avec un grand nombre d’entre eux, aussi j’ai été très triste lorsque que l’on a commencé à dire que « les Serbes nous ont trahis, sont passés chez les Russes ». Je suis contre de telles affirmations, parce que dans l’Église, il n’y a pas de Russes, de Serbes ou de Grecs. Il y a ceux qui sont orthodoxes et ceux qui ne le sont pas, ou bien tu es dans l’Église, ou tu es contre l’Église, tertium non datur. Si je connais beaucoup de Grecs, si j’ai des relations fraternelles avec eux, cela signifie seulement qu’ils doivent avoir la même attitude envers les Russes, les Ukrainiens, les Géorgiens. L’apôtre Paul dit encore que pour l’Église, il n’y a ni Grec ni Juif. Sinon, cela est pour moi le démembrement, la division artificielle de l’orthodoxie entre Grecs et Slaves, Russes. Cela non seulement ne me plait pas, mais dans l’essence, c’est quelque part hérétique. C’est une approche hérétique.

– Qui fait cela ?

– Ce sont différents journalistes. Pour ce qui me concerne, je n’ai reçu aucun ordre, aucun souhait d’où que ce soit. J’ai seulement ma responsabilité, comme théologien, comme un homme qui s’est occupé de cela toute sa vie, dans la mesure de ses possibilités et capacités, et j’analyse tout ce qui s’est produit : tous les courants, toute la préparation du Concile et j’en tire des conclusions pour ma conscience. C’est la question de ma foi, de ma conscience, et non la question des Serbes, des Russes ou des Grecs, de qui que ce soit. À Genève, j’ai participé à toutes les rencontres liées à la préparation du Concile, j’ai étudié tous les textes avec les autres. Je n’ai jamais été contre le Concile. Lorsque ont commencé tous ces commérages, cela m’était répugnant à un point indicible. Et c’est en grec, et non en serbe, que je me suis alors empressé de publier, afin que cela soit clair à tous, pourquoi je n’ai pas signé. J’en suis venu à cette conclusion, selon ma conscience.

– Votre point de vue au sujet de ce qui suit est très important : certains émissaires des autorités de notre pays rencontrent les représentants [du Patriarcat] de Constantinople afin que ces derniers fassent des pas dans la direction du rapprochement avec les schismatiques [ukrainiens].

– Une fois, alors que je parlais avec le patriarche œcuménique, je lui ai dit : « Soutenir Denissenko [le « patriarche » schismatique de Kiev, ndt], ce sera un nouveau schisme, cette fois non entre l’Orient et l’Occident, mais en Orient. Personne n’a besoin de cela. Ceux qui ont intérêt à cela, ce sont des forces qui n’ont rien de commun avec le christianisme ». Je l’ai fait honnêtement, je l’ai dit en face. Je regrette le fait que les représentants des séparatistes ecclésiastiques ukrainiens aient été reçus au Phanar, et aussi que des représentants du pouvoir politique y soient venus pour des discussions semblables, certains d’entre eux n’étant pas même orthodoxes. Bien sûr, dans cela, ils voient les intérêts de l’État. Nous faisons face à la même chose au Monténégro. On s’efforce de faire de l’Église l’instrument de la politique, afin qu’elle serve les intérêts de l’État et non ses buts véritables. Je ne pense pas que le patriarche Bartholomée s’engagera dans quelques concessions.

– Nous, en Ukraine, ressentons cela très douloureusement, particulièrement notre troupeau. Il nous est indispensable de parler plus du Christ aux gens, d’autant plus au moment où, dans les médias officiels, on répand des mensonges sur nous. Nos fidèles s’intéressent à la position de Constantinople, à laquelle se réfèrent constamment les schismatiques, d’autant plus que le patriarche Bartholomée aurait soi-disant occupé la position du pape au Concile.

– Ce n’est pas vrai. Il s’est conduit dans le cadre de ses pouvoirs et, plus que tout autre, au Patriarcat œcuménique, il a voulu faire un Concile selon tous les critères et normes. La question de l’unité de l’orthodoxie est plus importante que les plans du pouvoir que ce soit l’ukrainien ou tout autre pouvoir éphémère. Tout est éphémère, seule l’Église est éternelle. Qui aurait pu penser que nous vivrions jusqu’au monde post-soviétique ? Nul parmi eux [les communistes, ndt] n’aurait pu y penser, ils pensaient qu’il seraient là encore trois ou quatre siècles. C’est Dieu qui dirige l’histoire, l’Esprit Saint. En ce sens, tout cela est éphémère et on ne sait jamais ce qui arrivera. Les miracles se produisent de notre vie également, et après il y en aura encore. En ce sens, il faut simplement résister, confesser la foi. Nous devons rester conséquents dans nos positions ecclésiales, ecclésiales seulement et aucunes autres, non celles des partis, non des positions politiques. L’Église n’a jamais été contre l’État. Certains dirigeants ne pourront jamais le comprendre, parce qu’en fait, ils sont tous des athées, ce sont les mêmes qui étaient là à l’époque soviétique.

– On commence à parler chez nous, activement, qu’il faut passer de l’alphabet cyrillique à l’alphabet latin. Changer la forme de la langue.

– La même chose se produit chez nous au Monténégro. L’alphabet cyrillique y a été interdit, on ne peut écrire qu’en caractères latins. Je perçois tout cela comme une conséquence de la position suicidaire du pouvoir. Que recevront-ils si, en se coupant de leurs racines orthodoxes, ils deviennent partie du monde occidental ? Qu’est-ce qu’aujourd’hui le monde occidental ? C’est un athéisme qui est pire que l’athéisme soviétique, malheureusement. À l’époque soviétique le pouvoir avait fait de l’idée athée une idéologie, ils luttaient contre la religion. Or aujourd’hui, en Occident, toute religion est une imbécillité, elle n’intéresse personne, il n’y a que le plaisir. Particulièrement dans les cercles dirigeants du monde, raison pour laquelle le monde musulman est plus fort qu’eux. Pensez seulement au fait qu’en France il y a plus de gens dans les mosquées que dans les églises !

– Il y a un refroidissement dans la jeunesse envers le savoir, la vie. On leur dit quelque chose, ils le croient, il y a une certaine absence du souhait d’analyser, de comprendre quelque chose. Comment enseigner à penser ? Que faut-il faire pour cela ?

– Nous avons le même problème. Mais nous devons défendre l’orthodoxie, bien sûr avec patience et amour, avec respect envers la liberté de conscience de chaque homme. Mais nous ne devons jamais céder. Il faut suivre les traditions de l’Église. De nombreux efforts sont nécessaires au salut. Que Dieu nous donne de la patience. Comme on le disait à l’époque byzantine, les nuages les plus menaçants passent. Aussi difficiles et lourdes que puissent être les difficultés pour nous, ces nuages passeront. Il faut attendre, peut-être ne vivrons-nous pas jusque-là, d’autres y parviendront, mais le mot définitif sera celui du Christ, et non de l’Antichrist. Si certains n’y croient pas, c’est leur problème.

– On entend maintenant de la bouche des politiciens [ukrainiens] : « Vous êtes un ennemi, vous êtes la cinquième colonne, vous êtes un curé moscovite ». Certains l’endurent très difficilement.

– Le plus important est de comprendre que ces gens ne s’intéressent à l’Église que comme un instrument, celui de leurs plans. Il en est ainsi dans le monde entier. Il faut, avec sagesse, ne s’identifier avec aucun d’entre eux. Même avec ceux qui disent qu’ils sont orthodoxes. Il est vrai qu’il y en a de tels, mais quoi qu’il en soit, il faut avoir sa position, sa liberté. Nul ne doit dire qu’un orthodoxe appartient à l’une ou l’autre orientation politique, à un parti. À aucun ! Nous n’appartenons qu’à une seule orientation, celle du Christ !

– Monseigneur, excusez-nous, nous prenons beaucoup de votre temps.

– Non, j’en suis très content. Et je dirai encore quelque chose pour ce qui concerne le Concile [de Crète]. J’ai participé à sa préparation, j’ai suivi chacun de ses pas, j’ai parfois tenté d’aider certaines formulations de compromis, de décisions communes, etc. Mes frères évêques, qui ont eu la même préoccupation que moi dans cette œuvre, savaient que je comprends le grecs, que je bénéficiais d’une certaine confiance des Slaves et pouvais leur expliquer quelque chose. Il y a eu des discussions sur l’octroi de l’autocéphalie et de l’autonomie. En fin de compte, nous sommes arrivés à la décision que l’octroi de l’autocéphalie n’est pas le problème d’une Église locale, ni de Constantinople, mais une question panorthodoxe, et nous sommes parvenus à une conclusion, à un résumé sur la base de l’expérience commune de l’orthodoxie durant des siècles. Et la formule finale était que l’octroi de l’autocéphalie ne peut se produire sans la volonté de l’une des Églises locales, personne ne peut dire qu’il veut devenir autocéphale. S’il y a la bénédiction que l’Église-Mère – l’une ou l’autre des Églises locales – déclare pour des considérations spirituelles, non étatiques, non politiques, non idéologiques ou d’autres encore, être d’accord, alors un diocèse ou un autre devient Église autocéphale. Ce n’est pas une décision finale, c’est une proposition à la conscience panorthodoxe. Cela est communiqué à toutes les Églises autocéphales. Si toutes sont d’accord sur le fait que cela est utile dans le sens de la croissance de tout l’organisme divino-humain de l’Église, alors commence l’examen panorthodoxe de cette question. En bref : la première condition est l’accord de l’Église-mère, la seconde démarche, l’accord panorthodoxe, et la troisième la proclamation. Pour ce qui concerne celle-ci, les idées diffèrent. Au début, Constantinople disait que le seul accord du patriarche œcuménique était suffisant, avec la publication d’un tomos, la proclamation etc. Oui, c’était le cas avant, dans les temps anciens. Mais les choses sont autres maintenant. Il y a de nouvelles Églises autocéphales, plus tardives, en plus des patriarcats anciens. Cela reste une question non résolue, qui nécessite un examen. En général, il est nécessaire lors d’un concile de discuter des problèmes importants, non pas théoriques, mais de ceux qui concernent l’unité de l’Église. Toutes les questions du schisme, du nationalisme, de l’obscurantisme, doivent absolument être résolus au niveau conciliaire. Le principe du consensus, de l’unanimité, est important. Et le fait même que le concile actuel ait eu lieu sans la participation de certaines Églises constitue un problème sérieux. Celles-ci disent qu’elles n’ont pas participé en raison de leurs considérations stratégiques, et cela est juste, cela signifie qu’elles avaient des considérations de principe.

– Pour nous, la guerre au Sud-Est de notre partie constitue une grande douleur. Ma maison a été détruite, nous vivions non loin de l’aéroport. Mes anciens paroissiens sont morts sous les bombardements, tandis que d’autres refusent de me parler, m’accusant de trahison, parce que je suis resté sur le territoire de l’Ukraine.

– Oui, cela est horrible quand se produit une guerre civile, lorsque les frères sont en guerre. Nous avons vécu sera à la charnière du siècle présent. Cela arrange les forces anti-orthodoxes – et c’est pour cela qu’elles l’organisent et l’attisent –, elles veulent une seule chose : démembrer et piller le pays, et faire de l’Église orthodoxe une organisation politique obéissante, du type d’une organisation séparatiste avec à sa tête Denissenko. Ce sont des gens sans morale.
– Monseigneur, il est tellement intéressant de parler avec vous…
– Merci. Je veux également vous demander quelque chose. Avez-vous quelque document au sujet de Gabriel Kostelnik [ancien prêtre uniate revenu à l’orthodoxie après la Seconde Guerre mondiale, il présida le Concile de Lvov en 1946 et fut assassiné en 1948, ndt]. Il a fait beaucoup au Concile de Lvov, il a abandonné l’uniatisme, est devenu prêtre de l’Église orthodoxe. Je suis allé sur sa tombe, nous avons prié pour son âme, alors que Mgr Augustin était encore évêque du lieu. Je considère moi-même qu’il est digne de la canonisation. Mgr Augustin m’a dit également qu’il fallait tout analyser, à savoir quelles étaient les immixtions du KGB. Parfois, il y avait des intérêts parallèles. Ils [les communistes, ndt] ne voulaient pas d’uniates, nous non plus. Mais cela ne signifie pas que le père Gabriel Kostelnik était leur laquais. Mon idée est qu’il faut procéder à la canonisation simultanément en Ukraine et en Serbie. Il a vécu là-bas et ici [le père Gabriel Kostelnik est né en Voïvodine, ndt]. Le lien vivant se conservera s’il y a canonisation en même temps dans les deux pays.
– Je vous remercie chaleureusement, Monseigneur, pour cette discussion si substantielle et intéressante. J’espère et demanderai à Dieu et à Votre Éminence de nous rencontrer à nous. Nous demandons vos prières pour notre Église avec, à sa tête, son primat le béatissime métropolite Onuphre.
– Nous, Serbes, plus que qui que ce soit, partageons votre douleur, c’est la raison pour laquelle, en priant pour notre peuple très éprouvé, nous prions aussi pour nos frères ukrainiens. À la tête de votre Église se trouve un hiérarque très sage, un exemple à imiter dans sa fidélité à l’Église-mère et ses canons. Que Dieu lui donne force et santé !
– Le Christ est ressuscité !
– En vérité, Il est ressuscité !

Source (dont photographie): Hram.zp.ua

15ème anniversaire de l’exhumation des reliques de saint Amphiloque à la Laure de Potchaïev (Ukraine)

Le 15ème anniversaire de l’exhumation des reliques incorrompues et de la canonisation de saint Amphiloque, thaumaturge de Potchaïev, a été fêté à la Laure de la Dormition de Potchaïev le 12 mai. La liturgie solennelle en la cathédrale de la Transfiguration de la Laure, de même que les vigiles, la veille au soir, ont été présidées par le métropolite de Khoust et Vinogradov Marc. Il était assisté par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Vinnitsa et Bar Syméon, le métropolite de Tchernigov et Novgorod-Serversky Ambroise, le supérieur de la Laure de Potchaïev Vladimir, l’archevêque de Boutcha Pantéléimon, l’archevêque de Vladimir-Volynsky et Kovel Vladimir, l’évêque de Choumsk et le clergé de la Laure. L’office festif s’est déroulé devant la châsse contenant les reliques de saint Amphiloque de Potchaïev, placé au centre de la cathédrale. Les chants étaient assurés par le chœur de la Laure et les étudiants du séminaire de Potchaïev. À la fin de l’office, la châsse a été transportée en procession dans l’église de la grotte, le lieu de son séjour habituel. Les reliques étaient accompagnées par les hiérarques et les prêtres ainsi que des milliers de fidèles, pélerins et paroissiens. Saint Amphiloque de Potchaïev (Golovatiouk, XXème s.) était higoumène du grand habit à la Laure de Potchaïev. Il avait le don des miracles et de clairvoyance. Arrivé à à la Laure à l’âge de 31 ans, il devint moine alors qu’il était âgé de 38 ans. Il accomplit diverses obédiences, comme celles d’infirmier et de chiropraticien. En 1962, il s’opposa à la fermeture, par les autorités soviétiques, de la cathédrale de la Trinité de la Laure, raison pour laquelle il fut interné dans un hôpital psychiatrique. Après en avoir été libéré, il revint dans son village natale de Malaïa Ilovitsa (région de Ternopol), vivant chez son neveu. Là, il célébrait des offices d’intercession et guérissait les malades. Sur l’incitation des autorités locales, il fut battu à mort par un parent. Agonisant, il fut transporté à la Laure, où il reçut le grand habit monastique. Il recouvra la santé et revint dans son village natal. Jusqu’à la fin de ses jours, il priait, recevait les malades. Décédé à l’âge de 77 ans, il a été canonisé le 12 mai 2002. On peut visionner ici une vidéo avec des extraits de l’office qui a eu lieu le 12 mai 2017 (extraits de l’acathiste au saint, de la liturgie).

Source

« Seule l’orthodoxie peut être le fondement sur lequel est possible l’union du peuple » a déclaré le patriarche de Serbie Irénée à une délégation de l’Église orthodoxe d’Ukraine

« Seule l’orthodoxie peut être le fondement sur lequel est possible l’union du peuple. En suivant le Christ, nous pouvons parvenir à la paix en nous et autour de nous ». C’est ce qu’a déclaré le primat de l’Église orthodoxe serbe, le patriarche Irénée, dans une discussion avec le métropolite de Zaporojié et Mélitopol Luc (Église orthodoxe d’Ukraine), qui a eu lieu le 2 mai à Belgrade. Comme l’a mentionné le patriarche, « les peuples serbe et ukrainien ont beaucoup de choses en commun, particulièrement à l’époque récente ». « Au tournant des XXème et XXIème siècles », a-t-il poursuivi, « le peuple serbe a subi l’effondrement du pays, la guerre fratricide, le schisme ecclésial [l’Église de Macédoine, ndt]… Ces processus ont été soutenus et continuent à l’être par des forces externes, hostiles à l’Orthodoxie. C’est ce dont ont témoigné clairement les bombardements de notre pays pendant la période pascale par les soi-disant « alliés ». Seule l’orthodoxie peut être le fondement sur lequel est possible l’union du peuple. C’est pourquoi notre Église s’adresse constamment au peuple serbe, à la direction du pays, à tous ceux dont dépend la paix dans notre région, en les avertissant que la trahison de Dieu pour les honneurs, la gloire et la richesse terrestres, le recours à l’injustice et à la violence, le pillage des autres, le tout pour la satisfaction des intérêts de ce monde, le sacrifice des hommes pour ses propres idées, son idéologie et les pourcentages de popularité dans les sondages, tout cela n’amène jamais à la paix. Saint Sava a enseigné que notre voie est celle qui suit le Christ, qui amène à la vie éternelle. Ce n’est qu’en la parcourant que nous pouvons atteindre la paix en nous et autour de nous » a déclaré le patriarche Irénée. Abordant la question du schisme ecclésial, commune aux Serbes et aux Ukrainiens, le patriarche a souligné que « ces organisations [schismatiques] n’ont rien de commun avec l’Orthodoxie universelle ». « Nos séparatistes ecclésiaux, de même que ceux d’Ukraine, ne sont reconnus pas aucune Église orthodoxe du monde, ce sont des plaies sur le corps de l’Église qui se sont constituées par une ruse diabolique, qui résulte des ambitions humaines et politiques, mais en aucun cas de la volonté divine. La seule voie canonique de guérison du schisme est le retour de ses adeptes dans la famille orthodoxe, tandis que les voyages et les visites des politiciens chez les hiérarques de l’Église n’apportent rien », a ajouté le patriarche. Parlant du concile de Kharkov, abordé au cours de la discussion, au cours duquel les hiérarques de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont défendu l’unité de l’Église [refusant de suivre le métropolite de Kiev Philarète Denissenko dans son schisme, ndt], le patriarche Irénée a déclaré que « c’était un événement historique remarquable dans l’histoire moderne, non seulement de l’Église d’Ukraine, mais aussi de toute l’Église orthodoxe… C’était un exemple de la défense courageuse de la Sainte orthodoxie et de lutte pour l’unité de l’Église. Les pères du Concile, au nom du peuple de Dieu en Ukraine ont confirmé l’unité avec l’orthodoxie universelle, défendant ainsi les principes de la catholicité de l’Église ». En conclusion, le patriarche a rappelé que dans des périodes troublées, « l’Église n’a pas le droit de soutenir ou de se prononcer pour l’une ou l’autre idée politique… Ce dont doit s’occuper l’Église est d’appeler constamment tous les hommes à la réconciliation et à prier. Les Écritures et la tradition nous enseignent que la prière peut déplacer les montagnes et, avec l’aide de Dieu, on peut faire que le mal lui-même, ainsi que ses conséquences, ne soit pas permis, qu’il soit évité ou diminué. Nous suivons les événements d’Ukraine et croyons fermement que les problèmes trouveront tôt ou tard leur solution. Nous prions et prierons pour l’adoucissement des cœurs mauvais, la cessation de la haine et des troubles tant sur notre terre que celle d’Ukraine, où depuis des temps immémoriaux ont vécu des gens de différentes nationalités et confessions dans la paix et la concorde. Nous prions avec une gratitude et un respect particuliers pour notre confrère, le métropolite Onuphre. L’exemple de son attachement aux principes dans les questions de canonicité de l’Église doit inspirer les évêques, les prêtres, les moines et les laïcs d’Ukraine dans leur fidélité à l’Église canonique, les inciter à ne pas s’engager dans les compromis avec leur conscience pour être agréables aux appels de ce monde », a déclaré le patriarche. Le patriarche a souhaité au Primat et à tous les fidèles enfants de l’Église orthodoxe d’Ukraine l’aide de Dieu, la patience et à ne jamais perdre l’espoir. Aux discussions ont participé le métropolite de Zagreb Porphyre et l’évêque de Bačka Irénée.

Source

Des coups de feu ont été tirés à Kiev en direction d’un prêtre de l’Église orthodoxe d’Ukraine

À Kiev, des coups de feu ont été tirés en direction de l’archiprêtre Zacharie Kerstiouk, dirigeant de la Mission « Charité sans frontières ». Le prêtre a raconté l’événement sur sa page Facebook. « Vers 16h10, près du grand magasin « Ukraina », deux tirs ont eu lieu dans ma direction », écrit l’archiprêtre. Alors qu’il se dirigeait vers l’arrêt du tramway, il entendit, venant de l’autre côté de la rue, des cris provenant d’hommes se trouvant dans une voiture blanche (type Renault Kangoo), attirèrent son attention. « Je regardai dans leur direction et j’ai vu un homme qui tenait un pistolet dans ses mains, pointé dans ma direction, je me suis immédiatement assis, puis couché sur l’asphalte. L’homme cria quelque chose comme « prends ça, crétin ! » et il tira deux fois. Il y a au moins une cinquantaine de témoins », a déclaré le père Zacharie. L’archiprêtre considère qu’il s’agit là d’une intimidation (« S’ils l’avaient voulu, ils seraient parvenus à me tuer »), qu’il lie à ses voyages caritatifs dans l’Est de l’Ukraine, que la Mission « Charité sans frontières », qui agit sous l’égide de l’Église orthodoxe d’Ukraine, réalise depuis le début du conflit armé au Donbass. « Il en ressort que les gens qui veulent me contraindre à renoncer aux voyages dans la zone de conflits, sont passés des menaces verbales aux actes réels », a ajouté le père Zacharie. L’archiprêtre a précisé qu’il ne s’adressera pas à la police, mais qu’il procédera au voyage dans la zone des conflits au Donbass, comme prévu. « Si vous voulez m’aider, tout simplement, priez ! », a conclu l’archiprêtre.

Source

Rallye automobile orthodoxe de Zaporojié (Ukraine) à Belgrade

Un rallye automobile aux lieux saints de Serbie est parti de Zaporojié (Ukraine) le matin du 28 avril. 27 personnes, avec à leur tête le métropolite de Zaporojié et de Melitopol Luc participeront à ce rallye. Les participants effectueront un trajet d’environ 5000 kilomètres, faisant des haltes aux églises et monastères situés sur l’itinéraire. Chaque jour, les fidèles élèveront des prières pour la paix dans le monde entier et particulièrement pour les fidèles du diocèse de Zaporojié. Le groupe présidé par Mgr Luc est constitué de 13 prêtres et 13 laïcs. « Ce rallye est une forme unique de pèlerinage orthodoxe, appelant à témoigner de la véracité de l’Orthodoxie et de son rôle spirituel rassembleur de l’unité internationale en Christ » ont déclaré les participants avant le départ.

Source

Le patriarche de Moscou Cyrille s’est étonné de l’absence de réaction de la communauté internationale aux actes de violence commis contre l’Église en Ukraine

Lors de sa dernière rencontre avec le président italien Sergio Mattarella (le 12 avril), le patriarche de Moscou a présenté à son interlocuteur des photos d’actes de violence exercés à l’encontre les paroissiens de l’Église orthodoxe d’Ukraine par des formations paramilitaires. « Le silence de la communauté internationale stupéfie », a déclaré le primat de l’Église orthodoxe russe à la réception pascale annuelle organisée par le Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie. « On opprime notre Église, on essaye de la priver de ses droits civiques, on essaye d’adopter des lois qui excluent l’enregistrement normal des paroisses orthodoxes en Ukraine, on s’empare des églises par la force. On peut en parler longtemps, mais lorsque l’on voit comment des groupes paramilitaires en tenue de camouflage expulsent par la force les gens des églises, c’est impressionnant ! » a déclaré le patriarche Cyrille dans son intervention. Le patriarche a ajouté que toutes les Églises orthodoxes locales soutiennent l’Église orthodoxe d’Ukraine dans son opposition au « Patriarcat de Kiev », non reconnu, et qu’il avait montré des photos des affrontements au président italien. « On appelle l’Église d’Ukraine ‘Église agresseur’, on exige qu’elle rompe ses relations avec le Patriarcat de Moscou, on l’accuse d’antipatriotisme. Mais le peuple reste fidèle à l’ordre canonique. Ceux qui sont expulsés des paroisses demeurent dans notre juridiction canonique, il est fréquent qu’une nouvelle église soit construite pour remplacer celle dont se sont emparés [les schismatiques]. Mais il y a encore des cas lorsque la nouvelle église a été elle-aussi saisie », a précisé le patriarche. « Il est étonnant que tout cela soit couvert par le silence dans le monde », a-t-il conclu.

Source

Selon l’expert russe Valery Alexeïev, le Phanar n’accordera jamais l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine, tout en pouvant néanmoins la promettre

L’Église orthodoxe d’Ukraine, comme toute autre, ne recevra jamais l’autocéphalie, telle est la position du Patriarcat œcuménique, selon le président du Fonds international de l’unité des peuples orthodoxes, Valery Alexeïev. C’est la conclusion à laquelle il est parvenu après ses contacts avec les dirigeants de Constantinople. « Il n’y aura plus jamais d’autocéphalies dans le monde, c’est la ferme position du monde grec. Il est clair que ce que veulent obtenir les autorités de Kiev, elles ne l’obtiendront jamais » a déclaré Alexeïev à la conférence de presse qui s’est tenue à Berlin à l’issue de la XXIIIème conférence internationale « Valeurs et intérêts dans un monde changeant : l’approche chrétienne ». Le président du fonds a également déclaré qu’il avait des contacts réguliers avec le patriarche Bartholomée qu’il a rencontré, entre autres, l’an passé dans sa résidence du Phanar. « Ils ont, en général, reconnu à grande peine, les autocéphalies d’après-guerre – qu’il s’agisse de la confirmation de l’autocéphalie de l’Église de Bulgarie, la reconnaissance des nouvelles autocéphalies de Pologne, Tchécoslovaquie, Albanie, qui n’avaient jamais existé. Ces Églises ont été créées dans l’Europe d’après-guerre, où l’influence de l’Union soviétique était très grande. Je vous le dis de façon tout-à-fait responsable, afin que vous le compreniez : il n’y aura aucune autocéphalie, bien qu’ils puissent infiniment promettre, jouer, avec l’octroi de l’autocéphalie », a assuré le président du fonds. Ce faisant, il a communiqué que, du côté de Constantinople, « un sorte de réponse asymétrique sortira, elle est en préparation » au sujet de l’appel du parlement ukrainien [à Constantinople pour l’octroi à l’Église d’Ukraine de l’autocéphalie, ndt]. Globalement, Alexeïev a reconnu que l’Église orthodoxe d’Ukraine, dans les conditions actuelles, bénéficie du maximum de liberté qu’elle puisse avoir, dans le cadre de « la plénitude d’une Église auto-administrée ». « Aujourd’hui, en fait, les évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine ne sont pas confirmés après leur élection par le Synode de Moscou, tout ce passe formellement. Elle est, de facto, en général, une Église indépendante », a déclaré Alexeïev, ajoutant qu’en cas de passage à Constantinople, l’Église orthodoxe d’Ukraine n’aurait pas une telle liberté. « Au Patriarcat œcuménique, il y a deux autonomies formelles, celle de l’Église de Finlande et la semi-autonomie de l’Église de Crète. Mais en fait il n’y a rien là d’autonome – c’est une structure rigide, centralisée avec pour centre le Phanar. Toutes les questions minimes, voire même de la vie économique, sont agréées par le Phanar », remarque Alexeïev. Celui-ci a rappelé que la politique orientée vers « la réception ou la conquête de l’autocéphalie pour l’Église orthodoxe d’Ukraine », est menée constamment en Ukraine depuis l’époque du premier président Léonide Kravtchouk. Aujourd’hui aussi, selon l’expert, « cette question est plutôt utilisée dans le cadre de certaines spéculations, d’un grand jeu géopolitique, dans lequel on s’efforce d’attirer des acteurs globaux, en premier lieu les États-Unis ».

Source

Durant les dernières semaines du Grand Carême, des prières seront élevées dans toutes les églises et monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine pour la paix, les habitants du Donbass et la libération des prisonniers

Durant les dernières semaines du Grand Carême, dans toutes les églises et monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine seront élevées des prières instantes pour la paix, les habitants du Donbass et la libération des prisonniers. Une circulaire ad hoc a été envoyée par la chancellerie du diocèse métropolitain de Kiev à tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Lors de l’office de l’un des dimanches du reste du Grand Carême, dans les églises et monastères du diocèse qui vous est confié, il est nécessaire de réciter une prière pour la cessation du conflit armé et du rétablissement de la paix en Ukraine, pour les habitants du Donbass qui souffrent de l’affrontement militaire, et pour la libération des prisonniers », est-il dit dans le document. Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev et d’Ukraine Onuphre a donné sa bénédiction à cette prière dans toute l’Église du pays. Par ailleurs, le site de l’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne que depuis le début de 2017, on dénombre 116 victimes civiles des combats dans le Donbass, dont 21 personnes sont décédées et 95, blessées. Ce sont les chiffres avancés par Alexander Hughes, vice-président de la commission spéciale de monitoring de l’OSCE en Ukraine.

Sources : 1 et 2

Interview du métropolite de Volokolamsk Hilarion à l’agence grecque Romfea.gr au sujet du Concile de Crète, de l’Ukraine, du Phanar, de la Syrie et de l’Europe

Dans une interview à l’agence grecque Romfea.gr, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou, a abordé les questions du Concile de Crète, de l’Ukraine, du Phanar, de la Syrie et aussi de l’Europe. Nous publions ci-dessous, in extenso, cette interview.

– Votre Éminence, quelle est l’image générale de l’Orthodoxie quelques mois après le Saint et Grand Concile de Crète ?

– Malheureusement, ce n’était pas un Saint et Grand Concile, alors que notre espoir était qu’il soit effectivement panorthodoxe. Notre Église a tout fait pour que le Concile soit préparé convenablement et nous espérions jusqu’à la fin qu’il soit réellement panorthodoxe. Nous avions acheté les billets d’avion, réservé notre séjour à l’hôtel, mais, à notre grande déception, le Concile ne s’est pas réuni comme il le fallait. Je dis cela, parce qu’au Concile ont participé dix Églises orthodoxes locales, tandis que cinq autres Églises se sont abstenues de prendre part aux travaux du Concile. Dans ce nombre, j’inclus l’Église d’Amérique [OCA, ndt], que nous reconnaissons comme Église locale. Quelle est cependant la raison pour laquelle nous ne pouvions pas participer au Concile ? La raison est que nous avions insisté pour que les décisions du Concile fussent prises à l’unanimité. Depuis le début, nous avons compris l’unanimité comme étant celle de toutes les Églises orthodoxes communément reconnues. Celles-ci sont au nombre de quatorze, mais il n’existe pas d’accord pour ce qui concerne le statut de l’Église orthodoxe d’Amérique. Dès que nous avons été informés que les Églises d’Antioche, de Bulgarie et de Géorgie avaient décidé de ne pas venir en Crète, nous avons constaté immédiatement que nous ne pouvions plus parler d’unanimité. C’est alors que nous avons demandé au Patriarche œcuménique de convoquer une réunion extraordinaire des Primats, ayant alors à notre disposition deux à trois semaines avant le Concile. Cette réunion n’a jamais eu lieu, et malgré le fait que nous avions tous reçu les invitations de participer au Concile, il était impossible que nous participions en l’absence de trois Églises. Ce que nous avions demandé n’a pas été respecté, à savoir l’unanimité, mais néanmoins le patriarche Cyrille a envoyé un message de félicitations aux participants du Concile de Crète. Tous ont respecté leur conscience, le Concile a été convoqué. Nous voyons en lui un pas important dans le cheminement vers le Grand Concile panorthodoxe. Nous continuons à étudier les décisions du Concile de Crète. Nos théologiens travaillent très dur à ce sujet, car à un certain moment, nous devons aboutir à certaines conclusions et évaluer en détails ces textes. Tant de façon conciliaire, que préconciliaire, notre but principal est de renforcer l’unité panorthodoxe et de nous abstenir de tout ce qui peut la saper.

– Votre Éminence, l’un des sujets d’actualité est celui de l’Ukraine, la plupart des Grecs ignorent la situation pour ce qui concerne l’Église dans ce pays. Que se passe-t-il finalement en Ukraine ?

– Tout d’abord, M. Polygenis [directeur de l’Agence Romfea.gr, ndt], il existe en Ukraine un schisme qui est survenu comme un schisme politique en 1992. Concrètement, lorsque le métropolite Philarète [Denisenko, ndt] n’a pas été élu patriarche de Moscou, il a été déçu et s’en est pris à ses frères hiérarques de l’Église russe qui ont élu un autre patriarche. C’est alors qu’il a décidé de proclamer sa propre autocéphalie en Ukraine, sans l’assentiment du patriarche de Russie et de toutes les Églises orthodoxes autocéphales. La hiérarchie de l’Église de Russie ne l’a pas suivi, pas plus que les fidèles, car il s’est rattaché à un schisme déjà existant dans l’Église avec un siège en Amérique et dans ce schisme il s’est auto-proclamé patriarche. Cet individu, excommunié, patriarche auto-proclamé, procède à de nombreuses actions hostiles dirigées contre l’Église russe. Les autorités ukrainiennes actuelles, sous de nombreuses formes, suivent une ligne visant à la proclamation d’une Église locale unie en Ukraine. Mais comment les politiciens la voient-ils ? L’Église orthodoxe canonique qui existe en Ukraine rassemble la majeure partie des fidèles du pays. C’est cette Église qu’ils veulent détacher pour la soumettre à la juridiction de ce pseudo-patriarche. En outre, ils veulent y inclure encore une autre Église schismatique ukrainienne, et aussi les Gréco-catholiques [uniates, ndt].

– Pensez-vous que les uniates se dissimulent derrière cela ?

– Non, ce que je vois est qu’il y a derrière cela les politiciens qui veulent s’impliquer dans toute cette affaire.

– Puisque vous avez mentionné les politiciens ukrainiens, comment commentez-vous leurs fréquentes visites au Phanar ? Leur demande au patriarche de Bartholomée est la proclamation d’une Église unie.

– C’est le droit du Patriarcat œcuménique Bartholomée de recevoir des visiteurs de n’importe quel pays, mais aussi n’importe quel politicien. Nous considérons le patriarche œcuménique avec un respect particulier, et nous ne pouvons faire des commentaires sur qui il reçoit à son siège. Toutefois, lorsque prolifèrent des schismatiques et des pseudo-hiérarques, cela ne peut pas ne pas nous préoccuper. Ces individus publient des photographies de leurs rencontres avec le patriarche et informent le monde du contenu de leurs entretiens. Nous ne pouvons pas savoir, cependant, à quel point ils reproduisent et transmettent fidèlement ce qu’ils ont discuté. Malgré cela, nous voyons qu’on les soutient, qu’on leur promet la création d’une Église locale unie, après le détachement de l’Église russe. Naturellement, nous ne voulons pas croire ces informations ! Nous avons entendu en plusieurs occasions, de la bouche du patriarche œcuménique Bartholomée que la seule Église qu’il soutient en Ukraine est l’Église canonique avec à sa tête le métropolite Onuphre. C’est donc sur ces confirmations du Patriarche œcuménique que nous appuyons nos relations avec le Patriarcat [œcuménique, ndt]. Notre priorité est de soutenir l’Unité panorthodoxe et d’éviter absolument que soit détruite la paix et l’harmonie inter-ecclésiales qui existent jusqu’à ce jour.

– Votre Éminence, l’Église russe, dès le début, s’est trouvée aux côtés de la Syrie, vous, particulièrement avez personnellement toujours parlé de la situation qui prédomine au Moyen-Orient. Où nous trouvons-nous aujourd’hui ?

– Tout d’abord, il faut que finisse la guerre en Syrie et que nous en délogions les terroristes. Tant que ceux-ci ne seront pas partis, il est impossible de parler de quelque évolution et d’un arrangement là-bas. Lorsque les politiciens et les représentants des cercles politiques occidentaux nous assurent que la résolution du problème syrien passe par la démission du président Assad, nous leur rappelons que des scénarios identiques ont déjà eu lieu en Irak et en Lybie. Ces scénarios n’ont pas apporté la démocratie, pas plus qu’ils n’ont amélioré la situation générale, au contraire, cela a contribué à l’explosion du terrorisme et au génocide des chrétiens dans ces pays. En bref, c’est ce scénario qui se serait produit en Syrie, si la Russie n’avait accordé son aide avec les troupes qui ont aidé à la lutte contre le terrorisme. De mon point de vue, les terroristes constituent un défi pour le monde civilisé entier. Pour vaincre le terrorisme, il faut unir tous les efforts, les politiciens doivent surmonter leurs désaccords pour s’unir et former un front uni. Naturellement, il faut aussi une aide humanitaire, que nous accordons nous-mêmes durant toutes ces années, mais qui n’est qu’une goutte dans l’océan. Le pays est aujourd’hui détruit, ainsi que ses infrastructures, et il faut des efforts énormes pour le reconstruire.

– Votre Éminence, il y a quelques jours, l’higoumène du monastère de Vatopédi, le père Éphrem, a été innocenté de toutes les accusations par le tribunal et après cette décision, il a remercié entre autres le peuple russe. L’Église russe se sent-elle justifiée aujourd’hui ? Je le dis parce que le patriarche et le président Poutine, dès le début, croyaient en l’innocence du père Éphrem.

– Tant l’Église russe que la Fédération de Russie, dès le début, ont soutenu l’higoumène de Vatopédi, le père Éphrem, dans la lutte pour le rétablissement de la justice. Nous ne nous sommes pas immiscés dans la procédure judiciaire car, dès le début, nous avons compris qu’il s’agissait d’un scandale fabriqué et d’une affaire dirigée contre l’Église. Nous avons soutenu l’higoumène Éphrem, comme un Ancien respecté du Mont Athos, et c’est une joie pour nous que cette affaire, qui a duré de nombreuses années, se soit terminée positivement. Car le seul but était de porter atteinte à l’image de l’Église.

– Maintenant, alors que nous nous trouvons à Chypre, comment commentez-vous la construction d’une église russe dans ce pays ? Serait-il bien de voir quelque chose de semblable dans d’autres parties de la Grèce ?

– Selon mon moi, cet événement significatif était exceptionnel et extraordinaire. C’est la première église de rite russe à Chypre. Cependant, nous ne parlons pas d’une église de l’Église russe, mais de l’Église de Chypre. C’est une église de style russe construite avec le soutien de bienfaiteurs russes, dans laquelle les offices seront célébrés en slavon et en grec. Plus de 50.000 Russes et Grecs fréquenteront cette église. C’est pourquoi j’ai exprimé aujourd’hui l’espoir que d’autres églises semblables seraient construites à Chypre. C’est un exemple extraordinaire de l’unité inter-orthodoxe, mais aussi de la préoccupation du métropolite local de Tamassos, Mgr Isaïe, pour les nécessités spirituelles des hommes et j’ai de bons espoirs qu’il soit imité par d’autres hiérarques en Grèce.

– Pour terminer, dites-nous quels sont les plans de l’Église russe en Europe. Le patriarche Cyrille a effectué récemment des visites dans les pays d’Europe, mais vous-mêmes aussi vous y rendez régulièrement.

– Je voudrais dire que la Russie n’est jamais sortie de l’Europe, mais c’est l’Europe qui a fermé ses portes à la Russie. Les sanctions imposées par la Russie étaient une réponse aux sanctions de l’Europe, mais je ne me sens pas à l’aise pour aborder la politique problématique comme un expert. En revanche, si nous parlons des questions morales et de la vie, l’Église russe est fortement préoccupée par les évolutions dans l’Europe contemporaine, où le christianisme est méthodiquement marginalisé et exclu de la vie publique. Si elle rejette les valeurs chrétiennes, l’Europe rejettera sa propre identité. Alors, nous ne parlerons plus que d’une simple organisation qui ne sera pas prête à faire face aux défis, et, de mon avis, du point de vue politique, l’Europe était et doit rester chrétienne. En même temps, il faut qu’elle reste hospitalière pour les hommes de religions différentes, et bien sûr pour les hommes qui ne professent aucune religion. Toutefois, la défense du christianisme est notre objectif commun et je souhaite que la voix de l’Orthodoxie soit fortement entendue dans le monde contemporain, ce qui constitue encore une raison pour laquelle nous devons tous être unis.

Source

Interview du supérieur de la Laure de Potchaïev (Ukraine) au sujet du Grand Carême à la Laure et du monachisme

Le supérieur de la Laure de Potchaïev, le métropolite Vladimir (Moroz) a donné une interview au site de l’Église orthodoxe d’Ukraine, au sujet du Grand Carême à la Laure et, en général, de la vie monastique, que nous reproduisons intégralement ci-dessous :

Votre Éminence, vous êtes à la tête de la Laure de Potchaïev depuis de nombreuses années, vous êtes son supérieur et vous avez fait beaucoup pendant ces années : la cathédrale de la Transfiguration, un monument unique, a été construite, ainsi qu’une hôtellerie moderne et un réfectoire magnifique pour les pèlerins, des travaux énormes de restauration et d’intendance ont été accomplis. La communauté monastique travaille sans cesse et célèbre de longs offices, dont des vigiles nocturnes, elle reçoit chaque jour de nombreux pèlerins. Ce faisant, comment observez-vous les carêmes, particulièrement le Grand Carême, qui se déroule actuellement ?

– Je ferais remarquer que le supérieur en titre de la Laure de Potchaïev, son archimandrite, est le métropolite Onuphre. Je ne suis que son remplaçant et son vicaire. Maintenant, pour ce qui concerne le carême. Il va de soi que nous, à l’instar de tous les chrétiens orthodoxes, avons une attitude responsable envers le jeûne, comprenant que celui-ci, et d’autant plus le repentir et la prière, sont les trois bonnes œuvres qui, de façon spécifique, corrigent notre âme. L’Église du Christ nous prépare tous à ce temps. Et nous allons à sa rencontre avec tremblement, parce qu’ils nous conduit à la Semaine de la Passion et à la Résurrection de notre Sauveur et Seigneur, la Pâque du Christ. Nous sommes conscients que nous ne vivons pas dans une ascèse comparable à celle de nos prédécesseurs : les ermites, les jeûneurs, tels que Zosime qui a rencontré dans le désert du Jourdain sainte Marie l’Égyptienne, ou Job de Potchaïev, qui passait le Grand Carême sous terre, dans une grotte. Néanmoins, chez nous, à la Laure, nous avons nos traditions du Grand Carême. 

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

Le métropolite du Monténégro Amphiloque au sujet de la guerre en Ukraine : « On ne peut tuer ses frères et bâtir son avenir sur cela ! »

Au Monténégro, l’Église orthodoxe prie pour le salut de l’Ukraine souffrante. C’est ce qu’a déclaré le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque dans un entretien avec le correspondant de l’Union des journalistes orthodoxes (Ukraine). « À chaque Liturgie, à chaque proscomédie [préparation des saints Dons pour la Liturgie, ndt], nous faisons une prière spéciale pour S.B. le métropolite de Kiev Onuphre et pour tous les Ukrainiens qui ont préservé la foi orthodoxe authentique », a précisé le métropolite. « Je suis très affecté par ces événements en Ukraine, cette guerre civile fratricide. Je dirai ceci : on peut aspirer à défendre son État, mais on ne peut participer à une guerre fratricide ! On ne peut tuer ses frères et bâtir son avenir sur cela ! » a ajouté Mgr Amphiloque. « Certains diront : puisqu’il est métropolite du Monténégro, qu’il s’occupe des affaires de son diocèse, de son peuple ! Mais je l’ai dit dès mon intronisation : bien que je sois évêque de l’Église du Monténégro, je suis en outre évêque de l’Église orthodoxe autocéphale locale de Serbie. En même temps, je suis évêque de l’Église Une, sainte, catholique et apostolique. Aussi, le métropolite Onuphre et moi-même nous nous trouvons dans la même Église » a poursuivi le métropolite du Monténégro, ajoutant : « S.B. le métropolite Onuphre est un homme humble. Son Église est maintenant crucifiée. Dieu soit loué, car sans cela il n’y a pas de Royaume céleste. C’est ainsi que les évêques doivent faire leur salut. Je ressens, que le métropolite Onuphre a réellement une compréhension ecclésiale profonde de la situation qui s’est créée. Il soutient son pays, son peuple ukrainien, mais il ne se met pas lui-même en opposition au peuple russe. Et là, on peut voir un point commun avec la position du chef de l’Église de Géorgie. Lorsqu’il y avait un conflit entre la Russie et la Géorgie, le patriarche Élie, père spirituel de la Géorgie contemporaine, a rencontré le patriarche de l’Église orthodoxe russe et a contribué à résoudre cette situation. Aucun conflit ne peut être résolu avec les méthodes que nous observons, malheureusement, en Ukraine. De la même façon qu’un Monténégrin ne peut bâtir son bonheur sur la haine envers un Ukrainien ou un Russe, un Ukrainien ne peut construire son avenir sur la haine envers ses frères avec lesquels il vit dans une seule maison, sur la haine envers les Russes et les autres nationalités. Et là, la sagesse est nécessaire aux hiérarques de l’Église. Grâce à Dieu, le métropolite Onuphre dispose d’une telle sagesse. Il montre que la sortie de tout conflit est unique : le repentir, l’amour envers le Seigneur et l’amour fraternel. Pendant le Grand Carême, nous devons développer en nous un tel amour fraternel. Seul celui-ci résout tous ces problèmes » a conclu Mgr Amphiloque.

Source

Le métropolite de Borispol et Brovary Antoine (Église orthodoxe d’Ukraine) : « Le carême est une protestation contre le péché »

« Le Grand Carême est une période au cours de laquelle chaque homme doit particulièrement pénétrer dans son cœur et saisir le sens de sa vie ». C’est ce qu’a déclaré le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine, lors d’une réunion consacrée au Carême. Le métropolite a évoqué le sens du Grand Carême ainsi, qu’en partie, les offices de la première semaine, et a mis en garde les fidèles contre l’abattement. « L’homme vit pour l’éternité. Mais pour vivre dans l’éternité, nous devons nous y préparer. Et cela signifie que nous devons purifier notre cœur afin que Dieu soit présent dans notre vie », a-t-il souligné. Le Grand Carême est une période au cours de laquelle on doit se garder de tout ce qui empêche chacun de nous d’être lui-même, a-t-il rappelé. « Malheureusement, il nous semble parfois que les passions, les péchés, sont justement notre vie. Mais l’âme chrétienne se fatigue de cela, parce qu’elle ne vit que lorsque Dieu vit en nous. Dieu ne demeure que dans l’âme purifiée du péché, purifiée de la protestation contre Dieu, et pour cette raison le Carême lui-même est une protestation contre le péché ». « Le Grand Carême n’est pas un but en soi, ce n’est pas se limiter jusqu’au minimum de la nourriture. Le but du Carême est avant tout notre cœur, nos pensées, nos sens », a déclaré le métropolite. Il est important, a-t-il ajouté que, pendant le Carême, l’homme ne tombe pas dans l’abattement. « L’abattement se produit lorsque l’homme se pose un but qu’il ne peut atteindre. Aussi, il faut tout commencer graduellement, afin de ressentir pendant cette période la joie du Carême… La première semaine du Grand Carême est une période très importante. S’il en a la possibilité, le chrétien orthodoxe se trouve presque toute la journée à l’église pendant la première semaine. Ce sont des offices particuliers, sereins, calmes, où la Sainte Écriture est beaucoup lue. Le but principal de la première semaine du Grand Carême est de trouver la sérénité, le calme. Par la prière, par l’attitude réfléchie envers tout ce qu’il y a dans la vie ». Le métropolite a conseillé aux fidèles, s’ils en ont la possibilité, d’aller à l’église pour l’office du Grand Canon de saint André de Crète. « C’est un canon unique, qui est pénétré de repentir. En lui sont réunis presque tous les exemples de repentir qui se trouvent dans l’Ancien et le Nouveau Testament, et lorsqu’on le lit avec réflexion, on revit pour ainsi dire toute l’histoire du genre humain », a conclu le métropolite Antoine.

Source

Les étudiants du séminaire de Volyn (Ukraine occidentale) liront le Psautier sans interruption pendant tout le Grand Carême

Les étudiants du séminaire de Volyn ont commencé la lecture ininterrompue du Psautier le premier jour du Grand Carême, le 27 février. « Il y a une bonne et pieuse habitude au séminaire de Volyn, à savoir la lecture ininterrompue du Psautier. Cette année, la lecture du Psautier a été commencée par l’administrateur du séminaire de Volyn, l’évêque de Volyn et de Loutsk Nathanaël. Celui-ci a lu le premier cathisme [le Psautier, dans l’Église orthodoxe est divisé en vingt sections principales appelées « cathismes] », a déclaré le secrétaire de presse du diocèse, l’archiprêtre Valentin Martchouk. La lecture ininterrompue du Psautier continue au séminaire durant tout le Grand Carême. Les cathismes sont lus alternativement par les étudiants et les enseignants du séminaire. À la fin de la lecture de chaque section du Psautier, on commémore les noms des vivants et des défunts et une prière est récitée pour la paix en Ukraine.

Source

Selon un sondage réalisé au mois de décembre dans toute l’Ukraine, le peuple ukrainien fait plus confiance à l’Église qu’aux autres institutions du pays

Tandis que la confiance dans la quasi-totalité des institutions sociales a décliné en Ukraine, l’Église reste forte avec un pourcentage de 56.7%. Pour leur part, les volontaires dans les forces armées reçoivent 53% de la confiance de la population. Toutefois, beaucoup plus de confiance est placée dans l’armée en Ukraine occidentale qu’en Ukraine orientale. 22.7% des Ukrainiens sont incertains quant à leur attitude envers l’Église, tandis que seuls 8.7% ne lui font aucune confiance. C’est à peu près le même nombre que ceux qui font confiance au gouvernement et au parlement, avec respectivement 9.5% et 5.3%. Environ un quart des Ukrainiens croient dans les médias, ce qui est inférieur à l’an passé. L’Ukraine occidentale tend à avoir plus confiance dans les médias que les régions de l’Est. L’enquête a été conduite dans 110 localités dans toutes les régions de l’Ukraine, les sondés étant âgés de 18 ans et plus.

Source

Le patriarche de Moscou Cyrille : « Les peuples de Russie et d’Ukraine sont appelés à préserver leur fraternité »

Ce jeudi, le patriarche de Moscou Cyrille, au cours de son intervention devant la Douma d’État a qualifié la technologie et les moyens destinés à séparer les peuples russe et ukrainien « d’art du diable », et appelé à préserver la fraternité, fondée sur des héros nationaux communs. « L’Ukraine vit maintenant une étape très complexe de son histoire. Les troubles au sein du pays ont aussi une incidence sur les relations russo-ukrainiennes, ce qui est causé, cela n’est un secret pour personne, par les activités de forces extérieures. Mais les peuples de Russie et d’Ukraine, qui passent maintenant par de sérieuses épreuves, sont appelés en dépit de tout à préserver les relations et l’unité fraternelles, à montrer de la fermeté et ne pas permettre aux meules géopolitiques de broyer notre communauté culturelle et spirituelle séculaire ». a affirmé le patriarche. Celui-ci a ajouté que l’on peut voir maintenant comment « en utilisant les techniques et les moyens les plus sophistiqués », « les graines de la haine et de l’inimitié sont semées entre Russes et Ukrainiens  avec une expérience réellement diabolique ». En outre, tout est fait afin « qu’en s’enfonçant dans une atmosphère de passions et de haine insensée », les deux peuples oublient ce que signifie pour eux leur histoire pluriséculaire et les liens du sang. « Nous sommes appelés à ne pas oublier notre héros national commun, le prince Vladimir égal-aux-apôtres, dont nous restons les enfants spirituels, quoi qu’il se passe sur le forum international. Dans la famille des peuples de la Rous’ historique, il n’y a pas de frères indésirables », a conclu le patriarche.

Source

Des « cocktails Molotov » ont été lancés sur une église de Kiev appartenant à l’Église d’Ukraine du Patriarcat de Moscou

Église dédiée au hiérarque Pierre Moghila à Kiev (Patriarcat de Moscou)

Église dédiée au hiérarque Pierre Moghila à Kiev (Patriarcat de Moscou)

Des inconnus ont tenté d’incendier l’église dédiée au Hiérarque Pierre Moghila à Kiev, laquelle dépend de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine. Quatre bouteilles avec des mèches allumées ont été lancées sur l’édifice. Elles ont rebondi sur les murs en bois de l’église. « Ce ne peut être qu’un miracle dû à la protection de la Très sainte Mère de Dieu : l’église est restée indemne. Les bouteilles ne se sont pas brisées et ont rebondi sur les murs », a déclaré le recteur de l’église, le père Jean Tronko. Celui-ci a précisé que, déjà depuis six mois, la paroisse fait l’objet d’attaques d’inconnus qui souhaitent s’emparer du terrain sur lequel est bâtie l’église, et construire à cet endroit des immeubles à grande hauteur. C’est déjà la seconde tentative d’incendier l’église.

Source

Statistiques de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou

Le 29 décembre 2016, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a fait son rapport annuel devant les membres du Saint-Synode de cette Église. Il a notamment souligné qu’au cours de l’année concernée, 200 nouveaux moines et moniales ont prononcé leurs vœux, et 3 nouveaux monastères ont été fondés. Le métropolite a présenté la statistique suivante présentant l’évolution de l’Église orthodoxe d’Ukraine au cours des trois dernières années :

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

« Flash mobs » et chants populaires de Noël (« koliadki ») dans différentes villes d’Ukraine

Les fidèles de différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont procédé à des « flash mobs » et chanté des « koliadki » (chants populaires de Noël) pendant les jours de fêtes. Les « koliadki », les hymnes au Christ Sauveur, ont résonné dans les paroisses, les rues et les lieux publics d’Ukraine. Le 8 janvier a commencé le « marathon » des chants de Noël dans le diocèse de Lvov de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Les fidèles exécutent les chants dans les églises, et se rendent d’une paroisse à l’autre. La « flash mob » a été ouverte par le chœur de l’église Saints-Pierre-et-Paul de la ville de Jovkva, dans la région de Lvov. À Odessa, le chœur des jeunes du diocèse a chanté les « koliadki » dans les tramways qui circulaient dans la ville le soir du 8 janvier. Des jeunes garçons et filles ont voyagé dans cinq wagons peints aux couleurs de fête, annonçant joyeusement la bonne nouvelle de la Nativité dans les rues de la ville. À la fin du voyage, tous les participants se sont rassemblés près de la crèche sur la place Starosennaïa, où ils ont chanté le tropaire et le kondakion de la Nativité. À Zaporojié, près de 40 personnes ont participé à la « flash mob » au centre commercial. Les prêtres et leurs familles et leurs enfants, les paroissiens et le chœur de la cathédrale de la Protection de la Mère de Dieu ont chanté quelques « koliadki ». À la fin des chants, les participants on chanté « ad multos annos » à tous les spectateurs, aux habitants de la ville et du pays. Dans le village de Bogoroditchnoïé, les enfants de l’école du dimanche de la skite de la Laure de Sviatogorsk ont chanté devant les moniales et les paroissiens les stichères de Noël et les « koliadki », le jour de Noël, le 7 janvier selon l’ancien calendrier. Plusieurs petits films de ces manifestations peuvent être visionnés sur le site ci-dessous.

Source

Le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste »

Dans une interview au site internet ukrainien « Segodnia » (« Aujourd’hui »), le métropolite Onuphre, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, évoque le bilan de l’année 2016, la prière telle qu’elle doit être, le moyen d’évacuer la haine, les intrigues autour de l’Église, les attentes de l’année 2017 et ses souhaits pour la nouvelle année ».

– L’année 2016 touche à sa fin. Comment était-elle pour vous, Votre Béatitude, et pour l’Église ? Qu’y a-t-il eu de mémorable et qu’est-ce qui a été le plus affligeant ?

– L’année passée a été pleine de joies et d’inquiétudes pour l’Église orthodoxe d’Ukraine. Bien sûr, le plus affligeant que tout est que le sang continue à couler en Ukraine, que les gens ne peuvent se réconcilier les uns avec les autres. Néanmoins, la procession qui a eu lieu dans notre terre ukrainienne du 9 au 27 juillet a été une consolation. Elle est partie de l’Est, de la Laure de Sviatogorsk (région de Donetsk), et de l’Ouest, de la Laure de Potchaïev (région de Ternopol), et ces deux cortèges, dans la prière, se sont réunis dans la capitale ukrainienne. Nous avons prié pour toute l’Ukraine, pour l’Église, pour les autorités, pour le simple peuple, et nous avons demandé à Dieu Sa bénédiction. Nous avons demandé et demandons à Dieu ce que nous ne pouvons faire nous-mêmes, nous faibles hommes, à savoir parvenir à la paix pleine de grâce, et nous croyons que le Seigneur nous exaucera.

– Aujourd’hui, il y a de nombreuses intrigues autour de l’Église. Comment cela influence-t-il sa vie intérieure ?

– Effectivement, l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve aujourd’hui dans l’affliction et les épreuves. Mais le Seigneur ne nous a pas promis une vie différente. Il a dit à Ses disciples : « Vous aurez des tribulations dans le monde » (Jn. XVI, 33). L’histoire de l’Église regorge de persécutions, vexations, oppressions et autres épreuves que le Seigneur a permises à l’égard de Ses disciples pour leur croissance et leur renforcement spirituels. Bien sûr, nos tribulations, comparées à celles que l’Église du Christ a subies pendant les trois premiers siècles de son existence, ce n’est rien. Les membres de l’Église étaient alors simplement anéantis physiquement, tandis qu’aujourd’hui on ne fait que nous invectiver et nous accuser injustement. Ce sont de petites épreuves pour notre amour et notre patience. Gloire à Dieu pour tout.

– Votre Béatitude, est-il possible d’éteindre le conflit au Donbass dans un proche avenir ?

– L’Église nous dit qu’aucun problème terrestre ne peut être équivalent à la valeur de la vie d’un seul individu ; celle-ci, sur la balance de la Justice divine, est plus précieuse que tous les problèmes. À ceux qui considèrent qu’il est nécessaire de régler les problèmes terrestres par la guerre, nous rappelons avec amour qu’il existe pour n’importe quel problème une voie pacifique de règlement. L’homme a le don de la parole, à l’aide de laquelle on peut atteindre la compréhension. C’est précisément par ces méthodes que l’Église appelle à résoudre tous les problèmes terrestres et elle prie pour que la paix règne en Ukraine. L’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner mutuellement, d’arrêter de s’entretuer. Telle fut aussi la position de notre Église en d’autres temps, lorsqu’il y avait des guerres semblables, lorsque nos princes se dressaient les uns contre les autres. En ces temps, notre Église appelait également au pardon mutuel, c’est la raison pour laquelle on la haïssait, on chassait des monastères les moines, les évêques. Ensuite, les puissants de ce monde ont commencé à comprendre que l’Église a raison, ils corrigeaient leurs fautes et se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra dans la situation présente. Tous doivent s’humilier : les forts et les faibles, les simples gens et ceux qui détiennent le pouvoir, les riches et les pauvres, il faut à tous rechercher la voie de la paix pour régler les problèmes terrestres. Recherchons l’humilité, repentons-nous de nos péchés, et alors le Seigneur rendra la paix à l’Ukraine et nous bénira tous.

– Que pouvez-vous conseiller à un homme, qui ne peut pas pardonner une offense mortelle, qui éprouve une haine tenace ? Comme se dominer ?

– La haine entre les hommes naît de l’orgueil. Nous devons lutter contre l’orgueil à l’aide de l’humilité. L’humilité est la vertu primordiale que Dieu nous enseigne. Elle ne constitue pas une faiblesse, comme le considèrent certains. L’humilité chrétienne est une évaluation critique de sa propre personne, c’est la capacité de l’homme de trouver sa place dans ce monde vaste, divers. Lorsque l’homme peut s’évaluer lui-même correctement, lorsqu’il trouve sa place dans cette vie, il peut alors se soumettre à la volonté Divine. Et lorsque l’homme adopte des positions justes dans ce monde à son propre égard, à celui du prochain et de toute la création, il devient apte à voir la bonté et l’amour de Dieu et à se soumettre à la volonté de Dieu. Celle-ci, dans la langue spirituelle, s’exprime par un seul mot : l’humilité. Par l’humilité dans l’âme, l’homme acquiert l’amour spirituel et la paix intérieure.

– Il vous est advenu de prendre la direction de l’Église à un moment charnière de l’histoire de l’Ukraine. Avez-vous un saint ou une prière qui vous sont chers et auquel, ou par laquelle, vous vous adressez lors du moment difficile ?

– Chaque saint aidera, chaque prière sera forte, si l’homme tourne son visage vers Dieu. L’homme sait alors que Dieu l’aide toujours, s’il Le recherche, s’il L’honore, s’il s’efforce de Lui être agréable. Si l’homme se tourne vers Dieu, Il lui donne tout ce qu’il lui faut pour la vie terrestre et la vie éternelle, et Il l’aide lors du moment difficile.

– Votre Béatitude, vous êtes un grand homme de prière, vous vous efforcez de vous faire remarquer le moins possible, vous aimez la solitude. Et soudain vous vous êtes retrouvé chef de l’Église. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ? Celui-ci était-il joyeux ou était-ce là une source d’anxiété ?

– Je ne prétends pas être un homme de prière, je veux seulement apprendre la prière, et jusqu’à maintenant je n’ai pas de quoi me vanter. En ce qui concerne mon élection, je l’ai reçue comme une croix que le Seigneur a posée sur mes épaules pécheresses. J’ai pensé sur la façon de me comporter afin d’accomplir dignement cette obédience, afin de ne pas m’éloigner de Dieu, de Ses commandements. Ce n’est qu’avec Lui et par Sa grâce que l’homme peut supporter les charges et les épreuves qui lui sont assignées. Les règles de cette vie sont semblables pour tous, tant pour le laïc, que pour le simple moine, que pour le métropolite. La différence est qu’au métropolite, il sera plus demandé. C’est ce à quoi j’ai pensé.

– Qui a joué le rôle le plus important dans votre vie ? Qui, pour vous, est un exemple de vie ?

– Pour moi personnellement, l’exemple d’un tel service de Dieu et de l’Église sont saint Nicolas, saint Basile le Grand, saint Dimitri de Rostov qui, par leur prédication et leur exemple personnel d’humilité et de miséricorde chrétiennes, ont acquis la grâce de Dieu. L’homme porte en lui l’image de Dieu, par laquelle Il l’a orné. Il y a dans chacun de nous deux personnes : le nouveau et l’ancien. Le nouveau aspire à vivre selon l’Évangile, tandis que l’ancien qui consiste du vice, nous incline vers le péché. Ces deux hommes, le nouveau et l’ancien, luttent continuellement l’un contre l’autre, c’est une véritable guerre. Si nous commençons à pécher, nous renforçons notre vieil homme, et lorsque celui-ci commence à vaincre l’homme nouveau, nous devons agressifs et mauvais. Tous les saints ont trouvé en eux les forces pour se dresser contre le vieil homme, raison pour laquelle je m’incline devant la mémoire de saint Onuphre le Grand, mon protecteur céleste, et les saints moines de la Laure des Grottes de Kiev, saint Serge de Radonège, saint Job de Potchaïev. Chaque saint, envers lequel, j’ai moi-même, pécheur, une quelconque relation, constitue un digne exemple à imiter. Il nous montre comment revenir à l’image de Dieu qui est en nous et à la préserver. Lorsque nous prions, nous invoquons sur nous la grâce du Très saint Esprit, qui nous transfigure, qui fait revenir en nous la paix perdue, qui remet tout en place dans notre vie. La prière aide l’homme à comprendre Dieu correctement. Si l’homme prie avec un cœur ouvert, avec repentir et humilité, Dieu le console souvent par la joie, et le sentiment de bonheur.

– Comment voyez-vous l’année prochaine 2017 et le futur immédiat de l’Ukraine et de la paix ? Y a-t-il des raisons d’être pessimiste ou êtes-vous optimiste ?

– Je suis optimiste, le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste. Les chrétiens ne doivent être tristes que de leurs péchés. Si l’homme commence à confier sa personne à Dieu, il commence alors à bâtir sa vie sur les lois divines, il purifie de plus en plus son âme du péché, il voit Dieu plus clairement, et l’avenir ne lui semble pas sombre et bouché. À l’issue des tunnels les plus sombres du désespoir, le chrétien voit Dieu.

– Votre Béatitude, donnez, je vous en prie, des recommandations à nos lecteurs pour la nouvelle année.

– Je voudrais souhaiter à tous et à moi-même les miséricordes du Seigneur, le pardon de nos péchés ainsi que la bénédiction de Dieu, afin que chacun de nous porte dignement sa croix terrestre et soit rendu digne de devenir héritier du Royaume céleste. Préservez votre foi, et plus que tout gardez la prière, elle est l’aide donnée à l’homme pour qu’il surmonte toutes les difficultés qu’il rencontre sur la voie de la vie terrestre. La prière donne à l’homme le sentiment de la vérité, car il est vraiment difficile de la connaître par le seul intellect. Il y a dans la vie beaucoup d’exemples de personnes qui disposent d’une instruction théologique supérieure mais qui, n’ayant pas la prière, « déraillent ». Mais il y a des gens simples qui ont la prière, et qui ressentent clairement où est la vérité, où est la tromperie. La prière, précisément, permet de percevoir la vérité, la compréhension de ce qui est lumière et ce qui est ténèbres, ce qui est bien et ce qui est mauvais. Et que le Seigneur nous donne à tous d’accomplir la prière dans notre vie quotidienne.

Source

Un obus est tombé sur l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva et l’école du dimanche à Debaltsevo dans l’Est de l’Ukraine

Le 23 décembre à 14h55, dix obus ont été tirés depuis la ligne de front par l’armée ukrainienne, dont l’un est tombé sur le territoire de l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva. Des projectiles d’un calibre de 150mm ont été utilisés, ce qui est interdit par les accords de Minsk. L’information a été communiquée par le site internet du diocèse de Gorlovka et de Slaviansk. Le bâtiment de l’école du dimanche a été fortement endommagé : un mur est détruit en totalité, et les autres, en partie. Heureusement, il n’y avait pas d’enfants à ce moment. Pour ce qui concerne l’église, les vitres sont brisées, la façade a été endommagée par des éclats d’obus, la porte d’acier a été perforée, et la nouvelle coupole a été touchée et est tombée à terre. Il n’y a pas de victimes. L’école N°3 de la ville, le jardin d’enfants et des maisons d’habitations ont été touchés également, mais aucune information n’est disponible jusqu’à maintenant sur les morts et les blessés.

Source

Le Patriarcat de Moscou ne permettra jamais l’indépendance de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a déclaré le patriarche Cyrille

Le patriarche de Moscou Cyrille a affirmé que les tentatives de séparer l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou étaient vaines. « Notre Église n’abandonnera jamais ses frères d’Ukraine dans le malheur et ne les reniera pas. Nous ne donnerons jamais notre accord sur le changement des frontières canoniques sacrées de notre Église, car Kiev est le berceau spirituel de la sainte Rous’, de même que Mtskheta pour la Géorgie ou le Kosovo pour la Serbie » a déclaré le patriarche en la cathédrale du Christ Sauveur à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire. Celui-ci a mentionné que, aujourd’hui, on essayait d’attirer l’Église d’Ukraine « dans le conflit profond qui divise la société » et de faire de cette Église « l’otage de ce conflit ». « On s’empare des églises [canoniques, ndt] par la violence, on ignore les sentences des tribunaux, on mène une campagne contre l’Église, on soumet des projets de loi au parlement ukrainien dont le but est de discriminer et de mettre une position très difficile la plus grande communauté religieuse du pays » a-t-il ajouté. Comme l’a dit le patriarche, en règle générale, les projets de loi discriminatoires dirigés contre l’Église canonique en Ukraine sont proposés par des députés qui soutiennent le schisme, ou qui sont gréco-catholiques, voire athées. « Les attaques, sous forme d’agressions ou d’injures contre notre Église en général et contre l’orthodoxie canonique en Ukraine en particulier, se poursuivent », a constaté le patriarche.

Source

Revenir en haut de la page
Jovan Nikoloski