L’iconostase est installée dans la paroisse Notre-Dame-de-Toute-Protection à Compiègne. Son recteur, le père François Graillot, nous a relaté cette installation.
« Lorsque la mairie de Compiègne nous confia l’ancienne chapelle du couvent des carmélites, très vite se posa la question de créer et d’installer une iconostase. Dans l’attente de pouvoir le faire, une iconostase provisoire à été faite avec des plaques de plâtre.
La communauté s’est étoffée et enracinée dans la ville de Compiègne. Le conseil paroissial vota la réalisation de l’iconostase actuelle. Ce n’a pas été la volonté de quelques personnes. Ce sont les membres à part entière de la paroisse qui ont demandé et adhéré à ce projet : avoir dans l’église une véritable iconostase. Car l’iconostase outre son sa fonction liturgique, porte en elle l’identité de la foi orthodoxe, et la culture de ceux et celles qui la professent.
Le choix de la création s’est porté en Moldavie, au monastère de Nicorenïe. Des appels aux dons ont été faits. Ils ont permis grâce à Dieu, de financer l’iconostase, son transport et son montage. Chacun a donné en fonction de ses moyens. Pour le montage, des paroissiens ont donné de leur temps, pris sur leur journée de travail.
Cette iconostase (photographie ci-dessus, ndlr) entre dans un projet global d’une paroisse qui n’est pas repliée sur elle-même, et qui vit de façon visible et chaleureuse sa foi orthodoxe. C’est pourquoi, notre église ne possédant pas de clocher, c’est à l’appelle de la simandre, que les offices et les célébrations sont annoncés.
Chaque année, nous sommes ouverts à la visite lors des Journées européennes du patrimoine. Le recteur est membre de l’équipe de formation « Connaissance des religions » dans le cadre de la formation faite par l’enseignement supérieur; formation à la laïcité. Ce qui nous permet d’accueillir régulièrement des personnes de ces formations (futurs aumôniers et fonctionnaires des préfectures et des mairies), qui découvrent la foi orthodoxe, dans son église. Nous sommes par sainte mère Marie de Paris et ses compagnons, internés aux centre de détention et de la déportation de Compiègne, liés à ce centre de mémoire.
Un détail, entre le début du projet et sa finalisation, 18 mois se sont écoulés. C’est le même temps que notre errance entre la création de notre paroisse et la prise de possession de l’église, qui nous est confiée par la municipalité de Compiègne. »