L’émission Orthodoxie sur France Culture, produite et animée par Alexis Chryssostalis, du 18 octobre, avait pour thème : « Orthodoxie et cinéma soviétique » (première partie) et pour invité Pierre Gonneau. Présentation : « « La religion au cinéma soviétique : un tabou » : Première de deux émissions sur le rapport entre le cinéma de l’époque soviétique et la religion. Le régime soviétique a pour base idéologique le marxime-léninisme dont l’un des principes est le matérialisme. Le cinéma, la littérature et les arts en général sont mobilisés au service du régime. Les religions, en particulier l’Église orthodoxe, première en nombre de fidèles en URSS, sont systématiquement persécutées. Sous Staline on observe un réajustement progressif vers les valeurs nationales. En 1938, le film de Sergueï Eisenstein, Alexandre Nevski, montre une Russie ancienne s’opposant victorieusement aux chevaliers teutoniques, présentés comme des nazis. Pour les besoins de cette reconstitution historique de l’année 1242, on voit à l’écran des bannières religieuses, présentées dans un contexte patriotique. Retiré en 1939, à cause du pacte germano-soviétique, le film connait son plein succès dans le contexte de la lutte à mort contre l’Allemagne nazie, à partir de 1941 et devient un classique.
– En 1943, Staline en personne rencontre les derniers hauts dignitaires de l’Église orthodoxe russe et les autorise à élire un nouveau patriarche, à rouvrir des séminaires, des monastères, des églises. On parle alors du « concordat stalinien ».
– Peu après, le premier film Ivan le Terrible (1945) montre de nombreuses séquences religieuses. Toutefois, la question de la foi est placée sous un strict contrôle. La période Khrouchtchévienne, connue comme le Dégel dans bien des domaines, se caractérise dans le domaine religieux par une nouvelle offensive antireligieuse très virulente. A lire : P. Gonneau, Ivan le Terrible ou le métier de tyran, Tallandier, 2014.
Ci-dessous : le podcast audio de l’émission.