Une exposition en cours en Finlande.

Petros Sasaki : un maître originaire du Japon installé en Finlande
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Le musée de l’Église orthodoxe de Finlande RIISA, à Kuopio, a organisé une exposition sur le peintre et enseignant d’iconographie Petros Sasaki, qui a réussi à renouveler l’iconographie orthodoxe de ce pays.

Petros Sasaki : un maître originaire du Japon installé en Finlande
Petros Sasaki : un maître originaire du Japon installé en Finlande

Petros Sasaki était un orthodoxe japonais né en 1939 à Ōdate, une ville située au nord de l’île Honshu. Après avoir obtenu son baccalauréat en 1958, il est entré au séminaire orthodoxe de Tokyo en 1961. En 1964 il est parti étudier l’art à Athènes où il est resté jusqu’en 1967. C’est là qu’il a fait connaissance d’un étudiant finlandais Johannes Seppälä (1944-2017), avec qui il se lia d’amitié. Johannes Seppälä est connu notamment par le nombre important de ses traductions de textes grecs en finnois ; il avait été ordonné diacre en 1967 et prêtre en Grèce en juin 1972. Le Finlandais parla de son ami au chef de l’Église orthodoxe finlandaise de l’époque, l’archevêque Paul (1914-1988) ; ce dernier encouragea le jeune japonais à venir en Finlande pour y développer l’iconographie.  Petros Sasaki déménagea en Finlande en 1968, et il y obtint la nationalité finlandaise en 1975. Il s’est marié à une finlandaise et a eu trois fils. Il est décédé en 1999 à Kuopio. En Finlande il est connu non seulement comme un des peintres d’icônes les plus importants mais aussi comme un enseignant d’iconographique. C’est pour honorer sa mémoire lors de la célébration du vingtième anniversaire de son décès et aussi le centenaire des liaisons diplomatiques finno-japonaises que le musée orthodoxe de Finlande a organisé cette exposition.

Il faut ici prendre un court regard sur le passé récent de l’Église orthodoxe finlandaise : après l’évacuation de la Carélie et de la région de Petsamo à la suite de la seconde guerre mondiale, la Finlande avait été contrainte de céder 10 % de son territoire à l’union soviétique. Il s’en suivit une longue période de reconstruction et de relocalisation des évacués en Finlande. Pour ce qui concerne les orthodoxes finlandais, il n’y avait plus de centre de formation d’art orthodoxe, celui-ci ayant été auparavant situé au nord du lac Ladoga dans la ville de Sortavala ou dans l’ancien monastère de Valamo.

Petros Sasaki insistait sur la connaissance théologique des thèmes à peindre pendant son enseignement : l’iconographe devait être comme un prêtre qui connait bien son sujet tout comme son histoire. La foi, la religion et l’art s’unissaient comme un ensemble indissociable dans l’art de Petros Sasaki, comme l’expliquait Simeon Sasaki. Ce dernier a introduit son discours d’ouverture de l’exposition sur l’œuvre de son père avec les paroles du psaume 118 « Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai ce que l’Éternel a fait. », après quoi il expliquait vouloir exprimer la valeur et l’importance des travaux de son défunt père ainsi qu’honorer son souvenir avec ces louanges. (Son discours se trouve sur le site internet du musée).

Certains prêtres s’intéressaient déjà à l’iconographie et au mouvement de renouveau au début des années 1970, mais ils étaient encore fortement influencés par l’art iconographique russe. Les iconographes inspirés de l’art russe avaient une certaine réserve en ce qui concerne l’utilisation de couleurs plus claires ; les icônes qu’ils possédaient alors n’étaient que peu ou mal restaurées. Les palettes de couleurs consistaient en celles trouvée sur le terrain, et donc restaient restreintes. Cette tendance est observable dans les premières icônes peintes par Petros Sasaki à son arrivée en Finlande, mais son art évolua rapidement vers une peinture plus claire. En Grèce Petros Sasaki avait été l’élève d’enseignants adeptes d’un mouvement de renouveau iconographique. Petros Sasaki a utilisé une plus grande palette de couleur, et sa technique a été dénommée en Finlande comme le rayon coloré des champs de fleurs estivales. Même si sa technique a reçu certaines critiques, elle a été une bénédiction pour notre Église et son nouvel art iconographique, qui s’est imprégné des deux écoles ; russe et grecque. Petros Sasaki insistait sur l’importance de rédiger le texte des icônes dans la langue du peuple : au Japon en japonais et en Finlande en finnois.

Les premières commandes faites à Petros Sasaki ont été les icônes de la chapelle de Juankoski et du monastère Lintula (monastère situé dans la commune de Heinävesi non loin du nouveau monastère du nouveau Valamo. Les nones avaient habité dans un monastère situé dans l’isthme de Carélie jusqu’à la fin de la fin de la seconde guerre. Elles ont alors dû le quitter avec les autres évacués, et ont enfin pu s’installer dans ce nouveau monastère en 1946). Il a peint des icônes ou des fresques dans de nombreuses autres églises en Finlande.

Petros Sasaki : un maître originaire du Japon installé en Finlande
Petros Sasaki : un maître originaire du Japon installé en Finlande

Petros Sasaki s’intéressait aussi aux autres arts et a élaboré des modèles de décoration graphique pour des livres des Évangiles, pour des drapeaux d’église, pour des logos ou pour d’autres des livres, entre autres. L’exposition présente non seulement des icônes des différentes étapes de la carrière de Petros Sasaki, mais aussi des objets qu’il a décorés. Certaines icônes sont présentées avec leurs esquisses faites par l’iconographe. Cette exposition nous permet d’avoir un aperçu plus global sur l’œuvre de Petros Sasaki nous donnant accès à des photographies ou des objets restés ignorés du public jusqu’alors.

Sophie Alix Capdeville

L’exposition a été ouverte le 12 avril 2019 et se termine le 31 août 2019.

Présentation de l’exposition en anglais ; en finnois.

Des articles écrits en finnois concernant l’exposition sont parus dans le dernier numéro de la revue Ikonimaalari, qui peut être commandé à cette adresse.

Illustrations :

  1. Petros Sasaki (1939-1999). Photographie prise par le père Vesa Takala.
  2. Petros Sasaki, La Vierge orante. Photographie prise par Henna Hietainen du musée RIISA.

Bibliographie

Töntsi, Teresa 2019. Petros Sasaki : mestari Japanista – suomalaisen ikonimaalauksen suunnannäyttäjä [« Petros Sasaki – un maître originaire du Japon qui a montré la voie »]. (Ikonimaalari, 1/2019). Valamon luostari.

Narmala, Antti 2019. Kesäinen kukkaketo: näköaloja suomalaisten ikonien värimaailmaan. [« Un pré d’herbes estivales : quelques aspects des couleurs des icônes finlandaises »]. (Ikonimaalari, 1/2019). Valamon luostari.

Vidéo faite par son fils et sa belle-fille : Mestari Japanista [« Un maître originaire du Japon »].

Vidéo ci-dessous : présentation du musée.

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