quenotMichel Quenot, « Maladie et guérison : les saints médecins anargyres », Éditions Orthdruk, Bialystok, 2016, 176 p.
Dans sa longue série de livres proposant, sur des thèmes variés, des méditations abondamment illustrées par des icônes, le proptopresytre Michel Quenot nous propose aujourd’hui, précédée et suivie d’une réflexion spirituelle sur la santé, la maladie, les soins aux malades et la guérison, une présentation des principaux « médecins anargyres » – c’est-à-dire soignant gratuitement – que l’Église orthodoxe vénère comme des saints. Les principaux d’entre eux sont cités à chaque Liturgie dans sa partie préparatoire (Proscomidie), à savoir: Côme et Damien, Cyr et Jean, Pantéléïmon et Hermolaüs, Samson et Diomède, Mocius et Anicet, Thallalée et Tryphon, et et dans le mystère (sacrement) de l’Onction des malades qui ajoute aux précédents: Samson et Diomède, Mocius et Anicet, Thallalée et Tryphon. L’auteur de brèves notices à ces saints, mais aussi à quelques autres : Zénaïde et Philonille (des saintes peu connues de l’époque apostolique, dont l’auteur a fait réaliser une illustration iconographique pour ce livre), Oreste (IIIe s.), Agapit (XIe s.), Poïmen (XIIe s.) et Joseph (XIVe s.), de la laure des grottes de Kiev, et Luc de Simféropol, célèbre évêque-chirurgien qui a vécu en Russie à l’époque du communisme. L’auteur y ajoute aussi, sans développer, une série de saints guérisseurs moins connus de toutes les époques.
Comme d’habitude le texte est écrit avec simplicité, et vise surtout à permettre une première approche à un public non-initié.
Pour ceux qui ont déjà connaissance de ces sujets (à travers mes ouvrages – en particulier Théologie de la maladie et Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort –, les notices du Synaxaire du Père Macaire de Simonos-Pétra – plus développées que celles que l’on trouve dans ce livre –, ou le très utile « Dictionnaire des intercessions orthodoxes », Le secours des saints, de Claude Lopez-Ginisty), l’ouvrage vaut surtout par ses illustrations iconographiques, au nombre de 82, comme d’habitude fort bien choisies et excellemment reproduites.
Quelques points méritent d’être précisés.
1) Tous les saints réputés guérir n’étaient pas médecins de profession. Il aurait dont été plus judicieux dans le titre d’utiliser l’appellation « saints guérisseurs » pour les qualifier dans leur ensemble, et de réserver l’appellation de « médecins anargyres » aux médecins de profession.
2) Saint Luc de Simféropol n’était pas  proprement parler un anargyre: il travaillait dans des hôpitaux et y recevait un salaire. Il s’est distingué en confessant sa foi dans l’exercice même de sa profession dans un contexte hostile aux croyants, priant pour les patients qu’il opérait, en présence d’une icône qu’il avait imposée dans la salle d’opération, bravant les interdits de l’État athée et au risque de perdre son travail. C’est après sa mort que de nombreuses guérisons miraculeuses lui ont été attribuées, surtout en Grèce.
3) D’autres saints guérisseurs n’ont effectué de guérisons qu’après leur mort: c’est le cas notamment de plusieurs des martyrs cités dans ce livre.
4) Tous les saints quels qu’il soient, du fait de la compassion à l’égard des hommes malades et souffrants qu’implique l’amour chrétien, opèrent des guérisons, et certains d’entre eux sont même des « spécialistes » de certains types de maladies, comme le montre notamment le livre de Claude Lopez-Ginisty, en se référant au témoignage, à la vénération et aux traditions populaires et ecclésiales.
5) Une divergence existe entre la liste des « saints anargyres » du rituel de l’Onction des malades de l’Église grecque et celle de l’Église russe: on trouve « Mocius et Anicet » dans la première, et Photius et Anicet » dans la seconde. L’auteur a trouvé une bonne solution à ce problème en consacrant une notice à chacun d’eux.

Jean-Claude Larchet

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