25/03/2017
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Search Results for: archevêque Job

L’archevêque Job de Telmessos déclare dans une interview que le Patriarcat de Constantinople n’a pas l’intention de créer son propre exarchat en Ukraine 

Lors des solennités à Kiev consacrées au Baptême de la Russie kiévienne, le président ukrainien Porochenko a invité le patriarche œcuménique Bartholomée. Celui-ci a envoyé pour participer aux célébrations son représentant, l’archevêque de Telmessos Job (Getcha). Après cette visite, de nombreuses interprétations des paroles et déclarations de Mgr Job ont été publiées, dont celles qui ont été prononcées par celui-ci pendant la cérémonie officielle à la « Vladimirskaïa Gorka », à Kiev. Or, ces interprétations sont diamétralement opposées, selon les vues et les convictions de ceux qui les font. Afin d’éviter tout malentendu concernant tant la visite de l’archevêque Job à Kiev, que la politique du Patriarche œcuménique à l’égard de la question ecclésiale ukrainienne, le site orthodoxe ukrainien pravlife.org s’est adressé directement à l’archevêque Job afin d’obtenir les éclaircissements nécessaires.

Monseigneur, vous étiez représentant du patriarche de Constantinople lors des solennités du Jour du Baptême de la Rous’ à Kiev. Pourquoi le patriarche Bartholomée n’a-t-il pu venir ? Quels souhaits Sa Sainteté a-t-elle transmis aux Ukrainiens ? De quoi a-t-il été question au cours de votre rencontre avec le Président ukrainien ? Avez-vous rencontré le chef du « Patriarcat de Kiev » ?

– Le patriarche œcuménique a reçu l’invitation du Président ukrainien mais, malheureusement, eu égard au fait qu’il reçoit de nombreuses invitations et que le programme de ses visites est assez dense, il ne peut répondre positivement à toutes. Néanmoins, dans de tels cas, le patriarche, courtoisement, envoie toujours son représentant. Cette fois, en cette qualité, c’est moi qui suis venu à Kiev pour les festivités. Le patriarche a demandé de transmettre à tous les Ukrainiens qu’il était spirituellement avec eux, parce que l’Église de Constantinople est l’Église-Mère pour l’Église de Kiev. En tant que père spirituel du peuple ukrainien, sa prière et ses souhaits est la paix dans le pays et l’unité dans l’Église. Ce sont précisément ces souhaits que j’ai transmis de sa part au Président ukrainien et à S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Avec la bénédiction du patriarche, c’est précisément eux que je devais rencontrer, et mon séjour était convenu avec les organes de l’État et l’Église canonique.

Suivez-vous les événements dans notre pays ? Nous avons tous vu l’agression contre la Procession pan-ukrainienne pour la paix. Comment pensez-vous, pourquoi une certaine partie de la société n’accepte-t-elle pas l’initiative pacificatrice de l’Église ?

– Oui, bien sûr, nous suivons constamment les événements en Ukraine. Il faut dire que toutes les questions sont très politisées. En réalité, dans la question du schisme ecclésial en Ukraine, ce sont précisément les motifs politiques qui jouent un grand rôle. De nombreuses forces marginales, tant pro-russes que pro-ukrainiennes, voulaient utiliser la Procession pour leur propagande ultra-nationaliste. L’État craignait que des provocations puissent avoir lieu. Mais, Dieu soit loué, toutes les mesures possibles ont été prises afin de ne pas permettre quelque chose de tel, et la Procession pour la paix s’est déroulée paisiblement, sans aucuns incidents !

Quel est votre point de vue, des changements juridictionnels pourraient-ils régler les problèmes du schisme ecclésial en Ukraine ? Comment l’Église de Constantinople voit-elle son aide pour le retour de l’unité ecclésiale en Ukraine ?

– Le but principal du Patriarcat œcuménique est l’unité de l’Église orthodoxe en Ukraine. Tous, tant les Ukrainiens que tous les chrétiens orthodoxes dans le monde entier, en ont assez du schisme. Le Patriarcat œcuménique ne prévoit pas de créer une juridiction parallèle en Ukraine, parce qu’une telle situation non canonique ne ferait qu’approfondir le problème. Le Patriarcat œcuménique est prêt à aider à résoudre le schisme ecclésial comme récemment cela a été le cas dans l’Église de Bulgarie et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie.

Qu’est ce que tous les orthodoxes en Ukraine doivent nécessairement faire pour atteindre l’unité ?

– Premièrement, il faut rejeter son égoïsme et fuir l’égocentrisme. Récemment, lors du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète, S.B. l’archevêque d’Albanie Anastase a souligné que la source de tous les problèmes dans l’Église est l’égocentrisme. Deuxièmement, il faut par principe observer les saints canons de l’Église orthodoxe qui existent précisément afin de préserver l’unité de l’Église. Troisièmement, il faut prier plus, afin que nous changions intérieurement et qu’ainsi nous puissions coopérer à l’unité. Et enfin, comme de véritables pacificateurs, nous devons être des hommes de dialogue, prêts à entendre les souhaits du prochain et chercher une issue à cette situation.

Que souhaiteriez-vous à tous les Ukrainiens orthodoxes ?

– Je pense que la plus grande fête en Ukraine aura lieu lorsque la paix viendra dans l’État et l’unité dans l’Église orthodoxe. Je vous assure qu’afin de partager la joie d’une telle fête, le Patriarche œcuménique trouvera toujours le temps, et moi-même avec lui !

Source

L’archevêque Job (Getcha) de Telmessos du Patriarcat de Constantinople : « Le territoire de l’Ukraine est le territoire canonique de l’Église de Constantinople »

ArticleImages_64119_Getcha_puDans une interview en date du 29 juillet 2016 au site ukrainien RISU, que nous publions in extenso ci-dessous, l’archevêque Job (Getcha) s’exprime sur les Églises qui n’ont pas participé au Concile panorthodoxe, le sort des groupes marginaux à tendance eschatologique, la raison du blocage de la question de l’autocéphalie et sur l’espoir éventuel, pour les orthodoxes d’Ukraine, d’obtenir celle-ci.

– Monseigneur, quelles sont les impressions du Concile panorthodoxe en Crète ? Est-on parvenir à faire ce qui était prévu ? L’organisation et les résultats sont-ils satisfaisants ?

– Fondamentalement, le Concile s’est déroulé avec succès, en ce sens que tous les documents qui étaient préparés et coordonnés lors du processus panorthodoxe de préparation, ont été adoptés. Bien sûr, avec quelques corrections, mais celles-ci sont mineures, et ne changent pas le fond du contenu des documents. Aussi, nous considérons que le Concile s’est déroulé avec succès. Il est malheureux, naturellement, que quatre Églises aient refusé d’y participer. Elles ont refusé au dernier moment, alors qu’elles avaient pris part au processus de préparation, elles avaient signé les documents qui étaient préparés, elles avaient même pris part aux rencontres d’organisation, un mois avant le Concile. L’Église orthodoxe russe elle-même était présente, une semaine avant le Concile lors de la réunion du Comité de préparation du message du Concile. Or, elles ont décidé à la dernière minute de ne pas participer au Concile.

– Cela était-il inattendu ?

– Nous ne l’attendions pas, bien entendu. Malheureusement, ces Églises ont pris une telle décision, et maintenant elles en portent la responsabilité. Mais le Concile a eu lieu comme cela était planifié.

– L’absence de ces quatre Églises a donné l’occasion à l’Église orthodoxe russe de déclarer qu’elle ne reconnaît pas le statut panorthodoxe du Concile. Mais, comme nous le savons par l’histoire, les Conciles œcuméniques mêmes n’avaient pas des représentations de toutes les Églises existant alors ainsi que de tous les évêques. À quel point la position de l’Église orthodoxe russe est-elle juste ?

– Dans l’histoire de l’Église, lors de la plupart des Conciles, il n’y avait pas de représentants de nombreuses Églises. Et il faut prendre compte ici du processus de réception du Concile. Bien que lors de nombreux Conciles œcuméniques, il n’y avait pas de représentations de toutes les Églises, l’ensemble de celles-ci ont adopté leurs décisions, ce qui donna aux dits Conciles le statut d’œcuménique.

– C’est-à-dire que participation et réception sont des concepts parallèles, qui ne sont pas forcément liés entre eux ?

– Oui, mais nous savons également par l’histoire qu’il y avait des Églises qui ont refusé de participer à certains Conciles. Et, puisqu’elles avaient refusé de participer aux Conciles, elles sont restées en dehors de l’Église. C’est le cas, par exemple, de l’Église d’Arménie au Vème siècle qui a refusé le IVème Concile œcuménique de Chalcédoine, parce qu’elle considérait que le problème du monophysisme est un problème de l’Église de Constantinople, et que cela ne la concernait pas. Il y avait aussi des problèmes politiques liés à cette position. Mais l’Église arménienne n’est pas maintenant dans l’unité avec l’orthodoxie universelle. Elle est une des Églises non-chalcédoniennes qui, durant des siècles, reste en dehors de l’Église universelle.

– C’est-à-dire que les conséquences historiques d’un tel refus peuvent être n’importe lesquelles ?

– Tout dépend de la réception du Concile. Celui-ci a eu lieu et les Églises qui ont refusé d’y participer en portent maintenant la responsabilité pour leur avenir.

– Maintenant, les porte-paroles du Patriarcat de Moscou font des déclarations selon lesquelles c’est précisément l’Église russe qui a tous les leviers et les mécanismes pour réunir « un véritable » Concile panorthodoxe. À quel point ces déclarations reflète-t-elles la situation réelle des choses ?

– Disons que ce n’est pas la première fois que le Patriarcat de Moscou veut le faire. De telles tentatives ont eu lieu en 1948, alors qu’ils essayaient de faire une rencontre panorthodoxe à Moscou, à l’époque soviétique. Nous savons qu’ils n’ont pas réussi, et pas seulement parce que certaines Églises ont refusé de participer. Mais il faut avoir en vue que l’Église orthodoxe russe n’a pas les bases canoniques pour convoquer un tel Concile.

– On met en avant et activement dans l’Église orthodoxe russe la doctrine politique « Moscou  – Troisième Rome », où est attribué à l’Église le rôle de « rassembleur des Terres russes ». Comment réagit à cela le Patriarcat œcuménique ?

– C’est le mythe de « Moscou – Troisième Rome », construit sur les pensées exprimées par le moine de Russie Philothée, qui vécut au XV-XVIème s. C’est un mythe absolu, parce que dans l’histoire de l’Église et dans le concept des canons, il n’y a pas de première-deuxième-troisième-quatrième Rome. Il y a l’ancienne Rome, qui était le centre de l’Empire romain, le centre de la civilisation européenne, et il y a la nouvelle Rome – la nouvelle capitale de l’Empire romain. Il n’y a pas de première, de deuxième, il y a l’ancienne et la nouvelle Rome. Une troisième, une quatrième, une cinquième, il n’y en aura pas. Et c’est là l’histoire non seulement de l’Église, non seulement l’histoire de l’empire, c’est l’histoire de la civilisation humaine. L’Église de Rome et de Constantinople sont aujourd’hui héritières des deux Églises. Elles sont les héritières de cette histoire politique, ecclésiale, humaine, et son liés canoniquement avec ces fondements et privilèges.

– Dans le monde orthodoxe, et cela est fortement exprimé dans l’Église orthodoxe russe, il y a maintenant un flux de voix qui ont une attitude très agressive, eschatologique, envers le huitième, neuvième et les Conciles œcuménique suivants, et pour ce qui concerne l’organisateur de ce Concile de Crète, le patriarche œcuménique, ils sont, c’est un euphémisme, très critiques. Y a-t-il des courants eschatologiques avec pour implication politique une menace pour l’unité de l’Orthodoxie universelle ? En général, à quel point la ligne « fondamentalisme – œcuménisme » constitue-t-elle un sérieux défit pour l’orthodoxie ?

– De tels courants sont marginaux, malgré le nombre de leurs partisans. Ils ne reflètent pas la position de l’Église.

– Mais, dans l’Église russe on ne les combat pas, mais on les utilise…

– De telles tendances sont très dangereuses et périlleuses. Aussi, l’Église ne peut adopter ces positions marginales. Parce que de telles positions ne reflètent pas la foi et la mission chrétiennes. Vous voyez, certains aiment utiliser le principe des chiffres. Et ils pensent que plus ils ont de partisans, plus ils sont forts et justes. Si nous revenons à l’histoire de l’Église, les Ariens étaient très nombreux au IVème s., ils étaient puissants, et de telles figures éminentes de l’Église, comme saint Grégoire le Théologien, saint Basile le Grand, étaient préoccupés par la survie de l’Église. Mais malgré le nombre des partisans de l’arianisme, l’Église n’a jamais adopté les positions de ceux-ci, de telle façon que la doctrine arienne était marginale et ne correspondait pas à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Plus tard, au moment de la lutte contre le monothélisme, au VIIème s., saint Maxime le Confesseur était presque le seul partisan de la foi chrétienne. Presque tous, la majorité des gens, étaient partisans du monothélisme. Mais finalement, celui-ci a été condamné conciliairement et Maxime le Confesseur, qui était le seul à maintenir sa position, a vaincu. Donc ici, avec des chiffres pour des positions marginales, il ne faut pas construire quelques conceptions, théories ou plans. Et il ne faut pas ici s’inquiéter.

– C’est la vérité qui, historiquement, vainc, et non pas le nombre ou l’agression des marginaux ?

– C’est précisément ainsi.

– Permettez-moi de passer à la question de l’autocéphalie. La question de la proclamation de l’autocéphalie a été mise entre parenthèses par le Concile panorthodoxe en raison de son caractère conflictuel et en l’absence de consensus orthodoxe. Pourquoi cette question déclenche-t-elle tant de conflits ? Or, l’autocéphalie, c’est la seule organisation naturelle d’administration ecclésiale.

– Dans le processus de préparation du Concile panorthodoxe, la question de l’autocéphalie et de sa proclamation était présente et a été discutée. Et il existe même des textes de documents, qui ont été préparés. Je parle en général du processus pour comprendre pourquoi tout s’est arrêté. L’étude de la question a eu pour point de départ le fait que l’on considérait le Patriarcat œcuménique comme unique patriarcat dans le monde orthodoxe, qui ait le droit d’octroyer l’autocéphalie, tant pour des raisons historiques que canoniques. Parce que dans l’histoire, toutes les nouvelles autocéphalies qui sont apparues, à commencer au XVIème s. avec celle de l’Église russe et jusqu’à nos jours, ce furent des territoires du Patriarcat œcuméniques auxquels il a donné l’autocéphalie. Pour ce qui concerne les raisons canoniques, parce que le Patriarcat œcuménique occupe la première place dans le monde orthodoxe. Lors de la discussion de la question de l’autocéphalie au niveau panorthodoxe dans l’esprit du consensus, certains ont dit : « Non ! Constantinople ne peut donner elle seule l’autocéphalie. Il faut ajouter que pour l’octroi de l’autocéphalie, il doit y avoir l’accord et la ratification de l’Église dont quelque partie veut recevoir l’autocéphalie ». Ici, on peut prendre un exemple actuel, à savoir que si l’Ukraine veut recevoir l’autocéphalie, Constantinople ne peut pas elle seule la lui accorder, il faut qu’il y ait une demande de l’Église orthodoxe russe, étant donné que l’Ukraine, à l’heure actuelle, se trouve en son sein. Alors, dans le cadre de la préparation au Concile panorthodoxe, le Patriarcat de Constantinople a accepté le compromis et a donné son accord pour que l’autocéphalie puisse être octroyée par Constantinople seulement avec l’accord et la demande de l’Église, où la partie intéressée se trouve. On est allé ensuite plus loin. On est allé jusqu’à la question du Tomos, le document qui proclame l’autocéphalie de l’Église concernée, et dans lequel sont mentionnés tous les points auxquels doit se tenir la nouvelle Église, toutes les exigences qu’elle doit remplir. La question a alors surgi de savoir qui signe ce Tomos, si c’était seulement le patriarche de Constantinople. Dans le cadre de la discussion, il a été dit : « Non ! Ce sont tous les chefs, tous les primats des Églises locales. Parce qu’ils doivent être d’accord, ils doivent reconnaître cette nouvelle Église ». Le Patriarcat de Constantinople est encore allé au-devant du compromis et a dit : « Bien, tous les primats des Églises locales signeront le Tomos ».

– Et pour chaque signature, cela veut dire des discussions ?

– Oui. Et alors Constantinople a accepté le compromis. On est arrivé jusqu’à la signature du Tomos. Nous savons par l’histoire que les Tomos ont été signés par le patriarche de Constantinople, qui après sa signature apposait le mot « proclame ». Parce que le patriarche œcuménique en tant que premier, en tant que président de son Synode, proclame l’autocéphalie. Et à sa suite apposaient leurs signatures les membres du Synode de l’Église de Constantinople sans aucune mention. Parce ce que ce qui est proclamé par le chef, est simplement confirmé par les autres comme étant un document officiel, valide. Et Constantinople voulait adopter cette pratique et dire : « Le patriarche de Constantinople signe le Tomos avec le mot « proclame », et les autres primats, comme auparavant les membres du Synode, apposent simplement leurs signatures dans l’ordre des diptyques orthodoxes ». Il y eut encore une discussion, et à nouveau une nouvelle exigence : « Non ! Les autres patriarches doivent aussi ajouter un mot quelconque après leur signature ». Et Constantinople a de nouveau accepté un compromis. Et il a dit : « Alors nous ferons comme cela : le patriarche de Constantinople signe et les autres patriarches apposent le mot « co-proclament » sur le principe de l’office orthodoxe ». On sait que lorsque l’on célèbre la divine liturgie, c’est toujours le premier qui célèbre, celui que l’on considère comme présidant l’office, et les autres concélèbrent.

– C’est logique.

– Et, à nouveau, les représentants du Patriarcat de Moscou n’ont pas été d’accord avec le mot « co-proclament ». Ils voulaient que chaque patriarche signe avec le mot « proclame ». Et alors, le Patriarcat œcuménique n’a pas été d’accord. Non en raison de son honneur ou quelque raison politique. Simplement parce que c’est illogique et incorrect. Un seul homme peut proclamer, et les autres, qui sont avec lui, peuvent « co-proclamer ». Mais chacun ne peut pas proclamer à sa façon. Et c’est là que la question a été bloquée. Et depuis, lorsqu’il y a eu ces sessions, en 2009, si je ne fais pas erreur, elle est restée bloquée. C’est-à-dire que cette question de l’autocéphalie a été examinée, que l’on est arrivé à un texte de compromis, mais tout a été bloqué par la question de la signature sous le Tomos. C’est pourquoi il a été décidé de ne pas porter la question à l’ordre du jour. Pour Constantinople, cela signifie que la question de l’autocéphalie reste au statu quo, tel qu’il était au commencement de l’examen de cette question. Parce que toutes les variantes issues des compromis, au sujet desquelles il y avait accord, ne sont pas allées jusqu’à la conclusion.

– Les premières autocéphalies sont appelées anciennes, parce qu’il y a eu ensuite une deuxième vague, les nouvelles autocéphalie, à commencer par l’Église orthodoxe russe et, qualitativement, elles étaient un peu différentes. À votre avis, la nécessité d’une nouvelle vague d’autocéphalies, est-ce un processus naturel, ou le témoignage de certains problèmes à l’intérieur de l’Orthodoxie ? L’Orthodoxie universelle est-elle prête à une troisième, une nouvelle vague d’autocéphalies ?

– Quelle est la différence entre la première et la deuxième vague ? En fait, la deuxième vague commence au XVIème siècle, après l’octroi de l’autocéphalie à l’Église orthodoxe russe. En quoi diffère la première et la deuxième vague, en quoi leur statut est un peu différent ? En ce sens que les centres anciens, dans lesquels entraient Rome (mais la question de Rome, est une autre question actuellement), Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem et Chypre, ce sont des Églises qui ont été confirmées lors des Conciles œcuméniques. Et comme nous le savons, c’est le principe de l’Église, et les fondamentalistes sont également d’accord avec cela et répètent que l’Église orthodoxe doit s’en tenir aux Conciles œcuméniques. Nous ne pouvons nous considérer orthodoxes si nous renonçons aux dispositions de quelque Concile œcuménique. Ce sont des obligations de l’Église orthodoxe. Ces Églises ont été confirmés par des Conciles œcuméniques. Les autres, la nouvelle vague d’autocéphalies n’a pas été confirmée par un Concile œcuménique. On ne peut dire que leur autocéphalie diffère en quoi que ce soit, mais leur statut n’a pas de confirmation par un Concile œcuménique.

– Leur a-t-on donné l’autocéphalie par économie ou pour des causes politiques ?

– La nouvelle vague d’autocéphalie venait toujours en réponse à des circonstances politiques, la création d’un nouvel État ou d’un nouvel empire. En tenant compte du statut de l’État, l’autocéphalie était accordée, afin de régler un problème administratif. Pour cette raison, cette deuxième vague d’autocéphalies continue jusqu’à nos jours – la majorité de ces autocéphalies ont été proclamées à la fin du XIXème et du XXème s.

– La deuxième vague d’autocéphalies s’est séparée de Constantinople, mais il y a une troisième vague : lorsqu’il y a séparation non pas du Patriarcat de Constantinople, mais de ses Églises-filles. C’est le problème et de l’Église serbe et de l’Église orthodoxe russe. Et Constantinople est déjà passé par là.

– Constantinople considère toujours que le territoire de l’Ukraine est le territoire canonique de l’Église de Constantinople. Il ne faut pas oublier que c’est précisément sur la base du cas de la métropole de Kiev qu’a été accordée l’autocéphalie à l’Église de Pologne en 1924. L’État polonais s’est adressé à Constantinople…

– C’est précisément l’État qui s’est adressé à Constantinople ?

– Oui. Voilà ce qui s’est passé. Dans les années 20, l’État polonais est devenu indépendant. Et l’État a dit : « Nous ne sommes pas contre le fait que vivent en Pologne des chrétiens orthodoxes, qu’ils pratiquent leur foi et aient leur Église. Mais, comme État, nous ne voulons pas qu’il y ait en Pologne une Église qui soit la cinquième colonne d’un État étranger, d’autant plus antagoniste ». Pour cette raison, l’État polonais, en 1924, s’est adressé à Constantinople, afin que celle-ci accorde l’autocéphalie à l’Église de Pologne. C’était la demande de l’État pour résoudre un problème politique.

– C’est-à-dire qu’un problème ecclésiastique peut être simultanément aussi un problème politique ?

– Oui, pour la Pologne, il n’y avait pas de problème de foi orthodoxe, de doctrine orthodoxe, de liturgie orthodoxe, ce sont des questions religieuses qui ne concernent pas l’État. Mais l’État polonais avait un problème politique, il ne voulait pas que l’Église orthodoxe en Pologne serve les intérêts d’un autre État. Et pour cette raison, il s’est adressé à Constantinople afin d’accorder l’autocéphalie et de régler la question politique. Et sur quel fondement, Constantinople a-t-elle accordé le Tomos de 1924 à l’Église orthodoxe de Pologne ? Constantinople considérait l’Église de Pologne comme une ancienne partie de la métropole de Kiev. Et nous savons que sous le métropolite Cyprien Tsamblak, la métropole de Kiev se trouvait dans le cadre de l’État polono-lithuanien, c’est-à-dire que ses limites s’étendaient aussi au territoire de la Pologne et de la Lituanie contemporaine. C’était aussi à peu près la même chose au temps de Pierre Movilă, qui était métropolite de Kiev. La métropole de Kiev était alors soumise à Constantinople. Et parce que la Pologne se trouvait à un certain moment dans le cadre de la métropole de Kiev, et que celle-ci était directement soumise, canoniquement, à Constantinople, c’est Constantinople qui a donné l’autocéphalie à l’Église de Pologne en 1924. Ainsi, si en 1924, Constantinople a accordé l’autocéphalie à l’Église de Pologne sur la base de la métropole de Kiev, pourquoi, aujourd’hui, Constantinople n’aurait-elle pas le droit  d’accorder à la métropole de Kiev elle-même le statut d’autocéphale ? Si cela était possible en 1924, c’est possible aujourd’hui également.

– La délégation ukrainienne dans le cadre de l’Église orthodoxe russe n’a pas participé au Concile panorthodoxe. Une autre partie des orthodoxes ukrainiens est en général laissée sans aucune représentation dans l’Orthodoxie universelle. Qui porte la responsabilité d’une situation aussi lamentable entre les Ukrainiens orthodoxes, n’est-ce pas une situation anormale des choses ?

– Le Patriarche œcuménique a déclaré plus d’une fois que Constantinople est l’Église-Mère de l’Église d’Ukraine. Plus d’une fois, il a souligné qu’il était le père spirituel des Ukrainiens. Et pour cette raison, le Patriarche œcuménique suit constamment et est soucieux de la situation en Ukraine. Qui plus est, après que le parlement ukrainien se soit adressé au Patriarcat de Constantinople pour lui demander d’accorder l’autocéphalie canonique à l’Ukraine, cette demande a été examinée lors du dernier Synode, lequel a décidé de transmettre cette demande à une commission pour un examen sérieux et approprié de ce problème. Ainsi, Constantinople s’en occupe.

– Nombreux sont ceux qui disent que le résultat de cette décision doit être la réunion de toutes les branches orthodoxes ukrainiennes. Mais comment réunir, si l’une des branches ne voit aucune nécessité dans cela, du fait que les autres juridictions orthodoxes sont pour elle inexistantes ? C’est-à-dire que nous avons le phénomène désagréable d’auto-isolation d’une branche canonique en la personne de son épiscopat et d’une partie du clergé. Et ils réagissent même à la venue en Ukraine des représentants du Patriarcat œcuménique de façon très amère. Comment parler de réunion, si une juridiction vit dans sa propre réalité parallèle, où personne à part elle n’existe ? En tenant compte de cela, est-ce que le Patriarcat œcuménique dispose de quelques mécanismes de règlement de la question ukrainienne ? Au niveau des déclarations de l’épiscopat ukrainien de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou les problèmes de changement de statut n’existent même pas.

– Vous avez décrit le problème et ce faisant, vous avez souligné sa complexité. Pour le règlement du problème, il doit y avoir un processus défini, qu’il faut étudier et trouver. Et c’est justement le but du travail de cette commission. S’il y avait une réponse à la question comment régler la question, elle serait résolue depuis longtemps ! Constantinople ne doit pas étudier la question ukrainienne : a-t-elle le droit d’accorder l’autocéphalie ou non ? Ou l’Église d’Ukraine est-elle la fille de l’Église de Constantinople ou non ? Cela, Constantinople le sait parfaitement et l’a souligné plus d’une fois et l’a confirmé. Aussi, l’examen de la question consiste à savoir comment trouver une issue pour la résolution du problème. C’est là le but de la commission. C’est pourquoi, à ce moment, je ne peux vous dire de quelle façon ce problème sera résolu. Nous n’avons pas encore trouvé ce processus qu’il faut suivre, autrement la question serait déjà réglée. Mais il est important de souligner, et c’est un principe canonique, qu’il ne peut y avoir qu’une Église sur un territoire donné. C’est-à-dire que deux Églises autocéphales ne peuvent se trouver simultanément sur un territoire. Et pour proclamer l’autocéphalie, il faut l’unité de l’Église. C’est pourquoi il faut travailler à cette unité.

– Aujourd’hui, dans de nombreuses Églises, il y a un problème de divisions et de juridictions non reconnues. Les représentants du Patriarcat de Moscou en Ukraine considèrent que même le dialogue posé et paisible avec les opposants est non canonique, on ne peut le mener de quelle façon que ce soit.

– Il ne faut pas mener un dialogue ?

– Non, il ne faut pas. Car « Le Patriarcat de Kiev » ce sont des schismatiques et ils n’ont qu’une voie, revenir au sein du Patriarcat de Moscou ». À quel point cette position correspond aux principes canoniques et, en général, à la conscience chrétienne ?

– Je ne vous rappellerai qu’un exemple tiré de la Bible. Ouvrez le livre de Job dans l’Ancien Testament. Dans le premier chapitre, Job raconte le dialogue (« dialogue » en grec, c’est une conversation) en Dieu et le diable. Dans le livre de Job, Dieu mène un dialogue avec satan. Si un tel dialogue est impossible – entre Dieu et le diable ! – pourquoi, aujourd’hui le dialogue serait impossible entre chrétiens, d’autant plus entre chrétiens orthodoxes ?

– Le Patriarcat de Moscou en Ukraine s’efforce de présenter la situation comme une persécution sans précédent contre la seule juridiction reconnue en Ukraine. À quel point les Églises orthodoxes sont-elles informées objectivement, pourquoi des conflits autour de l’appartenance des églises se produisent-ils en Ukraine, pourquoi le niveau de confiance en l’Église orthodoxe d’Ukraine est-il très bas, quel rôle joue l’Église orthodoxe russe dans l’incitation à la haine dans le Donbass ? À quel point cette information est-elle disponible ?

– Vous voulez dire, à quel point les Églises sont-elles informées hors de l’Ukraine ?

– Oui.

– Ici, il faut dire que des informations très différentes et contradictoires sont diffusées. Ce n’est pas nouveau : dans toute question, par exemple, politique, si l’on compare l’information qui est donnée par les journalistes américains, elle peut ne pas coïncider avec celle des journalistes russes. Et même dans un pays, selon les tendances politiques des journaux et des journalistes, l’information est éclairée sous des jours différents dans les différents journaux. Je dirais que le monde est faiblement informé en fait sur ce qui se passe en Ukraine. Par exemple, un évêque du Patriarcat de Constantinople m’a posé la question, avant mon voyage, si les troupes russes se trouvent sur le territoire de l’Ukraine. Il avait l’impression que cette question, après les accords de Minsk, était déjà réglée. C’est là seulement un exemple. Il y a, bien sûr des informations, et il y a différentes contradictions dans cette information, mais pour le dire ouvertement, hors d’Ukraine on écrit très peu sur ce pays.

– Mais comment peut-on régler la question ukrainienne, s’il n’y a pas une information complète, objective sur l’état des choses et des relations entre Ukrainiens ? Est-ce également une question pour la commission ?

– C’est l’une des causes supplémentaires pour lesquelles cette question a été transmise à une commission pour un plus profond examen.

– « L’Église orthodoxe ukrainienne autocéphale » [formation schismatique différente du « Patriarcat de Kiev », ndt] a également soumis un appel au Patriarcat œcuménique pour être reconnue comme en faisant partie ? Cette question a-t-elle été ajoutée à l’examen de la commission ?

– Comme cela est indiqué pour la question ukrainienne, il y est question de l’Église globalement. Ce n’est pas seulement l’examen d’une partie ou d’une branche, mais la question est considérée dans son intégralité. Mais bien sûr, cette question sera également examinée.

– Cela signifie que l’on prévoit de renverser toutes les tendances centralistes dans la direction opposée ?

– Oui, de réunir.

– Une dernière question, Monseigneur. Peut-être vous paraîtra-t-elle une plaisanterie. Mais dans les cercles russes, circulent des déclarations selon lesquelles vous seriez nommé exarque du Patriarcat de Constantinople en Ukraine. Pouvez-vous commentez cela ?

– Premièrement, je ne sais rien du tout de cela. Deuxièmement, il n’a pu être question d’une telle chose à Constantinople, du fait que l’examen de la question commence avec le début et non avec la fin.

– Merci, Monseigneur !

Source (dont photographie): RISU

L’archevêque Job (Getcha) nouveau co-président de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique orthodoxe-catholique

maxresdefaultL’archevêque Job (Getcha) (photographie ci-contre) est le nouveau co-président de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique. Il succède à cette fonction au métropolite de Pergame, Mgr Jean (Zizioulas). Lors de la réception de la délégation orthodoxe au Vatican, à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, le pape François dans son adresse a signalé offrir des prières pour le nouveau co-président. La Commission mixte est présidée par deux présidents, l’un orthodoxe, l’autre catholique.

Source: RISU

RCF-Liège : interview de l’archevêque Job

L’émission Une foi pour toutes de janvier sur RCF-Liège était consacrée à l’œcuménisme avec une interview de l’archevêque Job, représentant du Patriarcat œcuménique auprès du Conseil oecuménique des Églises.

Le Saint-Synode du Patriarcat oecuménique a relevé l’archevêque Job de Telmessos de ses fonctions à Paris

maxresdefaultSelon l’information communiquée par le site grec Orthodoxia.info, le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a décidé, en date du 28 novembre 2015, de libérer l’archevêque Job de Telmessos de l’administration de « l’Exarchat des paroisses de tradition russe en Europe occidentale », et de lui confier des tâches hors de France. Le hiérarque, qui conserve son titre d’archevêque de Telmessos, est transféré au poste de représentant du Patriarcat œcuménique auprès du Conseil œcuménique des Églises, tandis que l’on attend que parvienne prochainement l’instruction du Patriarcat œcuménique relative au début des procédures de nomination et d’élection du nouvel archevêque.

Source: Orthodoxia.info. Photographie de Mgr Job: Famille chrétienne

L’archevêque Job à la fête patronale de l’Église de Rome

Les 28 et 29 juin, l'archevêque Job de Telmessos a fait partie, avec le métropolite Jean de Pergame et l’archidiacre du Trône œcuménique Jean Chryssavgis, de la délégation du Patriarcat œcuménique pour la fête patronale de l’Église de Rome. Le samedi 28 juin, la délégation a été reçue par le pape François au Palais apostolique. Le métropolite Jean de Pergame, au nom du patriarche œcuménique Bartholomée, a prononcé en anglais le discours que vous pouvez lire en ligne depuis cette pageLes membres de la délégation du Patriarcat œcuménique ont ensuite été conviés à déjeuner avec Sa Sainteté le pape François à la Maison Sainte-Marthe du Vatican où ils ont pu échanger avec lui de manière informelle. Dans l’après-midi, ils ont eu une réunion de travail avec le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le cardinal Kurt Koch, son secrétaire, l’évêque Brian Farrell, et son sous-secrétaire, Mgr Andrea Palmieri, durant laquelle ont été évoquées les relations et la poursuite du dialogue théologique entre les deux Églises. Le dimanche 29 juin, les membres de la délégation ont assisté à la messe pontificale à la Basilique Saint-Pierre de Rome, durant laquelle le pape François et le métropolite Jean de Pergame, chef de la délégation, ont échangé le baiser de paix.

Source et photographie : Exarchat.org

Vidéo de l’intronisation de Mgr Job, archevêque de Telmessos

La cérémonie d’intronisation de l’archevêque Job de Telmessos, exarque patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, a eu lieu le jeudi 5 décembre 2013, à 20 h, dans la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, rue Daru à Paris, à l’issue de la célébration des vigiles de la fête de saint Alexandre Nevsky. Nous vous invitons à visualiser l'enregistrement vidéo de cet évènement.

 

RCF-Liège : La préparation du Concile panorthodoxe – interview de Mgr Job (membre du secrétariat préparatoire)

Le père Guy Fontaine a interviewé l’archevêque Job, membre du secrétariat préparatoire au Concile panorthodoxe dans l’émission hebdomadaire “Une foi pour toutes …”, diffusée le 9 juin dernier sur les antennes de RCF-Liège.

Des milliers de fidèles se sont rendus à la laure de Potchaïev (Ukraine) pour la fête de saint Job

Le 19 mai, jour de la mémoire de saint Job de Potchaïev (+1651), a eu lieu la liturgie solennelle en la cathédrale de la Dormition de la laure de Potchaïev. L’office était présidé par le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, assisté par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Potchaïev Vladimir, supérieur de la Laure, l’archevêque de Gorodnitsky Alexandre, et l’évêque de Manhattan Nicolas (Église orthodoxe russe hors-frontières), ainsi que les nombreux prêtres du monastère et d’autres endroits, et un grand nombre de fidèles, parmi lesquels se trouvaient les membres du chœur synodal de jeunes de la cathédrale orthodoxe russe hors-frontières de New York. On peut visionner ici des extraits des vêpres, des matines, de la liturgie et ici la procession autour de la laure, avec les reliques de saint Job de Potchaïev.

Source

Une adjointe au maire de Paris a rendu visite à Mgr Job de Telmessos

2-83Le 22 octobre, l’archevêque Job de Telmessos a reçu la visite de Mme Catherine Vieu-Charier, adjointe au maire de Paris, chargée de la mémoire et du monde combattant. ” Durant l’entretien qui s’est déroulé dans une atmosphère chaleureuse ont été évoqués la prochaine inauguration dans le 15e arrondissement de Paris de la rue Marie Skobtsov, canonisée par le Patriarcat œcuménique en 2004, les travaux de restauration de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris et la contribution des religions à l’histoire de Paris, à sa culture et à sa société.”

Source (dont photographie): Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

Le 40e jour de l’archevêque Gabriel de Comane

"Le 40e jour de décès de l’archevêque Gabriel de Comane de bienheureuse mémoire aura lieu le mercredi 4 décembre (21 novembre selon le calendrier julien, jour de la fête de la Présentation de la Mère de Dieu au Temple). Avec la bénédiction de l’archevêque Job de Telmessos, il est demandé de célébrer ce jour là (où le dimanche suivant), dans toutes les églises de l’Exarchat, une pannychide pour l’archevêque Gabriel récemment décédé."

Source: Exarchat.eu

Une chronique sur l’histoire de l’Archevêché et l’élection de l’archimandrite Job (Getcha) à la tête de celui-ci

AH_BDans sa chronique du 10 novembre dans l'émission Lumière de l'orthodoxie, sur Radio Notre-Dame, le P. Christophe Levalois (photographie ci-contre) a évoqué l'élection de l'archimandrite Job (Getcha) à la tête de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, ainsi que l'histoire et le présent de l'Archevêché. Le texte de cette chronique est ci-dessous.

Vendredi 1er novembre, à Paris, l’assemblée générale de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale a choisi l’archimandrite Job Getcha et l’a proposé au Saint-Synode du Patriarcat œcuménique de Constantinople pour succéder au défunt Mgr Gabriel de Comane à la tête de l’Archevêché. Le lendemain matin, 2 novembre donc, le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople a procédé à l’élection canonique du père Job. Celui-ci sera consacré évêque le 30 novembre à Constantinople, puis intronisé archevêque le 5 décembre dans la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris.

L’Archevêché a déjà une longue et très riche histoire. Un décret du saint patriarche Tikhon de Moscou, en 1921, lui a donné le jour. En 1931, il s’est placé sous l’autorité du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Remarquons que la présence orthodoxe russe en France est plus ancienne. Ainsi, la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris date de 1861. Néanmoins, la révolution de 1917 entraine l’exode de nombreux Russes. On estime qu’environ 200 000 réfugiés se sont établis en France. Aussi l’Archevêché s’est très vite développé et l’on compte jusqu’à 200 lieux de culte ouverts, certains provisoirement, durant la période de l’Entre-deux-guerres.

Cette émigration apporte avec elle un enrichissement culturel considérable pour la France, on le connait dans le domaine artistique, mais l’apport est aussi philosophique, avec Nicolas Berdiaev par exemple, religieux et spirituel. L’Institut Saint-Serge à Paris, fondé en 1925, au sein de l’Archevêché, a un rayonnement qui s’étend même par-delà les frontières de l’orthodoxie. C’est ce que l’on a appelé « l’Ecole de Paris », avec les remarquables figures, entre autres, des pères Serge Boulgakov, Nicolas Afanassiev, Georges Florovsky, Alexandre Schmemann, Jean Meyendorff, mais aussi de Paul Evdokimov et d’Olivier Clément. Il faut y rajouter, en-dehors de l’Institut Saint-Serge, Vladimir Lossky et Léonide Ouspensky. Toutes ces personnes ont œuvré en France à une redécouverte des racines de l’orthodoxie. Un héritage prestigieux devenu aujourd’hui universel.

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La consécration épiscopale et l’intronisation de l’archimandrite Job (Getcha)

Sur le site de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale concernant la consécration épiscopale et l'intronisation de l'archimandrite Job (Getcha): "Le sacre épiscopal sera conféré le 30 novembre 2013, en l’église patriarcale Saint-Georges (au Phanar, ndlr) au cours de la liturgie patriarcale et synodale célébrée à l’occasion de la fête de l’apôtre André le Premier-Appelé, patron du siège patriarcal. L'intronisation sera célébrée les 5 et 6 décembre jour de la fête de saint Alexandre Nevsky, à la cathédrale. Le 5 décembre célébration de la vigile à 18h00 suivi à 20h00 du rite d’intronisation. Le lendemain, la divine liturgie à 10h00 sera présidée par le nouvel archevêque."

L’archimandrite Job (Getcha) a été canoniquement élu ce matin par le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople

ph_026L'archimandrite Job (Getcha) a été canoniquement élu ce matin par le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople à la tête de l'Archevêché des églises russes en Europe occidentale avec le titre d'archevêque de Telmessos.

Photographie: l'archimandrite Job à la 2ème Conférence de la jeunesse orthodoxe organisée par le Patriarcat oecuménique en 2007 (source)

Complément (3.11.2013): photographies de cette élection au Phanar, dans l'église Saint-Georges. On y voit notamment les membres du Saint-Synode qui déposent leur bulletin durant un office (le métropolite Arsénios d'Autriche officie) au cours duquel est chanté le tropaire de la Pentecôte, ainsi qu'une photographie de l'archevêque élu au Phanar lors d'une visite avec son père en 2011.

Nouvel archevêque pour l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

photo 1L'assemblée générale de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, réunie aujourd'hui en session générale, sous la présidence du métropolite Emmanuel, a élu l'archimandrite Job (Getcha) comme archevêque avec 109 voix, soit plus des deux-tiers des suffrages exprimés. Sur 191 votants, il y a eu 151 suffrages exprimés et 40 bulletins blancs ou nuls. Les deux autres candidats ont reçu : le hiéromoine Mykhaylo (Anischenko) 9 voix et l'archimandrite Bessarion (Komzias) 33 voix. C'est le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique qui procédera à l'élection canonique.

Photographies: ci-contre, l'archimandrite Job s'adressant à l'assemblée aujourd'hui, ci-dessous, l'assemblée de l'Archevêché réunie le 1er novembre. Pour voir l'album de photographies de l'évènement, cliquez ICI !

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Nouvel archevêque pour l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

photo 1L'assemblée générale de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, réunie aujourd'hui en session générale, sous la présidence du métropolite Emmanuel, a élu l'archimandrite Job (Getcha) comme archevêque avec 109 voix, soit plus des deux-tiers des suffrages exprimés. Sur 191 votants, il y a eu 151 suffrages exprimés et 40 bulletins blancs ou nuls. Les deux autres candidats ont reçu : le hiéromoine Mykhaylo (Anischenko) 9 voix et l'archimandrite Bessarion (Komzias) 33 voix. C'est le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique qui procédera à l'élection canonique.

Photographies: ci-contre, l'archimandrite Job s'adressant à l'assemblée aujourd'hui, ci-dessous, l'assemblée de l'Archevêché réunie le 1er novembre. Pour voir l'album de photographies de l'évènement, cliquez ICI !

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L’archevêque Marc de Berlin  et d’Allemagne a fait un exposé à Munich sur la situation et les problèmes de l’Église orthodoxe en Allemagne

Le site Internet russe Sedmitza a publié une note sur l'exposé de' l'archevêque Marc de Berlin  et d'Allemagne (Eglise russe hors-frontiètres), présenté à Munich, sur la situation et les problèmes de l'Église orthodoxe en Allemagne. Nous vous proposons sa traduction française.

Lors du séminaire orthodoxe qui se déroulait dans la cathédrale des Nouveaux martyrs russes les 26-28 décembre derniers, l'archevêque Marc, titulaire de la chaire de Berlin et d'Allemagne de l'Église russe hors-frontières, est intervenu dans un exposé consacré à « la situation de l'Église orthodoxe en Allemagne : passé et perspectives ». Son Éminence a parlé des repaires principaux de l'histoire du développement de l'orthodoxie en Allemagne et a décrit de façon brève le chemin historique de l'Église orthodoxe russe hors frontières en Allemagne, s'arrêtant plus en détails sur la situation actuelle du diocèse qu'il dirige aujourd'hui. Aujourd'hui, ce dernier comprend une cinquantaine de paroisses et deux monastères : le monastère de moines Saint-Job-de-Potchaev à Munich et le couvent de moniales Sainte-Elisabeth à Buchendorf (près de Munich). Dans ce diocèse sont éditées des traductions en allemand de la littérature orthodoxe, ainsi que la revue diocésaine Messager du diocèse d'Allemagne (Vestnik) en langues russe et allemande; de nombreuses constructions et reconstructions d'ouvrages religieux sont effectuées. Il y a deux ans, le diocèse a acquis à Berlin un complexe de bâtiments qui, après aménagement, est devenu le deuxième centre (après Munich) d'un diocèse en plein développement. Depuis le début des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000, un peu moins d'un demi-million de personnes en provenance de Russie et des pays de l'ancienne URSS se sont installées en Allemagne, dont une grande partie est de confession orthodoxe.

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Forte participation orthodoxe au Conseil œcuménique des Eglises – par l’archimandrite Job (Getcha)

Les
Eglises orthodoxes se sentent-elles marginalisées a l`assemblée du Conseil
œcuménique des Eglises ? Si telle est l`opinion exprimée par Le Monde du
21 février, ce n`est pas celle de la majorité des délégués orthodoxes présents
a Porto Alegre.

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De l’archimandrite Job (Getcha) à Porto Alegre

Le
père Job (Getcha), nouveau doyen de l’Institut
de théologie orthodoxe Saint-Serge, a envoyé ses impressions des débuts de la 9e
assemblée
du Conseil œcuménique des Eglises à Porto Alegre. Avec son
autorisation, nous reproduisons son message ci-dessous. Il est daté du samedi 18 février :

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Le “dies academicus” 2016 à l’Institut d’études supérieures de théologie orthodoxe à Chambésy

chambesyLa cérémonie académique annuelle de l’Institut d’études supérieures de théologie orthodoxe à Chambésy (Genève, Suisse) a eu lieu samedi 15 octobre en la cathédrale Saint-Paul du Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique, sous la présidence du métropolite doyen Athanase de Chalcédoine, président du conseil d’administration du Centre. Après l’office de bénédiction de l’eau qui a été célébré par le métropolite Jérémie de Suisse, directeur du Centre, lecture a été donnée du message du patriarche œcuménique Bartholomée, d’abord en grec (par l’évêque Makarios de Lampsaque, auxiliaire du métropolite de Suisse), puis en français (par l’archevêque Job de Telmessos, professeur à l’Institut). Ont été prononcés ensuite le discours d’accueil du métropolite Jérémie, ainsi que les allocutions des professeurs Vlassios Phidas (recteur de l’Institut), Joachim Negel (représentant de la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg) et Hans-Christoph Askani (vice-doyen de la Faculté de théologie de Genève). A suivi la remise des diplômes  (master of arts en études théologiques avec spécialisation “Orthodoxie et études chrétiennes”) aux six lauréats de cette année, venant de diverses Eglises locales (Patriarcat œcuménique, Eglise de Moscou, Eglise de Serbie et Eglise de Grèce). Représentant ces derniers, Nemanja Kostic, étudiant d’origine serbe, a ensuite prononcé la dernière allocution de la cérémonie qui a été clôturée par le Polychronion, chant en l’honneur du patriarche œcuménique. Enfin, une réception a réuni tous les participants dans les locaux du Centre orthodoxe.

Créé en 1996, l’Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe propose une formation œcuménique assurée à Chambésy même par des professeurs orthodoxes, à la Faculté de théologie de Genève (protestante) et à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg (catholique), cette dernière délivrant également les diplômes aux étudiants de l’Institut ayant complété leurs études. Plus d’une centaine de diplômes de master ont été attribués à ce jour aux étudiants de l’Institut, issus de toutes les Églises locales orthodoxes.

Des tensions se sont manifestées au cours de l’élection du co-président orthodoxe de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe

La XIVème session plénière de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe a commencé ses travaux à Chieti, en Italie, le 16 septembre 2016. Dans le cadre de la réunion de la partie orthodoxe de la Commission, qui précédait la réunion plénière, une vive discussion a eu lieu au sujet de l’élection du co-président orthodoxe de la Commission mixte, selon les informations du site Romfea.gr. Conformément au règlement de la Commission, qui a été adopté en 1980, chaque partie au dialogue élit un co-président parmi ses membres. Le patriarche Bartholomée avait au préalable envoyé des lettres dans lesquelles il communiquait la nomination de l’archevêque de Telmessos Job (Getcha) comme membre de la délégation du Patriarcat œcuménique en remplacement du métropolite de Pergame Jean (Zizioulas). Cependant, la proposition d’élection de l’archevêque Job comme co-président de la Commission n’a pas reçu le soutien de la majorité des membres orthodoxes de celle-ci. La raison probable, selon Romfea.gr, était la réputation ambiguë de l’archevêque de Telmessos, qui a été destitué de sa fonction d’archevêque des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, en raison de conflits aigus entre lui, le clergé, le conseil de l’Archevêché, ainsi qu’avec le célèbre Institut théologique Saint-Serge connu dans le monde orthodoxe entier. En outre, S.E. Mgr Job n’a jamais été participant au dialogue entre orthodoxes et catholiques-romains. C’est pourquoi la majorité des membres orthodoxes de la Commission a proposé d’élire le métropolite de Sasime Gennade en tant que co-président. Seuls les représentants des Églises de Roumanie et de Pologne se sont prononcés en faveur de l’archevêque Job. En raison de l’impasse, il a été décidé de suspendre la réunion pendant une heure, afin de demander au patriarche œcuménique de changer sa décision, mais celui-ci l’a maintenue, invoquant le fait que le métropolite Gennade n’est pas membre de la délégation du Patriarcat œcuménique, mais seulement son secrétaire, tandis que les membres de ladite délégation sont le métropolite de Diokleia Calliste et l’archevêque Job, dont l’un doit être élu. Le métropolite Calliste s’est retiré volontairement, invoquant son âge et sa santé. L’archevêque Job a fait part aux membres de la Commission de sa discussion avec le patriarche œcuménique. Il en a résulté qu’en l’absence d’un autre choix, les membres de la Commission ont ratifié sa nomination en tant que co-président.

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L’Église orthodoxe russe considère comme une « invention journalistique » les paroles attribuées au représentant de Constantinople au sujet de l’appartenance canonique de l’Ukraine

On ne croit pas, au Patriarcat de Moscou, que le représentant de Constantinople, l’archevêque de Telmissos Job (Getcha), aurait appelé l’Ukraine son territoire canonique. « L’archevêque Job est un homme très instruit, spécialiste dans le domaine du droit canon. On ne peut croire qu’il aurait effectivement pu affirmer que, soi-disant, « le territoire de l’Ukraine constitue le territoire canonique de l’Église de Constantinople », écrit le vice-président du Département synodal du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Nicolas Balachov, dans un article publié sur le site « Interfax-Religion ». Selon l’archiprêtre, une telle déclaration contredit la vérité historique, tout comme la position officielle du Patriarcat de Constantinople, confirmée des multitudes de fois (notamment par le fait que c’est précisément au patriarche de Moscou Cyrille que le patriarche de Constantinople Bartholomée a envoyé une notification officielle de la visite prochaine à Kiev de l’archevêque Job). L’archiprêtre Nicolas a indiqué que l’interview contenant la déclaration susmentionnée a été préparée par une partisane du schisme bien connue en Ukraine, qui fut dans le passé une activiste de la secte de « l’Ambassade de Dieu » de Sunday Adelaja, et a été publiée sur le site RISU, soutenu par les Gréco-catholiques (uniate), dont le chef s’est exprimé de façon outrageuse à l’égard de ses compatriotes orthodoxes ukrainiens. « Mgr Job a participé aux offices à Kiev sur l’invitation personnelle du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Je pense que cela démontre de toute évidence la reconnaissance par le patriarcat de Constantinople de la seule Église et juridiction canoniques en Ukraine. Quant aux faits « retentissants » et aux sensations, nous les laissons à la conscience des journalistes qui les publie » précise le père Nicolas. À son avis, la tentative de nier la légitimité de la réunion de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou ressemble plus à une invention journalistique qu’à la déclaration responsable d’un hiérarque orthodoxe. « Dans tous les cas, cette affirmation est absolument dépourvue de fondements tant canoniques qu’historiques. La lettre conciliaire de 1686 a été signée par le patriarche de Constantinople Denis IV et par 21 métropolites de l’Église de Constantinople, elle a été reconnue par tous les Patriarches orientaux et n’a jamais été mise en doute au cours des siècles » a conclu le père Nicolas.

Source

Le Patriarcat de Constantinople ignorera la demande du Parlement ukrainien concernant l’octroi de l’autocéphalie à l’Église orthodoxe ukrainienne, selon l’évêque d’Irpensk Clément

KievLe Patriarcat de Constantinople ignorera la demande des députés du parlement ukrainien concernant l’octroi de l’autocéphalie à l’Église orthodoxe ukrainienne. C’est ce qu’a déclaré l’évêque d’Irpensk Clément, président du département synodal de l’information et de l’instruction de l’Église orthodoxe d’Ukraine. La veille, le site du président ukrainien avait publié une information sur la rencontre, le 28 juillet, du chef de l’État avec l’archevêque Job de Telmessos, représentant du Patriarcat de Constantinople. « Le président a particulièrement souligné le fait que le Patriarcat œcuménique a accepté pour examen l’appel du parlement pour l’octroi de l’autocéphalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine et a constitué une commission qui a déjà commencé l’étude de cette question. Ce faisant, le président a exprimé l’espoir que, tenant compte de la situation dans notre pays, cette commission ne retardera pas son travail », est-il dit dans le communiqué. « En quoi les députés sont-ils concernés par la résolution de problèmes canoniques ? Les députés sont là aujourd’hui, demain ils ne seront plus élus, et l’Église existe depuis mille ans dans la Russie historique. Pour cette raison, aucun patriarche, ni Bartholomée, ni aucun autre ne prêtera attention à quelques questions qui ne sont pas du ressort des députés », a commenté, au sujet du communiqué en question, l’évêque Clément. On est à Constantinople bien au courant de la situation de l’Église en Ukraine, et si le Phanar voulait répondre à l’appel des députés, il l’aurait fait depuis longtemps, selon le président du département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Aussi, la réponse du Patriarcat de Constantinople au sujet de la création d’une commission n’est qu’un comportement diplomatique poli, a conclu l’évêque Clément.

Source: Pravlife. Photographie: rencontre de Mgr Job de Telmessos avec le président Poroshenko (source: RISU)

Le patriarche Bartholomée est rentré au Phanar

bartholomeeLe patriarche œcuménique Bartholomée est rentré l’après-midi du mercredi à Constantinople par un vol de Turkish Airlines, après dix jours de repos en Slovénie et en France, où il a séjourné chez son frère, dans la zone frontalière de Genève. Le métropolite de Suisse Jérémie, avec l’évêque vicaire Macaire de Lampsaque, l’archevêque Job de Telmessos et les clercs du patriarcat œcuménique ont rencontré le patriarche Bartholomée. Différents commentaires dans les médias grecs ayant spéculé sur la concomitance des événements en Turquie avec l’absence du patriarche, l’agence grecque Romfea.gr précise que le voyage du patriarche était prévu depuis longtemps et que ses relations avec le président turc Erdoğan n’ont jamais été rompues.

Source: Romfea

Observations sur un article intitulé « Vers la réconciliation et le schisme au sein de l’Église orthodoxe »

logo_cathchDernièrement, Antoine Arjakovsky (1) a publié un article, en ligne sur le site d’information suisse Cath.ch, intitulé “Vers la réconciliation et le schisme au sein de l’Église orthodoxe”. A la suite de cette publication, Bernard Le Caro a adressé au site helvétique des observations que nous reproduisons ci-dessous.

Madame, Monsieur,

Vous avez publié sur votre site un article de M. Antoine Arjakovsky, intitulé « Vers la réconciliation et le schisme au sein de l’Église orthodoxe ». Sans se prononcer naturellement sur les opinions qui sont propres à l’auteur, force est de constater qu’un certain nombre de faits sont inexacts et donnent une image erronée des événements concernant le Concile des Églises orthodoxes présentes actuellement en Crète. Permettez-moi d’énumérer ci-dessous les affirmations de l’auteur, suivies de mes remarques :

1) « La situation actuelle montre un écart grandissant entre les Églises orthodoxes reconnaissant une primauté d’honneur au patriarcat de Constantinople et celles privilégiant le Patriarcat de Moscou »

Toutes les Églises orthodoxes, y compris le Patriarcat de Moscou, reconnaissent la primauté d’honneur du Patriarcat de Constantinople. Le litige porte sur la façon dont cette primauté doit être exercée. Donc, il n’y a pas de querelle de « leadership » en tant que tel. Le Patriarcat de Moscou ne revendique pas – comme cela a pu être le cas dans le passé – la primauté dans le monde orthodoxe, mais exige que les droits qu’il possède sur son territoire canonique ne soient empiétés par aucune autre Église autocéphale.

2) Plus fondamentalement encore, ce schisme résultera de la lutte entre les tenants d’un retour à la civilisation soviétique, “fondée sur les bases morales du christianisme” selon le patriarche Cyrille… »

On peut se demander pourquoi l’auteur de l’article se réfère à l’article d’un journaliste américain en poste à Moscou, plutôt que de citer le texte original. La phrase mentionnée ne se trouve pas dans l’interview du patriarche. Celui-ci a dit textuellement : « Malgré l’athéisme d’État, la société soviétique a pu garder les racines chrétiennes et éviter ces processus destructeurs qui se produisent actuellement en Europe et aux USA ». Le patriarche a dit encore que les autorités communistes de l’Union soviétique n’avaient pas osé « dynamiter le fondement moral de la vie de la société » qui, selon ses paroles, était « restée globalement chrétienne (…) Cela nous a sauvés : notre littérature, notre art figuratif, étaient pénétrés d’idées chrétiennes, et la morale du peuple est restée chrétienne ». Même si l’on peut considérer ces propos comme étant maladroits et optimistes, il n’est pas question ici du « fondement » du régime soviétique sur les bases morales du christianisme. Le patriarche considère que celles-ci avaient pu être conservées, ce qui n’est pas la même chose.

3) … ceci alors que toutes les 14 Eglises sans exception avaient accepté le communiqué de la conférence de Chambésy du 28 janvier 2016 annonçant la tenue du concile pour la fête orthodoxe de la Pentecôte le 19 juin 2016

Il est inexact de prétendre que toutes les Églises sans exception, avaient accepté le communiqué de Chambésy. On peut lire la remarque suivante sur le texte concerné, au-dessus de la signature du représentant du Patriarcat d’Antioche, le métropolite Isaac : « L’Église d’Antioche n’est pas d’accord avec le contenu du document. Nous refusons de le signer » (la photocopie du document original a été publiée sur le site Romfea).

4) Pour le diacre André Kouraiev, l’un des théologiens les plus réputés de l’Eglise russe, il ne fait pas de doute que cette décision [la revendication de la juridiction du Patriarcat de Constantinople sur l’Ukraine] a conduit le patriarcat de Moscou à revenir sur sa décision de janvier de participer au concile.

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une décision du Patriarcat de Constantinople ou de son primat, mais des propos du père John Chryssavghis, conseiller du patriarche de Constantinople. Depuis des années, le Patriarcat de Moscou se plaint des agissements officieux de Constantinople en Ukraine, donc il ne s’agit pas là d’un fait nouveau qui aurait conduit le Patriarcat de Moscou à revenir sur sa décision de participer au Concile. Qui plus est, la question de l’Église orthodoxe d’Ukraine ne figure pas à l’ordre du jour. Seuls sont prévus six thèmes, et l’article 8,2 du règlement conciliaire dispose : « ne peuvent être introduits pour être débattus dans le Concile des textes non approuvés à l’unanimité par les conférences panorthodoxes préconciliaires et les synaxes des primats ou de nouveaux thèmes ». Au demeurant, l’archevêque Job de Telmessos, porte-parole du Concile a confirmé, dès le premier jour de celui-ci: « La question ukrainienne n’est pas à l’ordre du jour ».

5) Citant les propos d’Alexandre Soldatov, M. Arjakovsky écrit que « la décision de l’Eglise bulgare le 1er juin de ne pas se rendre en Crète fait suite à la canonisation le 28 mai à Sofia, en association avec le patriarcat de Moscou, de Mgr Serafim Sobolev, un évêque anti-œcuménique et ultra-conservateur ».

Ladite canonisation, qui était préparée depuis longtemps, a été décidée le 2 décembre 2015 en raison des nombreux miracles qui s’étaient produits sur l’intercession de l’archevêque, et a eu lieu officiellement le 3 février 2016 (et non pas le 28 mai, comme l’affirme M. Arjakovsky) et ce  lors de l’Assemblée de l’Église orthodoxe russe. Donc ce n’était pas « pour les besoins de la cause ».

6) Pour finir, selon M. Arjakovsky, « la visite au Mont Athos fin mai du patriarche Cyrille avec Vladimir Poutine a eu exactement le même effet puisque, quelques jours plus tard, les moines de cette presqu’île, très influents en Grèce, ont rejeté vigoureusement les textes préconciliaires ».

Il convient tout d’abord de préciser que la lettre de la Sainte-Communauté du Mont Athos ne « rejette » pas les textes préconciliaires, mais propose un certain nombre d’amendements, ce qui n’est pas la même chose. Elle est en outre datée du 25 mai 2016 , tandis que le patriarche Cyrille est arrivé le 27 mai sur le Mont Athos, donc deux jours après l’envoi de la lettre. En conséquence la réaction des moines athonites n’a aucun rapport avec la visite du patriarche russe. Qui plus est, la date de la  réunion de la « Synaxe double », organe exécutif du Mont Athos, qui a rédigé la lettre susmentionnée, avait été arrêtée plusieurs semaines avant. Pour qui connaît tant soit peu le Mont Athos, avancer que le patriarche de Moscou dicterait ses desiderata aux moines athonites est méconnaître la réalité. Il ne faut pas oublier que sur vingt monastères, un seul est russe ! Insinuer également que le Patriarcat d’Antioche est plus ou moins aux ordres de Moscou ne repose sur aucun fait établi. En outre, l’Église d’Antioche avait prévenu plusieurs fois qu’elle ne viendrait pas au Concile si son différend avec le Patriarcat de Jérusalem sur la juridiction du Quatar n’était pas réglé au préalable. Comme indiqué plus haut, le Patriarcat d’Antioche avait refusé de signer, en janvier 2016, la convocation du Concile et n’a fait récemment que confirmer sa décision.

En conclusion, je dirais qu’il est regrettable qu’un historien fonde toute son argumentation, non sur des faits précis et vérifiés, mais sur des articles de deuxième main, émanant de personnes qui soutiennent une idéologie (Jim Kovpak, cf. son site) ou qui sont en délicatesse avec leur hiérarchie (le diacre André Kouraiev), et n’ont pas ipso facto de raison de donner une appréciation objective de la situation.

Espérant que cette mise au point vous permettra, ainsi qu’à vos lecteurs, de mieux comprendre les événements concernant le Concile de l’Église orthodoxe, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Bernard Le Caro

A Chambésy, début des travaux du secrétariat panorthodoxe du saint et grand concile de l’Église orthodoxe

Le 29 mars, le métropolite Jérémie de Suisse (Patriarcat de Constantinople) a présidé la première réunion des membres du secrétariat panorthodoxe du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe. La réunion avait lieu au Centre orthodoxe du Patriarcat de Constantinople à Chambésy.

Le secrétariat panorthodoxe a été constitué conformément à une décision de la synaxe des primats des Églises orthodoxes, réunis du 21 au 28 janvier de l’année en cours à Chambésy. Chaque Église autocéphale reconnue par l’ensemble du monde orthodoxe y est représentée par un délégué. Suivant le décret constitutif de la Synaxe des Primats, le Secrétariat est chargé de :

  1. La publication des documents à l’ordre du jour du Concile adoptés à l’unanimité par les conférences préconciliaires panorthodoxes et la synaxe des primats sur une page internet spécialement créée à cet effet ;
  2. L’information des médias sur le travail et les objectifs du Concile, avec le concours de conseillers spéciaux ;
  3. L’attribution de l’accréditation nécessaire aux journalistes et correspondants s’intéressant aux travaux du Concile, suivant la recommandation des Églises orthodoxes, et
  4. Les autres questions concernant le secrétariat du Concile.

Avec la bénédiction de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, l’Église orthodoxe russe est représentée au secrétariat panorthodoxe par l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du département des relations ecclésiastiques extérieures. Le prêtre Anatole Tchouriakov l’accompagne en tant qu’interprète.

Participent aux travaux du secrétariat panorthodoxe : l’archevêque Job de Telmessos (Patriarcat de Constantinople), le métropolite Alexandre du Nigéria (Patriarcat d’Alexandrie), le métropolite Silouane de Buenos-Aires (Patriarcat d’Antioche), le professeur Théodore Yiangou (Patriarcat de Jérusalem), le métropolite André de Gorij et d’Aten (Patriarcat de Géorgie), l’évêque Irénée de Bačka (Patriarcat de Serbie), le métropolite Niphon de Târgovişte (Patriarcat de Roumanie), le métropolite Jean de Varna (Patriarcat de Bulgarie), le métropolite Basile de Constantia (Eglise orthodoxe de Chypre), le métropolite Chrysostome de Messine (Église orthodoxe de Grèce), le métropolite Jean de Korça (Église orthodoxe albanaise), l’évêque Georges de Siemiatycze (Église orthodoxe polonaise), l’archevêque Michel de Prague (Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie).

Source et photographie

Le Dimanche de l’orthodoxie à Chambésy

unspecifiedLe Dimanche de l’orthodoxie a été fêté par une concélébration interorthodoxe en l’église Saint-Paul du Centre du Patriarcat œcuménique à Chambésy (Genève) avec la participation d’un grand nombre de fidèles. La liturgie a été présidée par le métropolite Jérémie de Suisse, directeur du Centre, entouré  de l’archevêque Job de Telmessos, représentant du Patriarcat auprès du Conseil œcuménique des Églises, de l’évêque Makarios de Lampsaque, vicaire de la métropole de Suisse, et de plusieurs prêtres relevant des patriarcats de Constantinople, de Moscou et de Roumanie. Plusieurs chorales ont également participé à cette cérémonie, qui ont chanté en grec, en français, en slavon et en roumain. Au cours de la célébration, l’archevêque Job a donné lecture en français de l’encyclique patriarcale et synodale du patriarche Bartholomée et du Saint-Synode de Constantinople relative à la convocation du Concile panorthodoxe qui aura lieu en Crête du 16 au 27 juin prochain.

Mgr Jean de Charioupolis nommé locum tenens de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

article_23913Dans un communiqué, suite à sa réunion des 27 et 28 novembre, le Saint-Synode du Patriarcat oecuménique annonce “confier les tâches de représentant du Patriarcat oecuménique auprès du Conseil oecuménique des Églises à Son Éminence l’archevêque Job de Telmessos, professeur à l’Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe auprès du Centre orthodoxe du Patriarcat oecuménique à Chambésy-Genève”, mais aussi, confie “les tâches de locum tenens de l’Exarchat patriarcal des paroisses de tradition russe en Europe Occidentale, devenu vacant, à Son Excellence l’évêque Jean de Charioupolis.”

Source (dont illustration): Amen

Ajouts (30 novembre): communiqué de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale; message pastoral de l’archevêque Job de Telmessos.

Tensions et malaise au sein de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

20bbd7577b3b81360b329630116bb4a9_fullLe quotidien La Croix a publié le 12 novembre dernier un article intitulé « L’archevêché russe-orthodoxe en Europe occidentale a tenu une assemblée pastorale tendue » sur les tensions et le malaise qui affectent ce diocèse (réponse de Mgr Job de Telmessos à cet article). C’est le deuxième article du quotidien français en quelques mois sur cette question (le premier). Le 11 novembre s’est en effet tenue une assemblée pastorale rassemblant les clercs de l’Archevêché autour de l’archevêque Job de Telmessos. Précédemment, le 11 octobre, à l’occasion du congrès annuel de l’Acer-Mjo, une association ancienne et importante par son rôle, près de 120 personnes sont allées présenter leurs doléances à Mgr l’archevêque Job (compte rendu, dont la photographie ci-contre, photographies, une vidéo). Le compte rendu diffusé par l’Acer-Mjo indique : « Par leur présence à la divine liturgie à la cathédrale, par le caractère ecclésial de leur action, les membres de l’Acer-Mjo ont voulu montrer l’impasse d’une approche cléricaliste de l’Église, contraire aussi bien à l’esprit de l’Évangile qu’à la tradition de l’Église. » Le 8 octobre 2015, le conseil de l’Acer-Mjo avait adressé un courrier à Mgr Job – en réponse à une lettre de Mgr Job du 1er octobre – pour exprimer l’« incompréhension et indignation » face à la décision de suspendre a divinis le père Christophe D’Aloisio. Le père Christophe D’Aloisio, prêtre recteur d’une paroisse à Bruxelles, inspecteur pour l’enseignement de la religion orthodoxe pour la communauté française de Belgique, docteur en théologie, fut durant plusieurs années président de Syndesmos, fédération mondiale de la jeunesse orthodoxe (qui a publié un communiqué sur ce sujet). Une synthèse de l’affaire est proposée ici. Par ailleurs, plusieurs lettres et messages, notamment de prêtres, font état de difficultés sérieuses. Ainsi, dans le cadre de l’assemblée pastorale du 11 novembre, deux prêtres ont adressé des messages par e-mail pour expliquer les raisons de leur absence: le père Peter Sonntag et le père Lambert van Dinteren. Ils font suite à d’autres courriers comme celui du père Vladislav Trembovelski, du hiéromoine Ambroise (Nicoviotis) ou la lettre de Monique Clément, veuve d’Olivier Clément, au patriarche œcuménique Bartholomée. L’éditorial de juillet 2015 du président de l’association Oltr (Mouvement pour une orthodoxie locale de tradition russe en Europe occidentale) aborde aussi cette situation en signalant d’emblée une “réelle souffrance” (question aussi abordée dans l’éditorial d’avril 2015).

A cela s’ajoute le différend qui perdure avec l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris dont témoigne la déclaration de l’Institut du 16 juin 2015 en réponse à des déclarations de l’archevêque Job (19 juin 2014, 8 février 2015) et à la constitution d’un comité ad hoc concernant l’Institut Saint-Serge (première réunion, deuxième, troisième). Sur ce même dossier, Mgr Job a publié le 30 juin 2015 un nouveau message.

Pour sa part, l’archevêque Job de Telmessos a publié différents textes sur cette situation ou qui la mentionne : discours lors de la réunion des doyens du 25 septembre 2015, lettre de juillet 2015 aux membres laïcs du conseil de l’Archevêché, communiqué du 3 juillet 2015, discours aux doyens et clercs du 22 avril 2015, lettre pastorale du 14 février 2015, lue lors de la liturgie dominicale dans toutes les paroisses de l’Archevêché, autre message de février 2015. Le 11 novembre 2015, lors de l’assemblée pastorale, Mgr Job a examiné le rôle de l’évêque et des clercs dans son intervention sur « L’organisation canonique de l’Église orthodoxe ». Dans celle-ci, il rappelle notamment en introduction que « La hiérarchie ecclésiastique est donc divisée depuis l’époque apostolique en trois degrés qui sont devenus les trois degrés du sacerdoce attestés par saint Polycarpe de Smyrne et saint Ignace d’Antioche dans la première moitié du IIe siècle : les évêques, les prêtres et les diacres. L’évêque est le chef de l’Église locale, la tête du corps ecclésial qui lui a été confié, et il délègue une partie de sa mission et de son autorité aux prêtres qui agissent en son nom. Quant aux diacres, ils sont les assistants de l’évêque ou des prêtres. »

Attentats du 13 novembre à Paris: d’autres réactions orthodoxes

Le-slogan-Pray-for-Paris-apres-les-attentats-commis-a-Paris-le-13-novembre-2015_exact1024x768_pLes réactions orthodoxes après les attentats du 13 novembre à Paris, en plus de celle du métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France:

– L’archevêque Job de Telmessos a adressé un message dans lequel il annonce : “Je bénis que dans les paroisses de notre Exarchat soit célébré ce dimanche un office d’intercession “pour la nation en péril” et de chanter “mémoire éternelle” aux victimes”.

– Mgr Nestor de Chersonèse a envoyé un message de condoléances au président de la République française.

– Le patriarche Cyrille de Moscou a exprimé ses condoléances au président François Hollande et à tout le peuple français (en français sur cette page).

– Le patriarche Daniel de Roumanie a diffusé un message de compassion et de solidarité avec le peuple français (en français).

– Le patriarche Irénée de Serbie a adressé un message de condoléances au président de la République française et un autre à l’ambassadrice de la France en Serbie.

– Dans une lettre à l’ambassadeur de France en Grèce, l’archevêque Jérôme d’Athènes a souligné: “Nous sommes choqués par cet acte inhumain du terrorisme qui constitue un revers pour la civilisation humaine”.

– Sur le site du Séminaire orthodoxe russe en France, cette note: “Pour la paix, unis dans la douleur avec le peuple français“.

– L’archimandrite Sava Janjic du monastère de Dečani au Kosovo a posté sur son compte Twitter plusieurs messages de condoléances et de solidarité avec le peuple français.

Mise à jour:

– L’archevêque Demetrios (Archidiocèse grec orthodoxe d’Amérique), durant une visite pastorale à Dallas, a exprimé sa profonde tristesse et sa condamnation de l’attaque terroriste barbare qui s’est déroulée à Paris.

– Le métropolite Tikhon, primat de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA), a rendu hommage aux victimes du terrorisme en déposant des fleurs devant l’ambassade de France aux États-Unis (photographie ci-dessous, source). Il a ensuite, dans un discours en anglais et en français, présenté ses condoléances au peuple de France, aux citoyens de Paris et au président français.

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Nouvel ajout (16 novembre):

– Évoquant les attentats du 13 novembre à Paris, le patriarche de Géorgie Elie II à déclaré que le terrorisme n’a rien à voir avec la religion, en l’occurrence l’islam.

– En Bulgarie, des prières ont été dites dans les églises orthodoxes pour les victimes des attentats dans la capitale française.

– Aux États-Unis, l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques “a offert des prières” pour le peuple de France.

Un compte rendu de la synaxe des hiérarques du Patriarcat oecuménique

11984421_10206598917478852_1946156944_oLes métropolites Emmanuel de France et Athénagoras de Belgique, l’archevêque Job de Telmessos et l’évêque Jean de Charioupolis ont participé à la synaxe des hiérarques du Patriarcat œcuménique du 29 août au 2 septembre à Istanbul. Un compte rendu en français est proposé sur cette page.

Photographie: Fanarion

Rencontre entre le Patriarcat œcuménique et la Communion anglicane

Le 9 juin, une rencontre informelle a eu lieu entre une délégation du Patriarcat œcuménique et une délégation de la Communion anglicane à l’Abbaye de Westminster à Londres. La délégation du Patriarcat œcuménique était composée des métropolites Grégoire de Thyateira et de Grande Bretagne, Athénagoras de Belgique, Kallistos de Diokleia et de l’archevêque Job de Telmessos. La délégation anglicane était composée de l’archevêque de Perth (Australie), Roger Heft, de l’évêque de Lambeth, Nigel Stock, des chanoines Alyson Barnett-Cowan, Leslie Nathaniel, John Gibaut et du révérend Neil Vigers. Parmi les thèmes abordés, ont été discutés la prochaine visite officielle du patriarche œcuménique Bartholomée à l’archevêque de Canterbury au palais Lambeth à Londres les 2-4 novembre prochain, la préparation du concile de l’Église orthodoxe, la situation de l’Église de Constantinople, la situation de la Communion anglicane, les résultats du dialogue officiel entre l’Eglise orthodoxe et la Communion anglicane ainsi que l’état des lieux des différents dialogues théologiques bilatéraux auxquels participent ces deux Églises.
En marge de cette rencontre, le métropolite Athénagoras de Belgique et l’archevêque Job de Telmessos, accompagnés de l’archiprêtre Alexandre Fostiropoulos, ont visité le siège de l’archevêché de Thyateira et de Grande Bretagne et ont rencontré l’évêque Chrysostome de Kyanea, évêque auxiliaire de cet archevêché, à l’église grecque orthodoxe Saint-André à Londres.

Source et photographie. Album de photographies.

Profanation et vol à l’église Saint-Nicolas de Cormeilles-en-Parisis (Ile-de-France)

eglise-st-nicolas-cormeillesL’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale a diffusé sur son site l’information suivante : “C’est avec stupeur qu’a été découvert le lundi 1er juin la profanation et le vol d’objets liturgiques et d’icônes à l’église Saint-Nicolas auprès de la maison de retraite du Zemgor à Cormeilles-en-Parisis. Trois policiers sont venus constater l’état des lieux et une équipe de police scientifique viendra prendre les empreintes. La maison de retraite porte plainte.
Suite à cette profanation et à ces vols, Son Éminence l’archevêque Job de Telmessos demande aux recteurs et aux responsables de toutes les églises et chapelles de l’Archevêché de veiller à la sécurité des locaux et à prendre toutes les mesures nécessaires concernant l’assurance des biens mobiliers et des objets de culte ainsi que des icônes de ces églises. Il serait bon que chaque paroisse et chapelle constitue un catalogue photographique et descriptif de ces biens afin de faciliter l’assurance de ces derniers.”

Photographie: source

Le compte rendu du XVe Congrès orthodoxe en Europe occidentale (Bordeaux, 30 avril-3 mai)

Affiche_Frat_2015Ci-dessous: le compte rendu du XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale, organisé par la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est déroulé à Bordeaux du 30 avril au 3 mai (programme, reportage de FR3, vidéos, photographies).

Un événement panorthodoxe : le XVe Congrès orthodoxe
en Europe occidentale
(Bordeaux, 30 avril – 3 mai 2015)

Du 30 avril au 3 mai 2015 s’est tenu à Bordeaux, sous l’égide de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), le XVe Congrès orthodoxe en Europe occidentale. Cette quinzième édition, depuis le premier congrès de 1971, a rassemblé près de 600 participants de divers diocèses orthodoxes, venus des pays d’Europe occidentale et au-delà, pour un partage commun sur le thème de la condition des chrétiens « pleinement dans le monde, mais pas de ce monde ». Quatre conférences plénières, trois tables rondes et une quarantaine d’ateliers ont permis d’approfondir la question, ainsi que des temps de prière et une soirée d’hommage consacrée à la mémoire du père Cyrille Argenti.
Le congrès a débuté le vendredi 1er mai par la divine liturgie qui a d’emblée donné le ton de l’événement : un rassemblement de fidèles très divers puisant son unité à la table eucharistique. Nicolas Behr, au nom de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, qui était organisatrice de l’événement, a ensuite souhaité la bienvenue à l’ensemble des participants. Des messages de soutien envoyés par plusieurs évêques retenus ailleurs ont été lus à cette occasion : le métropolite de France, Mgr Emmanuel, président de l’AEOF, soulignait notamment que le chrétien est appelé à devenir médiateur entre le visible et l’invisible ; le métropolite de Belgique Mgr Athénagoras, dans un message long et chaleureux adressé aux congressistes, rappelait pour sa part qu’il avait participé à tous les congrès orthodoxes précédents, « lieux d’expériences fabuleuses et combien enrichissantes » et que sa personnalité avait été « forgée » par les « grands personnages » qu’on y entendait ; quant à l’archevêque Job (Exarchat des paroisses de tradition russe), il a mis l’accent sur la dimension panorthodoxe d’un tel rassemblement, appelant les participants à être des « éléments constructifs » dans l’Église.
Le premier conférencier, le père Jean Gueit, recteur de la paroisse Saint-Hermogène (Marseille), professeur émérite de droit (Université d’Aix-en-Provence) et aumônier de la Fraternité orthodoxe, a axé sa réflexion sur l’adage patristique « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Il a introduit la problématique du congrès en montrant que le mode de fonctionnement de l’humanité est marqué par des polarités conflictuelles de plus en plus violentes et mortifères. Seule l’élaboration du droit et l’organisation d’un pouvoir politique rendent possible la vie en société. Mais Dieu dépasse cette conflictualité en nous réconciliant avec nous-mêmes et avec le cosmos. Pour conclure, le père Jean a insisté sur la force libératrice de l’Esprit Saint face à toute forme d’autoritarisme : l’Eglise n’est pas un carcan mais le corps du Christ ressuscité.
Dans l’après-midi, la deuxième session plénière fut l’occasion d’accueillir à la tribune le professeur Assaad Kattan (Université de Münster), théologien laïc du Patriarcat d’Antioche, spécialiste de l’interprétation des Pères de l’Église et du dialogue entre christianisme et islam. Dans son allocution intitulée « Pour une théologie orthodoxe contre la démission », Assaad Kattan a appelé à un renouveau créatif de la théologie qui permette d’établir des ponts entre la réalité actuelle post-moderne et le vécu ecclésial. Le théologien a souligné trois aspects : la nécessité de revenir à une interprétation dynamique de la tradition ecclésiale, permettant d’en dégager le message essentiel sous ses formes transitoires, l’importance d’avoir une approche théologique qui valorise la raison, enfin l’urgence de développer de nouveaux modes de lecture des textes au fondement de la tradition.
Une série d’ateliers a ensuite permis aux participants de réfléchir sur des questions aussi diverses que le rapport entre psychothérapie et paternité spirituelle, la transmission de la foi en famille, la vie du chrétien en entreprise, le dialogue entre islam et christianisme, etc. En soirée, un hommage au père Cyrille Argenti devait rappeler, au fil des témoignages, combien cet artisan de la Fraternité orthodoxe, ardent promoteur d’une orthodoxie francophone et du dialogue œcuménique, fut avant tout un grand et authentique pasteur, s’efforçant de conduire vers le Christ les nombreuses personnes qui sollicitaient son aide.
Après l’office des matines, la deuxième journée du congrès (samedi 2 mai) s’est ouverte sur la troisième session plénière la conférence de Mgr Stéphane, primat de l’Église orthodoxe d’Estonie (autonome au sein du Patriarcat œcuménique de Constantinople). Celui-ci, dans une riche méditation, s’est demandé comment les chrétiens, en particulier orthodoxes, peuvent trouver des repères entre un Occident en pleine décroyance et le fanatisme montant au Proche-Orient et en Afrique. Il a montré que de cette tension peuvent naître les conditions d’une nouvelle rencontre authentique du monde avec l’Évangile. Mais, a-t-il souligné, « seule une pastorale de communion peut émouvoir la société sécularisée » en faisant redécouvrir à l’homme une réalité secrète qui ne peut que se contempler et en rappelant à la société son sens de l’amour.
Une seconde série d’ateliers a suivi cette conférence plénière. Puis, en début d’après-midi, s’est tenu un temps de prière œcuménique à l’intention des chrétiens d’Orient persécutés. Ce moment d’une grande ferveur a rassemblé, outre les participants au congrès, divers représentants religieux, notamment Mgr Laurent Dognin, l’évêque auxiliaire catholique de Bordeaux, tous unis dans une même prière pour les martyrs de notre temps.
Trois tables rondes simultanées se sont ensuite déroulées : la première, intitulée « Que peut-on attendre du futur concile panorthodoxe ? », et animée par Michel Stavrou (Institut Saint-Serge), avait pour intervenants le père Dimitrios Bathrellos (Athènes), Pierre Sollogoub (Fraternité orthodoxe en Europe occidentale) et le père Alexis Struve (Nantes, Kiev). Elle a permis de faire le point sur la préparation du concile panorthodoxe à venir et sur les attentes qu’il suscite. Les intervenants ont souligné le peu d’informations diffusées auprès du peuple de Dieu et la prise de conscience encore faible de l’importance de cet événement en gestation. La deuxième table ronde,  consacrée à « la psychologie contemporaine et les Pères de l’Église » et menée en anglais par le diacre Michael Bakker (Pays-Bas), avait pour intervenants Christine Artiga, psychothérapeute (Bordeaux), Silouane Deutekom (Orthodox Peace Fellowship) et Matthieu Sollogoub, professeur de chimie moléculaire (Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris VI). Intitulée « Questions actuelles d’éthique », la troisième table ronde, sous la houlette du père Christophe D’Aloisio (Institut Saint-Jean-le-Théologien, Bruxelles) et avec la participation de l’évêque Jean de Charioupolis (Genève, Paris), du docteur Denys Clément (Paris) et de la psychologue Nathalie Victoroff (Paris), a abordé quelques questions éthiques telles que l’interruption médicale de grossesse, la fin de vie, la sexualité… Cette table ronde fut l’occasion de rappeler qu’il convient de ne pas sacraliser la vie au détriment de la personne et qu’un travail de formation des pasteurs comme des fidèles est indispensable pour que l’Église puisse relever les défis éthiques posés par le monde contemporain. Des vigiles festives, chantées en anglais, français, roumain, arabe, grec, ont clôturé cette seconde journée.
Le dimanche 3 mai, 3e jour du congrès, la divine liturgie a été présidée par le métropolite Stéphane d’Estonie auquel se sont joints Mgr Marc (Métropole roumaine) – qui a prononcé une belle homélie sur la guérison du paralytique – et Mgr Jean de Charioupolis (Patriarcat œcuménique). À l’issue de cette célébration de tonalité pentecostale, Mgr Stéphane a qualifié ce moment de sommet du congrès et a laissé voir son émotion devant cette assemblée orthodoxe occidentale à laquelle il s’est dit lié par de profondes attaches spirituelles, faisant siennes ses joies et ses peines.
La dernière conférence plénière, prononcée par le théologien laïc grec Thanasis Papathanassiou, ayant pour thème « Quand l’idolâtrie séduit et mène à une Église sans mission », fut un appel à se mettre à l’écoute de l’Esprit Saint pour faire de la vie chrétienne bien plus qu’une simple observance de rites. Le théologien a souligné le danger de croire qu’on peut posséder le Dieu vivant dans l’Église, transformant ainsi la foi en idolâtrie et faisant des prêtres une caste chargée d’administrer seule l’Église. Il importe de toujours se souvenir que la lex credendi (règle de foi) et la lex orandi (règle de prière) sont ancrées dans la lex sequendi : appel à « suivre le Christ nu » (saint Colomban). Car l’homme est appelé à être image de Dieu et non idole, ce ne sont pas les autels de pierre qui importent mais les autels vivants.

Ces trois journées de réflexion, de dialogue, de prière, d’échanges informels – notamment avec le métropolite Stéphane d’Estonie, Mgr Jean de Charioupolis (Patriarcat œcuménique), Mgr Marc (Patriarcat de Roumanie, Bordeaux) et Mgr Nestor (Patriarcat de Moscou, Paris) – ont offert des moments de fraternité intense, qui ont permis de partager une véritable communion ecclésiale, respectueuse de la riche diversité des personnes, de leurs multiples ancrages juridictionnels et points de vue, tout en leur donnant de vivre pleinement leur unité en Christ. La joie de la Résurrection n’a cessé d’être proclamée, chantée et vécue durant ce congrès, sans perdre de vue la réalité de la situation des chrétiens au cœur du monde, invitant chacun à répandre à sa manière cette joie, une fois rentré dans son cadre de vie quotidien. Les Actes de ce congrès (textes de conférences et rapports d’ateliers et de tables rondes) seront publiés prochainement dans la revue orthodoxe Contacts (www.revue-contacts.com). Les non-abonnés peuvent commander à l’avance ce volume en envoyant un chèque de 13 € à : Revue Contacts, 61 allée du Bois du Vincin 56000 Vannes.

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Jovan Nikoloski