16/01/2017
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Dans une interview à l’hebdomadaire belgradois « Pečat », l’évêque de Bačka Irénée (Église  orthodoxe serbe) donne son point de vue sur le Concile de Crète

Dans une interview à l’hebdomadaire belgradois « Pečat », l’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) donne son point de vue sur le Concile de Crète

Dans le N°452 du 30 décembre 2016 de l’hebdomadaire belgradois « Pečat », l’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) a donné son point de vue sur un certain nombre de problèmes de l’orthodoxie, dont le Concile de Crète, que nous reproduisons ci-après :
Question : Le Concile panorthodoxe en Crète, non pas seulement à cause de l’absence de représentants de certaines Églises, et parmi elles l’Église russe, a suscité de nombreux doutes, et aussi des débats théologiques. Qu’est-ce qui a décidé l’Église orthodoxe serbe, qui avait d’abord déclaré qu’elle ne participerait pas, à être présente à ce concile ? Est-ce que quelque chose a été obtenu, ou s’est avéré utile par la venue en Crète (des évêques serbes) ?
Réponse : L’assemblée de Crète, en raison de son potentiel d’une extrême importance et de sa signification pour notre époque, devait être convoqué en tant que Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Vous l’avez qualifiée de réunion panorthodoxe, ce que malheureusement, elle n’était pas. Comme cela est connu, quatre Églises étaient absentes, quatre Patriarcats : Antioche, Russie, Géorgie et Bulgarie. Même s’il l’on fait abstraction des raison intrinsèques de leur absence, nous devons conclure que sans les expériences particulières, par exemple, de l’ancienne Église d’Antioche dans laquelle est né le mot « chrétien », ou de l’Église russe qui a environ trois cents diocèses, c’est malgré tout la plus petite partie de « l’œcuméné » orthodoxe qui était représentée. Le Patriarcat de Moscou a sept universités orthodoxes, cinq académies ecclésiastiques, cinquante-deux séminaires, trente-sept écoles ecclésiastiques, plus de huit cents monastères, dont l’expérience spirituelle et les connaissances ont manqué à l’assemblée de Crète. Ne laissons pas de côté l’Église bulgare avec laquelle nous partageons une expérience historique semblable, et notamment le Patriarcat de Géorgie dont le patrimoine chrétien remonte à l’époque apostolique. Les évêques serbes, en général, se sont appliqués à ce que les positions qui expriment l’Orthodoxie universelle soient présentées lors des discussions. Je suis certain, sans prétention aucune, qu’ils avaient en vue également les Églises absentes. Ma contribution personnelle, dans la mesure où elle avait lieu, était définie dans le cadre des décisions précédentes de l’Assemblée des évêques et du Saint-Synode [de l’Église orthodoxe serbe, ndt], essentiellement dans l’obéissance à l’Église et à notre patriarche. Il convient de mentionner que, malgré tout, dans la majorité des documents adoptés en été en Crète, l’ethos orthodoxe est confirmé fortement. Dans les documents qui concernent le mariage et les problèmes bioéthiques, sont confirmés les vérités anthropologiques et les enseignements fondamentaux de l’Église, par lesquels l’existence humaine est gardée et préservée. Ces vérités seront gardées par l’Église à l’avenir également comme les valeurs les plus sacrées. En ce qui concerne les autres questions, un consensus n’a pas été atteint, pas même dans une assemblée si réduite. Si nous regardons les choses de façon réaliste, la réunion de Crète était néanmoins beaucoup plus qu’une habituelle conférence inter-orthodoxe, comme certains critiques l’affirment, mais elle était aussi, malheureusement, bien moins qu’un Saint et Grand Concile panorthodoxe.

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Jovan Nikoloski