13 décembre
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13 décembre

Carême de la Nativité

Saints Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, martyrs en Arménie (302) ; sainte Lucie, martyre à Syracuse (304) ; saint Ursicin, évêque de Cahors (585) ; saint Aubert (ou Albert), évêque de Cambrai et d’Arras (vers 668) ; saint Josse, prêtre à Saint-Omer (669) ; sainte Odile, abbesse en Alsace (vers 720) ;  saint Arcadius de Novy Torg (XIème s.) ; saint Mardaire, reclus des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint hiéromartyr Gabriel, patriarche de Serbie (1659) ; saint Dosithée, métropolite de Moldavie (1693) ; saints nouveaux martyrs de Russie Alexandre Iouzefovitch, prêtre, et martyr Jean Menkov (1920) ; Vladimir Lozina-Lozinsk, Alexandre Pospelov, Jacques Goussev, Alexis Rojdestvenky, Grégoire Faddeev, prêtres (1937) ; Nicolas Amassiysky, prêtre (1938(, Emilien Kireev, Basile Pokrovsky, prêtres (1941)

SAINTS AUXENCE, EUSTRATE, EUGÈNE, MARDAIRE ET ORESTE

Saint Auxence - Orthodoxie.comÀ l’époque de l’implacable persécution lancée par l’empereur Dioclétien (vers 305), la terreur régnait et le sang coulait à flots, jusque dans les régions les plus extrêmes de l’Empire. Où qu’ils se trouvassent, les chrétiens de toutes conditions devaient alors choisir entre l’apostasie ou le martyre. Dans la ville de Satala, en Arménie, vivait alors un brillant aristocrate, Eustrate, conseiller de rang ducal et chef des notaires impériaux de la cité, qui jusque-là avait pu garder secrète son appartenance à l’Église. Devant les glorieux combats des confesseurs de la foi, il fut saisi lui aussi du désir d’obtenir la couronne inflétrissable des martyrs ; mais il craignait encore la perspective des supplices : peut-être n’aurait-il pas le courage de les endurer et reculerait-il ? Pour savoir si la volonté de Dieu était bien qu’il s’avançât au combat, il confia sa ceinture, signe de sa dignité, à l’un de ses serviteurs, en lui recommandant d’aller la poser sur l’autel de l’église et de lui dire si la première personne qui allait entrer dans la sanctuaire pour la prendre serait bien le vénérable prêtre Auxence. Comme il en fut ainsi, encouragé par ce signe et ne craignant plus ceux qui ne peuvent tuer que le corps (Mt 10, 28), il invita ses amis et ses proches à venir partager sa joie dans un grand banquet, au cours duquel il leur annonça qu’il allait bientôt recevoir un trésor inaltérable.

Le lendemain, comme le duc Lysias faisait comparaître les prisonniers chrétiens à son tribunal, au centre de la ville, Eustrate s’avança soudain, se déclara chrétien et demanda à être associé à leur sort D’abord stupéfait, le magistrat le fit dépouiller des signes de sa charge et le fit fustiger à nu, avant de le soumettre à l’interrogatoire. Puis, suspendu en l’air par des cordes au-dessus d’un brasier, il fut à nouveau sauvagement frappé. Tout en restant aussi indifférent à la douleur que si c’était le corps d’un autre qui était supplicié, il s’adressa à Lysias, en le remerciant de lui procurer une telle joie et dit : « Maintenant je sais que je suis le temple de Dieu et que le Saint-Esprit habite en moi ! » Et malgré le sel et le vinaigre répandus sur ses plaies, il se trouva miraculeusement guéri le soir même. Devant la constance du martyr et l’assistance qui lui était accordée par la grâce divine, un de ses concitoyens et subordonnés, l’officier Eugène, s’élança à son tour vers le juge, et demanda à combattre avec Eustrate et les autres confesseurs.

Au petit matin, on fit sortir les prisonniers de leur cachot pour les emmener à pied vers Nicopolis et, avec une cruelle ironie, Lysias tint à honorer le rang d’Eustrate en le chaussant de sandales couvertes de gros clous pointus. Après deux jours de marche épuisante, comme le cortège passait dans la ville natale de saint Eustrate, Arauraka, un certain Mardaire le reconnut en se penchant à la fenêtre. Admiratif devant son renoncement à toute gloire et plaisir de ce monde, et encouragé au combat par sa propre épouse, il se décida à se livrer lui aussi aux soldats et rejoignit avec empressement les glorieux disciples du Christ, après avoir dit adieu à ses deux enfants et avoir confié le soin de sa famille à un généreux ami.

Le prêtre Auxence comparut le premier devant Lysias. À la suite d’une audience expéditive, on l’emmena dans une forêt profonde et retirée, où il eut la tête tranchée, et son corps fut abandonné en pâture aux bêtes sauvages. Mais, grâce à Dieu, de pieux chrétiens vinrent un peu plus tard récupérer ses précieux restes et découvrirent sa tête dissimulée dans un fourré, grâce à l’intervention d’une corneille.

Après Auxence, le juge convoqua Mardaire ; mais, à toutes ses questions, il ne put obtenir que la réponse laconique : « Je suis chrétien ! » Il lui fit alors percer les chevilles et le fit pendre la tête en bas, en donnant l’ordre à ses hommes de le frapper jusqu’à la mort au moyen de broches en métal brûlant. Un peu avant de rendre l’âme, Mardaire prononça cette prière que l’Église Orthodoxe répète quotidiennement :

« Maître Dieu, Père Tout-Puissant, Seigneur Jésus-Christ, Fils unique et Saint-Esprit, Une seule Divinité, Une seule Puissance, aie pitié de moi pécheur ; et par les jugements que tu connais, sauve-moi, ton indigne serviteur, car tu es béni pour les siècles des siècles Amen » .

Amené à son tour devant le tyran qui était plein de haine furieuse, à cause de son assurance et de son ton résolu, Eugène eut la langue et les mains coupées, puis, le reste de ses membres ayant été brisé à coups de bâton, il remit son âme à Dieu au milieu des tourments. Ces exécutions achevées, Lysias se rendit auprès de ses troupes pour assister à leurs exercices d’entraînement. Oreste, une jeune recrue, solide et de belle allure, qu’il avait remarqué pour sa prestance, laissa apparaître, en lançant le javelot, la petite croix en or, qu’il portait à son cou. Interrogé par le duc, le jeune homme confessa sans hésiter qu’il était lui aussi disciple du Christ. Il fut arrêté sur-le-champ et envoyé avec Eustrate auprès du gouverneur de Sébaste, Agricolaos, car Lysias craignait la réaction possible des trop nombreux chrétiens de Nicopolis.

Parvenus à Sébaste après cinq jours de marche, Eustrate fut présenté devant le gouverneur qui désirait entamer avec lui la discussion. Grâce à sa vaste érudition, le noble serviteur de Dieu n’eut pas de mal à lui démontrer l’ineptie des cultes païens et la vanité de la philosophie hellénique. Puis, dans un langage concis et plein d’autorité, il lui retraça comment Dieu s’est penché avec bienveillance sur les hommes depuis l’origine des temps, afin de les combler de sa grâce en la Personne de Jésus-Christ. Réfractaire à tous ces arguments, Agricolaos lui rappela qu’il devait soumission absolue aux ordres de l’empereur et que, refusant d’adorer les dieux de l’État, il méritait la mort. Il ne fit pourtant pas mettre immédiatement la sentence à exécution ; mais, pour rendre sa fin plus pénible, il fit alors amener Oreste et ordonna de l’étendre sur un lit de fer incandescent. D’abord hésitant devant l’horreur du supplice, mais bientôt encouragé au combat par Eustrate, le jeune homme s’élança avec fougue, en s’écriant : « Seigneur, je remets mon âme entre tes mains ! »

De retour dans son cachot pour sa dernière nuit en ce monde, Eustrate reçut la visite clandestine de l’évêque de Sébaste, saint Blaise [11 fév.], qui lui promit d’exécuter ses dernières volontés et de rassembler les reliques des cinq compagnons à Arauraka. Après une nuit passée en prière et en de célestes entretiens, l’évêque célébra la Divine Liturgie. Au moment de la communion, une lumière aveuglante envahit soudain la cellule, et une voix venue du ciel s’adressa à Eustrate, en disant : « Tu as bien combattu, viens maintenant recevoir la couronne ! » Prosterné à terre, le saint adressa à son tour à Dieu une ardente prière pour recevoir le courage nécessaire dans la dernière épreuve . Puis il se releva, marcha résolument vers la fournaise déjà brûlante, la bénit de la main et y pénétra, en élevant vers le Seigneur un cantique d’action de grâces, comme les trois enfants à Babylone (cf. Dn 3).

Pendant de nombreux siècles, et jusqu’à nos jours, les Cinq glorieux Martyrs n’ont pas cessé d’accomplir des miracles pour la consolation des chrétiens, par l’intermédiaire de leurs reliques, de leurs icônes, ou même par leur présence corporelle. On rapporte, par exemple, que dans l’île de Chio, lors d’un hiver très rigoureux, personne d’autre qu’un pieux prêtre n’avait pu se rendre pour leur fête dans la petite église isolée dédiée aux Cinq Martyrs. Décidé néanmoins à célébrer seul l’office, ce prêtre vit brusquement apparaître cinq personnages en tout identiques à l’icône des saints. Ils prirent place dans les chœurs, et chantèrent d’une voix claire tous les hymnes de la fête. Parvenus au moment de la lecture des Actes de leur martyre, le jeune Oreste installa le livre sur un lutrin au centre de l’église et se mit à lire. Mais quand il arriva à la description de ses propres hésitations devant la fournaise ardente, il modifia légèrement le texte et dit : « …et il sourit » (emidiase), au lieu de « …et il eut peur » (ediliase). Eustrate l’interrompit alors sur un ton sévère, en disant : « Lis donc exactement comme cela est arrivé ! » Rouge de confusion, Oreste reprit et lut : « …et il eut peur ». Une fois la vigile achevée, les saints refermèrent les livres, éteignirent les cierges et disparurent aussi mystérieusement qu’ils étaient venus.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, ton 4

Tes Martyrs, Seigneur, ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité, * pour le combat qu’ils ont mené ;* animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de la sainte vierge et martyre Lucie, ton 4

Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * en ton baptême je suis ensevelie; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi; * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Tropaire du saint hiéromartyr Gabriel Ier, patriarche de Serbie, ton 1

Condamné par injuste sentence et pendu, en vivante victime, en sacrifice spirituel, tu t’es offert à ton Maître le Christ et fus agréé sur l’autel mystique des deux, Gabriel, pontife et martyr d’éternelle mémoire.

Tropaire de saint Germain d’Alaska, ton 4

Ascète du désert septentrional et artisan d’une prière pleine de grâce pour le monde entier, enseignant de la foi orthodoxe et bon instructeur de la piété, ornement de l’Alaska et réjouissance de toute l’Amérique, vénérable Germain, prie le Christ Dieu, de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Eustrate , ton 2

Saint Martyr, tu apparus comme un flambeau resplendissant * pour ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’erreur; * avec la foi comme une lance dans ta main, * tu n’as pas craint l’audace des ennemis, * Eustrate, plus éloquent que les habiles rhéteurs.

Kondakion du saint hiéromartyr Gabriel Ier, patriarche de Serbie,  ton 4:

En suprême pontife ayant vraiment servi le Christ, tu resplendis sous l’onction du sacerdoce et la couronne des martyrs, et par la lutte que tu menas courageusement pour la vérité, tu as mérité de voir Dieu réellement.

Kondakion de saint Germain d’Alaska, ton 8

Tonsuré à Valaam et cher à la Mère de Dieu, nouvel émule dans l’ascèse des ermites anciens, tu es apparu comme lance et bouclier redoutables aux démons et aux ténèbres des paiens ; c’est pourquoi nous te clamons, ô vénérable Germain, prie le Christ Dieu qu’Il sauve nos âmes.

ÉPITRE DU JOUR

Hébr. VII, 1-6

En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très Haut, -qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, qui le bénit, et à qui Abraham donna la dîme de tout, – qui est d’abord roi de justice, d’après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix, – qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, -mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, -ce Melchisédek demeure sacrificateur à perpétuité. Considérez combien est grand celui auquel le patriarche Abraham donna la dîme du butin. Ceux des fils de Lévi qui exercent le sacerdoce ont, d’après la loi, l’ordre de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire, sur leurs frères, qui cependant sont issus des reins d’Abraham ; et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses.

ÉVANGILE DU JOUR

Lc XXI, 28-33

Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. Et il leur dit une comparaison : Voyez le figuier, et tous les arbres. Dès qu’ils ont poussé, vous connaissez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l’été est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

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À propos de l'auteur

Emma Cazabonne

Emma Cazabonne

Emma Cazabonne was born and raised in France. She taught English before entering the Cistercian Order. She translated and published articles relevant to her interest in Cistercian spirituality, the Middle Ages, and Orthodoxy. She moved to the United States in 2001, converted to Orthodoxy in 2008, and married. Her husband is an Orthodox priest. She continued to publish articles, a Cistercian texts anthology, then finally launched her career in literary translation, while teaching French. If you are interested in having your book translated into French, she can be contacted here https://wordsandpeace.com/contact-me/

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