14 décembre

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14 décembre
Carême de la Nativité
Saints Thyrse, Leucius et Callinique, martyrs à Césarée de Bithynie (251) ; saints Philémon, Apollonius, Arien et Théoctiste, martyrs en Égypte (287) ; saint Nicaise, évêque de Reims, sa soeur, sainte Eutropie, et deux compagnons, martyrs à Reims (407) ; saint Lupicin, évêque de Vienne (IVème s.) ; saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers, hymnographe (610) ; saint hiéromartyr Nicolas (Kovalev), prêtre (1937).

SaintS THYRSE, LEUCIUS ET CALLINIQUE

Saints Thyrse, Leucius et Callinique, martyrs à Césarée de Bithynie (251) ; fresque du Patriarcat de Peć (Serbie) XIVe siècle

Pendant la persécution de Dèce (vers 250), le gouverneur Cumbricios avait été envoyé dans la région de Nicomédie, Nicée et Césarée de Bithynie pour arrêter les chrétiens. Révolté devant la conduite sanguinaire du magistrat, un chrétien de bonne condition de Césarée, Leucios, se présenta devant lui, en disant avec colère : « Chien insatiable, jusques à quand verseras-tu le sang comme l’eau d’une fontaine, en contraignant les paisibles disciples du Christ à adorer des pierres et des morceaux de bois inanimés comme si c’étaient des dieux ? » Furieux devant une telle audace, le gouverneur le fit arrêter, lui fit déchirer la chair à coups de verges et, sans plus de jugement, ordonna à ses bourreaux de le décapiter.

La nouvelle de cette exécution remplit de terreur les chrétiens qui cherchèrent refuge dans les montagnes et les cavernes. Le vaillant Thyrse au contraire se rendit alors auprès du tyran et lui demanda une entrevue. Avec patience et conviction, il essaya de lui montrer combien il est déshonorant pour les hommes doués de raison d’adorer les êtres qui en sont privés et les phénomènes naturels. Il appuyait patiemment ses arguments par le témoignage des saintes Écritures, mais bien en vain. Cumbricios, insensible à tout discours, n’exigeait que l’obéissance aveugle aux ordres de l’empereur. Pieds et poings liés, Thyrse fut alors livré à la sauvagerie des bourreaux. Ils le frappèrent jusqu’à l’épuisement, lui écrasèrent les chevilles, lui crevèrent les yeux, lui versèrent du plomb en fusion sur le corps, mais le saint resta invinciblement protégé par la grâce, comme par une invisible cuirasse, et renversa même les idoles par sa prière. De retour dans son cachot, il reçut la visite du Seigneur lui-même, qui l’encouragea au combat et le mena auprès de l’évêque pour recevoir le saint baptême, en préparation du « second baptême », dans le sang du martyre.

Comme un envoyé de l’empereur, Silvain, était venu en inspection à Apamée de Bithynie, Cumbricios voulut lui prouver son zèle, et il soumit Thyrse à de nouveaux supplices, mais sans plus de succès. L’athlète du Christ resta insensible aux tourments et prédit la mort prochaine des deux impies. Un troisième magistrat, Babdos, vint leur succéder et fit à son tour torturer l’invincible Thyrse. Jeté à la mer dans un sac, il fut encore sauvé par l’intervention d’un ange, puis fut conduit d’Apamée à sa patrie, Césarée de Bithynie, pour y être offert en pâture aux fauves. Mais là encore, les persécuteurs essuyèrent une cuisante défaite, car les lions vinrent jouer aux côtés de Thyrse et lui lécher les pieds.

Alors que le gouverneur avait transféré saint Thyrse à Apollonias de Bithynie, pour le soumettre à de nouveaux tourments, devant les merveilles accomplies par Dieu, un prêtre des idoles, nommé Callinique, réalisa que si une telle puissance est accordée aux chrétiens, elle ne peut venir que d’un Dieu unique, Créateur et Souverain de toutes choses. Il se présenta devant le tyran et lui démontra avec ironie la vanité du culte officiel. Aussitôt arrêté et condamné à mort avec Thyrse, il fut décapité, tandis que Thyrse, enfermé dans un étroit coffre de bois, était lentement scié, des heures durant, par les bourreaux.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 4

Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs, ton 4

Ces flambeaux de l’Eglise, les Martyrs, * nous les célébrons par des hymnes sacrées, * tous ensemble réunis en ce jour * nous les chantons, car ils sont * les victorieux athlètes du Christ notre Dieu.

ÉPITRE DU JOUR

Tite I, 5 – II, 1

Tite, mon enfant, je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable, mari d’une seul femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles. Car il faut que l’évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu ; qu’il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête ; mais qu’il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant, attaché à la vraie parole telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs. Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup de gens rebelles, de vains discoureurs et de séducteurs, auxquels il faut fermer la bouche. Ils bouleversent des familles entières, enseignant pour un gain honteux ce qu’on ne doit pas enseigner. L’un d’entre eux, leur propre prophète, a dit : Crétois toujours menteurs, méchantes bêtes, ventres paresseux.
Ce témoignage est vrai. C’est pourquoi reprends-les sévèrement, afin qu’ils aient une foi saine, et qu’ils ne s’attachent pas à des fables judaïques et à des commandements d’hommes qui se détournent de la vérité. Tout est pur pour ceux qui sont purs ; mais rien n’est pur pour ceux qui sont souillées et incrédules, leur intelligence et leur conscience sont souillés. Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renient par leurs oeuvres, étant abominables, rebelles, et incapables d’aucune bonne oeuvre.Pour toi, dis les choses qui sont conformes à la saine doctrine.

ÉVANGILE DU JOUR

Lc XX, 9-18

ll se mit ensuite à dire au peuple cette parabole: Un homme planta une vigne, l’afferma à des vignerons, et quitta pour longtemps le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour qu’ils lui donnent une part du produit de la vigne. Les vignerons le battirent, et le renvoyèrent à vide. Il envoya encore un autre serviteur; ils le battirent, l’outragèrent, et le renvoyèrent à vide. Il en envoya encore un troisième; ils le blessèrent, et le chassèrent. Le maître de la vigne dit: Que ferai-je? J’enverrai mon fils bien-aimé; peut-être auront-ils pour lui du respect. Mais, quand les vignerons le virent, ils raisonnèrent entre eux, et dirent: Voici l’héritier; tuons-le, afin que l’héritage soit à nous. Et ils le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Maintenant, que leur fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d’autres. Lorsqu’ils eurent entendu cela, ils dirent: A Dieu ne plaise! Mais, jetant les regards sur eux, Jésus dit: Que signifie donc ce qui est écrit: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle? Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé.

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