17 février (ancien calendrier)/2 mars (nouveau)

Grand Carême

Saint Théodore le Conscrit (Tiron), mégalomartyr dans le Pont (vers 306) ; sainte Mariamne, sœur de l’apôtre Philippe (Ier s.) ; saint Polychrone, évêque de Babylone, martyr (IIIème s.) ; saint Kirec, abbé de Loc-Kirec en Bretagne (585) ; saint Silvin, évêque évangélisateur de la région de Thérouanne (vers 720) ; saint Théodore le silencieux des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Hermogène, patriarche de Moscou et de toute la Russie, thaumaturge (1612) ; saint Théodore de Byzance, néo-martyr grec (1795) ; saints néomartyrs de Russie : hiéromartyrs Michel (Nikologorsk) et Paul (Kosminkov), prêtres (1938) ; martyre Anne (Tcheverikov) (1940).

SAINT THÉODORE LE CONSCRIT

Saint Théodore le Conscrit
Saint Théodore le Conscrit (Tiron), mégalomartyr dans le Pont (vers 306)

Ce saint et glorieux martyr du Christ était originaire d’Amasée, dans le Pont, et servait dans l’armée romaine au temps de la grande persécution de Dioclétien (vers 303). Chrétien depuis son enfance, il gardait sa foi secrète, non par lâcheté, mais parce qu’il n’avait pas encore reçu de Dieu le signe pour s’offrir au martyre. Comme son corps de troupe était cantonné près de la ville d’Euchaïta (Hélénopont), il apprit que les habitants de la région étaient terrorisés par un redoutable dragon qui se cachait dans la forêt. Discernant que c’était là l’épreuve par laquelle Dieu devait lui montrer si le moment de s’offrir au martyre était arrivé, il s’enfonça hardiment dans la forêt. Il parvint jusqu’à un village qui avait été abandonné par ses habitants et où restait seule une noble chrétienne, Eusébie, qui lui indiqua où se trouvait le repaire du monstre. En s’armant du signe de la Croix, le saint se précipita vers la bête qui mugissait en crachant des flammes, et il l’abattit d’un coup de lance à la tête.

Désormais persuadé que, par la grâce de Dieu, il pourrait vaincre aussi le dragon spirituel, le diable, comme il avait abattu le monstre visible, saint Théodore regagna son campement, sans craindre de se révéler chrétien. Comme le commandant de la troupe avait ordonné d’offrir un sacrifice aux dieux de l’Empire, Théodore resta dans sa tente. On vint le chercher, en le pressant de prendre part au sacrifice. Mais il répondit : « Je suis chrétien, c’est le Christ seul que j’adore. C’est Lui le Roi que je sers, et c’est à Lui seul que je veux offrir un sacrifice ! » Après l’avoir pressé de questions insidieuses, on le laissa pour passer à l’interrogatoire d’autres chrétiens. Enflammé d’un zèle divin, Théodore encourageait ses compagnons à se montrer jusqu’à la fin dignes du Christ qui les avait enrôlés dans son armée céleste. La nuit venue, il se rendit jusqu’au temple païen et détruisit par le feu l’autel de la déesse Rhéa, la mère des dieux, provoquant une grande confusion dans la ville d’Euchaïta. Un des serviteurs du temple surprit le saint et le conduisit auprès du gouverneur Puplius. Théodore n’opposa aucune résistance et répondit calmement aux questions du gouverneur, en lui montrant qu’il était bien absurde de considérer comme dieu une pièce de bois inanimée qui, en un instant, avait été réduite en cendres. Puplius le menaça des pires tortures. Le saint lui répliqua : « Tes menaces ne m’effraient pas, car la puissance du Christ sera pour moi joie et allégresse dans les tourments. » Grinçant les dents de rage, le gouverneur le fit jeter dans un sombre cachot sans nourriture. Mais cette nuit-là, le Christ apparut à Théodore, pour le consoler et lui promettre que sa grâce divine serait pour son vaillant serviteur à la fois nourriture, joie et protection. Ainsi réconforté, le saint passait son temps à chanter des hymnes, accompagné par des anges, de sorte que ses geôliers crurent que d’autres chrétiens l’avaient rejoint dans cette cellule pourtant bien verrouillée.

Par la suite, comme on voulait lui apporter un peu de pain et d’eau, il refusa toute réfection, en disant que le Christ lui avait promis une nourriture céleste. De nouveau présenté devant le gouverneur, on lui proposa d’être élevé à la dignité de grand prêtre des idoles ; ce qui provoqua le rire moqueur du saint qui assura être prêt à se laisser couper en morceaux pour l’amour du Christ. On le suspendit alors la tête en bas et les bourreaux s’épuisèrent en vain à lui déchirer le corps avec des crochets de fer. Devant cette résistance indomptable du martyr, le gouverneur, craignant que d’autres suivent son exemple, donna l’ordre d’en finir et le condamna à être brûlé vif.

Lorsqu’il parvint près du bûcher, Théodore se dévêtit et, après avoir adressé une fervente prière à Dieu pour la confirmation des autres confesseurs, il se livra lui-même au feu. Mais, comme si elles voulaient lui rendre hommage, les flammes l’entourèrent sans le toucher, en formant autour de son corps une sorte d’arc de triomphe, et c’est en rendant grâce que saint Théodore remit alors son âme à Dieu. La pieuse Eusébie réussit à acheter son corps et le transporta à Euchaïta, où l’on édifia en son honneur une église qui attirait quantité de pèlerins, et leur procurait la guérison de l’âme et du corps.

En 361, Julien l’Apostat, qui essayait par tous les moyens de restaurer les usages païens, avait remarqué que les chrétiens avaient coutume de sanctifier la première semaine du Carême avant Pâques par le jeûne et la prière. Le cruel despote donna l’ordre au préfet de Constantinople de faire asperger toutes les denrées exposées au marché avec du sang des victimes immolées aux idoles, de sorte qu’il ne fût possible à aucun habitant d’échapper à la souillure de l’idolâtrie. Mais le Seigneur n’abandonna pas son peuple choisi. Il envoya son serviteur Théodore, qui apparut en vision à l’archevêque Eudoxe (360-364) et lui commanda qu’aucun chrétien n’achète les aliments présentés au marché, mais qu’ils confectionnent des colyves, c’est-à-dire des grains de blé bouillis, pour se nourrir . C’est ainsi que, grâce à l’intervention du saint martyr Théodore, le peuple chrétien put déjouer la machination du tyran et se garder pur de la souillure de l’idolâtrie. Depuis, l’Église commémore chaque année ce miracle, le premier samedi du Grand Carême, afin d’enseigner aux fidèles que le jeûne et la tempérance ont le pouvoir de purifier toutes les souillures du péché.

Saint Théodore Tiron accomplit quantité d’autres miracles pour ceux qui recouraient à lui avec foi et qui persévéraient en prière dans son église. Un jour, il apparut, brillant de gloire, sur son cheval blanc et ramena à une pauvre veuve son fils unique qui avait été capturé par les Sarrasins. Il délivrait aussi souvent du danger ceux qui étaient pris dans une tempête, fit découvrir des voleurs, permit à des maîtres de retrouver leurs serviteurs et montra par tous ces miracles que, de soldat de l’armée terrestre, il était devenu protecteur céleste du peuple chrétien.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théodore, ton 2

Combien sont sublimes les entreprises de la foi! * Le saint martyr Théodore exultait dans la fournaise comme dans les eaux du repos: * et, tandis que le feu le consumait, * comme un pain agréable il fut offert à la sainte Trinité. * Par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Théodore, ton 8

Ayant mis comme cuirasse sur ton cœur la foi du Christ, * tu as triomphé des forces ennemies par tes combats * et tu as reçu, la couronne éternelle dans les cieux, invincible Martyr.

Lectures de l’Ancien Testament

Isaïe IV, 2-6 ; V, 1-7

Et ce jour-là Dieu, en son conseil, brillera avec gloire sur la terre, pour relever et glorifier le reste d’Israël. Et il arrivera que le reste de Sion, le reste de Jérusalem, tous ceux qui auront été inscrits à Jérusalem dans la vie, seront appelés saints. Car le Seigneur lavera la souillure des fils et des filles de Sion; et du sang versé parmi eux il la purifiera en un esprit de justice et un esprit d’ardeur. Et voici ce qui arrivera : tout lieu de la montagne de Sion et tout ce qui l’entoure sera ombragé le jour par une nuée qui deviendra la nuit comme une fumée, comme la lumière d’un foyer ardent et le Seigneur les abritera de toute sa gloire. Ce sera comme de l’ombre contre la chaleur, comme une toiture et un abri contre le froid et la pluie. Je chanterai pour mon bien-aimé le cantique que mon bien-aimé chante à ma vigne. Mon bien-aimé avait une vigne sur une éminence, en un lieu fertile. Et Je l’ai entourée d’une haie, et Je l’ai palissadée, et Je l’ai plantée du plant de Sorec ; et au milieu j’ai bâti une tour, où J’ai creusé un cellier; et J’ai compté qu’elle me donnerait du raisin, mais elle a produit des épines. Et maintenant, vous, habitants de Jérusalem, et toi, homme de Juda, jugez entre moi et ma vigne. Que ferai-Je encore pour ma vigne que je n’aie point déjà fait? J’avais compté qu’elle me donnerait du raisin, mais elle a produit des épines. Or Je vais maintenant vous déclarer ce que Je ferai à ma vigne. Je lui arracherai sa haie, et elle sera mise au pillage; J’abattrai son mur, et elle sera foulée aux pieds. Et J’abandonnerai ma vigne, et elle ne sera plus ni taillée ni bêchée; et sur elle s’élèveront des épines comme sur une terre aride, et J’ordonnerai aux nuées de ne jamais l’arroser de pluie. Or la vigne du Seigneur Dieu des armées, c’est la maison d’Israël et l’homme de Juda est mon nouveau plant bien-aimé. J’ai attendu qu’il ferait la justice, et il a

fait l’iniquité; et ce n’est pas la voix de l’équité mais des cris que J’entends.

Genèse III, 21 – IV, 7

Le Seigneur Dieu fit ensuite à Adam et à sa femme des tuniques de peau dont Il les revêtit. Et Dieu dit : Voilà donc Adam devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ; mais maintenant qu’il n’aille pas étendre la main et prendre encore de l’arbre de vie, et en manger, car il vivrait toujours. Et le Seigneur Dieu le chassa du paradis de délices, pour qu’il travaillât à la terre de laquelle il avait été tiré. Il bannit Adam ; il l’établit à l’opposé du paradis de délices, et il plaça des chérubins, armés d’épées flamboyantes qu’ils faisaient tournoyer, pour garder le chemin de l’arbre de vie. Or, Adam connut Éve sa femme, qui, ayant conçu, enfanta Caïn ; et elle dit : J’ai obtenu un homme grâce à Dieu. Ensuite elle enfanta son frère Abel, qui fut pasteur des brebis ; de son côté Caïn s’adonna au labourage de la terre. Après bien des jours, il arriva que Caïn apportât des fruits de la terre en offrande au Seigneur. Or, Abel apporta des premiers-nés de son troupeaux et de leur graisse. Et Dieu regarda Abel et ses présents. Mais il ne fit attention ni à Caïn, ni à son offrande ; Caïn en fut très affligé, et eut le visage tout abattu. Le Seigneur dit à Caïn : D’où vient que tu es si fort affligé et que ton visage est tout abattu ? Si tu as bien fait de m’apporter des offrandes, en les choisissant mal n’as-tu pas péché ? Calme-toi, le péché est sous ta puissance, et c’est à toi de le dominer.

Proverbes III, 34 – IV, 22 Le Seigneur résiste aux orgueilleux ; mais Il donne Sa grâce aux humbles. Les sages auront la gloire pour héritage; tandis que les impies exalteront leur propre ignominie. Écoutez, enfants, l’enseignement d’un père, et soyez attentifs à connaître la sagesse. Car je vous fais un cadeau précieux ; ne délaissez point ma loi. J’ai été un fils docile à mon père, et cher aux yeux de ma mère. Ils m’ont instruit, disant que nos discours soient fixés dans ton cœur ; garde nos préceptes ; ne les oublie pas. Ne méprise pas les paroles de ma bouche. Ne les abandonne point, et elles s’attacheront à toi ; aime-les, et elles te garderont. Entoure-les de palissades, et elles t’exalteront ; honore-les, afin qu’elles t’embrassent ; afin qu’elles mettent sur ta tête une couronne de grâces, et te couvrent d’une couronne de délices. Écoute, mon fils, et recueille mes paroles, et les années de ta vie se multiplieront, autant que se multiplieront les voies de ta vie. Car je t’enseignerai les voies de la sagesse, et je te ferai cheminer dans les droits sentiers. Si tu marches, rien n’entravera tes pas ; si tu cours, tu ne sentiras point la fatigue. Retiens mes instructions, ne les néglige point ; mais garde-les en toi-même toute ta vie. Ne va pas sur la voie des impies ; ne porte point envie aux voies des pervers. N’approche pas du lieu où ils dresseront leur camp ; éloigne-toi d’eux ; hâte-toi de passer outre. Car ils ne s’endormiront pas qu’ils n’aient fait quelque mal ; le sommeil leur est enlevé, et ils ne reposent pas. Car ils se nourrissent du pain de l’impiété, et s’enivrent du vin des pécheurs. Les voies des justes brillent comme la lumière; ils marchent, et ils sont illuminés jusqu’à ce que le jour se lève. Mais les voies des impies sont impures; ils ne savent pas comment ils trébuchent. Mon fils, sois attentif à ma voix, et prête l’oreille à mes paroles; Et pour que les sources de vie ne te manquent pas, garde-les en ton cœur. Car elles sont la vie de ceux qui les trouvent, et la santé de leur chair.

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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