1er janvier (ancien calendrier)/14 janvier (nouveau)

Liturgie de S. Basile le Grand

Circoncision selon la chair de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ.
Saint Basile le Grand, archevêque de Césarée en Cappadoce (379) ; saint martyr Basile d’Ancyre (vers 362) ; sainte Émilie, mère de saint Basile le Grand (IVème s.) ; saint Grégoire, évêque de Nazianze, père de saint Grégoire le Théologien (374) ; saint Basile, évêque d’Aix-en-Provence (494) ; saint Félix, évêque de Bourges (580); saint Oyend, abbé du monastère de Condat dans le Jura (vers 510) saint Clair, abbé de Vienne (vers 660) ; saint Frodobert (ou Frobert), abbé-fondateur de Moutier-la-Celle, près de Troyes (673) ; saint Pierre du Péloponnèse, néo-martyr grec (1776) ; saints néo-martyrs de Russie : Jérémie (Leonov), moine (1918) ; Platon, évêque de Revel et avec lui Michel (Bleïvé) et Nicolas (Blejanitsky), prêtres (1919), Alexandre, archevêque de Samar, et avec lui Jean (Smirnov), Alexandre (Ivanov), Jean (Souldine), Alexandre (Organov), Vyatcheslav (Invantov), Basile (Vitievsky) et Jacques (Alferov), prêtres (1938).

LA CIRCONCISION DE NOTRE SEIGNEUR

Huit jours après la naissance du Sauveur, ses parents le firent circoncire (Lc 2, 21), conformément à l’ordre donné par Dieu à Abraham au moment où Il lui promit d’établir une alliance éternelle avec lui et toute sa descendance : Et voici mon alliance qui sera observée entre Moi et vous : c’est-à-dire ta race après toi (…) quand ils auront huit jours tous vos mâles seront circoncis de génération en génération (Gn 17, 10-12). Celui-là même qui, par amour des hommes, a accepté de revêtir la nature humaine qu’il a créée, a poussé la compassion jusqu’à assumer celle-ci dans son état déchu et corrompu, sans toutefois se soumettre au péché. Par le retranchement de ce morceau de peau morte, symbole de la mortalité des hommes pécheurs, Lui, le Pur, le sans-péché, acceptait de recevoir le signe de la réconciliation qu’en tant que Dieu et Auteur de la Loi Il avait Lui-même instituée. Dès son arrivée sur la terre, Il se soumet humblement au précepte de la Loi, montrant ainsi que les figures obscures trouvent en lui leur accomplissement. Les quelques gouttes de sang qu’Il verse en ce jour sont le prélude du sang qu’Il va bientôt verser sur la Croix pour laver les péchés du monde et nous délivrer de notre condamnation ; c’est pourquoi, avec la circoncision du Seigneur, c’est en fait le mystère complet de notre Rédemption que nous commémorons.
Aujourd’hui, par la circoncision du Second Adam, prend fin la circoncision charnelle de l’ancienne Alliance, et la Nouvelle et véritable Alliance, marquée par une circoncision spirituelle, est inaugurée par son sang. Le baptême chrétien constitue cette véritable circoncision spirituelle, ce signe de l’appartenance au peuple nouveau, non plus par le retranchement d’un morceau de peau morte, mais par l’affranchissement de la mort elle-même accomplie par la communion à la mort et à la Résurrection vivifiantes du Seigneur. Pour cette raison, saint Paul et les Apôtres se sont opposés avec énergie à ceux qui voulaient contraindre les convertis venus du paganisme à se faire circoncire (Act 15, 5-30 ; 1 Cor 7, 18-19 ; Gal 2, 6 et 6, 15). C’est en Lui (le Christ), dit-il, que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme (…) telle est la circoncision du Christ : ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts (Col 2, 1 1-12).
En effet dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision, mais seulement la foi opérant par la charité (Gal 5, 6). En mettant un terme au précepte de l’Ancienne Alliance par sa propre circoncision, le Christ nous appelait donc à la circoncision du cœur, au renouvellement spirituel, qu’Il avait déjà annoncé par ses prophètes (Jr 4, 4 ; Rm 2, 25-29).
C’est également sous forme de prophétie que Dieu avait ordonné à Abraham de pratiquer la circoncision de la chair une fois accomplis les sept premiers jours de la vie de l’enfant, symbole de l’ensemble du déroulement du temps (Gn 1). Le huitième jour figurait donc le passage au-delà du temps de ce monde de mort vers la vie éternelle, qui nous a été ouvert par la Résurrection du Seigneur le « huitième » jour de la semaine, lequel est également le premier et unique jour de la vie sans fin et sans changement. En étant circoncis le huitième jour après sa naissance, le Christ nous annonçait donc sa Résurrection et notre délivrance finale.
Conformément à l’usage, Joseph, en ce jour, donna à l’enfant le nom que l’Ange de Dieu lui avait indiqué à (Mt 1, 21 ; Lc 1, 31) : Jésus, c’est-à-dire Sauveur. Par ce seul nom était ainsi révélée sa mission sur la terre, ce pourquoi le Dieu éternel et Créateur s’est fait homme. Le nom de Jésus résume et exprime tout le mystère de notre Salut. Plus qu’un mot conventionnel, il rend mystérieusement présente la Personne elle-même du Sauveur, dans toute sa puissance triomphante. Ainsi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame de Jésus-Christ qu’il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil 2, 9-11). Comme le montre d’innombrables exemples dans la sainte Écriture (Act 3, 6 ; 4, 7, 10, 30 ; 10, 43 ; 16, 18 ; 19, 13, etc.) et dans les Vies des saints, c’est par le Nom de Jésus invoqué avec foi que les miracles s’accomplissent, que les démons et les forces de la mort prennent la fuite, comme brûlés par le feu de sa divinité, conformément à sa promesse : Et tout ce que vous demanderez en mon Nom, je le ferai… (Jn 14, 13). C’est pourquoi, les chrétiens orthodoxes, témoins de ce Nom qui procure la Vie (Jn 20, 31), se doivent de tout faire au nom de Jésus : Quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par Lui grâce au Père (Col 3, 17). En répétant sans cesse, en toutes circonstances et à chaque respiration la sainte prière : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi pécheur ! » ce sera la Personne même de notre Seigneur qui habitera nos pensées, qui inspirera notre conduite, qui purifiera nos passions et qui, trouvant peu à peu une demeure stable dans notre cœur, fera alors resplendir en nous la Lumière divine de sa Face. La commémoration de la Circoncision, le huitième jour après la Nativité, est donc aussi la fête du saint Nom de Jésus et de la prière qui nous procure la grâce de son Esprit Saint.

(Tiré du « Prologue d’Ohrid » de St Nicolas Vélimirovitch, Tome I, L’Âge d’Homme 2009)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Circoncision, ton 1

Sans changement tu assumas la condition humaine, * étant Dieu par nature, Seigneur compatissant; * pour accomplir le précepte de la Loi, * tu as voulu subir la circoncision de la chair * afin de dissiper les ténèbres et d’arracher le voile où s’enveloppent nos passions. * Gloire à ton immense bonté, * gloire à ta miséricorde, ô Verbe de Dieu, * gloire à l’ineffable tendresse qui t’a fait descendre jusqu’à nous.

Tropaire de saint Basile, ton 1

Par toute la terre ton message s’est répandu * et ta parole fut reçue dans tout l’univers; * par elle tu as enseigné les divines vérités, * expliqué la nature des êtres et redressé la conduite des humains; * Père saint, Pontife au nom royal, * prie le Christ notre Dieu pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Basile, ton 4

Pour l’Église tu t’es montré comme inébranlable fondement, * faisant part à tout mortel de l’inscrutable Seigneurie * et la marquant du sceau de tes enseignements, vénérable Basile, révélateur du ciel.

Kondakion de la Circoncision, ton 3

Le Seigneur de l’univers * daigne subir la circoncision * et retranche, dans sa bonté, * les fautes qui couvraient l’humanité; * en ce jour il donne au monde le salut. * Au plus haut des cieux se réjouit le pontife du Créateur, * l’initiateur des divins mystères, saint Basile le Grand, * qui porte la lumière du Christ notre Dieu.

ÉPITRE DU JOUR

Col. II, 8-12 (Circoncision)

Frères, prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. Et c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair : ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.

He VII, 26-VIII, 2 (S. Basile)

Frères, il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, -car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait pour l’éternité. Le point capital de ce qui vient d’être dit, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme.

ÉVANGILE DU JOUR

Lc II, 20-21, 40-52 (Circoncision)

Les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé. Le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus, nom qu’avait indiqué l’ange avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce qu’ordonnait la loi du Seigneur, Joseph et Marie retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. Or, l’enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. Lorsqu’il fut âgé de douze ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête. Puis, quand les jours furent écoulés, et qu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem. Son père et sa mère ne s’en aperçurent pas. Croyant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin, et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Mais, ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l’entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses. Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. Il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père? Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur. Et Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

Lc VI, 17-23 (S. Basile) En ce temps-là, Jésus descendit avec eux, et s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude du peuple de toute la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus pour l’entendre, et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit : « Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous !  Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu’on vous chassera, vous outragera, et qu’on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme ! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel ; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. »

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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