Grand Carême
Liturgie des Présanctifiés
Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796) ; sainte martyre Photine la Samaritaine et ses fils Victor, et José, martyrs ; saintes martyres Anatolie, Phota, Photis, Parascève, Cyriaque, Domnine et martyr Sébastien (vers 70) ; saintes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres en Cappadoce (310) ; saint Urbice, évêque de Metz (vers 420) ; saint Tétrice, évêque de Langres (572) ; saint Nicétas, archevêque d’Apollonias en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Wulfran, évêque de Sens, ermite à Fontenelle (720) ; saint Bénigne, abbé de Flay et Fontenelle (723) ; saint Rémi, évêque de Strasbourg (783) ; saint Euphrosyne de Novgorod (1612); saint Myron le Crétois, néomartyr grec (1793) ; saint hiéromartyr Basile (Sokolov), diacre (1938).
SAINTS MARTYRS DU MONASTÈRE DE SAINT SABBAS
En l’an 796, les Sarrasins affrontèrent en une guerre sanglante les tribus bédouines disséminées en Palestine, avec pour conséquence que les uns et les autres pillèrent sans pitié les villages et les villes des chrétiens. C’est ainsi qu’ils mirent à sac la ville d’Éleuthéropolis, en la laissant vide d’habitants, et razzièrent Gaza, Ascalon et d’autres cités. Nombre d’habitants des campagnes s’étaient réfugiés à Jérusalem, dont on s’empressa de renforcer les fortifications, si bien, qu’avec l’aide de Dieu, les barbares purent être repoussés. Battant en retraite, ceux-ci tournèrent leur rage contre les monastères de cette région et s’abattirent comme un nuage de sauterelles sur la laure de Saint-Chariton, pillèrent les villages alentour, puis ils se dirigèrent vers la prestigieuse laure de Saint-Sabas, qui résista cependant à leurs assauts.
Plusieurs mois passèrent sous la menace constante d’une incursion de ces loups du désert et, nuit et jour, les moines suppliaient Dieu de leur faire miséricorde, en s’exhortant mutuellement à endurer toute épreuve, et même la mort, sans quitter le lieu de leur renoncement, conformément aux engagements pris lors de leur profession monastique. Ils disaient : « Comment ceux qui ont quitté le monde une fois pour toute, pour suivre le Christ qui a dit : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps (Mt 10, 28), retourneraient-ils dans le monde par une crainte humaine ? Notre seul rempart c’est le Christ, et notre cuirasse pour repousser les traits des ennemis, le Saint-Esprit, avec le bouclier de la foi et les anges qui se tiennent invisiblement autour de nous pour nous garder. Ce n’est pas par amour de la vie que nous sommes venus habiter ce désert implacable. Pour nous vivre c’est le Christ et mourir est un gain (Phil 1, 21). »
Le diable rassembla alors une soixantaine de barbares, que la crainte d’une expédition byzantine avait dispersés dans le désert, et il les envoya à l’assaut de la laure (13 mars 797). Quelques moines s’avancèrent au-devant de la troupe hurlante avec des paroles de paix, en leur rappelant l’hospitalité et l’assistance que le monastère offrait sans distinction aux chrétiens et aux Sarrasins. Pour toute réponse, les barbares exigèrent qu’on leur livrât l’or du monastère. Comme les pères répondaient qu’ils ne possédaient pas même le nécessaire pour leur nourriture et leur vêtement, les Sarrasins bandèrent leurs arcs et blessèrent de leurs flèches environ trente pères. Puis, après avoir pillé ce qu’ils trouvaient à proximité, ils mirent le feu aux cellules. Voyant alors une troupe s’avancer au loin, ils se retirèrent ; mais, six jours après, pendant la vigile du dimanche, on annonça qu’ayant réuni d’autres bandes éparses, ils s’avançaient, en grand nombre cette fois, vers la laure. Ils s’abattirent avec fureur sur les moines, égorgeant les uns comme des animaux de boucherie, écrasant la tête des autres à coups de pierres et poursuivant ceux qui avaient pris la fuite jusque dans le creux des rochers. Comme ils approchaient d’une de ces cavernes, où ils avaient deviné une présence humaine, un des cinq moines qui s’y étaient réfugiés sortit généreusement et s’offrait à la cruauté des barbares pour sauver ses frères.
Ils rassemblèrent ensuite le reste de la communauté sur le parvis de l’église, exigeant toujours qu’on leur livrât les trésors et qu’on leur désignât les supérieurs. Comme les pères gardaient le silence, ils les enfermèrent dans le souterrain que saint Sabas utilisait jadis pour passer de sa cellule à l’église, et les enfumèrent. Dix-huit moines périrent alors asphyxiés, et les pillards tirèrent les autres à l’extérieur pour les piétiner et les couvrir de coups avant de saccager l’église et les cellules. Ils se retirèrent finalement, en laissant derrière eux vingt victimes et de nombreux blessés (19 mars 797). Quelque temps plus tard, la colère divine décima par une épidémie de peste tous les barbares coupables de cet attentat contre les serviteurs de Dieu.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire des saints martyrs de Saint-Sabbas, ton 2
Bienheureuse est la terre arrosée de votre sang, / victorieux Athlètes du Seigneur, / et saintes sont les demeures qui abritent vos corps, / puisque dans l’arène vous avez triomphé de l’ennemi / en proclamant avec courage le Christ; / obtenez-nous de sa bonté / par vos prières le salut de nos âmes.
Kondakion des saints martyrs de Saint-Sabbas, ton 4
Bienheureux Pères, vous avez dédaigné / la jouissance des biens terrestres et des trésors corruptibles, / vous avez choisi de vivre au désert, / méprisant les charmes de ce monde et les délices qui ne durent qu’un temps; / c’est pourquoi vous avez mérité le royaume des cieux, / où vous exultez avec les chœurs des Moines et des Martyrs; / vénérant votre mémoire sacrée, / nous vous chantons avec ardeur: / de tout mal délivrez-nous, Pères saints.
LECTURES DE L’ANCIEN TESTAMENT
Isaïe XXIX, 13-23
Et le Seigneur a dit : Ce peuple s’approche de moi en parole, et il m’honore des lèvres ; mais son cœur est loin de moi. Ils m’honorent en vain, enseignant la science et les maximes des hommes. A cause de cela, voilà que Je vais encore déplacer ce peuple; Je les déplacerai, et je perdrai la sagesse des sages, et je tromperai la prudence des prudents. Malheur à ceux qui approfondissent leurs conseils, mais non avec le Seigneur! Malheur à ceux qui méditent en secret ! Ils feront leurs œuvres dans les ténèbres, et ils diront : Qui nous a vus? Et qui saura ce que nous faisons ? Ne serez-vous pas comptés comme l’argile du potier? Est-ce que l’ouvrage dira à l’ouvrier : Tu ne m’as point façonné? Est-ce que l’œuvre dira à l’artisan : Tu ne m’as pas faite avec intelligence? Est-ce que dans peu de temps le Liban ne sera point changé comme le mont Carmel? Est-ce que le mont Carmel ne sera pas réputé une forêt? Et en ce jour les sourds entendront les paroles du livre avec ceux qui sont dans les ténèbres et ceux qui sont dans les brouillaids. Les yeux des aveugles verront; Et à cause du Seigneur les pauvres tressailliront d’allégresse, et les hommes désespérés seront rassasiés de joie. L’injuste n’est plus, le superbe a péri; ceux qui méchamment s’écartaient de la loi ont été exterminés ; Ainsi que ceux qui, par leurs discours, entrainaient les hommes à pécher; et on tiendra à scandale tous ceux qui tendaient des pièges aux portes de la ville, parce qu’ils auront conduit le juste dans l’injustice. À cause de cela, voici ce que dit le Seigneur sur la maison de Jacob, qu’il avait retranchée d’Abraham : Jacob ne sera plus confondu, il ne changera plus de visage. Mais lorsque mes enfants auront vu mes œuvres, pour l’amour de moi, ils sanctifieront le Saint de Jacob, et ils craindront le Dieu d’Israël.
Genèse XII, 1-7
Le Seigneur dit alors à Abram : sors de ta terre, de ta famille, et de la maison de ton père, pour te rendre en la terre que je te montrerai. Je ferai sortir de toi un grand peuple ; Je te bénirai, Je glorifierai ton nom, et il sera béni. Je bénirai ceux qui te béniront ; ceux qui Je maudirai, Je les maudirai, et en toi seront bénies toutes les tribus de la terre. Et Abram s’en alla, comme avait dit le Seigneur, et Lot partit avec lui. Or, Abram avait soixante-quinze ans lorsqu’il sortit de Haran. Abram prit donc Sara, sa femme, Lot, fils de son frère, tout ce qui leur appartenait, tout ce qu’ils avaient acquis, toutes les âmes qu’ils avaient acquises dans Haran ; et ils partirent pour passer en la terre de Chanaan. Abram traversa cette terre dans toute sa longueur jusqu’au territoire de Sichem, vers le grand chêne. Or, les Chananéens habitaient alors cette terre. Et le Seigneur apparut à Abram, et Il lui dit : À ta face je donnerai cette terre ; c’est pourquoi Abram bâtit là un autel au Seigneur qui lui était apparu.
Proverbes XIV, 15-26
L’ingénu est crédule ; l’habile vient à se raviser. Le sage a peur et se détourne du méchant ; l’insensé, confiant en lui-même, se mêle aux pervers. L’homme irascible agit sans réflexion ; l’homme sensé supporte beaucoup. Les insensés ont le mal en partage ; l’homme habile est maître de la science. Les mauvais tomberont devant les bons ; les impies seront des serviteurs aux portes des justes. On n’aime pas les amis des pauvres ; mais les amis des riches sont nombreux. Mépriser les indigents, c’est pécher ; avoir compassion des pauvres, c’est se ménager la plus grande joie. Les cœurs égarés songent au mal ; les bons songent à la miséricorde et à la vérité ; ceux qui commettent le mal ne connaissent ni miséricorde ni vérité; les miséricordes et la fidélité sont à ceux qui font le bien. Tout homme diligent a le superflu ; tout homme ami des douceurs et des plaisirs sera dans l’indigence. La couronne des sages est l’activité ; le travail des injustes est mauvais. Le témoin fidèle délivrera son âme du mal ; le témoin trompeur est un brandon de mensonges. Dans la crainte du Seigneur est l’espérance de la force ; Il laissera à ses enfants un appui.