21 octobre
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Jour de jeûne

Saint Hilarion le Grand, ascète en Palestine (371) ; saints Dasius, Gaïus et Zotique, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Viateur, diacre de saint Juste de Lyon, ermite en Égypte (vers 390) ; sainte Céline, mère de saint Rémi de Reims (Vème) ; sainte Céline, vierge, disciple de sainte Geneviève de Paris (vers 480) ; saint Walfroy, moine, stylite en Ardennes (595) ; sainte Ursule et ses 11000 compagnes, martyres à Cologne (IVème) ; saint Mauront, évêque de Marseille (800) ; saint Hilarion des Grottes de Kiev (XIème) ; saint Hilarion de Pskov (1476) ; saints Théophile et Jacques, fondateurs de la skite de la dormition de la Mère de Dieu à Omoutsk (vers 1412) ; saint Philothée du Mont Athos (XIVème s.) ; saint Jean de Monembasia, néomartyr grec (1773), saints Sophrone, Bessarion et Opréa, confesseurs, néomartyrs roumains (XVIIIème s.) ; saint Jean, prêtre confesseur de Galeș et saint Moïse de Sibiu, néomartyrs roumains (XVIIIème) ; saint Hilarion de Moglène (1164) ; saints néo-martyrs de Russie : Paulin, archevêque de Mogilev et ses compagnons : Arcade, évêque d’Ekaterinbourg ; Nicandre (Tchernelevsky) et Anatole (Levitsky), prêtres, et Cyprien (Annikov) ; Damien, archevêque de Koursk, Constantin (Tchekalov), Serge (Smirnov), Basile (Nikolsky), Théodore (Belayev), Vladimir (Vvedensky), Basile (Kozyrev) et son frère Jean, Nicolas (Raevsky), Alexandre (Bogoyavlensky), Démètre (Troitsky), Constantin Tchekalov, Alexis Moskvine, prêtres, Serge (Kazansky), archidiacre et Jean (Melnitsky), diacre, Sophrone (Nesmeyanov) et Néophyte (Osipov), moines (1937), Pélagie (Testov), moniale (1944).

SAINT HILARION DE PALESTINE

Saint Hilarion le Grand
Saint Hilarion le Grand, ascète en Palestine (371)

Saint Hilarion naquit en Palestine, en 293, dans le village de Thabatha, non loin de Gaza. Ses parents païens l’envoyèrent apprendre les lettres profanes à Alexandrie, ce qui fut pour lui l’occasion d’entrer en contact avec les chrétiens et de découvrir la doctrine sublime de l’Évangile, qui a rendu folle la sagesse du monde. Ayant entendu parler de saint Antoine, dont la renommée brillait dans toute l’Égypte, Hilarion se mit en route pour le désert, afin de lui rendre visite. En découvrant la vie angélique que menait Antoine, il décida de rester à ses côtés, avec les autres disciples du Père des moines. Mais, comme les foules accouraient pour recevoir sa bénédiction, l’empêchant de vaquer à la prière silencieuse, saint Antoine décida de partir vers les âpres solitudes du désert intérieur. Après avoir donné à Hilarion sa tunique de crin et son manteau de peau, il envoya le jeune garçon, âgé alors de quinze ans, pratiquer l’ascèse avec quelques compagnons dans le désert situé près de Maïouma, dans la région de Gaza.

Avec toute l’audace que lui donnait sa confiance absolue en son père spirituel, Hilarion partit engager la lutte contre les démons habitant cette effroyable solitude, qui n’était traversée, de temps à autre, que par des bandes de brigands. Il entreprit là de réduire son corps en servitude et d’éteindre les ardeurs de la jeunesse par un jeûne sévère. Il ne se nourrissait que de quinze figues par jour, après le coucher du soleil. Pendant la journée, il priait et chantait sans cesse les psaumes en labourant le sol aride, uniquement pour que la fatigue du travail s’ajoutât à celle du jeûne, car cette terre ne produisait rien qui pût se vendre et entraîner la tentation de la cupidité. Le démon, ainsi attaqué dans sa propre demeure par un adolescent, passa à l’assaut, comme il l’avait fait pour saint Antoine. Il apparut à Hilarion sous forme de bêtes sauvages, qui tentaient de l’effrayer par des bruits terrifiants. Mais toutes ces menées s’avéraient inutiles, car le jeune homme repoussait ses assauts par le signe de la Croix et prenait lui-même l’initiative du combat en raillant l’impuissance du Malin.

De l’âge de seize ans jusqu’à l’âge de vingt ans, Hilarion n’eut d’autre abri qu’une cabane de joncs et d’herbes poussant dans les marécages. S’étant ensuite construit une cellule, si basse qu’elle ressemblait davantage à un sépulcre qu’à une habitation, il couchait sur la terre battue, et ne se lavait et ne se coupait les cheveux qu’une fois par an, le jour de Pâques. Il ne lava jamais le sac de peau que lui avait donné saint Antoine, et il ne changeait sa tunique que lorsqu’elle tombait en lambeaux. Il avait appris toute l’Écriture sainte par cœur, et la récitait à haute voix en se tenant debout avec crainte, comme si Dieu était présent devant ses yeux. De l’âge de vingt et un ans à vingt-sept ans, il ne mangea chaque jour et pendant trois ans, qu’un peu de lentilles détrempées dans de l’eau froide ; les trois autres années, il se contenta de pain saupoudré de sel. De vingt-sept à trente ans, il vécut d’herbes sauvages ; de trente à trente-cinq ans, de six onces (environ 150 gr.) de pain d’orge et d’un peu d’herbes cuites sans huile. Atteint alors d’une maladie et sa vue ayant baissée, il ajouta un peu d’huile à son menu et garda le même régime jusqu’à l’âge de soixante-trois ans. Voyant son corps s’affaiblir et pensant que sa mort était proche, il ne mangea plus de pain jusqu’à la fin de ses jours, redoublant ainsi de ferveur, comme un jeune novice, à l’âge où d’autres ont coutume de diminuer leurs austérités. Il persévéra dans cette manière de vivre jusqu’à son bienheureux repos, ne mangeant qu’après le coucher du soleil et ne rompant jamais son jeûne, ni aux jours de fêtes, ni même au cours de ses plus graves maladies.

Ces travaux surhumains, que saint Hilarion entreprit par amour de Dieu, ouvrirent non seulement son cœur à la contemplation des mystères célestes, mais la grâce divine recouvrit aussi son corps et lui donna le pouvoir d’accomplir des miracles pour la consolation des fidèles. Il guérit des malades et délivra un grand nombre de possédés, si bien que, âgé de vingt-deux ans seulement, sa réputation s’était déjà répandue dans toute la Palestine, et même jusqu’en Égypte et en Syrie. On accourait vers lui en foule, et nombreux étaient ceux qui lui demandaient d’embrasser la vie angélique à ses côtés car, jusqu’alors, la vie monastique n’était pas encore apparue en Palestine ni en Syrie. C’est ainsi qu’Hilarion devint pour ces régions, ce que saint Antoine était pour l’Égypte. Il restait d’ailleurs en relation épistolaire avec le grand Antoine qui, lorsqu’on lui amenait des malades venus de ces régions, leur disait : « Pourquoi venir de si loin, alors que vous avez là-bas mon fils Hilarion ? » Ceux qui embrassèrent la vie solitaire et s’installèrent dans des cellules autour de saint Hilarion atteignirent bientôt le nombre de deux mille, tous le reconnaissant comme Père et guide. Une fois l’an, à l’époque des vendanges, Hilarion rendait visite à ses monastères, leur apportant alors leur subsistance pour l’année. Cette visite annuelle était également pour lui, l’occasion de rassembler la foule de ses disciples pour leur prodiguer son enseignement sur la purification de l’âme.

Comme l’armée des frères rangés sous sa direction, et la multitude des malades et des fidèles qui accouraient sans cesse de toutes parts vers sa retraite ne lui laissaient plus un instant de répit pour vaquer à la contemplation dans le silence, c’était en pleurant qu’il se souvenait de ses premières années passées dans l’ascèse, inconnu de tous. Ayant atteint l’âge de soixante-trois ans, il parvint, à force de larmes, à faire accepter son départ à ses disciples. Mais le jour venu, plus de dix mille personnes voulurent le suivre partout où il se rendrait, pour ne pas être privées de la grâce qui lui était attachée. Il parvint toutefois à les persuader de s’en retourner et ne prit avec lui que quarante disciples capables de supporter de longs voyages à pied en jeûnant tout le jour. Comme il avait appris la mort de saint Antoine, Hilarion se dirigea vers l’Égypte, pour vénérer les lieux qui avaient été sanctifiés par le séjour du saint. Et c’est en versant d’abondantes larmes qu’il se prosterna devant tous les lieux et les objets qu’avait touchés le Père des moines. Au sortir du désert de saint Antoine, Hilarion partit en quête de solitude. Mais où qu’il se rendît, du désert à Alexandrie, il répandait autour de lui la grâce, les miracles et les guérisons, si bien qu’on accourait vers lui en foule et que sa renommée le devançait partout, sans jamais lui laisser de repos.

Au cours des trois années (360-363) pendant lesquelles s’exerça la tyrannie de Julien l’Apostat, le monastère de saint Hilarion, près de Gaza, fut détruit et les moines dispersés. C’est pourquoi le saint décida de se réfugier en Libye. De là, il fit voile pour la Sicile, pensant trouver la solitude dans ces régions où il était inconnu. Mais, contraint par sa compassion et son amour des hommes, il chassa les démons, guérit les malades et attira de nouveau les foules à lui. Il s’enfuit une nouvelle fois et se rendit dans un bourg de Dalmatie, région encore habitée par les barbares. Là encore, la grâce qui émanait de sa personne ne put rester cachée : il mit à mort une bête monstrueuse qui effrayait les habitants, et put ainsi les convertir au christianisme. Voulant échapper aux honneurs, il prit la fuite de nuit et s’embarqua sur un vaisseau marchand pour l’île de Chypre. À peine fut-il arrivé sur l’île, que les possédés, pris de panique, se mirent à crier qu’Hilarion, le serviteur de Jésus-Christ, était venu dans l’île pour les en chasser. Il lui fallut donc trouver une autre retraite. Il se rendit alors dans un endroit inhabité de l’île et s’installa dans une grotte inaccessible, située au sommet d’une montagne escarpée. Il y demeura cinq ans, visité seulement de temps à autre par son fidèle disciple Hésychios, qui venait lui donner des nouvelles de Palestine. Parvenu à l’âge de quatre-vingts ans, le corps grandement affaibli par ses austérités soutenues, saint Hilarion fit ses préparatifs pour quitter cette vie périssable, puis il rassembla autour de lui les quelques fidèles qui avaient pu atteindre sa demeure. Tandis qu’il était étendu, au seuil de la mort, il gardait les yeux ouverts et disait : « Sors mon âme, que crains-tu ? Sors, de quoi as-tu peur ? Tu as servi Jésus-Christ près de soixante-dix ans et tu crains la mort ? » En achevant ces paroles, il rendit son âme à Dieu et fut immédiatement enterré par ses disciples, conformément à ses instructions, afin de ne pas recevoir les honneurs d’une sépulture due aux saints. Quelque temps après, Hésychios vint prendre le corps de saint Hilarion et le transporta en Palestine, pour qu’il soit vénéré par la foule de ses disciples.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Hilarion, ton 8

Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Hilarion, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Hilarion, ton 3

Comme un astre sans déclin, du mystique Soleil * tous ensemble nous, * t’acclamons par des hymnes en ce jour: * sur ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’ignorance tu as brillé, * faisant monter vers la hauteur divine les fidèles s’écriant: * Réjouis-toi, Père Hilarion, en qui les moines ont un appui.

ÉPITRE DU JOUR

Ph II, 24-30

J’ai cette confiance dans le Seigneur que moi-même aussi je viendrai bientôt. J’ai estimé nécessaire de vous envoyer mon frère Épaphrodite, mon compagnon d’oeuvre et de combat, par qui vous m’avez fait parvenir de quoi pourvoir à mes besoins. Car il désirait vous voir tous, et il était fort en peine de ce que vous aviez appris sa maladie. Il a été malade, en effet, et tout près de la mort ; mais Dieu a eu pitié de lui, et non seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas tristesse sur tristesse. Je l’ai donc envoyé avec d’autant plus d’empressement, afin que vous vous réjouissiez de le revoir, et que je sois moi-même moins triste. Recevez-le donc dans le Seigneur avec une joie entière, et honorez de tels hommes. Car c’est pour l’œuvre de Christ qu’il a été près de la mort, ayant exposé sa vie afin de suppléer à votre absence dans le service que vous me rendiez.

Évangile du jour

Lc VI, 46 – VII, 1

Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ? Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les met en pratique. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui qui entend, et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondement. Le torrent s’est jeté contre elle: aussitôt elle est tombée, et la ruine de cette maison a été grande. Après avoir achevé tous ces discours devant le peuple qui l’écoutait, Jésus entra dans Capernaüm.

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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