27 août (ancien calendrier) / 9 septembre (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Pimène le Grand, ascète au désert de Scété (vers 450) ; saint Osius, évêque de Cordoue, confesseur (359) ; saint martyr Phanourios ; saint Libère, pape de Rome, confesseur (366) ; saint Eubert, évêque de Lille ; saint Césaire, évêque d’Arles (543); saint Lizier, évêque de Couserans et de Tarbes (548) ; saint Pimène de Palestine (vers 602) ; sainte Anthouse, martyre en Perse ; saint Sabbas, moine ; saint Koukcha et saint Pimène le jeûneur, moines, martyrs, des Grottes de Kiev (après 1114) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Michel Voskresensky, prêtre et avec lui 28 martyrs (1918) ; Étienne Nemkov, prêtre et avec lui 18 martyrs (1918) ;Paul Fokine, prêtre (1918) ; Jean Lebedev, Jean Smirnov, prêtres et Méthode Ivanov, moine (1937) ; Alexandre Tsitserov, prêtre (1939) ; Vladimir Sokolov, prêtre (1940) ; Démètre Krioutchkov, confesseur, prêtre (1952).

SAINT PIMÈNE LE GRAND[1]

Saint Pimène le Grand
Saint Pimène le Grand (vers 450)

Saint Pimène était originaire d’Égypte. À l’âge de quinze ans, il rejoignit ses six frères qui pratiquaient l’ascèse au désert de Scété : abba Anoub était l’aîné [6 juin] et Païssios le cadet. Alors qu’il était encore jeune, Pimène alla interroger un vieillard sur trois pensées, mais dans la conversation il oublia l’une d’elles. Rentré chez lui et s’en souvenant, il partit aussitôt et parcourut la longue distance qui le séparait de l’Ancien pour lui soumettre sa pensée. Admirant son souci de présenter ainsi un cœur pur à Dieu, l’Ancien lui prédit : « Pimène, ton nom sera prononcé dans toute l’Égypte et tu deviendras réellement pasteur d’un immense troupeau ». Lors de la dévastation du centre monastique de Scété par les barbares Maziques (407), les sept frères purent échapper au massacre et, empruntant la route des exploitants de nitre, ils s’installèrent à Térénouthis, en Haute-Égypte, sur les rives du Nil. Pimène acquit là une grande notoriété, si bien que les gens pieux délaissaient les anciens qu’ils avaient coutume de consulter pour prendre conseils auprès de lui. Quand un visiteur venait interroger abba Anoub, il l’envoyait auprès de Pimène, car il reconnaissait qu’il avait reçu le charisme de l’enseignement, mais Pimène ne prenait jamais la parole en présence de son frère aîné et refusait de parler après un autre Ancien, bien qu’il les dépassât tous. Ayant appris où les sept frères s’étaient retirés, leur mère chercha à les voir, mais elle s’opposa à un ferme refus, aussi alla-t-elle se poster devant l’église et attendit-elle que les ascètes s’y rendent pour la synaxe hebdomadaire. En la voyant, ses fils s’en retournèrent aussitôt. Elle courut à leur suite et, trouvant porte close, elle poussait des gémissements. Pimène dit alors à sa mère de l’intérieur : « Préfères-tu nous voir ici-bas ou dans le siècle à venir ? » Elle répondit : « Mais ne suis-je pas votre mère ? N’est-ce pas moi qui vous ai allaités ? J’ai maintenant des cheveux blancs, ne puis-je donc pas vous voir ? » Il reprit : « Si tu te domines toi-même pour ne pas nous voir ici, tu nous verras là-bas pour l’éternité. » Et la pieuse mère repartit alors pleine de joie, en disant : « Si je vous vois parfaitement là-bas, alors je ne désire plus vous voir ici-bas ». Dans ses débuts, Pimène jeûnait beaucoup, passant souvent deux ou trois jours sans nourriture, et soumettait son corps à de grandes austérités. Mais, avec le temps, il acquit une grande expérience dans la science spirituelle, et devenu médecin, pilote et lampe de discernement pour les habitants du désert, il enseignait à manger modérément chaque jour, afin de ne tomber ni dans l’orgueil ni dans la gourmandise, et de suivre ainsi la voie royale qui est légère et aisée. À un frère qui le surprit un jour en train de prendre un bain de pieds et s’en scandalisait, il répondit : « Nous, nous n’avons pas appris à tuer notre corps, mais à tuer nos passions ». Il disait aussi souvent : « Tout ce qui dépasse la mesure vient des démons ». Mesuré dans l’ascèse, il était cependant très strict en ce qui concernait les relations avec les hommes, et considérait sa cellule comme son tombeau, dans lequel le moine, comme un mort, doit rester étranger à tout attachement terrestre. Un jour, le gouverneur de la contrée, désirant le voir, fit arrêter le fils de la sœur de l’Ancien, pour que ce dernier vienne intercéder en sa faveur. Mais Pimène resta insensible aux supplications de sa sœur, disant : « Pimène n’a pas engendré de fils. » Et il fit dire au gouverneur de le juger conformément aux lois, s’il avait commis une faute. Quand un visiteur voulait s’entretenir avec lui de choses élevées, l’Ancien gardait le silence ; mais si on le questionnait sur les passions et sur la manière de guérir l’âme, alors il répondait avec joie. Il donnait à ses interlocuteurs des réponses proportionnées à leur entendement et à leurs possibilités, pour les encourager aux progrès dans la vertu. Avant tout, il leur recommandait de ne pas laisser place aux pensées passionnées en s’y complaisant ou en essayant de leur répondre et assurait qu’elles disparaîtront ainsi d’elles-mêmes : « Nous ne pouvons pas les empêcher de venir nous troubler, mais il est en notre pouvoir de leur résister ». Il enseignait que se jeter devant Dieu, ne pas se mesurer soi-même et abandonner derrière soi toute volonté propre sont les instruments de la purification de l’âme, mais que c’est surtout par le blâme de soi et la vigilance qu’elle pourra être édifiée et progresser vers la perfection. Quand on lui demanda un jour s’il convenait de reprendre les frères que l’on voyait en état de faute, Pimène répondit : « À l’heure même où nous cachons la faute de notre frère, Dieu cache la nôtre, et à l’heure où nous manifestons la faute de notre frère, Dieu manifeste aussi la nôtre ». Et lorsqu’il voyait un frère s’endormir à l’église, loin de le reprendre, le saint Ancien préférait placer sa tête sur ses genoux et le laisser se reposer. Quant à la vigilance sur lui-même, il l’observait strictement en tout temps, sachant que le principe de tous les vices est la distraction ; et quand il devait sortir de sa cellule, il passait auparavant une heure assis à examiner ses pensées. Il disait aussi que : « l’homme a besoin de l’humilité comme du souffle qui sort de ses narines », et que c’est par le blâme de soi, qui nous fait considérer notre frère comme supérieur, que nous pouvons parvenir à cette humilité qui nous procure en toute circonstance le repos. Il avait porté, quant à lui, à un tel degré le mépris de lui-même qu’il déclarait avec sincérité : « Dans le lieu où Satan est jeté, je me jette et me place au-dessous des êtres sans raison, car je sais qu’eux ne sont pas répréhensibles ». Quand on lui demanda comment il était possible de se considérer inférieur à toute créature et même à un meurtrier, l’Ancien répondit : « Lui a commis seulement cette faute, mais moi je tue chaque jour ». Voyant un jour une femme se lamenter sur le tombeau de son mari et de son fils, abba Pimène dit à son frère Anoub que si l’on n’acquiert pas un tel état de deuil et une mortification constante de la chair, on ne peut devenir moine. Une autre fois, il tomba en extase devant un de ses proches, qui lui demanda ensuite où il avait été transféré. Il répondit : « Ma pensée était là où se trouvait la sainte Mère de Dieu, qui pleurait sur la Croix du Sauveur, et je voudrais tout le temps pleurer ainsi ». Un jour, des visiteurs notoires vinrent de Syrie pour l’interroger sur la pureté du cœur, mais l’Ancien ne savait pas le grec, et il ne se trouvait pas d’interprète. Constatant l’embarras de ses visiteurs, Pimène se mit soudain à leur parler en grec et leur dit : « La nature de l’eau est molle, celle de la pierre est dure ; mais une outre suspendue au-dessus de la pierre, faisant tomber l’eau goutte à goutte, transperce la pierre. Ainsi en est-il de la Parole de Dieu : elle est tendre et notre cœur est dur, mais l’homme qui l’entend souvent ouvre son cœur à la crainte de Dieu ». Après avoir brillé de longues années comme un astre dans le désert, enseignant par sa propre expérience et se faisant un modèle vivant de toutes les vertus, abba Pimène s’endormit en paix, quelque temps après saint Arsène (après 449), mais sans avoir revu le désert de Scété.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Pimène, ton 3

Ton âme tout entière illuminée par l’éclat de tes œuvres divines, tu devins un luminaire sans déclin, un flambeau du discernement, dissipant les ténèbres des passions pour éclairer nos esprits; vénérable Pimène, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grâce du salut.


Tropaire du saint grand-martyr Phanourios, ton 4

L’Eglise sur terre brillamment entonne un cantique des cieux; à la terrestre solennité répond l’assemblée des Anges festivement; par des hymnes sacrées, dans les hauteurs, l’une acclame tes exploits, tandis que l’autre, ici-bas, célèbre la céleste gloire que tu trouvas, illustre Phanourios, par tes peines de martyr.

Kondakion de saint Pimène, ton 4

Voici venue en ce jour, vénérable Pimène, la mémoire sacrée de tes combats lumineux, qui réjouit les âmes des croyants, bienheureux Père aux divines pensées.

ÉPITRE DU JOUR

Gal. III, 15-22

Frères (je parle à la manière des hommes), une disposition en bonne forme, bien que faite par un homme, n’est annulée par personne, et personne n’y ajoute. Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n’est pas dit: et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule: et à ta postérité, c’est-à-dire, à Christ. Voici ce que j’entends: une disposition, que Dieu a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée, et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cents trente ans plus tard. Car si l’héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse; or, c’est par la promesse que Dieu a fait à Abraham ce don de sa grâce. Pourquoi donc la loi? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur. Or, le médiateur n’est pas médiateur d’un seul, tandis que Dieu est un seul. La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là! S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus Christ à ceux qui croient.

ÉVANGILE DU JOUR

Mc VI, 7-13 Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n’est un bâton; de n’avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques. Puis il leur dit: Dans quelque maison que vous entriez, restez-y jusqu’à ce que vous partiez de ce lieu. Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage. Ils partirent, et ils prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient.

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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