4 mars (ancien calendrier)/17 mars (nouveau)
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4 mars (ancien calendrier)/17 mars (nouveau)

Grand Carême. Saint Gérasime du Jourdain, anachorète (475) ; saints martyrs Paul et Julienne (vers 273) ; saint Jacques le Jeûneur (VIème s.) ; saint Grégoire, évêque de Constance à Chypre ; saint Léonard, évêque d’Avranches et confesseur (630) ; saint Joasaph de Pskov (1299) ; saint Basile, prince de Rostov (1238) ; saint Daniel, prince de Moscou (1303) transfert des reliques du saint prince Wenceslas de Bohême (938) ; saint Gérasime de Vologda (1178) ; saint hiéromartyr Alexandre (Likharev), prêtre (1938).

SAINT GÉRASIME DU JOURDAIN

Saint Gérasime du Jourdain
Saint Gérasime du Jourdain, anachorète (475

Notre saint Père Gérasime naquit dans la province de Lycie, à la fin du ive siècle, et entra dès son enfance dans un monastère cénobitique. Après avoir été initié aux règlements de la vie commune, son ardent désir de Dieu le conduisit en des lieux déserts où il se nourrissait de plantes poussant là naturellement, et il passait ses jours et ses nuits à lutter contre les esprits des ténèbres et les passions de la chair. De là, il se rendit en Terre Sainte pour entreprendre de plus grands combats dans les lieux sanctifiés par la présence de tant de saints ascètes et nouveaux apôtres. Après avoir vénéré les sanctuaires de Jérusalem, il se dirigea vers l’âpre désert de la mer Morte, qu’il civilisa par ses vertus, et attira à lui un grand nombre de disciples.

Pendant les temps troublés qui agitèrent les moines de Palestine après le Concile de Chalcédoine (451) et entraînèrent vers l’hérésie plus de dix mille d’entre eux, saint Gérasime, victime de sa grande simplicité, se laissa séduire lui aussi quelque temps par l’éloquence trompeuse du monophysite Théodose qui s’était emparé du siège épiscopal de Jérusalem, à la place de saint Juvénal [2 juil.]. Mais, rencontrant saint Euthyme [20 janv.] dans le désert de Rouba, il réalisa son erreur, accueillit avec humilité son enseignement et revint à l’Orthodoxie pour devenir, tant par sa vie que par ses enseignements, un fervent défenseur de la vraie foi. Par la suite, il garda de fréquentes relations avec le grand Euthyme et, chaque année, il partait avec lui pour le désert profond, afin de passer tout le Carême, jusqu’au dimanche des Palmes, dans le jeûne le plus strict et la prière permanente. Pendant la semaine, il s’abstenait de toute nourriture et ne se contentait, le dimanche, que de la sainte Communion.

Comme ses disciples devenaient plus nombreux, il condescendit à leur faiblesse et alla fonder une laure dans un endroit plus clément, sur les rives du Jourdain, dans laquelle il alliait harmonieusement la vie communautaire et la solitude, offrant ainsi à tous une saine émulation dans les combats de la vertu. Les débutants devaient d’abord vivre dans le coenobium pour y apprendre la soumission et les institutions de la vie angélique, puis ceux d’entre eux qui étaient suffisamment éprouvés dans l’ascèse et l’humilité allaient vivre en solitaire aux alentours, répartis dans plus de soixante-dix cellules qui étaient assez éloignées les unes des autres pour que chacun puisse se livrer sans trouble à la prière et aux hymnes divines, se nourrissant seulement de pain et d’eau pendant les cinq jours de la semaine. Le samedi et le dimanche, ermites et cénobites, se réunissaient dans l’église pour célébrer la Divine Liturgie et participer aux saints Mystères. Après le repas commun, suivi de quelque conversation spirituelle ou d’une conférence de leur père spirituel, Gérasime, ils recevaient leurs provisions pour la semaine : un pain, quelques dattes et une cruche d’eau, et les fournitures nécessaires à leur travail manuel, puis chacun repartait en silence pour mener son combat, seul devant Dieu. Ces ermites menaient une vie si rigoureuse qu’on ne trouvait dans leurs cellules ni lampe, ni rien pour allumer du feu. Ils ne possédaient qu’une tunique, un manteau (mandya), un capuchon (coucoulion), une natte pour couche et un vase en terre cuite dans lequel ils mangeaient et dont ils se servaient pour mouiller les feuilles de palmes qu’ils tressaient. Mortifiant leur ventre et toutes les passions charnelles par un combat permanent contre la tendance de notre nature au plaisir, ils apprenaient à rester maîtres de la tristesse, de la colère et de toutes les passions de l’âme, et gardaient leur intellect en éveil dans le constant souvenir de Dieu. Saint Gérasime leur enseignait comment mettre tout leur soin à cultiver l’homme caché du cœur et à élever leur âme vers la contemplation des mystères divins. Ils étaient si dépouillés de tout attachement aux choses du monde qu’ils avaient comme règle, quand ils sortaient, de laisser leur cellule ouverte à quiconque entrerait pour prendre ce dont il avait besoin. N’ayant qu’un seul cœur, qu’une âme, personne ne disant sien quoi que ce fût, car tout appartenait à tous, ils imitaient parfaitement la vie des apôtres, et pouvaient ainsi recevoir de Dieu les mêmes grâces que ces derniers.

Saint Cyriaque l’Anachorète [29 sept.] qui, trop jeune encore pour entreprendre les combats du désert, avait été envoyé par saint Euthyme auprès de Gérasime pour devenir son disciple, racontait qu’un jour, après avoir été averti de nuit par la vision d’une colonne de feu qui s’élevait au ciel, son Ancien lui annonça que saint Euthyme venait de décéder et qu’ils devaient se rendre à ses funérailles, après une longue marche dans le désert jusqu’à Jéricho.

Une autre fois, comme le saint se promenait sur la rive du Jourdain, un lion terrifiant se présenta soudain devant lui, hurlant de douleur et lui montrant sa patte enflée, car une pointe de roseau s’y était enfoncée. Animé de cette même compassion que Dieu éprouve envers toutes ses créatures, Gérasime retira l’épine, nettoya la plaie et la banda, puis il congédia la bête. Mais le lion, plein de reconnaissance, ne voulut plus quitter l’homme de Dieu. Il le suivait partout, comme un disciple exemplaire, et, converti de sa férocité naturelle, il ne mangeait plus que du pain et des légumes. Il avait même reçu une obédience et était chargé de conduire l’âne du monastère pour le faire paître sur les rives du fleuve. Un jour, échappant à la surveillance du lion, l’âne s’éloigna et fut capturé par des chameliers qui venaient d’Arabie. Le lion revint au monastère tout triste et la tête baissée. Saint Gérasime, croyant qu’il avait mangé l’âne, le réprimanda sévèrement et le condamna à faire désormais le travail de la bête de somme, en portant l’eau du fleuve au monastère. Quelque temps après, le chamelier qui avait pris l’âne, étant de nouveau de passage dans la région, se trouva par hasard en face du lion. En reconnaissant l’âne, le lion fonça aussitôt sur lui et, le prenant par la bride avec trois chameaux à la suite, il le ramena avec joie au monastère d’Abba Gérasime en frétillant de la queue de joie. Son innocence ayant été reconnue, le lion, qui avait reçu le nom de Jourdain, vécut dès lors dans la laure, inséparable du saint et ami de tous les moines.

Au bout de cinq ans, quand saint Gérasime s’endormit dans le Seigneur (5 mars 475), Jourdain était absent de la laure. Lorsqu’à son retour, les moines lui apprirent la mort de l’Ancien, il refusa de manger et, tournant çà et là, il poussait de grands rugissements de désespoir. Comme les moines ne parvenaient pas à le consoler, l’un d’eux l’invita à le suivre pour voir l’endroit où l’on avait enterré le saint. Aussitôt qu’il approcha de la tombe, le lion se prosterna avec le moine et, frappant violemment sa tête contre terre, il mourut sur place en poussant un grand rugissement. Jean Moschos, qui nous a transmis cet épisode, conclut en disant : « Tout cela se fit non pas qu’il faille attribuer au lion une âme raisonnable, mais parce que Dieu voulait glorifier ceux qui le glorifient, non seulement durant leur vie, mais encore après leur mort, et montrer comment les bêtes étaient soumises à Adam avant qu’il eût transgressé son commandement et qu’il eût été chassé du Paradis de délices ».

La laure de saint Gérasime est restée pendant longtemps un des hauts lieux du monachisme palestinien, jusqu’à sa destruction au xiiie siècle. Prenant avec eux les reliques du saint, les moines s’installèrent alors dans la Laure de Calamon qui prit le nom de saint Gérasime.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Gérasime, ton 1

Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, / tes miracles te signalèrent, Père Gérasime porteur-de-Dieu; / par le jeûne, les veilles et l’oraison / tu as reçu les charismes du ciel / pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. / Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, / gloire à celui qui t’a couronné, / gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion de saint Gérasime,  ton 4

Embrasé par l’amour suprême, tu préféras / à toutes les délices du monde l’âpre désert du Jourdain; / c’est là qu’un fauve te servit docilement jusqu’à ta mort / et de chagrin se laissa mourir sur ton sépulcre, Père saint, / Dieu te glorifiant d’une telle façon; / vénérable Père, intercédant auprès de lui, / de nous tous, Gérasime, souviens-toi.

Lectures de l’Ancien Testament

Isaïe IX, 9–X, 4

Et tout le peuple d’Éphraïm et ceux qui résident en Samarie Le connaîtront, eux qui disent dans l’orgueil et l’arrogance de leur cœur : Les briques sont tombées, mais venez; taillons des pierres, abattons des sycomores et des cèdres, et bâtissons-nous une tour. Et le Seigneur brisera ceux qui s’élèvent contre Lui sur la montagne de Sion, et Il dispersera les ennemis. La Syrie à l’Orient, les Hellènes à l’Occident, qui dévorent Israël à pleine bouche. Contre eux tous s’est tournée Sa fureur, et Sa main est encore levée. Et le peuple ne s’est point converti, et il n’a point cherché le Seigneur, avant d’avoir été frappé. Et en un seul jour le Seigneur a retranché d’Israël la tête et la queue, le grand et le petit. Le vieillard et tous ceux qui n’admirent que les apparences, c’est la tête; et le faux prophète qui enseigne l’iniquité, c’est la queue. Et ceux qui déclarent heureux ce peuple sont dans l’égarement, et ils l’égarent afin de le dévorer. C’est pourquoi le Seigneur ne mettra pas Sa joie en leurs jeunes gens, et Il n’aura pitié ni de leurs orphelins ni de leurs veuves, parce qu’ils sont tous déréglés et pervers, et que leurs bouches profèrent toutes l’iniquité. Contre eux tous s’est tournée Sa fureur, et Sa main est encore levée. Et leur iniquité brûlera comme un feu; elle sera consumée par la flamme comme une herbe sèche ; elle s’allumera comme une épaisse forêt de chênes, et tout ce qui environne la colline sera dévoré. A cause de la colère du Seigneur la terre entière sera livrée au feu, et le peuple sera la proie des flammes, et le frère n’aura point pitié de son frère. Il ira à droite, parce qu’il aura faim; il mangera à gauche, et ne sera point rassasié de la chair de son bras. Car Manassé mangera Éphraïm, et Éphraïm, Manassé, parce qu’ensemble ils auront assiégé Juda. Contre eux tous s’est tournée sa fureur, et sa main est encore levée. Malheur à ceux qui écrivent l’iniquité! Car en écrivant ainsi, c’est l’iniquité qu’ils gravent. Ils écartent du pauvre la justice, ils arrachent tout moyen de défense aux indigents de mon peuple, afin que la veuve soit pour eux un butin, l’orphelin une proie. Et que feront-ils au jour de la visite du Seigneur? Car la tribulation viendra sur vous de loin. Vers qui vous réfugierez-vous pour avoir du secours? Et où cacherez- vous votre gloire Pour n’être point entraînés en captivité? Sur vous tous s’est tournée la colère du Seigneur, et sa main est encore levée.

Genèse VII, 1-5

Dieu dit alors à Noé : Entre dans l’arche avec toute ta maison, parce que parmi toute cette race, je t’ai vu juste devant moi. De tous les bestiaux purs introduis auprès de toi sept couples, mâles et femelles, et de tous les animaux impurs deux couples mâles et femelles ; De tous les oiseaux purs du ciel sept couples mâles et femelles, et de tous les oiseaux impurs deux couples mâles et femelles, afin d’en conserver la semence pour toute la terre. Car, encore sept jours, et Je ferai tomber la pluie sur toute la terre, quarante jours et quarante nuits ; et J’effacerai de la face de toute la terre tout ce qui s’y élève et que j’ai fait. Noé fit tout ce que lui ordonna le Seigneur Dieu.

Proverbes VIII, 32 – IX, 11

Maintenant donc, mon fils, écoute-moi. Heureux l’homme qui m’écoutera, et le mortel qui gardera mes voies, veillant le jour à mes portes et gardant le seuil de ma demeure. Car mes portes sont des portes de vie, et en elles réside la volonté du Seigneur. Ceux qui pèchent contre moi outragent leur âme, et ceux qui me haïssent aiment la mort. La Sagesse a édifié pour elle une maison, et elle l’a appuyée sur sept colonnes. Elle a égorgé ses victimes ; elle a mêlé son vin dans un cratère et a dressé sa table. Elle a envoyé ses serviteurs, conviant à boire autour de son cratère, disant : Que l’insensé vienne à moi ; et à ceux qui manquent de sens elle a dit : Venez, mangez de mon pain ; buvez du vin que j’ai mêlé pour vous. Abandonnez la folie, pour régner dans l’éternité ; cherchez la sagesse, et dirigez votre intelligence vers le savoir. Celui qui veut instruire les méchants n’y gagnera que de la honte ; celui qui blâme l’impie se moque de lui-même. Ne réprimande pas le méchant, de peur qu’il ne te haïsse ; mais corrige le sage, et il t’aimera. Donne au sage une occasion d’apprendre, et il sera plus sage ; avertis le juste, et il s’instruira de plus en plus. La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, et le conseil des saints est l’intelligence ; car connaître la loi, c’est l’œuvre d’un bon esprit. Et de cette manière tu vivras longtemps, et des années s’ajouteront à ta vie.

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