Des milliers de fidèles se sont rassemblées à Nikšić pour protester contre le nouveau projet de loi de nationalisation des biens ecclésiastiques orthodoxes au Monténégro
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Des milliers de fidèles se sont rassemblés à Nikšić auprès des reliques de S. Basile d’Ostrog, un saint serbe du XVIIème siècle, pour réclamer le retrait de la proposition de loi du gouvernement monténégrin « sur la liberté religieuse et le statut juridique des Églises et confession religieuses », laquelle est discriminatoire envers l’Église  orthodoxe serbe au Monténégro. La Liturgie, en la cathédrale Saint-Basile-d’Ostrog, auprès des reliques du saint qui y avaient été amenées depuis le monastère d’Ostrog où elles reposent, a été célébrée par le métropolite Amphiloque du Monténégro et du Littoral, les évêques Théodose de Ras-Prizren, Athanase de Mileševo, Joannice de Budimlja-Nikšić, Jean de Pakrac et Slavonie, Serge de Bihać et Petrovac, Dimitri de Zahumlje, Méthode de Dioclée, et l’évêque émérite de Zahumlje et Herzégovine Athanase, ainsi que de nombreux prêtres. Après la Liturgie, le métropolite Amphiloque s’est adressé à l’assistance, en soulignant que le rassemblement en la cathédrale de Nikšić auprès de la châsse contenant les reliques de S. Basile n’était pas destiné à profaner celles-ci comme le disent les athées : « C’est précisément ce que prétendent ceux dont les ancêtres ont détruit le monastère de Tvrdoš [оù vécut un certain temps S. Basile, ndt]. Ces insensés contemporains veulent s’emparer des églises. Les Turcs eux-mêmes n’ont pas fait ce que ces athées souhaitent, s’emparer des églises et les donner à des sectes [la soi-disant « Église autocéphale du Monténégro », ndt]. Ce groupe de nantis, d’ex-Titistes, qui ont pillé toutes les entreprises, veulent maintenant aussi les églises. Ils ne le pourront pas » s’est exclamé le métropolite du Monténégro. Ensuite ont été lus : la lettre du patriarche de Constantinople au président monténégrin Milo Djukanović dans laquelle il avertit celui-ci ne pas discriminer l’Église au Monténégro, la déclaration

du Synode de l’Église orthodoxe russe sur cette question, la récente lettre du pape François au patriarche de Serbie Irénée, le soutien du monastère athonite de Chilandar à la présente assemblée, et à la fin, l’appel de celle-ci à défendre l’Église au Monténégro, publié ci-dessous in extenso : « En vous souhaitant, frères, de bonnes fêtes de la Nativité et de la nouvelle année qui s’approchent, nous vous saluons par les paroles de paix et d’amour : ‘Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur terre, bienveillance parmi les hommes’. Après avoir célébré la sainte Liturgie et communié au Corps et au Sang du Dieu d’Amour, avec la bénédiction de S. Basile d’Ostrog, nous nous adressons à vous par ce message de l’Assemblée réunie au nom du saint, à l’occasion du projet de loi sur la liberté religieuse ou sur le statut confessionnel et juridique des communautés religieuses, dont l’appellation plus exacte serait : « Loi contre l’Orthodoxie au Monténégro », que le gouvernement monténégrin, afin de réaliser ses buts idéologiques insensés, tente ces jours-ci d’imposer unilatéralement. Ce projet a  pour but de légaliser la discrimination du diocèse métropolitain du Monténégro et du Littoral ainsi que d’autres diocèses de l’Église orthodoxe serbe au Monténégro, dans le but de préparer la saisie de nos églises et de nos tombes et d’accomplir le pillage de nos biens ecclésiastiques, d’abolir le statut juridique acquis au cours d’une histoire glorieuse de 800 ans et par voie de conséquence, humilier et piétiner notre liberté et notre foi. Nous, évêques, prêtres et fidèles orthodoxes, citoyens du Monténégro, sommes résolus à défendre notre foi et notre liberté, dans le cadre de nos droits civiques inaliénables. La liberté personnelle de la foi que nous réalisons dans l’Église, dans l’union avec les autres, doit être quelque chose de sacré pour l’État aussi. La réalisation de la liberté religieuse et l’exercice des droits religieux constituent l’essence de la liberté humaine et des droits de l’homme ; il en est ainsi, car la liberté religieuse constitue l’essence même de la personne. L’Église, à travers l’histoire du Monténégro, a été nationale et créatrice d’État, car elle a créé et façonné l’identité traditionnelle de notre peuple et de notre État. Si nous voulons survivre dans notre identité, nous devons, aujourd’hui également et à tout prix défendre notre Église orthodoxe. Cela signifie aujourd’hui lutter « Pour la Croix précieuse et la liberté dorée! » La Croix précieuse est la Croix de la crucifixion du Christ. Sans cette Croix précieuse, sans participation au sacrifice du Christ, et sans notre Église, il n’y aurait plus de véritable Monténégro et de Monténégrins. Nous le rappelons : le devoir de l’État est de garantir à chacun la paix, le droit, la justice et la sécurité juridique. Le devoir de l’État est de garantir la liberté, qui est notre droit naturel, de défendre la propriété, et non de l’enlever. L’État doit créer les conditions pour une vie prospère, et non de produire des conflits et de revigorer les anciennes divisions sur lesquelles il règne. L’État doit s’opposer à la discrimination et défendre les libertés religieuses ainsi que les droits de tous et non attaquer l’espace de l’âme et du temple dans lequel habite Dieu. Aujourd’hui, au Monténégro, le pouvoir veut se placer lui-même et l’État-parti au lieu de Dieu, et donc nier Dieu et piétiner nos droits et, ainsi, notre liberté perd son fondement et son sens. Aujourd’hui, au Monténégro, l’État n’accorde pas la liberté religieuse garantie par la constitution, particulièrement à l’Église orthodoxe – le diocèse métropolitain du Monténégro qui a enfanté le Monténégro – car il veut faire fonctionner la religion et l’Église aux fins de son idéologie, en créant son « Église autocéphale » dans l’esprit du léninisme et du stalinisme. L’État séculier, héritier du système titiste athée, fait quelque chose que même ce système n’a pas fait : la saisie au moyen de la loi des églises et des biens ecclésiastiques. Ceci représente un piétinement des chartes des souverains du Moyen-Âge et des époques ultérieures, jusqu’à la Maison Crnojević [dynastie ayant régné au XVème s. sur le Monténégro, ndt] et au roi Nicolas Petrović [roi du Monténégro, mort en 1921, ndt], ainsi que des nombreux legs de particuliers et de fraternités à travers les siècles. En refusant un tel rôle et insistant sur sa liberté et son droit à sa propre organisation, l’Église s’expose au danger de ne pas être reconnue par un tel État. Mais il n’est pas rare que l’aspiration à la liberté et à l’identité soit liée aux dangers et aux pressions. Nous continuerons notre juste lutte contre la discrimination, comme nous le faisons depuis des années : nous offrons continuellement le dialogue, nous proposons des solutions légales, nous organisons des colloques scientifiques et nous publions des livres spécialisés dans le domaine des droits et des libertés religieuses. Nous attendons des institutions de l’Union Européenne qu’elles n’ignorent pas le fait que le pouvoir monténégrin transgresse les dispositions du Traité de Lisbonne (art. 17), par lesquelles l’État reconnaît l’identité des Églises et des Confessions religieuses et maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec celles-ci. C’est là la position de la Commission de Venise [organe consultatif du Conseil de l’Europe, ndt] sur cette proposition de loi, à laquelle le pouvoir se réfère formellement. Fonder la loi sur un mensonge historique, comme celui qui prétend que le diocèse métropolitain du Monténégro a été aboli avec la disparition du Royaume du Monténégro (1918) signifie ignorer la décision du Saint-Synode du Royaume du Monténégro (16 décembre 1918), par laquelle ce diocèse métropolitain, le premier des anciens évêchés du Patriarcat de Peć aboli par les Turcs (1766) a renouvelé l’unité avec celui-ci, ce qui fut confirmé par le Patriarcat œcuménique également (1922). Toutes les églises et tous les biens ecclésiastiques du Monténégro, par cette unification sont restés la propriété du diocèse métropolitain lui-même et de ses dépendances jusqu’à ce jour. Considérer que ces biens ont été transmis à quelqu’un d’autre est aussi insensé que d’affirmer que le Monténégro, en devenant membre des Nations Unies, a cessé d’exister et a disparu ainsi que son héritage historique ! La loi sur la liberté religieuse, qui est en cours d’adoption, viole tous les principes fondamentaux et les standards de la légalité démocratique et civilisée dans ce domaine : le principe de liberté religieuse est menacé dans sa substance avant tout par la saisie annoncée des églises et biens ecclésiastiques. Le principe de neutralité de l’État est encore ridiculisé par le fait que la question de l’Église est devenue un élément du programme du parti au pouvoir. Le principe d’égalité de traitement juridique qui n’existe plus depuis longtemps dans la réalité doit maintenant être légalisé aux dépens de l’Église orthodoxe. Le droit à sa propre organisation n’est pas respecté pour l’Église, tandis que lui sont imposés des dictats politiques. Or, l’État est tenu de respecter ces principes et de les défendre dans leur sens originel, de les garantir et non pas de les utiliser à des fins discriminatoires. Nous avons le droit, comme des personnes et citoyens libres, à exiger:

– la reconnaissance inconditionnelle par la loi ou par convention, ainsi qu’au respect de l’existence pluriséculaire de la continuité et de la subjectivité juridique, du diocèse métropolitain du Monténégro et du Littoral, des évêchés de Budimlja-Nikšić, de Zahumlje-Herzégovine et de Mileševo et de toutes les personnes juridiques en conformité avec le droit canon ;

– la conclusion d’un concordat avec le gouvernement du Monténégro, par lequel, sur un pied d’égalité et dans des conditions identiques qui sont contenus dans les accords que le gouvernement a conclus avec les autres Églises et confessions religieuses, seraient réglées les questions d’intérêt mutuel ;

– l’adoption d’une loi sur la restitution et l’indemnisation équitable des biens ecclésiastiques illégalement confisqués [par le pouvoir communiste, ndt] et la renonciation à une nouvelle saisie des biens des Églises et communautés religieuses ;

– La régularisation légale et le respect de l’autonomie de toutes les Églises et confessions religieuses,  fondées sur la Constitution et les standards internationaux

Nous exigeons tout cela non pas comme un privilège pour nous-mêmes, mais comme le droit commun pour toutes les Églises et confessions religieuses. Afin de nous justifier devant Dieu, S. Basile d’Ostrog et l’histoire, devant nos ancêtres et nos descendants, nous renouvelons le vœu de l’Assemblée qui a eu lieu le jour de la Pentecôte [tenue à Podgorica pour protester contre le nouveau projet de loi], et nous réitérons que nous garderons, restaurerons et défendrons tous nos lieux saints. Parmi les innombrables chartes et legs séculaires à l’Église et les malédictions sur ceux qui les enfreindraient, nous ne citerons qu’un passage du Testament de S. Basile, présent parmi nous – que son nom soit glorifié – :
« J’ai tout offert et donné à l’Église… pour mon âme, j’ai tout transmis entre les mains du Dieu Très-Haut et de la sainte Mère de Dieu… Et à qui oserait soustraire quelque chose au monastère, que le Seigneur lui ôte à sa maison, son troupeau, ses fis et tous ses biens, que le Seigneur le vainque… Que ses traces… périssent dans les siècles. Amen, Amen, Amen ».

Le Christ est né, en vérité Il est né !

Sources 1 et 2

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