Deux nouveaux saints de Finlande canonisés par le Patriarcat œcuménique

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Le saint et sacré Synode, acceptant à l’unanimité la proposition de l’Église autonome de Finlande qui dépend du Patriarcat œcuménique, a inscrit au nombre des saints de l’Église orthodoxe le vénérable Jean de Valaam (1873-1958) et le saint martyr et confesseur Jean de Ilomantsi (1848-1918), qui ont vécu et œuvré dans ce pays.
Vénérable Jean de Valamo (1873-1958).
Jean est né le 14 février 1873 dans la province de Tver, en Russie, dans une famille paysanne. Il a fait ses études à l’école paroissiale du village d’Il’inskoe. En 1889, il entre au monastère de Valamo. Après avoir passé quatre ans dans le skite de saint Germain de Valamo, il a ensuite fait son service militaire durant quatre ans. Libéré de ses obligations militaires, il rentre temporairement chez lui avant de retourner, en 1901, à Valamo. Jean a servi deux ans dans la métochion du monastère de Valamo à Saint-Pétersbourg. Il écrivit par la suite que la ville avait une mauvaise influence sur lui et que, faible dans sa volonté, il ne pouvait s’adapter à l’agitation urbaine. En 1906, Jean devint novice au monastère de Valamo et le 22 mai 1910, il fut tonsuré moine et on lui donna le nom de Hyacinthe. A la suite de nombreuses requêtes, Hyacinthe quitta la ville et retourna au monastère ; il vécut d’abord au skite du prophète Élie, puis dans celui de saint Jean-Baptiste. Le 19 octobre 1921, il fut nommé higoumène du monastère saint Tryphon de Petsamo. Le 13 novembre, il fut ordonné hiérodiacre et le 15 novembre hiéromoine. A cette époque, le monastère se trouvait sur le territoire de la Finlande nouvellement indépendante. En 1932, Hyacinthe retourna à Valamo et, en 1933, il devint moine de Grand Habit et prit le nom de Jean et commença à vivre dans l’isolement dans le skite de saint Jean-Baptiste. En 1938, il est désigné père spirituel du monastère. En 1940, le père Jean fut évacué avec les autres frères en Finlande pendant la guerre d’hiver entre l’Union soviétique et la Finlande. L’ancien Jean s’est endormi dans le Seigneur le 5 juin 1958 dans le nouveau monastère de Valamo en Finlande.
Saint martyr et confesseur Jean d’Ilomantsi (1884-1918).
Jean Karhapää est né dans une famille d’agriculteurs du village de Sonkajanranta, Ilomantsi, Carélie du Nord. Il était membre du groupe local des jeunes de la Fraternité des saints Serge et Germain, et possédait une foi orthodoxe profonde dès son plus jeune âge. En 1906, il demanda à l’archevêque de Viipuri et de toute la Finlande Serge (Stragorodsky) d’ouvrir une école religieuse dans son village natal, la communauté évangélique luthérienne de Finlande ayant lancé une campagne pour luthérianiser la Carélie traditionnellement orthodoxe. En 1908, cette école fut construite par Jean Karhapää et la Fraternité de Carélie, une organisation établie à Olonets pour lutter contre la luthérianisation. Il commença alors à travailler comme missionnaire dans toute la Carélie avec l’aide des moines du monastère de Valamo. A partir de 1914, il fut professeur de religion itinérant dans la province de Kuopio. Il a également été actif dans la finalisation de la construction de l’église dédiée à la prophétesse Anne, qui a été achevée à Tuupovaara en 1915. L’église a été construite par la Confrérie de Carélie et financée par un riche homme d’affaires de Saint-Pétersbourg. En raison de ses activités, les nationalistes finlandais ont accusé Jean Karhapää de soutenir la russification de la Finlande et de faire la promotion de la « Foi Russe » (en finnois: Ryssän usko, le mot ryssä est une injure raciste en finnois) le qualifiant de collaborateur de la police secrète russe Okhrana. La presse nationaliste accusait Jean Karhapää de politique sur « anti-Finlandaise ». On le surnommait la « force noire de la Carélie du Nord », car les nationalistes prétendaient que les Caréliens ne connaissaient pas leur véritable religion et ethnicité. Au lieu de se défendre contre toutes ces accusations, Jean Karhapää s’est concentré sur son travail religieux. Selon l’historien ecclésiastique Kauko Pirinen, le travail de Jean Karhapää n’a été inspiré que par sa foi profonde, et non par la politique sous quelque forme que ce soit. Après la Révolution russe de 1917, les écoles et les églises appartenant à la Fraternité de Carélie furent fermées et le harcèlement dont souffrait Jean Karhapää devint encore plus violent. Les nationalistes de droite finlandais le qualifiaient de bolchevique, bien qu’il ait soutenu le régime tsariste. Jean Karhapää fut finalement chassé de son poste d’enseignant juste avant que la Finlande ne gagne son indépendance en décembre 1917. Lorsque la guerre civile finlandaise éclata en janvier 1918, il fut bientôt appelé à rejoindre l’armée blanche, mais fut arrêté lors de la réunion de conscription et transféré à Joensuu où il fut placé dans un camp de prisonniers établi pour les rouges. Quelque temps après, Jean Karhapää fut exécuté par un peloton d’exécution et enterré dans une fosse commune. La date exacte de la mort de Jean Karhapää n’est pas connue. Selon son épouse, Jean aurait été exécuté le 8 mars, mais la base de données des victimes de la guerre en Finlande (1914-1922) indique qu’il a été fusillé le 7 mars. Le corps de Jean Karhapää fut finalement remis à son épouse en décembre 1918 et enterré à Ilomantsi, où une grande foule d’orthodoxes et de luthériens locaux assistèrent à l’enterrement. La pierre tombale de Karhapää a été volée à deux reprises et jetée dans le lac voisin jusqu’à ce que soit coulée sur sa tombe une dalle de béton.

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