Église de Chypre : communiqué concernant la situation en Ukraine (texte complet)
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Chypre : communiqué de la session extraordinaire du Saint Synode du18 février 2019

Le Saint Synode de l’Eglise de Chypre s’est réuni aujourd’hui, lundi 18 février 2019, en séance extraordinaire, sous la présidence de Sa Béatitude l’archevêque de Chypre, Mgr Chrysostome, et a amplement discuté le thème relatif à l’autocéphalie de l’Église d’Ukraine ; ce thème, vu la manière dont il a évolué, est lié à l’unité au sein de l’Église orthodoxe.
Ayant à l’esprit les responsabilités de l’Église de Chypre, en tant qu’une des anciennes Églises autocéphales ayant obtenu l’autocéphalie sur décision d’un concile œcuménique – à l’égard de l’ensemble de l’Église orthodoxe, loin de toute parenté phylétique et d’immixtion dans les juridictions et droits, et sans viser un bénéfice attendu, le Saint Synode a décidé d’exposer ses considérations sur les positions de principe qui doivent présider aux relations des Églises orthodoxes, dans sa conviction que le respect de ces principes peut conduire à la résolution de la crise.
1. Une fois acquise son indépendance nationale, chaque nation a le droit de demander également son autocéphalie ecclésiastique. Ceci est aussi garanti par les saints canons (Il est de coutume que les affaires ecclésiastiques soient remplacées par les affaires politiques).
2. Si la sincérité constitue la condition sine qua non d’une bonne coexistence entre les fidèles, tandis que les arrières-pensées dynamitent leurs relations mutuelles, combien cela ne prévaut-il pas, a fortiori, dans le cadre des relations entre les Églises. Dès lors, dans quelle mesure la relation entre nos Églises est-elle stable et sincère lorsque, malgré les décisions unanimes des assemblées des primats des Églises orthodoxes en 2014 et en 2016, relativement à la convocation du saint et grand Concile, quatre Églises ne participèrent pas au Concile et ce sans raison essentielle. Comment répondons-nous à l’exhortation du Seigneur : « Que votre oui soit oui, et votre non, non » (Mt 5,37). Mais le plus surprenant c’est l’invocation a posteriori du consensus de la part d’Églises qui le transgressent. Une réponse suffisamment satisfaisante a été donnée à ce terme, qui a été unanimement acceptée lors de l’assemblée des primats en 2016. Le consensus concerne toutes les Églises présentes et ne signifie pas le blocage délibéré, par certaines d’entre elles, de la prise de décisions. Si une ou deux Églises s’opposent à une décision, leur désapprobation est consignée mais elles signent la décision. La voix des canons est absolument claire : « l’opinion de la majorité prévaut ».
3. Quel sérieux manifestons-nous, en tant qu’orthodoxes, à l’égard du reste du monde chrétien et du monde non-chrétien quand, en traitant de la résolution de problèmes gravissimes, nous contestons la manière de signer ce sur quoi nous sommes tombés d’accord ? Comment pouvons-nous être convaincants quant à notre mise en application dans notre vie de l’injonction du Seigneur : « Celui d’entre vous qui veut être premier, qu’il soit le dernier de tous » (Mc 9,35) ? Si l’accord, qui a été obtenu lors de la 5e session préconciliaire sur la proclamation de l’autocéphalie, n’avait pas été annulé vu le désaccord sur la manière de signer le tomos d’autocéphalie, le problème actuel aurait-il existé ?
4. Combien de risques ne prenons-nous pas à l’égard de la foi lorsque nous rompons la communion eucharistique entre nos Églises ? Est-il possible qu’un ordre ecclésiastique annule l’action du Saint Esprit dans des églises appartenant à une autre juridiction ? L’apôtre Paul affirme clairement comment nous démontrons que « nous nous efforçons efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix » et qu’ « il y a un seul corps et un seul Esprit … un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (cf Eph. 4 3-5). La sainte eucharistie, par laquelle le peuple est sanctifié, doit demeurer hors des disputes ecclésiastiques.
5. Cesser de commémorer le primat d’une autre Église, pour n’importe quelle raison, administrative ou juridictionnelle, ne témoigne pas de l’humilité qui est la marque de l’éthique orthodoxe. Lorsque nos fidèles sont affligés par tant de tentations et de scandales, nous leur donnons, en tant qu’autorité ecclésiastique, le pire des exemples. Ce n’est malheureusement pas la première fois. Il y a le cas des patriarcats d’Antioche et de Jérusalem, ainsi que des cas précédents entre le Patriarcat œcuménique et Jérusalem, ainsi qu’entre le Patriarcat œcuménique et Athènes.
6. L’expérience bimillénaire acquise par l’Église de Chypre mais encore de l’Église orthodoxe tout entière génère en nous des doutes quant à la possibilité de valider, a posteriori, les ordinations qui ont été pratiquées par des évêques déposés, excommuniés et anathématisés. Tous les orthodoxes nous avons accepté la déposition, l’excommunication et la condamnation de certaines personnes qui ont joué un rôle primordial dans la crise ukrainienne. L’arbitrage, quand il a lieu, doit avoir certaines limites de temps quant au dépôt du recours à l’appel et à son examen.
Si nous prenons sincèrement position sur base des principes susmentionnés, et si nous manifestons notre disposition à nous conformer aux saints canons de l’Église orthodoxe, alors toutes les autres questions qui affligent l’Église, et pas seulement celle de l’Ukraine, seront résolues.
Relativement à la question spécifique de l’autocéphalie de l’Église en Ukraine, nous estimons ce qui suit :
L’annonce de l’octroi de l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine par le Patriarcat œcuménique a eu lieu dans le but d’apporter la paix et l’unité de l’Église dans ce pays. Nous ne mettons pas cet objectif en doute. Jusqu’à présent, il n’a pas été atteint. Il est naturel qu’un délai raisonnable soit accordé pour que le résultat soit visible. Si ce but n’est pas réalisé, nous attendons du patriarche œcuménique, usant de son rôle de modérateur que lui accorde sa position en tant que premier dans l’orthodoxie, qu’il convoque soit un concile panorthodoxe soit une assemblée de primats en vue de la résolution du problème. Le principal souci de tous doit être le salut du peuple de Dieu qui vit là-bas.
Même dans le cas où l’unité a été réalisée autour de la nouvelle autorité, ici aussi le Patriarcat œcuménique doit veiller à rassurer les croyants quant à la validité des ordinations et des sacrements qui sont pratiqués par cette autorité. Mais encore, saisissant la sensibilité du peuple russe à l’égard du lieu où ses ancêtres ont été baptisés, il lui incombe de lui garantir une certaine juridiction en ce lieu.
L’Église de Chypre se met à la disposition de tous les intéressés, dans le but de pacifier de l’Église « que le Seigneur a établie par son propre sang ».

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