Pour mieux comprendre le « concile d’unification » qui a eu lieu à Kiev le 15 décembre

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Le 22 décembre, Taras Melnick, journaliste ukrainien originaire de Kiev a publié une longue analyse de ce qui s’est passé à Kiev autour du « concile d’unification » du 15 décembre. Nous vous proposons ci-dessous la traduction de son article :

La photo finale qui témoigne de la toute première émotion des personnes présentes au concile après l’annonce des résultats des élections montre que le visage du métropolite Emmanuel ne manifeste pas une joie particulière. Les publications dans les médias ukrainiens qui ont suivi au cours des jours suivants, et qui décrivent les péripéties qui se sont produites au cours de cet événement, ont expliqué la raison d’une réaction aussi discrète des représentants du Phanar. Le 15 décembre 2018, à Kiev, devant une foule de plusieurs milliers de personnes, parmi lesquelles se trouvaient un grand nombre d’employés de l’État spécialement transportés de diverses régions du pays ainsi que des membres de l’Église ukrainienne gréco-catholique (uniate), le président Petro Porochenko a présenté le chef de la nouvelle structure religieuse, qui a reçu le nom d’« Église orthodoxe d’Ukraine ». Il est intéressant de noter qu’à côté du chef de l’État et du « métropolite » Épiphane, seul le président du Parlement André Paruby se trouvait sur l’estrade. Ni le métropolite Emmanuel, ni les exarques de Constantinople, qui ont préparé et dirigé le concile, n’étaient présents. Cela a semblé très étrange, car l’engagement profond des émissaires du patriarche Bartholomée dans les événements précédents aurait supposé leur participation directe à la présentation publique du chef nouvellement élu de l’EOU-PO ( Église orthodoxe d’Ukraine-Patriarcat oecuménique). Il s’agissait notamment d’informations selon lesquelles les Grecs avaient parié sur la victoire du métropolite Siméon de Vinnitsa et de Bar, ce qui leur aurait permis de placer un évêque canonique à la tête de cette nouvelle structure. Cela aurait pu augmenter les chances qu’un certain nombre d’évêques de l’EOU-PM (l’Église orthodoxe ukrainienne-Patriarcat de Moscou), puissent rejoindre l’EOU-PO, ce qui aurait facilité la tâche qui incombe à Constantinople de faire reconnaître cette organisation par l’orthodoxie mondiale. Comme l’ont confirmé certaines publications, pour mener à bien ce plan, des consultations en privé avec l’influent « métropolite » Michel de Volhynie du « Patriarcat de Kiev » et au cours desquelles a été discutée la nécessité de soutenir sa candidature aux élections pour la direction de l’EOU-PO, afin de désunir ainsi le vote de l’épiscopat du « Patriarcat de Kiev » et de retirer la possibilité d’une victoire finale pour son « protégé » le métropolite Épiphane, à la suite du scrutin de Kiev, d’un accord de principe d’un accord de principe de la « maîtrise » avec l’Église ukrainienne, afin de mettre un terme au projet de loi qui prévoit les règles pour l’élection des évêques. En outre, les Phanariotes supposaient qu’ils seraient en mesure de confirmer par décision du concile et sans problèmes particuliers leur propre version des statuts de l’EOU-PO, dans laquelle étaient prescrits des points qui rendraient l’EOU-PO très dépendante de Constantinople et l’autocéphalie qui avait été proposée ne constituerait rien de plus qu’un « ornement ». Cependant, cela ne s’est pas passé du tout comme les visiteurs venus de Turquie l’avaient prévu. Ce scénario a commencé, la veille même du concile, à s’effondrer de toutes parts. Tout d’abord, même en exerçant des pressions administratives, les autorités ukrainiennes n’ont pas été en mesure d’assurer la présence dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev d’un groupe d’évêques de l’EOU-PM suffisant pour faire passer, même si ce dernier a fait un pas, le concile pour une « unification ». Non seulement cela a considérablement réduit les chances de Siméon d’être élu, mais cela a aussi détruit les fondements d’un processus non moins important. Les Grecs avaient un besoin urgent d’au moins dix évêques de l’EOU-PM qui voteraient pour l’auto-dissolution de l’Église orthodoxe ukrainienne. De cette façon, le Phanar comptait recevoir un atout supplémentaire de poids sur lequel il pourrait baser ses futures attaques contre l’EOU-PM dans le but de la liquider en tant qu’Église séparée et active. Deuxièmement, des signaux alarmants provenaient du camp du « Patriarcat de Kiev ». Les exarques furent informés de la position intransigeante de Philarète, qui était prêt à perturber le concile si cela ne se passait pas selon ses propres plans. Comme les événements à venir le démontreront, ce n’était pas une simple rumeur. Le concile devait commencer à 10 h, mais il n’a commencé qu’après 13 h. La raison de ce retard, comme le rapportent les médias, était l’exigence de Philarète à Porochenko et aux émissaires de Constantinople de prévoir le refus du métropolite Michel du « Patriarcat de Kiev » de sa candidature aux élections à la tête de l’EOU-PO. S’il ne le faisait pas, le leader incontournable du « Patriarche de Kiev » menaçait de ne pas signer le document d’auto-liquidation de son organisation religieuse, ce qui aurait signifié automatiquement un déraillement de tout ce qui avait été prévu pour les opérations à Sainte Sophie. Après de longues concertations et avec la participation directe du chef de l’État, ils sont parvenus à régler la situation. Michel fut contraint d’accepter les exigences de Philarète, et ce dernier donna son « feu vert » à l’auto-liquidation du « Patriarcat de Kiev ».

Ce n’était par ailleurs que la première étape du conflit au sein des « échelons supérieurs » de la structure de Philarète. Il est devenu clair au concile que beaucoup des participants étaient prêts à voter pour Michel, et qu’il devancerait facilement Épiphane. Alors Philarète a de nouveau pris une posture menaçante, exigeant que son collègue Michel signe un refus écrit de présenter sa candidature au titre de numéro un de l’EOU-PO. A ce moment-là, Michel était très tendu. Il a commencé à contredire ouvertement Philarète, proclamant qu’une telle approche n’est ni juste ni démocratique. Sa position a reçu le soutien actif des délégués présents dans la salle. Le climat est devenu de plus en plus explosif. Personne ne voulait céder. Finalement, Michel et ses partisans quittèrent la salle de la Petite Sophie en signe de protestation. Philarète, à son tour, a menacé que si les prétentions du de Michel ne retombaient pas, il ordonnerait lui-même à ses propres « évêques » de quitter la cathédrale. Le chantage a fonctionné. Porochenko et Paruby ont eu un entretien chargé d’émotion avec Michel, après quoi ce dernier a finalement cédé et a cessé de se battre pour le poste de dirigeant de l’EOU-PO. Après cela, la voix de l’épiscopat de « l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne », du Patriarcat de Kiev de l’EOU-PM ainsi que celle des participants « grecs » au concile ne pouvaient plus empêcher la victoire du protégé de Philarète. Épiphane, comme prévu, devança Siméon et est devenu le vainqueur final élu pour diriger la nouvelle structure. Grâce à ce succès, Philarète a remporté deux victoires importantes. Le premier a été sur le « parti grec », qui avait hâte de retirer le chef du « Patriarcat de Kiev » de la scène et de prendre la structure nouvellement créée sous son contrôle total. Le second concernait les plans de Petro Poroshenko de placer quelqu’un de plus proche de lui à la tête du siège de l’EOU-PO, quelqu’un qui tiendrait compte des désirs du garant de la Constitution, et même avec plus de considération que les directives venant d’Istanbul, la capitale ecclésiastique.

Cependant, ce ne sont pas les dernières victoires de Philarète. Après l’élection du chef de l’EOU-PO, un débat extrêmement âpre a éclaté au sujet des statuts de la nouvelle organisation. Les passions ont atteint des sommets sans précédent en intensité et en agressivité. Des reproches ont été adressés en particulier aux représentants du Phanar sur le fait qu’il n’est pas judicieux de donner à l’EOU-PO un statut de « misérable métropole ». Cependant, les Grecs « ont montré des dents trop tendres ». Les émissaires de Constantinople ont déclaré qu’il n’y a jamais eu de Patriarcat en Ukraine et que s’il y a quelque chose qui les tracasse à ce sujet, Constantinople est également prêt à se lever et à quitter le concile avant qu’il ne se termine. La lutte concernant le cadre des travaux du Synode de l’EOU-PO n’a pas été moins tendue. Les représentants du Phanar ont insisté pour que le Synode n’ait pas de membres permanents et qu’il soit formé sur la base d’une rotation. Leurs opposants ont affirmé le contraire, soulignant que sans la présence de membres permanents au Synode, le chef de l’EOU-PO aurait du mal à mener sa politique et à influencer le travail de l’un des mécanismes de gouvernement les plus importants dans la structure qui lui est propre. En fin de compte, c’est une option « hybride » qui l’a emporté. Pendant une certaine période de transition, il y aura trois membres permanents au Synode. Il s’agit de Philarète, chef de l’ancien « Patriarcat de Kiev » de Macaire, chef de l’autre structure schismatique, et du grand perdant de la bataille finale pour la la première place dans l’EOU-PO, le métropolite Siméon. Par ailleurs, pour les Grecs, il ne s’agissait que du « noyau ». La « cerise » fut la décision de laisser à Philarète le titre de « patriarche honoraire », ce qui le plaçait automatiquement dans l’EOU-PO en tant que « faiseur de rois » et ouvrait la porte pour qu’il se dresse contre le Phanar en lui donnant le pouvoir sur cette nouvelle organisation religieuse. Compte tenu de tout cela, il n’y a probablement pas lieu de s’étonner du visage minéral du métropolite Emmanuel et pourquoi personne du « groupe grec » n’était présent à la présentation d’Épiphane devant la foule rassemblée sur la place Sainte-Sophie.

Quelques jours seulement s’étaient écoulés après le concile lorsque les médias ont commencé à choquer tout le monde avec des annonces et des publications scandaleuses et absolument inattendues faites par les participants à l’événement susmentionné. Tout d’abord, sur la page Facebook du métropolite Alexandre (Drabinko), une lettre du patriarche Bartholomée a été publiée dans laquelle celui-ci annonce qu’il reçoit l’ancien évêque-vicaire de l’EOU-PM sous son omophore. Elle était datée du 14 décembre 2018, la veille du concile à Kiev. Un certain nombre d’experts estiment que l’ancien dirigeant du diocèse de Vynnista de l’EOU-PM, Siméon, a reçu une lettre similaire. Si tel est le cas, aucun évêque de l’EOU-PM n’a participé au concile, parce qu’au moment où il a eu lieu, Mgr Alexandre et Mgr Siméon étaient déjà tous deux dépendants du patriarcat de Constantinople. Et cela signifie que ce qui s’est passé dans la capitale ukrainienne le 15 décembre dernier ne peut plus être qualifié, ne serait-ce que par la plus grande incohérence, de concile « d’unification » des « trois Églises ». En fait, ce qui s’est produit n’était rien d’autre que la fusion de deux groupes reconnus par le monde orthodoxe comme schismatiques – le « Patriarcat de Kiev et « l’Eglise autocéphale d’Ukraine » – en un seul, sous le contrôle direct de Constantinople. Deuxièmement, Michel est toujours incapable de faire face à l’insulte que lui a infligée Philarète. Il a donné plusieurs interviews émouvantes dans lesquelles il a déclaré avoir été victime de chantage de la part du « patriarche honoraire » de l’EOU-POet qu’il n’a pas l’intention de se résigner face aux luttes qui se poursuivent pour la domination de cette nouvelle structure religieuse. De plus, l’état de surmenage du « métropolite Michel » l’a amené à déclarer un certain nombre de choses dans un esprit rappelant l’époque des Borgia, et à la limite de la menace directe contre Épiphane. « Il pourrait y avoir de nouvelles élections demain. Il existe plusieurs raisons à cela : la mort du primat ou son départ de ce poste. Ce n’est pas parce qu’il est jeune que cela garantit qu’il ne restera pas longtemps sans poste », a fait remarquer Michel avec insistance. Troisièmement, Épiphane lui-même a laissé sa propre marque. Dans un premier temps, comme l’a rapporté le service ukrainien de Radio Liberty, il prévoit la possibilité pour l’EOU-PO de passer éventuellement au « nouveau calendrier ». Ensuite, à l’antenne de la télévision ICTV, Épiphane ne rejetait pas les scénarios du fusionnement entre l’EOU-PO et les uniates gréco-catholiques. Selon lui, il faut d’abord unir l’orthodoxie ukrainienne, et aviser ensuite. Cependant, comme l’a noté le chef de l’EOU-PO, il y a un climat au sein de sa structure pour une coopération plus approfondie avec les uniates. Et cette coopération commencerait dans le domaine de l’éducation. Dans ce contexte, nous nous souvenons immédiatement des paroles du chef des gréco-catholiques Sviatoslav (Shevchuk) qu’il a prononcées le 17 avril 2018 lors d’une réunion avec l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine Mary Jovanovich. A l’époque, le dirigeant des gréco-catholiques ukrainiens a noté que l’unification des orthodoxes ukrainiens dans le cadre d’une nouvelle structure religieuse ne sera que la première étape, après laquelle viendra une seconde – l’intensification des dialogues oecuméniques avec sa communauté, qui devrait aboutir à l’unification des « Églises du baptême saint Vladimir » dans une Église locale Kievenne unifiée. Quatrièmement, le chef du « Parti de droite » Dimitri Yarosh n’est pas resté en dehors de ces processus. Se qualifiant lui-même de gréco-catholique, le chef de l’ « Armée des volontaires ukrainiens » a appelé sur sa page Facebook à une « chasse aux popes de Moscou [mot moqueur pour des prêtres] ». Voici une citation directe de ce texte : « La soi-disante EOU-MP n’est pas une église. C’est une résidence du FSB qui est un « Iskander » [le nom d’un missile russe] entre les mains du sataniste Poutine, comme il l’était auparavant entre les mains de Staline, Beria, Zhukov, et d’autres athées. Le hiérarque de la soi-disante EOU-PM, qui n’a pas trouvé le courage national, la force et la volonté de rejoindre l’Église ukrainienne, n’est pas non plus au service de Dieu mais des agents du FSB et du réseau de Poutine, et cela signifie qu’ils sont les ennemis de l’Ukraine. Une chasse aux popes de Moscou qui servent fidèlement Poutine et Cyrille est une œuvre qui plaît à Dieu et à notre patrie ». Il est intéressant de voir que ce leader voit l’avenir de l’Ukraine dans « l’unification de l’Église orthodoxe d’Ukraine avec l’Église gréco-catholique ukrainienne et la reconnaissance de cette unification par Constantinople et le Vatican ». Selon le député du peuple, il s’agira de la prochaine étape décisive dans le développement de la nation et de l’État. Et le meilleur exemple des scandales a été fait par Philarète lui-même. Le 16 décembre 2018, dans son discours à la cathédrale Saint-Vladimir, il a annoncé qu’il dirigerait l’EOU-PO avec Épiphane. A cette occasion, il a simplement placé son protégé dans le rôle de « ministre des affaires étrangères » sous sa propre présidence. Selon Philarète, Épiphane représentera l’EOU-PO sur la scène internationale. Cela ne durera que jusqu’à ce que l’EOU-PM soit reconnue comme patriarcat. Dès que cela se produira, le pouvoir du patriarche s’étendra également à la sphère des relations extérieures de la nouvelle structure religieuse. Les paroles de Philarète ont provoqué l’effet dévastateur d’une bombe. Il se trouve qu’ils pensaient avoir choisi Épiphane comme chef de l’EOU-PO, mais en fait, ils ont choisi Philarète. Le 17 décembre, il s’est d’ailleurs rendu aux offices à la cathédrale Saint-Vladimir en portant son kukol patriarcal (chapeau/ capuchon blanc et rond avec une croix sur le dessus) comme si de rien n’était. Ce fut le « coup de grâce » à toutes les ambitions du Phanar. Il a montré ainsi au patriarche Bartholomée sa place, et son véritable respect pour les revendications de Constantinople sur son « héritage ukrainien ».

Conclusions et prévisions

1) Les événements qui ont eu lieu ont démontré que le projet de Constantinople de présenter son ingérence dans les affaires de l’Église ukrainienne comme un élément de la réunification de l’Orthodoxie Ukrainienne a été un échec retentissant. De facto, avec le recours du Phanar, il y a eu une simple légalisation des structure schismatique. A la suite de ce remaniement simpliste, l’Église autocéphale ukrainienne et le Patriarcat de Kiev sont désormais appelés Église orthodoxe d’Ukraine. De plus, le chef de cette nouvelle structure n’est pas Épiphane, mais Philarète, qui se réserve le droit de diriger la nouvelle structure, ne donnant à son favori que les relations extérieures de l`Église.

2) Michel, le principal concurrent d’Épiphane aux élections, ne s’est pas fait une raison de son humiliation et est prêt à continuer la bataille. Cela signifie que Philarète et le chef nominal de l’EOU-PO peuvent maintenant se heurter au sabotage en coulisses et la contestation de leur autorité par le « métropolite Michel » et ses partisans. Après la mort de Philarète, Épiphane sera dans une situation difficile, s’il n’est pas en mesure de renforcer significativement sa position personnelle et son autorité dans les rangs de l’ « épiscopat » de l’EOU-PO.

3) Il est fort probable que dans sa lutte avec Philarète et Épiphane, Michel puisse compter sur certains responsables des anciennes structures schismatiques. Tout le monde connaît la relation compliquée entre Macaire et Philarète, ainsi que le désir de ce dernier de dissoudre une fois pour toutes la structure dirigée par Macaire ou de la prendre sous son contrôle. Si l’irremplaçable leader du « Patriarcat de Kiev », reprend son travail en « brisant l’opposition sur son genou », Michel va certainement gagner de nouveaux alliés.

4) Les premiers commentaires officiels montrent qu’Épiphane est disposé, bien que prudemment, à une transformation marquée au sein de l’EOU-PO. Nous parlons ici de la possibilité d’introduire le « nouveau calendrier », ainsi que d’un approfondissement sérieux de la coopération avec les gréco-catholiques, dont le résultat stratégique pourrait être le regroupement de ces deux entités en une seule structure.

5) Très bientôt, nous pouvons nous attendre à ce que le parlement ukrainien adopte ses projets « anti-églises », dans lesquels il essaiera de changer le nom officiel de l’EOU-PM et de faciliter le transfert des églises de l’EOU-PM à l’EOU-PO. Plusieurs intérêts se cachent derrière ces mesures. La première est le transfert au Phanar des biens des églises sous leurs nombreux établissements stavropédiques (il est beaucoup plus facile de s’emparer à cette fin des églises de l’EOU-PM que de celles de Philarète et de ses alliés). La deuxième étape consiste à exercer une pression supplémentaire sur l’épiscopat et le clergé de l’EOU-PM afin d’accélérer et d’augmenter le nombre des personnes et des églises qui passent de l’EOU-PM à l’EOU-PO (la prise en charge des églises nécessite un certain temps et des ressources, et ici ils comptent sur les lois adoptées pour faire peur aux instables et les faire changer plus rapidement les confession). La troisième est le changement dans la répartition du pouvoir au sein du milieu ecclésiastique en faveur de l’EOU-PO, de sorte qu’elle deviendrait la plus importante confession en Ukraine (ce qui permettrait en partie au Phanar de revendiquer un large soutien pour ses actions parmi les Ukrainiens orthodoxes, et porterait un coup douloureurx aux structures proches de l’Église orthodoxe russe). Le quatrième est la mise en oeuvre d’objectifs purement électoraux avec comme objectif l’ « écrasement final du monde russe en Ukraine ». La situation avec la saisie de la cathédrale de Vinnitsa montre comment ces lois seront mises en pratique. Dans l’obscurité de la nuit, les proches partisans du métropolite Siméon ont organisé une « réunion paroissiale », au cours de laquelle il a été décidé qu’ils seraient transférés à l’EOU-PO. Puis les gardes de l’église ont été remplacés par de nouveaux gardes, et l’église s’est retrouvée rapidement entre les mains de l’évêque qui avait été défroqué par l’Église orthodoxe ukrainienne-PM. Il ne serait pas difficile d’organiser des « rencontres paroissiales » similaires dans toute l’Ukraine. Tout ce qu’il faut, c’est le désir, les ressources et les occasions appropriées. Et tout cela augmentera au centuple avec l’adoption de la législation en vigueur.

6) A la veille de la réception des tomos, la bataille finale éclatera pour le règlement intérieur de l’OCU (selon les informations provenant d’un certain nombre de médias, il n’a pas encore été ratifié). Après avoir cédé sur un certain nombre de questions importantes, Philarète tentera de renverser la situation avec l’établissement des droits de garde du Phanar sur la diaspora ukrainienne. A leur tour, les Grecs défendront jusqu’au bout leur position selon laquelle le tomos est plus important que les statuts et qu’aucun changement ne peut être apporté aux statuts sans l’approbation du patriarche Bartholomée. Ceci sera fait dans le but d’aplanir toutes les menaces de Philarète de réécrire les statuts après avoir reçu le tomos à son plus grand avantage et au plus grand désavantage du Phanar.

Le Seigneur a scruté le juste et le méchant : l’ami de la violence, il le hait. Il fera pleuvoir ses fléaux sur les méchants, feu et soufre et vent de tempête ; c’est la coupe qu’ils auront en partage. Vraiment, le Seigneur est juste ; il aime toute justice : les hommes droits le verront face à face. (Ps. 10, 5-7).

Source

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