Il faut saluer une fois de plus les efforts que développent les éditions Apostolia, de la Métropole roumaine d’Europe occidentale, en faveur de la catéchèse des enfants et des adolescents.

Parmi les livres récemment publiés, le plus remarquable est celui de Dimitrios Th. Belos, Histoires de la Sainte Montagne pour petits et grands, Éditions Apostolia, Limours, 2017, 90 p. + une carte illustrée du Mont-Athos (60x45cm).
Ce livre rassemble des récits de faits merveilleux et édifiants, récents ou plus anciens, qui se sont déroulés sur la Sainte Montagne, autrement dit le Mont-Athos. Il se présente comme un recueil de contes et nous introduit, comme le font ceux-ci, dans un monde où l’extraordinaire surgit dans le monde ordinaire et où le monde surnaturel fait irruption dans le monde naturel pour entrer en symbiose avec lui. La différence est que les faits rapportés ici ne sortent pas de l’imagination d’un écrivain, ne sont pas des fictions, mais se sont réellement passés. Sur le mode apparent du conte, se dévoile donc l’ampleur de la réalité dans laquelle se meut le chrétien, où le monde naturel coexiste avec un monde qui le dépasse très largement, qui est ordinairement invisible aux sens, mais qui est en réalité en constante interaction avec lui et se laisse voir à l’esprit pour autant que celui-ci y soit ouvert. Ce livre abondamment illustré et imprimé en grands caractères, d’un format intermédiaire entre un livre et une bande dessinée, est d’une lecture agréable et aisée. Les représentations de personnages et d’extérieurs ou intérieurs athonites, sous forme de peintures naïves mais en même temps suffisamment réalistes pour qu’ils soient immédiatement situés par le habitués de l’Athos, sont une première initiation à l’univers merveilleux de la Sainte Montagne, et une invitation à de futurs pèlerinages, d’autant plus qu’une carte des lieux est jointe à l’ouvrage. Les différents chapitres sont quant à eux des initiations, sous formes d’exemples concrets et touchants, à diverses vertus chrétiennes comme la pénitence, l’obéissance, l’honnêteté, la générosité, le pardon, l’humilité l’amour de Dieu et du prochain, et aussi à la présence active de la Providence de Dieu qui veille sur chacun, se manifestant le plus souvent de manière discrète, mais aussi, quand c’est nécessaire, sous la forme frappante du miracle. Comme l’indique le titre, les plus grands prendront autant de plaisir que les plus jeunes à lire ces belles histoires.

Il faut saluer aussi la publication, par les mêmes éditions, d’un livre de petit format, destiné aux petits de 5 à 10 ans, d’un jeune prêtre grec, le Père Ioannikios Zampelis, La prière. Manuel à l’usage des enfants (2017, 87 p.). Abondamment illustré, de manière adaptée au public visé, par Pegy Fourka, ce petit livre est composé de plusieurs sections.
Une introduction explique en termes simples pourquoi, comment, où et quand on prie, dans quelles circonstances on prie seul et dans quelles autres on prie ensemble.
Sont ensuite expliqués divers gestes ou objets qui accompagnent la prière: le signe de croix, le chapelet, la veilleuse, les cierges, l’encensoir.
Suit un recueil des prières de base, pour tous les moments forts de la journée (matin, journée tout entière, repas, soir…) ou la communion eucharistique (avant et après), avec, en face, de brefs et simples commentaires ou prières de saint Silouane l’Athonite. On y trouve aussi le Credo, la Doxologie, l’hymne à la Mère de Dieu « Il est digne… », et quelques extraits de paumes.
La section suivante invite, sous forme de questions, à réfléchir sur ce qui a été présenté.
Les dernières pages proposent, sous des formes ludiques très bien conçues, des activités en relation avec la prière (mots mêlés, mots ou phrases à compléter, questionnaires à choix multiples, composition d’une prière personnelle à Dieu et au saint protecteur, remplissage de diptyques à l’intention des vivants malades et des défunts, comment faire des collages d’icônes, comment installer une petite iconostase dans sa chambre, comment allumer une veilleuse et en prendre soin, comment faire brûler de l’encens…).

On peut être plus réservé sur une troisième publication, du même format que la précédente: La confession. La joie d’ouvrir son cœur à la Lumière (2017, 63 p.). Si les illustrations sont de bon aloi, la composition de l’exposé est dans son ensemble assez confuse, et témoigne d’une vision trop étroite à la fois du péché (p. 53-54), de la pénitence (dont l’aspect positif n’est pas suffisamment mis en valeur), et du sens de la confession (exprimé de manière trop vague). C’est évidemment un sujet délicat, surtout pour les jeunes et surtout dans l’environnement social actuel. Raison de plus pour l’aborder avec circonspection, sachant que toute insuffisance dans la formation religieuse d’un enfant peut avoir des conséquences graves sur ses choix à l’époque de l’adolescence et sur son attitude vis-à-vis de la pratique religieuse à l’âge adulte.

Jean-Claude Larchet

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