22 juin (ancien calendrier) / 5 juillet (nouveau)

5ème dimanche après la Pentecôte

Carême des saints Apôtres, dispense de poisson

Saint Eusèbe, évêque de Samosate, martyr (380) ; saint Alban, protomartyr en Angleterre (254) ; saints Zenon et Zénas, martyrs en Arabie (304) ; saint Paulin le miséricordieux, évêque de Nole (431) ; saint Galaction et sainte Julienne, martyrs ; sainte Consorce, vierge en Gaule (VIème s.) ; saint Aaron d’Aleth, ermite en Bretagne (VIème s.) ; sainte Prèce, vierge à Metz (VIIème s.) ; st Grégoire, métropolite de Valachie (1834) ; saints néomartyrs de Russie : Théodore (Smirnov) et Gabriel (Arkhangelsky), diacres (1938).

SAINT EUSÈBE, ÉVÊQUE DE SAMOSATE

22 juin (ancien calendrier) / 5 juillet (nouveau)

Durant le règne de l’empereur Constance (337-360), qui se montrait favorable à l’arianisme, notre saint père Eusèbe manifesta un zèle grandissant pour la défense de la vraie foi, telle qu’elle avait été exposée par les Pères de Nicée. Il fut élu évêque de Samosate, ville située à 200 km à l’est d’Antioche, sur la rive nord de l’Euphrate, qui était à la tête de la province d’Euphratène. Ses combats pour l’affermissement de l’Orthodoxie, étendirent bientôt son influence à toute la Syrie, de sorte que, lorsque le siège d’Antioche se trouva vacant, ce fut Eusèbe qui favorisa l’élection de saint Mélèce [12 fév.]. Mais, quand Constance découvrit que Mélèce, loin d’être acquis au parti arien, se montrait au contraire un de leurs plus farouches adversaires, il réclama les Actes de son élection, qui avaient été confiés à saint Eusèbe. Celui-ci répliqua aux envoyés de l’empereur qu’il ne pourrait les livrer qu’après l’assentiment des signataires. Comme on le menaçait de lui trancher la main droite, il tendit généreusement ses deux poings, disant : « Je ne livrerai pas ce décret ! »
Lors du bref règne de Julien l’Apostat (360-363), qui tenta de restaurer le paganisme, le saint évêque se revêtit d’un costume de soldat et voyagea en Syrie, en Phénicie et en Palestine, encourageant les chrétiens à rester fermes dans la foi, et ordonnant en secret des prêtres et des évêques. À la mort de Julien, il prit part à un concile de vingt-sept évêques, réunis autour de saint Mélèce pour proclamer le dogme de Nicée comme règle de foi. C’est aussi grâce à son influence que saint Basile le Grand put être élu sur le siège de Césarée de Cappadoce (370), et il assista à son ordination. Dès lors, les deux saints hiérarques, liés par une étroite amitié, luttèrent de concert pour l’unité de l’Église. Saint Grégoire le Théologien, quant à lui, le louait comme « la colonne et le fondement de l’Église, le luminaire du monde, la règle de la Foi et l’ambassadeur de la vérité ». Lorsque Valens prit le pouvoir (364-378), il se montra adepte fanatique de l’arianisme. Renouvelant la persécution, il fit bannir Mélèce en Arménie, et après avoir déposé Eusèbe, il l’envoya en exil en Thrace (374), où le saint fut exposé aux dangers de la guerre contre les Goths. Lorsque Eusèbe reçut des envoyés de l’empereur la sentence d’exil, afin d’éviter que le peuple ne se révoltât pour le défendre et n’attentât à leur vie, il leur demanda d’attendre la nuit pour le faire sortir en cachette de la ville. Dès que les chrétiens de Samosate se rendirent compte que leur évêque avait été enlevé, ils s’embarquèrent sur l’Euphrate à sa recherche ; mais quand ils l’eurent rejoint, Eusèbe les exhorta à ne rien faire pour le délivrer et refusa les présents qu’ils lui proposaient en vue d’adoucir sa misère. Un arien, Eunome, fut nommé à sa place sur le siège de Samosate ; mais le peuple lui montrait un tel dédain qu’un jour, alors qu’il se baignait, seul, dans les bains publics et qu’il invitait les chrétiens qui se tenaient là à le rejoindre, ceux-ci refusèrent et dès qu’il sortit du bain, ils exigèrent qu’on renouvelât l’eau, car ils ne voulaient pas d’une onde souillée par l’hérésie d’Arius. Devant une telle hostilité Eunome se retira, mais il fut remplacé par un arien fanatique, Lucius, qui persécuta les orthodoxes de la ville. Valens ayant finalement trouvé la mort au cours de sa campagne contre les Goths (378), l’empereur orthodoxe Gratien restaura la liberté de l’Église et rappela d’exil les glorieux confesseurs de la foi. Saint Eusèbe put rejoindre son troupeau spirituel qui l’accueillit en grande liesse, et immédiatement il se mit à la tâche pour placer de nouveaux pasteurs sur les sièges vacants. Le 22 juin 379, comme il entrait dans la ville de Dolikha (auj. Tell-Dülük), en compagnie du nouvel évêque orthodoxe de la cité, une femme arienne lui lança du haut d’un toit une lourde brique sur la tête. Saint Eusèbe s’affaissa, mais avant de rendre l’âme, il eut le temps de faire jurer à sa suite de ne pas poursuivre la coupable, et, à l’imitation de notre Seigneur et de saint Étienne, ses dernières paroles furent une prière pour ses ennemis.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 4

Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire du saint, ton 4

Richement éclairé par la sagesse de l’Esprit, * tu éclairas pour nous le langage de la foi, * illustre Eusèbe, puisqu’en pontife * tu renversas sagement l’erreur en luttant pour la Trinité. * Bienheureux Père, supplie-la de tous nous sauver.

Kondakion du saint, ton 4

Ayant vécu saintement dans l’épiscopat * et pris le chemin des martyrs, * pontife Eusèbe, tu as éteint * les foyers de l’hérésie ; * par le crédit que tu possèdes auprès de lui * prie le Christ notre Dieu * d’accorder à nos âmes le salut.

Kondakion du dimanche, 4ème ton

Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

ÉPÎTRE DU JOUR

Rom. X, 1-10

Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour les enfants d’Israël, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu ; car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient. En effet, Moïse définit ainsi la justice qui vient de la loi : L’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : « Qui montera au ciel ? » c’est en faire descendre Christ ; ou : « Qui descendra dans l’abîme ? » c’est faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ? « La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur », or, c’est la parole de la foi que nous prêchons. Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut.

ÉVANGILE DU JOUR

Matth. VIII, 28 – IX, 1

Comme Jésus était arrivé de l’autre côté de la mer, au pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n’osait passer par là. Et voici, ils s’écrièrent : « Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? » Il y avait loin d’eux un grand troupeau de porcs en train de paître. Les démons priaient Jésus, disant : « Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de porcs. » Il leur dit : « Allez ! » Ils sortirent, et entrèrent dans les porcs. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux. Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et allèrent dans la ville raconter tout ce qui s’était passé et ce qui était arrivé aux démoniaques. Alors toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et, dès qu’ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire. Jésus, étant monté dans une barque, re-traversa la mer, et alla dans sa ville.

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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