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Abiven
Maurice
Abiven, Une éthique pour la mort,
Desclée de Brouwer, Paris, 1995, 166 p.À
l’occasion du récent décès de Maurice Abiven, on ne peut que rendre hommage à
ce médecin chrétien qui a été en France le pionner des soins palliatifs et en a
créé la première unité à l’hôpital de la Cité universitaire.
Alors
que vieillit la population, que se développent de ce fait la maladie
d’Alzheimer et d’autres pathologies invalidantes liées au grand âge, la
revendication de mourir prétendument « dans la dignité » avec comme
solution privilégiée l’euthanasie légalisée, risque, dans une société en perte
de repères religieux, de s’imposer de plus en plus dans les années à venir. Une
telle solution est incompatible avec les valeurs chrétiennes.
La
pratique des soins palliatifs constitue la seule alternative tant à
l’euthanasie qu’à l’acharnement thérapeutique (lui aussi problématique) pour
les malades en fin de vie. Coûteuse en « moyens » humains, elle reste
hélas peu développée.

Le
Dr. Abiven en a été le promoteur infatigable, notamment dans plusieurs
ouvrages de qualité : « Pour
une mort plus humaine » (Masson, 2004) ; « Vivre avec celui qui
va mourir » (Bayard, 1990), « Humaniser l’hôpital » (Fayard,
1976).
Le
présent ouvrage, « Une éthique pour la mort », développe une
réflexion claire, de caractère éthique, sur les finalités et les limites de la
médecine, sur l’acharnement thérapeutique, sur l’euthanasie, sur la souffrance
et sur la mort, et sur les soins palliatifs, dont « l’objectif est
d’apporter la meilleure aide possible, tant physique que psychique, à des
malades dont on sait qu’on ne pourra pas les guérir ».
Le
Dr Abiven déplore que la médecine considère trop souvent qu’elle a pour seul
but de guérir (ce qui, face à des malades incurables, l’amène soit à s’acharner
inutilement, soit à les laisser à l’abandon), alors qu’elle a aussi pour tâche
de soigner, ce qui signifie faire le maximum pour soulager les malades de leur
souffrance, mais aussi les accompagner. « La médecine, écrit-il, s’est
surtout fixé comme objectif de guérir autant que faire se peut les malades qui
se confient à elle. Sa pratique et toute son éthique sont orientées vers cet
objectif. Mais pour ces malades dont la maladie n’est plus maîtrisable et qui,
inéluctablement, va évoluer vers la mort, le médecin se trouve dans une
situation toute particulière : il ne peut empêcher cette mort annoncée. Ses
objectifs en sont totalement transformés : il n’a plus aucune raison de se
battre pour guérir, il ne le peut plus. La maladie a pris le dessus. Mais par
contre, ce malade dont il a la charge souffre de symptômes de plus en plus
lourds, vit une situation psychologique bien particulière. Et pour l’aider dans
cette situation difficile, il compte sur son médecin. La tâche de celui‑ci
devient alors tout autre. Alors que dans l’exercice habituel de son métier il
s’emploie à débarrasser un malade d’une maladie qui le gêne, ce qui lui est
demandé ici est d’aider un malade à vivre le mieux possible, le moins mal possible
devrait‑on dire, l’ultime période de sa vie. (…) Puisque le médecin ne peut
plus arrêter le cours fatal d’une maladie, dont le contrôle lui échappe, il va
s’employer à en alléger les symptômes. Ne pouvant choisir la durée de vie du
malade, il s’emploie à assurer la meilleure qualité de vie de ce mourant. Mais
il se trouve confronté à ce malade particulier décrit plus haut, malade atteint
d’une maladie grave, mortelle et qui dans la majorité des cas vit une “crise du
mourir”. Pour lui être vraiment utile, il devra non seulement porter attention
à ses symptômes physiques importants, si importants qu’à brève échéance ils
vont entraîner sa mort, mais aussi à tous les problèmes psychologiques,
sociaux, familiaux, voire philosophiques qu’entraîne cet état. Toute la
discipline des soins palliatifs se trouve résumée là. »
Diverses
problèmes subsistent cependant, comme le choix de la médecine palliative de
privilégier la qualité de vie du malade par rapport à sa durée, ou comme le
fait que le soulagement du malade à l’aide de substances narcotiques réduit sa
conscience et risque de hâter sa mort. À noter aussi que dans certains cas les
techniques palliatives sont mises en en échec. Le Dr Abiven n’élude aucun de
ces problèmes mais s’attache à les résoudre avec mesure, en essayant, dans tous
les cas de définir des limites éthiques.

 

Jean-Claude
Larchet

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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