21/10/2017
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Le gouvernement turc ne permet pas cette année que la liturgie de la Dormition soit célébrée au monastère historique de la Mère de Dieu de Soumela, dans la région de Trébizonde

Le gouvernement turc ne permet pas cette année que la liturgie de la Dormition soit célébrée au monastère historique de la Mère de Dieu de Soumela, dans la région de Trébizonde

Après cinq années successives, au cours desquelles les autorités turques permettaient que la liturgie soit célébrée le 15 août au monastère historique de la Mère de Dieu de Soumela, dans la région de Trébizonde, la permission n’a pas été accordée cette année. Les autorités justifient cette interdiction par les travaux de restauration et les problèmes de stabilité de l’édifice qui seraient apparus récemment. Néanmoins, les cercles du Patriarcat de Constantinople ainsi que des représentants de l’hellénisme de la région du Pont considèrent que ces raisons ne sont que des prétextes. Ils expriment des craintes que le monastère soit définitivement fermé aux offices après l’entreprise d’islamisation de l’actuel gouvernement turc. En 2010, après 88 ans d’interruption, celui-ci avait permis au Patriarche œcuménique de célébrer la divine Liturgie pour la fête de la Dormition. La permission d’ouvrir le monastère une fois par an était permanente, sans limite dans le temps. Or, à la fin du mois de mai, les autorités turques ont informé le Patriarcat œcuménique que la permission était retirée, sans toutefois préciser si cela ne concernait que l’année présente. L’information a provoqué une grande déception chez les descendants des habitants du Pont qui sont dispersés dans le monde entier. Selon le président de la Fédération internationale des Grecs du Pont, M. Georges Parcharidis, « Le motif invoqué est la restauration de l’édifice. Je ne crois pas que cela soit la raison. Les Turcs ne veulent pas permettre que le monastère historique fonctionne à nouveau. Leur but est que disparaisse tout élément qui relie à la Grèce et à l’Orthodoxie ». Toujours selon M. Parcharidis, le plan du gouvernement turc est de changer le caractère de la région. « Le plan a commencé à être réalisé les dernières années. Il y a déjà deux ans que l’église Sainte-Sophie de Trébizonde a été transformée en mosquée, tandis que la même chose se produit, graduellement, avec Sainte-Sophie de Constantinople. En même temps, toutes les églises orthodoxes de la région sont devenues ou bien des mosquées, ou des étables, ou encore s’effondrent ». En outre, le nouveau maire islamiste du lieu élu en 2014, qui a remplacé l’ancien maire modéré et kémaliste, participe aux efforts des autorités turques pour éradiquer tout élément grec et orthodoxe. Qui plus est, un projet gouvernemental d’installation d’une station de sports d’hiver, à cinquante minutes environ du monastère n’est pas sans incidence. Des routes ont été ouvertes, de la dynamite a été utilisée, en raison de la nature rocheuse de la région. « Le monastère a réellement été endommagé à la suite de ces travaux, mais toutefois la restauration constitue une bonne excuse » a déclaré M. Parcharidis. Selon les personnalités influentes de l’hellénisme du Pont, « le seul pays qui peut « assagir » Erdoğan est la Russie, soit par l’intermédiaire de Poutine, soit par celui du patriarche Cyrille ». En effet, le 3 août, dans une lettre du Ministère russe des affaires étrangères adressée à M. Ivan Savvidis [membre influent de la Douma, président de la Fédération des communautés grecques de Russie, ndt], concernant « la célébration d’un culte religieux » à Sainte-Sophie de Constantinople, il est mentionné que la Russie partage les préoccupations de celui-ci. La signification dudit édifice en tant que monument du Patrimoine culturel mondial protégé par l’UNESCO y est soulignée, le musée ne pouvant être utilisé à d’autres fins. Il est également donné l’assurance que dans ses contacts avec les autorités turques, la Russie soulèvera la question et qu’Ankara sera exhortée à demeurer garante des valeurs religieuses et spirituelles de la société multinationale et multi-religieuse du pays, ainsi qu’à ne pas créer en outre des motifs de tension. La lettre du Ministère russe des Affaires étrangères constituait la réponse à la lettre qu’avait envoyée Ivan Savvidis au mois de juin au président Vladimir Poutine et au patriarche de Moscou Cyrille, leur demandant de défendre les monuments chrétiens se trouvant aujourd’hui en Turquie.

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Jovan Nikoloski