26/09/2017
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Résultats de la recherche : avortement

L’Église orthodoxe russe a récolté 38 millions de Roubles pour la prévention des avortements

Le Département synodal des œuvres caritatives du Patriarcat de Moscou a achevé les inscriptions au concours destiné à la création de nouveaux centres ecclésiastiques d’aide humanitaire en Russie, qui sont appelés à aider les femmes sur le point d’avorter. Des fonds pour créer les nouveaux centres d’aide humanitaire ont été recueillis avec la bénédiction du patriarche Cyrille dans toutes les églises russes la veille du jour de la protection des enfants. En annonçant la récolte de fonds dans toute l’Église russe, le patriarche Cyrille a déclaré qu’il était convaincu que « l’une des mesures les plus importantes pour faire diminuer le nombre des avortements est de prendre en charge de façon globale et en temps utile les femmes se trouvant dans des situations de vie difficile. L’Église prend une part très importante dans la résolution de cette question, mettant en place des foyers spéciaux et des centres humanitaires, où les femmes enceintes ou encore les femmes avec des enfants peuvent s’adresser, notamment pour y recevoir un soutien matériel » est-il dit dans le message du patriarche de Moscou Cyrille, qui a été lu dans les églises russes le 29 mai dernier. En tout, 38 millions de Roubles (environ 500.000 Euros) ont été récoltés. Afin de répartir ces fonds, le Département des œuvres caritatives a procédé à un concours, au titre duquel 61 candidatures ont été reçues de différents diocèses sur le territoire de la Russie. Celles-ci sont venues tant des grandes villes, comme par exemple Khabarovsk, Ekaterinbourg, Volgograd, Omsk, ou de plus petites comme Severobaïkalsk dans la République bouriate, Biisk dans l’Altaï, Siansk dans la région d’Irkoutsk, Orsk dans la région d’Orenbourg, Gatchina dans la région de Leningrad, et Pereslavl-Zalesski dans la région de Iaroslavl. Au cours des cinq dernières années ont été ouvertes en Russie, avec la participation de l’Église, 45 nouveaux foyers pour les femmes en situation de crise, de Kaliningrad jusqu’à Petropavlovsk en Kamtchatka. Actuellement, il y a plus de 60 centres d’aide humanitaire gérés par l’Église, dans lesquels les nécessiteux peuvent recevoir gratuitement des vêtements, des produits d’hygiène, des poussettes, des berceaux et autres. Il y a en outre des dizaines de centres ecclésiastiques pour la défense de la maternité et, dans plusieurs régions, est organisé le travail, avec la participation de l’Église, de consultations pré-abortives données dans les maternités par des psychologues et des travailleurs sociaux. Selon les statistiques, l’aide sous forme de vêtements et de produits alimentaires permet souvent de prévenir les avortements ou le refus de l’enfant. On estime que 1552 femmes, dans 23 villes, ont renoncé à l’avortement grâce à l’aide matérielle qui leur était accordée.

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Le patriarche de Moscou Cyrille a signé la pétition demandant l’interdiction des avortements en Russie

Après avoir célébré la Liturgie en l’église Saint-Michel-Archange au village de Belousovo, le patriarche de Moscou Cyrille a signé la pétition au cours de sa rencontre avec les participants du mouvement social panrusse « Pour la vie » et du mouvement « Bénévoles orthodoxes ». « Nous, citoyens de la Fédération russe, nous prononçons pour la cessation de la pratique existant dans notre pays de meurtre légal des enfants avant leur naissance et nous exigeons des modifications à la législation ayant pour but la reconnaissance du statut d’existence humaine à l’enfant conçu, dont la vie, la santé et le bien-être doivent être défendus par la loi », est-il dit dans la pétition dont le texte a été coordonné avec la commission patriarcale pour les questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance. Les auteurs se prononcent également pour l’interdiction des interruptions chirurgicales et médicales de grossesse, des contraceptifs à effet abortif, des technologies de procréation assistée, « dont l’élément inhérent est l’avilissement de la dignité humaine et le meurtre des enfants se trouvant dans les étapes initiales du développement de l’embryon ». Les pétitionnaires se prononcent pour l’attribution d’aide matérielle, à un niveau non inférieur au minimum vital, financée par le budget fédéral aux femmes enceintes et aux familles ayant des enfants. « S.S. le patriarche Cyrille a remercié les participants de l’action pour leur travail et les a bénis », est-il dit dans le communiqué. Actuellement, dans de nombreuses églises de Russie, sur l’initiative du mouvement « Pour la vie », a lieu la récolte de signatures pour une défense légale de la vie humaine dès le moment de la conception. Les initiateurs de l’action prévoient de récolter un million de signatures. Jusqu’à maintenant, la pétition a recueilli 300.000 signatures. En juin de cette année, le Conseil inter-religieux de Russie, dont font partie les leaders et représentants des communautés religieuses traditionnelles de Russie, ont appelé à exclure l’avortement du système d’assurance sociale obligatoire. Le patriarche Cyrille s’était précédemment adressé aux législateurs avec une demande analogue.

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À l’occasion du 95ème anniversaire de la légalisation permettant les avortements en Russie soviétique, des piquets se sont tenus devant la Douma

Le 18 novembre, 95ème anniversaire de la légalisation permettant les avortements en Russie soviétique, des piquets se sont tenus devant l’entrée du Conseil de la Fédération et de la Douma d’État à Moscou, pour prendre la défense de l’enfant jusqu’à sa naissance. Les activistes du « Mouvement pour la défense de la vie » ont rappelé en silence devant les élus et les représentants des régions, venus en séance plénière, que l’infanticide est légalisé en Russie depuis 95 ans déjà. Commentant cette action, le président du Département synodal pour la coopération entre l’Église et la société, l’archiprêtre Vsevolod Tchapline, a déclaré ce qui suit : « Je suis très content que les chrétiens orthodoxes, en ce jour triste et sombre, manifestent leur position citoyenne, rappelant entre autres au pouvoir législatif suprême la dimension morale du droit. Beaucoup de gens sont convaincus que l’homme non né est un homme dans le plein sens du terme, et qu’il faut refléter cela dans la législation. Certains peuvent être d’accord, d’autres non, mais les orthodoxes peuvent et doivent se prononcer et, de plus, il leur faut questionner directement les politiciens sur leur attitude à l’égard des avortements. Il est important que ceux-ci ne puissent se dérober à cette conversation directe ». Comme l’a fait remarquer le père Vsevolod, « La Russie soviétique a été le premier pays du monde à légaliser les avortements aux moment où elle sombrait dans l’athéisme et la misanthropie. « Malheureusement, la voie que nous avions suivie pour reconnaître l’avortement comme soi-disant une norme, a été reprise par d’autres pays. Nous avons été les premiers à chuter dans le péché, aussi soyons les premiers à nous repentir et à redresser notre vie ainsi qu’un genre de vie moral, ce qui implique la réduction décisive des avortements, et la perspective de leur rejet complet par la société » a conclu le père Vsevolod. L’action a été commentée également par le président du festival international « Pour la vie », Serge Tchesnokov : « Personnellement, je ne puis rester indifférent à cette action. La journée du 18 novembre peut à juste titre être appelée « journée noire » du calendrier. Notre mouvement intervient pour accorder à ce jour le statut de Jour de deuil pour les enfants non nés. Il résulte de la légalisation des avortements que la Russie a perdu ainsi plus de population que sur le front de toutes les guerres réunies. Je suis certain qu’un jour cette date sera jour de deuil officiel dans tout l’État ». Parmi les participants au piquet se trouvait le dirigeant du mouvement orthodoxe russe « Sainte Russie », Ivan Otrakovsky. « La journée présente » est un jour de deuil dans l’histoire de la Russie. Il conviendrait de mettre en berne, en ce jour, le drapeau national de la Fédération de Russie en mémoire des millions d’enfants innocents qui ont été tués. Durant la période du règne de l’empereur Nicolas II, l’accroissement de la population fut de 60 millions de personnes. Durant cette période historique, l’avortement était puni par la loi. Après la chute de l’Empire russe, la population de notre patrie connaît une diminution constante. Et la faute n’en est pas seulement à la dissolution des mœurs, mais à la loi anthropophagique, le meurtre légalisé. Il est temps d’abandonner le terme médical « avortement », « interruption de grossesse », et d’introduire le terme juridique « infanticide », ainsi que d’interdire par la loi cette infamie envers notre avenir, envers les enfants ».

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Le patriarche de Moscou Cyrille : « Environ 15 000 femmes ont renoncé à l’avortement grâce à l’Église »

Environ 15 000 femmes ont renoncé en Russie à pratiquer l’avortement grâce à l’activité des représentants de l’Église pour prévenir celui-ci, et cette dynamique est en constante croissance. C’est ce qu’a communiqué le patriarche de Moscou Cyrille samedi dernier, lors d’une rencontre avec les lauréats biélorusse du concours primé international « Initiative orthodoxe ». « Si l’on parle en général de la solution du problème démographique, le plus efficace est d’éviter les avortements. C’est bien plus efficace que les primes à la naissance, pour lesquelles la Russie dépense beaucoup d’argent. Aussi, nous nous occupons maintenant de cela et nous travaillons sur un projet de loi qui, peut-être, sera adopté, ce que j’espère beaucoup » a déclaré le patriarche. Celui-ci a rappelé que lors des rencontres parlementaires de Noël qui ont eu lieu en janvier de cette année, il avait été proposé de cesser le remboursement de l’avortement par les caisses d’assurance maladie obligatoire. « Il y a actuellement des discussions à ce sujet dans la société, mais la majorité des gens ont une attitude compréhensive (…) J’ai maintenant des consultations, les unes après les autres, avec la direction du Conseil de la Fédération de Russie et de la Douma d’État, ainsi qu’avec les ministres. Il y a quelques propositions d’amendements », a dit le primat de l’Église orthodoxe russe. Le patriarche a rappelé que, selon les statistiques officielles, environ 712.000 avortements avaient été effectués annuellement en Russie mais que toutefois « il existe encore un chiffre non officiel – ce sont quelques millions par année » a précisé le patriarche. Celui-ci a précisé que le travail de prévention des avortements se trouve « au centre de l’attention de l’Église ». Ainsi, dans les diocèses sont créés des centres d’hébergement pour les femmes qui ont refusé d’avorter, des spécialistes, représentantes de l’Église, participent aux consultations de femmes. « Un tel travail a résulté dans le fait que l’Église a fait éviter à 15.000 mamans de procéder à cet acte terrible. Naturellement, c’est une goutte dans l’océan… Mais nous sommes au commencement du chemin » a conclu le primat de l’Église orthodoxe russe, qui se trouve en visite en Biélorussie du 20 au 22 juin.

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Le patriarche de Moscou Cyrille propose d’exclure l’avortement du système de sécurité sociale et d’en interdire la publicité

Le patriarche de Moscou Cyrille a proposé d’exclure les opérations d’interruption de grossesse du système de l’assurance médicale obligatoire, et également de limiter ou d’interdire totalement la publicité et la propagande en faveur de celles-ci. « L’un des malheurs principaux de la Russie reste le nombre énorme des avortements » a déclaré jeudi, à la Douma, le primat de l’Église orthodoxe russe, à l’occasion des rencontres parlementaires de Noël. « Si l’on réussissait à réduire de moitié la quantité des avortements, nous aurions une croissance démographique stable et solide » a souligné le patriarche. Comme il l’a exprimé, surmonter « ce mal » nécessite des mesures complexes, qui doivent inclure 

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Le métropolite Tikhon, primat de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA) dirige la délégation orthodoxe au sein de la « marche pour la vie », la manifestation anti-avortement, à Washington

2013-0125-march-for-life36__largeDes hiérarques, clercs, séminaristes et fidèles orthodoxes de tout âge se sont joints aux dizaines de milliers (650 000 selon certaines estimations) de militants (photographie, une autre) « pro-vie » venus de tout le pays pour la marche annuelle pour la vie (1) dans la capitale des États-Unis le vendredi 25 janvier.

Le métropolite Tikhon était à la tête des fidèles orthodoxes depuis le parc de l’Ellipse jusqu’aux marches de la Cour suprême, afin de témoigner de la sainteté de la vie, et ce quarante ans et trois jours après l’arrêt de la Cour (Roe c/Wade) qui a légalisé l’avortement aux États-Unis.

Aux côtés du métropolite Tikhon étaient présents les hiérarques suivants de l’Église orthodoxe en Amérique : les archevêques Nathanaël de Detroit et du diocèse roumain, Benjamin de San Francisco et de l’Amérique occidentale, Nikon de Boston, Nouvelle Angleterre et du diocèse albanais, les évêques Melchisédech de Pittsburgh et Pennsylvanie occidentale et locum tenens du diocèse de Philadelphie et de Pennsylvanie orientale, et Michel de New York et du New Jersey.

Les étudiants du séminaire Saint-Tikhon de South Canaan (Pennsylvanie) et de Saint-Vladimir de Crestwood (New York), se trouvaient parmi les nombreux chrétiens orthodoxes qui chantaient des hymnes et portaient des icônes pendant la marche. Le métropolite Tikhon s’est adressé aux manifestants, qui ont marché de l’avenue de la Constitution jusqu’à la Cour suprême des États-Unis, et ont récité des prières pour les victimes des avortements.

La veille de l’événement, les manifestants s’étaient rassemblés en la cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas de Washington pour célébrer les grandes vêpres, suivies d’une réception. « Les chrétiens orthodoxes ont participé à la marche depuis quatre décennies » a déclaré l’archiprêtre John Kowalczyk, un activiste « pro-vie » et co-fondateur de la présence orthodoxe au rassemblement annuel. « La présence de nos hiérarques, clercs, séminaristes et fidèles – particulièrement la jeunesse de notre Église – constitue un témoignage au don sacré de la vie qui continue d’être contesté dans notre pays ».

La marche a eu lieu la veille des célébrations à l’occasion de l’intronisation du métropolite Tikhon en tant que primat de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA), les 26 et 27 janvier. La manifestation a été retransmise par la chaîne EWTN, et des photographies de celle-ci peuvent être visionnées sur  cette page du site de l’OCA (dont photographie ci-dessus). Ci-dessous, vidéo (0'59) de la pannychide lors de la "marche pour la vie". Des membres, clercs et laïcs, du diocèse carpatho-russe (Patriarcat oecuménique de Constantinople) y ont également pris part (photographies).

Source: OCA, traduit de l'anglais pour Orthodoxie.com

Le patriarche Cyrille de Moscou déclare : « C’est au nombre des avortements que l’on peut juger de l’état moral de la société »

2NOV_4432Le patriarche Cyrille de Moscou a visité, le jour de Noël selon l’ancien calendrier, la maternité d’une clinique de Moscou. « Lorsque, dans une maternité, le médecin pose la question : « Interromprons-nous la grossesse ? », il pousse la femme par cette question à procéder à un avortement. Je suis convaincu qu’il s’agit là d’un crime » a dit le patriarche Cyrille, qui s’adressait aux patients et aux collaborateurs de maternité. « Non seulement, c’est un crime moral, mais je pense qu’il s’agit encore d’un crime contre l’homme, contre la personne. Parce que le Seigneur a prédestiné la femme à mettre au monde un enfant. C’est, peut-être, sa finalité principale, sans laquelle ne pourrait exister le genre humain. Et si par notre volonté perverse, nous intervenons, nous empiétons sur le plan divin au sujet de la femme, si nous nous efforçons de corriger celui-ci, nous causerons un tort immense, détruisant la personne humaine et les relations dans la société (…) C’est au nombre des avortements que l’on peut juger de l’état moral de la société. Selon ces indicateurs, la Russie, malheureusement, se trouve en tête parmi de nombreux pays » a constaté le patriarche, remerciant le personnel de la maternité parce que « dans cette institution, on ne pousse pas les futures mamans à interrompre la grossesse ». « Si dans chaque maternité, on persuade la maman qu’il faut laisser naître l’enfant, que grâce  à la science contemporaine, les médecins feront tout pour que l’enfant vienne au monde et aideront la maman à s’occuper de l’enfant, même si la santé de celui-ci est défectueuse, alors, je pense, le climat moral dans notre société changera également » a poursuivi le patriarche. Répondant aux questions des journalistes après sa visite, le patriarche Cyrille a déclaré qu’il y avait « environ 50 refuges pour femmes dans la Fédération de Russie ». Les pensionnaires de ces refuges sont, en partie, de jeunes mamans, qui ont réussi à refuser de procéder à l’avortement mais qui, ce faisant se trouvent dans des conditions d’existence difficiles. Dans ces refuges, les femmes « peuvent séjourner quelques années, on les aide à s’insérer dans la vie et on leur fournit une assistance financière. En outre, on a ouvert toute une série de centre de consultation pour femmes enceintes. Si la future mère émet soudain le souhait d’interrompre la grossesse, des consultants appartenant à l’Église commencent à travailler avec elle. Ceux-ci, dans la majorité des cas, aident à préserver la vie de l’enfant. Nous collaborons dans ce domaine avec les institutions de l’État et les forces sociales et nous considérons qu’il s’agit là d’une direction importante du travail. Nous ferons de notre mieux pour la développer » a souligné le primat de l’Église orthodoxe russe.

Sources: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com, Patriarcat de Moscou (dont photographie prise lors de la visite de la maternité, autres photographies) (vidéos)

 

Russie: un prêtre a sauvé 2000 bébés de l’avortement à Volgograd

Le père Alexis (Tarasov) a commencé par dissuader lui-même des paroissiennes décidées à avorter, et a élaboré ensuite un programme, qui a été soutenu par les autorités.

Maintenant directeur du Centre de la défense de la maternité et de l’enfance auprès de la Société des médecins orthodoxes Archange-Raphaël, le prêtre Alexis Tarasov de la ville de Voljsk a reçu, pour son labeur de plusieurs années, une récompense internationale du Congrès mondial des familles. Le ministère de la Santé de la Fédération de Russie a souligné la contribution du prêtre dans la baisse du nombre des avortements sur le territoire de la région de Volgograd. Au cours des cinq dernières années leur nombre s’est réduit de 25%.

Le père Alexis a commencé son œuvre à l’église et a aussi  par des visites dans les hôpitaux pratiquant l’avortement. Il a discuté pendant des heures avec les femmes qui pour une raison ou une autre voulaient interrompre la grossesse. « J’ai moi-même 5 enfants ! » déclare le père Alexis. « Les enfants, c’est un don de Dieu, et en refusant ce don, on peut déclencher la colère du Très-Haut ! Nous devront tous répondre devant Dieu, et il est indispensable de préserver son âme et ne pas prendre sur soi un péché aussi grave ! »
Ne pouvant toutefois lutter seul, le père Alexis, avec ceux qui partageaient ses vues, a mis au point un projet de centre pour femmes enceintes en difficulté. En même temps, avec la bénédiction du diocèse, il s’est adressé aux autorités pour que son projet prenne vie.

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L’Église orthodoxe de Bulgarie s’associe au programme de lutte contre les avortements

L’Église orthodoxe de Bulgarie envisage de réaliser un film sur le problème de l’avortement. Cette production, selon le métropolite de Lovetch Gabriel, constituera une partie d’un programme à long terme de lutte contre l’avortement, qui commence en Bulgarie. Le film, qui évoquera la vie de l’embryon humain dans le ventre de la mère, sera projeté lors de chaque rencontre avec la jeunesse ainsi que dans les « écoles du dimanche » qui fonctionnent auprès des paroisses, mais aussi dans les écoles publiques, où est dispensé un cours de connaissances religieuses fondamentales.

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L’Eglise russe demande des mesures pour mieux encadrer l’avortement

En Russie, l'Eglise orthodoxe a demandé, le 17 janvier, aux autorités politiques des mesures pour mieux encadrer l'avortement et en freiner l'utilisation. En 2008, on a compté en Russie plus de 1,2 million d'avortements.

Source: Généthique

Les organisations religieuses russes condamnent un appel à la légalisation totale de l’avortement de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Les organisations
religieuses russes  ont
condamné
un texte de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE)
du 16 avril dernier appelant à la légalisation totale de l’avortement.

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Repères pour une possible lecture chrétienne des quatre films récents qui abordent le sujet de l’avortement – analyses cinématographiques de Bogdan Florin Vlaicu

Nous vous
proposons ces analyses cinématographiques de Bogdan Florin Vlaicu intitulée : «Repères pour une possible lecture chrétienne
des quatre films récents qui abordent le
sujet de l’avortement : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian
Mungiu (Roumanie), Le Bannissement de Andreï Zviaguintsev (Russie), L’île
de Pavel Lounguine
(Russie) et Juno de Jason Reitman (Etats-Unis) ». Son auteur prépare
un doctorat sur les représentations du Christ au cinéma. Il est aussi le
réalisateur de l’émission
hebdomadaire
L’Eglise Orthodoxe
aujourd’hui
sur Radio Notre Dame. Pour lire ces analyses, cliquez
sur ce lien
(format pdf).

Recension: Rod Dreher, « Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin »

Rod Dreher, Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin, Artège, Paris, 2017, 372 p.
Né en 1967, Rod Dreher, qui vit à Bâton Rouge (Louisiane), est actuellement journaliste pour le magazine The American Conservative. Il a auparavant collaboré à des journaux prestigieux comme le New York Times (il y collabore encore périodiquement), le New York Post, la National Review et la National Review Online, The Weekly Standard, The Wall Street Journal, Touchstone, Men’s Health, le Los Angeles Times, le Dallas Morning News. Il a été également analyste à CNN, Fox News, MSNBC, Court TV. Il a été nommé plusieurs fois pour le prix Pulitzer. Originaire d’une famille méthodiste, il s’est converti au catholicisme en 1993 puis à l’Orthodoxie en 2006. Il a raconté dans un article intitulé « Qu’y a-t-il de si attirant dans l’Orthodoxie? », récemment traduit sur l’excellent site orthodoxologie.blogspot.fr., les raisons de sa conversion à l’Orthodoxie.
Ce premier livre qu’il publie en français, s’est vendu – sous le titre The Benedict Option – à 40.000 exemplaires aux États-Unis et y a suscité de vifs débats, bien que l’idée du « pari bénédictin » qui est son thème central, soit avancée par l’auteur depuis une quinzaine d’années, notamment dans un blog éponyme.
Dreher part d’une constatation de base: le christianisme et ses valeurs deviennent minoritaires dans nos sociétés occidentales, et les chrétiens risquent dans un proche avenir d’être soumis à des principes, des règles et des modes de vie qui sont non seulement étrangers à leur éthique, mais incompatibles avec elle et avec la foi qui les fonde, et d’être persécutés s’ils ne s’y plient pas, car ce véritable « déluge » (titre du 1er chapitre), s’accompagne de pressions sociales diverses (politiques, médiatiques, juridiques, psychologiques, etc.).
L’un des points de départ de la réflexion de Rod Dreher, est la place exorbitante prise dans les sociétés occidentales contemporaines par le mouvement LGBT (Lesbien-Gay-Bisexuel-Transsexuel), qui dispose d’importants moyens de propagande, peut légalement infiltrer le système scolaire et former les jeunes cerveaux à sa « théorie du genre » (gender theory), a fait voter des lois qui font condamner comme raciste toute critique, même théorique, de ses principes, se montre d’une intolérance extrême au nom de la tolérance, et parvient avec arrogance à imposer ses vues minoritaires à la majorité avec l’appui des lobbies médiatiques et politiques. Ce fait sociétal a été pour Rod Dreher – avec d’autres facteurs (comme la sécularisation galopante, le développement de l’individualisme et du consumérisme…) qui témoignent d’une décadence profonde du monde chrétien (qu’il compare à celle de l’Empire romain) et d’un changement de paradigme de notre civilisation (en particulier de ses bases familiales et de ses références éthiques) – un moteur important de sa décision de proposer aux chrétiens de réagir concrètement. Cette réaction a peu de chance, selon l’auteur, de réussir sous la forme d’un engagement politique – un engagement à droite peut en partie ralentir, mais non empêcher ce mouvement de décadence. Elle peut en revanche réussir par la construction, par tous les chrétiens, d’une société fondée sur leurs valeurs morales communes et, s’inspirant, quant à son mode d’organisation, de la règle monastique de saint Benoît d’où le sous-titre du livre (qui est son titre principal dans l’édition américaine): « Le pari bénédictin ». Cette construction doit d’abord prendre la forme d’un retrait par rapport aux éléments toxiques des sociétés post-modernes, non dans la fuite et l’isolement, mais par rapport à tous les facteurs – notamment médiatiques et éducatifs – qui contribuent à éloigner les hommes (avant tout les enfants et les adolescents) des valeurs chrétiennes. Il s’agit, autrement dit, d’organiser la résistance. Mais il s’agit en même temps d’élaborer sur la base des valeurs fondamentales du christianisme, un modèle communautaire solide, capable de constituer une alternative aux modèles sociétaux actuels, voire, s’il se développe (comme ce fut le cas de la civilisation chrétienne après la chute de l’Empire romain), de s’y substituer. Selon l’auteur, il faut repenser la nature et la structure des communautés chrétiennes et les revivifier, car « les Églises » actuelles sont très faibles, largement contaminées par les valeurs post-modernes extérieures au christianisme, et inaptes à opposer la résistance et l’alternative souhaitables.
Je laisse la place à l’auteur pour présenter l’origine et le sens de sa démarche telle qu’il les expose dans son introduction:

« Je me rendis compte que les Églises, dont la mienne, se montraient incapables de lutter efficacement contre les forces du déclin culturel. Le christianisme historique et traditionnel – aussi bien protestant que catholique ou orthodoxe – avait pour devoir d’être une véritable puissance de résistance à l’individualisme et au sécularisme radicaux du monde moderne. On racontait volontiers que les chrétiens conservateurs menaient une guerre culturelle, mais, à part contre l’avortement et le mariage homosexuel, le combat des miens me paraissait inexistant. Nous semblions nous satisfaire d’endosser le rôle de chapelains d’une culture acquise au consumérisme, qui avait perdu toute notion de la réalité du christianisme.
Dans mon livre Crunchy Cons, publié en 2006, j’explorai cette sensibilité conservatrice que l’on peut qualifier de “contre-culture par la tradition”. J’y citai l’œuvre du philosophe Alasdair MacIntyre, pour qui la civilisation occidentale avait perdu ses amarres philosophiques. Le temps approchait, disait-il, où les hommes et les femmes de bien comprendraient qu’il ne serait plus possible à ceux qui désirent une existence en accord avec les vertus de la tradition de participer activement à la société contemporaine. Il leur faudrait trouver de nouvelles manières de vivre en communauté, à l’exemple de saint Benoît qui, au VIe siècle, donna naissance au monachisme occidental, offrant ainsi une réponse à l’effondrement de la civilisation romaine.
J’avais nommé ce retrait stratégique appelé de ses vœux par MacIntyre le « pari bénédictin ». L’idée principale en était que les chrétiens conservateurs sérieux ne pouvaient plus mener une existence légère, ordinaire ; qu’il fallait développer des solutions innovantes, collectives, pour nous aider à maintenir notre foi et nos convictions au milieu d’un monde qui y était de plus en plus hostile. Il allait falloir choisir avec radicalité un christianisme de contre-culture, un nouveau mode de vie, sous peine de condamner nos enfants et leurs enfants à l’assimilation.
Une décennie durant, j’ai beaucoup écrit sur ce pari bénédictin, sans que jamais l’idée dépasse un cercle plutôt restreint de chrétiens conservateurs. Pendant ce temps, la “génération du millénaire” se mit à abandonner l’Église, dans des proportions encore jamais vues. Et il est presque certain qu’elle ne savait même pas ce qu’elle rejetait : de récentes recherches sociologiques ont montré que les jeunes adultes ignorent, quasiment tous, les enseignements et usages de la foi chrétienne historique.
Le déclin constant du christianisme et la montée proportionnelle de l’hostilité vis-à-vis des valeurs traditionnelles ont atteint un point critique en avril 2015, lorsque l’État de l’Indiana a fait passer une version locale de l’acte fédéral de restauration de la liberté religieuse. La loi se contentait de permettre que l’argument d’atteinte à la liberté religieuse soit entendu en justice dans le cadre de procès en discrimination. Elle n’affirmait pas que cet argument ferait nécessairement gagner les accusés, mais les militants des droits homosexuels la décrivirent comme “sectaire”. Et pour la première fois, le monde des affaires prit parti dans la guerre culturelle en défendant avec fermeté les droits de la communauté gay. Sous la pression des grandes entreprises, l’Indiana fit machine arrière. Une semaine plus tard, c’était au tour de l’Arkansas.
Cette affaire fut un tournant: elle démontrait que, si les grandes entreprises faisaient opposition, les responsables républicains, même dans des États où ils avaient la majorité, préféraient ne pas prendre position pour la liberté religieuse. Défendre l’orthodoxie chrétienne sur les questions de sexualité devenait, dans l’esprit de tous, un acte inacceptable de bigoterie. C’était la débâcle pour les chrétiens conservateurs. Nous vivions dans un nouveau pays.
Deux mois plus tard, la Cour Suprême faisait du mariage entre personnes de même sexe un droit constitutionnel. Ce fut aux États-Unis une décision populaire: l’opinion, en l’espace d’une décennie, avait radicalement changé sur la question des droits des homosexuels et du mariage gay. Sitôt ce droit acquis, les militants et leurs alliés politiques, les démocrates, se remirent à la lutte, cette fois pour les droits des transgenres.
Depuis l’arrêt Obergefell, les chrétiens qui restent attachés à l’enseignement de la Bible sur la sexualité et le mariage ont acquis, de l’avis général (et, de plus en plus, avec l’appui de la loi), le même statut que les racistes. La guerre culturelle entamée avec la révolution sexuelle des années 1960 s’est soldée par une défaire des chrétiens conservateurs. La gauche culturelle – autrement dit, le courant de pensée dominant – n’a nullement l’intention de vivre en paix après sa victoire. Au contraire, elle continue de pousser pour établir une occupation dure et impitoyable, aidée par le désarroi des chrétiens, qui ne comprennent pas ce qui se passe. Qu’on ne s’y trompe pas: l’élection surprise de Donald Trump n’empêchera rien. Tout au plus est-elle un sursis.
Si j’ai écrit ce livre, c’est pour réveiller l’Église, l’encourager à agir, à se renforcer tant qu’il est encore temps. Si nous voulons survivre, il nous faut retourner aux racines de notre foi, dans nos pensées comme dans nos actes. Il va nous falloir renouer avec des habitudes intérieures que les croyants occidentaux ont délaissées. Il va nous falloir radicalement changer nos vies, notre vision du monde. En un mot, il va nous falloir être l’Église, sans compromis, quel qu’en soit le coût.
Ce livre n’est pas un programme politique, ni un manuel pratique de spiritualité, ni une énième lamentation sur la décadence. Certes, il propose une critique de la société moderne d’un point de vue chrétien traditionnel, mais il a d’abord pour but de présenter les initiatives de ces chrétiens qui cherchent, de manière créative, à vivre leur foi en dehors de la culture dominante, dans la joie et malgré les ténèbres. J’espère vous donner l’envie de vous en inspirer, de collaborer avec les chrétiens de votre entourage, de votre région, pour bâtir des réponses aux défis que ce monde lance à l’Église. Pour que le sel ne perde pas sa saveur, nous devons agir. Il se fait tard, et ce n’est pas un exercice.
Pour Alasdair Maclntyre, nous sommes dans l’attente d’ « un nouveau saint Benoît, sans doute très différent du premier ». Le philosophe veut parler d’un chef inspiré, novateur, qui trouvera une nouvelle façon de vivre la tradition en communauté, qui permettra la survie dans un temps d’épreuve. Le pape émérite Benoît XVI prédit un monde dans lequel l’Église vivra en petits cercles composés de chrétiens engagés, dévoués à leur foi et se tenant à l’écart de la société contemporaine pour l’amour de la vérité. Lisez ce livre, apprenez de ceux que vous y rencontrerez, soyez inspiré par le témoignage des moines. Laissez-les parler à votre cœur, à votre raison, puis agissez localement, renforcez-vous, renforcez votre famille, votre église, votre école, votre communauté.
Dans la première partie de ce livre, j’exposerai, tel que je le conçois, le défi de l’Amérique post-chrétienne. J’y chercherai les racines philosophiques et théologiques de la fragmentation de notre société, puis expliquerai quel soutien les croyants d’aujourd’hui peuvent trouver dans les vertus que contient la règle de saint Benoît, un guide pratique pour la vie monastique qui joua un grand rôle dans la préservation de la culture chrétienne, au cours de ce que certains appellent l’Age sombre.
Je décrirai dans la deuxième comment le mode de vie chrétien prescrit par la Règle peut être adapté à l’existence des laïcs chrétiens modernes, quelle que soit leur confession. La Règle propose des pistes pour aborder la politique, la foi, la famille, la communauté, l’éducation et le travail. Je montrerai comment ces pistes se manifestent concrètement chez beaucoup de chrétiens dont on devrait écouter ce qu’ils ont à dire. Enfin, j’analyserai l’importance cruciale de ces croyants qui se confrontent avec résolution, en pensée et en acte, aux deux phénomènes les plus puissants du monde moderne, qui déstabilisent l’Église dans ses fondements: la sexualité et la technologie.
J’espère que vous finirez par convenir que les chrétiens sont entrés dans un temps de grandes décisions. Les choix que nous faisons aujourd’hui auront des conséquences sur la vie de nos descendants, sur notre nation, sur notre civilisation. Jésus-Christ a promis que les portes de l’Enfer ne sauraient atteindre Son Église, mais Il n’a pas promis qu’elles ne la vaincraient pas en Occident. Tout dépend de nous, de ce que nous allons décider, ici et maintenant. »

Tandis que le premier chapitre de l’essai, intitulé « le déluge », présente l’irruption des valeurs anti-chrétiennes au cours de ces dernières décennies, le chapitre 2 analyse les racines anciennes de la crise que vivent les sociétés occidentales (le nominalisme, la Renaissance, la Réforme, les Lumières, la démocratie, la capitalisme et le romantisme, le triomphe de l’Eros). Le chapitre 9 approfondit la question de la révolution sexuelle et propose quelques solutions pour l’affronter, tandis que le chapitre 10 décrit les méfaits des techniques modernes, notamment numériques, et propose une limitation de l’usage de la télévision, d’Internet et des réseaux sociaux. Le chapitre 3 présente quelques éléments de la règle bénédictine dont l’application serait salutaire pour l’homme post-moderne : ordre, prière, travail, ascèse, stabilité, communauté, hospitalité, équilibre… Le chapitre 4 invite à construire une nouvelle forme de politique qui serait anti-politique et prendrait la forme d’une communauté chrétienne organisée, avec ses propres institutions (notamment scolaires) permettant d’échapper aux institutions délétères de nos sociétés actuelles. Le chapitre 5 propose quelques principes d’un mode de vie nouveau, inspiré par l’Église: redécouvrir la valeur du passé (au lieu de le nier au nom de la modernité et du prétendu progrès), redécouvrir la liturgie, renouer avec l’ascèse, renforcer la discipline de l’Église, évangéliser par la bonté et la beauté, accepter l’exil et la possibilité du martyre. Le chapitre 7 quant à lui présente les principe qui devraient participer à la constitutions d’un « village chrétien » à l’échelle de nos sociétés : faire de son foyer un petit monastère, faire savoir aux enfants que leur famille est différente des autres (et en être fier), s’assurer qu’ils ont un bon groupe d’amis, vivre à proximité des membres de sa communauté, faire vivre le réseau social de l’Église, nouer des relations entre Églises, aimer la communauté… Le chapitre 7 redéfinit l’éducation comme formation chrétienne et en énonce les principes: donner à sa famille une éducation bien ordonnée, enseigner l’Écriture aux enfants, enseigner aux jeunes l’histoire de la civilisation occidentale (dénigrée et méprisée par le système scolaire actuel), retirer ses enfants de l’enseignement public (qui contribue à l’étouffement des valeurs chrétiennes), ne pas se faire d’illusion sur les écoles chrétiennes existantes (qui très souvent s’assimilent au modèle libéral moderne), monter des écoles chrétiennes classiques, faire l’école à la maison, revenir aux classiques… Le chapitre 8 concerne les changements à apporter au monde de l’économie et du travail: « acheter chrétien » même si c’est plus cher, constituer un réseau professionnel chrétien, redécouvrir les métiers, se préparer à la pauvreté et à la marginalisation.

On le voit, ce livre se situe dans la ligne d’un conservatisme décomplexé, à la fois religieux et politique. L’auteur travaille d’ailleurs dans un journal qui, comme son nom l’indique, se situe dans la ligne politique des conservateurs américains, autrement dit des « Républicains », et il est habituel aux États-Unis de classer les chrétiens en libéraux ou conservateurs, et de parler de « gauche chrétienne » et de « droite chrétienne », comme nous le faisons en France pour les partis politiques et leurs sympathisants.

Ce n’est pas seulement en se positionnant par rapport à ce type de catégories qui situent la religion à proximité de la politique mais par son style (journalistique et usant constamment de la première personne) et par son contexte (celui de la société américaine actuelle) que ce livre est très américain dans son esprit et dans sa forme, et pour une part en décalage avec la mentalité et le contexte européens.
Il n’en reste pas moins vrai que la sécularisation de la société et tous les problèmes sociétaux qui remettent en cause les valeurs chrétiennes aux États-Unis, touchent de plus en plus nos sociétés européennes, les processus de globalisation et de mondialisation qui affectent l’ensemble des sociétés contemporaines tendant à uniformiser celles-ci à l’échelle du monde.
Tout en n’étant pas (encore) un reflet de ce que nous vivons, et tout en ayant une tonalité pessimiste et une tendance à la dramatisation, ce livre nous concerne et nous parle.
Il est vrai que si les valeurs antichrétiennes gagnent rapidement du terrain dans le même temps que les sociétés occidentales se déchristianisent à grande vitesse, ce n’est pas seulement en raison des moyens de diffusion dont elles disposent, mais aussi en raison du manque d’activité et de réactivité des chrétiens eux-mêmes, de leur faiblesse à affirmer leur foi et leur identité, de l’insuffisance de leur conviction dans l’expression et l’incarnation de leur éthique, de leur manque d’esprit apostolique et missionnaire dans la société où ils vivent (jusque dans la crainte de s’afficher comme chrétiens), et de leur incapacité de proposer par leur propre exemple un modèle de vie personnelle et de communauté enviables. La sécularisation inhérente au protestantisme depuis ses origines et qui a gravement affecté le catholicisme depuis le concile Vatican II et continue à l’affecter – malgré un certain retour de celui-ci, depuis Jean-Paul II et Benoît XVI, à des formes plus conformes à ses traditions antérieures –, a une grande part de responsabilité dans la sécularisation que connaissent les sociétés occidentales depuis plusieurs décennies, dans la perversion et l’oubli des valeurs chrétiennes de référence, et dans l’irruption de pseudo-valeurs de substitution. Selon la parabole de l’évangile (Mt 12, 44-45), quand on laisse la maison vide, de méchants démons y entrent…
Le renforcement de l’Église comme communauté, mettant à la disposition des fidèles, comme ce fut le cas dans le passé, des institutions (en particulier éducatives) transmettant et diffusant ses valeurs, et aussi (comme dans les institutions caritatives) les incarnant est un projet essentiel pour son maintien et sa reviviscence.
Les chrétiens doivent-ils pour autant se couper de la société et de ses institutions au risque de former un ghetto? Cela ne risquerait-il pas d’accentuer et d’institutionnaliser leur mise à l’écart et leur mise en minorité? La communautarisation telle qu’elle existe par exemple au Canada (avec l’appui officiel de l’État, qui préfère ce modèle d’intégration au modèle d’assimilation américain) où chaque communauté a ses propres institutions (écoles, collèges, lycées, universités, hôpitaux, maison de retraite, etc.) est-elle une solution? De tous temps les chrétiens ont eu pour tâche de préserver leur foi, leur éthique et leur mode de vie, à travers la vie et les institutions ecclésiales et au sein de leurs familles, ces « églises domestiques » comme les appelait saint Jean Chrysostome. Mais ils ne se sont pas pour autant coupés et séparés du monde environnant, à l’exception des moines, dont c’était la vocation particulière. Le Christ n’a jamais prétendu fonder en ce monde une société parallèle à la société civile, et il a commandé à ses disciples « de rendre à César ce qui est à César ». Il a affirmé clairement: « mon royaume n’est pas de ce monde ». Il a demandé aux chrétiens de témoigner de leur foi dans la société et pas à côté d’elle. Et s’il est vrai que l’Église constitue une société, celle-ci est de nature spirituelle et, dans sa plénitude, eschatologique. Porter témoignage de leur foi, coûte que coûte, au sein de la société où ils vivaient lors même qu’elle était antichrétienne, leur a d’ailleurs coûté cher pendant de longues périodes de l’Histoire où dans de vastes espaces géographiques, que ce soit au temps des persécutions des premiers siècles, au temps des conquêtes et de l’oppression persanes et ottomanes, sous le régime communiste, et plus récemment dans les zones dominées par l’intégrisme islamiste, où des millions de chrétiens ont, dans le martyr, payé de leurs souffrances, de leur sang et de leur mort.
Un autre problème majeur du livre de Dreher est que, tout en préconisant une société chrétienne faite de « petites communautés », il considère le christianisme comme un ensemble unifié, dont les membres seraient tous susceptibles d’adopter sans tarder le modèle qu’il propose. Il parle souvent de « l’Église » au singulier, mais dans la situation actuelle ce terme ne peut, pour différentes raisons, inclure les différentes confessions chrétiennes que l’auteur a en vue dans son projet global.
On ne peut que s’associer au souhait de Dreher de voir un jour les chrétiens réunis, mais outre que les divergences dogmatiques et ecclésiologiques qui les séparent sont loin de pouvoir trouver une solution, ils restent fortement divisés quant aux valeurs morales elles-mêmes. Réunir les chrétiens conservateurs en tant que tels risque de constituer une base à tous égards insuffisante.
Un autre trait frappant du livre de Dreher est qu’il comporte de multiples références à des auteurs catholiques et protestants, mais ne cite aucun auteur orthodoxe (excepté Schmemann sur la question du jeûne). Peut-être est-ce parce qu’il considère que le modèle bénédictin, qui a conservé beaucoup des valeurs et de traits de la vie spirituelle sur lesquelles tous les chrétiens s’entendaient au cours du premier millénaire, suffit à ses yeux (non au sens strict, en tant qu’ordre monastique, mais au sens large, par les valeurs qu’il incarne) à représenter le modèle orthodoxe (et donc peut-être est-ce là que nous trouverons une réponse aux questions que nous avons posées précédemment). C’est ce que semble indiquer ce passage du 1er chapitre:

« Vous ferez dans ce livre la connaissance d’hommes et de femmes qui sont les Benoît d’aujourd’hui. Certains vivent à la campagne, d’autres à la ville. D’autres encore sont dans les banlieues. Tous sont des chrétiens orthodoxes convaincus c’est-à-dire, théologiquement, des conservateurs appartenant à l’une des trois branches principales du christianisme historique – qui savent que les chrétiens doivent quitter Babylone, s’en séparer soit métaphoriquement, soit littéralement, sans quoi leur foi ne tiendra plus guère que le temps d’une génération ou deux dans cette culture de mort. Ils ont, au contraire de bien d’autres, accepté de reconnaître cette vérité que la politique ne nous sauvera pas. Plutôt que d’essayer de rafistoler l’ordre établi, ils ont reconnu que le royaume auquel ils appartiennent n’est pas de ce monde, et ont décidé de ne pas compromettre cette citoyenneté. Ces chrétiens orthodoxes font ce que j’appelle le “pari bénédictin”, une stratégie tirée de l’enseignement de l’Écriture et de la sagesse de l’Église des premiers temps, qui consiste à embrasser l’ “exil sur place” pour former une contre-culture vivace. Conscients de la dangerosité du sécularisme moderne et de la fragmentation causée par le relativisme, les chrétiens partis sur la voie de Benoît cherchent dans la Bible et la Règle les pratiques et modes de vie communautaires qui régiront leur vie. Plutôt que la panique ou la complaisance, ils choisissent la raison: le nouvel ordre n’est pas un problème à résoudre, mais une réalité avec laquelle il faut vivre. Ces chrétiens apprennent à survivre avec foi et inspiration, à approfondir leur vie de prière, à changer leur manière d’être, à se recentrer sur leur famille et leur communauté plutôt que sur la politique partisane, à construire des églises, des écoles et d’autres institutions dans lesquelles la foi chrétienne pourra survivre et s’épanouir pendant le déluge. »

Il est cependant évident que le modèle bénédictin, quelles que soient ses vertus, est trop limité et lié à un contexte historique occidental pour représenter le mode de vie orthodoxe dans toute son ampleur. Mais il est vrai que par leur conservatisme religieux (qui leur est souvent reproché dans un monde devenu liquide et presque entièrement gagné au libéralisme et au modernisme) les Orthodoxes traditionnels (qui sont la majorité des fidèles dans les pays orthodoxes) sont, parmi les chrétiens, ceux qui ont le plus fidèlement conservé l’esprit, les valeurs et le mode de vie du christianisme tel qu’il a été fondé par le Christ et transmis par les Apôtres et les Pères, et, en conséquence, il est vrai aussi que l’Église orthodoxe est actuellement, parmi toutes les communautés se réclamant du christianisme, particulièrement bien placée pour résister aux assauts anti-chrétiens du monde séculier post-moderne, et pour proposer, par sa capacité à englober spirituellement toutes les dimensions de la vie quotidienne, un modèle de vie alternatif fondé sur les valeurs chrétiennes authentiques. C’est d’ailleurs ce qui a convaincu Rod Dreher et sa famille de rejoindre l’Église orthodoxe, comme il l’explique dans son article déjà cité : « Qu’y a-t-il de si attirant dans l’Orthodoxie ? »

Rod Dreher sera en France du 28 septembre au 6 octobre. Il présentera son livre le dimanche 1er octobre à 11h30 à la Paroisse Ste Parascève-Ste Geneviève, Crypte St François (sous l’église St Sulpice), 35 rue St-Sulpice, Paris 6e, Métro St-Sulpice ou Odéon.

Jean-Claude Larchet

Le mouvement « Pour la vie » a organisé le 14 septembre des rassemblements dans 34 villes russes

Des opposants à l’avortement ont organisé le 14 septembre des rassemblements intitulés « Ils auraient pu aller à l’école », à l’occasion du début de la nouvelle année scolaire. Des rassemblements ont eu lieu dans 34 villes de Russie, dont Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg, Kazan, Mourom, Krasnoïarsk, Tioumen, Krasnodar, Kirov, Nijni-Novgorod, Novossibirsk, Omsk et Orenbourg. « Les membres du mouvement panrusse « Pour la Vie ! » tentent d’attirer l’attention du public sur le fait que la Russie perd chaque jour l’équivalent des étudiants de deux grandes écoles dans les cliniques d’avortement du pays », a déclaré le service de presse du mouvement. « Pendant les rassemblements, les activistes ont disposé des chaussures d’enfants sur les places des villes, symbolisant le nombre d’avortements dans les régions et localités concernées. Les organisateurs ont prévu de placer 2000 paires de chaussures d’enfants sur la place Sokolniki Park de la capitale, ce qui correspond au nombre quotidien d’avortements dans le pays. Des bénévoles ont collecté des chaussures chez les habitants de Moscou et de la région », mentionne le mouvement. Selon les organisateurs, les chaussures sont destinées à faire « visualiser les statistiques brutes de l’avortement ». Les chaussures seront ensuite distribuées aux familles pauvres. Pendant deux ans et demi, un autre programme « Sauvez une vie », qui fonctionne avec plus de 140 psychologues et travailleurs sociaux dans 86 localités de Russie, a réussi à empêcher 7000 avortements chez des femmes ayant des problèmes financiers. 65.000 femmes en tout ont reçu de l’aide de diverses façons. Les activistes pensent que l’État et la société ont assez de ressources pour aider de telles familles à garder leurs bébés. En août de cette année, « Pour la Vie » a annoncé le recueil de plus d’un million de signatures pour soutenir l’initiative destinée à débloquer une assistance du budget de l’État pour les familles nombreuses. La pétition comportait également une proposition de protéger la vie de chaque enfant depuis le moment de sa conception. Le nombre d’avortements en Russie a été réduit de moitié sur les quatre dernières années, selon le ministre de la Santé, Veronika Skvortsova. Celle-ci a mentionné que 2016 a été une année « très importante », le nombre d’avortements ayant été réduit de 96.300 (13%). Les années précédentes, la baisse moyenne était de 8%, par exemple 67.000 de moins en 2015. « Je suis très contente », a-t-elle dit, que « sur un nombre supérieur à 90.000, le nombre d’avortements désirés, c’est-à-dire pour des raisons autres que médicales, a diminué de 72.000 ». L’Église orthodoxe russe avait déclaré que le problème des avortements ne peut être résolu que si les femmes voient une alternative véritable sous la forme d’aide et de participation à leur sort par l’État et la société. Le 15 août 2017 avait eu lieu une liturgie nocturne à Moscou, suivie d’une prière « pour la cessation du péché d’infanticide ».

Sources : 1 et 2

Le primat des vieux-croyants ne pense pas qu’il soit possible de mettre fin au schisme avec le Patriarcat de Moscou

Le primat des vieux-croyants, le métropolite Corneille, pense qu’il est impossible pour les vieux-croyants de se réunir au Patriarcat de Moscou, tout en mentionnant que les relations entre les deux Églises sont actuellement paisibles. « Les plaies du schisme sont trop profondes. Nous sommes très différents quant à notre façon d’être, nos rites, notre esprit. Nous ne serons jamais en mesure d’accepter leurs rites, et il est improbable qu’ils souhaiteront eux-mêmes revenir à l’ancienne foi dans un avenir proche » a déclaré le primat dans une interview récente. De son côté, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président de la commission chargée des paroisses de rite ancien et de la coopération avec la communauté des vieux-croyants, croit que la guérison du schisme est encore lointaine, tout en ayant pris une position légèrement plus optimiste lors d’une présentation de livre au mois de juin dernier, lorsqu’il avait déclaré : « L’Église a toujours dit que la division qui se produisit au XVIIème siècle n’est pas une chose avec laquelle nous devons nous concilier, mais que nous devons nous efforcer de surmonter ». Outre les bonnes relations entre les vieux-croyants et le Patriarcat de Moscou, le primat des vieux-croyants a remercié le gouvernement pour l’égalité de traitement envers les deux Églises. « Je suis membre du Conseil présidentiel pour la coopération avec les associations religieuses. Cela signifie que le gouvernement reconnaît les vieux-croyants comme égaux aux autres confessions traditionnelles » a-t-il déclaré. Le métropolite Corneille est également certains que les relations de bon voisinage qui ont été développées entre les vieux-croyants et le Patriarcat de Moscou permettent que « les gens ne soient pas aigris les uns contre les autres, vivent en paix et aident la société à combattre l’alcoolisme, la drogue et l’avortement ». Le président Vladimir Poutine a rendu visite au centre spirituel des vieux-croyants le 31 mai, ce qui a été qualifié par le métropolite Corneille, comme « un jalon historique… Nous n’aurions pu rêver de tsars ou secrétaires généraux [soviétiques] venant à notre centre spirituel autrefois », a-t-il ajouté. « Nous sommes reconnaissants aux autorités pour leur soutien. Nous pouvons dire que nous avons maintenant de bonnes relations avec l’État, qui donnent déjà de bons fruits. Pour cela, nous sommes très reconnaissants à Dieu et au gouvernement » a conclu le primat des vieux-croyants.

Source (dont photographie du métropolite Corneille) : Orthodox Christianity

Vient de paraître: « En marche vers l’unité » d’Élisabeth Behr-Sigel, aux éditions du Cerf

Les éditions du Cerf viennent de publier En marche vers l’unité, un ouvrage d’Élisabeth Behr-Sigel préfacé par Olga Lossky (352 pages, collection Orthodoxie, 24 euros).

Présentation de l’éditeur : « Ce recueil rassemble des textes inédits de la théologienne Élisabeth Behr-Sigel qui, née et formée dans le protestantisme, découvre l’orthodoxie sur les, bancs de la faculté de Strasbourg. À travers une diversité de formes et de thèmes – méditations bibliques, cours sur les théologiens de l’émigration russe, conférences sur l’anthropologie ou la place des laïcs dans l’Église – se dessine la question, primordiale, de l’unité dans l’Église. Élisabeth Behr-Sigel est à même de suggérer des voies de convergences qui ne contreviennent pas à la rigueur doctrinale. Elle le fait en revenant au socle de la Bible et de la Tradition, ce qui lui permet d’aborder des sujets sensibles sur le plan théologique : christianisme et droits de l’homme, avortement, fêtes religieuses vécues dans une société laïque… Son expérience unique, à la croisée de l’Orient et de l’Occident chrétien, interpelle tous les croyants concernés par le dialogue entre les chrétiens. »
Olga Lossky indique dès le début de sa préface l’orientation des textes ici rassemblés, à commencer par les premiers (des homélies prononcées par Élisabeth Behr-Sigel alors que, devenue orthodoxe, elle continuait à exercer son ministère de pasteure protestante en Alsace) : « ‘Je n’ai jamais quitté mes frères protestants’ affirme Élisabeth Behr-Sigel à 97 ans, alors qu’on l’interroge sur ses positions confessionnelles ».

Message de Pâques 2017 du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

Christ est ressuscité  

Christ est ressuscité des morts,
Par la mort Il a vaincu la mort,
A ceux qui sont dans les tombeaux
Il a donné la vie
(Tropaire de Pâques)

Chers frères et sœurs,

Pâques est la plus grande fête chrétienne, fête de la foi, de la vie et de toute bénédiction divine. Toute notre foi est dans Pâques, et Pâques dans notre foi. C’est pourquoi le saint apôtre Paul, l’éducateur du peuple, qu’on peut aisément désigner comme le plus grand prédicateur de la Résurrection, du Christ comme de la nôtre, affirme catégoriquement : Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi, avant d’ajouter : Le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15, 17-20). La foi en la Résurrection du Christ constitue l’essence de la prédication et de l’enseignement chrétiens, le fondement de l’Eglise, de sa liturgie et de sa théologie.

Au sein de l’Ecriture Sainte, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la Résurrection est le thème central. Elle recouvre deux conceptions étroitement liées entre elles : la résurrection générale des morts à la fin de l’histoire humaine (Is26,19) et la Résurrection du Christ annoncée par les prophètes vétéro-testamentaires (Ps 15,10) et établie dans les prédications des saints apôtres (Ac 2, 23-24).

L’Ancien Testament nous parle en de nombreux endroits, avec ses mots et ses images, de la résurrection. Le prophète David en témoigne dans ses psaumes (Ps 15,9 ; 16,15). Job qui a tant souffert crie vers Dieu en ayant foi en la résurrection : je sais, moi, que mon Défenseur est vivant…je verrai Dieu…celui que mes yeux regarderont ne sera pas un étranger (Jb 19, 25-27). Le prophète Jonas est le prototype de la Résurrection en trois jours du Christ (Mt 12,40). La vision la plus célèbre de résurrection des morts dans l’Ancien Testament se trouve dans le livre du prophète Ezéchiel : inspiré par l’Esprit de Dieu, il voit revivre des ossements desséchés, qui retrouvent ensuite leur corps d’homme (Ez 37,1-10). Cette vision a imprégné le cœur de tous les fidèles Hébreux de l’Ancien Testament ; elle était inséparable de la foi en la venue du Messie et de Sa Résurrection (Is 53,10).

Le Nouveau Testament, de son côté, est tout entier dans le mystère de la Croix et de la Résurrection du Christ. Cela nous est confirmé par les saints évangélistes dans leur récit bouleversant des épisodes ultimes de la vie du Christ qui se sont déroulés à Jérusalem : Sa comparution au tribunal devant Pilate, Sa Crucifixion, Sa mort sur la croix, mais aussi Sa glorieuse Résurrection (Mt 27-28 ; Lc 23-24). Les premières rendues dignes de devenir témoins de la Résurrection du Christ furent les femmes myrrophores (Mc 16, 1-2), puis les saints apôtres et la plénitude de l’Eglise primitive. Ils furent rejoints par les martyrs paléo-chrétiens, puis tous les martyrs et néo-martyrs ultérieurs, témoins véritables de la Résurrection du Christ ainsi que les Pères de l’Eglise qui, par leurs saints conciles, le Symbole de foi de Nicée-Constantinople et tout leur enseignement dogmatique, nous ont laissé la foi en la résurrection. L’Eglise est témoin que le Christ est avec nous jusqu’à la fin de l’âge (Mt 28,20). Elle en témoigne en particulier dans la sainte Liturgie, qui est célébrée en mémoire de « la mort et de la Résurrection du Christ ». Dans la sainte Liturgie, le Christ Ressuscité nous est offert à travers la sainte Communion. C’est pourquoi nous devons être les enfants de la Résurrection ! Vivons dans la Résurrection du Christ et ne laissons rien, selon les paroles du saint apôtre Paul, nous séparer de Son amour (Rm 8,35) !

Le grand starets russe, saint Séraphin de Sarov, avait pour habitude, tout au long de l’année, de saluer les pèlerins venus dans son monastère, par ces mots : « Christ est ressuscité, ma joie ! » Afin d’atteindre cet état spirituel, nous devons, selon les paroles du saint évêque Nicolas, « vénérer dans notre vie la Crucifixion du Christ, non par habitude, mais comme la nôtre, et Ses plaies comme nos propres plaies ».

Le cœur plein de tristesse et de douleur, nous devons dire que le monde actuel ne suit pas la route de la résurrection, mais davantage celle de la mort et du désespoir. En disant cela, nous songeons au fait qu’en Serbie, chaque année voit mourir l’équivalent d’une grande ville, parce que la mortalité est nettement supérieure aux naissances. Ce constat est une source de pleurs et de lamentations, mais aussi un signe pour donner l’alerte. Quelque chose doit être fait pour que cette route vers la mort s’arrête. C’est Rachel pleurant ses enfants ; et ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus (Mt 2,18). L’avortement, toujours et partout, y compris dans notre peuple, constitue un péché mortel qui crie vers le ciel. Cessons de tuer nos propres enfants dans le sein de leur mère ! Eux aussi ont droit à la vie et à la résurrection. On se demande où sont les valeureux « combattants pour les droits de l’homme » afin de défendre les plus faibles, qui sont précisément les enfants non encore nés qui se trouvent encore dans le sein de leur mère ? Quittons, frères et sœurs, le pays du péché et de la mort, comme l’Israël vétérotestamentaire à la sortie d’Egypte, et Dieu nous accordera toute bénédiction spirituelle afin d’être le peuple du Dieu Vivant. Que les larmes joyeuses des nouveaux – nés, l’emportent sur les cris impuissants de la mort ! Que la Serbie – et le monde entier – devienne de nouveau un grand berceau ! Revenons avec foi dans la vie, revenons à la Résurrection !

Chers frères et sœurs, la sainte Eglise orthodoxe est notre Mère spirituelle. Elle veille sur ses enfants sans tenir compte des lieux où ils vivent ; elle s’étend de tous côtés avec ses fils et ses filles, afin que tous ensemble accèdent à la Résurrection. Réjouissons-nous avec ceux qui se réjouissent et soyons affligés avec les affligés, en portant les fardeaux les uns des autres, car c’est ainsi que nous accomplirons la loi du Christ (Ga 6,2). Le saint starets Sophronie (Saharov) affirme que le respect des commandements de Dieu écartèle le vieil homme en nous et ressuscite le nouveau, conçu à l’image de Dieu, notre Créateur et Sauveur. Saint Basile le Grand évoque, dans le même esprit, la portée transfiguratrice du carême et dit que les anges de Dieu inscrivent les noms de ceux qui accomplissent tout le Grand carême car ce faisant, ils renoncent à tout ce qui est terrestre et éphémère afin d’accéder à l’éternel et à l’impérissable, c’est-à-dire à la résurrection. En suivant les commandements de Dieu, nous exprimons et confirmons notre amour envers le Christ (Jn 14,15), mais aussi envers nos proches(Mt 22,40).

Le monde contemporain a grandement accepté une autre philosophie, celle du large chemin qui mène à la perdition (Mt 7,13). On essaie de remplacer les vertus chrétiennes par un humanisme apparent et la spiritualité mensongère de l’Extrême-Orient. Toutes les fausses religions et para-religions, philosophies et fausses philosophies, idéologies et mythologies modernes, sont elles-mêmes esclaves de la mort ; elles condamnent les êtres humains à la mort, dans la mesure où elles croient que l’homme est un « être destiné à la mort », non un être destiné à la vie éternelle ; elles le font d’autant plus qu’elles poussent les hommes au meurtre et au suicide, de façon instantanée (dans la guerre et dans les règlements de compte « pacificateurs » et sanglants) ou prolongée (par une vie de débauche et de vices, notamment dans l’esclavage de la drogue). Nous vivons à une époque où on essaie de proclamer que le mal est le bien, que le bien est le mal, et que le péché, selon les paroles du saint starets Païssios l’Athonite, est quelque chose de moderne et d’acceptable. A la place des exemples de vertu et d’honnêteté, on propose des idoles et des anti-héros, l’indiscipline à l’égard des parents et le rejet de toute autorité. La responsabilité de l’Eglise est grande, comme l’est celle de toutes les institutions éducatives de ce pays, car il faut aider la jeunesse à trouver la voie d’une vie authentique et de la résurrection. Enseignons aux enfants d’être semblablesau jeune homme de l’Evangile qui avait demandé au Seigneur : Que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? Ce jeune homme obtint la réponse suivante du Christ : Observe les commandements ! (Mt 19, 16-17). Telle est la voie du salut, celle de la résurrection !

Paternellement, nous invitons tous ceux qui se sont éloignés pour telle ou telle raison de l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, à revenir sous son égide. Le péché du schisme et de l’hérésie est terrible.Selon les saints Pères, même le sang des martyrs ne peut le laver.Pardonnons-nous les uns aux autres à cause de la Résurrection et redevenons frères au sein de la sainte Eglise, seul vaisseau porteur du salut !

Avec la salutation de Pâques, nous saluons tous nos enfants spirituels dans la patrie et la diaspora et prions le Seigneur Ressuscité qu’Il accorde à tous la joie de la Résurrection. Nous saluons particulièrement notre peuple du Kosovo-Métochie crucifié, partie inséparable de la Serbie, dont les sanctuaires sont les gardiens non seulement de l’Orthodoxie serbe mais aussi du christianisme en Europe. Le Kosovo a été et restera nôtre, car Dieu qui ne se trouve pas dans la force mais dans la justice, est en mesure de nous rendre ce qu’on essaie de nous arracher par la force.

Qu’avec cette fête de Pâques, la Serbie ressuscite ainsi que tout le peuple serbe, comme l’ont écrit nos poètes populaires. Que Dieu accorde que les hommes qui dirigent et maintiennent l‘Etat, soient inspirés par l’esprit de la Résurrection et la foi dans la victoire du bien sur le mal ! Que le Seigneur Ressuscité, Vainqueur de la mort et Source-de-vie, accorde tout bien à ce peuple, c’est-à-dire tout le genre chrétien et orthodoxe ainsi qu’à tous les hommes de bonne volonté, afin que tous ensemble, nous puissions avoir l’avant-goût de la joie de la vie à venir, la joie de la résurrection et de la vie éternelle !

CHRIST EST RESSUSCITĖ ! 

Au patriarcat serbe, à Belgrade – Pâques 2017

Le patriarche serbe Irénée et tous les évêques de l’Eglise orthodoxe serbe

 

La « marche pour la vie » aura lieu le 25 mars 2017 en Roumanie et en République de Moldavie

Dans de nombreuses localités de Roumanie et de République de Moldavie aura lieu « la marche pour la vie » le 25 mars 2017, avec pour slogan « Aidez la mère et l’enfant ! Ils dépendent de vous ! » Il s’agit de la 7ème édition nationale de cette manifestation. La Roumanie est le second pays du monde (après la Russie) pour le nombre d’avortements rapporté à sa population : 22.742.952 avortements légaux (uniquement dans les hôpitaux publics) ont eu lieu entre 1958 et juin 2016, pour une population de 19.760.000 habitants recensés le 1er janvier 2016. Le décret du régime communiste libéralisant l’avortement en 1957 n’a pas seulement eu un impact sur ceux qui voulaient le pratiquer. Il a profondément transformé la mentalité et la société. Cela explique que le nombre d’avortements annuels est passé de 112.500 en 1958 à 1.100.000 en 1964. Durant les dernières décennies du régime communiste, des restrictions avaient été imposées aux avortements, mises en vigueur en 1967, et ce en raison du déclin de la population. Mais après la chute du communisme, l’avortement a été de nouveau libéralisé. En République de Moldavie, dont la population au 1er janvier 2016 s’élevait à 3.553.056 habitants, les statistiques donnent un chiffre de 2.112.158 avortements dans les hôpitaux publics pratiqués entre 1960 et le 1er janvier 2016. Ce nombre place la République de Moldavie au 10ème rang dans le monde par rapport à la population du pays. La « marche pour la vie » a eu lieu dans 40 localités roumaines en 2014, 77 localités en 2015 et 130 en 2016. En République de Moldavie, ce nombre est passé de 2 en 2015 à 20 en 2016. Lors de sa session du 9 février 2017, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine a donné sa bénédiction et son soutien au niveau national à la « marche pour la vie », exprimant sa « préoccupation pour les valeurs chrétiennes traditionnelles ».

Sources : 1 et 2

Message du métropolite de toute l’Amérique et du Canada Tikhon, primat de l’Église orthodoxe en Amérique, à l’occasion du « Dimanche de la sainteté de la vie »

Le 22 janvier 2017 sera observé comme le « Dimanche de la sainteté de la vie » dans les paroisses des États-Unis. La commémoration marquera le 44ème anniversaire de l’arrêt « Roe c/Wade » de la Cour suprême des États-Unis qui a reconnu l’avortement comme un droit constitutionnel, invalidant les lois le prohibant ou le restreignant. À cette occasion, le métropolite Tikhon a adressé le message suivant, en date du 22 janvier, aux clercs et laïcs de l’Église orthodoxe en Amérique.

« Mes bien-aimés frères et sœurs en Christ. Lorsque le Christ s’est approché du fleuve du Jourdain pour descendre dans ses eaux, Jean le Baptiste trembla. Dans une vision spirituelle, il reconnut le Seigneur en ce jour, car ils s’étaient rencontrés bien des années auparavant, alors qu’ils n’étaient pas encore sortis du sein de leur mère. Élisabeth ressentit que Jean bondissait dans son sein alors qu’il entendait la voix de la Sainte Vierge. Le petit cœur de Jean brûlait déjà de joie en percevant la présence de Celui qui allait prendre les péchés du monde. Jean était prêt à passer sa vie entière à se préparer à une future rencontre avec ce même Agneau de Dieu, mais ce qui se produisit ce jour au fleuve était différent de tout ce qu’il aurait pu prévoir. Le Christ, qui n’avait aucun péché a pris le poids de nos péchés sur Lui-même. Au Jourdain, Il s’est soumis à la purification rituelle des péchés, afin de nous purifier de la saleté des passions. Il est descendu dans les eaux comme dans une tombe, afin que la vie nouvelle et éternelle puisse nous être accordée. Ces thèmes lumineux trouvent un écho dans nos ouïes au début du mois de janvier de chaque année par la célébration ecclésiale de la fête de la Théophanie. La joie des péchés pardonnés, de nos cœurs qui ont été purifiés, des yeux spirituels qui ont été lavés et illuminés par le visage resplendissant du Christ : ce sont des joies que « nul ne nous ravira » (cf. Jean XVI, 22). Ce n’est qu’avec une telle vision corrigée, avec de telles pensées et des cœurs purifiés que, plus tard dans le mois de janvier de chaque année, nous pouvons tourner notre attention, avec sobriété et vraiment avec tristesse, sur l’anniversaire de l’arrêt de la Cour suprême « Roe c/Wade) et tout ce qu’il comporte. Et où a mené, en fait, l’avortement légalisé ? Nous avons besoin de poser cette question et d’y donner une réponse franche, ne serait-ce que partielle, car presque cinq décennies depuis l’arrêt en question, un profond cynisme culturel et moral s’est installé, et je crains que nos oreilles, nos pensées et nos cœurs puissent être devenus insensibles à toute l’horreur que représente l’avortement. Pour beaucoup de gens, c’est une « question » politique parmi d’autres, dépassée, à laquelle on donne trop d’importance, qui divise, tandis que pour d’autres, elle peut faire resurgir à la surface une peine longtemps cachée et douloureuse. Dans les deux cas, il est parfois suggéré qu’il serait préférable que l’Église ne se prononce pas. Or le Seigneur a doté Son Église d’une voix de miséricorde et de vérité, une voix de justice et de paix (cf. Ps. 84,10). Et tant que Rachel continue à pleurer ses enfants car ils ne sont plus, la voix de l’Église ne peut rester silencieuse (cf. Matth. 2,18). Aussi, l’Église ne peut cesser de consoler les femmes qui, pour quelle raison que ce soit, qu’elles se trouvent sous pression ou abandonnées par d’autres, voire accablées par un sens de l’impuissance ou du désespoir, ont eu recours à l’avortement. Où il y a le malheur, l’Église doit offrir l’espoir ; où il y a la blessure, elle doit offrir la guérison, et où il y a le repentir, elle doit offrir le pardon et la réconciliation. L’Église a aussi le devoir perpétuel d’éduquer ses membres les plus jeunes au sujet de la sanctification du mariage et de la sexualité, lesquels sont inextricablement liés au don sacré d’une nouvelle vie. Là où le monde enseigne avidement à notre jeunesse de s’identifier à leurs passions et les servir, les chrétiens adultes, par leurs paroles et leur exemple, doivent les former à une vie de retenue ascétique, sans laquelle les passions provoquent la tourmente et la destruction. Mais peut-être ce qui est plus controversé mais non moins vrai, est que l’Église doit fournir un témoignage prophétique et une réprimande ouverte aux puissants de ce monde, à l’industrie de l’avortement et ceux qui lui donnent un soutien financier et légal. En introduisant des instruments mortels dans l’intimité sacrée du sein d’une mère, l’industrie de l’avortement a réussi à marchandiser la vulnérabilité et la fragilité humaines. Tout en se considérant comme un fournisseur de «santé reproductive», elle laisse dans son sillage l’épave d’un traumatisme psychologique et physique, une ruine spirituelle et un nombre de morts dans des proportions stupéfiantes, tout en accumulant son propre profit et prestige. Aucun chrétien ne peut accepter un tel mal. Aucune Église ne peut manquer à le dénoncer. Nos paroles, naturellement, doivent être confirmées par nos actes. Dans les nombreux efforts du mouvement pro-vie, tels que les centres de crise destinés aux femmes enceintes, les lignes d’assistance bénévole et les groupes d’étudiants du campus, nous voyons la réalisation du commandement « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ ». L’humilité et le désintéressement manifestés dans de telles bonnes actions montrent le mensonge de ceux qui présentent le mouvement pro-vie comme alimenté par une rancœur pharisaïque. En fait, les Pharisiens ont mis sur les épaules des hommes des fardeaux pesants (Matth. 23,4), mais notre Sauveur est venu enlever le lourd joug du péché. Il se tint parmi les pécheurs sur les rives du Jourdain, non pour soutenir ou fermer les yeux sur le péché, mais pour que les péchés du monde soient posés sur Ses épaules. En tant que Ses disciples, nous avons l’ordre d’amener toutes les nations au Christ le Vivificateur, en les baptisant et les enseignant à observer tout ce qu’Il a commandé (Matth. 28,20). Dans notre société, cela nous amènera souvent à exprimer des opinions impopulaires qui, tout en étant exprimées aimablement et avec douceur, peuvent bien amener les autres à nous marginaliser ou nous rejeter. Le Seigneur a averti à maintes reprises Ses disciples de cette probabilité. Mais si nous voulons prendre part à l’œuvre salvatrice du Christ, alléger la lourde charge du péché de Son peuple, nous ne pouvons alors négliger un tel témoignage de fidélité. Humblement, mais aussi avec hardiesse, nous devons être avec le Christ. Et, bien que le malin nous dise autre chose, les commandements du Christ ne sont pas pénibles. Son joug est léger. Son joug n’est pas pénible. Son fardeau est léger (I Jn 5,3 ; Matth. 11,30). Avec amour en Christ, + Tikhon, archevêque de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada ».

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À Moscou a eu lieu la dernière session de l’année 2016 du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe

Le 27 décembre a eu lieu la dernière la dernière session de l’année du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, au monastère Saint-Daniel, sous la présidence du patriarche de Moscou Cyrille. Le président du Département synodal pour les relations de l’Église avec la société et les médias, V. Legoïda, a communiqué les principaux sujets de la session. Comme il l’a mentionné, le patriarche Cyrille et les membres du Saint-Synode ont célébré un court office de requiem, avant le début de la séance, pour les victimes de l’accident de l’avion Tupolev 154 du ministère de la défense de la Fédération de Russie. Le patriarche Cyrille a exprimé ses profondes condoléances aux familles, aux proches et à tout le peuple russe. Comme l’a souligné le patriarche, la catastrophe aérienne près de Sotchi a blessé profondément le cœur de la majorité des citoyens de la Fédération de Russie. « Des gens ont péri, au sujet desquels on peu parler comme des symboles de notre vie nationale, comme de notre fierté. L’ensemble Alexandrov n’était pas simplement un ensemble musical, c’était la figure des forces armées du pays, c’était l’expression du patriotisme, leur service provoquait toujours l’enthousiasme, il mobilisait pour l’accomplissement de bonnes œuvres et d’exploits », a déclaré le patriarche. « On ne saurait oublier aussi la docteure Élisabeth Glinka, qui a travaillé avec désintéressement, aidant les enfants, particulièrement lors du terrible conflit dans l’Est de l’Ukraine », a ajouté le primat. Dans le cadre de la session, les membres du Saint-Synode ont écouté le rapport du métropolite de Saint-Pétersbourg et de Ladoga Barsanuphe au sujet des manifestations jubilaires dédiées au 70ème anniversaire du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Comme l’a dit V. Legoïda, les membres du Synode ont mentionné avec satisfaction la participation aux solennités des délégations officielles de toutes les Églises orthodoxes locales et ont remercié leurs Primats pour leur participation personnelle ou par des délégations officielles à ladite manifestation. S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie a informé les membres du Saint-Synode des visites qu’il a effectuées aux mois de novembre et décembre dans les diocèses de Chersonèse, Kaliningrad, Tcherniakhovsk et Saint-Pétersbourg. Dans le cadre de la session, le primat de l’Église orthodoxe russe a lu des communications sur la XXème Assemblée mondiale du peuple russe et sur les travaux du Haut Conseil ecclésial durant le second semestre 2016. Au cours de la session du Saint-Synode, ses membres ont également écouté des rapports sur le VIème Congrès pan-ecclésial pour les œuvres sociales, qui a eu lieu au cours de l’année présente, sur le IIème forum orthodoxe international des étudiants, le festival pan-russe des réalisations de la jeunesse intitulé « Glorifions la Patrie », ainsi que le congrès international des dirigeants de chœurs et chantres de l’Église orthodoxe russe. V. Legoïda a mentionné que le Saint-Synode considérait qu’il était important de tenir des congrès de chefs de chœurs et de chantres et a décidé de constituer un conseil pour le développement du chant ecclésial russe auprès du Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Le Saint-Synode a nommé l’archiprêtre Alexandre Agheïkine chef de ce conseil. V. Legoïda a qualifié de très importante l’adoption par le Saint-Synode du texte de « l’office pénitentiel pour le pardon du péché de meurtre de l’enfant dans l’utérus (à savoir l’avortement) ». Le texte a été envoyé aux Éditions du Patriarcat de Moscou pour être introduit dans les livres de prières. En outre, les membres du Saint-Synode ont examiné et approuvé « les prescriptions concernant la procédure d’harmonisation de l’ordination à la prêtrise de personnes de disposant pas du cursus nécessaire » et des « prescriptions sur les cours d’amélioration de la formation des clercs de l’Église orthodoxe russe ». Lors de la session a eu lieu également la nomination du vice-président du Comité éducatif de l’Église orthodoxe russe, en la personne de l’archiprêtre Michel Vakhrouchev ». V. Legoïda a souligné que, dans le cadre de la poursuite du travail de réduction de la taille des diocèses, le Saint-Synode a décidé de détacher du diocèse de Tcheliabinsk l’évêché de Zlatooust, et du diocèse de Kostroma, l’évêché de Galitch, avec la création simultanément d’un diocèse métropolitain de Kostroma incluant les deux évêchés mentionnés. « L’higoumène Vincent (Bryleev), clerc du diocèse de Tcheliabinsk, a été nommé évêque de Galitch et de Makariev », a précisé V. Legoïda. Le Saint-Synode a également pris la décision de tenir, durant l’année prochaine, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe russe. Comme l’a communiqué le président du Département des relations de l’Église avec la société et les médias, l’Assemblée aura lieu du 29 novembre au 2 décembre 2017, et son ouverture coïncidera avec le centième anniversaire de l’intronisation du saint patriarche Tikhon. « Les hiérarques suivants sont invités à la session d’été 2017 (mars-août) du Saint-Synode : le métropolite de Nikolaïevsk et d’Otchakovo Pitirim, le métropolite de Khabarovsk et Priamour Vladimir, le métropolite d’Astrakhan et de Kamyziak Nikone, l’évêque de Caracas et d’Amérique du Sud Jean [Église russe hors-frontières], l’évêque de Narian-Mar et de Mezensk Jacques », a annoncé V. Legoïda. « Conformément à la procédure existante, le Saint-Synode a approuvé les procès-verbaux de l’Exarchat de Biélorussie et du diocèse métropolitain d’Asie centrale », a-t-il conclu.

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Une église sera érigée à Tbilissi avec les dons des femmes qui se repentent d’avoir avorté

Les femmes qui se repentent d’avoir commis un avortement, et les médecins gynécologues qui les ont assistées, vont construire une église dédiée à la Sainte-Trinité, selon les informations communiquées par le Patriarcat de Géorgie. Dans les conditions de l’État athée, nombreux étaient ceux qui n’avaient pas conscience du grand péché que constitue l’avortement et considéraient celui-ci comme quelque chose d’habituel. « Après qu’une grande partie de notre population ait commencé à s’ouvrir à la vie d’Église, le souhait s’est manifesté chez les mères (parmi elles des médecins gynécologues) que trouble le péché de l’avortement, de construire une église dédiée à la Sainte-Trinité en signe de repentir », est-il dit dans le communiqué du Patriarcat. L’église sera construite sur le territoire attenant à la forêt de Khudadov à Tbilissi. Le catholicos-patriarche de Géorgie Élie II a donné sa bénédiction au groupe des personnes investies dans ce projet de construction et leur a souhaité la réussite dans la mise en œuvre de l’entreprise commencée. En 2012, 40.000 avortements ont été enregistrés officiellement en Géorgie. En 2014, le nombre des avortements a été réduit à 33.000.

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« Il est nécessaire de produire tous les efforts pour renforcer le mode de vie familial dans la société russe » a déclaré Anne Kouznetsov, déléguée aux droits de l’enfant auprès du président de la Fédération de Russie

Produire tous les efforts pour populariser dans la société russe la vie familiale, soutenir la famille et faire renaître les traditions spirituelles et morales dans les relations familiales et l’éducation des enfants, c’est ce à quoi a appelé mardi dernier la nouvelle déléguée aux droits de l’enfant auprès du président de la Fédération de Russie, Anne Kouznetsov, femme de prêtre et mère de six enfants. « Il est aujourd’hui nécessaire de produire tous les efforts pour le renforcement du mode de vie familial dans la société russe, pour la stabilité sociale de chaque famille, la renaissance et la préservation des traditions spirituelles et morales dans les relations familiales et l’éducation des enfants, car l’enfant ne peut être réellement heureux que dans une famille grande et forte », a-t-elle déclaré dans son message aux participants du VIème Congrès du service social ecclésial, qui a lieu à Moscou. La déléguée aux droits des enfants a mentionné que l’Église orthodoxe russe apporte une contribution inestimable dans l’aide aux orphelins et aux familles qui se trouvent dans une situation difficile. « Le plus important est que le service plein d’abnégation de l’Église aux gens qui tombent dans le malheur, devienne un exemple pour toute la société. Ses bénévoles, sont des héros contemporains qui par leur labeur et leur foi donnent de l’espoir aux couches les plus vulnérables de la population, et parfois leur dernier espoir », a-t-elle précisé. Anne Kouznetsov a ajouté également qu’un tel travail bénévole est entrepris par la majorité des Institutions chargées des enfants dans le pays, et ce n’est pas un hasard – l’Église avait pris toute une série de décisions destinées à la stimulation du travail ecclésial commun d’aide aux enfants et orphelins et au soutien des foyers dépendant de l’Église. L’amélioration du système ecclésiastique d’aide aux nécessiteux a été mentionné également par le patriarche de Moscou Cyrille dans son message : « De nouveaux projets se font jour, des initiatives demandées par la société prennent forme, l’attention nécessaire est donnée à la préparation professionnelle et à la coordination de l’activité des travailleurs sociaux, ce à quoi contribue, dans une mesure significative, le Département de bienfaisance et de service sociale de l’Église ». Le 4 octobre s’est ouvert à Moscou le VIème congrès ecclésiastique de service social. Y participent les chefs et les collaborateurs des départements sociaux diocésains, les dirigeantes des sororités, les dirigeants des institutions caritatives ecclésiastiques venus de toute la Russie et également d’autres pays. Au cours du congrès sont discutées les questions d’aide aux femmes en situation difficile, les avortements prophylactiques, le soutien à la famille, la maternité et l’enfance, l’organisation d’aide aux personnes âgées et d’autres questions actuelles du service social ecclésiastique.

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À Moscou a été ouvert le festival « Pour la vie », pour la défense des valeurs familiales

Le VIIème festival « Pour la vie », forum international des technologies sociales pour la défense des valeurs familiales, a commencé à Moscou le 15 août. Plus de 500 représentants des organisations ecclésiastiques, sociales et publiques, venant de plus de 74 régions de Russie, mais aussi de Biélorussie, Ukraine, Lituanie et Serbie étaient inscrits pour participer au festival. Les participants au forum discutent de questions visant à surmonter la crise démographique au moyen de la renaissance de l’institution de la famille nombreuse, des méthodes de récoltes de fonds destinés aux projets des ONG et de la possibilité de coopération internationale dans le domaine de la défense de la vie des enfants avant la naissance. Le premier jour des travaux du forum, l’évêque d’Orekhovo-Zouïevo Pantéléimon a rencontré les participants. « La vie authentique n’est possible que dans le Christ », a rappelé l’évêque lors de l’ouverture du forum. « Sous le mot ‘vie’ différentes personnes comprennent différentes choses, mais nous tous devons nous rappeler les paroles de l’apôtre Paul : « Car pour moi, la vie est le Christ » (Phil. I, 21), a déclaré l’évêque Pantéléimon. Si l’on a une telle attitude envers la vie, si l’on comprend que la vie véritable, joyeuse, éternelle, victorieuse, n’est possible que dans le Christ, alors notre activité aura une base solide et donnera des résultats tangibles ». La tâche du travailleur social de l’Église ne consiste pas seulement à arrêter la terrible vague des avortements, mais aussi à changer la conscience des gens, a-t-il ajouté. « Notre tâche, est de nous affermir dans le Christ et d’aider en cela les autres personnes. L’âme de l’homme change lorsque celui-ci s’unit avec le Christ. Le sens de la vie humaine est dans Son imitation, dans le cheminement à Sa suite, aussi notre tâche est de témoigner du Christ, de la vérité ». Dans le monde contemporain, beaucoup de gens sont fatigués des paroles grandiloquentes et ont cessé de les croire, ils croient le témoignage personnel, l’exemple de l’autre homme, a fait remarqué l’archipasteur. « Les saints ont changé le monde non à l’aide de festivals, de manifestations, de la propagande, d’interventions à la télévision, mais par l’exploit du combat intérieur avec le diable, l’exploit de suivre le Christ » a souligné l’évêque. Sans cette plénitude intérieure, notre activité peut se traduire par du battage, du « remue-ménage », mais n’aboutir à rien. Il est important que chacun de nous se le rappelle : si son cœur n’est pas avec le Christ, si dans son âme ne vit pas le Christ, s’il ne partage pas cette vie avec ceux qui l’entourent, si ses enfants ne sont pas éduqués dans les traditions chrétiennes, si ses petits-enfants n’apprennent pas de lui comment doit être une véritable famille, si lorsqu’il parle des « valeurs familiales », il éduque ses enfants de telle façon qu’ils ne veulent pas avoir plus d’un ou deux enfants, alors il a perdu, il n’a rien gagné, alors toute sa vie n’aura mené à rien. Si nous nous prononçons pour la vie, nous devons témoigner par notre vie de ce que nous enseignons aux autres ». L’un des résultats principaux du festival « pour la vie » est l’aide pratique dans le travail social, a souligné le dirigeant du centre de défense de la maternité et des valeurs familiales de l’Église orthodoxe biélorusse, le prêtre Dimitri Gritsenko : « En nous enrichissant par l’expérience des autres, nous apportons dans nos diocèses, nos paroisses ces projets réussis, dont nous avons fait connaissance ici et nous les réalisons chez nous, sur place ». L’un des nouveaux projets ecclésiastiques est le centre d’aide aux femmes « Kolybelka » (« le berceau ») auprès de l’église de la Protection de la Mère de Dieu dans le village de Pokrovka, dans le district de Primorsky. « En 20 mois, par notre travail, 21 grossesses ont été sauvées, 11 enfants sont nés, 3 arrivent à terme » a déclaré la psychologue du cabinet de consultation pré-avortement », collaborateur du centre « Kolybelka », Alexandra Barachkov. Comme elle l’a mentionné, le travail continue au cours de toute la grossesse avec chaque femme qui a renoncé à l’avortement. « Toutes nos futures mamans se trouvent sous notre constante protection : nous sommes en constante liaison téléphonique avec elles, je suis prête à n’importe quel moment à me mettre au volant et à venir afin de communiquer face à face. Le soutien spirituel est dispensé par le recteur de notre église de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu, le prêtre Stéphane Tsourkan ». Les paroissiens de cette église, au moins trois fois par ans, organisent des actions sociales intitulées « Panier de la charité », « Fêtons Pâques par des bonnes œuvres », « Aide à préparer l’enfant pour l’école ». Les dons recueillis sont distribués dans les villages du district, pour un soutien ciblé des mères de familles, soit nombreuses soit à faibles revenus. « Réellement, la personnalisation de l’enfant signifie beaucoup pour la femme enceinte en état critique : lorsque dans le processus de discussion avec le spécialiste, l’enfant est présenté à la femme non comme un quelconque assemblage de cellules dans son organisme, mais précisément comme un enfant déjà vivant » déclare Olga Moroz, psychologue de l’organisation publique régionale de Mourmansk « Pour la défense de la vie », créé auprès du département social du diocèse de Mourmansk. La plupart du temps, lorsque les femmes se dirigent vers l’avortement, elles ont d’abord honte de leur décision et s’efforcent souvent d’invoquer les raisons acceptées par la société : une difficile situation sociale, des raisons médicales, et ce n’est qu’au cours du travail avec elles qu’il se dégage que la raison peut être toute différente – une forte pression des membres de la famille ou l’absence de disposition intérieure de devenir mère. Il arrive que le système de valeurs soit biaisé et qu’il repose non sur la maternité, mais sur la réussite professionnelle ou les relations avec le partenaire». L’organisation « pour la défense de la vie » est active à Mourmansk depuis 2010 ; une « hot line » est en fonction, des consultations anti-abortives sont effectuées, de l’aide matérielle est accordée. Au mois de juin 2016, l’organisation a réussi à sauver 312 vie enfantines.

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Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

L’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe s’est réunie en session ordinaire du 14 au 25 mai  et a publié le communiqué suivant au sujet de ses travaux :
« La session ordinaire de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a commencé au monastère du Patriarcat de Peć par la concélébration de la sainte Liturgie épiscopale et l’invocation du Saint Esprit, puis a continué à Prizren par la célébration de la dédicace du bâtiment du séminaire théologique, qui a été reconstruit. Ensuite, les sessions ordinaires de l’Assemblée ont été tenues dans les locaux du Patriarcat, à Belgrade, sous la présidence de S.S. le patriarche de Serbie Irénée. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé aux travaux de l’Assemblée, à l’exception de l’évêque de Šabac Laurent, qui n’est pas venu pour des raisons justifiées. Le thème le plus important de la session de l’Assemblée était, cette année, la préparation de la participation de l’Église orthodoxe serbe au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, convoqué pour le mois de juin de cette année sur l’île de Crète. En ce qui concerne celui-ci, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a adopté le texte qui exprime sa position de principe relative à toutes les questions essentielles qui seront débattues et décidées lors du Grand Concile. Une autre décision importante de l’Assemblée est de commencer en temps utile, à avoir aussitôt que possible – les préparatifs de la célébration du 800ème anniversaire de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe (1219-2019), en collaboration avec les autorités de Serbie et de la République serbe de Bosnie et avec toutes les institutions scientifiques et culturelles concernées du peuple serbe. Simultanément, l’Assemblée a pris connaissance avec satisfaction du rapport du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque au sujet du déroulement réussi des préparatifs en vue du millénaire du martyre du roi Jean-Vladimir, roi de Serbie, qui se tiendra en septembre de cette année à Bar et auquel, outre le Patriarche et les évêques de l’Église orthodoxe serbe, seront invités les primats de toutes les Églises orthodoxes ou, le cas échéant, de leurs délégations à haut niveau. À cette occasion est institué l’ordre du saint roi Jean-Vladimir, qui sera décerné aux confesseurs de la foi et de ceux qui ont souffert pour celle-ci. Comme chaque année, l’Assemblée a examiné les questions de l’éducation ecclésiale, ainsi que la mission interne et externe de l’Église. L’archiprêtre Gojko Perović, jusqu’à présent recteur intérimaire du séminaire Saint-Pierre-de-Cetinje à Cetinje, est élu recteur titulaire de celui-ci. Le statut de bibliothèque centrale sur tout le territoire de l’Église orthodoxe serbe est accordé à la Bibliothèque patriarcale de Belgrade. En outre, on constate avec tristesse que, ici et là, il y a des écoles dans lesquels le cours de religion est illégalement discriminé, bien que le tableau général dans ce domaine soit fort satisfaisant. Il est également constaté que les relations de l’Église orthodoxe serbe avec les Églises orthodoxes sœurs sont particulièrement bonnes, tout-à-fait dans l’esprit de la catholicité et de l’unité de l’Église, hormis une triste exception – celle des relations avec le Patriarcat de Roumanie, dont les évêques et les prêtres, depuis plusieurs années déjà, accomplissent des incursions, de façon non canonique et non fraternelle, sur le territoire juridictionnel de l’Église orthodoxe serbe en Serbie orientale, particulièrement dans la région de Timok. Après de nombreux messages et appels, malheureusement sans succès jusqu’à présent, l’Assemblée a appelé à nouveau l’Église roumaine à mettre un terme à cette pratique destructrice de l’Église ; dans le cas contraire, le problème sera porté devant le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Dans la mesure où, après le Concile, une telle activité anti-canonique serait poursuivie, l’Église orthodoxe serbe – avec une sincère douleur, mais par amour pour l’Église – sera contrainte de cesser la communion liturgique et canonique avec l’Église orthodoxe roumaine. Les relations avec les autres Églises et communautés chrétiennes, de même qu’avec la communauté juive et la communauté islamique de Serbie, sont traditionnellement bonnes et correctes, ce qui, malheureusement, ne peut être dit au sujet des cercles extrémistes dans l’Église catholique-romaine en Croatie ainsi qu’en Bosnie et en Herzégovine. Il en est de même des relations avec des cercles similaires dans la communauté islamique de Bosnie et de Herzégovine, ainsi que dans la communauté islamique en Serbie. Les relations de l’Église et de l’État en Serbie se développent dans la bonne volonté et la collaboration, dans les conditions de séparation de l’Église et de l’État. Le soutien de la Direction pour la collaboration avec les Églises et les communautés religieuses auprès du Ministère de la justice est particulièrement important, tant pour l’Église orthodoxe serbe que pour toutes les autres Églises et communautés religieuses traditionnelles. L’Assemblée attend que soit rendu à cet organisme le statut de Ministère des religions. Il est constaté que l’aumônerie de l’Armée de Serbie, ainsi que des forces armées de Bosnie et de Herzégovine, va en se développant. Il y a, malheureusement, des problèmes et des questions non résolues. C’est ainsi que l’Assemblée attend que le processus de restitution des propriétés ecclésiastiques en Serbie injustement confisquées, soit accéléré et complètement achevé. L’Assemblée appelle à nouveau les organes compétents de l’État en Serbie à rendre à l’Église les livres métriques, qui lui ont été enlevés en 1946, soi-disant pour être recopiés. De même, l’Assemblée, pour la énième fois, réaffirme sa position au sujet des restes du grand homme serbe et mondial, Nicolas Tesla, lesquels ne sauraient être un objet d’exposition, mais doivent être dignement inhumés à un endroit convenable près de l’église Saint-Sava de Belgrade, de même que Vuk Karađić et Dosithée Obradović sont inhumés devant la cathédrale de Belgrade. Les membres de l’Assemblée ont constaté que la situation de l’Église orthodoxe serbe dans la région serbe du Sud [le Kosovo, ndt] continue à être particulièrement difficile, bien qu’il y ait des signes d’espoir et des raisons d’être optimiste, tels que le fonctionnement sans entrave du séminaire de Prizren et la reconnaissance des droits de propriété du monastère de Dečani [par la Cour constitutionnelle du Kosovo, ndt]. La situation dans cette région est, malheureusement, chargée de difficultés et de souffrances ; en Croatie, des chauvinistes d’inspiration oustachie se répandent en diatribes contre l’Église orthodoxe et le peuple serbes ; dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine, les pressions, voire la discrimination ouverte, sont constantes ; au Monténégro, une loi est en préparation qui non seulement ne reconnaît pas un statut et une identité à l’Église, mais menace celle-ci d’une persécution ouverte, tandis que les autorités du pays déclare l’Église orthodoxe serbe « ennemi numéro 1 » de l’État, apparemment dans l’esprit de sa « détermination démocratique et euro-atlantique » ; en République de Macédoine continuent encore les procès montés contre l’archevêque Jean et l’archevêché d’Ohrid. L’Assemblée a, naturellement, exprimé sa solidarité avec tous les chrétiens, orthodoxes et hétérodoxes, et aussi avec les musulmans, qui souffrent et meurent au Moyen-Orient. De même, l’Assemblée souhaite, dans la prière, la cessation, le plus rapidement possible, de l’affrontement entre frères de même foi et de même sang en Ukraine. Une session commune de l’Assemblée des évêques et du Conseil central pour la construction de l’église-mémorial Saint-Sava de Belgrade a eu lieu et le rapport sur les travaux effectués jusqu’ici pour l’aménagement intérieur de l’édifice a été accepté. Les rapports suivants ont été écoutés et approuvés : ceux du Saint-Synode, du Conseil administratif patriarcal, du Grand tribunal ecclésiastique, de la Fondation caritative « Čovekoljublje », de l’agence de pèlerinages « Dobročinstvo », et d’autres organismes et institutions ecclésiales, de même que les rapports de leurs Éminences les évêques portant sur leur activité pendant la période écoulée. La compétence du Comité concernant Jasenovac [camp de concentration oustachi, ndt] a été étendue à toutes les victimes appartenant à l’Église et au peuple serbes pendant la seconde guerre mondiale. Sur la base de la quasi-totalité des diocèses, il est établi avec regret que la « peste blanche » [les avortements, ndt], qui constitue un péché et un suicide national différé, sévit toujours plus dans le peuple serbe. Aussi, l’Assemblée appelle son peuple fidèle à la pénitence et à revenir à la raison. Le rapport détaillé sur l’incendie qui s’est produit dans l’église Saint-Sava au centre de New York a été écouté avec tristesse. Milivoje Novaković, ex-hiéromoine Maxime, qui a été réduit à l’état laïc, pseudo « chorévêque de Novobrdo et de Panonie », [appartenant au groupe de l’ex-évêque] Artème, est exclu de la communion ecclésiale. L’évêque Mitrophane, jusqu’à maintenant évêque d’Amérique de l’Est, est élu évêque du diocèse vacant du Canada ; l’évêque Irénée, jusqu’à maintenant évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande, est élu évêque d’Amérique orientale ; le protosyncelle Silouane (Mrakić), du monastère de Pustinja (diocèse de Valjevo) est élu évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande. L’archimandrite Cyrille (Bojović), momentanément au service du diocèse de Buenos Aires et d’Amérique du Sud et Centrale, est élu évêque-vicaire, avec le titre de Dioclée, dans le diocèse du Monténégro et du Littoral. L’évêque Jean, jusqu’à présent évêque de Niš, a été relevé de ses fonctions sur sa demande. L’évêque de Ras et Prizren a été élu administrateur du diocèse de Niš, tandis que l’évêque de Zahumije et de Herzégovine Grégoire demeure administrateur du diocèse de Dobrobosna, tandis que l’évêque de Budimlje-Nikšić Joannice reste administrateur du diocèse de Mileševo. Les membres du Saint-Synode pour la nouvelle période sont : l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Žiča Justin, l’évêque de Dalmatie Photius et l’évêque de Ras-Prizren Théodose, les membres remplaçants étant le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque et l’évêque de Šabac Laurent.
Rédigé par l’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe

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À Astana a eu lieu le Vème Congrès de la jeunesse orthodoxe du Kazakhstan

Le Vème Congrès de la jeunesse orthodoxe du Kazakhstan s’est déroulé du 7 au 10 mai. Les organisateurs du forum étaient la commission de la jeunesse du district métropolitain du Kazakhstan et le mouvement de la jeunesse orthodoxe d’Astana. Le 9 mai, le métropolite d’Astana et du Kazakhstan Alexandre a célébré en la cathédrale de la Dormition un office de requiem pour tous ceux « qui avaient œuvré pour la Victoire ». Lors de l’office priaient les clercs du doyenné d’Astana et les délégués du congrès. Dans la deuxième partie du jour, dans la grande salle de concert du Centre spirituel et culturel « Saints-Cyrille-et-Méthode » auprès de la cathédrale de la Dormition, le primat de l’Église orthodoxe du Kazakhstan a pris la parole devant les délégués du congrès de la jeunesse. Après son rapport, l’archipasteur qui, en tant qu’archevêque de Kostroma et de Galitch présidait le Département synodal pour la jeunesse, a répondu aux questions des participants. Ensuite, le métropolite a distribué des distinctions à ceux qui ont particulièrement œuvré au service de la jeunesse sur la Terre du Kazakhstan. Le lauréat du grand prix littéraire de Russie, l’écrivain Victor Nicolaïev, a fait une communication intitulée « Morale, éthique et monde contemporain », qui a provoqué un grand intérêt chez les hôtes et les participants du forum. Le soit eut lieu un concert festif, dédié au Jour de la victoire de la seconde guerre mondiale, ainsi que la cérémonie de clôture du Vème Congrès de la jeunesse du Kazakhstan. Dans le document publié à cette occasion, il est proposé de :
– créer un programme d’enseignement pour la préparation des dirigeants de la jeunesse orthodoxe
– créer une base électronique sur internet pour diffuser l’expérience des conférences diocésaines de jeunesse sur des thèmes actuels pour la jeune génération
– organiser parmi les jeunes filles orthodoxes le mouvement « Transfiguration » dans le but d’inculquer le concept de la chasteté
– d’insister sur l’opportunité d’unir les efforts des organisations publiques et religieuses dans le domaine de l’aide caritative et bénévole aux femmes enceintes se trouvant dans des situations difficiles, et aussi l’introduction au Kazakhstan des « jours du silence » contre l’avortement, donnant la possibilité aux organisations caritatives de soutenir durant ces jours les futures mères et les préserver du terrible péché de l’infanticide
– de créer un groupe de travail commun d’enseignement pour l’activité destinée à la jeunesse et la mission

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Commentaire du père Georges Maximov au sujet de la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou

Le père Georges Maximov a terminé ses études de théologie à l’Université « Jean le Théologien » en 2001, avec un diplôme de spécialisation en sciences religieuses. En 2009, il a défendu une thèse à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou, obtenant le titre de candidat en théologie. De 2002 à 2012, il a enseigné au Séminaire de Moscou. Depuis 2012 jusqu’à maintenant, il enseigne au monastère Sretensky de Moscou et a été ordonné diacre en 2010, puis prêtre en 2015. Il est également membre de la Commission inter-conciliaire de l’Église orthodoxe russe et dirigeant du secteur de la mission apologétique du Département synodal des missions. En outre, il est responsable du travail missionnaire et catéchétique du vicariat du Nord de Moscou. Le père Georges a publié le commentaire suivant sur la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou.

Pour commencer, laissez-moi rappeler à ceux qui, du fait même de la rencontre se lamentent, en s’exclamant « Tout est perdu, tout est perdu ! », que rien n’est perdu ! Les canons nous interdisent de célébrer avec les hétérodoxes, de prier avec eux et de recevoir leur bénédiction. Le seul fait de les rencontrer n’est pas interdit par les canons. Le patriarche n’est pas devenu catholique par cette rencontre.
Maintenant, pour ce qui concerne la rencontre elle-même. Dans la mesure où notre patriarche n’a été envoyé à cette rencontre, ni par le Synode, ni par l’Assemblée des évêques (pour autant que je le sache), c’est ipso facto une rencontre personnelle. C’est une bonne chose que la rencontre se soit passée sans aucune sorte d’office liturgique commun ou de prières. On a l’impression que le pape a reçu le patriarche comme un égal – nulle part, sur aucune photo, on ne voit que le patriarche aurait donné son accord à quelque position secondaire ou subordonnée par rapport au pape.
Ensuite, pour ce qui concerne le document. D’une part, les paroles avec lesquelles nous sommes d’accord ne sont pas peu nombreuses. Par exemple, les paroles concernant la défense des persécutés et des opprimés au Moyen Orient (§8-10), la critique de l’islam (§13), les paroles contre la discrimination des chrétiens en Occident (§15), l’appel pour les pays riches à partager avec les pauvres (§17), la condamnation de l’endoctrinement homosexuel (§20) et de l’avortement (§21), ainsi que le fait que les schismes en Ukraine doivent être résolus « sur la base des normes canoniques » (§27).
Mais, malgré tout cela, il y a aussi des expressions qui ne sont pas indiscutables, voire parfois erronées.
Par exemple : « Nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié… [et] inspire les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur …pour la pleine unité de tous ses disciples » (§6). Dans l’Église du Christ, l’unité est déjà atteinte dans sa plénitude. C’est pourquoi nous confessons dans le Credo la foi dans « l’Église une ». Le fait que diverses communautés hérétiques ou schismatiques aient quitté cette unité avec l’Église est une autre chose. Mais leurs membres ne peuvent être appelés disciples du Christ. Ils sont disciples de ceux qui ont enseigné de façon erronée sur le Christ et qui les ont amenés à quitter l’unité avec l’Église. « Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Évangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Églises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens » (§12). Ceux-ci ne pourraient être le gage de l’unité des chrétiens que dans le cas où nous proclamerions que toutes les différences dogmatiques dans la foi des Églises auxquelles appartiennent ceux qui ont été tués sont sans aucune importance. Mais nous ne pouvons agir ainsi. En réalité, seule l’unité dans la foi peut être le gage de l’unité des chrétiens, qui n’est pas accomplie en passant sous silence les différends dogmatiques, mais en les analysant et en rejetant ces dogmes qui sont faux pour accepter ceux qui sont vrais.
Un sujet de préoccupation est constitué par la déclaration que le travail missionnaire « exclut toute forme de prosélytisme » (§24). Ce dont il est question n’est pas clair. Par exemple, dans le concept de travail missionnaire, il y a l’idée que le prosélytisme est l’accomplissement dudit travail par des moyens impropres (coercition, corruption, tromperie). Dans ce sens, nous sommes d’accord. Mais je pense que dans ce document, en particulier dans la phrase « toute forme », on peut comprendre cela de telle façon qu’il est interdit de convertir les catholiques à l’Orthodoxie, ce qui, en tout état de cause, est absurde. Et la même chose se reflète dans le paragraphe suivant : « Il est clair aujourd’hui que la méthode de « l’uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n’est pas un moyen pour recouvrer l’unité » (§25). Mais si nous amenions quelque communauté de l’Église catholique à l’Orthodoxie, ce serait, pour cette communauté donnée, le rétablissement de l’unité avec l’Église du Christ, sans quoi cette communauté reste alors dans un état de séparation d’avec l’Église. « De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité » (§28). Afin que nous, avec l’Église romaine, « portions ensemble témoignage de l’Esprit de vérité », il est nécessaire pour celle-ci qu’elle confesse la vérité et renonce aux faux dogmes.
Sources : 1 et 2

Le sacrement du mariage et ses empêchements

Document approuvé par les participants de la Synaxe des Primats des Eglises orthodoxes locales à Chambésy, 21-28 janvier 2016, à l’exception des représentants des Eglises orthodoxes d’Antioche et de Géorgie.

Publié conformément à une résolution de la Synaxe des Primats.

I. Le mariage orthodoxe

1. L’institution de la famille est menacée aujourd’hui par le phénomène de la sécularisation de même que du relativisme moral. L’Eglise orthodoxe enseigne la sacralité du mariage comme sa doctrine fondamentale et indiscutable. L’union libre entre un homme et une femme en est une condition indispensable.

2. Dans l’Eglise orthodoxe, le mariage est considéré comme l’institution la plus ancienne de droit divin, parce qu’il fut institué en même temps que furent créés les premiers êtres humains, Adam et Eve (cf. Gen 2, 23). Cette union était liée dès l’origine non seulement à la communion spirituelle du couple (de l’homme et de la femme), mais aussi au pouvoir d’assurer la continuité de la vie du genre humain. C’est pourquoi le mariage entre un homme et une femme béni au Paradis est devenu un saint mystère mentionné dans le Nouveau Testament, lorsque le Christ a accompli son « premier signe » en changeant l’eau en vin aux noces de Cana en Galilée, révélant ainsi sa gloire (cf. Jn 2, 11). Le mystère de l’union indissoluble entre un homme et une femme est l’image de l’union entre le Christ et l’Eglise (cf. Ep 5, 32).

3. Cette typologie christocentrique du sacrement du mariage explique que l’évêque ou le prêtre bénisse ce lien sacré par une prière spéciale. C’est pourquoi saint Ignace le Théophore souligne dans sa lettre à Polycarpe de Smyrne que ceux qui s’unissent dans la communion du mariage doivent le faire « avec l’accord de l’évêque, pour que le mariage soit fait selon le Seigneur et non selon le désir [humain]. Que tout ait lieu pour la gloire de Dieu» (V, 2). Ainsi, le caractère sacré du lien institué par Dieu et le contenu spirituel élevé de la vie à l’intérieur du mariage expliquent l’affirmation que « le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal sans souillure » (Hb 13, 4). C’est pourquoi l’Eglise orthodoxe réprouve toute atteinte à sa pureté (cf. Eph 5, 2-5 ; 1 Th 4, 4 ; Hb 13, 4).

4. L’union entre un homme et une femme en Christ constitue une petite église ou une image de l’Eglise. En ce sens, Clément d’Alexandrie affirme : « Qui sont les deux ou trois réunis au nom du Christ parmi lesquels Dieu est présent ? N’est-ce pas l’homme et la femme et l’enfant qui sont unis en Dieu ?» (Stromates 3, 10, 68). L’union entre un homme et une femme à travers la bénédiction de Dieu les élève à un plus haut degré car la communion est supérieure à l’existence individuelle, puisqu’elle les inclut dans l’ordre du Royaume de la Très Sainte Trinité. Une condition préalable au mariage est la foi en Jésus-Christ, une foi que l’époux et l’épouse (l’homme et la femme) doivent partager. Le fondement de l’unité du mariage est l’unité en Christ afin qu’à travers la bénédiction de l’amour conjugal par le Saint-Esprit le couple puisse refléter l’amour entre le Christ et son Eglise en tant que mystère du Royaume de Dieu, de la vie éternelle de l’humanité dans l’amour de Dieu.

5. La protection de la sacralité du mariage a toujours été d’une importance capitale pour la protection de la famille qui fait resplendir la communion des époux pour l’Eglise comme pour toute la société. Ainsi, la communion de personnes obtenues à travers le sacrement du mariage n’est pas simplement une relation naturelle conventionnelle, mais bien une force spirituelle créatrice pour l’institution sacrée de la famille. Elle seule assure la protection et l’éducation des enfants, que ce soit dans la mission spirituelle de l’Eglise ou dans le fonctionnement de la société.

6. C’est toujours avec la rigueur nécessaire et la sensibilité pastorale convenable, suivant le modèle de la clémence de l’Apôtre des nations, Paul, (cf. Rm 7, 2-3 ; 1 Co 7, 12-15. 39) que l’Eglise traite aussi bien les conditions préalables positives (différence de sexe, âge légal, etc.) que les conditions négatives (parenté de sang et d’alliance, parenté spirituelle, mariage existant, différence de religion, etc.) pour bénir un mariage. La finesse pastorale est nécessaire car, si la tradition biblique confirme le lien du mariage avec le mystère de l’Eglise, la pratique ecclésiale n’exclue pas non plus de recourir à certains principes du droit naturel gréco-romain sur le mariage comme « une communion de droit divin et humain» (Modestin) qui sont compatibles avec la sacralité attribuée par l’Eglise au mystère du mariage.

7. Dans les conditions contemporaines si difficiles pour le sacrement du mariage et l’institution sacrée de la famille, les évêques et les pasteurs doivent s’engager à travailler intensément dans le domaine pastoral afin de protéger leurs fidèles de manière paternelle en les accompagnant afin de renforcer leur espoir affaibli par diverses difficultés, en édifiant l’institution de la famille sur des fondements inébranlables que ni la pluie, ni les fleuves, ni les vents ne pourront détruire, et ce fondement est la pierre qui est le Christ (cf. Mt 7, 25).

8. Le mariage est le cœur de la famille et la famille justifie le mariage. La pression qui se propage dans le monde contemporain pour la reconnaissance de nouvelles formes de cohabitation constitue une réelle menace pour les chrétiens orthodoxes. La crise du mariage et de la famille sous plusieurs aspects inquiète profondément l’Eglise orthodoxe non seulement à cause de leurs conséquences négatives sur la structure sociale, mais aussi à cause de leur menace sur les relations au sein de la famille traditionnelle. Les victimes principales de ces tendances sont le couple et principalement les enfants qui, malheureusement, trop souvent, subissent dès leur tendre enfance le martyre sans en être coupables.

9. Le mariage civil entre un homme et une femme enregistré légalement n’ayant pas un caractère sacramentel, est une cohabitation légale, différant du mariage béni par Dieu et son Eglise. Les membres de l’Eglise qui contractent un mariage civil doivent être traités avec la responsabilité pastorale qui s’impose afin qu’ils comprennent la valeur du sacrement du mariage et des bénédictions qui en découlent.

10. L’Eglise n’accepte pas pour ses membres les contrats de cohabitation de même sexe, pas plus que toute autre forme de cohabitation que le mariage. L’Eglise doit déployer tous ses efforts pastoraux possibles pour que ses membres qui s’engagent dans de telles formes de cohabitation puissent comprendre le véritable sens de la pénitence et de l’amour béni par l’Eglise.

11. Lourdes sont les conséquences de cette crise que connaissent de nos jours les institutions du mariage et de la famille par l’augmentation du nombre des divorces, des avortements et d’autres problèmes internes à la vie familiale. Ces conséquences constituent un grand défi pour la mission de l’Eglise dans le monde contemporain. Pour cette raison, les pasteurs de l’Eglise doivent déployer tous leurs efforts pour se confronter à ces problèmes de la famille. L’Eglise orthodoxe appelle avec amour ses enfants ainsi que tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté à sauvegarder la fidélité à la sacralité de la famille.

II. Empêchements au mariage

1. Concernant les empêchements au mariage à cause de la parenté du sang, de la parenté par alliance ou par adoption et de la parenté spirituelle, toutes les prescriptions des saints canons (53 et 54 du Quinisexte Concile oecuménique) et de la pratique ecclésiale qui en dérive, sont valables. La pratique appliquée actuellement par les Eglises orthodoxes locales est définie et décrite dans les Chartes constitutionnelles de chaque Eglise Orthodoxe locale, ainsi que dans leurs décisions synodales concernant ce sujet.

2. Le mariage qui n’est pas irrévocablement dissous ou annulé, un troisième mariage préexistant, constituent des empêchements absolus à contracter mariage, conformément à la tradition canonique orthodoxe qui condamne de manière catégorique la bigamie et le quatrième mariage.

3. D’après les saints canons, le mariage est strictement défendu selon l’acribie après la tonsure monastique (canons 16 du Quatrième Concile Œcuménique et 44 du Concile Quinisexte in Trullo).

4. Le sacerdoce constitue un empêchement au mariage selon la tradition canonique en vigueur (canon 3 du Concile Quinisexte in Trullo).

5. Concernant les mariages mixtes contractés entre orthodoxes et non-orthodoxes, d’une part, et orthodoxes et non-chrétiens, d’autre part :

a) Le mariage entre orthodoxes et non orthodoxes ne peut être béni selon l’acribie canonique (canon 72 du Concile Quinisexte in Trullo). Toutefois, il peut être célébré par indulgence et amour de l’homme à la condition que les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Eglise Orthodoxe.

b) Le mariage entre orthodoxes et non- chrétiens est absolument interdit selon l’acribiecanonique

6. Lοrs de l’application de la tradition ecclésiale concernant les empêchements au mariage, la pratique ecclésiale doit également prendre en considération les prescriptions de la législation civile à ce sujet, sans dépasser toutefois les limites de l’économie ecclésiale.

7. L’application de l’économie ecclésiale doit être réglée par le Saint Synode de chaque Eglise orthodoxe autocéphale conformément aux principes établis par les canons ecclésiastiques dans l’esprit d’un discernement pastoral pour servir le salut de l’homme.

Chambésy, le 27 janvier 2016

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« Les défis de l’avenir »: une interview de Jean-Claude Larchet dans le mensuel orthodoxe russe « Foma »

JC_Larchet_WikipediaLe mensuel orthodoxe russe Foma a interrogé différentes personnalités sur la façon dont elles voient le monde dans 20 ou 30 ans. Nous reproduisons ci-dessous la version française de l’interview de Jean-Claude Larchet, intitulée « Il faut munir les enfants d’une boussole intérieure qui leur indique la bonne direction dans un monde déboussolé ».
La traduction russe dans sa version Internet se trouve ici.


Comment voyez-vous le monde du futur – dans 20-30 ans?

Je ne le vois pas du tout. L’avenir est imprévisible, non seulement à une aussi longue échéance, mais souvent à courte échéance. Qui aurait pu prévoir la première guerre mondiale en 1913? Qui aurait pu prévoir en 1916 la Révolution russe et l’installation pour près de 60 ans d’un régime communiste qui allait s’étendre à toute l’Europe de l’Est? Il suffit parfois d’un événement, lui-même imprévisible, pour changer le cours de l’histoire. D’un tout autre point de vue, qui aurait pu prévoir, il y a vingt ans, la révolution technologique que nous connaissons aujourd’hui grâce aux ordinateurs, aux téléphones portables, à l’Internet, aux réseaux sociaux, et qui a un impact considérable sur la vie des individus partout dans le monde?
Les scientifiques font des prévisions, mais elles sont peu fiables. Même les prévisions météorologiques qui ne portent pourtant que sur les prochains jours se révèlent souvent fausses.
Il y a certes des tendances, des orientations qui peuvent donner une certaine idée de l’avenir, mais leur évolution reste incertaine. Les situations les plus favorables peuvent rapidement dégénérer, et dans les situations défavorables, l’homme a une capacité de résilience surprenante.
Dans le cas de notre petite personne, l’avenir est également incertain, et nos projets souvent vains, comme nous le rappelle dans l’Évangile la parabole de l’homme riche (Lc 12, 16-21). Un proverbe dit : « Quand l’homme fait des plans, Dieu rit. » La sagesse des Pères a toujours invité chacun à se concentrer sur le présent et même à vivre chaque jour comme s’il était le dernier. Mais il est vrai que cette conception radicale doit être modulée selon les âges et les fonctions dans la société : un jeune doit faire des études en vue d’avoir plus tard un métier, un homme politique doit planifier ou un entrepreneur investir pour faire face aux besoins des prochaines années…

Quels seront-ils les défis les plus importants pour l`homme et l`humanité?

Si l’on veut parler de l’humanité en général, le principal défi sera de préserver son existence dans un monde viable. Cette existence est actuellement mise en péril. On sait que l’exploitation à outrance des ressources naturelles (eau, pétrole, gaz, etc.) risque de provoquer une pénurie dans les prochaines décennies. Le fonctionnement irresponsable de certaines industries (notamment l’absence de traitement correct des rejets et des déchets) crée une pollution de l’eau et de l’air qui menace la santé et la vie des habitants non seulement de certaines régions, mais de toute la terre. La pollution de l’air diminue dans l’atmosphère la couche d’ozone, ce qui a des conséquences de plus en plus graves : élévation de la température, élévation du niveau des mer, crises climatiques (multiplication des tempêtes, des ouragans, des pluies, des canicules…) changements de la structure du sol (comme la fonte du permafrost), disparition de certaines espèces… L’un des défis urgents est donc de nature écologique. Il s’agit de préserver les équilibres naturels de la planète.
Un autre défi important me semble être le chômage qui affecte une partie de plus en plus importante de la population dans certaines parties du monde. Le chômage a des conséquences catastrophiques non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan psychologique, moral et spirituel.
Pour nous chrétiens, le grand défi est de maintenir notre existence dans un monde de plus en plus envahi 1) par l’islam, 2) par l’agnosticisme et la mentalité laïque antireligieuse, et 3) par un spiritualisme sans Dieu et surtout sans le Christ.
1) Au Moyen Orient (Irak, Syrie), les chrétiens sont éliminés, soit en étant tués, soir en étant forcés à l’exil. L’Europe se déchristianise massivement, tandis que dans certains pays comme la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne l’islam se développe de plus en plus. En France, pays traditionnellement chrétien (depuis le IIe siècle !), l’islam est devenu au cours des dernières décennies la deuxième religion du pays après le catholicisme, et selon les prévisions elle sera la première autour de 2030.
2) Il y a par ailleurs dans les pays d’Europe de l’Ouest un développement de la mentalité antireligieuse, qui dans certains cas est provoqué par le souci de limiter l’influence grandissante de l’islam, mais dont la christianisme est la première victime. Avec l’appui des autorités du gouvernement européen de Bruxelles, on élimine de plus en plus de l’espace public les signes religieux chrétiens, et certaines associations mènent une lutte ouverte contre les valeurs chrétiennes, concernant en particulier la famille.
Une partie du monde chrétien est entré dans une nouvelle ère de persécution (rappelons que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde), mais je pense que dans plusieurs décennies cela affectera à un degré plus ou moins grand l’ensemble du monde chrétien. Cela ne sera pas une vraie surprise, car le martyre est inhérent depuis les origines à l’existence du christianisme. Regardez le Synaxaire : près de 90% des saints ont été des martyrs…
3) La spiritualité a un certain succès (les livres qui en traitent se vendent bien), mais il s’agit en général d’une spiritualité très générale, inspirée par le New Age et un bouddhisme de vulgarisation. C’est une spiritualité sans Dieu et surtout sans le Christ. Loin d’aller dans le sens du christianisme, elle s’y oppose donc elle aussi en se substituant à lui.

On parle souvent aujourd’hui d’un « avenir sombre » en relation avec les changements de la structure sociale de l`humanité et même de la nature humaine sur les plans physique et mental. À quel point la peur de ces perspectives est-elle raisonnable?

Il est vrai qu’il y a maintenant dans le monde occidental déchristianisé une crise de la famille.
Il a tout d’abord une crise générale du mariage : de plus en plus de couples mariés divorcent (près de 1 sur 2 dans la plupart des pays européens) et de plus en plus de jeunes vivent en couple sans être mariés, ni religieusement, ni même civilement. Et cela commence à affecter des pays traditionnellement orthodoxes comme la Grèce, où cela n’était pas imaginable il y a vingt ans. Cela s’explique en grande partie par le fait que le mariage signifie un engagement pour la vie et que les jeunes ont de plus en plus de mal à s’engager ou à respecter leurs engagements, non seulement dans ce cadre mais dans d’autres. La difficulté à s’engager tient pour une part à l’instabilité générale de la société. Beaucoup de gens craignent de fonder une famille alors que l’avenir (notamment sur le plan du travail et des revenus) est incertain pour soi-même et son conjoint, et aussi pour les enfants que l’on peut avoir. Il y a aussi au divorce et au refus du mariage d’autres causes, d’ordre spirituel : l’individualisme et le désir de liberté absolue qu’a développé l’humanisme moderne, et aussi une forme d’égoïsme caractérisé par la difficulté pour les gens de renoncer à une part de leur volonté propre, renoncement impliqué par toute forme de vie communautaire.
Un autre sujet de préoccupation est la banalisation, et en conséquence le développement de l’homosexualité, qui met en cause la structure traditionnelle du couple et de la famille telle que la concevaient jusqu’à présent les sociétés chrétiennes. Les associations et les lobbies (groupes de pression) homosexuels cherchent à imposer (dans les institutions sociales et jusque dans les écoles), dans tous les pays du monde, l’idée que l’homosexualité est une chose normale, et que l’orientation sexuelle n’est pas définie par la nature mais est une question de choix personnel. Leur volonté militante pour institutionnaliser le mariage homosexuel témoigne moins d’un intérêt pour le mariage que d’un souci de reconnaissance sociale officielle et, dans un deuxième temps, de bénéficier de diverses mesures leur permettant d’avoir des enfants. Ce deuxième point implique diverses pratiques inacceptables pour l’éthique chrétienne, comme la procréation médicalement assistée avec donneur hétérologue ou le recours à des mères de substitution. Un autre problème grave qui se pose, y compris pour des enfants adoptés, concerne le plan psychologique: c’est un fait connu depuis toujours des psychologues qu’un enfant, pour se construire psychologiquement, a besoin d’un père et d’une mère; l’éducation d’enfants par des couples homosexuels ne peut avoir pour ces enfants que des conséquences psychologiques graves, dont on mesurera toute l’ampleur dans les prochaines générations.
Un autre sujet de préoccupation est le développement énorme qu’ont connu, au cours des dix dernières années, les nouveaux médias (la télévision, les jeux vidéos, Internet et les réseaux sociaux) avec un impact négatif sur la vie sociale, personnelle, psychique, intellectuelle et spirituelle de leurs utilisateurs: investissement important en temps et en énergie, perte de relations avec les proches (malgré l’impression d’être en relation avec tout le monde), affaiblissement des capacités de réflexion et d’attention (dû aux sollicitations permanentes et au flux incessant de textes, d’images et de sons), appauvrissement culturel (lié notamment à la diminution de la quantité et de la qualité de la lecture malgré l’omniprésence de textes), etc. Beaucoup de spécialistes de médias ont montré combien ceux-ci ne se limitent pas à nous transmettre des contenus, mais, par leur structure et leur mode de fonctionnement, reformatent notre vie intérieure et le mode de nos relations avec nous-même, avec les autres et avec Dieu, créant une sorte d’homme nouveau, l’homo connecticus qui en bien des points fait concurrence à l’homo religiosus.
Un dernier point que l’on peut évoquer en rapport avec votre question est celui de l’apparition, dans le futur, d’un homme « augmenté » par les technologies, et même de la création d’un homme bionique, constituant un nouveau modèle d’humanité ne comportant plus les imperfections de l’homme actuel. Les Américains ont depuis longtemps développé des théories et financé des recherches à ce sujet. Mais elles me semblent relever – en dehors d’applications particulières, notamment dans le domaine des prothèses – de la science-fiction. Un danger plus sérieux est constitué, dans le domaine biologique, par la création, au moyen de la génétique, de nouvelles espèces qui peuvent mettre en péril l’équilibre naturel des espèces existantes. Un danger plus grand encore est constitué par l’eugénisme dont certaines pratiques ont commencé à se répandre dans certains pays, selon lesquelles l’homme s’attribue le pouvoir et le droit de déformer et de reformer selon ses désirs la nature humaine définie et créée par Dieu.

Quelle doit-elle être l`attitude chrétienne envers ces dangers? Est-ce qu`on doit les négliger et vivre sa vie comme si rien ne se passait, se concentrer sur le moment présent ? Ou doit-on y apporter une réponse concrète, y compris au niveau de l`Église?  

En tant que chrétiens, étant minoritaires dans les pays d’Europe de l’Ouest, nous n’avons que peu de pouvoir face à ces problèmes. Nous pouvons évidemment protester par rapport à certaines dérives, proposer des perspectives conformes à notre éthique, et soutenir par notre vote les gouvernants et les partis qui mènent une politique conforme aux valeurs chrétiennes. Mais c’est parfois compliqué: par exemple en Europe de l’Ouest, les partis écologistes qui sont les plus actifs pour préserver l’avenir de la planète, ce qui est aussi un souci pour le christianisme, sont aussi les plus engagés pour soutenir les réformes sociétales – comme le droit à l’avortement, à l’euthanasie ou au mariage homosexuel – qui s’opposent aux valeurs chrétiennes.
L’Église doit quant à elle éviter de s’engager directement dans la politique. Mais elle doit être la conscience d’un monde qui a souvent perdu toute conscience, et faire entendre sa voix face aux dangers qu’encourent les hommes, face aux lois, aux créations, aux actions contraires aux valeurs chrétiennes, pour rappeler quelles sont ces valeurs et inviter à les respecter. Elle doit rappeler avec constance et courage (c’est-à-dire même si cela va à l’encontre de la ligne officielle ou de l’opinion commune) ce que sont ces valeurs, et aussi quelle est sa conception de la nature de l’homme et de sa dignité, de la personne et de sa valeur absolue qui tient à sa relation inaliénable avec Dieu dont elle est l’image.
Il n’en reste pas moins que les Pères conseillent aux croyants de travailler avant tout à la construction et au développement de leurs propre vie spirituelle. C’est notre vie intérieure avec ses valeurs et ses dispositions, qui nous rend capables, en tout temps, d’affronter correctement et positivement les problèmes de toute sorte, prévisibles ou imprévisibles. Les Pères ont toujours enseigné que c’est en nous changeant nous-même positivement que nous sommes le plus capables de changer le monde autour de nous, avec non seulement nos propres forces, mais aussi la force de la grâce que Dieu nous donne.

À quels problèmes qui affecteraient directement leur vie spirituelle nos enfants seront-ils confrontés?

Je pense que pour les enfants le principal problème – qui affecte déjà depuis longtemps les pays d’Europe occidentale, mais affecte aussi de plus en plus les pays traditionnellement orthodoxes – est de pouvoir garder leur foi, leurs valeurs et leur éthique chrétiennes dans un monde sécularisé qui les ignore et leur a substitué d’autres croyances, d’autres valeurs, d’autres éthiques, ou bien qui est agnostique, totalement indifférent à la religion, ou encore qui est hostile au christianisme.

Comment faut-il éduquer les enfants pour les aider à faire face spirituellement à l`avenir?

Il faut avant tout les munir de repères dans un monde sans repères, d’une boussole intérieure qui leur indique la bonne direction dans un monde déboussolé.
Il faut les éduquer dans la foi, les valeurs et l’éthique chrétiennes, de manière à ce qu’elles s’ancrent profondément en eux et leur deviennent en quelque sorte connaturelles. Il faut leur apprendre à comprendre le monde, à discerner en toutes circonstances le bien et le mal, à affronter les difficultés et à trouver des solutions aux problèmes en référence aux valeurs chrétiennes. J’ai envie de citer ici les paroles de saint Paul (Eph 6, 17): « C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le zèle à propager l’Évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. » Celui qui dispose de toute cette panoplie est capable d’affronter victorieusement n’importe quelle situation.
Il est important que, dans un milieu indifférent ou hostile à la religion, face aux jugement négatifs, aux critiques ou aux moqueries, les enfants et les jeunes orthodoxes soient fiers de leur identité, aient conscience que leur foi est une richesse immense, qu’elle ne les diminue pas mais leur donne « un plus » par rapport à ceux qui en sont dépourvus. Les parents et l’Église ont un rôle important pour leur donner une telle fierté, qui n’a rien à voir avec de l’orgueil, car en étant chrétiens c’est du Christ que nous sommes fiers, de Sa victoire sur le monde, et non de nous-mêmes : « Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

Propos recueillis par Constantin Matsan
Фома, 7 (147), Juillet 2015

Le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine : l’Église n’est pas indifférente envers la future constitution du pays

Il convient de conserver la norme selon laquelle l’Église est séparée de l’État dans la constitution ukrainienne, de stipuler le caractère de partenariat des relations mutuelles des deux parties et de déclarer certains principes moraux. C’est ce qu’a souligné le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine. « Notre Église a déclaré, à plusieurs reprises, qu’elle se prononçait pour le maintien de la norme constitutionnelle selon laquelle l’Église est séparée de l’État. Cette norme doit protéger l’Église de l’immixtion éventuelle de l’État dans les affaires internes de l’Église. Ce faisant, il est aussi souhaitable de stipuler dans la constitution le caractère de partenariat afférent aux relations mutuelles entre l’Église et l’État » a déclaré le hiérarque. Selon celui-ci, il y a un certain nombre de domaines de la vie de la société, dans lesquels les organisations religieuses peuvent agir en tant que partenaires de l’État. « Cela est devenu particulièrement clair aujourd’hui, alors que toutes les Églises réalisent des programmes caritatifs, recueillent des fonds et l’aide nécessaire pour les victimes des affrontements dans les régions de Donetsk et de Lougansk », a-t-il précisé. Le métropolite Antoine a souligné que les mots-clés sur la responsabilité devant Dieu et sa propre conscience doivent être maintenus, de même que le droit des citoyens à la confession dont le secret doit être gardé, ainsi que le droit à la préservation de la vie dès le moment de la conception jusqu’à la fin de vie naturelle. Cela signifiera l’impossibilité de l’avortement et de l’euthanasie. « Dans les statuts de notre Église, il est dit nettement que l’Église orthodoxe d’Ukraine accomplit son activité ‘en respectant les lois de l’État et en les observant’. C’est pourquoi il ne nous est absolument pas indifférent quelle sera la Loi fondamentale de l’Ukraine. En effet, la constitution définit les principes fondamentaux de la vie de notre société et, pour cette raison, influence la vie ecclésiale », a ajouté le métropolite. Enfin, celui-ci a conclu que l’Église orthodoxe d’Ukraine ne s’immisce pas dans les questions politiques mais, cependant, avec les autres confessions religieuses, elle considère que certains principes moraux doivent être absolument énoncés dans la constitution.

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A Bruxelles, les représentants des Églises orthodoxes ont discuté des nouvelles initiatives pour la défense de la conception traditionnelle de la famille

Le 11 juin 2015, les chefs des représentations des Églises orthodoxes auprès de l’Union européenne étaient réunis à Bruxelles. Maria Hildingsson, secrétaire de la Fédération européenne des associations familiales catholiques participait à cette réunion de travail. L’objet de la rencontre, organisée à l’initiative de la Représentation de l’Église roumaine était d’échanger autour du rapport « De la stratégie de l’Union européenne dans le domaine de l’égalité des femmes et des hommes après 2015 », récemment approuvée par le Parlement européen. La résolution adoptée le 9 juin 2015 n’est pas obligatoire pour les pays membres de l’Union européenne, mais représente une sérieuse tentative de pression sur les pays européens afin de détruire les représentations traditionnelles du mariage et de la famille, ainsi qu’en vue de la légalisation de la gestation par autrui et des avortements. Étaient représentées le Patriarcat de Constantinople, l’Église orthodoxe russe, l’Église orthodoxe roumaine, l’Église orthodoxe de Chypre, l’Église orthodoxe de Grèce. Dans son allocution, Maria Hildingsson a constaté que les groupes interfractionnels et les structures de lobbying imposant arbitrairement une polémique sur les droits des minorités sexuelles avaient une influence exceptionnelle dans la nouvelle composition du Parlement européen. Dans ce contexte, il est nécessaire de mobiliser les forces saines de la société européenne pour fixer dans la législation européenne la conception généralement admise du mariage comme union d’un homme et d’une femme et de la famille comme la communauté des époux (le père et la mère) et de leurs enfants. Elle a fait part de sa vision du développement de la situation, constatant pour conclure que les lobbys susmentionnés voulaient faire de l’Union européenne un instrument de pression occidental sur les pays d’Europe centrale et orientale, dont les peuples souhaitent conserver les traditions séculaires et les valeurs spirituelles. Pendant la discussion, le représentant du Patriarcat de Moscou a constaté que l’exigence d’assimiler les unions homosexuelles au mariage et d’obtenir pour ces couples le droit à l’adoption est un acte politique visant non pas à la défense de la dignité humaine, mais à l’altération de l’image de Dieu en l’homme. Il a également souligné le rôle important de la société et des laïcs dans la réalisation de projets pour la défense de la vie et de la dignité humaine. L’initiative de l’Église orthodoxe russe en faveur de l’exclusion de l’avortement du système de sécurité sociale a suscité l’intérêt et l’approbation des membres de la rencontre. Les membres de la réunion ont aussi discuté des différents aspects de l’activité de l’Église pour le soutien de la stabilité de la société et la préservation de l’identité de la civilisation européenne.

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Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe au sujet de sa session ordinaire qui s’est tenue à Belgrade du 14 au 29 mai

« La session ordinaire dе l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe s’est tenue sous la présidence du patriarche de Serbie Irénée, du 14 au 29 mai dans les locaux du Patriarcat de Serbie à Belgrade. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé aux travaux de l’Assemblée, à l’exception du métropolite de Dabro-Bosna Nicolas. Pour la première fois depuis la session de 2011, l’archevêque d’Ohrid et métropolite de Skoplje Jean a participé à l’Assemblée. Celui-ci a été libéré, il y a quelques mois, de la prison d’Idrizovo à Skoplje, grâce à la grande implication du patriarche de Moscou Cyrille et de l’Église orthodoxe russe en général, avec la collaboration de l’Église orthodoxe serbe dans la mesure où cela était possible.

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L’évêque de Bačka Irénée.
Porte-parole de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe »

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Au DREE, première réunion de la commission pour la coopération internationale du Conseil présidentiel pour la collaboration entre communautés religieuses de Fédération de Russie

Le 19 mars, le département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a accueilli la première réunion de la commission pour la coopération internationale du Conseil présidentiel pour la collaboration entre communautés religieuses de Fédération de Russie. La commission a été créée le 11 décembre 2014 lors de la dernière réunion du conseil de l’année.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et président de la commission, a présidé la réunion.

Prenaient part à cette réunion : des hommes d’État, des personnalités publiques et des représentants des communautés religieuses traditionnellement implantées en Russie, soit des délégués de l’Église orthodoxe russe, parmi lesquels le métropolite Juvénal de Kroutitsy et de Kolomna et l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, des représentants des communautés bouddhistes, évangélistes-luthériennes, musulmanes, catholiques, juives, baptistes. Étaient également présents des représentants d’associations de défense des droits de l’homme et de diverses associations publiques.

Dans son allocution, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rappelé que la commission pour la coopération internationale avait été créée pour lutter contre les tendances « menaçant la religion et le système de normes morales et de valeurs personnelles, familiales et sociales dont elle est l’origine ».

En Occident, la notion de mariage comme union d’un homme et d’une femme est en pleine érosion, on légalise les cohabitations homosexuelles, on fait la promotion du droit des homosexuels à l’adoption d’enfants.

L’Église est inquiète de la dépréciation de la vie humaine dans le monde contemporain, a poursuivi le hiérarque. « Le XXI devrait voir triompher l’humanisme, les droits et les libertés humaines. Et pourtant, nous sommes témoins d’une criante et massive violation des droits de l’homme. Je pense à l’avortement. Nous devons donner à tout homme le droit de naître. Et tout homme doit avoir le droit de vivre aussi longtemps que Dieu l’a déterminé. Nous sommes à une époque où, dans certains pays d’Europe, se développent l’euthanasie mobile, avec des brigades de médecins qui se déplacent à domicile, l’euthanasie infantile et le suicide assisté (le patient se suicide en présence d’un soignant).

Suivant l’archipasteur, les manifestations de laïcisme agressif sont particulièrement dangereuses pour la paix civile. Sous prétexte de liberté de parole et d’expression, les sentiments des croyants et ce qu’ils ont de plus sacré est profané et moqué. « Nous sommes parfois confrontés à une incompréhension des craintes des croyants au sujet d’actes blasphématoires, qui entraînent, comme l’ont montré les évènements à la rédaction du journal parisien « Charlie Hebdo », des actes de violences et font des victimes humaines » a constaté le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a aussi évoqué la situation au Proche-Orient. « Il est plus que temps de prendre des mesures décisives pour éradiquer l’extrémisme, de mettre en place les conditions nécessaires à un quotidien paisible pour les minorités religieuses, y compris les chrétiens » a souligné le hiérarque. « En ce sens, on ne peut que saluer la déclaration pour la défense des chrétiens et des autres communautés du Proche Orient dont la Fédération de Russie, le Saint Siège et le Liban ont été les initiateurs ». Mgr Hilarion a rappelé aux membres de la rencontre que ce document a été présenté le 13 mars de l’année en cours pendant la 28e session du Conseil de l’ONU aux droits de l’homme à Genève, et a été signé par 65 pays.

Les membres de la réunion ont soutenu l’initiative de la municipalité de Moscou sur l’organisation durant l’automne de l’année en cours de la III Conférence internationale « Religion et monde ». Il a été décidé de la consacrer à la défense des valeurs traditionnelles, à la protection des sentiments des croyants, des symboles religieux et des sanctuaires religieux, ainsi qu’au ministère social des organisations religieuses.

Les personnes assemblées ont discuté de la coordination des efforts des organes d’état, des communautés religieuses et des organisations publiques pour la défense et le respect des droits des croyants. Il a été décidé de soutenir l’action de l’Association russe pour la défense de la liberté religieuse dans l’organisation d’une surveillance dans ce domaine, consistant notamment à fixer les cas de discrimination des croyants dans le monde, ainsi qu’à élaborer un document final consacré à cette problématique.

Les membres de la réunion ont examiné la résolution 2036 (2015) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe « La lutte contre l’intolérance et la discrimination en Europe, notamment à l’encontre des chrétiens » adoptée lors de la réunion de l’Assemblée le 29 janvier de l’année en cours. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a reconnu pour la première dans cette résolution l’existence de nombreux cas d’actes d’hostilité ou de violence à l’égard des chrétiens, ainsi que de vandalisme contre les lieux de culte. La résolution constate que ces cas sont souvent ignorés des autorités.

Le document appelle les états-membres du Conseil de l’Europe à contribuer à une « adaptation raisonnable », y compris sur les lieux de travail, afin de ne pas forcer les croyants à accomplir des obligations de service contraires à leur foi. Les états européens doivent respecter le droit des parents à offrir à leurs enfants une instruction conforme à leurs convictions religieuses. Ils doivent aussi inciter les médias à éviter les stéréotypes négatifs et les préjugés sur les chrétiens et les croyants d’autres religions.

La commission a établi son plan de travail pour l’année 2015.

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L’Église orthodoxe russe a ouvert un centre de monitoring des droits des chrétiens orthodoxes en Europe

La représentation du Patriarcat de Moscou auprès du Conseil de l’Europe, à Strasbourg, a ouvert le 9 mars un centre de monitoring des droits et libertés des chrétiens orthodoxes en Europe, dont la tâche principale est l’observation du respect des droits des croyants appartenant à différentes Églises orthodoxes locales du monde, selon le chef de la représentation et recteur de l’église orthodoxe russe de Tous-les-Saints à Strasbourg, l’higoumène Philippe (Riabykh). Les informations sur l’activité du centre seront placées sur le site internet spécial mis en place à cet effet en langue anglaise. On peut déjà y consulter des informations récentes ainsi que des documents de référence, notamment des textes en anglais émanant des Églises orthodoxes grecque, roumaine et russe sur les problèmes bioéthiques tels que l’avortement ou l’euthanasie. « La nécessité de ce genre de travail a mûri il y a déjà longtemps. En travaillant auprès du Conseil de l’Europe, je me suis aperçu à quel point beaucoup de membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et des fonctionnaires de cette organisation en savaient peu sur la vie des Églises orthodoxes et sur le travail accomplies par celles-ci au niveau de la défense des droits des croyants. Il s’est créé une impression selon laquelle on ne s’intéresse pas, dans le monde orthodoxe, à cette question, mais ce n’est pas le cas. Précédemment, personne n’a fait part du travail en cours ni informé les organisations internationales à leur sujet. Maintenant, nous nous efforçons de combler cette lacune » a déclaré le père Philippe. Il a expliqué que les orthodoxes s’adressent à la Cour européenne pour les droits de l’homme pour défendre leurs propres droits. C’est ainsi que la Cour a eu à connaître de la confrontation d’un groupe non canonique de fidèles bulgare avec l’Église canonique en 2009, elle a résolu la question du syndicat des prêtres orthodoxes roumains en 2013, des plaintes y ont été déposées relativement à la profanation d’églises, aux violences à l’encontre de clercs, ainsi qu’à d’autres violations des droits des fidèles orthodoxes. Il est prévu de publier régulièrement sur le site internet du centre, des informations sur les violations des droits et des libertés des chrétiens orthodoxes en Europe. En outre, on pourra y lire des rapports spéciaux sur les questions actuelles, des articles analytiques, des documents de l’Église orthodoxe russe et aussi des Églises orthodoxes locales, consacrés aux questions de défense des droits de l’homme. Sur la base d’une analyse approfondie des informations reçues, des documents récapitulatifs seront établis en fin d’année, lesquels seront distribués non seulement aux organes du Conseil de l’Europe, mais à un large public européen.

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Participation orthodoxe à la « marche pour la vie » à Washington le 22 janvier

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé jeudi 22 janvier à Washington lors de la traditionnelle « marche pour la vie », qui est une manifestation annuelle contre l’avortement. L’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis d’Amérique a envoyé une délégation dirigée par le métropolite Méthode (archevêché grec d’Amérique), et dont faisaient partie le métropolite Tikhon, l’évêque Michel (tous deux de l’Église orthodoxe en Amérique, OCA) et l’évêque Démétrios (Archevêché grec d’Amérique). Étaient également représentés les séminaires Saint-Vladimir et Saint-Tikhon. Un grand nombre d’orthodoxes, prêtres et laïcs étaient présents à la manifestation, sous la bannière « Chrétiens orthodoxes pour la vie ». Un panorama interactif de la manifestation est disponible ici ainsi qu’une vidéo.

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Le patriarche de Moscou Cyrille exhorte l’Europe à revenir aux valeurs chrétiennes, et met en garde contre la « réécriture de l’histoire »

D’un bastion du christianisme, l’Europe est devenue une locomotive détruisant la foi, a déclaré le patriarche Cyrille, à son arrivée vendredi dernier à Belgrade. Recevant un doctorat honoris causa à l’Université de Belgrade, le patriarche Cyrille a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la rapide déchristianisation de la société européenne qui « a renoncé aux valeurs chrétiennes fondamentales dans sa vie et ses activités ». Il a cité le célèbre saint serbe du XXème siècle Nicolas Velimirović qui a dit que “Christ abandonne l’Europe ». « Aujourd’hui, lorsque le processus de sécularisation, le rejet de la vérité absolue, l’élimination du concept de péché de la conscience publique atteint des dimensions sans précédent, apocalyptiques, nous regrettons de constater que de nombreux États européens ont vraiment abandonné leur identité chrétienne » a déclaré le primat de l’Église orthodoxe russe. La reconnaissance du mariage homosexuel, de l’euthanasie à un niveau législatif et le nombre croissant d’avortements indiquent que l’Europe, qui était une forteresse du christianisme, « est devenue une locomotive de processus destructifs », a dit le patriarche Cyrille. Au cours de son entretien avec le président serbe Tomislav Nikolić, le primat de l’Église orthodoxe russe a mis en garde contre les tentatives de manipuler l’histoire. « L’histoire ne peut être réécrite, bien que certains en Serbie, dans l’ancienne Yougoslavie et l’ancienne Union soviétique essayent de le faire. Et parfois, ils enseignent aux enfants selon ces manuels « ajustés », espérant qu’il y aura une nouvelle génération qui oubliera les pages de l’histoire qui sont défavorables en regard des défis politiques actuels » a-t-il ajouté. Un telle ligne de conduite est « une faute grave » a encore dit le patriarche, soulignant que « les faits historiques ne peuvent être éradiqués de la mémoire du peuple, quoi que l’on fasse pour les réécrire ». Le patriarche Cyrille a également exprimé sa préoccupation au sujet des violations des droits de la population serbe du Kosovo. « Les Serbes doivent vivre libres au Kosovo et en Métochie. Personne ne doit les menacer, personne n’a le droit de détruire leurs monuments, leurs églises et leurs monastères. Personne ne peut entraver leurs mouvements et leur possibilité de rester en contact permanent avec leurs familles », a-t-il encore souligné. L’Église orthodoxe russe « soutient le peuple serbe en ce qui concerne son concept du problème du Kosovo » a-t-il conclu, appelant le Kosovo « centre spirituel du peuple serbe et de son Église ».

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L’allocution du métropolite Hilarion de Volokolamsk au synode extraordinaire des évêques catholiques sur « Les problèmes pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation »

Mgr Hilarion de Volokolamsk, a prononcé le 16 octobre dernier une allocution devant les participants du synode extraordinaire des évêques catholiques sur « Les problèmes pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation. Son intervention n’a pas été publiée par le Saint-Siège – contrairement aux interventions des autres délégués orthodoxes. Nous vous proposons ci-dessous la traduction française de son allocution.

« Votre Sainteté, Vos Béatitudes, Eminences et Excellences,
Permettez-moi avant tout de vous saluer au nom du primat de l’Église orthodoxe russe, Sa Sainteté le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Le thème de la famille constitue aujourd’hui l’un des plus aigus et des plus vitaux. Il est l’indicateur de la situation morale de la société dans laquelle nous vivons. Nous observons avec anxiété comment, durant ces dernières années, à l’aide de la manipulation des concepts de liberté et de tolérance, se produit le démantèlement des valeurs de bases, enracinées dans les traditions religieuses. L’idée de relativisme moral est propagée de façon de plus en plus agressive, et s’étend également à l’institution de la famille, sacrée pour toute l’humanité. Dans toute une série de pays d’Europe et d’Amérique, malgré les nombreuses protestations, se produit l’approbation et la reconnaissance au niveau de l’État, des unions de même sexe. Dans certains pays, le droit des partenaires de même sexe à adopter les enfants, garçons et filles, est entériné législativement, et ce notamment par l’utilisation de la technologie de « la maternité de substitution ». En même temps, les familles traditionnelles, qui sont attachées au concept du mariage comme étant l’union de l’homme et de la femme, sont de moins en moins solides. Au lieu de se préoccuper de leur renforcement, une propagande est menée en faveur des soi-disant relations libres. Les concepts de fidélité, de respect mutuel et de responsabilité des époux sont remplacés par l’imposition de l’hédonisme, l’appel à vivre pour soi. Les enfants ne sont plus considérés comme le fruit souhaité de l’amour mutuel des époux. Partout est répandu, sans pratiquement aucune limite, le droit à l’avortement, légalisant la destruction de millions de vies. Le problème de l’existence d’orphelins dont les parents sont vivants, dont des enfants abandonnés et des enfants handicapés solitaires, se pose avec acuité. De nombreux chrétiens aussi ont été exposés à l’influence de l’idée du relativisme moral, confessant en paroles l’enseignement ecclésial sur la famille, mais ne le suivant pas en pratique. Affirmant le principe de la sainteté du mariage, fondé sur les paroles du Sauveur Lui-même (cf. Matth. 19,6 ; Mc 10,9), les Églises catholique-romaine et orthodoxe, placent la responsabilité de l’homme devant son prochain au-dessus de ses intérêts égoïstes. L’éducation d’une telle responsabilité chez le chrétien – devant la famille, la société, le monde qui nous entoure – est la tâche la plus importante pour les Églises aujourd’hui. La défense de la dignité de l’homme et l’affirmation de la haute signification de l’amour réalisé dans la famille, constituent une partie indissociable de l’annonce évangélique, que nous devons porter aux hommes. En novembre 2013, le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et le Conseil pontifical pour les affaires de la famille, sous la direction de l’archevêque Vincenzo Paglia, ont tenu à Rome la conférence « Orthodoxes et catholiques ensemble pour la défense de la famille ». Dans la déclaration finale, nous avons souligné « notre conviction que nous portons une responsabilité commune pour faire du mariage et de la vie familiale une voie vers la sainteté pour les familles chrétiennes ». Il est temps pour les chrétiens de réunir les efforts et d’agir comme un seul front pour le noble but de la défense de la famille devant les défis du monde sécularisé, afin de préserver l’avenir de la civilisation. C’est le domaine dans lequel notre alliance pourrait réellement être nécessaire. Nous devons défendre ensemble nos positions tant dans le cadre du dialogue avec le législateur et l’exécutif des différents pays, que sur les plateformes des organisations internationales, telles que l’ONU et le Conseil de l’Europe. Il y a déjà une certaine expérience de cette collaboration – il suffit de rappeler l’affaire bien connue «Lautsi c/ Italie ». Il faut non pas simplement se limiter à de nobles appels, mais chercher de toutes façons à obtenir la défense législative de la famille. Il est indispensable de rendre à notre société le concept selon lequel la liberté est impensable sans responsabilité pour ses propres actes. L’Église orthodoxe prêche avec conséquence l’idéal de l’union conjugale conclue une fois pour toutes. En même temps, montrant de la condescendance envers la faiblesse de la nature humaine, l’Église orthodoxe, dans des cas exceptionnels, permet la conclusion d’un nouveau mariage ecclésial lorsqu’il y a éclatement du premier mariage. En cela, notre Église suit le principe de « l’économie », mue par l’amour envers le pécheur qu’elle ne veut pas priver de moyens de salut. Dans le monde contemporain, où l’observation stricte des prescriptions devient de plus en plus rare, la pratique de « l’économie » existant dans l’Orthodoxie depuis de nombreux siècles, peut devenir une expérience précieuse dans la résolution des problèmes pastoraux de la famille. L’Église orthodoxe a accumulé une riche expérience de souci pastoral envers la famille. Dans l’Église orthodoxe a toujours été conservée l’institution du clergé marié. Les familles de prêtres, en règle générale, ont de nombreux enfants, et ceux-ci sont élevés dans l’esprit de la piété chrétienne et la fidélité à l’enseignement ecclésial. Le prêtre, ayant lui-même l’expérience de la vie familiale et de l’éducation des enfants, peut mieux comprendre les problèmes des relations familiales et fournir l’aide pastorale nécessaire à ses enfants spirituels. Je considère qu’il serait utile de prêter attention à cette expérience, qui est présente également dans les Églises catholiques de rite oriental. En évoquant celles-ci, je voudrais m’écarter quelque peu de la thématique du présent forum et soulever une question qui, aujourd’hui, est devenu la pierre d’achoppement dans les relations entre les Églises orthodoxe et catholique. Il s’agit du problème des uniates, qui a pris une acuité particulière en raison des derniers événements en Ukraine. Malheureusement, le conflit dans ce pays, qui a emporté des milliers de vies a, des son début, pris une dimension religieuse. L’Église ukrainienne gréco-catholique a joué, dans sa genèse et son développement, un rôle essentiel. Dès les premiers jours du conflit, les gréco-catholiques se sont identifiés avec l’une des parties à la confrontation. Contrairement au respect des normes canoniques prévalant entre les Églises catholique et orthodoxe, les gréco-catholiques sont entrés dans une collaboration mutuelle avec les schismatiques. La commission mixte de dialogue orthodoxe-catholique, en 1993 déjà, a reconnu à Balamand, que l’uniatisme ne constituait pas la voie vers l’unité. Nous remercions nos frères catholiques pour la reconnaissance ouverte du caractère erroné de l’uniatisme. Et nous devons, avec regret, constater à nouveau que l’uniatisme ne rapproche pas orthodoxes et catholiques, mais qu’au contraire, il les divise. Au nom de l’Église orthodoxe russe, je m’adresse aux représentants de l’Église gréco-ukrainienne présents dans cette salle, en leur demandant de renoncer à toutes déclarations à thématique politique et à toutes formes évidentes de soutien au schisme, ainsi qu’aux appels à la création « d’une Église locale d’Ukraine unique ». Car derrière cet appel se cache une vérité première : on veut arracher les fidèles orthodoxes d’Ukraine à l’Église-Mère, le Patriarcat de Moscou, avec lequel elle est liée par les liens séculaires du sang. La mission fondamentale de l’Église est de servir l’œuvre du salut des hommes. Le mandat qui nous est donné par Dieu, ne suppose pas l’immixtion dans les conflits politiques et civils. Dans le monde, où il y a tant de divisions, où se trouvent aujourd’hui menacées les bases mêmes de l’existence de la civilisation humaine, dont l’institution de la famille, les chrétiens sont appelés à être « le sel de la terre » et « la lumière du monde » (Matth. 5, 13-14), amenant tous à l’amour les uns des autres et à l’unité dans le Christ. Nous pouvons dire beaucoup ensemble, notamment pour la défense des chrétiens qui, aujourd’hui, sont devenus les victimes de persécutions. En Irak et en Syrie, ainsi que dans toute série d’autres pays du Moyen Orient et d’Afrique, les chrétiens sont exposés à un génocide. Nous devons faire tout ce qui dépend de nous, afin que cessent les assassinats de chrétiens ainsi que leur exode massif des lieux où ils ont vécu durant des siècles, et attirer l’attention de toute la communauté mondiale sur leur situation calamiteuse. Je vous souhaite à tous, chers frères, la bénédiction divine et le succès de vos travaux ».

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Le métropolite Onuphre, locum tenens de la cathèdre métropolitaine de Kiev, s’est prononcé contre l’intégration européenne de l’Ukraine

Le  métropolite Onuphre, locum tenens de la cathèdre métropolitaine de Kiev, considère que la situation morale actuelle de l’Europe ne laisse présager rien de bon pour l’Ukraine. « L’Europe nous montre déjà un exemple concret de la vie sans le Christ. Là-bas, on ne prête pas attention aux commandements du Seigneur, à Ses interdits. Au contraire, on pousse de plus en plus à la permissivité en toutes choses, selon laquelle la vie est sanctifiée non par la loi divine, mais par les désirs des hommes. C’est une voie incorrecte. Malheureusement, tous les souhaits de l’homme ne sont pas saints », a déclaré le métropolite Onuphre dans une interview à Interfax-Religion le 18 juin. Parlant de l’Occident, le métropolite a évoqué la légalisation des unions homosexuelles, l’euthanasie, l’attitude tolérante envers l’avortement. « Ces lois que nous propose le monde nouveau, européen, sont inacceptables pour nous. Nous ne pouvons collaborer avec ce monde et nous unir à lui. Nous devons être en union avec les gens qui gardent la loi divine. La question est que, s’il n’y a plus de gens sur terre qui gardent la manière de vivre selon Dieu, la vie de l’homme sera alors condamnée, l’humanité ira vers son autodestruction » a-t-il souligné. Pour ce qui concerne les opérations militaires en Ukraine, le métropolite a dit qu’il avait rencontré le président Porochenko. « Le président souhaite et aspire à ce que cesse l’effusion de sang mais, comme je le comprends, personne actuellement ne peut proposer des mécanismes acceptables de règlement pacifique », a déclaré le métropolite, qui a appelé tant les militaires orthodoxes que les miliciens orthodoxes « à ne pas accomplir le péché de meurtre, ne pas s’endurcir, chercher la compréhension mutuelle, à faire des concessions les uns aux autres, de procéder au dialogue ». À la question de savoir s’il fêtera en Ukraine le jour traditionnel du baptême de la Russie, le 28 juillet, le métropolite Onuphre a mentionné que « il y a mille ans, par le baptême de la Russie, le Seigneur a béni notre peuple, notre terre, notre capitale Kiev (…) Nous commémorerons toujours cette fête avec une gratitude particulière envers Dieu. Nous prierons absolument en ce jour pour nos gens qui ont besoin de l’aide spirituelle. Par la prière, nous surpasserons tous les troubles. Nous espérons en notre Seigneur Jésus-Christ et croyons que la paix règnera aussi sur notre terre » a-t-il ajouté.

Source: Blagovest-info, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Communiqué de l’assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

untitled_panorama1-sL’assemblée ordinaire des évêques de l’Église orthodoxe serbe, sous la présidence de du patriarche de Serbie Irénée, a commencé cette année le 14 mai au monastère de Studenica, où a été concélébrée, en l’église de la Dormition de la Mère de Dieu la divine liturgie à l’occasion du 900ème anniversaire de la naissance de saint Syméon le Myroblite (Étienne Nemanja). L’assemblée s’est rendue ensuite à Ras (Novi Pazar) où, en l’église des saints apôtres Pierre et Paul, le même jour, a été célébré l’office de l’invocation au Saint-Esprit. Enfin, la session de l’assemblée elle-même s’est tenue du 15 au 24 mai au siège du Patriarcat de Serbie à Belgrade. Aux travaux ont pris part la majorité des évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe. Seuls étaient absents l’archevêque d’Ohrid et métropolite de Skopje Jean et le métropolite de Dabro-Bosna Nicolas. En outre, se sont absentés de temps à autre les évêques de Valjevo Miloutine et de Zvornik et Tuzla Chrysostome, ainsi que d’autres évêques encore, en raison de leurs visites aux régions les plus menacées par les inondations.

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Des défenseurs français de la famille traditionnelle rencontreront le métropolite de Volokolamsk Hilarion ainsi que d’autres leaders religieux et des législateurs russes

Des représentants de la société civile française et de l’Église catholique-romaine, qui appellent à la protection de la famille traditionnelle, auront des rencontres avec les leaders religieux des différentes religions à Moscou. Les défenseurs français de la famille traditionnelle s’exprimeront devant le Parlement russe. La délégation française restera en Russie durant une semaine, selon la représentation de l’Église orthodoxe russe auprès du Conseil de l’Europe. La direction de l’organisation « Manif pour tous », qui a rassemblé des centaines de milliers de manifestants contre les mariages de même sexe et l’adoption d’enfants par des couples de même sexe à Paris, Lyon et autres villes françaises en 2013 figurent parmi les membres de la délégation.

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Source: Pravoslavie, traduit de l'anglais pour Orthodoxie.com

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Jovan Nikoloski