Une nouvelle étape des discussions de l’Église serbe avec l’UACORO

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Mgr Athanase (Jevtitch), en tant que président de la Commission chargée par le Saint-Synode de l’église orthodoxe serbe, d’examiner la demande de l’UACORO d’être intégrée à l’Église orthodoxe dans le cadre de diocèse de France et d’Europe occidentale de l’Église serbe, a effectué, à cet effet, un quatrième séjour à Paris du 21 au 25 avril, accompagné de Mgr Maxime, évêque de Hume. Avec Mgr Luka et Mgr Maxime, qui sont aussi membres de la Commission, il a rencontré les responsables de l’UACORO et d’autres personnes pour approfondir encore cette question. Tous trois ont également eu une réunion de travail sur ce sujet avec l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France le jeudi 21 avril.

À l’issue de ces rencontres, Mgr Athanase a fait savoir qu’il termine actuellement la rédaction d’une étude substantielle, d’une soixantaine de pages, qu’il remettra prochainement au Saint-Synode de l’Église serbe avec les conclusions de la Commission. Dans cette étude, l’histoire de l’ECOF et de l’UACORO est étudiée avec soin sur la base de nombreux documents, dont certains, bien que capitaux, sont très peu connus ; ladite liturgie « de saint Germain de Paris » ou « des Gaules » y fait également l’objet d’un examen attentif.

Sans entrer dans le détail des propositions précises et concrètes qui seront faites, Mgr Athanase a indiqué les deux grands axes autour desquels elles s’articulent.

D’une part, en ce qui concerne le rite (c’est-à-dire la liturgie et les diverses célébrations sur l’ensemble de l’année) en usage dans les paroisses de l’UACORO, Mgr Athanase a constaté son caractère composite. Il a observé que l’on ne peut pas le qualifier d’ « occidental » à proprement parler, étant donné que des éléments de diverses origines le constituent, et que ladite « liturgie de Saint Germain de Paris » est plutôt une « liturgie d’Evgraf Kovalevsky ». En conséquence, il propose, à cet égard, l’adoption de la Tradition orthodoxe ininterrompue pendant des siècles, à savoir, concrètement, la Liturgie de l’Église orthodoxe, qui n’est pas « un rite byzantin » mais la Liturgie de l’Église catholique et apostolique. Au passage, il distingue le rite de la liturgie, pour la raison que la Liturgie orthodoxe n’est pas un rite, à la différence de celle dite « de saint Germain de Paris » qui n’exprime pas la plénitude de l’Orthodoxie.

D’autre part, en ce qui concerne l’intégration ecclésiale de l’UACORO, Mgr Athanase et la Commission synodale proposent qu’elle se fasse au niveau de chaque paroisse (chaque fidèle étant reçu personnellement, et le statut de chaque prêtre étant examiné au cas par cas). En effet, soucieux d’une bonne intégration, en interrelation avec tous les orthodoxes, ils ne souhaitent pas que le groupe prolonge sa structure actuelle par une autre, spécifique, à l’intérieur d’un diocèse, car cela perpétuerait la coupure qui a engendré, dans le passé, des effets négatifs (notamment : repli sur soi, indépendantisme, volonté affirmée de constituer l’Église locale sans les autres orthodoxes…). Après l’expérience douloureuse et abusive des décennies passées, il convient non pas de donner une occasion d’expérimentation supplémentaire, mais d’offrir la possibilité d’entrer dans la pleine communion eucharistique avec les Églises orthodoxes.

En conclusion, Mgr Athanase a réaffirmé son désir profond et sincère, dans la vérité et l’amour du Christ, d’aider les membres de l’UACORO à entrer en communion avec l’Église orthodoxe.

De leur côté, les responsables de l’UACORO ont demandé un délai pour répondre aux deux grands axes de la proposition qui leur a été soumise par la Commission synodale.

(Informations recueillies par le père Jivko PANEV)

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