Début du Grand Carême
Aux Grandes Complies : lecture du Grand Canon de saint André de Crète
Saint Charalampe le thaumaturge, hiéromartyr, et ses compagnons : saints Porphyre, Baptos et trois autres martyrs à Magnésie en Asie Mineure (202) ; sainte Galina (IIIème s.) ; saintes Ennathe et Valentine et saint Paul, martyrs (308) ; saint Trojan, évêque de Saintes (533) ; sainte Scholastique, sœur de saint Benoît de Nursie (543) ; saint Prothade, évêque de Besançon (624) ; sainte Austreberte, abbesse en Normandie (704) ; sainte Anne, princesse de Novgorod (1056) ; saint Prochore des Grottes de Kiev (1107) ; saint Longin de Koriajemka (Vologda) (1540) ; saints néomartyrs de Russie : Pierre (Groudinsky) et Valérien (Novitzky), prêtres (1930).
SAINT CHARALAMPE
Le saint et glorieux martyr Charalampe vivait sous le règne de l’empereur Septime Sévère (194-211) et sous le gouvernement de Lucien, dans la ville de Magnésie du Méandre, près d’Éphèse. Il était âgé de cent sept ans et exerçait depuis longtemps le ministère sacerdotal pour les chrétiens de la ville, leur enseignant avec zèle comment suivre la voie de la vérité et prêchant à tous la foi au Christ, sans craindre la menace des païens. Dénoncé comme dangereux agitateur et présenté au tribunal de Lucien, il répondit aux menaces du gouverneur en disant : « Tu connais bien mal ce qui est pour moi avantageux et salutaire. Rien ne m’est plus agréable que les tortures pour le Christ. Applique donc au plus vite à mon vieux corps les tortures que tu jugeras les plus intolérables, afin que tu apprennes quelle est la puissance invincible de mon Christ. » Les bourreaux le dépouillèrent alors de sa robe sacerdotale, puis lui lacérèrent la chair au moyen d’ongles de fer, sans pouvoir lui faire échapper un seul cri de douleur. Il leur disait au contraire : « Je vous remercie, mes frères, car en écorchant ce corps vieilli, vous renouvelez mon âme et la préparez à la béatitude éternelle ! »
En voyant combien vaillamment ce vieillard supportait la torture, le gouverneur Lucien, au lieu de se repentir et de rendre gloire à Dieu, fut pris d’une fureur sauvage ; il se précipita sur le saint et entreprit de lui arracher la peau de ses propres mains. Mais, soudain, par une intervention divine, celles-ci furent tranchées et restèrent accrochées, inertes, au corps du martyr. Pris de pitié en entendant les cris et les supplications du tyran, saint Charalampos se mit en prière et obtint sa guérison . Devant un tel miracle et cette démonstration de l’amour des chrétiens pour leurs ennemis, les bourreaux Porphyre et Baptos (ou Dauctos) renoncèrent au culte des idoles et crurent au Christ Dieu. Trois femmes de l’assistance se précipitèrent à leur suite et, sans crainte, proclamèrent aussi leur foi .
Aussitôt guéri, le gouverneur reconnaissant fut baptisé par le saint et un grand nombre des habitants de la province d’Asie furent gagnés au Christ. Quand l’empereur Sévère apprit que les habitants de Magnésie et de sa région abandonnaient les idoles et recevaient le saint baptême de ce vieux prêtre qu’il avait condamné à mort, que par sa prière les aveugles recouvraient la vue et les infirmes marchaient, il fut pris d’un grand trouble et envoya aussitôt trois cents soldats avec ordre de transpercer le corps du saint de clous, puis de l’amener ainsi enchaîné de Magnésie à Antioche de Pisidie, où il résidait. Sur le chemin, comme les soldats maltraitaient sans pitié le vieillard, le cheval sur lequel ils l’avaient monté prit soudain une voix humaine et condamna l’empereur comme ennemi de Dieu et ses soldats comme serviteurs du diable. Saisis d’une grande terreur, les hommes d’armes continuèrent leur route sans faire de mal au saint.
Aussitôt qu’on lui présenta le vénérable vieillard, l’empereur ordonna de lui enfoncer une longue broche dans la poitrine et de le jeter dans un brasier allumé à cette intention. Mais Charalampe resta insensible à la souffrance et le feu s’éteignit à son contact. Surpris, le souverain lui demanda qu’est ce qui le rendait ainsi invulnérable. Il répondit : « La puissance du Christ ! » Sévère voulut alors le mettre à l’épreuve et lui présenta un homme qui était possédé du démon depuis trente-cinq ans. D’une seule parole, le saint chassa l’esprit impur. Il lui soumit ensuite un jeune homme mort qu’on se préparait à ensevelir. Après avoir adressé une fervente prière à Dieu, saint Charalampe le releva de sa couche en lui tendant la main, comme s’il s’agissait d’un dormeur, à la grande admiration de l’empereur. Le préfet Crispus s’écria alors : « Mets cet homme à mort sans plus tarder, ô Roi, car c’est par sorcellerie qu’il accomplit ces prodiges. »
L’empereur, revenant à sa haine furieuse, somma le saint de sacrifier aux idoles ; et, devant son refus, il donna l’ordre de lui broyer la mâchoire avec des pierres et de lui brûler la barbe. Mais, par une nouvelle intervention de Dieu, la flamme des torches se retourna soudain contre les bourreaux et un tremblement de terre ébranla le lieu où ils se trouvaient. L’empereur, soulevé de son trône, se trouva suspendu en l’air et fut fouetté pendant un long moment par des anges invisibles. Lorsque la fille de Sévère, nommée Galinée, apprit ce qui arrivait, elle alla supplier le saint martyr avec larmes de délivrer son père, en confessant le Christ Tout-Puissant. Après avoir été délivré de ces tourments, l’empereur resta quelque temps dans l’admiration de la puissance de Dieu, mais il revint ensuite à sa folie idolâtre et fit appliquer de cruelles tortures au saint qu’il avait gardé prisonnier, malgré les remontrances de sa fille qui lui rappelait vainement les bienfaits de Dieu dont il avait bénéficié. La colère du tyran se tourna alors contre sa propre fille et il la menaça de mort si elle ne sacrifiait pas aux idoles. Galinée, feignant de se soumettre, entra dans le temple, où elle jeta les statues à terre et les réduisit en morceaux. Sévère fit fondre de nouvelles statues, mais sa fille les brisa de nouveau, en rendant le tyran ridicule devant le peuple.
Sévère essaya alors une dernière fois de soumettre par la torture le responsable d’une conversion si éclatante, Charalampe. Mais, inébranlable comme le diamant, le saint résistait à toutes les entreprises des bourreaux et brillait aux yeux de tous de l’éclat radieux de la grâce. Il accueillit avec joie la sentence de mort et, une fois rendu au lieu de l’exécution, il leva les yeux et les mains vers le ciel, remercia Dieu de l’avoir amené jusqu’au terme de son combat et Lui demanda pour tous ceux qui Le prieront en son nom, célébreront sa mémoire ou vénéreront ses reliques, le salut de l’âme, la santé du corps et l’abondance de tous les biens en cette vie et dans l’autre. Une voix se fit alors entendre du ciel : « Viens, Charalampe, vaillant lutteur, pour prendre part à la joie et à la splendeur des martyrs et des saints prêtres ! » Sa tête tomba sous le glaive le 10 février . La bienheureuse Galinée ensevelit son précieux corps.
Le crâne de saint Charalampe est conservé au monastère de Saint-Étienne des Météores. Les fragments de ses saintes reliques, dispersés en de nombreux endroits de Grèce et d’ailleurs, accomplissent chaque jour quantité de miracles, et ont rendu saint Charalampe, le plus âgé de tous les saints martyrs, particulièrement cher au peuple grec.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de saint Charalampe, ton 4
Tu fus l’inébranlable pilier; * pour l’Église du Christ * en toi, Charalampe, l’univers * trouve une lampe sans cesse allumée; * sur le monde, par le témoignage du martyre, tu as brillé, * dissipant les ténèbres des faux-dieux; * grâce au crédit que tu possèdes auprès de lui, * Bienheureux, prie le Christ * d’accorder à nos âmes le salut.
Kondakion de saint Charalampe, ton 4
Comme un trésor de grand prix * l’Église possède ton chef, * victorieux Athlète du Christ, * hiéromartyr Charalampe; * c’est pourquoi elle exulte, en glorifiant le Créateur.
Lectures de l’Ancien Testament
Isaïe I, 1-20
Prophétie d’Isaïe, fils d’Amots, sur Juda et Jérusalem, au temps d’Ozias, de Jotham, d’Achaz, d’Ézéchias, rois de Juda. Cieux, écoutez! terre, prête l’oreille! Car le Seigneur parle. J’ai nourri et élevé des enfants, Mais ils se sont révoltés contre moi. Le bœuf connaît son possesseur, Et l’âne la crèche de son maître: Israël ne connaît rien, Mon peuple n’a point d’intelligence. Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d’iniquités, A la race des méchants, aux enfants corrompus! Ils ont abandonné le Seigneur, ils ont méprisé le Saint d’Israël. Ils se sont retirés en arrière… Quels châtiments nouveaux vous infliger, Quand vous multipliez vos révoltes? La tête entière est malade, Et tout le cœur est souffrant. De la plante du pied jusqu’à la tête, rien n’est en bon état: Ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives, Qui n’ont été ni pansées, ni bandées, Ni adoucies par l’huile. Votre pays est dévasté, Vos villes sont consumées par le feu, Des étrangers dévorent vos campagnes sous vos yeux, Ils ravagent et détruisent, comme des barbares. Et la fille de Sion est restée Comme une cabane dans une vigne, Comme une hutte dans un champ de concombres, Comme une ville épargnée. Si le Seigneur des armées Ne nous eût conservé un faible reste, Nous serions comme Sodome, Nous ressemblerions à Gomorrhe. Écoutez la parole de le Seigneur, chefs de Sodome! Prête l’oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe! Qu’ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit le Seigneur. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis? Cessez d’apporter de vaines offrandes: J’ai en horreur l’encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s’associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; Quand vous multipliez les prières, je n’écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, Ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l’opprimé; Faites droit à l’orphelin, Défendez la veuve. Venez et plaidons! dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. Si vous avez de la bonne volonté et si vous êtes dociles, Vous mangerez les meilleures productions du pays; Mais si vous résistez et si vous êtes rebelles, Vous serez dévorés par le glaive, Car la bouche du Seigneur a parlé.
Genèse I, 1-13
Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était invisible et vide ; les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme, et l’Esprit de Dieu était porté sur les eaux. Et Dieu dit : Soit la lumière, et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Il sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière jour ; Il appela nuit les ténèbres. Et il y eut un soir, et il y eut un matin ; un jour. Dieu dit ensuite : Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux ; qu’il sépare les eaux des eaux ; et il en fut ainsi. Dieu créa le firmament, Il sépara les eaux qui étaient au-dessus du firmament, des eaux qui étaient au-dessous du firmament. Il appela le firmament ciel. Et Dieu vit que cela était bien. Et il y eut un soir, et il y eut un matin, et ce fut un deuxième jour. Après quoi Dieu dit : Que les eaux, au-dessous du ciel, soient réunies en un seul amas, et que la terre sèche apparaisse. Et il en fut ainsi : les eaux, au-dessous du ciel, furent réunies en un seul amas, et la terre sèche apparut. Dieu appela la terre sèche terre ; Il appela mers l’amas des eaux. Et Dieu vit que cela était bien. Et Dieu dit : Que la terre produise des plantes herbacées, portant semence selon les espèces et les similitudes, et des arbres fertiles en fruits, qui aient en eux les semences propres à chaque espèce sur la terre. Et il en fut ainsi. La terre produisit des plantes herbacées, portant semence selon les espèces et les similitudes, et des arbres fertiles en fruits ayant en eux les semences propres à chaque espèce sur la terre. Et Dieu vit que cela était bien. Et il y eut un soir, et il y eut un matin, et ce fut un troisième jour.
Proverbes I, 1-20 Proverbes de Salomon, fils de David, qui régna en Israël, pour faire connaître la sagesse et l’instruction ; pour apprendre les paroles de la prudence ; pour montrer les artifices des discours ; pour enseigner vraiment la justice, pour instruire à juger avec rectitude ; pour donner aux innocents la sagacité, aux jeunes gens la doctrine et l’intelligence. Car le sage qui les aura ouïs sera plus sage et l’homme entendu saura l’art de gouverner ; Il pénétrera la parabole et le sens voilé ;et les paroles des sages, et leurs énigmes ; La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse ; la prudence est bonne à tous ceux qui la mettent en pratique ;la piété envers Dieu est le principe de la sagesse ; les insensés méprisent la sagesse et l’instruction ; Écoute, mon fils, les instructions de ton père, et ne repousse pas la loi de ta mère ; et tu ajouteras une couronne de grâces à ta tête, et à ton cou un collier d’or. Mon fils, prends garde que les impies ne t’égarent ; ne leur donne pas ton consentement. S’ils t’exhortent, disant : Viens avec nous, prends part à un meurtre, cachons en terre injustement l’homme juste ; engloutissons-le tout vivant, comme dans l’enfer et effaçons de la terre tout souvenir de lui. Emparons-nous de ses richesses les plus précieuses et remplissons nos demeures de ses dépouilles. Mets ta part avec la nôtre ; faisons tous bourse commune et n’ayons qu’un trésor. Mon fils, ne va pas en leur voie ; éloigne ton pied de leurs sentiers ; car leurs pieds courent au mal, ils se hâtent pour répandre le sang ; en effet, ce n’est pas vainement qu’on tend des filets aux oiseaux. Mais ceux qui participent à un meurtre thésaurisent pour eux des malheurs ; et la chute des pervers est funeste. Telles sont les voies de tous les ouvriers d’iniquité ; par leur impiété, ils détruisent leur propre vie. La Sagesse chante dans les rues ; elle parle librement au milieu des places.
