14 février
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14 février

Semaine sans jeûne

Saint Auxence, ermite en Bithynie (vers 470) ; saint Lienne, disciple de saint Hilaire, prêtre, confesseur à Poitiers (308) ; saint Maron, ermite en Syrie (Vème s.) ; saint Abraham, évêque de Carrhé en Mésopotamie (Vème s.) ; saint Paulien, évêque du Puy (VIème s.) ; saint Louans, ermite près de Chinon (VIIème s.) ; saint Cyrille, apôtre des Slaves, égal aux apôtres (869) ; saint Isaac, reclus des Grottes de Kiev (vers 1190) ; translation des reliques de saint Michel de Tchernigov et de son conseiller Théodore (1245) ; saints Nicolas de Corinthe (1554) ; Damien de Philothéou (1568) et Georges le tailleur (1695), néomartyrs grecs ; saint Raphaël, évêque de Brooklyn (1915) ; saints nouveaux martyrs de Russie : hiéromartyr Onisime, évêque de Toula (1937) et Triphon (Radonejsky), diacre (1938).

SAINT AUXENCE

Saint Auxence - Orthodoxie.comPersan d’origine, saint Auxence était né en Syrie, où son père s’était réfugié sous la menace de la persécution de Sapor (Shâpûr) II. Au temps de Théodose le Jeune (408-450), il vint s’installer à Constantinople et obtint un grade dans la garde impériale. Estimé de l’empereur et apprécié par tous pour sa piété et pour la pureté de ses mœurs, il se lia d’amitié avec des hommes illustres pour leurs vertus et leur ascèse, comme saint Marcien, le futur Économe de la Grande Église [10 janv.], Anthime et Sittas, avec lesquels il passait ses jours dans le jeûne et la prière, et la nuit dans de saintes veilles, le visage baigné de larmes. Aussi souvent qu’il le pouvait, ils se rendaient ensemble à l’église Sainte-Irène, qui avait été bâtie par les soins de Marcien, pour y prendre part aux vigiles. Ils allaient aussi fréquemment dans le quartier de l’Hebdomon, pour recevoir l’enseignement d’un stylite réputé, Jean.

Comme la sainteté de vie d’Auxence et les miracles qu’il commençait déjà d’accomplir l’avaient rendu célèbre, il quitta la confusion du monde, et même ses amis, démissionna de l’armée terrestre pour s’enrôler dans les rangs de l’armée angélique et se retira au mont Oxeia, près de Chalcédoine, où il vécut, ignoré des hommes, revêtu d’une peau de poil, à l’exemple de saint Jean-Baptiste. Il fut cependant bientôt découvert par des enfants qu’il aida par miracle à retrouver leur troupeau égaré. Désireux de manifester leur reconnaissance, les parents des petits bergers bâtirent pour l’ascète une cellule près du sommet. Auxence fit cependant installer à l’extérieur une cage étroite, où il s’enfermait pour vaquer à la prière intérieure sans accorder aucun confort à son corps.

Les visiteurs affluèrent, de jour en jour plus nombreux, vers la cellule du saint, en vue de recevoir ses instructions ou pour obtenir par sa prière la guérison de leurs maux. Auxence n’entrait en communication avec eux qu’à certaines heures, au travers d’une petite fenêtre, et il commençait toujours l’entretien en les incitant à rendre gloire à Dieu. Le reste du temps, il invitait ses visiteurs à écouter du dehors les prières ou les lectures qu’il faisait à l’intérieur. Lui-même éprouvé par une lutte quotidienne et sans merci contre les démons, il avait acquis le pouvoir de les chasser des possédés qui venaient demander le secours de ses prières. C’est ainsi qu’il délivra, au bout de trois jours de combat soutenu, une jeune fille qui avait été possédée à la suite de l’incrédulité de son père. Une autre fois, il guérit une dame de Nicomédie aveugle en lui touchant les yeux et en disant: « Que le Christ, la vraie Lumière, te guérisse ! » Et quantité de miracles semblables étaient ainsi accomplis par Dieu à la prière de son serviteur.

Au bout de dix années, lorsque l’empereur Marcien réunit le IVe Concile Œcuménique à Chalcédoine pour condamner l’hérésie d’Eutychès (451), il ordonna au célèbre ermite de se joindre à l’assemblée des saints Pères pour l’examen de la foi et la compréhension exacte des saints dogmes. Par humilité, Auxence refusa de se rendre au concile, en disant que l’enseignement doctrinal est l’affaire des évêques et non des moines. Comme il refusait de suivre les envoyés de l’empereur, ceux-ci commencèrent à mettre en doute son orthodoxie et envoyèrent des ouvriers pour ouvrir de force sa cage. Mais ceux-ci travaillèrent en vain. Après avoir fait une ferme confession de foi, le saint leur demanda de se mettre en prière. Il fit le signe de la Croix et, après qu’il eut répété à trois reprises : « Dieu soit béni ! » la cage s’ouvrit sans peine, et il accepta de les suivre. Son corps était cependant si exténué par les austérités qu’il fallut le transporter sur un chariot. En chemin, il délivra plusieurs possédés.

Quand ils parvinrent au monastère de Philée, Auxence fut enfermé dans une cellule comme un criminel. De là, il fut transféré au monastère de saint Hypatios [17 juin], dans les faubourgs de Chalcédoine, où les moines le reçurent avec une extrême allégresse. L’empereur le convoqua au palais de l’Hebdomon, il le traita avec le plus grand respect et le pressa de donner son adhésion au Concile de Chalcédoine. Auxence, qui ignorait de quoi il avait été précisément question au Concile, lui promit de l’approuver s’il n’avait rien de contraire à la Foi des Pères de Nicée et s’il avait proclamé correctement le mystère de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, de la Toute-Sainte et toujours Vierge Mère de Dieu. À ces mots, l’empereur plein de joie lui baisa la tête et l’envoya avec de grands honneurs à la Grande Église, où le patriarche lui fit lire les décisions du Concile. Le saint les approuva de tout cœur, en louant Dieu, puis il retourna au monastère des Roufianes.

De là, il ne revint pas au mont Oxeia, mais alla s’installer sur une montagne plus sauvage et plus retirée, le mont Skopa, qui reçut par la suite le nom de Mont Saint-Auxence, et devint un centre réputé du monachisme byzantin. Ses disciples lui construisirent une nouvelle cage de planches avec seulement une petite fenêtre pour s’entretenir avec les visiteurs qui ne tardèrent pas à affluer. Les démons, craignant la puissance de sa prière, se rassemblèrent eux aussi là en masse, et l’assaillaient en le frappant jusqu’à lui en faire perdre la voix. Mais le bienheureux leur ripostait sans trouble, avec le signe de la Croix, et brillait ainsi de jour en jour davantage, comme un luminaire placé sur la montagne.

Aux visiteurs qui venaient à lui du monastère des Roufinianes ou de plus loin, il prescrivait de chanter quelques hymnes forts courts de sa composition, qui joignaient la beauté de l’expression poétique à l’utilité de l’âme. Il exhortait souvent ses visiteurs jusqu’au soir sur la pratique des vertus et le renoncement aux vains plaisirs du corps ; puis, la nuit venue, après leur avoir offert une sobre réfection, il les renvoyait en paix. Il n’acceptait pas d’emblée les pèlerins qui demandaient à se consacrer, sous sa direction, à la vie monastique, mais il leur offrait une tunique de crin ou de peau qu’il avait portée, en leur disant : « Va, frère, là où le Seigneur te conduira ! » Pour les autres chrétiens, il les encourageait à passer la nuit qui précède le dimanche en veille et à chômer, non seulement le jour du Seigneur, en honneur de la Résurrection, mais à passer aussi le vendredi dans le jeûne et la prière, en mémoire de la Passion vivifiante.

Un samedi, alors qu’il ouvrait la fenêtre de sa cage, il annonça à ceux qui étaient présents la mort de saint Syméon Stylite, la colonne de l’Église. Ses disciples notèrent le jour et l’heure, et ils purent constater par la suite que le fameux stylite était effectivement mort à ce moment précis, près d’Antioche.

Une pieuse femme, dame de compagnie de l’impératrice Pulchérie, venait souvent auprès du saint pour le supplier de la revêtir de l’Habit monastique. Auxence finit par se soumettre à la volonté de Dieu et lui indiqua un endroit, au pied de la montagne, pour mener la vie ascétique. D’autres femmes de toutes conditions ne tardèrent pas à se joindre à elle, jusqu’à atteindre le nombre de soixante-dix. Le saint se vit contraint de leur faire bâtir une église et d’organiser un monastère qui reçut le nom de Trichinaréa, probablement à cause des grossières tuniques de crin qu’Auxence leur faisait revêtir. Chaque vendredi et chaque dimanche, il faisait venir les moniales pour les exhorter à persévérer dans les combats de la virginité, non seulement du corps mais surtout de l’âme. Il se rendait parfois lui-même auprès d’elles parcourant, malgré sa vieillesse et ses infirmités, le chemin escarpé qui menait au monastère avec la sveltesse d’un jeune homme.

Un jour qu’il était parti inspecter les nouvelles constructions du couvent, il éleva d’ardentes prières à Dieu pour la bénédiction de la communauté et, de retour à sa cellule, il fut atteint d’une maladie qui l’emporta vers la patrie céleste en peu de jours (14 février 470). On accourut en grande foule, des villes et des déserts, pour ses funérailles. Les moines de Saint-Hypatios voulurent conserver ses précieuses reliques porteuses de grâce, mais elles revinrent finalement à ses filles spirituelles.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Auxence, ton 1

Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un ange, * tes miracles te signalèrent, Père Auxence porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui, par tes prières, opère en tous le salut.

Kondakion de saint Auxence, ton 2

Toi qui fis de la tempérance ta volupté * et refrénas les appétits de la chair, * tu as montré ta croissance dans la foi * et comme un arbre tu as fleuri au milieu du Paradis, * vénérable Auxence, Père aux-divines-pensées.

ÉPITRE DU JOUR

1 Pierre IV, 12 – V, 5

Ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Que nul de vous, en effet, ne souffre comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme s’ingérant dans les affaires d’autrui. Mais si quelqu’un souffre comme chrétien, qu’il n’en ait point honte, et que plutôt il glorifie Dieu à cause de ce nom. Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il commence, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? Et si le juste se sauve avec peine, que deviendront l’impie et le pécheur ? Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leurs âmes au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien. Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée : Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. De mêmes, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable.

ÉVANGILE DU JOUR

Mc XII, 38-44

Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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