17 avril
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GRAND VENDREDI

Saint Siméon, évêque de Perse, avec saints Abdelaüs et Ananias, prêtres, l’eunuque Husdazate, Azate avec leurs 1150 autres compagnons, tous martyrs en Perse (vers 344); saint Adrien, martyr (251) ; saint Acace, évêque de Mélitène (vers 435) ; saint Agapit, pape de Rome (536) ; saint Pantagathe, évêque de Vienne (540) ; saint Landry, évêque de Meaux (675) ; saint Wandon, abbé de Fontenelle (756) ; saint Éphrem le majeur de Matskvéra (IXème s, Géorgie); saint Zosime, abbé de Solovki (1478) ;  saint Macaire, évêque de Corinthe (1805) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Novitsky), confesseur, prêtre (1935), hiéromartyr Théodore (Nedosekine), prêtre (1942).

HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME

SUR LE GRAND VENDREDI

 

Aujourd’hui Notre-Seigneur Jésus-Christ est sur la Croix, et nous sommes en fête pour vous apprendre que la Croix est un sujet de fête et de réjouissance spirituelle. Autrefois, la croix était le symbole de la condamnation, maintenant elle est devenue un signe d’honneur. Auparavant, c’était un instrument de mort, aujourd’hui c’est la cause du salut. En effet, elle a été pour nous la source de biens innombrables : c’est elle qui nous a délivrés de l’erreur, qui nous a éclairés alors que nous étions dans les ténèbres; vaincus par le démon, elle nous a réconciliés avec Dieu; ennemis, elle nous a rendus amis; éloignés, elle nous a rapprochés. Elle est la destruction de l’inimitié, la garantie de la paix, et le trésor de tous les biens. Grâce à elle, nous n’errons plus dans les déserts, car nous connaissons la véritable voie ; nous n’habitons plus hors du royaume, nous avons trouvé la porte, nous ne craignons plus les traits enflammés du démon, nous avons aperçu une source rafraîchissante. Par la Croix, nous ne sommes plus dans le veuvage, nous avons reçu l’Époux, nous ne redoutons pas le loup, nous avons le bon Pasteur : Je suis le bon Pasteur, dit-Il. (Jean, X, 11.) Par elle nous ne craignons pas le tyran, nous sommes à côté du roi, et voilà pourquoi nous sommes en fête en célébrant la mémoire de la Croix. De même, autrefois, saint Paul ordonna de solenniser la fête de la Croix : Célébrons cette fête, dit-il, non avec le vieux levain, mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité. (I Cor. V, 8.) Et pour donner les motifs de son exhortation, il ajoute : Parce que le Christ, notre pâque, a été immolé pour nous. Voyez-vous pourquoi il ordonne de célébrer une fête à cause de la Croix? C’est parce que le Christ a été immolé sur la Croix; parce que là où est le sacrifice, là aussi se trouve l’abolition des péchés, là aussi la réconciliation avec le Seigneur, là enfin la fête et la joie : Le Christ, notre pâque, a été immolé pour nous. Où, je vous le demande, a-t-il été immolé? Sur un gibet élevé. L’autel de ce sacrifice est nouveau, parce que le sacrifice lui-même est nouveau et prodigieux. Le même Christ était prêtre et victime : victime selon la chair, prêtre selon l’esprit. Il offrait et il était offert selon la chair. Apprenez comment saint Paul annonce ces deux choses : Tout pontife, dit-il, est pris d’entre les hommes et est établi pour les hommes ; c’est pourquoi il est nécessaire qu’il ait quelque chose qu’il puisse offrir. Notre-Seigneur s’offre lui-même. (Héb. VI, 1 ;  VIII, 3.) Ailleurs encore, il dit : Jésus-Christ a été offert une fois pour effacer les péchés de plusieurs, et la seconde fois il apparaîtra pour le salut de ceux qui l’attendent. (Héb. IX, 28.) Il a été offert d’abord, puis il s’est offert. Voyez-vous comment il a été victime et prêtre, et comment la Croix a été son autel? Et pourquoi, direz-vous, la victime est-elle offerte hors de la ville et des murailles et non dans le temple? C’était pour l’accomplissement de cette parole : Il a été mis au nombre des scélérats. (Isaïe, LIII, 12.) Pourquoi est-elle immolée sur un gibet élevé et non sous un toit? Pour purifier l’air : c’est la raison par laquelle il choisit un lieu élevé d’où il ne soit pas dominé par un toit, mais par le ciel seul. L’air était purifié, puisque l’agneau était immolé en haut lieu, la terre l’était également, car elle était arrosée par le sang qui coulait de son côté. Il ne voulut pas être sous un toit ni dans le temple des Juifs, dans la crainte que ces derniers ne s’appropriassent exclusivement cette victime, et qu’on ne crût qu’elle était offerte seulement pour leur nation. Ce fut en dehors de la ville et des murailles, pour nous apprendre que c’était un sacrifice universel, une oblation pour la terre entière; enfin, une purification générale et non particulière comme celle qui avait lieu chez les Juifs. Dieu ordonna aux Juifs de venir de tous les points de la terre pour lui offrir des victimes et des prières dans un seul lieu, parce que toute la terre était souillée par la fumée, l’odeur et toutes les autres impuretés des sacrifices des païens répandus à sa surface. Nous, au contraire, nous pouvons prier en tout lieu depuis que le Christ par sa venue a purifié l’univers. C’est pourquoi saint Paul exhortait en ces termes les fidèles à prier partout sans crainte : Je veux que les hommes prient en tout lieu, levant des mains pures. (I Tim. II, 8.) Comprenez-vous que l’univers a été purifié, puisqu’en tout lieu on peut lever des mains, pures? que toute la terre a été sanctifiée, et rendue plus sainte que n’était l’intérieur des temples, puisqu’on n’y offrait qu’un animal, saris intelligence, tandis que nous avons une victime spirituelle. — Or, la sanctification est d’autant plus complète que le sacrifice est d’un plus grand prix.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du saint et grand Vendredi, ton 8

Tandis qu’à la Cène, au Lavement des pieds, / les glorieux disciples étaient emplis de lumière, / Judas l’impie, malade d’avarice, se couvrait de ténèbres / et aux juges iniques il te livrait, toi le juste Juge. / Vois donc, toi qui t’attaches aux richesses, / comment à cause d’elles il s’est pendu ! / Fuis l’âme insatiable qui osa un tel crime contre le Maître.// Toi qui es bon envers tous, Seigneur, gloire à toi.

 

Kondakion du saint et grand Vendredi, ton 8

Venez, chantons tous Celui qui a été crucifié pour nous ; / car Marie le vit sur le bois et dit : // Même si Tu endures la croix, Tu es mon fils et mon Dieu.                                                                                                                                                             

 

ÉPITRE DES VÊPRES 

I Cor. I, 18 – II, 2

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage? Où est le scribe? Où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption, afin, comme il est écrit, Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur. Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.

 

 

ÉVANGILE DES VÊPRES 

(Matth. XXVII, 1-38 ; Lc XXIII, 39-43 ; Matth. XXVII, 39-54 ; Jn XIX, 31-37 ; Matth. XXVII, 55-61)

 

Dès que le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, pour le faire mourir. Après l’avoir lié, ils l’emmenèrent, et le livrèrent à Ponce Pilate, le gouverneur. Alors Judas, qui l’avait livré, voyant qu’il était condamné, se repentit, et rapporta les trente pièces d’argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, en disant: J’ai péché, en livrant le sang innocent. Ils répondirent: Que nous importe? Cela te regarde. Judas jeta les pièces d’argent dans le temple, se retira, et alla se pendre. Les principaux sacrificateurs les ramassèrent, et dirent: Il n’est pas permis de les mettre dans le trésor sacré, puisque c’est le prix du sang. Et, après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour la sépulture des étrangers. C’est pourquoi ce champ a été appelé champ du sang, jusqu’à ce jour. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: Ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël; et il les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné. Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens. Alors Pilate lui dit: N’entends-tu pas de combien de choses ils t’accusent? Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur. A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ? Car il savait que c’était par envie qu’ils avaient livré Jésus. Pendant qu’il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire: Qu’il n’y ait rien entre toi et ce juste; car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent à la foule de demander Barabbas, et de faire périr Jésus. Le gouverneur prenant la parole, leur dit: Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche? Ils répondirent: Barabbas. Pilate leur dit: Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle Christ? Tous répondirent: Qu’il soit crucifié! Le gouverneur dit: Mais quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Qu’il soit crucifié! Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit: Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. Et tout le peuple répondit: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! Alors Pilate leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié. Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d’un manteau écarlate. Ils tressèrent une couronne d’épines, qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s’agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant: Salut, roi des Juifs! Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête. Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier. Lorsqu’ils sortirent, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, appelé Simon, et ils le forcèrent à porter la croix de Jésus. Arrivés au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel; mais, quand il l’eut goûté, il ne voulut pas boire. Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète: Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. Puis ils s’assirent, et le gardèrent. Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. Avec lui furent crucifiés deux brigands, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche. L’un des malfaiteurs crucifiés l’injuriait, disant: N’es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous! Mais l’autre le reprenait, et disait: Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes; mais celui-ci n’a rien fait de mal. Et il dit à Jésus: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui répondit: Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Les passants l’injuriaient, et secouaient la tête, en disant: Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix! Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S’il est roi d’Israël, qu’il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il s’est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu. Les brigands, crucifiés avec lui, l’insultaient de la même manière. Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani? C’est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent: Il appelle Élie. Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, qu’il remplit de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire. Mais les autres disaient: Laisse, voyons si Élie viendra le sauver. Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l’esprit. Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes. Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande frayeur, et dirent: Assurément, cet homme était Fils de Dieu. Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, -car c’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu’il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. Ces choses sont arrivées, afin que l’Écriture fût accomplie: Aucun de ses os ne sera brisé. Et ailleurs l’Écriture dit encore: Ils verront celui qu’ils ont percé. Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin; qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Le soir étant venu, arriva un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph, lequel était aussi disciple de Jésus. Il se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Et Pilate ordonna de le remettre. Joseph prit le corps, l’enveloppa d’un linceul blanc, et le déposa dans un sépulcre neuf, qu’il s’était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du sépulcre, et il s’en alla. Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre.

SAINT SIMÉON, ÉVÊQUE DE PERSE

17 avril

Lorsque, sous le règne de Sapor (Shâpûr) II (309-378), les chrétiens commencèrent à devenir nombreux et influents en Perse, les mages de la religion mazdéenne, craignant pour leurs privilèges et jaloux de ces succès, les accusèrent auprès du roi des rois de comploter contre lui avec l’empereur romain. En 340, Sapor, ayant besoin d’importantes sommes d’argent pour mener une campagne contre les Romains, fit lever un double impôt sur les chrétiens, en sorte que, forcés par l’indigence et par la cruauté des percepteurs, ceux-ci finissent par renier leur religion. Le bienheureux Siméon Bar Sabbaé, évêque de Séleucie et Ctésiphon, la capitale de l’Empire, et métropolitain de toute l’Église de Perse, refusa de se soumettre à cet édit, et il écrivit au souverain en ces termes : « Jésus est le Roi des rois. Il ne vous est pas possible de nous asservir. Nous sommes des hommes libres, et nous ne serons pas les esclaves des hommes. Notre Dieu est aussi votre Maître. Il est le créateur du soleil et du feu que vous adorez comme dieux. Nous ne pouvons donc pas adorer ses créatures. Il nous a recommandé : Ne portez ni or ni argent dans vos ceintures. Nous n’avons pas d’or à vous fournir, ni d’argent pour vous payer l’impôt. » En recevant cette lettre, le roi s’irrita et, poussé par ses courtisans, il ordonna de passer au fil de l’épée les prêtres et serviteurs de Dieu, de détruire les églises, de livrer les objets sacrés à l’usage profane et de traduire en justice Siméon, comme ayant trahi le royaume de Perse en entretenant des relations avec les Romains.

Tandis que les mages, avec le concours des Juifs, détruisaient les églises, saint Siméon fut capturé, en compagnie de deux de ses prêtres les plus âgés, Abdhaïkla et Hannanie, et fut traîné chargé de chaînes devant Sapor à Karka-de-Lédan, la résidence royale. Parvenu à l’entrée de la salle d’audience, l’évêque ne fit pas le geste ordinaire d’adoration du souverain. Sapor s’en irrita et lui en demanda la raison, alors qu’il s’y soumettait auparavant. « C’est que, jusqu’à présent, je suivais les usages revenant à la majesté royale, sans être sollicité, comme maintenant, de trahir mon Dieu qui est le vrai », répondit le prélat.

Le roi abandonna les chefs d’accusation que les mages proféraient avec haine, pour proposer à l’évêque toute sa faveur s’il adorait le soleil. « Moi je ne t’ai pas adoré, répliqua Siméon, alors que tu es plus excellent que le soleil, car tu possèdes âme et intelligence. Comment pourrais-je adorer le soleil qui est sans âme ? Il n’y a qu’un seul Dieu, Jésus-Christ, mort sur la Croix ! Il est le maître du soleil et le Créateur des hommes. Lorsqu’Il souffrit entre les mains de ses ennemis, le soleil qu’Il a créé prit le deuil, comme un serviteur quand meurt son maître. Mais, le troisième jour, Il est ressuscité dans la gloire du ciel. » Le roi le menaça de faire périr des milliers de chrétiens à cause de son obstination. Siméon répondit : « Si tu verses le sang innocent, comme tu l’annonces, tu en rendras compte au jour du Jugement. Je sais simplement que les victimes régneront grâce à leur mort ; mais leur condamnation sera ta mort. Pour ce qui est de ma vie, prends-la tout de suite, par le genre de mort qui plaira à ta volonté perverse ! »

Sapor le fit ramener en prison, jusqu’au lendemain, dans l’espoir de le voir changer d’opinion. À la porte du palais, se tenait un eunuque âgé, Ustazad, qui avait été précepteur du roi et jouissait de la dignité de maître du palais. Il était chrétien, mais, pendant la persécution, il s’était soumis aux instances du roi et avait adoré le soleil. En voyant l’évêque, il le salua respectueusement, mais Siméon détourna son visage avec répulsion et passa son chemin. Cette attitude fit revenir Ustazad à lui-même, il rentra chez lui en pleurant et changea ses vêtements de cour en habits de deuil. Sapor, apprenant la chose, fit convoquer l’eunuque et lui demanda la raison de son attitude. « J’ai pris le deuil, dit-il, parce que j’ai manqué de loyauté à l’égard de Dieu et de ta majesté. C’est pour te faire plaisir, en effet, et non par conviction que j’ai fait semblant d’adorer le soleil ; aussi est-il doublement juste que je meure : et pour avoir trahi le Christ et pour t’avoir trompé. Je suis chrétien, je ne renierai plus désormais le vrai Dieu ! » Irrité au plus haut point, le monarque ordonna de lui trancher la tête sans retard. Tandis qu’il était sur le chemin du supplice, Ustazad demanda une dernière faveur, au nom du service loyal qu’il avait rendu au roi pendant tant d’années. Et il obtint qu’un héraut proclamât à tout vent que s’il était condamné à mort, ce n’était pas pour avoir commis quelque crime, mais simplement parce qu’il était chrétien. Il périt sous le glaive le Grand Jeudi (341).

Quand Siméon apprit cette nouvelle dans sa prison, il fut tout heureux et rendit gloire au Christ qui relève les morts, convertit les pécheurs et rend l’espérance aux désespérés, et il pria Dieu de hâter l’heure de sa délivrance. Debout toute la nuit du Grand jeudi, les mains levées vers le ciel et le visage ayant l’éclat d’une rose, il priait en ces termes : « Agrée, Seigneur Jésus, qu’en ce jour et à l’heure de ta mort, je sois jugé digne de boire ton calice ! Les fautes de mes pas seront guéries en toi, ô Route de vérité ; les fatigues de mes membres trouveront en toi le repos, ô Christ, Huile de nos onctions sacrées. En toi la tristesse de mon âme disparaît. Tu es la coupe de mon salut ; les larmes de mes yeux seront séchées par toi, ô notre consolation et notre joie ! »

Le lendemain, Grand Vendredi, à la troisième heure, on tira le saint de son cachot pour l’amener devant le roi, qui le somma encore une fois d’adorer le soleil, mais vainement. « Hâte-toi de me condamner, lui dit Siméon, il est temps que je prenne part au festin. La table est prête et ma place est désignée. » En prononçant ces paroles, il se tenait noble, majestueux et le visage radieux, si bien que le souverain ne put s’empêcher de l’admirer ; mais, pressé par les mages et par les notables, il le condamna à périr le jour même par le glaive.

Une centaine d’évêques, prêtres, diacres et moines étaient alors entassés dans les prisons de la ville. Sur l’ordre du roi, le chef des mages leur proposa d’avoir la vie sauve s’ils adoraient le dieu-soleil. Tous répondirent d’une voix forte et unanime : « La mort est peu de chose en comparaison de notre foi. Donner notre vie n’est rien, en regard de notre amour pour le Christ ! » L’ordre fut alors donné de tous les exécuter sous les yeux de Siméon. Mais, loin d’être ébranlé par ce spectacle, le bienheureux les encourageait, comme la mère des frères Maccabées (2 Mac 7), en disant : « Soyez vaillants, frères, confiez-vous à Dieu et soyez sans crainte. Le Seigneur a été mis à mort et Il vit. Quand vous serez morts comme lui, vous vivrez auprès de lui. Maintenant la mort est à l’œuvre, mais sachez-le, bien-aimés, notre mort se changera en vie éternelle, tandis que cette vie se change en mort éternelle pour celui qui renie Dieu. Nous donnons notre sang et lui nous donne son Royaume, avec la joie et le repos. »

Ils ne restaient plus en vie que Siméon et les deux vieux prêtres qui l’accompagnaient. Tandis qu’on dépouillait Hannanie de ses vêtements pour l’attacher, il se mit à trembler à la vue du glaive. Pusaïk , l’intendant de tous les artisans du royaume, homme puissant et respecté, qui se tenait là, s’écria : « Ne tremble pas Hannanie, ne tremble pas ! Lève un peu les yeux et tu verras la lumière du Christ ! » Il fut aussitôt saisi par les gardes et traîné devant le roi offusqué de voir un de ses favoris prendre parti pour les chrétiens. Aux questions de Sapor, Pusaïk répondit : « Oui, je suis chrétien, et je préfère leur mort et je répudie tes honneurs, car cette mort est signe de joie. » Fou de rage, Sapor ordonna qu’on l’exécute de manière particulièrement cruelle. On l’égorgea et on lui arracha la langue au travers du cou, puis on exécuta sa fille qui était, elle aussi, chrétienne.

L’heure de son supplice étant arrivée, saint Siméon pria pour la conversion de ses bourreaux, il demanda au Seigneur de bénir les villes d’Orient qu’Il lui avait confiées et de garder sous sa protection les fidèles jusqu’à la fin de la persécution. Sa tête tomba sous le glaive, conformément à son vœu, le Grand Vendredi, à la neuvième heure. On raconte qu’à ce moment, l’obscurité envahit la terre perse et que les spectateurs furent saisis d’une grande frayeur. Des chrétiens ensevelirent de nuit les corps des bienheureux martyrs et, par la suite, saint Maruthas fit transférer ces reliques dans sa cité épiscopale qui prit le nom de Martyropolis [16 fév.].

Le martyre du catholicos de Perse marqua le début d’une persécution générale. Pendant dix jours, les mages païens, profitant de l’emportement du roi des rois pour assouvir leur haine et satisfaire leurs rancunes personnelles, massacrèrent aveuglément tous les chrétiens qu’ils trouvaient, jusque dans le palais. Lorsque Sapor apprit qu’on avait mis à mort son eunuque préféré, Azat, il en fut tellement affligé qu’il ordonna de faire cesser ce massacre public, pour n’exécuter que les évêques et les prêtres. La persécution continua ainsi, à l’égard des clercs et des moines, pendant près de quarante ans, jusqu’à la mort de Sapor II (379) ; mais elle orna de joyaux incorruptibles la robe nuptiale de l’Église de Perse.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de St Siméon ton 4

Annonciateur des divins enseignements, tu as entraîné à la lutte sacrée, par tes paroles et ta vie, une armée de Témoins; avec eux, pontife Siméon, tu as lutté et tu es monté vers le Christ, t’écriant avec eux: Comme brebis d’abattoir, voici que pour toi, Sauveur, nous sommes comptés.

Kondakion de St Siméon ton 4

Depuis la Perse tu brillas comme étoile du matin, bienheureux Siméon, faisant lever sur nous comme astres nouveaux une armée de saints Martyrs dignes d’être acclamés avec toi.

 

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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17 mai (ancien calendrier) / 30 mai (nouveau) Vivre avec l'Église 105424

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR Tropaire de la fête, ton 4 Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promes...