19 décembre (ancien calendrier) / 1er janvier (nouveau)

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19 décembre (ancien calendrier) / 1er janvier (nouveau)

Carême de la Nativité

Saint Boniface, martyr en Cilicie (290) ; saints Élie, Probus et Ares, martyrs égyptiens (308) ; sainte Prothasie, vierge, martyre à Senlis (282) ;  saints Polyeucte et Timothée, diacres, martyrs (IVème s.) ; saint Boniface le Miséricordieux, évêque de Florence (VIème s.) ; saint Grégoire, évêque d’Auxerre (530) ; saint Grégence, évêque de Safar (552) ; saint Adjut (ou Avit), abbé près d’Orléans (525) ; saint Ribier, abbé de Saint-Oyend (VIIIème s.) ; saint Élie des Grottes de Kiev (1188).

SAINT MARTYR BONIFACE

19 décembreSaint Boniface était esclave au service d’une riche dame romaine, nommée Aglaïs, fille du proconsul de la capitale, au temps de l’empereur Dioclétien (284-305). Intendant chargé de la gestion de la grande fortune de sa maîtresse, il menait une vie de débauche, conforme aux mœurs dissolues des Romains de cette époque. Tout adonné à l’ivrognerie et à la fornication, il était tombé dans le péché avec Aglaïs, et semblait ne pas en éprouver de remords. Mais il était toutefois bon et généreux, pratiquait avec largesse l’hospitalité pour les étrangers et distribuait avec compassion de nombreuses aumônes aux pauvres.

Au bout de quelques années d’une telle conduite, Aglaïs, tourmentée par les reproches de sa conscience et par la crainte d’avoir à rendre un jour compte à Dieu de ses péchés, entendit dire par des chrétiens que celui qui sert et honore les reliques des saints martyrs bénéficiera de leur intercession auprès de Dieu et obtiendra le pardon de ses péchés. Remplie d’espérance, elle convoqua alors Boniface et le chargea de se rendre en Asie Mineure, là où les chrétiens souffraient la persécution, pour acquérir à prix d’argent des saintes reliques et les ramener à Rome. Encore insensible aux choses de Dieu, son serviteur et amant reprit en se moquant : « Et si je te ramène mon propre corps en guise de relique, m’honoreras-tu comme un saint ? » — « Le temps n’est plus à la plaisanterie, reprit Aglaïs sur un ton de reproche. Secoue ton ivresse et hâte-toi de faire tes préparatifs pour ce voyage, car, moi la pécheresse, j’attends avec impatience ton retour pour obtenir de Dieu le pardon. »

Parvenu à Tarse, en Cilicie, à la tête d’une nombreuse escorte qui emportait avec elle une grande quantité d’or et tout ce qui est nécessaire pour embaumer et transporter avec éclat les restes des saints, Boniface se rendit sur-le-champ à l’amphithéâtre, où il assista avec stupeur aux tourments d’une vingtaine de martyrs. L’un avait les membres écartelés entre quatre poteaux, l’autre était suspendu la tête en bas, sur d’autres les bourreaux s’acharnaient à coups de fouets ou leur déchiraient les côtes avec des crochets de fer. Mais tous restaient imperturbables et montraient une telle constance que le courtisan débauché sentit son cœur fondre en lui. Il tomba en pleurs à leurs pieds, baisa avec respects leurs liens et, après avoir demandé l’assistance de leurs prières, il déclara publiquement que lui aussi était désormais disciple du Christ. Traduit devant le tribunal du gouverneur, il repoussa avec dégoût le culte des idoles et confessa hardiment le Sauveur. Puis il fut ramené vers le cirque où, grâce à la prière des saints, il endura toutes sortes de supplices avec l’impassibilité de quelqu’un qui est déjà comme sorti du corps et étranger au monde. On lui enfonça des roseaux effilés sous les ongles, on lui fit couler du plomb fondu dans la bouche, on le plongea dans un chaudron rempli de goudron bouillant, mais il resta invincible dans tous ces supplices. Le lendemain, l’athlète du Christ reçut avec joie l’annonce de la sentence de mort. S’étant revêtu du signe de la Croix, il adressa au Seigneur, avant d’être décapité, une fervente prière pour l’affermissement du peuple chrétien affligé et pour que sa mort lui procure la rémission de ses péchés et l’entrée dans la joie éternelle.

Ses compagnons de voyage, pensant tout d’abord que, selon son habitude, Boniface devait se trouver dans quelque taverne ou autre lieu de débauche, commencèrent à s’inquiéter de son absence prolongée, et ils partirent à sa recherche. Ils rencontrèrent en ville le frère du bourreau, qui leur apprit que, la veille, on avait exécuté un Romain qui semblait répondre au signalement de leur compagnon. Quoiqu’il leur semblât impossible que le martyr en question fût Boniface, ce ripailleur, ils se précipitèrent à l’amphithéâtre et trouvèrent avec stupéfaction son saint corps qu’ils achetèrent pour cinquante livres d’or et qu’ils transportèrent avec grands honneurs à Rome.

Un ange du Seigneur apparut alors à Aglaïs et lui dit : « Lève-toi pour aller au-devant de celui qui était ton serviteur et ton compagnon de débauche, et qui maintenant est devenu notre frère. Reçois-le comme ton maître, car, grâce à lui, tous tes péchés vont être remis ». Au comble de la joie, elle rassembla un brillant cortège pour accueillir, conformément à sa prophétie involontaire, le corps de saint Boniface à quelque distance de Rome. Par la suite, elle fit édifier en ce lieu une belle et vaste église en son honneur, où se sont accomplis de nombreux miracles au cours des siècles. Quant à elle, renonçant au monde et à ses vains honneurs, elle distribua sa fortune aux pauvres et s’adonna dès lors à l’ascèse et à la prière, tant et si bien qu’elle acquit le pouvoir de faire des miracles. Elle s’endormit, treize années plus tard, dans la paix du Seigneur, avec l’assurance que les souillures de sa vie passée avaient été effacées grâce à l’intercession de saint Boniface.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Boniface, ton 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint martyr Boniface, ton 4

Tu as voulu t’offrir toi-même en victime sans défaut * à celui qui pour toi va naître d’une Vierge immaculée, * saint martyr Boniface couronné dans le ciel.

ÉPÎTRE DU JOUR

Jacques III, 1-10

Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu’un ne bronche point en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride. Si nous mettons le mors dans la bouche des chevaux pour qu’ils nous obéissent, nous dirigeons aussi leur corps tout entier. Voici, même les navires, qui sont si grands et que poussent des vents impétueux, sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du pilote. De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt. La langue aussi est un feu; c’est le monde de l’iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne. Toutes les espèces de bêtes et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, sont domptés et ont été domptés par la nature humaine; mais la langue, aucun homme ne peut la dompter; c’est un mal qu’on ne peut réprimer; elle est pleine d’un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi.

ÉVANGILE DU JOUR

Mc X, 2-12

Les pharisiens l’abordèrent; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudiée sa femme. Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse? Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme; c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

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Emma Cazabonne was born and raised in France. She taught English before entering the Cistercian Order. She translated and published articles relevant to her interest in Cistercian spirituality, the Middle Ages, and Orthodoxy. She moved to the United States in 2001, converted to Orthodoxy in 2008, and married. Her husband is an Orthodox priest. She continued to publish articles, a Cistercian texts anthology, then finally launched her career in literary translation, while teaching French. If you are interested in having your book translated into French, she can be contacted here https://wordsandpeace.com/contact-me/