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25 janvier (ancien calendrier)/7 février (nouveau)

Saint Grégoire le Théologien, archevêque de Constantinople (389) ; sainte Félicité et ses sept fils : Janvier, Félix, Philippe, Sylvain, Alexandre, Vital et Martial (vers 164) ; saint Publius, abbé de Zeugma en Syrie (vers 380) ; saint Mar, chantre en Syrie (vers 430) ; saint Racho, évêque d’Autun (vers 660) ; saint Prix, évêque de Clermont, et saint Amarin, abbé, martyrs (676) ; saint Moïse, archevêque de Novgorod (1362) saint Auxence de Constantinople, néo-martyr grec (1720) ; saint Anatole l’Ancien, d’Optino (1894) ; saints néo-martyrs de Russie : Vladimir, métropolite de Kiev (1918) ; Pierre, archevêque de Voronège (1929) ; Basile, évêque de Priloutsk (1930) ; Étienne (Gratchev), prêtre, Boris, martyr (Zavarine) (1938).

SAINTE GRÉGOIRE LE THÉOLOGIEN

Saint Grégoire le Théologien, archevêque de Constantinople (389)

Saint Grégoire, cet homme à l’âme céleste et à la bouche sanctifiée par le feu du Saint-Esprit, a pénétré si profondément dans les mystères de Dieu qu’entre tous les Pères il a été jugé digne du titre de « Théologien », comme Jean, le Disciple Bien-aimé : c’est-à-dire non celui qui fait profession d’enseigner les dogmes, mais celui qui, après s’être purifié, a été uni à Dieu par la grâce et qui se tourne ensuite vers le peuple, tel Moïse, pour lui transmettre les oracles divins et lui communiquer la lumière. Comme saint Basile et saint Jean Chrysostome, sa vie dépasse largement les limites d’une simple biographie et se présente plutôt à nous comme un prototype de la sainteté chrétienne, et ses œuvres immortelles, insurpassables en beauté et en profondeur, constituent le plus digne ornement de l’Épouse du Verbe de Dieu.

Son père, saint Grégoire l’Ancien [1er janv.], homme sage et vertueux, s’était d’abord égaré dans la secte des hypsistariens ; puis, converti grâce à la patience et à la prière de son épouse sainte Nonne [5 août], il devint évêque de Nazianze, la petite ville de Cappadoce proche de leur propriété familiale d’Arianze. Alors qu’ils étaient restés longtemps sans progéniture, Dieu leur accorda successivement trois enfants : sainte Gorgonie [23 fév.], saint Grégoire et saint Césaire [25 fév.]. Après la naissance de Gorgonie, sainte Nonne avait instamment prié le Seigneur de lui accorder un fils, en Lui promettant de le Lui consacrer. Dieu répondit à sa prière en lui montrant dans un songe la figure de l’enfant qui allait naître et en lui imposant son nom. Dès la naissance de Grégoire (329), sa mère prit soin de cultiver en lui les semences des saintes vertus, de sorte que l’enfant montra bientôt la sagesse des vieillards, un grand attrait pour l’étude et une attirance irrésistible vers la contemplation et la prière. Une nuit, il vit en songe deux jeunes vierges pures lui apparaître, vêtues de blanc et le visage chastement couvert d’un voile. Elles le caressèrent doucement, en lui disant qu’elles étaient l’une la pureté et l’autre la chasteté, compagnes de notre Seigneur Jésus-Christ et amies de ceux qui renoncent au mariage pour mener une vie céleste. « Elles m’exhortèrent d’unir mon cœur et mon esprit au leur, afin que m’ayant rempli de l’éclat de la virginité, elles puissent me présenter devant la lumière de la Sainte-Trinité », dit-il dans un poème autobiographique . Il prit dès lors la résolution de consacrer sa vie à Dieu dans la virginité et s’éloigna de tout plaisir et divertissement de ce monde. Poussé par l’amour de la science, il partit avec son frère Césaire pour étudier la rhétorique à Césarée de Cappadoce, où il fit connaissance de saint Basile, puis il se rendit à Césarée de Palestine et à Alexandrie, où il laissa son frère pour s’embarquer vers l’illustre Athènes qui gardait encore sa renommée de capitale de l’éloquence et de la philosophie.

Mais le navire sur lequel il s’était embarqué fut pris, pendant près de vingt jours, dans une effroyable tempête. À genoux à la proue, le visage battu par le vent et les vagues, Grégoire, qui selon l’usage du temps n’avait pas encore reçu le baptême et qui redoutait d’être privé pour toujours de l’eau sainte qui nous purifie et nous rend aptes à recevoir la grâce de la divinisation, tendait les mains vers le ciel et suppliait Dieu avec larmes. Soudain, au moment même où il rappelait son engagement de servir Dieu toute sa vie, la tempête s’apaisa, les païens, qui avaient joint leurs prières aux siennes, se convertirent, et le navire parvint sans encombre à Athènes. Grégoire s’y lia avec saint Basile d’une indéfectible amitié appelée à devenir le modèle de l’amitié chrétienne [1er janv.]. Tout leur était commun : l’amour du savoir, le talent oratoire, la profondeur de la réflexion, et surtout la pureté des mœurs, la recherche de la perfection et la tension de tout leur être vers Dieu, qui leur faisaient dépasser leurs condisciples et même leurs maîtres, les rendaient aimables à tous et attiraient irrésistiblement à eux les hommes qui recherchaient sincèrement la vérité. Si bien que lorsque Basile décida de regagner sa patrie, jugeant avoir acquis là suffisamment de connaissances, leurs compagnons parvinrent à retenir Grégoire pendant quelque temps et firent de lui leur maître. Parvenant enfin à se libérer de cette affection inopportune, saint Grégoire retourna en Cappadoce, en 358, âgé de vingt-huit ans, et reçut le saint baptême. Il n’était désormais plus question pour lui de regarder vers les sciences et la beauté du langage. De tout l’élan de son cœur, il n’aspirait plus à vivre que pour Dieu seul, et contempler dès ici-bas son Royaume et sa gloire, en dégageant son intellect de tout attachement au monde. Jusqu’à la fin de ses jours, il soumit son corps à une stricte ascèse, malgré les maladies fréquentes, qui entravaient ses activités mais qu’il supportait avec joie. Il versait des larmes abondantes quand il élevait sa prière vers Dieu ou quand il se plongeait dans l’Écriture sainte pour s’y remplir de la parole de Dieu ; et il mit dès lors la brillante éloquence qu’il avait acquise au cours de ses études au service du Verbe incarné. Mais, plus que tout, il désirait pouvoir s’adonner sans trouble à la contemplation, dans le silence et loin du monde. C’est pourquoi il rejoignit en hâte saint Basile dans sa retraite de la vallée de l’Iris, afin d’y mener ensemble une vie semblable à celle des anges, conformément aux projets qu’ils avaient conçus pendant leur séjour à Athènes. Ils pénétraient ensemble, comme une seule âme, dans les mystères de Dieu, ils étaient transportés ensemble en de célestes contemplations, préfigurations de la joie et de la concorde des élus dans le Royaume de Dieu, et ils recevaient ainsi du Seigneur une connaissance incomparable sur le mystère de l’homme et de sa nature, et sur l’art de purifier l’âme de ses passions. C’est pourquoi, malgré leur jeune âge et le peu d’années passées dans la vie monastique, ils purent rédiger de concert les Règles monastiques, qui restent la charte de fondation du monachisme orthodoxe.

Cette vie toute céleste dura cependant peu de temps, car Grégoire fut bientôt rappelé par son père vieillissant pour prendre soin de lui et se charger à sa place de la direction de l’Église de Nazianze, malheureusement divisée à la suite du concile hérétique de Rimini (359). Aussitôt sur place, Grégoire tenta en vain de réconcilier ceux qui s’étaient séparés de la communion de son père, tout en s’efforçant d’accorder sa vie spirituelle et cette vie active. Malgré sa crainte mêlée de respect pour le sacerdoce et sa préférence pour la contemplation, il fut ordonné prêtre contre son gré par son père, qui espérait donner ainsi plus de force à sa prédication et désirait le préparer à la succession. Surpris par cette ordination comme par une « tyrannie », Grégoire s’enfuit alors dans le Pont, afin d’y adoucir sa douleur en compagnie de son cher Basile. Beaucoup blâmèrent alors et blâment encore le saint, l’accusant de lâcheté ou de faiblesse de caractère. Mais là n’est pas la vérité. Comment douter de l’équilibre psychologique et de la force d’âme d’un esprit si puissant, qui avait acquis dès sa jeunesse la bienheureuse impassibilité et la maîtrise sur toutes les puissances de son âme ? Il convient plutôt de voir en saint Grégoire un exemple frappant de la délicatesse extrême et de la sensibilité qu’acquièrent les saints en s’approchant de Dieu. Comme il l’expliqua lui-même dans son Discours apologétique, il n’avait pas fui alors le sacerdoce par crainte mais par une conscience aiguë de la redoutable responsabilité du pasteur d’âmes et, surtout, parce qu’il préférait s’unir à Dieu, et par là même à tous les hommes, dans la contemplation. « Rien ne me semblait préférable, dit-il, que de fermer la porte des sens, de sortir de la chair et du monde, de se rassembler en soi-même, ne gardant plus contact avec les choses humaines en dehors d’une absolue nécessité, de s’entretenir avec soi-même et avec Dieu, pour vivre au-dessus des réalités visibles, de manière à porter sur soi les reflets divins sans altérations ni mélanges avec les formes fugitives d’ici-bas ; devenir vraiment et devenant constamment vrai miroir immaculé de Dieu et des choses divines, en ajoutant lumière à la lumière et en substituant la netteté à la confusion, en jouissant dès maintenant par l’espérance des biens de la vie future, pour accompagner les anges dans leur ronde, en restant sur terre après avoir quitté la terre et avoir été élevé par l’Esprit. Si l’un de vous est possédé par ce désir, il sait ce que je veux dire et il me pardonnera ce que j’ai alors éprouvé » .

Mais, au bout de trois mois, sur les recommandations de saint Basile et craignant de désobéir à la volonté de Dieu, il retourna à Nazianze, et s’employa avec ardeur à ramener la concorde parmi les orthodoxes et à assister ses parents dans leur grande vieillesse. Pendant dix ans, il fut pour Nazianze le modèle du pasteur : humble disciple du Seigneur, ministre de sa parole et de sa grâce, règle de foi et image vivante de la perfection évangélique. Lorsque, en 361, l’empereur Julien, dont saint Grégoire avait prédit l’apostasie quand ils étaient condisciples à Athènes, commença sa tentative de restauration du paganisme, en interdisant aux enfants chrétiens l’accès à l’enseignement des Belles Lettres, saint Grégoire répliqua par la rédaction de brillants discours et de sublimes poèmes, dans lesquels il exposait les mystères de la foi avec une perfection littéraire et une richesse d’images et de vocabulaire qui dépassent les œuvres des grands auteurs de l’Antiquité. Avec saint Grégoire et les autres Pères de l’Église de cette époque, la culture hellénique n’est pas seulement convertie au christianisme, mais elle est définitivement dépassée et elle laisse la place à une culture proprement chrétienne orthodoxe, qui utilise le meilleur des productions de l’Antiquité en le transfigurant.

En 370, saint Grégoire et son père collaborèrent efficacement à l’élection de saint Basile sur le siège de Césarée et à sa reconnaissance comme chef du parti orthodoxe. Plus libre que Basile, exposé de toutes parts et obligé de maintenir une certaine réserve, Grégoire proclama alors ouvertement la divinité du Saint-Esprit contre les hérétiques macédoniens et résista audacieusement à la persécution de l’empereur Valens. Les deux amis avaient acquis un tel prestige dans le peuple que l’empereur n’osa pas s’en prendre à eux, et ils furent les seuls orthodoxes à échapper alors au bannissement.

En 372, malgré le désir de Grégoire, approuvé par Basile, de se retirer des charges pastorales dès la mort de ses parents, il fut ordonné par son ami évêque de la bourgade insignifiante de Sasimes, située aux confins de la Cappadoce et de la Cappadoce Seconde, province créée par Valens pour contrecarrer les activités de l’évêque de Césarée. En dépit de son affection pour Basile et de son souci du bien de l’Église, saint Grégoire n’accepta pas cette charge et s’enfuit dans la montagne, espérant trouver en Dieu quelque consolation à ses tribulations. Sur les instances de son père, il accepta de retourner à Nazianze et assura le gouvernement de cette Église, en tant qu’évêque remplaçant, jusqu’au décès du vieillard âgé de près de cent ans. Après la mort de son père (374), suivie de peu par celle de sainte Nonne, Grégoire céda une fois de plus aux supplications des fidèles et accepta de rester en place jusqu’à l’élection d’un nouvel évêque, malgré l’état d’extrême faiblesse dans lequel l’avaient placé la maladie, les austérités et les combats pour la foi. Mais, s’apercevant bientôt que les citoyens, désireux de le garder auprès d’eux, retardaient l’élection, il s’enfuit de nouveau, en secret, vers Séleucie, la métropole de l’Isaurie (375), où il se retira dans le monastère de Sainte-Thècle, en pensant y trouver enfin la paix. Là encore, il dut soutenir le bon combat de la foi contre les ariens, implacables à semer partout le trouble. Au début de l’année 379, à quelques jours d’intervalles, l’Église se revêtit d’un vêtement de deuil à la mort du phare de l’orthodoxie, saint Basile, mais elle le changea bientôt en tunique d’allégresse, lors de la disparition de Valens l’hérétique et de la promotion de Théodose le Grand, fidèle défenseur de la foi de Nicée. Tous les regards orthodoxes se tournaient avec espoir vers Grégoire, comme le plus digne représentant de la foi et son plus brillant prédicateur.

Les fidèles de Constantinople, la capitale impériale qui se trouvait depuis plus de quarante ans aux mains des hérétiques, demandèrent alors au saint évêque de Nazianze de venir à leur secours. De nouveau arraché aux délices de la contemplation divine par le souci de la sauvegarde de l’Église, il arriva à Constantinople, en portant avec lui la force irrésistible de sa parole et la puissance de ses miracles. Il y fut reçu dans une demeure appartenant à des parents , où le peuple orthodoxe commença bientôt à se rassembler en nombre croissant pour écouter avec enthousiasme ses prédications, de sorte que la demeure fut bientôt transformée en église, sous le nom d’Anastasie (« Résurrection ») : parce que la foi qui était morte à Constantinople y était comme ressuscitée grâce à la parole de saint Grégoire.

Seul contre la multitude des hérétiques et des sectes diverses, le saint captivait son auditoire par son éloquence et tranchait les sophismes et les arguments de la sagesse charnelle grâce à l’épée de la parole de Dieu. Dans une série de cinq discours, qui lui valurent le titre de « Théologien », après avoir montré qu’il ne convient pas d’aborder la discussion sur les mystères de Dieu comme une chose commune, mais seulement en son temps et après avoir été convenablement purifié, il expose de manière définitive l’incompréhensibilité de l’Essence divine, la divinité du Fils et celle du Saint-Esprit . Plus que tous les autres Pères, saint Grégoire excelle à exposer en des expressions brèves et antinomiques les plus grands mystères de la foi. Ces définitions sont si parfaites que, dans la suite des siècles, les théologiens les plus illustres consacrèrent des traités entiers à les commenter, et elles sont si belles qu’un grand nombre d’entre elles a été utilisé par nos mélodes dans la composition des hymnes liturgiques des grandes fêtes de l’année . Lues et apprises par cœur, comme l’Écriture sainte, les œuvres de saint Grégoire sont une icône : elles transportent au ciel et initient aux mystères ineffables. Sa langue est si parfaite qu’elle rend inutile toute autre parole et conduit naturellement l’amant du Verbe à la prière silencieuse.
D’une rigueur inflexible en ce qui concerne la foi, saint Grégoire était plein de douceur dans son comportement à l’égard des personnes, pécheurs ou égarés. Il corrigeait les mœurs en montrant l’exemple de la conduite chrétienne par sa vie retirée de toute mondanité, par son austérité et par sa patience dans les épreuves et les maladies, si bien qu’un grand nombre de ceux qui avaient écouté ses discours se convertissaient complètement en le voyant vivre. Ses succès attirèrent cependant rapidement de vives oppositions de la part des sectes, et des envieux répandirent contre lui d’infâmes calomnies, sans parvenir toutefois à vaincre sa patience et sa douceur à l’égard de ses ennemis. La nuit de Pâques 379, des hérétiques, disciples d’Apollinaire, qu’il avait brillamment réfutés, se précipitèrent dans l’église Sainte-Anastasie, semèrent la panique dans l’assistance et tentèrent de lapider le saint, mais ils ne parvinrent pas à lui porter le coup mortel que celui-ci aurait pourtant désiré pour achever sa course en recevant la palme du martyre.

À la suite de cette épreuve, il fut de surcroît traduit en justice, comme un criminel, mais il en sortit victorieux et exhorta ensuite ses amis au pardon. L’attitude si modérée, la charité, l’équité de ce parfait disciple de Jésus-Christ attirèrent finalement contre lui l’hostilité des deux partis : les hérétiques pleins de haine et les orthodoxes trop zélés.

Alors que, grâce à ses combats, l’hérésie semblait reculer, le diable le soumit à de nouvelles épreuves en la personne d’un philosophe cynique, originaire d’Alexandrie, nommé Maxime. Celui-ci, cachant d’abord son fourbe dessein, s’attira l’estime de Grégoire ; mais il se révéla bientôt en se faisant élire irrégulièrement évêque de Constantinople et en semant le trouble et le scandale dans l’Église. Saint Grégoire, doux et résigné, était prêt à abandonner son trône pour ne pas s’opposer à l’imposteur par la lutte et la haine, mais le peuple se souleva spontanément contre Maxime et supplia son pasteur de ne pas l’abandonner aux loups qui menaçaient le troupeau du Christ, en disant : « Si tu nous quittes, ô Père, sache que tu emporteras avec toi la Sainte Trinité. » Le saint se laissa convaincre et fit appel à l’empereur Théodose, alors en résidence à Thessalonique. Celui-ci rejeta l’usurpateur et entra peu de temps après triomphant à Constantinople, après sa victoire sur les barbares (24 novembre 380). Dès le lendemain, il fit expulser les ariens des églises qu’ils occupaient et imposa l’élection de saint Grégoire comme évêque de la ville impériale. Ce dernier, brûlant toujours du désir de la retraite, refusa d’abord, mais il dut finalement se rendre à l’insistance du peuple enthousiaste. Toutefois, comme il était normalement évêque d’un autre siège, son transfert à Constantinople devait être ratifié par un concile ; c’est pourquoi Théodose réunit l’année suivante (381) le Second Concile Œcuménique qui, après avoir unanimement reconnu l’élection de Grégoire, condamna l’hérésie des pneumatomaques (macédoniens), et marqua le terme de l’arianisme et la victoire définitive de l’Orthodoxie.
La joie occasionnée par ce triomphe fut cependant bientôt interrompue par la mort du président du synode, saint Mélèce, l’illustre évêque d’Antioche [12 fév.]. Grégoire fut alors chargé de diriger les sessions au cours desquelles on devait décider de la succession de ce siège divisé depuis de nombreuses années par le schisme entre les orthodoxes : les uns partisans de Mélèce et les autres de Paulin. Comme il avait été convenu que le survivant serait reconnu par tous comme le seul évêque, saint Grégoire prit le parti de Paulin, mais il se heurta aussitôt à l’opposition haineuse et aux conspirations des évêques orientaux. Ceux-ci allèrent même jusqu’à soudoyer un jeune hérétique pour l’assassiner ; mais au moment de se précipiter sur le saint, le malfaiteur s’arrêta net et se jeta en pleurs à ses pieds, confessant son mauvais dessein. Grégoire le releva, l’embrassa tendrement et lui demanda de se consacrer désormais à Dieu, après avoir renoncé à l’hérésie. D’autres évêques, partisans de Paulin, s’en prirent à Grégoire, en l’accusant d’avoir été transféré de Sasimes à Constantinople contrairement aux saints Canons . Harassé par tant de querelles sournoises et le cœur déchiré de voir l’Église du Christ ainsi divisée, lui qui n’avait jamais recherché ni honneurs ni pouvoir, il déclara à l’assemblée que son plus grand désir était de contribuer à la paix et que si le fait d’occuper le siège de Constantinople était une cause de division, il était tout prêt à être jeté à la mer, comme Jonas, pour apaiser cette tempête, à condition que la foi orthodoxe restât sauve. Et, sur ces mots, il quitta l’assemblée ; puis il se rendit au palais, où il supplia l’empereur d’accepter sa démission et lui demanda de se charger lui-même, par son autorité, de rétablir l’unité et la concorde dans l’Église. Dans un dernier et émouvant discours, il fit ses adieux à sa chère église de l’Anastasie, sa gloire et sa couronne, à Sainte-Sophie et aux autres églises de la cité impériale qu’il avait restaurée dans la vraie foi et dans la pureté des mœurs, la préparant pour une gloire millénaire. Il salua son clergé, les moines, les vierges, les pauvres et même les hérétiques, qu’il exhorta encore à la conversion ; puis il dit adieu à l’Orient et à l’Occident, unis désormais dans la paix, aux Anges Gardiens de son Église et à la Trinité Sainte, aux soins de laquelle il remit son troupeau . Il quitta alors Constantinople, laissant saint Nectaire comme successeur [11 oct.], et retourna quelque temps à Nazianze, où il s’efforça de faire nommer à sa place un évêque titulaire. Après l’élection de son cousin Eulalios, il se retira définitivement dans sa propriété d’Arianze où, épuisé par la maladie et tant d’activités qu’il n’avait pas désirées, il passa les dernières années de sa vie dans le silence et la solitude. Mais, tel un guetteur fidèle à son poste, il ne cessait pourtant de veiller de loin sur la pureté de la foi. Il adressait des lettres dogmatiques pour réfuter les hérésies naissantes, ou exhortait saint Nectaire et les autres évêques orthodoxes à plus de justice, envoyait à ses enfants spirituels de sages conseils pour atteindre la perfection et rédigeait d’admirables poèmes en grec archaïque. C’est ainsi que, le cœur brisé et humilié mais l’intelligence constamment fixée dans la contemplation des mystères insondables de la Sainte Trinité, ce fidèle serviteur, devenu malgré lui combattant, rendit en paix son âme au Seigneur (390) .
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Grégoire le Théologien, ton 1

Ta flûte pastorale de Théologien * l’emporta sur les trompettes des rhéteurs; * toi qui scrutais les profondeurs de l’Esprit, * tu as atteint la sublimité du langage par surcroît. * Intercède, saint Grégoire, auprès du Christ notre Dieu * pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Grégoire le Théologien, ton 3

De ta langue de Théologien * ayant effacé les compositions des rhéteurs, * illustre Grégoire, tu revêtis l’Eglise de l’orthodoxie, * cette tunique tissée par le ciel; * la portant, elle s’écrie maintenant * avec nous, tes enfants: * Réjouis-toi, sublime esprit, sommet de la théologie.

ÉPITRE DU JOUR

1 Jn III, 21-IV, 6

Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu.

22 Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable. Et c’est ici son commandement : que nous croyions au nom de son Fils Jésus Christ, et que nous nous aimions les uns les autres, selon le commandement qu’il nous a donné. Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous connaissons qu’il demeure en nous par l’Esprit qu’il nous a donné. Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent d’après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur.

ÉVANGILE DU JOUR

Mc XIV, 43 – XV, 1

Et aussitôt, comme il parlait encore, arriva Judas l’un des douze, et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les principaux sacrificateurs, par les scribes et par les anciens. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe : Celui que je baiserai, c’est lui ; saisissez-le, et emmenez-le sûrement. Dès qu’il fut arrivé, il s’approcha de Jésus, disant : Rabbi ! Et il le baisa. Alors ces gens mirent la main sur Jésus, et le saisirent. Un de ceux qui étaient là, tirant l’épée, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille. Jésus, prenant la parole, leur dit : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J’étais tous les jours parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. Mais c’est afin que les Écritures soient accomplies. Alors tous l’abandonnèrent, et prirent la fuite. Un jeune homme le suivait, n’ayant sur le corps qu’un drap. On se saisit de lui ; mais il lâcha son vêtement, et se sauva tout nu. Ils emmenèrent Jésus chez le souverain sacrificateur, où s’assemblèrent tous les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes. Pierre le suivit de loin jusque dans l’intérieur de la cour du souverain sacrificateur ; il s’assit avec les serviteurs, et il se chauffait près du feu. Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus, pour le faire mourir, et ils n’en trouvaient point ; car plusieurs rendaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne s’accordaient pas. Quelques-uns se levèrent, et portèrent un faux témoignage contre lui, disant : Nous l’avons entendu dire : Je détruirai ce temple fait de main d’homme, et en trois jours j’en bâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. Même sur ce point-là leur témoignage ne s’accordait pas. Alors le souverain sacrificateur, se levant au milieu de l’assemblée, interrogea Jésus, et dit : Ne réponds-tu rien ? Qu’est-ce que ces gens déposent contre toi ? Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le souverain sacrificateur l’interrogea de nouveau, et lui dit : Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? Jésus répondit : Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, et dit : Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble ? Tous le condamnèrent comme méritant la mort. Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poing, en lui disant : Devine ! Et les serviteurs le reçurent en lui donnant des soufflets. Pendant que Pierre était en bas dans la cour, il vint une des servantes du souverain sacrificateur. Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit : Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth. Il le nia, disant : Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule. Et le coq chanta. La servante, l’ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents : Celui-ci est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau. Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre : Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen. Alors il commença à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait. Dès le matin, les principaux sacrificateurs tinrent conseil avec les anciens et les scribes, et tout le sanhédrin. Après avoir lié Jésus, ils l’emmenèrent, et le livrèrent à Pilate.

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