Grand Carême
Liturgie des Dons présanctifiés
Le soir : Office de l’Acathiste à la Très sainte Mère de Dieu
Saint Joseph l’hymnographe (883) ; saint Georges du Mont Maléon dans le Péloponnèse (Vème-VIème s.) ; sainte martyre Pherboutha, vierge, sa sœur et sa servante (341-343) ; saint Zosime (vers 560) ; saint Joseph le grand souffrant des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Zosime de Vorbozom (vers 1550) saint néomartyrs de Russie : Benjamin (Kononov) et Nicéphore (Koutchine) (1928) ; hiéromartyr Nicolas, évêque de Velsk, sainte vénérable martyre Marie (Lelianov) (1932) ; saint hiéromartyr Jean (Vetchorko), prêtre (1933) ; saint martyr Jean (Kolesnikov) (1943).
SAINT GEORGES DU MONT MALÉON
Épris de Dieu depuis sa plus tendre enfance, notre saint Père Georges s’enfuit pour échapper à un mariage préparé par ses parents. Il revêtit l’Habit angélique et s’adonna dès lors, de toutes ses forces, aux travaux de l’ascèse : le jeûne, les mortifications corporelles, la méditation des saintes Écritures, la prière et les larmes, ainsi qu’à toutes les autres formes de la vertu qui rend semblable à Dieu. Rayonnant ainsi de la présence du Seigneur, il attira à lui quantité d’hommes qui, à son contact, trouvaient la voie du repentir. Il désirait cependant vivre dans l’hésychia et le silence, c’est pourquoi il s’enfuit de nouveau et alla se retirer sur le mont Maléon. Mais des hommes assoiffés de Dieu vinrent l’y rejoindre et l’implorèrent de les diriger dans la science de l’ascèse et de la prière. Il donna à chacun de ses disciples la règle de vie qui convenait à son caractère et à son avancement dans la vertu, et il leur attribua des cellules aux alentours de sa retraite. Les grâces que Dieu accordait à son serviteur et son discernement le rendirent célèbre auprès des grands et même auprès du souverain. Interrogé par eux sur toutes sortes de sujets, il leur adressait des lettres pleines de sève spirituelle et leur dispensait de sages conseils sur la manière d’appliquer l’Évangile dans le gouvernement du peuple, en prenant pour principes la bonté et l’aumône.
Saint Georges prédit trois ans à l’avance son départ de cette terre et prépara ses disciples à vivre sans l’assistance visible de leur père spirituel. Tombé légèrement malade, il rassembla tous les ascètes du mont Maléon, et après les avoir une dernière fois exhortés à ne rien négliger de ce qui plaît à Dieu et conduit l’âme au salut, il remit en paix son âme au Seigneur (dans le courant du Ve ou VIe siècle).
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire des saints, ton 4
Dieu de nos Pères, qui nous traites toujours selon Ta clémence, n’éloigne pas de nous Ta miséricorde, mais par leurs supplications, dirige notre vie dans la paix.
Kondakion de S. Joseph, ton 4
L’inépuisable fontaine du repentir, la source d’infinie consolation et l’abîme de tendresse, Joseph, c’est bien toi, car tu nous ramènes par les larmes vers Dieu; puissions-nous, par elles, trouver miséricorde auprès du Christ, bienheureux Père, en implorant ton secours
LECTURES DE LA LITURGIE DES PRÉSANCTIFIÉS
Isaïe XLV, 11-17
Voici ce que dit le Seigneur, le Saint d’Israël, le créateur des choses futures : Questionnez-moi sur mes fils ; demandez-moi compte des œuvres de mes mains. C’est moi qui ai créé la terre, et l’homme sur elle ; moi qui de ma main ai affermi le ciel ; moi qui ai donné des lois à tous les astres. C’est moi qui l’ai suscité ; il sera roi selon la justice ; toutes ses voies seront droites ; il rebâtira ma ville ; il fera revenir mon peuple de la captivité, sans rançons, sans présents, dit le Seigneur des armées. Voici ce que dit le Seigneur des armées : l’Égypte a travaillé pour toi ; les marchandises des Éthiopiens et des hommes superbes de Saba traverseront la mer pour venir te trouver ; ils te seront asservis ; ils te suivront les fers aux mains, ils t’aborderont, ils se prosterneront devant toi, et t’adresseront leurs prières, parce que Dieu est avec toi. Et, hormis vous, Seigneur, il n’est point de Dieu. Car vous êtes Dieu, et nous ne le savions pas, Dieu d’Israël, Dieu Sauveur ! Que tous tes adversaires soient humiliés, qu’ils rougissent, qu’ils marchent pleins de honte. Et vous, célébrez des solennités en mon honneur. Israël est sauvé par le Seigneur, sauvé pour tous les siècles ; ses enfants ne seront plus humiliés ni confondus à jamais.
Genèse XXII, 1-18
Il advint alors que Dieu tenta Abraham ; il lui dit : Abraham, Abraham. Celui-ci répondit : Me voici. Prends, lui dit Dieu, ton enfant, ton fils bien-aimé, ton Isaac, que tu aimes tant ; va en la haute terre, et là, offre-le en holocauste, sur l’une des montagnes que je te dirai. Et Abraham, s’étant levé de grand matin, bâta son ânesse ; il prit avec lui deux serviteurs et Isaac son fils ; puis, ayant fendu le bois pour l’holocauste, il partit, et il arriva le troisième jour au lieu que lui avait dit le Seigneur. Et Abraham, ayant levé les yeux, vit le lieu de loin, Et dit à ses serviteurs : Arrêtez-vous ici avec l’ânesse, moi de mon côté j’irai avec l’enfant jusque là- bas; puis après avoir adoré, nous reviendrons auprès de vous. Abraham prit donc le bois de l’holocauste, et il le donna à porter à Isaac ; lui-même porta dans ses mains le feu et le glaive ; et ils marchèrent à côté l’un de l’autre. Cependant, Isaac dit à Abraham, son père : Père, et celui-ci répondit: Qu’y a-t-il, mon enfant ? Isaac reprit : Voici le feu et le bois ; où est la brebis pour l’holocauste ? Abraham répondit : Dieu se pourvoira lui-même d’une brebis pour l’holocauste, mon enfant, et, ayant marché tous deux ensemble, ils arrivèrent au lieu que lui avait dit le Seigneur ; Abraham y éleva un autel ; il disposa le bois, et, ayant lié Isaac son fils, il le plaça sur l’autel par-dessus le bois. Et il étendit la main pour saisir le glaive, afin d’égorger son fils. Alors un ange du Seigneur l’appela du ciel, disant : Abraham, Abraham ; il répondit : Me voici. Et l’ange dit : Ne porte pas la main sur l’enfant : ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains le Seigneur, puisque pour moi tu n’as pas épargné ton fils bien- aimé. Abraham, ayant levé les yeux, regarda : et voilà qu’un bélier se trouvait retenu par les cornes dans un arbre de Sabec ; aussitôt Abraham s’élance, prend le bélier, et l’offre en holocauste, au lieu de son fils Isaac. Abraham appela ce lieu : Le Seigneur a vu, de sorte que l’on dit encore aujourd’hui : sur la montagne le Seigneur est apparu. L’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham du haut du ciel, disant : Je l’ai juré par moi-même, dit le Seigneur : parce que tu as fait ce que tu viens de faire, et que, pour moi, tu n’as pas épargné ton fils bien- aimé, Je te bénirai et te bénirai, je multiplierai et multiplierai ta race, comme les étoiles du ciel, comme les grains de sable du rivage des mers, et ta race possédera les villes des ennemis; Et, en ta race, seront bénies toutes les nations de la terre, parce que tu as obéi à ma voix.
Proverbes XVII, 17 – XVIII, 5
Aie en tout temps un ami ; que tes frères te soient secourables dans tes nécessités : c’est pour cela qu’ils sont nés. L’insensé bat des mains et se complaît en lui-même, quand il s’est rendu caution d’une somme pour ses amis. Si l’on aime le péché, on se réjouit des querelles. Celui qui a le cœur dur ne trouvera pas de biens. L’homme dont la langue est facilement changeante tombera dans le malheur. Le cœur de l’insensé est pour lui un sujet de troubles. Le père ne se réjouit pas en un fils ignorant ; le fils sage réjouit sa mère. La joie du cœur donne la santé ; les os d’un homme triste se dessèchent. Les voies de celui qui emporte des présents iniques dans les plis de son manteau ne seront point prospères ; l’impie s’écarte des voies de la justice. Sur la face du sage brille l’intelligence ; les yeux de l’insensé sont égarés aux bouts du monde. Un fils insensé, courroux du père, douleur de la mère. Il n’est pas bien de nuire à un homme juste; conspirer contre des princes équitables est une iniquité. Celui qui s’abstient de paroles dures est un sage ; l’homme patient est sensé. Si l’insensé cherche la sagesse, il sera réputé sage ; et s’il ferme la bouche, il passera pour sensé. L’homme qui veut rompre avec ses amis cherche des prétextes, et en tout temps il sera digne de blâme. Celui qui manque de sens n’a que faire de la sagesse ; il est plutôt conduit par la folie. Lorsque l’impie est tombé en un abîme de fautes, il n’en tient compte ; mais la honte et les ignominies lui arrivent. La parole dans le cœur de l’homme est une eau profonde ; un fleuve en jaillit, et une fontaine de vie. Il n’est pas bien d’avoir égard à la parole de l’impie ; se détourner de l’équité dans la jeunesse est une impiété.