Des travaux d’excavation commencent sur le lieu du monastère de Saint-Hilarion, situé sur la bande de Gaza

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Le gouvernement palestinien et les organisations internationales ont commencé des travaux d’excavation afin de restaurer le monastère Saint-Hilarion, appelé localement Tell Umm Amer, dans le centre de la bande de Gaza. Il s’agit du plus ancien et plus grand monument chrétien de la région. Le projet, qui a commencé au mois de juillet, devrait durer deux ans, est supervisé et financé par le Fond de protection culturelle du British Council. Les partenaires du projet incluent l’organisation non gouvernementale française « Première Urgence Internationale », ainsi que l’Université de Palestine, l’Université islamique de Gaza et École biblique et archéologique française de Jérusalem. Le projet inclut la restauration d’une église byzantine à Jabaliya, sur la bande de Gaza. Le texte fondateur du monastère, qui a été découvert dans les excavations supervisées par l’Autorité palestinienne en 1994, révèle que le monastère Saint-Hilarion a été la première « borne » chrétienne en Palestine. Elle remonte à St Hilarion, le fondateur du monachisme en Palestine. Selon l’Encyclopédie britannique, St Hilarion naquit à Tabatha, dans le sud de Gaza en 291. Il étudia à Alexandrie, où il devint chrétien. Il fut disciple de St Antoine d’Égypte et vécut avec lui dans le désert. Revenu en Palestine en 306, il commença à vivre la vie érémitique dans une cabane, à une dizaine de kilomètres de Maiouma, près de Gaza, sur la route d’Égypte. Après avoir établi le premier monastère palestinien en 329, qui connut une croissance rapide, St Hilarion, cherchant la solitude, partit d’abord à Thèbes, en Égypte, puis s’installa finalement et décéda à Chypre. Hiam al-Bitar, archéologue au ministère du tourisme et des antiquités, a déclaré à l’agence Al-Monitor que « le monastère a été construit à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, qui était une contrée désertique parmi les collines. L’ensemble comprenait une église et des fonts baptismaux ». Aujourd’hui, il ne reste que les murs de pierre, quelques collines corinthiennes et une partie du sol en mosaïque. « L’église du monastère a été restaurée trois fois au IVème, Vème et VIème siècles, ainsi qu’au début du VIIème, sous le califat omeyyade » a ajouté Hiam al-Bitar. « Nous pouvons voir toutes ces rénovations dans les trois parterres en mosaïques superposés. Les fonts baptismaux sont bâtis sous la forme d’une croix, et la cour de l’église est pavée en marbre. Il y avait plus de 120 pièces destinées au logement des prêtres, diacres et visiteurs, une cuisine, un réfectoire, un espace pour moudre le blé et presser les raisins, ainsi qu’une fontaine d’eau et des frayères pour les poissons ». Le budget de la restauration du monastère et de l’église byzantine s’élève à environ 1.5 millions d’Euros. Les travaux vont durer deux ans, employant 75 collaborateurs, dont des experts internationaux et locaux, des archéologues, des universitaires, des étudiants et des diplômés des départements d’histoire des universités palestiniennes de la bande de Gaza qui suivront des stages de restauration des monuments. Le directeur général du ministère du tourisme, M. Abu Rida a mentionné que les excavations ont commencé en 1994 et ont continué de façon sporadique, financées partiellement par l’UNESCO. « Ce n’était qu’un financement d’urgence destiné à sauver le site archéologique de la destruction complète, et le ministère du tourisme et des antiquité a installé une clôture afin d’empêcher les éleveurs d’y faire paître leurs moutons », a-t-il précisé. « Les travaux ont pour but de restaurer les parterres en mosaïque et les pierres se trouvant autour de la tombe d’Hilarion, ainsi que l’église, dont des parties ont été détruites en raison de la négligence et aussi des tremblements de terre qui ont frappé la contrée au VIIème et VIIIème siècles. Les pierres qui sont tombées des murs extérieurs ont été emportées par les résidents de la bande de Gaza qui les ont utilisées à cette époque pour construire leurs maisons » a-t-il ajouté. Le site de St Hilarion a été l’un des nombreux trésors archéologiques à Gaza qui n’ont jamais reçu un financement suffisant pour leur restauration, mais cette nouvelle initiative de restaurer les monuments dans la province centrale de la Bande de Gaza est un aspect positif qui ouvre une perspective optimiste, selon Al-Monitor.

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