Le monastère de saint Hilarion, à Gaza, va être restauré

651

L’autorité palestinienne et les organisations internationales ont entrepris d’importants travaux afin de restaurer le monastère de saint Hilarion, connu localement sous le nom de Tell Umm Amer, dans le centre de la bande de Gaza. C’est très probablement le plus ancien et l’un des plus grands monuments chrétiens de Palestine. Le projet inclut la restauration d’une très belle église byzantine découverte en 1996 à Jabaliya, située à 4 km au nord de Gaza.
Des fouilles supervisées par l’autorité palestinienne en 1994, ont confirmé qu’il s’agit bien du monastère de saint Hilarion et que ce serait donc le plus ancien ensemble monastique de Palestine. Saint Hilarion est considéré comme le fondateur du monachisme palestinien.
Hilarion est né à Tabatha, au sud de Gaza, en 291. Converti au christianisme pendant ses études à Alexandrie, il reçoit le baptême à quinze ans, puis rejoint saint Antoine le Grand et vit près de sa communauté quelques mois dans le désert. De retour en Palestine, il commença une vie solitaire en érigeant une hutte dans le désert à une dizaine de kilomètres de Maiuma, au sud de Gaza. Il y resta 22 ans, rejoint par de nombreux disciples et fonda le premier monastère palestinien en 329. Hilarion, en quête de solitude, quitta Gaza pour Thèbes, en Égypte, puis s’installa et mourut à Chypre en 371. Son corps a été ensuite ramené dans le monastère de Gaza.
Le projet de restauration qui a débuté en janvier de cette année devrait durer deux ans, il est supervisé et financé par le British Council’s Cultural Protection Fund. En partenariat avec l’ONG française Premiere Urgence Internationale (PUI) ainsi que l’Université de Palestine, l’Université islamique de Gaza et l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.
Aujourd’hui, il ne reste de ce grand monastère que les murs de pierre, quelques colonnes corinthiennes et des éléments des sols en mosaïque. On peut encore voir un très beau baptistère cruxiforme et la cour de l’église pavée de marbre. On a découvert plus de 120 cellules destinées à héberger les moines et les visiteurs, une cuisine, une salle à manger, un espace pour moudre le blé et presser le raisin, ainsi qu’une fontaine distribuant l’eau et des frayères à poissons.
Le budget pour la restauration du monastère et de l’église byzantine est d’environ 1,5 million d’euros. Les travaux de rénovation dureront deux ans et emploieront 75 travailleurs, dont des experts internationaux et locaux, des archéologues, des universitaires, des étudiants et des diplômés des départements d’histoire des universités palestiniennes de la bande de Gaza, qui recevront une formation sur la restauration des monuments.
La restauration vise à protéger et rendre visibles les sols en mosaïque et les pierres autour du tombeau d’Hilarion ainsi que l’église, dont certaines parties ont été détruites par les tremblements de terre qui ont frappé la région aux VIIe et VIIIe siècles. Les pierres tombées des murs extérieurs du monastère ont été prises par les habitants de la bande de Gaza qui les utilisaient à l’époque pour construire leurs maisons.
Le site de saint Hilarion constitue l’un des nombreux trésors archéologiques chrétiens de Gaza qui n’ont malheureusement jamais reçu un financement suffisant pour leur restauration.

Source

  Notre lettre d'informations hebdomadaire gratuite  

Chers lecteurs,

Vous êtes de plus en plus nombreux à lire Orthodoxie.com, et nous nous en réjouissons. Nous souhaitons qu’une grande partie des articles de notre site soit accessible à tous, gratuitement, mais l’information de qualité a un coût. Et pour cette raison, votre soutien nous est plus que nécessaire. Nous vous invitons à vous y abonner, ou bien à faire un don de soutien !

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.