Le patriarche de Moscou Cyrille appelle les leaders religieux et politiques à défendre l’Église orthodoxe d’Ukraine

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Le patriarche de Moscou Cyrille a adressé aux responsables religieux et politiques ainsi qu’aux dirigeants des organisations internationales, des messages concernant les pressions exercées par les autorités ukrainiennes sur l’Église orthodoxe d’Ukraine et l’immixtion de l’État dans la vie ecclésiale en Ukraine. Dans les messages adressés aux Primats des Églises orthodoxes locales, au pape de Rome François, au chef de la Communion anglicane l’archevêque de Canterbury Justin Welby, au Secrétaire général du Conseil Œcuménique des Églises Olav Fykse Tveit, au Secrétaire général de l’ONU António Guterres, au Secrétaire général de l’OSCE T. Greminger, au président français E. Macron et à la chancelière allemande A. Merkel, ces derniers en tant que chefs d’État entrant dans le « Format Normandie », le patriarche Cyrille a attiré l’attention sur les cas massifs de violation des droits et libertés des hiérarques, du clergé et des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Ces derniers temps, l’immixtion des dirigeants de l’État ukrainien laïc dans les affaires ecclésiastiques a acquis un caractère de pression grossière sur l’épiscopat et les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ce qui permet de parler de commencement de persécutions à grande échelle », a constaté le primat. Celui-ci a fait remarquer que cela s’explique par le refus de l’épiscopat orthodoxe ukrainien de participer au « Concile de réunification » qui a reçu le soutien de la direction politique ukrainienne, durant lequel l’Église orthodoxe d’Ukraine, la confession la plus nombreuse du pays, doit être remplacée par une certaine organisation religieuse nouvelle, créée par le président ukrainien P. Porochenko conjointement avec le patriarche de Constantinople Bartholomée. « Afin de contraindre l’épiscopat de l’Église orthodoxe d’Ukraine à participer à la manifestation en question [au « concile de réunification », ndt], une série d’actions est entreprise par le pouvoir étatique et les forces de l’ordre ukrainiens, lesquelles violent de façon flagrante les droits constitutionnels et les libertés des citoyens ukrainiens » est-il dit dans ces messages. En particulier, le patriarche Cyrille mentionne les convocations des hiérarques à des « entretiens » et des interrogatoires au SBU (services de sécurité ukrainiens), les tentatives des autorités locales pour priver l’Église orthodoxe d’Ukraine de ses droits légaux de disposition des Laures de Kiev et de Potchaïev, les accusations infondées de « trahison de l’État » et « d’incitation à la haine religieuse » proférées à l’endroit du clergé, des perquisitions massives dans les locaux des chancelleries diocésaines, dans les églises et les domiciles des prêtres. « Dans les medias gouvernementaux continue la campagne massive de discréditation de l’Église d’Ukraine. En violation des droits de la vie privée et de l’interdiction d’utiliser les données personnelles, des informations à caractère personnel sur les hiérarques et les prêtres de l’Église orthodoxe d’Ukraine, dont dispose l’État, sont publiées. En particulier, des informations personnelles concernant une partie importante de l’épiscopat de l’Église orthodoxe d’Ukraine sont publiées sur le site « Mirotvorets » [« Le pacificateur »] avec des commentaires incitant à la haine religieuse », fait remarquer le patriarche Cyrille, précisant que ce site existe avec le soutien direct du Ministère ukrainien des affaires étrangères. Le primat a également indiqué que les représentants des plus hautes autorités de l’État se permettent des propos insultants et calomnieux envers l’Église orthodoxe d’Ukraine et ses représentants. Le patriarche mentionne aussi ce fait révélateur : « Les hiérarques de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont reçu des mains des fonctionnaires de l’État les convocations au « Concile de réunification » signées par le patriarche de Constantinople Bartholomée, malgré le fait que la Constitution ukrainienne dispose que « l’Église est les organisations religieuses en Ukraine sont séparées de l’État » (art. 35 de la Constitution ukrainienne) et, par conséquent, toute immixtion de l’État dans les relations entre Églises est anticonstitutionnelle ». « Nous ignorons quels seront les étapes suivantes entreprises par les autorités ukrainiennes, et quelles seront encore les violations des droits fondamentaux et inaliénables de l’homme et du citoyen qu’ils entreprendront pour atteindre les objectifs qu’ils se sont posés pendant le laps de temps restant jusqu’aux élections présidentielles », écrit le primat. Mais « le nombreux faits de discrimination qui ont déjà eu lieu donnent à craindre une atteinte encore plus grande aux droits et aux intérêts légitimes des fidèles orthodoxes, à la multiplication des souffrances qu’ils endurent pour leur fidélité à l’Orthodoxie canonique ». Le patriarche Cyrille a appelé les personnalités religieuses et politiques, les leaders des organisations interétatiques à tout mettre en œuvre pour défendre l’épiscopat, le clergé et les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine contre la discrimination et la pression de la part des autorités ukrainienne, de défendre la liberté de conscience et de religion inscrites dans le droit international.

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