L’évêque de Bačka Irénée exprime sa position personnelle concernant la décision de l’Église orthodoxe serbe relative à la crise en Ukraine
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Suite à la lettre du patriarche de Serbie Irénée au patriarche de Constantinople Bartholomée, exprimant la position de l’Église orthodoxe serbe sur la question ukrainienne, l’évêque de de Bačka Irénée a clarifié, à titre personnel, le point 5 de la lettre, concernant la concélébration du clergé serbe avec le Patriarcat de Constantinople :

« Dans plusieurs Églises orthodoxes locales, la position de l’Église orthodoxe serbe rencontre approbations et félicitations. Néanmoins, chez certaines qui nous ont écrit se manifeste de la perplexité : notre Église a-t-elle cessé la communion – du fait qu’il a le premier concélébré avec Épiphane, un homme dépourvu de la grâce de l’épiscopat –  avec le Patriarche œcuménique, lequel invoque ses droits et ses privilèges de Premier, et ignorant temporairement, je l’espère, la parole du Christ selon laquelle, le premier, dans l’Église, est celui qui veut être le serviteur de tous, suivant Son exemple, le Premier dans le sens absolu, mais le Premier qui n’est pas venu pour qu’on Le serve mais pour servir et donner Sa vie pour la multitude, pour tous. Certains sites, en outre, soit par incompréhension, soit par mauvaise intension, affirment, ni plus ni moins, que notre Église a interrompu la communion avec toute l’Église de Constantinople, dans son intégralité. À cet égard, je propose les réflexions et les explications suivantes. La communion entre les Églises ne se rompt pas ainsi. Il est facile de l’interrompre, mais il est bien plus difficile de la rétablir. Il n’est pas du tout fait mention dans le texte synodal de la cessation de la communion avec Constantinople. Pas même le Patriarcat de Moscou, malgré l’interruption [de la communion] en signe de sa protestation la plus vive en raison des agissements de Constantinople en Ukraine, n’est allé jusqu’à l’extrême : il maintient, bien que partiellement, la communion avec le Mont Athos, en premier lieu avec le monastère Saint-Pantéléimon. Au demeurant, au Patriarcat même de Constantinople, il y a des hiérarques et des théologiens renommés qui ne sont pas d’accord avec l’action de Sa Sainteté le patriarche Bartholomée en Ukraine (par exemple le métropolite Kallistos Ware). Devant de tels défis et épreuves, on n’agit pas précipitamment mais avec discernement, dans l’espoir que la grâce de l’Esprit Saint guérira promptement nos faiblesses. En même temps, cependant, on ne peut négliger la norme canonique obligatoire pour tous qu’il n’y a pas de communion avec les excommuniés, c’est-à-dire avec ceux qui se sont volontairement, de leur propre volonté, privés de la communauté disposant de la grâce. On ne peut pas non plus gommer la différence essentielle entre l’Église et le schisme, entre les héritiers légitimes des saints Apôtres et les imposteurs « auto-consacrés ». Aussi, il est question de la relation envers des personnes individuelles dans l’épiscopat, le clergé et le  peuple, et non envers les Églises comme telles. Pour cette raison, notre Saint-Synode mentionne, de façon responsable et en temps opportun, cette norme canonique et appelle à son application, mais sans hâte, avec discernement, faisant tout ce qui est possible afin que le Seigneur rende à l’Église le don plein de grâce de l’unité. Aussi, il [le Saint-Synode] dit qu’il recommande à ses hiérarques et clercs d’éviter la communion avec ceux qui se trouvent dans un problème canonique évident (donc, il n’exige pas et n’ordonne pas que l’on cesse immédiatement, obligatoirement et inévitablement la communion, avant la décision conciliaire et de l’Assemblée des évêques). Au demeurant, toute décision si importante, difficile et aux lointaines conséquences se trouve hors du cadre des compétences du Synode : seul peut la prendre l’Assemblée de tous les hiérarques. À mon humble avis personnel, la recommandation synodale signifie que ceux qui l’appliqueront iront dans le sens de l’acribie canonique, tandis que ceux qui ne le feront pas pour l’instant seront sur la voie de l’économie canonique légitime. Comment tout cela se finira, Dieu seul le sait. Si les Églises orthodoxes locales surmontent toutes les pressions attendues et restent sur leur position commune actuelle, à savoir ne pas reconnaître Denissenko, Doumenko et leur compagnie, cela signifiera dans les faits un accord général avec la position de principe de notre Église. Mais si certaines Églises cèdent, cela conduira inévitablement à la fin de la période d’économie ecclésiastique de l’espoir et de l’attente et au début d’un grand trouble, avec une unité encore plus fragile, et ce jusqu’au sein d’une même Église locale. Ce sera le prélude d’un chaos canonique durable, et peut-être, à Dieu ne plaise, de désaccords et de disputes doctrinales, ecclésiologiques. Lorsque le schisme est accompagné de différends dogmatiques, celles-ci ne font que s’aggraver avec le temps et le schisme s’approfondit de telle façon que dans la mesure où il dure, seul l’Esprit Saint peut éliminer les discordes entre les Églises. L’histoire de l’Église est pleine d’exemples qui confirment cette triste vérité. Que Dieu fasse que cette histoire de l’Église soit  pour nous une enseignante de vie, et que règne à nouveau l’unité, la paix, la concorde et l’amour entre les Églises de Dieu, et surtout parmi ses primats, archipasteurs et pasteurs, appelés à être les disciples du seul Bon Pasteur, notre Seigneur Jésus-Christ !

+ Évêque de Bačka Irénée »

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