Métropolite Hiérothée : L’Église de Grèce ne peut pas contester l’autocéphalie en Ukraine
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Son éminence le métropolite Hiérothée de Naupacte, qui est considéré comme l’un des théologiens les plus éminents de l’Église orthodoxe, a rendu publique la lettre qu’il a envoyée au Saint-Synode de l’Église de Grèce, dans laquelle il expose ses vues sur la manière dont l’Église de Grèce devrait répondre aux décisions du patriarcat de Constantinople en Ukraine. Comme il le fait remarquer, tant les Tomoi d’autocéphalie que les règles patriarcales ont été données par le Patriarcat œcuménique à tous les Patriarcats nouvellement établis à leur demande (et parfois à la demande de leurs autorités politiques). Cela signifie qu’ils reconnaissent l’autorité du Patriarcat œcuménique d’accorder le statut d’autocéphalie et les règles patriarcales. En examinant l’histoire de la manière dont les Églises qui ne faisaient pas partie de l’ancienne pentarchie sont devenues autocéphales, ainsi que le contenu de leurs Tomoi d’autocéphalie respectifs et la façon dont le Patriarcat de Constantinople leur a accordé cette autocéphalie, il parvient à la conclusion que l’Église de Grèce ne peut s’opposer au comportement de Constantinople en Ukraine sans avoir à se poser la question de sa propre autocéphalie.

En outre, selon l’avis du métropolite Hiérothée, le Synode de l’Église de Grèce n’a même pas le droit d’examiner la question, car cela constituerait une ingérence dans les affaires d’une autre Église. Le hiérarque grec débute ses remarques en déclarant que le Synode de l’Église de Grèce n’a même pas le droit d’examiner cette question, car cela constituerait une ingérence dans les affaires d’une autre Église. Le métropolite introduit ses remarques en notant qu’il ne fait partie d’aucun des comités du Synode pour l’examen de la question ukrainienne, donc ce qu’il écrit dans sa lettre ne représente que son opinion personnelle sur cette question. Il y écrit : « Le trône œcuménique a les mêmes privilèges que l’ancienne Rome, et après son départ (de l’Église), la nouvelle Rome est devenue le premier trône de l’Église avec des prérogatives et droits spéciaux »- une affirmation que partagent les Églises orthodoxes locales.

Toutefois, selon lui, à l’exception des cinq Patriarcats originaux – Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem – tous les autres Patriarcats ne portent ce titre que par l’économie et le bon plaisir de Constantinople. Dans un certain sens, elles ne sont pas des Églises autocéphales pleines et complètes, car elles ont été créées à la seule discrétion du Patriarcat de Constantinople et n’ont été ratifiées par aucun Concile œcuménique. Aux yeux du métropolite Hiérothée, l’autocéphalie signifie que les Églises locales ne peuvent pas s’ingérer dans les affaires des autres, mais il affirme aussi que le Patriarcat de Constantinople ne se réduit pas à être une Église locale et donc cette restriction ne le concerne pas. De plus, il rappelle que tout le monde a toujours su et compris cela, et que c’est écrit dans leurs propres Tomoi d’autocéphalie, alors pourquoi, demande-t-il, faudrait-il maintenant être surpris par la situation ukrainienne ? En conséquence, « l’Église locale de Grèce n’a pas le droit de s’opposer à la décision du Patriarcat œcuménique en ce qui concerne sa démarche en Ukraine » écrit l’évêque de Naupacte. La question des nouvelles Églises autocéphales devrait être traitée par un Concile œcuménique et non par des Synodes particuliers qui prendraient des décisions. L’Église de Grèce « ne peut approuver les choix (évoqués ci-dessus) qu’en exprimant sa vision et sa position communes par son vote » lors d’un Concile œcuménique, dit-il, ajoutant que « ne pas accepter la manière dont l’autocéphalie est donnée en Ukraine remet également en question les autocéphalies de huit autres Églises, dont celle de Grèce ».

Il aborde également la question de l’acceptation par Constantinople de membres schismatiques non ordonnée comme clergé – une question qui s’est avérée préoccupante pour plusieurs Églises locales, dont celles de Roumanie, de Chypre et d’Albanie, et également pour les hiérarchies d’autres Églises locales. Le métropolite écrit que c’est une question compliquée qui nécessite une coopération avec Constantinople, mais rappelle que le Tomos de l’Église de Grèce lui interdit de remettre en cause les décisions de Constantinople. Par conséquent, si l’Église de Grèce remet en question ou s’oppose catégoriquement à Constantinople, elle remet sa propre autocéphalie en question. En conséquence, les évêques ne peuvent que demander à Constantinople des explications concernant cette décision. Il termine en disant que l’Église de Grèce ne peut même pas voter sur la question ukrainienne, car cela constituerait une ingérence dans les affaires d’une autre Église – encore une fois, la question appartient à un Concile œcuménique. Dans le même esprit, il note que l’Église de Grèce ne peut pas non plus commenter les affaires de l’Église dans les « Nouveaux Territoires » du nord du pays, car cette Église est rattachée au « Très saint Trône Apostolique et Patriarcal ».

Sources 1 et 2

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