Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus
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Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ
La Nativité du Seigneur:
Galates 4:4-7; Matthieu 2:1-12

Gloire à Toi, ô Seigneur! Encore une fois, nous saluons les lumineux jours attendus de la Nativité du Christ. Soyons joyeux et réjouissons-nous. Afin d’élever nos festivités à un niveau supérieur en ces jours, la Sainte Église a intentionnellement mis en place un jeûne qui les précède, un certain obstacle, de sorte que lorsque nous entrons dans la période des fêtes, nous puissions nous sentir comme libérés.

Néanmoins, l’Église ne désire en aucune façon que nous nous adonnions à des délices purement sensuelles et à des plaisirs purement charnels. Puisque que l’Église a depuis les temps anciens appelé ces jours sviatki, ou « jours saints », ces jours-ci exigent que notre fête soit sainte, car ils sont saints.

Afin que ceux qui se réjouissent ne puissent pas l’oublier, l’Église a placé une petite hymne sur nos lèvres pour glorifier le Christ né, chant par lequel la chair est sobre et l’âme s’élève, montrant quelles occupations sont propres à ces jours. Cette hymne dit: « Le Christ est né, glorifiez-Le », et ainsi de suite.

Glorifiez le Christ; glorifiez-Le, de sorte que par cette glorification le cœur et l’âme exultent, et réduisent au silence toute envie de divers autres actes et occupations qui pourraient promettre certaines consolations. Glorifier le Christ ne signifie pas l’élaboration de longues hymnes de louanges au Christ. Mais si, au moment de contempler ou d’entendre parler de la naissance du Christ Sauveur, vous clamez involontairement des profondeurs de votre âme, « Gloire à Toi, ô Seigneur, que le Christ soit né! »-Cela est suffisant. Ce sera une hymne calme venant du cœur, qui atteint néanmoins les Cieux et atteint Dieu Lui-même. Répétez un peu plus clairement pour vous ce que le Seigneur a fait pour nous, et vous verrez comment cette exclamation est alors naturelle. Afin que cela soit plus facile pour nous, nous allons comparer cela à l’histoire suivante.

Un roi promit la liberté à un homme qui avait été emprisonné dans un cachot et lié avec des chaînes. Le prisonnier attend un jour, puis un autre, puis des mois et des années. Il ne voit pas l’accomplissement de la promesse, mais ne perd pas espoir, et il croit à la parole du roi. Enfin, il voit des signes que ce sera pour bientôt, son attention augmente… Il entend un bruit, quelqu’un approche avec des paroles joyeuses. Maintenant, les serrures s’ouvrent et le libérateur entre. « Gloire à Toi, ô Seigneur! » crie involontairement le prisonnier. « La fin de mon emprisonnement est arrivée, et bientôt je verrai le monde de Dieu! » Ou cette autre anecdote: Un malade est couvert de blessures et paralysé dans tous ses membres. Il a essayé tous les médicaments et différents médecins. Son endurance est épuisée, et il est prêt à se livrer au désespoir. On lui dit: « Il y a un médecin très compétent qui guérit tout le monde de ces maladies-mêmes que vous avez. Nous lui avons demandé de venir, et il a promis de le faire. » Le patient les croit, pleure dans l’espérance, et attend celui promis… Passe une heure, puis une autre, et son âme est tourmentée d’inquiétude. Enfin, le soir, quelqu’un arrive… La porte s’ouvre, et celui qui était désiré entre… « Gloire à Toi, ô Seigneur! » crie le malade.

Voici un autre exemple. Un orage plane dans le ciel, et sur la face de la terre couverte de ténèbres. Le tonnerre ébranle les fondements de la montagne et des éclairs déchirent le ciel d’un bout à l’autre. Tous sont dans la peur, comme si la fin du monde était arrivée. Quand le tonnerre passe et que le ciel s’éclaircit, tout le monde respire librement, en disant: « Gloire à Toi, ô Seigneur! »

Rapportez ces exemples à vous-mêmes, et vous verrez toute notre histoire en eux. Les nuages menaçants de la colère de Dieu étaient sur nous. Le Seigneur est venu, le pacificateur, et Il a dispersé ce nuage. Nous étions couverts de blessures des péchés et des passions; le guérisseur des âmes et des corps est venu et Il nous a guéris. Nous avons été liés par les chaînes de l’esclavage; le libérateur est venu et a ouvert nos fers. Rapportez tous ces exemples au plus près de votre cœur et assimilez-les avec vos sens, et vous ne serez pas en mesure de vous empêcher de clamer: « Gloire à Toi, ô Seigneur, que le Christ soit né! »

Je ne vais pas essayer de vous transmettre cette joie par des mots, elle est inaccessible par les mots. L’œuvre que le Seigneur Qui est né a forgée, touche chacun d’entre nous. Ceux qui entrent en communion avec Lui reçoivent de Lui la liberté, la guérison et la paix, ils possèdent tout cela et goûtent à Sa douceur. Il n’y a aucune raison de dire « réjouissez-vous » à ceux qui vivent cela en eux-mêmes, car ils ne peuvent s’empêcher de se réjouir, mais à ceux qui n’en ont pas l’expérience, pourquoi dire « réjouissez-vous »? Ils ne peuvent pas se réjouir. Peu importe combien vous dites « réjouissez-vous » à quelqu’un qui est pieds et poings liés, il ne se réjouira pas. D’où peut venir la joie de la guérison à celui qui est couvert des blessures des péchés? Comment celui qui est menacé par la foudre de l’ire de Dieu peut-il respirer librement? Vous ne pouvez lui dire: « Va vers le nouveau-né enveloppé de langes dans la crèche, et demande-Lui la délivrance par de tous les maux qui t’affligent, car cet enfant, le Christ, est le Sauveur du monde. »

Je voudrais voir tout le monde se réjouir de cette joie même, et ne pas vouloir connaître toute autre joie, mais tout ce qui vient d’Israël, n’est pas IsraëlMon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter.(Isaïe 1:14)! En vérité, beaucoup de nos festivités sociales sont vraiment des abominations païennes, c’est-à-dire que certaines d’entre elles nous sont transmises directement à partir du monde païen, tandis que d’autres, si elles apparaissent plus tard dans le temps, sont pénétrées de l’esprit du paganisme. Et elles surgissent comme d’un fait exprès en grande quantité pour les fêtes de Noël et de Pâques. En se faisant prendre en elles, nous donnons au prince de ce monde, notre bourreau, l’ennemi de Dieu, une excuse pour dire à Dieu: « Qu’as-tu fait pour moi avec Ta Nativité et Ta Résurrection? Ils viennent tous à moi » Mais que les paroles du Psaume cinquante soient répétées plus souvent dans la profondeur de nos cœurs: J’ai péché contre toi seul, Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. (Psaume 50:4). Peu importe combien vous dites à ces gens d’arrêter, ils ferment leurs oreilles et n’y prêtent pas attention; ils amènent ces beaux jours de la fête à une telle extrémité que le Seigneur est obligé de détourner les yeux de nous et de dire…

Nous sommes intéressés par l’Europe éclairée. Oui, les abominations du paganisme qui ont été chassées du monde ont d’abord été restaurées là-bas, elles nous viennent de là-bas. Après avoir respiré le poison infernal, on court comme des fous, nous oubliant nous-mêmes. Mais rappelons-nous l’année de 1812, pourquoi les Français sont-ils venus jusques à nous alors? Dieu les a envoyés pour effacer tout le mal que nous avions appris d’eux. La Russie se repentit alors, et Dieu a eu pitié d’elle. Mais maintenant il semble que nous avons oublié cette leçon. Si nous reprenions nos sens, bien sûr, rien ne se passera. Mais si nous n’arrivons pas à reprendre nos sens, qui sait? Peut-être que le Seigneur enverra à nouveau des enseignants similaires, afin qu’ils nous fassent revenir à nos sens et nous mettent sur la voie de la correction. Telle est la loi de la justice de Dieu: guérir quelqu’un du péché par la chose qui l’a incité à le commettre. Ce ne sont pas de vaines paroles, mais une question qui a été confirmé par la voix de l’Église. Sachez, vous orthodoxes, qu’on ne se moque pas de Dieu, et sachez, vous qui êtes joyeux et vous réjouissez en ces jours avec crainte. Illuminez la fête lumineuse avec des actes, des occupations, et des festivités lumineux, de sorte que tous ceux qui nous regardent diront: « Ils ont des jours saints, et non des jeux sauvages comme les fêtards injustes qui ne connaissent pas Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty

[*] Saint Théophane forge le mot oborotnichestvo, (du mot oborotni, qui signifie « loup-garou ») ici, il se réfère à un spectacle étrange en Russie pendant les vacances de Noël qui ressemble au Halloween d’Amérique. Les jeunes gens s’habillent comme des animaux féroces, comme des loups et des ours, et font des farces. L’utilisation de ce mot implique également que cette pratique est quelque chose qui appartient à l’univers des sorcières et des sorciers.

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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