Saint Amphiloque de Patmos a été inscrit au nombre des saints

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Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a annoncé la canonisation de l’Ancien Amphiloque (Makris) de Patmos lors de sa session du 29 août, a indiqué le site Vimaorthodoxia.
Saint Amphiloque était moine du monastère de Saint-Jean le Théologien sur l’île de Patmos, où saint Jean l’Évangéliste reçut la révélation de Dieu qui deviendra le livre de l’Apocalypse. L’Ancien a aussi servi comme higoumène du monastère. Il a également créé des monastères de femmes et un orphelinat.
Le futur Ancien Amphiloque est né le 13 décembre 1889 dans la famille d’Emmanuel et Irène Makris et fut nommé Athanase. Né dans une famille nombreuse de gens simples de la campagne, dès son enfance, Athanase était pieux, observant les règles du jeûne concernant les produits laitiers alors qu’il était encore enfant. Quand Athanase avait 5 ans, il a convaincu sa marraine nouvellement fiancée de passer le reste de ses jours dans la virginité. Athanase, s’étant lui-même préservé des tentations du monde, décida d’entrer dans un monastère à l’âge de dix-sept ans. Il a demandé la bénédiction de ses parents, qui ont été heureux de la lui donner.
En mars 1906, il entra au monastère de Saint-Jean le Théologien, à Patmos ; en août, ayant obtenu la confiance de la communauté vieillissante, il devint rassophore et reçut le nom d’Amphiloque. Pour combattre les passions et les tentations, Amphiloque pratiquait un jeûne rigoureux : dix bouchées de nourriture à chaque repas les jours normaux, avec sept ou huit olives les jours de fête.
En 1911, l’higoumène du monastère Saint-Jean le Théologien envoya Amphiloque au Mont Athos pour y apprendre la sculpture sur bois ; en mars 1913, il fut tonsuré au grand Schéma par l’Ancien Antoniadis. Deux mois plus tard, l’abbé avait l’accord des frères du monastère pour ordonner Amphiloque ; mais, en raison de son propre sentiment d’indignité, il demanda à son compagnon de voyage (et ordinand) de continuer son voyage tandis qu’Amphiloque se rendrait en Egypte et en Terre Sainte. Amphiloque demanda au patriarche de Jérusalem de le recevoir comme gardien du Saint-Sépulcre. Bien que le patriarche soit disposé à le faire, son monastère a insisté pour qu’il revienne, et on l’a alors « puni » en l’envoyant à l’ermitage d’Apollon, auprès de l’Ancien Macaire, ce qui a rendu Amphiloque très heureux dans la mesure où il était mieux en mesure de prier dans ce lieu.
Cependant, en 1919, Amphiloque a été ordonné diacre et, peu de temps après, prêtre. Il a été nommé à la dépendance du monastère sur l’île de Kos, et a également exercé les fonctions de confesseur dans tout le Dodécanèse. En 1926, il fut affecté à la grotte de l’Apocalypse, à Patmos. Il a consacré beaucoup de temps aux étudiants de l’Académie ecclésiastique, qui ont donné naissance à de nombreux anciens et supérieurs de monastères.
En 1935, les occupants du Dodécanèse étaient les Italiens, qui ont influencé l’Église en imposant un modèle de gouvernance qui permettait de manipuler facilement l’Église. Cependant, le patriarche de Constantinople a réclamé que cette situation soit redressée par un nouvel higoumène. En réponse, la communauté a élu l’Ancien Amphiloque comme abbé. Peu après, les germes du futur monastère féminin de l’Annonciation ont commencé à être plantés : le premier bâtiment abritait un atelier de formation au tricot et au tissage, sous une forme qui permettait d’enseigner le grec aux enfants. En réaction, en 1937, les Italiens ont exilé l’Ancien Amphiloque en Grèce continentale, où il a reçu l’hospitalité de la confrérie Zoe à Athènes, de là, il s’est déplacé dans toute la Grèce, puis en Crète, où il est devenu le père spirituel de l’île.
Son exil prit fin en 1939, et l’Ancien Amphiloque est rentré à Patmos, où il a été reçu avec beaucoup de joie. Il n’a cependant pas repris ses fonctions de supérieur, mais a préféré se consacrer aux dépendances et au monastère féminin de l’Annonciation. Le changement de régime en 1942, des Italiens aux Allemands, n’a pas eu beaucoup de conséquences sur la vie de l’Ancien. En 1947, Amphiloque a constitué un petit groupe de religieuses pour venir en aide aux orphelins de Rhodes (alors extrêmement pauvres) en fondant un orphelinat, ainsi qu’une maison pour les femmes enceintes.
A Pâques, en 1968, l’Ancien Amphiloque reçut la prémonition de son prochain repos, et il comprit qu’il disposait de deux ans pour s’y préparer, lui et ses enfants spirituels. Soucieux pour ses enfants spirituels, il a prié Dieu avec des larmes de lui accorder plus de temps pour que ses enfants se perfectionnent, la Mère de Dieu et saint Jean le Théologien lui sont apparus et lui ont fait savoir que sa demande avait été refusée. Peu de temps après, il a été victime d’une grippe. Après avoir accompli ses ultimes préparatifs, il s’est endormi dans le Seigneur le 16 avril 1970.

Source

Voir aussi cet autre article en grec, et cette émission télévisée de la série orthobel produite par la métropole grecque de Belgique.

Le prochain volume de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle« , actuellement en cours de finalisation, sera consacré au nouveau saint.

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