25/09/2017
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Communiqué du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe au sujet de la proposition du ministre serbe de la Culture de supprimer les cours de religion dans les écoles

Communiqué du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe au sujet de la proposition du ministre serbe de la Culture de supprimer les cours de religion dans les écoles

« Lors de l’année pendant laquelle la société serbe commémore le quinzième anniversaire de la décision du gouvernement serbe, prise en collaboration avec les Églises traditionnelles et les confessions religieuses, par laquelle l’enseignement religieux avait été réintégré dans les écoles, le Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe a reçu avec stupeur « la carte de vœux » médiatique que le ministre de la Culture, Monsieur Srdjan Verbić, a adressée aux citoyens de notre pays (orthodoxes, catholiques-romains, musulmans, protestants et juifs), à savoir sa proposition d’abroger l’enseignement religieux dans les huit classes de l’école primaire et secondaire. Il est évident que Monsieur Verbić ne prend pas en compte la signification première du mot « ministre », à savoir celui qui sert le peuple – car peu lui chaut le fait que 95% des citoyens serbes, dans une procédure démocratique libre, se sont déclarés croyants. L’enseignement religieux a été, en tant que partie importante du processus général d’instruction et d’éducation, rendu précisément à ceux auxquels il avait été enlevé par la force, à savoir aux citoyens serbes. Le retour de l’enseignement religieux a signifié également le retour des droits de l’homme et des libertés publiques, l’engagement par l’État à respecter les normes et conventions internationales qu’il avait ratifiées, la rupture avec l’héritage idéologique du communisme dans le domaine de l’instruction et, par voie de conséquence, de la culture et de l’art. Tout simplement : la rupture avec le passé totalitaire, et le retour dans la famille des peuples européens cultivés. Comme cela semble être le cas, ce monsieur ne se soucie pas non plus de la position de la majorité de ses collègues ministres, ni de celle du premier ministre, pas plus que des lois positives qui régulent ce domaine. Monsieur Verbić, tout comme ses prédécesseurs idéologiques qui étaient au pouvoir il y a plus de quinze ans, met en avant des motifs exclusivement idéologiques pour la suppression des cours de religion. De façon évidente, il n’appartient pas à la majorité du peuple serbe qui, avec les croyants, est encore constitué par les athées et les agnostiques qui ont rompu avec l’héritage totalitaire. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe considère que monsieur Verbić créerait préjudice également s’il proposait la suppression de l’instruction civique [option pour ceux qui ne veulent pas suivre les cours de religion, ndt], car les élèves suivant les cours de ce domaine apprennent l’application des valeurs humaines, la solidarité humaine et le respect des droits de l’homme et des libertés publiques. Les cours de religion et cette matière alternative se différencient par la terminologie, mais sont apparentés et complémentaires quant à leur contenu. Le Saint-Synode rejette avec détermination l’initiative du ministre Verbić concernant la suppression du cours de religion dans les huit classes des écoles primaire et secondaires et lui répond par les paroles que le défunt premier ministres Djindjic, a adressées, il y a quinze ans, aux « parents idéologiques » du présent ministre : « Messieurs, vous êtes en retard ! Les cours de religion commenceront au début de septembre ! » Après cela, les assistants du ministre de la culture, Mme Srbijanka Turajlić et M. Vigor Majić, ont agi de façon idéologiquement cohérente, mais honorablement : ils ont présenté leur démission. Ainsi, Monsieur Verbić est aussi en retard. Les citoyens de Serbie ne renonceront pas aux droits de l’homme et aux libertés acquis. Après cette proposition personnelle, qui est en fait un appel ouvert à la ségrégation de la majorité des citoyens serbes, il faudrait peut-être que le ministre prenne exemple sur ses « parents idéologiques ». Ce faisant, il ne serait pas perdant, car son ministère resterait mémorable au moins pour cet épisode et pour un certain temps » (Texte de la Chancellerie du Saint-Synode, communiqué par l’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe).

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Jovan Nikoloski