25/04/2017
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«L’Eglise orthodoxe russe dans l’Union Européenne»

La
représentation de l’Eglise russe à Strasbourg a mis en ligne récemment un compte
rendu
intitulé : « L’Eglise orthodoxe russe dans l’Union
Européenne ». Celui-ci rapporte une des interventions faites lors d’un
séminaire tenu à Moscou le 22 mai dernier, celle du père Georges Ryabykh,
collaborateur du Département des relations ecclésiales extérieures du Patriarcat
de Moscou.

Des
statistiques y sont données sur le nombre de paroisses du patriarcat dans l’Union
Européenne : 400 auxquelles s’ajoutent, depuis le 17 mai, une cinquantaine
de paroisses de l’Eglise russe hors frontières.

Il
a aussi évoqué
, entre autres, les relations avec l’Archevêché de tradition russe : « Il
a également rappelé l’existence d’une partie importante du « monde russe » en
Union Européenne : ce sont près de 60 paroisses de la juridiction du Patriarcat
de Constantinople : l’Archevêché de tradition russe avec son centre à Paris.
Selon l’opinion du rapporteur « il est difficile de parler d’une unification à
court terme avec cette tradition ». La cause, selon l’opinion de
l’ecclésiastique, est que « dans cet Archevêché il y a une autre vision de
l’avenir et de la mission des paroisses russes en Union Européenne ». C’est
d’après lui « une organisation progressive d’une Eglise orthodoxe locale en
Europe occidentale ». Dans ce projet, comme le pense le rapporteur, «
l’identité russe doit jouer le rôle d’un certain ferment qui doit faire monter
la pâte puis passer au deuxième plan, devenir l’une des traditions parmi les
autres ». En résultat on peut voir apparaître « ce qui, d’une part, a pris
naissance avec l’orthodoxie » mais qui, d’autre part, sera imprégné « des
particularités occidentales : langue, traditions, pratique culturelle
chrétienne venue du milieu catholique ». Cette idée « d’une certaine orthodoxie
locale occidentale avec une nouvelle identité nationale » de toute évidence ne
pourra pas être acceptée par le Patriarcat de Moscou.
Comme
l’a souligné le père Georges, au sein même du Patriarcat de Moscou il y a « un
grand potentiel pour représenter cet aspect des activités supranationales et
multiculturelles des orthodoxes en Union Européenne » étant donné « qu’à ce
jour l’EOR est l’Eglise la plus multinationale du monde ». La structure de
l’organisation de l’EOR a également de nombreux niveaux : elle comprend aussi
bien des évêchés que des Eglises autogérées, autonomes. D’autre part, le
Patriarcat de Moscou a une approche « très souple aux problèmes de culture ».
Tout ceci donne la possibilité à l’EOR de « représenter en UE une base pour
l’union des paroissiens orthodoxes russes » considère le prêtre. Il faut
interpréter dans la même clé la proposition du Patriarche Alexis II (avril
2003) de création en Europe d’une « métropole avec de larges pouvoirs » : elle
« avait pour but l’accroissement de l’inculturation de l’orthodoxie russe en
Europe occidentale » a noté le père Georges. Cependant si la stratégie du
mouvement existe, la « tactique du pas à pas » n’est pas encore élaborée.
Dans
l’ensemble du côté du Patriarcat de Moscou « on voit une stratégie claire et
évidente d’unification des paroisses de tradition russe en un tout unique », a
déclaré le père Georges, et il a ajouté que le but de cette stratégie est « la
conservation de la tradition russe ». Selon sa conviction, un tel modèle
suppose « un lien avec la métropole, avec Moscou pour centre, centre du monde
russe », – « le plus efficace et le plus fiable pour préserver la tradition
russe à l’étranger ». L’activité politique, elle, est concentrée actuellement
autour de l’Alliance européenne russe, créée en 2005. Elle a à sa tête Madame
Tatiana Jdanok, député du Parlement européen de la part de la Lettonie ; son
adjoint est le secrétaire de la représentation de l’EOR auprès des
organisations européennes, l’archiprêtre Antoine Il’ine. Ainsi l’EOR « soutient
l’initiative d’unification sociale et politique de la population russe » en
Europe. « Pour la population russe de l’Union Européenne il y a une idée
séduisante de se consolider politiquement pour pouvoir défendre son identité
russe au niveau européen, pour qu’en Europe soient créées des conditions
normales pour la culture russe », a dit le représentant de la DREE PM.
Il
a souligné que c’est justement dans le domaine du soutien à la culture russe à
l’étranger que l’activité de l’EOR « trouve un point de jonction avec le cap de
la politique étrangère de l’actuel gouvernement de la Russie dans son soutien
aux compatriotes ». Parmi les forces politiques de l’Union Européenne qui «
soutiennent activement les efforts des Russes à s’unir et à représenter leurs
intérêts en Occident », le père Georges n’a pu citer que le « Parti des Verts
».
L’idée du soutien à la
consolidation des compatriotes habitant à l’étranger sur la base de la «
russité » a provoqué des doutes parmi les participants au séminaire. Ainsi a
été émise la conviction que si on construit les relations avec l’Union
Européenne sur la base de l’idée du « monde russe », de l’idée de « l’empire »,
alors la voix de l’EOR dans les organisations internationales « ne sera même
pas écoutée » étant donné que cela « entre en contradiction avec les tendances
du sécularisme actuel en Europe ». « Une idée basée sur l’appartenance ethnique
est sans avenir, n’a pas été suffisamment réfléchie. L’Eglise parle des valeurs
chrétiennes et nous, nous parlons d’identité russe. A cause de cela nous avons
déjà eu des problèmes en Angleterre où il y a eu conflit entre l’identité russe
et les Anglais orthodoxes », a fait remarquer l’archiprêtre Maxime Khijyï
(Evêché de Vladimir de l’EOR). »

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Jovan Nikoloski